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Full text of "Revue celtique"

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thRouqh the qeneROSity 



of 



Stephen B. Roman 



From the Library of Daniel Binchy 



REVUE CELTIQUE 



TOME XXII 





CHARTRES. 



IMPRIMERIE DURAND, RUE FULBERT, 






4r 



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^ CE£^ 



FONDÉE 

PAR 

H. GAI DOZ 

1870-1885 

PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE 



/. 



P 






H. DARBOIS DE JUBAINVILLE 

Membre de l'Institut, Professeur au Collège de France 



AVEC LE CONCOURS DE 

E. ERNAULT J. LOTH 

Professeur à l'Université Doyen de la Faculté des 
de Poitiers Lettres de Rennes 



G. DOTTIN 
Professeur adjoint 
à l'Université de Rennes 



ET DE PLUSIEURS SAVANTS DES ILES BRITANNIQUES ET DU CONTINENT 



L. DU VA II 

Directeur adjoint à l'École pratique des Hautes Études 
Secrétaire de la Rédaction 



Tome XXII. 




PARIS (2 e ) 
LIBRAIRIE Emile BOUILLON, ÉDITEUR 

67, KUE DE RICHELIEU, AU PREMIER 



190 



Digitized by the Internet Archive 

in 2011 with funding from 

University of Toronto 



http://www.archive.org/details/revueceltiqu22pari 



TABLE DES MATIÈRES 



CONTENUES 



DANS LE TOME XXII 



ARTICLES DE FOND. 



Pages. 



Un descendant de Déjotarus, par Théodore Reinach i 

The destruction of Dâ Derga's Hostel, par Wh. Stokes. 9, 16$, 282, 390 

Glossarial index par le même 404 

Les vers à rime interne dans les langues celtiques, par J. Loth. . . 62 

Notes sur le Vannetais, par E. Ernault 69 

Sur la prononciation du Gaulois, par L. Duvau . 79 

Celtica, par Salomon Reinach 154 

De quelques noms de lieux français d'origine gauloise, par A. Thomas 2 1 6 
Sulla popolazione délie Galliae nel tempo di Cesare, par Francesco P. 

Garofalo 227 

L'/h intervocalique en celtique, par H. d'Arbois de Jubainville. . 237 
L'élément gaulois dans la Langue française, par feu Arsène Darmes- 

teter 261 

Mélanges brittoniques, p. J. Loth 330 

Notes étymologiques bretonnes, parJ. Loth 331 

Tesbanat, cétbanim, par H. Kern 337 

Barintus, par Arthur C. L. Brown 339 

Études Bretonnes, par E. Ernault 369 

Corrections au point de vue métrique au Livre Noir de Carmarthen, 

par J. Loth 438 

Le mot orbis dans le latin de TEmpire, par Salomon Reinach. . . 447 

CORRESPONDANCE. 244 
1 . Par M. Pierre Leroux. 



V! 



TabL des maliens. 



BIBLIOGRAPHIE. 

L'Histoire de Bretagne d'Arthur Le Moyne delà Borderie, par J. Loth. 84 
Sur « La Civilisation des Celtes cl celle de l'épopée homérique ». . . 247 



CHRON 

Atkinson (R), président de l'Acadé- 
mie d'Irlande. 3 57. 

Babelon. Notice sur Do initia nus. 253. 

Baring Gould (Rév. S.). Mémoire 
dans Y Cymmrodor sur Kepius, 
saint gallois. 3^1. 

Bêdier (J.). Traduction du roman 
Tristan et Iseut. 132. 

Bloch (G.). Histoire de France. Tome 
I. 126. 

Blanchet (Adrien). Études de numis- 
matique. 3 $2. 

Brenmore-Jones (David). VoirRhvs. 

Brown (A. C. L). Suppléant à l'Uni- 
versité de Wisconsin. 358. 

Burnell Lewis. Notice sur la plus 
ancienne inscription lapidaire ro- 
maine de Gaule. 3 58. 

Caix (vicomte de) et Albert Lacroix. 
La Gaule Romaine (Tomell de l'His- 
toire illustrée de la France). 126. 

Carmichael (Alexandre). Carmina 
Galel.ca. 1 16. 

Cartulaire de Gorze. 252. 

Cathmhaolach (Loin) mac Giolla 
Loin... Éditeur de Keating (G.). 
129. 

Maclagan (Robert). The G âmes 
andDiversi ms of Ai gy 'eshire. 351. 

Cramer (Franz). Rheinische Orlsia- 
wen. 138. 

Croby Quiggfn (E.). Die la ut lie he 
Geltung der vortoniger Wôrler und 
en in dan Book oj Leinster Ver- 
sion der Tâin bô Cualnge. 1 30. 



QUE. 

Dânta Aodhagâin ai Rathaille. 125. 

Dictionnaire général de la langue fran- 
çaise. 1 27. 

Dottin (G.). Contes irlandais. 126. 

Duvau (L.). La prononciation du Gau- 
lois. 139. 

Gaelic League. 1 29. 

Gourcuff (Olivier de). Gens de Bre- 
tagne. 124. 

Hatzfeld (A.). Darmesteter et A. 
Thomas. Dictionnaire général de la 
langue française. 127. 

Henry (V.). Etymologies br. tonnes. 

5S7- 

Herbomez (A. d'). Éditeur du Cartu- 
laire de Gor:e. 252. 

Histoire illustrée de la France. 1 26. 

Hogan (le Rév. Edmund). Ou Unes 
of the Gr animai of old irise h înr/i 
Tcxl and Vocabulary. 1 18. 

— Luibhleabhran. 120. 
Hùbner (Emile). Sa mort. 252. 
Hùbner, Ihm et Mùnzer, auteurs de 

la partie celtique dans Paulys Real- 

encyclopa:die. 135. 
Irische Texte. 114. 
Irish Tixt Society. 12$. 
Jessie L. Weston. La Légende de Lan- 

cclot du Lac. 34). 
Jo'in (Ivor B.). The mibinogion. 4^9. 
Keating (Geoffroy). 129. 
Kuno Meyer. Le roi et l'ermite. 353. 

— Mémoire sur un texte irlandais, 
dans Y Cymmrodor. 350. 

Lacroix (Albert). Voir Caix. 



Table des matières. 



vu 



Lavisse. Histoire de France. Tome I. 
126. 

Leite de Vasconcellos (J.). Monnaies 
de la Lusitanie portugaise. 138. 

Le Moyne de la Borderie (Arthur). 
Sa mort. 2 $0 

Loth (J.). La mèlriqut galloise. Tome 
II. 354. 

Le même, docteur en droit de l'Uni- 
versité de Glasgow. 345. 

Maynadier (G. -H.). Origine du conte 
de la femme de Bath. 349. 

Monnaie de Verica, fils du roi breton 
Commius 254. 

More (A. W.). A history of the isle 
of Mari. 124. 

Morel. Collection d'antiquités gau- 
loises. 2 54. 

O'Grady (Standish Hayes). Silva Ga- 
âejica. 116. 

G jîÀa-jv.o'jç. 137. 

O'Rahilly (Egan). 125. 

Paris (G.). Conférence hebdoma- 
daire sur la légende de saint Bran- 
dan. 254. 

Paulys Rcal-encyclopaedie. Septième 
demi-volume. 135. 

Plicque. Lug, dieu de l'Or chez les 
Gaulois. 139. 

Prizes for Essays on some Celtic 
Subject. 1 28. 

Prou (M.) et A. Vidier. i cr fascicule 
du Recueil des Chartes de l'Abbaye 
de Saint-Benoit-sur-Loire. 137. 

Reinach (S.). Comparaison de vers 
de Claudien et de vers de Properce. 

345- 

Rhys (John). Celtic Folklore, Welsh 

and Maux. 134. 
Rhys(John)et David Brenmore-Jon a s. 

The welsh people. 121. 
Richard Davies. Auteurd'uneversion 



galloise des Épitres à Timothée, 
Titus et Philémon. 254. 

Ridgeway (W.). The early Age of 
Greece. 347. 

Russel (miss). Mémoire sur quelques 
forts d'Ecosse. 254. 

Russel (T. 0.). Traducteur en irlan- 
dais moderne du B trama. 35.'. 

Le même. Fi'or Chldir-seach na h-Ei- 
reann. 130. 

Samson (Saint), abbé, évêque et ar- 
chevêque de Dol. 133. 

Schrader (0.). Reallexicon der in.io- 
germanischen Altértumsk nde, t. 
IL 3^7. 

Le même. Sprachvcrgleichung und 
Urgeschichte. 135. 

Stokes (Whitley). Le dialogue des 
vieillards, Acallamh na Senôrach. 

"S- 
Strachan. Mémoire sur les temps 
passés en vieil et moyen irlandais. 

2 W- 

Stubbs (William), évêque d'Oxford. 
Sa mort. 3 56. 

Textes gallois. Publication prochaine. 
356. 

Thésaurus linguae latinae. i re livrai- 
son. 136. 

Thomas (D. R.). Éditeur d'une ver- 
sion galloise des Épîtres à Timo- 
thée, Titus et Philémon. 254. 

Thurnevsen (R.). Étude sur les ad- 
verbes irlandais. 3 57. 

Le même. Traducteur de légendes ir- 
landaises. 459. 

Vallum Hadnani et la Holy Islatul. 
358. 

Windisch. Tain bô Câailngi. 128. 

Y Cynmrodor. 3 50. 

Zanardeli. Annonced'une publication 
prochaine. 3 58. 



VIII 



Table des matures. 



Zimmer (H.). Mémoire sur l'église Le même, professeur de celtique à 
celtique. 3 54. l'Université de Berlin. 458. 



PÉRIODIQUES ANALYSÉS. 



Analecta Bollandiana, 259. 
An Gaodhal, 145-146, 365, 463. 
Annales de Bretagne, 145-144, 361. 
Anzeiger fur schweizische Altertums- 

kunde, 366. 
Archseologia Cambrensis, 363-364. 
Archeologo Portugues, 560. 
Athenaeum, 463. 
Beitrâge zur Kunde der ind >germa- 

nischen Sprachen, 362. 
Boletin de la Real Academia de la 

Historia, 256. 
Bulletin Archéologique du Comité des 

Travaux historiques et scienti tiques, 

144, 367,462. 
Celtia, 146, 259, 366,462. 
Entre Camarades, 256-257. 
Feiz ha Breiz, 1 50. 
Folklore, 258-2 59. 
Indogermanische Forschungen, 461. 
Journal of American Philology, 362. 
Journal of the Royal Institution cf 

Cornwall, 145. 
Journal of the Royal Society of Anti- 

quaries of Ireland, 149-150, 254, 

360, 461 . 
Man, amonthly record of Anthropo- 

logical Science. 146. 
Mémoires de la Société royale des 

sciences de 1 »ohêm , 255-256. 
Proceedings of the Royal Irish Aca- 

demy, 145. 



F 3 Lihlications of the Modem Language 
Association of America, 148. 

Revue Archéologique, 149, 366. 

Revue Bretonne, 142-143. 

Revue d'Ardenne etd'Argonne, 150. 

Revue des Études anciennes, 362. 

Revue des Études Grecques, 149. 

Revue Épigraphique, 148, 562. 

Revue Historique de Provence, 149. 

Romania, 1 44- 145 ; 259. 

Sitzungsberichte des Kais. Académie 
der YVissenschaften in\Vien,2 5 7- 
258. 

Studies and notes in Philology and 
Literature, 143. 

Supplementi Periodici ail' Archivio 
glottologico italiano, 146. 

The Gael, 145-146, 365, 463. 

Transactions of the Devonshire Asso- 
ciation for the Advancement of 
Science, 145. 

Zeitschrift fur alte Geschichte, 146. 

Zeitschrift fur Celtische Philologie, 
140-142. 

Zeitschrift fur deutsche Wortfor- 
schung, 147. 

Zeitschrift fur vergleichende Sprach- 
forschung auf dem Gebiete der in- 
dogermanischen Sprachen, 147, 
360-361 . 



1 Al'.LK, par M. K. Ernault, des principaux mots étudiés dans le t. XXII 
de la Revue Celtique, p. 464. 



UN DESCENDANT DE DEJOTARUS 



Au cours de travaux récemment entrepris pour l'agrandis- 
sement du local de la Banque ottomane à Angora (Ancyre), on 
a mis au jour une inscription encastrée dans le mur de la for- 
teresse, et qui, malheureusement, a été depuis recouverte à 
nouveau. M. Pons, vice-consul de France, avait pris une copie 
du texte entier, ainsi que des estampages de la partie gauche 
seulement. Ces documents ont été communiqués par M. Pons 
à M. J.-G.-C. Anderson ï et par M. Anderson à M. Mommsen, 
qui vient de publier et de commenter l'inscription dans les 
Comptes rendus de l'Académie de Berlin (ro janvier 1901). 
C'est une dédicace honorifique, consacrée par une tribu d'An- 
cyre — la septième 2 — à son bienfaiteur C. Iulius Severus, qui 
avait parcouru avec honneur toutes les fonctions municipales. 
Des inscriptions d'Ancyre anciennement connues (Corp. inscr. 
graec., 4033, 4034) nous ont fait connaître la suite, très bril- 
lante, de la carrière de ce personnage. Admis par Hadrien au 
Sénat, il fut successivement légat de la province d'Asie, légat 
de la IV e légion Scythique et vice-légat de Syrie au moment 
de la guerre judaïque (132), proconsul d'Achaïe, adminis- 
trateur extraordinaire de Bithynie, préfet de Y 'Aerarium, consul 
suffect (140 ou 141), pontife, curator operum publicorum, légat 
d'Antonin le Pieux dans la Germanie inférieure, enfin pro- 
consul d'Asie. On a là, comme le dit Mommsen, un exemple 



1. M. Pons a également envoyé une copie à M. Homolle qui a briève- 
ment parlé de ce texte devant l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres ; 
sa communication, que je ne connais pas, est encore inédite. 

2. Le nom de la tribu Ilaxa. Xïvt] n'est pas certain. 

Revue Celtique, XXII. 1 



2 Théodore Pu inach. 

remarquable de l'entrée de la haute aristocratie indigène des 
provinces hellénisées dans le fonctionnariat romain, phéno- 
mène bien conforme aux tendances cosmopolites du gouver- 
nement des Antonins. 

Dans les inscriptions précédemment connues, la carrière 
locale de Julius Severus, antérieure à son admission au Sénat, 
était résumée d'un mot ; un mot aussi pour caractériser l'illus- 
tration de son origine: SastXswv v.x: -z-.zy.zywi zTzôycvov. Le 
nouveau texte, outre qu'il nous fait connaître définitivement le 
gentilice (Iulius) du personnage, entre dans de précieux détails 
sur les honneurs municipaux qu il a remplis, et précise un 
peu les hautes prétentions nobiliaires auxquelles les textes an- 
térieurs se contentaient de faire allusion. Ce dernier point in- 
téresse l'histoire générale de l'Orient hellénique et tout parti- 
culièrement celle de la Galatie; les lecteurs de la Revue 
Celtique me sauront donc gre de reproduire et de commenter 
ici les premières lignes de l'inscription qui renferment ces 
indications généalogiques ' : 

r- 'Ioj]X- Secuîjp | sv, 
Xîcsyojvsv z'xzO.i \ w; 
AjrjisTapsu y. | al À^'jvts'j 
t:j Bp'.yàta \ j v.y). Ajjluvts'J 
5 -zj AYIIAA | OrTSTpapyÔv 
v.y). (JasîXsto | r 'Aj(a; 'ArrâXcu, 
xiï'y.Z'i : j-y.-.':/.ùrt Io | uXiCU 
-i KcSpôrou v.y.': yy.z | (Xewç 
'AXeÇàvBpou 2 , v.y: 'IojX | feu 'A- 
10 xûXcu /.y.: KX" Sso'JiQf | ou, *at 
suyyevï] xifù^v. | y.ôv 
îûXeîarwv, àSeXço | v I:j- 
XCoy 'Ajj.uvxiavs'j , - | pûfcv 
EXX^vwv, etc. 



i. Le tiret vertical sépare la partie gauche, seule estampée, de la droite. 

2. Probablement un descendant d'Hérode. Son fils. C. Iulius Agrippa, 
fut questeur propréteur d'Asie (inscription d'Ephèse, Brit. Mus., 111. [87, 
n° 537). Mommsen propose de l'identifier avec le proconsul d'Asie, 
C. Iulius Alexander Berenicianus (BCH., I, 192, Ephèse). 



Un descend^:. : ! vus. ; 

Lu parenté de Julius Severus est, on le voit, classée sous 
quatre chefs : i° ses ancêtres directs (1. 2-6), 2° ses cousins 
germains 1 (1. 7-10), 3 ses parents plus éloignés (1. 11), 
4 son frère (1. 12). Les ancêtres à leur tour sont divisés en 
trois groupes : 

a) rois galates; 

b) tétrarques galates ; 

c) rois d'autres pays. 

C'est d'eux seuls que nous allons nous occuper. 

Le groupe (a) comprend un seul nom : « l'ancêtre, le 
grand homme », le roi Déjotarus, l'ami de Pompée, de Ci- 
céron, de César et d'Antoine. Inutile d'insister sur ce person- 
nage célèbre. Mais comment Julius Severus peut-il être son 
descendant? Nous savons que la femme légitime de Déjotarus, 
Stratonice, étant stérile, celui-ci prit pour concubine une cap- 
tive grecque, Electra, qui lui donna plusieurs enfants (-.zj: -;v>z- 
[Xévsu; r.y.'Zy.z) que Stratonice consentit à élever 2 . Parmi ces 
enfants il y avait plusieurs fils, mais le roi, craignant le mor- 
cellement de son héritage, les fit tous mettre à mort, à l'ex- 
ception d'un seul qu'il désigna pour son successeur 3. Cette 
combinaison ne devait pas réussir, car le fils, appelé Déjotarus 
comme son père, gratifié du titre de roi vers 51, fiancé avec 
la fille d'Artavasde, roi d'Arménie, doit être mort avant le 
vieux roi (41), puisqu'il ne lui succéda pas. Il n'est pas da- 
vantage question d'enfants de ce Déjotarus II. Même en admet- 
tant qu'il ait eu une fille, ce n'est pas d'elle que Julius Severus 
peut descendre, car alors il n'aurait pas manqué de faire 
figurer parmi ses aïeux le roi Artavasde et les deux rois Déjo- 
tarus au lieu du seul « Déjotarus roi ». 

Il faut donc se rabattre sur les filles de Déjotarus le Grand. 
Nous en connaissons deux : l'une mariée à Castor le Tarcon- 
darien(?), probablement tétrarque d'un canton des Tecto- 
sages, l'autre à Brogitarus, tétrarque des Trocmes. 



1 . Je crois que M. Mommsen a tort de prendre âve^ioç dans un sens 
large; l'opposition avec nj~i~;v/i\; ne serait plus justifiée. 

2. Plutarque. Mitlicruin virlutes, Stratonice (II, 236, Bernardakis). Cf. Cato 
ntinor, 15 : jïapaOc'aôai roùç naioa: aùxû (JouXdjxsvoç. 

3. Plutarque, De stoicorum repugnantiis , 32 (VI. 258, Bern.). 



4 Théodore Reinach. 

La première fut, avec son mari, massacrée dans leur rési- 
dence de Gorbéous par le vieux Déjotarus, vers 45 av. J.-C. l ; 
elle laissait un fils, Castor II, qui succéda à Déjotarus, par la 
grâce d'Antoine, en Galatie et en Paphlagonie (41); il eut à 
son tour pour successeurs, mais en Paphlagonie seulement, ses 
deux fils Déjotarus Philopator et Déjotarus Philadelphe 2 . Il 
est clair que Julius Severus ne descend pas de cette branche, 
car les rois de Paphlagonie et le tétrarque Castor I e ' 1 ' ne figurent 
point parmi ses ancêtres. 

Venons à la seconde fille de Déjotarus, mariée à Brogitarus, 
tétrarque des Trocmes. Le seul texte qui atteste ce mariage : 
est celui de Cicéron. Dans son discours De haruspicum responsis, 
prononcé en 56 av. J.-C, Cicéron critique vivement la loi 
tribunitienne de Clodius()8) qui avait décerné à Déjotarus et 
à Brogitarus le titre de roi et conféré à ce dernier, au détri- 
ment du prêtre légitime, la possession du riche temple de Pes- 
sinonte. Cicéron félicite Déjotarus de n'avoir pas accepté cette 
clause et d'avoir chassé Brogitarus du temple : Quod Pessi- 
nuntem per scelus a le (Clodius) violai uni cl sacerdote sacrisque 
spoliatnm recuptravit, ni in pristina religions servant, quod caeri- 
monias, ab omni vetustate acceptas, u Brogitaro pollui non sinit 
mavultque generum sunm minière tuo quant illud [union antiqui- 
tate religionis carere*. On ne doit pas s'étonner de voir Déjo- 
tarus en mauvais termes avec son gendre Brogitarus; n'était-il 
pas à couteaux tirés avec son autre gendre, Castor? On peut 
même soupçonner Déjotarus de n'avoir pas été étranger à la 
mort de Brogitarus; en tout cas, lui mort, il s'empara de sa 
tétrarchie : en 47 il la possédait depuis quelques années 5. Plus 
tard, Mithridate de Pergame (neveu ex sorore de Brogitarus) la 
réclama et l'obtint de César. Ce dernier fait prouve que Bro- 
gitarus n'avait pas laissé de fils. A-t-il au moins laissé une 

1. Strabon, XII, 5,3. Sûrement après le plaidoyer de Cicéron. Cf. mon 
article de la Revue Numismatique, 1891 , p. 3X8. 

2. Voir Revue "Numismatique, 1894, p. 414 suiv. (rectifiant mon article 
de 1891). 

3. J'ai eu tort autrefois (Rev. Num., 1891), d'en contester l'autorité ou 
l'interprétation. 

4 . De haruspicum responsis, XIII, 29. 

5. Bellum alexandrinum, 78. 



Un descendant de Déjotarus. $ 

fille, de laquelle descendrait notre héros ? Pas davantage, car, 
s'il en était ainsi, Brogitarus devrait figurer sur notre inscrip- 
tion, sinon avec son titre de roi, qui lui fut contesté 1 , du 
moins avec celui de tétrarque (des Trocmes) que lui donne 
officiellement l'inscription d'JEgx 2 . 

Concluons: C. Julius Severus ne descend ni de la fille de 
Déjotarus mariée à Castor, ni de celle qui épousa Brogitarus. 
Déjotarus a donc dû avoir une troisième fille, qui épousa l'un 
des deux tétrarques Amyntas mentionnés dans les lignes sui- 
vantes de l'inscription, et c'est d'elle qu'est issu notre Severus. 

Le groupe (b) comprend deux tétrarques, tous les deux 
inconnus, tous les deux du nom d'Amyntas, nom qui paraît 
avoir été, nous ne savons pourquoi, en faveur dans l'aristo- 
cratie gallo-grecque à la fin du 1 e1 siècle av. J.-C. : on sait 
qu'un Amyntas, ancien secrétaire de Déjotarus, finit par de- 
venir roi de Galatie; certainement aucun de nos Amyntas n'est 
identique avec ce personnage. Tout l'intérêt de ce couple serait 
dans les noms de leurs pères, et malheureusement ils n'ont pas 
été déchiffrés d'une manière certaine. Le premier a été lu BPI- 
PATOT par M. Pons, BPirATOT par M. Mommsen sur l'es- 
tampage. Ce dernier nom est certainement plus vraisemblable: 
on y reconnaît l'élément brigi qui entre dans la composition 
de tant de noms géographiques et mythologiques gaulois, et 
le .suffixe alus qui se retrouve, par exemple, dans le nom du 
tétrarque Sinatus, le mari de la fameuse Camma. Il faut savoir 
résister à la tentation de corriger Bpiyi-oj en Bpo\"-y.pyj : l'ins- 
cription, gravée avec soin, ne renferme pas une seule faute 
certaine et celle-ci serait bien grossière. 

Quant au second patronymique, il a été lu AjzxXo'j par 
M. Pons; M. Mommsen propose dubitativement AupiaAou, qui 
a une physionomie bien peu celtique. La syllabe initiale Aj ou 
A'jt(?) tait penser à Au-sO-cç, fils du tétrarque Adiatorix et 



1. Cicéron, De harusp. resp., 29. Pourtant il le prend sur sa monnaie du 
Cabinet de P'rance (Rev. Num., 1 84 5 , p. 264). 

2. Hermès, XIV, 474. La pierre est encore aujourd'hui encastrée dans la 
mosquée Rousat-aga, à Ghiousel-hissar (communication de M. Contoléon). 

5. M. d'Arbois me dit qu'il faut distinguer deux racines brig(a) : l'une 
avec i bref (— forteresse), l'autre avec i long (= illustre). 



6 Théodore Reinach. 

grand-prêtre de Comana au temps de Strabon (XII, 3, 35). 
Quant à la terminaison, je suis bien tenté de lire AAOY au 
lieu de AAOY; un tétrarque Domnilaus est mentionné par 
César (Bell, civ., III, 4). Il n'est pas tout à fait impossible qu'il 
faille restituer ou corriger AYM(NI)AA< >Y: la syllabe XI a pu 
être omise facilement après M, et l'initiale Aujjlv, évidemment 
équivalente à Domn, se retrouve dans divers noms gaulois 
(Dumnacus, Dumnorix 1 , etc.). 

Les grandes familles galates, les familles de tétrarques, ne 
se mariaient guère qu'entre elles; il est donc à présumer que 
les deux tétrarques Amyntas, dont descendait Julius Severus, 
étaient respectivement ses ancêtres paternel et maternel. 

Vient enfin (c) « le roi d'Asie Attale ». Il est appelé roi 
d'Asie (c'est-à-dire de Pergame) pour le distinguer de son ho- 
monyme, le dynaste de Paphlagonie intronisé par Pompée. 
Mais duquel des trois Attale pergaméniens s'agit-il ? Attale I er 
doit être écarté, d'abord comme trop ancien, ensuite parce que 
ses possessions légitimes étaient trop restreintes pour lui mé- 
riter le titre de « roi d'Asie ». Attale III n'a jamais été marié: 
sa fiancée Bérénice — sans doute une princesse égyptienne — 
est morte mvstéiïeusement avant le jour des noces 2 . Reste 
donc le seul Attale II Philadelphe, frère et successeur d'Eu- 
mène II. Ce prince épousa Stratoniceî, tille d'Ariarathe IV de 
Cappadoee. et veuve d'Eumène; il avait même eu des relations 
avec elle dès 172, alors-que le bruit de la mort d'Eumène 
s'était répandu; on a conjecturé qu'Attale III était né de ce 
mariage putatif. Quoi qu'il en soit, l'histoire ne mentionne 
pas d'enfants légitimes issus du mariage d' Attale II et de Stra-- 
tonice, mais nos renseignements sur cette époque sont si 
fragmentaires que ce silence ne prouve rien en ce qui con- 
cerne des filles. Je considère comme extrêmement probable: 
1° qu'Attale II a eu une fille (née entre 159 et 138), 2° que 
cette fille elle-même a eu une fille ou une petite-tille appelée 
Stratonice, comme son aïeule ou bisaïeule, 3 qu'il tant recon- 

1 . Le père du grand Déjotarus s'appelait Dumnorix (C. I. A., III, ] \ | ). 

2. Justin, XXXVI, |. 1. 

3 . Le nom nous a été révélé par les dédicaces de Bisanthe (Dittenbcr^cr, 
Sylloge, rc éd., iv s :24->). 



Un descendant de Déjotarus. 7 

naître en cette princesse l'épouse de Déjotarus le Grand, dont 
les historiens donnent le nom mais non l'origine. C'est par 
elle que Severus rattachait sa généalogie a l'illustre dynastie 
de Pergame, car les enfants de Déjotarus, quoique nés en 
réalité d'une concubine, passaient sans doute officiellement 
pour enfants de la reine, qui les avait élevés. 

Voici donc, en résumé, comment s'établirait la généalogie 
de notre personnage : 

Attale II de Pergame = Stratonice de Cappadoce 

I 

Fille 

Stratonice = Déjotarus de Galatie 

Fille = Amyntas, tétrarque 

I 
Julius Severus. 

On me permettra de terminer par une conjecture sur le nom 
et l'origine de la femme de Severus. Mommsen a reconnu que 
l'inscription 4030 du Corpus se rapporte à cette dame, et non, 
comme on le croyait, à la femme du fils de Severus. Elle y 
est, en effet, qualifiée de ipydpv.xv ... -jixi/.y. 'IoùXîsa Sscar,pca 
—j irpuixcu twv 'EXXVjvwv. Or l'inscription nouvelle nous apprend : 
i° que notre Severus portait le titre de zzùr.:: -<„•/ 'EXX^vwv 
(1. 13), 2° que sa femme était grande-prêtresse (1. 27). Mais 
quel était le nom de cette femme? L'inscription 4030, qui 
n'est comme que par une copie de Tournefort, l'appelle Kapa- 
v:j\xix. nom baroque, d'aspect plus turcoman que grec ou ga- 
late, et depuis longtemps suspect. Pouvons-nous le corriger? 
Notons que d'après cette même inscription la femme de Se- 
verus était de sang royal, i.~;^:-r; (3a7cXéa>v, donc parente de 
son mari. Or, parmi les cousins germains de celui-ci, le nou- 
veau texte mentionne (1. 9) un personnage appelé au génitif 
'IsuXisu 'AxaXoa. M. Mommsen interprète ce nom par le latin 
Julius Aquila et nous connaissons, en effet, un personnage 
asiatique ainsi nommé (Prosopographia, II, 168, n° 108), 
mais la forme 'Ax'jXou est embarrassante, le génitif régulier de 
'A/./az; étant 'Ay„âXa; on pourrait être tenté de corriger en 



8 Théodore Reinach. 

'AxuX[î]su. Quoiqu'ilen soit, du cognomen 'AxûXaç= Aquila 
ou 'Axûàw; = Aquilius on a dû tirer le nom de femme Aqui- 
lia. Je soupçonne fort la femme de Severus d'avoir été la fille 
de Julius Aquila ou Aquilius et de s'être appelée Julia Aquilia, 
comme la seconde femme d'Elagabale (Julia Aquilia Severa), 
qui était peut-être sa descendante. Des lettres plus ou moins 
effacées 

IoVAJIAXAKVAAIAX' 

Tournetort a pu fort bien tirer son monsirum 

KAPAKTAAIAN. 

Je souhaite qu'on en débarrasse l'onomastique gauloise. 

Théodore Reinach. 



i. On pourrait aussi soupçonner KA- A.KYAAIAN : un autre cousin 
de notre héros s'appelle Cl(audius) Severus, nom porté par beaucoup de 
personnages connus (Prosopog., I, 598 suiv.). Peut-être encore l'inscription 
de Toumelort n'est-elle que la moitié d'une dédicace complète dont l'autre 
moitié était consacrée au mari; alors la partie conservée commençait par 
KAIAKTAAIAN, qui se rapproche encore davantage de KaoaxuXcciav. 






THE DESTRUCTION OF DÀ DERGA'S HOSTEL 



This arïcient taie, apart from its pathos and beauty, de- 
serves attention from the facts that it turns on the primeval 
beliefin the ruin wrought by the violation of tabus, that it 
contains some évidence of the survival of totemism 1 , and that 
it has suggested the noblest English poem ever written by 
an Irishman 2 . The following édition is based on eight vellum 
copies, ail more or less imperfect. They are as follows: 

i. LU. The Lebor na hUidre or Book of the Dun, a MS. 
of the end of theeleventh or beginning of the twelfth centûry, 
in the librarv of the Royal Irish Academy. Hère the beginning 
of the taie is lost — the first words of it being ... airiut. Note 
cm, §21 infra, p. 83 1 ofthe facsimile, Dublin, 1870. 

2. YBL. The Yellow Book of Lecan, a MS. mostly of the 
firteenth century, in the librarv of Trinity Collège, Dublin, 
formerly marked H. 2. 16, but now (according to Dr Abbott's 
catalogue) 13 18. The taie hère begins at p. 91, and ends on 
p. 104, ofthe photolithograph published in 1896. It omits the 
descriptions of many members of Conaire's retinue, which 
are contained in LU. p. 93 et seq. Though YBL. is much 
later in date than LU. it préserves some Old-Irish forms 
which hâve been modernised in the elder copy. 

3. YBL 2 . In YBL. are two pages (432, 433) which contain 
the beginning of our taie in a later hand and corrupt spelling. 

1. Nettlau, Rcv. Celt., XII, 253, and see Salomon Reinach, Rev. Celt., 
XXI. 287. 

2. Conary, by the late Sir Samuel Ferguson. 



io Whilk) Stokes. 

This fragment commences with the words Bui righ aomrui 
airegda for Eirinn, and ends with : doberti sidhe .it.iii. cumula, 
§ 8 infra. It will hère be denoted by YBL 2 . 

|. H. This codex, of varions dates and handwritings, is 
also in the library ofTrinity Collège, Dublin. It was formerlv 
marked H. 2. 17, but is now numbered 1319. It contains 
three fragments of our taie in a hand, I think, of the fifteenth 
century. The first begins (p. 477) imperfectly with the words 
fosnaidm ngiall Temrach. Atnra, n-amro, 61 ind slogh, § 15 infra, 
and ends : Cia feras an failtèi, § 39 infra. The second fragment 
begins: Atchiusai tet, ol sisi, conach ernaboi caer na carnai diot, 
§ 62, infra, and ends : gala maihgamna 7 brothoi leoman, § 92 
infra. The third fragment begins : Ro boi iarum ina cotlud in 
maethoclach, § 10 1 infra, and ends imperfectly with : imariefi 
yrl, ni bo, §111. For a loan of this MS. I am indebted to the 
Board ofTrinity Collège. 

5. P. The Book of Fermoy. This hfteenth- century vellum, 
now in the library of the Royal Irish Academy, contains in 
pp. 213-216 two fragments of our taie. The first begins im- 
perfectly with: iarum inna codïuth in môetoiclach, § 101 infra. 
The second begins (p. 214), with Adconnarc and nonbor ind 
iindiii, §216 infra, and ends imperfectly (p. 216) with oencoss 
7 uenlaim 7 mucc, § 136 infra. 

6. S. The Stowe MS. 992 (now marked D. 4 . 2) is kept 
in the library of the Royal Irish Academy. K. Meyer, Rev. 
Celt., VI, 173, 190, XI, 435-436, says that it was written at 
Frankford, King's Co. in 1300. This excellent MS. contains 
three fragments of our taie. The first (Jo. Sv'-oo^) extends 
from the beginning (Bai ri murai airegda, etc.) to the end oî 
§ ni infra. The second from § 126 to the second lineof § 133 
(0 gabais trebad ni ro). The third from a ben, ar sa, ni cuil etc. 
^~ io 1 infra, to the colophon: Cowid é cath na maidne ar 
Bruidin Da Berg conice sin. FINIT. 

7. Eg. Egérton 1782, a MS. in the British Muséum, 
described in M. d'Arbois de Jubainville's Essai d'un Catalogue, 



The Deilruction of dâ Dcrga's Hosîel. i i 

p. xxvi, xxvii. The copy of our taie contained in this MS. 
may be said to belong to a second recension, which was 
preceded by three foretales (reinscéla), viz. Tesbaid Etaine iu- 
gine Ailella, Tromdam Echach Aireman and Aisnéis Side Maie 
ind Oc do Mider Breg Leith in a sid (LU. 99-* 13, Eg. i2o b 1). 
It commences (f. n8 a ), with an account ofEochaid's recap- 
ture of his wife Étain from the elfking Mider of Bri Léith 1 . 
This incident, according to the second recension, caused the 
vendetta between the elves and Eochaid's descendants, which 
resulted in the cruel death of his sreat-grandson Conaire. 
Then (fo. n8 b 2) we hâve the marriage of Cormac « the man 
of three gifts » to Eochaid's daughter, called, like her mother, 
Etain. With his désertion of Etain because she bore daughters 
onlv, Eg. begins to agrée almost Verbatim with YBL. and St. 
(§ 4 infra), and from fo. i20 b 1 (... on/!. Nateem, oll seisiuni) 
with LU. (§21 infra). But Eg. contains many additions and 
variants, which are mentioned in Nettlau's able articles on 
our taie, or in the footnotes and appendix to the présent édi- 
tion. On the other hand, it lias lost three leaves, one corres- 
ponding with LU. p. 88 a 26, another with LU. from 88 b 7, 
and a third with LU. p. 93, 1. 4 — 95 1 5. 

8. Eg. 1 . Egerton 92, another MS. in the British Muséum 
written in 1453 (Rev. Celt., XI, 436). This contains (f. 18) 
two fragments of our taie ; the first extending from the be- 
ginning to 1. 3 of £ 54 (Ta céin, for Ingcel), the second from 
iarna rathugud. Teit corranic, § 72, to the end of the de- 
scription of Conaire, § 100. 

So much has been already written about the Bruden Dâ 
Derga that it is hère necessary onlv to give a list of the chief 
notices of the subject : 

Rorannad Heriu iarsin. hi côic, iar n-arcain Conare Môir 
maie Etarsceoil hi mBrudin Da Derga, Thereafter Irelanâ was 
divided into five, after the destruction of Conaire the Great, son of 
Etarscèl, in the Hosîel of Dâ Derga, Annals of Tigernach, 
Rev. Celt., XVI, 405. 

1. See the Dindsenchas of Râith Essa, LL. \èy. 



i 2 Whitley Slokes. 

Togail Bruidne Da Berga 1 (ut alii aiunt, sed certe falluntur) 
for Gonaire Môr The sack of Dâ Derga's Hostcl, on Conaire the 
Gréai, assomesay, but they are surely wrong, Ibid., p. 411. 

(According to the former entry the Destruction took place 
soon after the battle of Actium, B. C. 31. According to the 
Latter, the date wasA.D. 43 or thereabouts). 

Ar batar fri \\Erenn cen smacht rig forro f/i re .uii. mblia- 
dau iar ndith Conaire i mBrudin Da Derca, LU. 46*7-9, for 
the mai of Ireland had no king's authority upon them for the space 
ofseven years after the death of Conaire in Dâ Derga's Hostel. 

Orgain Bruidne ûi Dergae, LU. 99" 12 (slicht Libair Dromnia 
snechta) 

Et Togail Bruidne ûi Dergga, list of the primsceoil, LL. 189'' 
last Une. 

No Togail Bruidne dâ Derga, Rawl. B. 512, fo. 109 1 ' 2, and 
Harl. 5280, fo. 47. 

Togail Tigi Ner/;/ain oc us Bruidne Da Derg ocus Da Choc. 
Harl. 432, fo. 3 15 2, printed in Ancient Laivs, I, 46. 

Gilla Coemâin's chronological poems, LL. 129 1 37-40, 13 i a 
20, 21. 

The dindsenchas of Benn Etair, LL. 195": of Râith Esa, 
LL. 1 6 3 n : of Râith Cnamrossa, Rev. Celt., XV, 333. 

The Annals of the Four Masters, A. M. 5160. 

O'Curry, MS. Materials of Irish History } pp. 258-259. 
— Manners ami Customs, I, 20, 72, 74, 219, 306, 
335, 350, 355, 370, 379,382, 383, 390, 431,433, 447, 462, 
463; III, 136-15 1 (with thirty extracts, ail, save two, inac- 
curate), 165, 183, 184, 189, 190 (with four extracts, ail inac- 
c 11 rate), 367 368. 

d'Arbois de Jubainville, Essai d'un Catalogue, 1 80-181. 

Zimmer, Zeitschr. f. vergl. Sprachforschung, XXVIII, 
554-58). 



1. Hère Berga (i. e. Bhergd) is a corruption of Derga (i. e. Dhergà) as 
Iubhal « Jew » of Tuàhal, etc. The gen. sg. dâ in Bruiden dâ Derga, dâ 
Choca, dâ Reo (nom. sg. Dan, Trip. Lite ^50, 1. 30, LL. 319 e 17) may 
stand for * Dâvi, and be cognate, perhaps, with Lat. Dâvus, a common 
name for a slave in Plautus and Terence. Cf. the namesofwhich thefirst 
clément is gille, mael, mug, Rhys, Celtic Britain, 239. 



Thé Destruction of Dâ Derga's Hostel. 1 5 

Zimmer, Zcitschr. f. deutsches Alterthum, XXXY, 13. 

Nettlau, Rev. Celt., XII, 229, 444; XIII, 252; XIV, 137. 

In the présent édition the version in the Yellow Book of 
Lecan has been followed as far as the first five words of § 21. 
Thence to the end the version in Lebor na hUidre has been 
taken as basis. Letters and words omitted by the scribe are 
supplied in square brackets. Ail various readings of any im- 
portance are given in the footnotes. The Appendix contains 
various illustrative passages, which owing to their length, 
could not be printed at the bottom of the pages. The Glos- 
sarial Index will, I trust, be found a useful supplément to Prof. 
Windisch's Wôrterbuch. The translation must be regarded as 
merely tentative — so many are the j-y.\ >.sy:;j.Evx in the Irish 
text, sp obvions the corruptions, which I, at least, am unable 
to cure. 

w. S. 



INCIPIT TOGAIL BRUIDNE DA DERGA 

(H. 2. 16, col. 716, Facs. 91 1 



1. Bui ri amra airegda for Erinn, Eochaid Feidleach a ainm. 
Doluid r feachtM5 n-ann dar Aenach mBreg Leith, ronaccai in 
mnai for ur in tobair, 7 cir chuirréil 2 argit co //-ecor de or 
acthe ' oc foleud al-luing argit, 7 ceithri heoin oir îuirû, 7 
gleorgemai beccai di charrmogul chorcrai hi forileascuib 4 na 
luingi. Brat cas corcra, foloi ? chain aicthe 6 . Dualldai airgdidi 
ecoirside, [milech] de or oibinniu isi[n] bratt. Lene lebur- 
chulpatar/;, is ~ i chotut[s]lemon dei shitiu uainide fo dcrginliud 
oir impi. Tuagmila ingantai di or 7 airget 8 ior a bruindi[b] 7 

1. Toluid St. 

2. sic Ir. Texte, I, 119. cir chuirrel YBL. St. cir coréil YBL 2 . 
5. acce St. 

4. forflescaib St. 

5. folôi St. foloi YBL?'. 

6. aicce St. aice, aicae YBL 2 . 

7. os St. 

8. d'or 7 d'argat YBL 2 . 



14 Whilley Stoh s. 

a formnaib 7 a guallib isind lene di cach leith. Taitned 1 fria 
in grian cobba foderg 2 dona feraib tàidleach ind oir frisin 
ngréin asin t[s]itiu uain[i]di. Da trilis n-orbuidi for a cind. 
iige ceir/'/i ndual ceachtar ride, 7 mell for rind cach duail. Ba 
cosmail leo dath ind roilt sin fri barr n-ailestair hi samrad, wô 
fri dergôr iar ndenam a datha. 

Beginneth the Destruction of Dû Derga's Hostel. 

1. Thcrc was a fanions and noble king over Erin, naine J Eo- 
chaid Feidlech. Once upon a lime he came over the fairgreen of Bri 
Léithî, and he saw at theedge ofawell a woman ivitb a bright 
comb of silver ador.ned zuith gold, washingin a siiver bas in whtrein 
were jour golden birds and Utile, bright geins oj purple carbunelc 
in the rims of tire basin. A niant le shehad, curlx and purple, a 
beautiful eloak, and in the uiantle siîvery fringes arrangea, and a 
brooeh offairestgold. A kirlle she wore, long, hooded, hard-suiooth, 
of greeu silk, with red embroiderx ofgold. Marvellous clasps of 
gold and silver in the kirtle ou her breasts and her shoulders and 
spaulds ou every side. The suu kept shilling upon her, so lhat the 
glislcuiug of the gold against the suu froiu the greeu silk was ma- 
uifest to iiien. Ou her head were two goîden-yellaw tresses, in cach 
ofwhich was a fiait of four locks, with a bead at the point of cach 
loch. The hue o/ thaï hair seenied to theiu like the floiver of the iris 
in suiuincr, or like red gold after the buruishiug thereof. 

2. IS and bui oc taithbiuch a fuilt dia folcud, 7 a da laim 
tria derc4 a sedlaig immach. Batar gilithir sneachta n-ôen- 
aidche » na di doit, 7 batar maethehoiri, 7 batar de/githir sian 
slebe 6 na da gruad nglanailli7. Badar duibithir druimne daeil 
na da malaich /. Batr/r inand 7 frais 8 do ncmannaib a deta ina 

1. Taithnidh YBL 2 . 

2. corbo aideirg St. gumba oid<rg, YBL 2 . 

3. Mider's elfmound, west of Ardagh in the eo. Longford. See the 
dindSenchas, Rev. Celt., XVI, 78. 

4. tre deirc YBL 2 . 

5. noenaichde YBL. naonhoidhche YBL 2 . a-6enoidch Ir. Texte, I, : ur 

6. siôn slébe St. YBL*. 

7. Om. St. «ru.iid YBL 2 . 

S. leg. frass? inunn 7 Iras, YBL 2 . 



The Destruction of Dd Derga's Hostel. i 5 

cind. Bztar glasithir bugba na di shuil. Batar derghhir par- 
taing 1 na beoil. Batar forarda mine maethgela na da gualaind. 
Batar gelglana sithrota na mera. Batar fota na lama. Ba gili- 
thir uan tuindi in taeb seng fota tlaith min maeth ;inw/ olaind. 
Batar teithblaithi sleamongeala na di sliasait. Batar cruind- 
bega caladgela na di 2 glun. Batar gerrgela indildirgi na de 2 
lurgain. Batar coirdirgi îaraildi 3 na da4 shàil. Cid riagail fo- 
certa forsna traigthib sin 5 is ing m'adehotad egoir 6 n-indib, 
acht cia tormaisead feoil na fortche foraib. Sol/m'uidiud inn 
esce 7 ina saeragaid, urtbocbail uailli ina minmailgib, ruithen 
suirghe ceachtar ada rigrosc 8 . Tibri ainiusa ceachtar ada gruad, 
co «-amlud indtibsen do ballaib bithehorcra co «deirgi tola laig, 
7 araill eile co soins gili snéachta. Bocmaerdachd banamail ina 
glor, cem9 fosud n-inmalla 10 acci, tochim rignaidi le 1 - 1 . Ba si 
tra as caemeam 7 as aildeam 7 as coram atcownarcadar 12 suili 
doine de mndib domain. Ba doig ko bed a sidaib di. Ba fria 
asbreth « cruth câch co hEtain », « caem cach co hEtain'3 ». 

2. There she was, undoing her haïr to wash il, with her anus 
ont ihrough the sleeve-holes of her smock. White as the snow of 011e 
nighl zcere the two bands, soft and evea, and red as foxgîove were 
the two clear-beautiful cheeks. Dark as the back of a stag-beelle the 
two eyebrows . Like a shower of pearls zuere the teeth in her head. 
Bine as a hyacinth were the cyes. Red as rowan-berries the lips. 
Very high, smooth and soft-white the shoulders. Clear-white and 
lengthy thefingers. Long were the bands. White as the foaniofa 
wave was the flank, slender, long, tender, smooth, soft as wool. 

1. partaic St. 

2. da St. 

3. iarslaidi St. 

4. di St. 

5. sicYBL*. Om. YBL. 

6. ma cor ni ecoir St. mât cottat egoir YBL 2 . 

7. Sol«iruided mince St. 

8. Tibhra St. 

9. ccim St. 

10. imînmalla St. 

11. YBL 2 omits this and the two preceding sentences. 

12. ateo/zdeatar St. attco«dcattar YBL 2 . 

13. Cf. cossin 11-ôiii À. co Crist (gl. usque ad unum), Wb. 2-' 21 (ad 
Rom., III, 12). 



i6 Whitk) Stokes. 

Polished.and warm, sleék and white (were) the two thigbs. Round 

ami sniiill, hard and white the two knees. Short ami white and 
ruïestraight the two shins. Justly straight, ... beautiful the two 
heels. If a measure wereput on the feet il would hardly hâve fourni 
thein unequal, unless the flesh of the coverings should grow upon 
them. The bright radiance of the moon iras in her noble face: the 
loftiness ofpride in her smooth eyebrows: thelight ofwooingin each 
of her régal eyes. A dimple of dëlight in each of her cheeks, with 
an amlud ' (?) in them (al one lime) of purple spots with redness 
ofa calfs blood, and al anolher with the bright lustre of snow. Soft 
womanly dignity in lier voire ; a step steady and slow she had : a 
queenly gait was bers. Verily, of theworld' s women 'twas she iras the 
dearest and loveliest ami justes! thaï the eyes oftnen had ever beheld. 
Il seemedto them (king Eochaid and bis fullowers) thaï shewasfrom 
the elfmpunds . Of her was said : « Shapely are ail till (compàred 
with) Etâiu », « Dear are ail till (compàred with) Etâin. » 

3. Gabais saint in ri[g] n-impe focetoir, 7 daraide 2 fer dia 
muindt/r riam di[a] hastud foracind. Imchomarcair in ri scela 
di, 7 ashvt fria ina sloindiud: « Inum-biasa uair coibligi lat?» 
ol Eochaid. 

Is ed doroachtmar fort foesam sunnî, or si. 

Os/, can deit 7 can dolud-* ? ol Eochaid. 

Ni ansa, ol si. Etain missi, ingen Etair ri eochraidi a sidaib. 
Atusa sund fichit mbliadan o ro génarS i sid. Fir in tside, eter 
rigu 7 chaemu, ocum chuindchid, 7 ni etas form 6 iohithin 
rot-car//^a [7 tucus] seirc lelbhan ba tualaing" labartha ar 
th' airscelaib 7 t'ani//^ 7 nit-acca riam. 7 atot-gen 8 focc'/oir ar 
do thuarascbail, is tu doroacht9 iar/nn. 

1. The hue W. M. Hcnnessy rendered this word by « dappling ». 

2. rola Ir. T., I, 120. dorruide, St. dorathte YBL 2 . 

3. Dorochtamar ci ad boisam sunn, St. doroir/rtamar. . a boisam sunn 
YBL2. 

4. doluid, YBL. doluidh YBL 2 . dollot, Ir. Texte, I, 120. dolluid, St. 
v genair, YBL. YBL 2 . St. genar, I. T., I, 120. 

6. ni lietus huaim fess ri fer di'b, I. T., I, 120. 

7. rotcharwaçeirc lelbain obsa tualang. St. rocartua searc lealun opsa 
tualaing, YBL 2 . 

8. atotathgén, I. T.,I, 120. 

9. doruachtamar I. T., I, r20. 



The Destruction oj Dâ Dcrga's Hostel. 17 

Ni ba taig 1 drochcarad hi cein dait em, ol Eochaid. Rot- 
bia [YBL. col. 717, p. 9i b ] failte, 7 leicfider cach bean do 
mnaib airiut, 7 is acut t'aenwr biasa cein bas miad lat 2 . 

Mo thinnscra coir dam, or si, 7 mo riar iar suidhiu. 

Rot-bia, ol Eochaid. 

Dobt'rthar secht cumala di. 

3. A longing for her straightway sei%ed the King ; so he sent for - 
zuard a man of his peuple to detain her. The king asked tidings of 
her and said, ivhile announcing himself : « Shall I bave an hour 
of dalliance iviih thee? » 

« 'Tis for thaï ive hâve conie hit her under thy safeguard », 
quoth she. 

« Query, zuhence art thou and whence hast thou corne ? » says 
Eochaid. 

(( Easy to say », quoth she. « Etâin am I, daughter of Etar, 
Jcing of the cavalcade front the elfnwitnds. lhavebeen hère for twenty 
years since Iiuas boni in an elfmound. The men of the elfmound, 
both hings and nobles, hâve been ivooing me ; but nought zuas gotten 
from nie, because ever since I tuas able to speak, I hâve loved thee 
and given thee a child's love for the high taies about thee and thy 
spleudour. And though I had never seen thee, I kneiv thee at once 
from thy description: it is thou, then, I hâve reached. » 

(( No « secking of an ill frieud afar » shall be thine », says Eo- 
chaid. « Thou shalt hâve welcome, and for thee every (other) 
zuoman shall be left (by me), and with thee alone will I Vive so long 
as thou hast honour » . 

« My proper bride-price to me ! » she says, « and afterzvards 
my désire. » 

« Thou shalt hâve (both) », says Eochaid. 

Seven cumals 3 are given to her*. 



1. tochuiriuth, Ir. Texte, I, 120. ni ba taig .i. ni ba sigid, YBL 2 . Cf. 
taigid = to-saigid § 4. 

2. an. céin bus miadh latt, YBL 2 . 

3. i. e twenty-one cows. 

4. Thefirst three paragraphs agrée with Tochmarc Èt.iine, §§ 3, 4, 5, as 
printed in Ir. Texte, I, 119-120. 

Revue Celtique, XXII. 2 



18 Whitley Stokes. 

4. Atbail in ri iârum .i. Eochaid Feiàlech. 

IAr cind aimsire leicid Cormac (.i. ri Ulad), fear na tri 
mbuadfa], ingin [n]Echdach, daig ba haimrit achi ingen rug 
do Chormrtc iar ndenum in brothchan dolv/t : a mathair di .i. 
in beàn a sidaib. Is and asbr/t si tria a mathair: Is cuil a ndâ- 
radais dam 2 , bid ingen nos-ber L 

Ni ba bdson*, ol a mathair, « biaid taigid rig iurfi. 

4. Thaï the king, even Eochaid Fcidlcch, dies (leaving one 
daughter named, Hhe her mother, Etain, and wedded to Cormac, 
king of Ulaid). 

After the end of a time Cormac, king of Ulaid, « the man of the 
three gifts » , forsakes Eochaid's daughter, because she iras barrai 
savefor one daughter that she had borne to Cormac after the making 
of the pottagewhich her mol her — the wonian from the eîfmounds 
— gave her. Then she said to her mol her : « Bad is what thou hast 
given nie: itwill be a daughter thaï I shallbear. » 

<( That willnot begood »,sayshet niolher ; ((a king's pursuit (?) 
will be on her. » 



5. Dober Connue *» iar/mi arisi a 6 mnai .i. Etain, 7 ba si a 
riar side, ingen na mnâ ro leigead rempe" do marbad. Nis- 
leicide 8 Cormrtc dia mathair di[a| altromm. Nos-berait iannn 
a da mogaid-seom dochum chuithi, 7 tibidsi gen gaire friu oca 
tabairt isin chuithi''. Doluid a ngus n-airriu 10 iar«m. Nos- 
berad il— lias ngamna buachaille nEterscele maie h ni Iair righ 



1. in brothehain dombert Eg. ii8 b 2. in brochain dobert, St. YBL 2 . 

2. Is cuil dorata dam Eg. Is cuil doratis dam, St. As cuil a ndorattrtù 
dam, YBL 2 . The cuil is gen. sg. of col. Strachan compares the phrase ba 
méite. 

3. nomber Eg. nombera St. 

4. Ni bâ bâason Eg. nipa son YBL. 124. YBL 2 . Ni ba son St. 

5. Dopeir Cormac (.i. righ Ula</), YBL 2 . 

6. an YBL. a St. 

7. ro leiccedh roimpe, VBL 2 . 

8. Nir'ldg Eg. Nislecide St. 

9. For the Egerton version of tins and the following sentence see Ap- 
pendix A. 

10. Dolluid a ngus n-airri. St. 



Tiie Destruction of Dà Derga's Hostel. 19 

Temrach, 7 rosn-altar I side co mbo druinech maith, 7 ni bui 
i nHerind ingen rig bad chaimiu 2 oldas. 

/. Then Cor mac weds again bis luife, even Etàin, and tins 
was bis désire, that tbe daugbter of the woman wbo bad before been 
abandoned [i. e. bis oivn daugbter] sbould be killed. So Cormac 
would not leave tbe girl to ber motber to be nursed. Then bis two 
thralls take ber to a pit, and she smiles a laughing smile at tbem 
as tbey zuere putting ber into it. Tben tbeir (kiudly) nature came 
to tbem. Tbey carry ber into tbe calfsbea lof tbe coiuherds of Etirscél, 
great-grandson of Iar, king of Tara, and tbey fostered ber till she 
became a good enibroideress ; andthere was not in Ireland a king' s 
daughter dearer tban she. 

6. Dognifth] teach fîchti forche ' leosum di, cen don/5 n- 
ann eter, acbt seinisfér 7 forleas nama. Airighit didu munter 
Et^rscele an teach hisin, 7 adar leo ba biadh bui ann lasna bua- 
chailli. Luid fear dib co »dercachai4 forsin forless, co «-accai 
in n-ingin rochaim roalaind isin tig. Adfiadar don rig anisin. 
Tiagait a munter uadh fochetoir dia breith cen athehomarc 
[ona buachaillip — Eg.] 7 do sharugud in tigi, ar ba haimrit 
in ri, 7 dorairngiread do no berad bean mac dô 7 nad festa a 
cenél 5 . 

Aslwt 6 in ri dïdu: Isi in bean sin dorairngiread damsa. 

6. A fenced (?) bouse of ivickerwork tuas mode by tbem (the 
thr ails) for ber, without any door, but only awindow and askylight . 
King EterscéVs folk espy that bouse and suppose that it was food 
that tbe cowberds kept there. But one of tbem luent and loohed 
ihrougb the skylight, and be saw in the bouse the dearest, beauti fui- 
lest maiden ! This is told to the king, and straightway he sends bis 



1. rosnaltatar, St. rosnalltattar YBL 2 . 

2. bu caimiu, St. 

3. fithi force St. fithte fo/cae YBL 2 . foreho Eg. 

5. sic St. awderca YBL. «wdercaidi YBL 2 . 

4. Et dorairrngertsit a druidhi don righ co mberath ben na fînnfaithea 
cenel mac dond righ, Eg. 1 icp 1 . 7 dorairrngered dô no b »rad ben na festa 
cenel mac do, St. Et dorairagireth dô nobtva bm mac dô nitt feasta a cinel. 

6. Atbm, St. 



20 Whhley Slokes. 

pcople to break the bouse and carry her off without asking the cow 
he ni s. For the king ■nuis childless, and it had been prophesied to 
him (7>v bis wi^ards) thai a woman of unknown race would bear 
him a son. 

Tbi'ii saidtbe king: « This is the woman thai bas been prophesied 
to me ! » 

7. INtan àidu bui ann dadaig ' eonacca in n-cn forsin t'or- 
less aàdochum 2 , 7 facaib a enchendaich 3 for lar in tigi, 7 luid 
chuict[h]e4, 7 ardagaibî, co u-epert som fria: « Dofilter chu- 
cut on rig do choscyad do thige 7 dot brith chuci ar eigin, 7 
bia 6 torrach uaimsea, 7 bera mac de, 7 ni marba7 eonu in 
mac sin, 7 bid Co;/aire [mac Mese Buachalla] a ainm, ar ba 
Mes Buachalla a hainm-si dano. 

7. Now while she was there next morning she saw a Bird on the 
shylighi coming to her, and he leaves bis birdskin on the lloor of 
the bouse, and went to her and captured her 8 , and said: « They are 
coming to theefrom the king to wreck thy bouse and to brins thee to 
him perforée. And thon wilt be pregnani bx nie, and bear a sou, 
and thai sou niitst not kill birds9. And « Conaire, son of Mess 
Buachalla » shall be bis naine, for hers was Mess Buachalla, 
« the Cowherds' fosterchild » I0 . 

8. Ocus breatha-si 11 cosin righ n-iarum, 7 low/' a boite le, 
7 aranai[s|si dond rig I2 , 7 doLvrt side seacht cmnala disi 7 



1. issin aidhqui Eg. 

2. dar in forlcs dia doclmm, Fg. 

3. forfacbaid a enchennaig, St. 

4. chuice, St. 

5. luith chuici co «derna coibligo frie, Eg. 

6. acln chena atai, Eg. 

7. nirra niarba Eg. 

8. il la saisit et la posséda. 

9. cf. § 13. This passage indicates the existence in Ireland of totems, 
and ofthe rule -that tlie person to whom a totem belongs must not kill the 
totem-animal: see Rev. Celt., XII, 243, XXI. 286 11. 

10. meas À. dalta, CCI. 

1 1 . ruccuth si, Eg. bretha si St. 

12. rohernas in ingiun iarsin dond rich, Eg. 



The Destruction of DA Derga's Hustel. 21 

seacht 1 cumzlk 2 aili dia haitib. Ocus dognithea 5 airig doib-J 
iarsin, comdàr reâchtaidi s uile, coma de ataat in da Feidlimid 
Reachtaidi. Ocus Iv/'t-si iarwm mac dond rig .i. Conaire mac 
Mesi Buachâlla. Ocus batar he a tri drindrosci 6 forsin rig .i. 
altrom a maie eter [tjheora aicce7 .i. na haiti 8 rosn-altadar 7 
na9 Maine Milscothacha, 7 atacomnaicsi fadeisin 10 , 7 adbi'rt-si 
inti dudrastar 11 ni don mac so di feraib Herind dobera dinaib 
teoraib trebaib-sea ar chomet in maie 12 . 

S. And then she was brought to the king, and with her irait her 
fosterers, and she was betrothed to the king, and he gave her seven 
cumals and to her fosterers seven other cumals. And afterwards 
they were mode chieftains, so thaï they ail hecanie légitimâtes whence 
are the two Fedlimthi Rechtaidi. And then she bore a son to the 
king, even Conaire son of Mess Buachâlla, and thèse were her 
three urgent prayers to the king, to ivii , the uursiug of her son 
aniong three households (?), that is, the fosterers who had nur- 
tured her, and the (two) Honeyworded Mainès, and she herself is 
(the third); and she said that sitch of the ineu of Erin as should 
wish (to do) aught for thîs box should give to fhose three households 
for the boy' s protection. 

9. Alta iarum samlaid, 7 ro feadadar 1 ^ fir Hcrend in mac so 
isin laithiu ir-ro genair focMoir, 7 ro alta in maie aile lesin 
.i. Fer le 7 Fer gar 7 Fer rogein, tri maie hui Duind Desa ind 
fendeada .i. fear sochraidhi J 4 do shochraidi a M//c-lesi. 



1. .u.iiï. YBL2. 

2. Hère ends Y BL 2 . 

3. dorighnit, Eg. 

4. dib St. 

5. rechtairi, Eg. rec/;/aire St. 

6. 7 ba hiat a tri drindruisc, St. 

7. i teora aicci St. 

8. haiti St. haici YBL. 

9. na da St. 

10. ateomnaie e bodesin St. 

1 1. duthrasti»' St. 

12. coemad in mie St. 

1 3. rochûalata;- Eg. 

14. sochraid St. 



22 Whitlcy Stokes. 

<■). So in thaï luise ht was reared, and tht menof Erin straight- 
way hnew this boy on tht day he was boni. And other boys were 
fostered ivilh him, to ivit, Fer Le and Fer Gar and Fer Rogein, 
three great-grandsons of Donn Désa the champion, an army-man 
ofthearmy from Muc-Iesi(?). 

10. Ro batar d'idu teora buada for Cowaire .i. buaid cluaisi ' 
7 buaid radairc 7 buaid n-airdmesa, 7 ro muin buaid cach co- 
malta dia tri comaltaib dibsin 2 . Oats nach' sere .i. dognithea 
dosom doteigtis di a cethror*. Citis teora seire dognithi dosom 
no teigead cach fear dib dia sere. Inund eitiud 7 gaiscead 
[YBL. col. 718, p. 92 a ] 7 dath each doib a ceathrur. 

10. Noie Conaire possessed three gifts, to wit, the gift of hear- 
ing and the gift of eyesight and the gift of judgment; and ofthose 
three gifts he tanght ont to each of his three fosterbrothers. And 
whatever ineal was prtpartd for him, the four of thein would go to 
it. Even though three meals were prepared for him each of thein 
would go to his meal. The same raiment and armour and colour 
ofhorses had the four. 

11. Marb in ri ian/m .i. Etfrscele. Gwgrenar tairbfeisï la 
firu Hcrend À. no marbtha 6 tarb leo, 7 no ithead oenfear asaith 
de, 7 no ibead a enbruithi, 7 no chanta or firindi7 fair ina 
ligiu. Fer atchichead 8 ina chotlad is e bad ri, 7 atbaildis a 
beoil intan adbeiread gai. 

11. Theu the king, even Ettrscéle, died. A bull-feast^ is gather- 

ed(?) by the ineu of Erin, (in order to détermine their future king) 
that is, a bu!/ usai to be killeà by thtm and thereof ont inau 

1. n-éstechto Eg. 

2. .i. buaid roderec la Fer ngair, buaid n-cisteclita la Fer rogein, buaid 
n-airdmiusa la Ferle, Eg. 1 1 9 a 2. 

3. cach, St. 

4. do teigdis a ceathror co caitis, St. 

5. ISinn amsir sin ivaxa6rro dognithea tarbieiss, Eg. 119 11 1. 

6. romarbtha Eg. St. nomarbad, YHL. 

7. 6r firinde, St. 

8. IN fer atcichsed, Eg. Feratchiced, St. 

9. See as to this Serglige Conculainn, Ir. Texte, I, 200, 213, whence it 
appears that the bull was white (find). 






The Destruction of Dâ Derga's Hostel. 25 

would cal bis fill dnd drink ifs broth 1 , and a spell of truth zvas 
chanted ovef htm in bis bcd. Wbosoever he would see in bis sleep 
■would he king, and the sleeper would perisb 2 if he uttered a fais e- 
hood. 

12. Baei > Comiri a ceithri cairpthig 4 il-Lifiu occa cluichiuî, 
a tri comaltai 7 se baddeisin. Lotar d'idu a aite chuice 6 co 
tuidchis(v/" don tairbieis 8 . Alchonnairc fear na tairbieisi intan 
sin ina chotlud ïer lomnocht9 indiaid na haidçhe iar sligi na 
Temrach 7 a cloch ina thailm. 

Ragatsa dadaig, ol se, in for ndegaid. 

72. Four men in chariots were on (the Plaiu of) Liffey at tbeir 
gaine, Conaire lu ni sel j and bis titrée fosterbrothers. Then bis foster- 
ers wenl to bini tbat he might repair lo the bull-feast. The bull- 
feasler, then in bis sleep, at the end of the night bebeld a nian stark- 
naked, passing a long the road of Tara, with a stone in bis sling. 

« I will go in the nioming after you », quoi h he. 

13 . Fanacbasa 10 a chomaltai occa cluchiu, 7 imasai a charprt/ 
7 a arai[d] co mbai oc Ath cliath 11 . Ct»zacae eonu findbreca 
mora and ecomdighe 12 ar met 7 dath [7 coemi J >]. Imsai 1 ^ ina 
ndegaidh comdar scitha ind eich. No teigtis fot na hurcjbara 1 * 

1 . At Aegira in Achaia the priestess of Earth drank the fresh blood of a 
bull before she descended into the cave to prophesv, Frazjr, The Golden 
Bough, I, 134, eiting Pliny H. N. xxvin-147. 

2. literally : his lips would perish. 

3. Bui St. 

4. a cethror cairpdech, Eg. 

5. chluichiu St. 

6. altered in YBL. to chuige. 

7. a aiti chuici co tuidehed, St. 

8. 7 asbertatar fris ara ndechsad don tarbfeis co Temraig. Ragatsa, ar 
se, himarach dadaig in barndegaid, Eg. 

9. faenlomiw/;/, St. 

10. leg. Foràcaib seom? Fanacbat a comaltai oca chluichiu St. they hâve 
him at liis gante. 

11. IS ànnsin dano ro fhâcaib a t/i comaltai acon cluichi, ocus immarsûi 
seom ina carpat 7 a ara co mbûi i n-Ath cliath. Amaî rombai seom ann, Eg. 

12. até écomtige Eg. 

13. sic Eg. 7 dot«reimsium St. 

14. Gabaid Co«aire Eg. 

15. No theigtis fot n-aurchora St. 



24 Whitley Stokes. 

riam 7 ni theigtis ni bud shirc 1 . Taurbling 7 gaibid a thailm 
doib asin charbad 2 . Imsui co mbni oc muir ina ndegaid*. 
FosraemeH ind eoin forsin tuind. Luid-seom chucu co ta- 
bart a laim tairrsiu. Fofacbad* na hcoin a n-enchendcha, 
7 imda-suat fair co ngaib ocus claidbib. Aincithi fer dib he 6 , 7 
atngladastar co n-cpen fris. Is mise Nemglan ri enlaithi do 
athar, 7 argarad dit dibrug//d en", ar ni fuil sund ncach 
na pad 8 dir9 dait o a athtf/r no mathair 10 . 

Ni feadarsa, ol seiseam, cosaniu 11 sin. 

Eirg do Themraig innocht, ol se; is coru deit. Ata tairbfeis 
ann, 7 is tu bas ri de .i. fer lomnacht [ragas Eg.] indiaid na 
haidchi iar sligi[d] di sligthib na Temrach, 7 cloch 7 tailm 
lais, is e bas ri. 

i). He left bis fosterbrothers al their gante, and turned bis cha- 
riot and bis charioteer until he was in Dublin. There he saw great, 
white-speckled birds, of unusual si%e and colour and beauty. He 
pursues then until bis horses were tired. The birds would go a 
spearcast before bim, and would noi go aux further. He alighted, 
and takes bis sling for tbein oui of the chariot. He goes after thon 
until he iras ai the sea. The birds betake themselves on the wave. 
He went tolhein and overcanie theiu ï2 . The birds qu'il their birdskins, 
and turn upon him with spears and swords. One oj theiu protects 
hini, and addressed him, saying: « I am Nemglan, king of thy 
father's birds; and thon l.nisl beeu forbidden to casl ai birds ] >, 
for hère there is no one thaï should noi be dear to thee because of 
bis father or niolber. » 

1. better ni bu sîa St. 

2. Tairling Cowaire 7 gabaid a tailm 7 gabaid for a ndibrucud, Eg. 
5. ina ndeadaich YBL. na ndegaid, Eg. 

4. Tiagait Eg. Fosrumet, St. 

5. Facbait Eg. St. 

6. 7 marbaid seom cenmotha oenfer ro cunnig anachul fair, « and hc 
kills them (ail) save one man who asked quarter of him », Eg. 119b 2. 

7. et rofôcrad duit, arse, nemdibrucui en, Eg. ardogradditdibrigudén, St. 

8. nad pa St. 

9. duall Eg. 

10. o athatr 110 a mâthair, St. 

1 1 . cosinndiu St. 

12. Cf. doberait laim tairis, LL. .}02 b 5i. 

1 3. See § 7 supra. 



The Destruction of Dd Derga's Hostel. 2$ 

« Till today », says Conaire, Iknewnot fhis. » 
« Goto Tara tonight », says Némglan; « 'tis fittest for ihcc. 
A bull-feast is there, and through il thon shalt be king. A mon 
stark-naked, who shall go at the end of the night along one of the 
roads of Tara, having a stone and a sling — 'tis he thaï shall be 
king. » 

14. Luid-seom iaram in eruth-sa, 7 badar tri rig cacha 
sraite dina ceithri sraitib dia tiagad do Temraig oca urnaide- 
seom, 7 etach acco do, ar is lomnacht darairngiread a tai- 
deachd. C(macce[s] som l àono rout forsa mbatar 2 a aite, 7 dokv- 
tatar etach rig do imbi, 7 da[m]lv/tatar hi carpitt, 7 fornenaisc 
a giallu. 

14. So in this wise Conaire fared forth; and on each of the four 
roads whereby men go to Tara there were three kings awaiting 
hini, andthey had raimentfor Mm, since it had been foretolà thaï 
he would come stark-naked. Then he icas seen front the road on 
whichhis fostererswere, and they put royal raiment about hini, and 
placed hini in a chariot, and he boundhis pledges. 

15. Asbtrtatar aes na Temrach fris: Atar-lind is coll ro 
coillead ar tarbfeis 7 ar n-ôr tirinde, mad? gilla oc amulchach 
tarfas dunn and. 

« Ni méti anni sin4 », « ol seiseam: « ni hainim ri 6c es- 
labar mar missi do bith ir-rigi, uair5 is cert n-âthflr 7 seanathar 
damsa fonaidm 6 rigiall Temrach. » 

« Amrae, n-amrae! » ol in sluag. Saidit7 rigi n-Erm« 8 imbi. 
Ocns asbfrt-som : « Imcaemrosa9 do gaethaib corbom gaeth 
fodeisin 10 . » 

1. conaccessom, Eg. 

2. sic St. formatât YBL. 

3. inad YBL. intan Eg. 1782. inid, St. 

4. Ni ffrein âm ani'sin, Eg. I20 a i. 

5. sic Eg. Hère YBL. is corrupt and unintelligible : hi hainim ri oc es- 
lobar. ni misi didu eiside. 

6. Hère H. begins. 

7. saigid YBL. St. suidit St. 

8. Sudit iarsin rig, Eg. 

9. Imcoemn/ja St. s-fut. sg. of itneomarcim. Dogénsae imeomarec, Eg. 
10. badesin St. fodeissin Eg. 



26 Whhley Stokes. 

ij. The folk of Tara sa ici to him : « // sèems to us thaï our 
bullfeast and our spell of truth are a failure, if il be only a young, 
beardless lad lhal we haïr visioned therein. » 

« Thaï is of uo moment », quoth he. « For a young, generous 
king like me to be in the kingsbip is no disgrâce, since ihe binding 
of Tara s pledges is mine by right of falher and grandsire. » 

« Excellent ! excellent ! » says thehost. They set the kingship of 
Erin upon him. And he said: « I will enquire of wise men lhal 
I myself may he wise, » 

16. AsbtTt inso huile amrt/ rommuin do in ter ocon tuind : 
Is ed asbert 1 fris : 

Biaid airmitiu 2 fort tlaith, 7 bid saineanuu/ ind enliaitli, 7 
bid si do airmitiu 5 .i.4 do ghes. 

Ni thuidehis deaseals Tetûrach 7 tuaithbiul mBreg. 

Nir' taifnichter 6 lat claenmila Cernai. 

Oats nir' echtra cach nomad7 n-aidche seach Theamair 8 . 

Oats nir' faei9 i tig as mbi eggna 10 suillsi tenead inmach iar 
fuineadh rigrâie 7 imbi eenai dammuig 11 . 

Oats ni tiassa[t] 12 riut tri Derga 1 ^ do thig Deirg 1 *. 

Oats nir'ragbaiter [YBL. col. 749, p. 92 1 '] diberg 1 * id' 6 
tlaith. 



1. asber YBL. St. Is ed isçert H. 

2. airmitniu YBL. 

3. airmitiu H. St. airmitniu dog/cs, St. 

4. sic H. oui. YBL. 

j. desil H. deisil St. desel Eg. leg. desiul. 

6. 7 ni rotaifnither H. nir thaibnit/.v/- St. Eg. 

7. nomaid aidche St. 

8. sech Temraig St. sech Ternraig ïaxum H. 

9. foide H. 7 niroi St. 

10. asa mbi spre na soillsi tenc imach, St. 

11. di moigli H. da muig St. 

12. tiasat H. 

1 3. Deirg H. St. 

14. Cf. co tech nDeirg, LL. 195». 

15. nir fagbaither dibeirg, St. 

16. it H. St. 



The Destruction of Dd Derga's Hostel. 27 

Oc us ni tae dam aenmna nô enfir I i tech fort iar fuinead ngraie. 
Ocus ni ahurrais- augra do da moghud>. 

16. (Then) he uttered ail Ihis as hc had been taught by the ma 11 
at the wave, who sait! ihis to him : « Thy reign will bc subjeci 
to a restriction, but the bird-reign will be noble, and ihis shall bc 
thy restriction, i. c. thy la bit. 

Thou shalt not go righthandwise round Tara and Icfthaudwise 
round Bregia. 

The cvil-beasts of Cerna must not bc hunted by thee. 

And thou shalt not go oui every uiuth night beyond Tara. 

Thou shalt not skep in a housc froiu which firclight is manifest 
outside, a fier sunset, and in which (light) is manifest front without. 

And threc Reds shall not go beforc thee to Rcd's housc. 

And uo rapine shall be wrought in thy reign. 

And after sunset a company oj onc wôman or oue mau shall 
not enter the housc in which thou art. 

And thou shalt not settlef?) the quarrel of thy two thralls. 

17. Ro batar tra deolatchaire-* mora inna rlaith .i. secht 
mbarea cach mis > mithemon 6 do? gabail oc Inbiur Colbtha 
cacha blhdna, 7 mes co 8 gluine cach tbgmaii'9, 7 imbas îor 
Buais 7 Boind i medon in mis mithemon cacha bWadna, 7 
imbet cainchomraic cowarru bi 10 neach in n-aile 11 inn Evitai 
fria rlaith. Ocus ba 12 bindithir la cach n-aen guth aroile inn 
Erinn fria rlaith J ï ocus betis teta mt'/znchrot^. Ni luaiscead 



1. ni the dàra oenfir no aonmna H. ocnmna St. 

2. ugrois H. aurrais St. 

3. mogaid St. For the variants of Eg. see Appendix § 14. 

4. deolcaire, H. deolathchaire, St. 

5. cacha mis H. cac/;a mis St. 

6. mitliemain, St. 

7. da Facs. do St. 

8. con YBL. where the dot is a punctum delens. 

9. co gltmep gâcha foghamuir H. 

10. boi H. bai St. 

11. cona rabi nech ac boin Eg. conj. rubai, St. 

12. comba H. 

13. St. omits inn Erin fria flaith, which seems wrongly repeated irom 
the preceding sentence. 

14. Ocits ba binnithir tetae cach n-oenguth no chanad, Eg. 



28 Whiiley Stokes. 

gaeth caircech mbô o medon earraich co meadon foghmair. 
Nir'bo thoirneach ainbt[h]ineach a ilaith 1 . 

iy. Now there were in his reign great bouillies, to iril, seven 
ships in every June in every year arriving ai hiver Colptha 2 , and oak- 
mast up to theknees in every autumn, andplenty (offish) in (the 
rivers) Bush and Boyne in the June of each year, and such abun- 
dance ofgood will thaï no one slewanother in Erin duringhis reign. 
And to every one in Erin his fellow's voice seemed as sweei as the 
strings oj lûtes. Froui mid-spring to mid-autumn no wind dis- 
turbed a cozus tail. His reign was neither thunderous nor stormyl. 

18. Fodordsat iar/mi a chomaltai-seom im gabail dana a 
n^athflr 7 a seanathar dib .i. Gat 7 Brat 7 Guin daine4 7 Di- 
berg. Gatsatside na teora gâta ar in n-oenfer .i. mucc 7 ag 7 bo 
cacha bliadna, co «-accaitis ca hindeochads doberad in ri forru 

ind, 7 cia domain doairgebad 6 don rig in gat in[n|a flaith. 

iS. Now his fosterbrothers murmured al the tàking froiu them 
of their father's and their grandsire's gifts, namely Thefi and 
Robbery and Slaughter of nicii and Rapine. They thieved the three 
thefts froni the saine inan, to wit, a swine and an ox and a eoiu, 
every year, thaï they 111igl.it see luhal punishmenl therefor the king 
would inflict upon them, and ivhal damage the thefi in his reign 
would cause to the king. 

19. Dotheced/ d\du 8 cacha, bliadna in fer trebar dia chai- 

ncad9 frisin rig, 7 asberead in ri fris: Eirg co n-arlaitiv 10 tri 



1. The entry in the Annals of the Four Masters at A. M. 5160 seems 
fashioned on this paragraph. 

2. The mouth of the river Boyne. 

3. As to the influence of a good king on the seasons, see the Rolls édi- 
tion of the Tripartite Life, p. 507, note. 

4. duine H. St. 

). hindechad Eg. H. hinnechad, St. 

6. no taircéhad Eg. 

7 noteged Eg. Teideth H. Do teged St. 

8. diu H. 

9. écâoine Eg. acaeine H. accaine St. 
10. Eirg 7 accaill, Eg. co«airlaither H. 



The Destruction of Dd Derga's Hostel. 29 

maccu 1 hûi Duind desa, it c rota-thuigsead 2 . Folaimtis a gain 3 
cacha fechtais no theigead dia rad friu. Ni tindtadh som cosin 
rig afrisH arnach ruidead * [Conaire a lott-som. Eg.] 

iy. Nozv every year the fariner woulà corne, to the king to com- 
plu in, and the king woulà say to him. « Go thou and address 
Donn désa's three great-granàsons } for 'lis they that hâve taken 
the beasts. » Whenever he went to speak to theni (Donn Désas des- 
cends) they would ahnosl hiîl him 6 , and he woulà noi reliim to 
the king lest Conaire shonld attend (?) 7 his hurl. 

20. Onni ian/m ros-gab miad 7 imtholtu s iat, gabsat9 di- 

be[i]rg co nwcaib flaithi fer n-Erenn impu. Tri choecait fear 
doib. intan badar oc faclad i c/'ich Connacht occa munud, con- 
dad acca 10 muicid 11 Maine Milscothaig iat [occa dénam, Eg.] 
7 nin-acca 12 riam anisin. Luid for teichead^. Orochualatar 1 ^ 
som lotar ina deagaid 1 '. Eigthi in muccïd, co tanic tuath l6 in 
da Maine fae, 7 co n-argabait 1 " na tri choecait fer cona forban- 
naib, 7 bcrtair do Themair 18 , 7 fogellsat in ri[g] imbi, co n-epert- 
side : « Oircead cach a mac, 7 ainciter 1110 daltai-seo. 

20. Since, then, priâe and wilfulness possessed theni, they took 
to inaranding, surrounded by the sons of the lords of the nien of 



1. con-arlaiter tri maie St. 

2. is siat rod-uesat Eg. it hé roda tuieset H. it e roda-huieset, St. 

3. nguin YBL. St. guin H. 

4. doridisi Eg. afrithisi H. 

5. ro fuided Eg. ruitheth H. cruided, St. 

6. Cf. ac folmasi agonaLL. 74 ; > 19. folaimtis 3d pi. 2dy près, offolâmur 
suscipio, tento, (èjciyeioÉu), Strachan. Déponent, p. 13, note 4). 

7. ruidead perhaps = ro-fethed (rofuided, Eg.) 

8. sic St. imtoltu YBL. 

9. gabsait St. 

10. conacca Eg. eorafaca H. eonacad St. 

1 1. muicide St. 

12. ni aca St. 

13. Luith-sim (or teichcd rompaib, H. 

14. Forochualatar YBL. O ro cualotarH. O ro cualatar St. 

15. ocus luid for teehed mara co;/cathar lotar na degaid, Eg. 

16. Eigis in muccaid co tancatar tuatha Eg. 

17. co roergabait Eg. conorgabat H. co«orgabait St. 

18. Themraia; St. 



50 Whitley Stokes. 

Erin. Thricefifty men haâ they as pupils when they (the pupils) 
were were-wolfing* in the province ofConnaught, uni il Maine Mil- 
scothach's swineherd saw thcm, and be haâ never seen thaï before. 
He went in flight. When they henni him they pursued lu m. The 
swineherd shouted, and the people of the two Mainès came to him, 
and the thrice fifty men were arrested, ahmg with their auxiliarics, 
and lahen to Tara. They consulted the king concerning the ma lier, 
and he said : << Lei eaeh (Jalher) slay his son, but lel my fosterlings 
be s par éd. » 

21. Cet, cet! or each, « dogentar [LU. 83*] airiut. 

Nate em, ol sesseom. ni haurcur 2 sâegail damsa in bretli 
ron-ucMJ. Ni crochfaiter ind fir, acht eirget senôri leôsom cor- 
râlat e a ndibeirg ior firu Alpan. 

21. « Leave, leave! » says every one: « il shall be clone for 
ihee. » 

« Nay indeed », qnolh he ; nol « cas! of life » by me is the doom 
I hâve delivered. The men shall nol be hung; but lel vétérans go 
with thcm thaï they may wreak their rapine on the men of Alba. » 

22. Dogniat-t ani-sin. Tiagait ass forsin farrci cocomarnec- 
târ 5 in mac rig Bretan .i. Ingcél Caech \\na Conmaic 6 . tri 
.1. fer7 consi senofib lco co comarnectar 8 forsind fargge. 

Dogniat eairdes, 7 tiagait la Ingeel cor-rôlsat9 a ndibeirg 
lais. 

22. Thisthey do. Thème they put to sea and met the sou of the 
\ing of Britain, even Ingcél the One-exed, grandson oj Cou mac: 
thrice fifty men and their vétérans they met npon the sea. 

1. faoladb À. foglaim, O'Cl. .; but d. fri faelad À. i coitr[e]achtaibh, C6ir 
Anmann, Ir. Texte, III, 376. 

2. hurcro H. hurcra St. haurchor YBL. 

3. co ro laat, St. corolat YBL. 

4. Dogenad, St. 

5. co comairneachtair YBL. gurro comruicsit H. cor comraigset St. 

6. mac hui Conmaicni YBL. Conmaicne St. 

7. triar fer H. t/iar fer YBL. 

8. co gur comraicsit H. cur' comraigset St. co comarneachtair YBL. 

9. co rolâsat Es.. i20 b i c . corrolasat YBL. corrolasaut H. corralasat St.- 



The Destruction of Dd Derga's Hostel. 3 1 

They make an alliance, and go with Ingcêl and wrought rapine 
mitb him. 

23 . IS i orcain tue a àin fén do som. Gw[id]si adaig and sin 
ro curthea a mathair 7 a athair 1 7 a secht 2 nderbrathir do thig 
rig a thûathe. Ortâ uli lalngeélî n-ôen aidehi. Dolotar * trà 
forsin farci4 anall hi tir n-Ereud do chuingidî oirgne fôn or- 
guin ro dligestar 6 Ingcél dib. 

2). This is the destruction which bis own impulse gave him. 
That was the night that bis motber and bis father and bis 
seven brotbers had been bidden la the house of the king of bis district. 
Ail of them were destroyed by Ingcél in a single night. Then they 
(the Irish pirates) put oui to sea to the land of Eriu lo seek a 
destruction (as payment) for that to which Ingcél had been entitled 
froni them. 

24. Lansid" i n-Erind hi flaith 8 Contre, acht bôi imnesse 
catha eter da Covpre hi Tuathmumain. Dâ chomalta dosom 
iat. Ni bôi a côrugud co nacht9 Comùre. Geiss dosom techt dia 
n-etergléod riasiu dorostais 10 chuci. Téit iarom ciar'bo geiss do, 
7 dogéni 11 sid n-etarro. Anais côic 12 aidche la cechtar de T 3 : 
geis dosom a2.n0 ani-sin. 

24. In Couaire's reign there was perfect peace in Erin, save 
that in Thomond there was a foining ofbattle between the two Car- 

1 . Isi orcain tue Ingcél do adaig rocuretha 7 a mathair, 7 a athair 7 a seacht 
ncterbraithri etc. YBL. Isi \mmorro argain tue Ingcél doib .i. adaig rocuirthea 
a athair etc. Eg. IS i orcuin tug Ingce7 doip agaid ro cuirthi a mathair etc. H. 
Issi orcuin tue a ain fén do adaig ro cuirthea a mathazr 7 a athair 7 a secht 
nderbrathir do thig rig a tuaithe, St. 

2. sic H. ui. LU. Oui. Eg. a seacht YBL. 

3. Tollotar H. Tolotar St. 

4. fairrgi YBL. darsin fairgi Eg. 

5. chuindchid YBL. cuinneith H. cuindge St. 

6. ro dlig. Eg. sin dligistair YBL. 

7. Lansith H. YBL. 

8. i n-amsir Eg. 

9. riacht YBL. St. 

10. doroistis YBL. H. dorrostais St. 

1 1. dorigni Eg. dogni YBL. H. dognid St. 

1 2. .ii. Eg. 

13. la ceachtar n-ae dib YBL. la cechtar nae H. la cechter de dib St. 



32 Whitley Sîokes. 

bres. Two fosterbrothers of his were they. And mit il Conaire came 
il was impossible to mahe peace between thaï. 'Twas a tabuofhis 
to go to separate them before they bad repaired tohim. Hewent, 
however, although (to do so) was ont of his tabus, and he made 
peace between them. He remained five nights zvith each of the two. 
Thût also was a tabit of his. 

25. Iar ngleod in dà ugrai ro bôi-seom oc saigid 1 do Them- 
raig 1 . IScd gabsait 2 do Temraig, sech Usnech Midi, ço »-ac- 
catar' iarsain a n-indred^ anair 7 aniar, 7 an[d]cs 7 atûaid, 7 
co w-accatâr na buidneS 7 na slûagu 6 [7 na fini lomnocht;] 7 
ropo nem tened tir" Ua Ncill imbi s . 

2). After settling the two quand s, he iuas travelling to Tara. 
This is (the way) they look to Tara, past Usnech ofMeath; and they 
saw the raTdingfrom east and west } andfrom southand north, and 
they saw the warbands and the hosts, and the nien stark-naked ; and 
the land of the (sont hem) O'Neills was a cloud ofjire a round him. 

26. Cid ani sco? ol Conaive. Ni:\nse, ol a muinter. Nidua- 
chnid9 son, is i in chain [rig — Eg.] ro mebaid and intan ro 
gabad for loscod 10 in tire. 

Os/ 11 , cid gebmanî 12 ? ol Gwaire. 

Saerthùaid, ïor a muinttr. 

ISs ed ro gabsat iarwm, deisiul Temra 7 tuaithbiul Breg. 
Ocus tosessa 1 ' lais clôenmila Cernai. Ni accai cor-ro scaig a 
tofond. 

1. in da ugrai robui oc soigin co Temraig, YBL. 

2. ro gabsat St. 

3. conaices YBL. 

4. innindred St. in n-indredar Maig Breg. Eg. 

5. bidbaid St. 

6. sluagu moseach 7 na firu lomnacht YBL. 93*. H adds : 7 na fir lombnocht 

7. rop nem tened i tir, St. 

8. impodo gach letb, H. ropa neim tened Mag mBreg huli accu. Ocus 
iss iat robatar ann, sluag side BregLeth, ocus is fat ro tinoil in n-argain, Eg. 

9. duaicbni St. 

10. rogabad ar forloscudh, Eg. rogabad for loscad, YI5L. 

1 1. Cesc M. 

12. gebmaitne St. 

13. ro taibfindthea, Eg tossesa YBL. dosesa H. St. 



The Destruction of Dd Dergas Hostel. 33 

IS iat dodrôni in smûitchéo ndruidechta sin din bith, si- 
abrai, fohithin arrocorpait géssi Conaire 1 . 

26. « What is tins} » asked Conaire. « Easy to say, » bis 
people answer. » Easy toknow thaï the king's law bas broken doiun 
therein, since ihecountry bas begun to burn. » 

« Whither shall we betake oursehes? » say s Conaire. 

« To the Northeast », say bis people. 

So then they went righth'andwise round Tara, and left-hand- 
ivise round Bregia, and the clôenmila (« evil beasts ? ») of Cerna 
lucre hunted by hini. But he saw il not till the chase bad ended. 

They that niadc of the world lhat smoky niist of magie were 
cives, (and they did so) because Conaire' s tahus had been violated. 

27. IMmusrala 2 t/'â in t-ômon mor-sin' do Chowaire, con- 
nach rabi dôib con&x. dochoistis4 acht (or sligi Midlûachra 7 
ï'or sligi Cuàlaun'K 

ISed ro gabsat iarom, la hairer n-Erend antuaid. 

IS and asbtrt Conaire îor slig/J Cualann : Cid ragma 6 in- 
nocht, ol se. 

Domm-âir [a rad), a da[ltai] Conaire7 } tor Mac cecht mac 
Snaide teichid 8 , cathmilid Conairi maie Etersceoil. Bàtar 
menc'iu fir Heveiul oc do chosnom-so cach n-aidche9 indâs bith 
deitsiu 10 îor merogod tiçe ôiçed. 

27. Great (car then fell on Conaire because they had no way to 



1. is e ri insin loingsige siabrai àidu din bith, YBL. IS é ri innsin loing- 
side siapro din bith. iobith H. Is hé ri insin loi«gshide siabrai din bith, St. 

2. Imrola St. imwirola YBL. 

3. iarsin St. YBL. 

4. con&ch rabi cona.it ra soistis St. conach roba conar dochostis YBL. 

5. Ocus ro sôeed iarsin cetfaid 7 ros-lin in t-uaman cownach rabi accu co- 
nair dotiastais acht dul hi cend sligedh Midlûachra 7 for sligid Cualand, 
Eg. I20 b 2 — I21 a 1. 

6. ragmait St. 

7. Conid ann atbfrt Conodor mac cecht mac Snaide seched, Eg. 

8. Dommair a rad a Conaire YBL. 98». Domtair, a daltai, a Conaire H. 
Dommair a rad, a dalta Conaire, St. 

9. ocat cosnamsai H. oc do chosnam so cach n-aidchi YBL. 
10. beith duitsu YLB. 

Revue Celtique, XXII. 3 



3 -4 Whitley Stokes. 

wend save upon the Road of Midluachair and the Road of Cualn. 

So they look their way by the coast oflreland southward. 

Tbeu said Conaire on the Road of Cualu : « whither shaîl we 
go tonight ? » 

« May I succeed in telling thee 1 ! my fosterling Conaire » says 
Mac cecht, son of Snade Teiched, the champion of Conaire son of 
Eterscél. « Oftener hâve the men of Erin been contending for thee 
every nighi than thon hast been wandering aboui for a guesthouse. » 

28. Tothaet meis fqamsera 2 ! for Conaire. B6i cara damsa 
isin tir-se, for Comire, acht ro3 fesmais consit dia thigL 

Cia ainm side ? for Mac cecht. 

Da Derga di Lagnib, ol Conaire. Rànic cucumsa em, ol 
Comme, do chuingid aisceda [formsa — Eg.], 7 ni thuid- 
chid co n-ei'u. Rân-ir^a im chét mbô bothâna. Ranintsa 
im cet mue [LU. 83 b ] muccglassa *>. Ranintsa im chét mbrat 
curïgas 6 clithetach7. Ranintsa im chét ngaisced 8 ngormdatha 
nguhae. K&nirusa im deich ndeilci derca9 diorda. R:\nirnsa im 
deich ndabcha deolcha deich donnae 10 . Ranirusaim deich mogu ". 
Ran/V//.w/ im f/t'/V/; meile. Ranirasa im tri .ix. con n-[o]engel 
inna slabradaib argdidib, Ran/V/z.Q/ im cet n-ech mbûada hi 
sedgrajaib 12 oss n-ews 1 '. Ni ara màithem ! 4 dô cia rist'J r > beos. 



1. literally: k may saving it corne to me! » 

2. Totet meas fo aimseara YBL. Dotaet m fo aimseruip H. Dotoett mes 
foaimseraib St. do thàod meas iô aimseara .i. téid an breitheamhnas ris an 
aimsear, O'Clerv's Foclôir, s. v. meas. Read : Dothôet mess fôaimseraib 

3. co St. 

4. dia rhbeth ar n-éolas dia thig, Eg. 

5. im cet mucclassa, Eg. mucc muceglasa St. mue muicci glasa YBL. 

6. curïglas St. 

7. clidetach St YBL. Raniïussa im cet mbratt corcarda cumaseda cli- 
thétcaid corn, delgaib dergaib diôrdaib, Eg. 

8. im cet ngai ngaiscid. Eg. 

9. Ont. Eg. H. St. YBL. 

10. deolcha dedonda, Eg. ndeolchoi ndedonna II. deolcha deich domi- 
na?, St. 

11. mogodu, Eg: moga St. 

12. sederggaib, St. 

13. necennsa YBL. necendas (no neng), St. 

14. ar maithim H. airmitheam St. YBL. 
13. Ni dia maithib dô dia tîsad, Eg. 



The Destruction of Dâ Derga's Hostcl. 5 5 

Dolv/ad anaill. Is ingnad J màd bronach frimsa innocht [oc 
riachtain a trebe chuici 2 , YBL.| 

2S. « Judgment goes with goal limes », _My5 Conaire. « / /W 
tf friend in this counîry, if only we knew the way to his house! » 

« What is his naine? » asked Mac cecht. 

« Dâ Derga of Leinster », answered Conaire. « He came nnlo 
me to seek a gift from me, and he did not corne with a refusai. 
I gave him a hundred bine of the drove. I gave him a hundred 
fatted swine. I gave him a hundred manlles made of(?) close cloth. 
I gave him a hundred blue-coloured weapons ofbattlc. I gave him 
len red, gilded brooehes. I gave him ien vais... good and brozuu. I 
gave him len thralls. I gave him len querns. I gave him thrice 
uine houuds all-white in their silveru chaius. I gave him a hund- 
red race-horses in the herds of deer... K There luould be no abate- 
meut in his case though he should corne agaiu. He would give the 
other thiug (mahe return). Il is slrange if he is surly to me lonight 
ivhen reachiug his abode. » 

29. A mbdsa4 éolach-sa êm dia thig-side, for Mrtc cecht, 
is crich a tribe chuci i(n)tsligi forsatai. Téit co téit isa techs, 
ar is trîasin tech ata in tsligc. Atat secht ndorais 6 isa tech 7 secht 
n-imda7 her cach da dôrus, 7 ni fil acht ôenchomlaid 8 n-airi, 
7 imsôithtfr in chomlasin in cach nàoxus dia mbi in gâeth9. 

Lin atdi sund ragai hit broi I0 dirmai co tarblais 11 îor lit in tige. 

Masu ed nothéig 12 , tiag-sa co n-arlôr^ tenid and ardochind. 

1 . ing H. 

2. iar rocbta'm a trebe cuice H. ar riachtain a treibe chuice, St. 

3. Compare a similar list of gifts in the Amra Chonrôi. 

4. ara YBL. H. St. 

5. ISam eolach tra dia tig sid'e, ol Mac cecht, Eg. i2i a 2. Am eoiach- 
sa etc. YBL. 

6. ndoirsi YBL. 

7. n-imdatha H. n-imdada, St. YBL. 

8. aen comlo H. 

9. ni fil acht oencomla fris, 7 doberar in comla sin fri cech ndorus imbi 
in gaeth, Eg. 

10. ragai it broin YBL. St. raga it broin H. eirg it brôin. Eg. But O'Cl. 
has bro .i. imad. 

11. tairlingis, Eg. tarblas St. 

12. noteige St. leg. no téig 

13. conarlûr St. Masa ed no tége tiagsa reomut co n-adûr tenid ar do 



3 6 Whitley Stokes. 

2Ç). « When Iwas acquainted witbhis house », says Mac cecht, 
« the road whereon thou art (going) towards htm tuas iheboundary 
of bis abode. Il continues till il enters his house, for through the 
house plisses the rond. There are seven doorways iulo the house, and 
seven bedrooms behueen every two doorways; but there is onlyone 
door-valve on il, and that valve is turned lo every doorway to 
which the wind blows. » 

« With ail that thou hast hère », (says Conaire), « thou shalt 
go in thy gfeat multitude until thou alight in the midst oj the 
house. » 

» If so be » (answers Mac cecht), that thou goest (thilher), I 
go (on) that I may strike fire there aheacl of thee. » 

30. INtan ro bôi Conaire iar sudiu 1 oc ascnam iar slige 
Chûaland rat[h]aiges 2 in t/ïar marcachs dochom in tige. 
Téora léne4 dergae impu, 7 tri bruit dergae impu, 7 tri scéith 
derga forait), 7 tri gae âerga ina lâmaib, 7 t;i eich àerga fo a 
suidibJ, 7 tri fuilt derga foraib. Dergae uile eter chorp 7 folt 
7 etgud 6 , eter échu 7 daine". 

30. When Conaire a [1er this was journeying a long the Road of 
Cudlu, he marked before him three horsemen (riding) towards the 
house. Three red [rocks hadthey, and three red inautles: three red 
bucklers they bore, and three red spears werein their hands: three 
red steeds they bestrode, and three red heads of hair were on theni. 
Red were they ail, both body and hair and raiiuent, both steeds and 
mm. 

31. Cia rédes riand 8 ? for Conaire. Ba geiss damsa in triar 



cind. Sôeis Coware i.irsin for sligid Cualann, Eg. Maseth no teig tiagsa riut 
co B-atar teinïth and ardocind, H. 

1. INtan diu boi Conaire H. INtan buî Cowaire iar suide, St. 

2. rathaigis St. rathaiges YBL. 

3. Eg. inscris îemi. St. and YBL. riam 

4. léinte Eg. lente H. lene St. 

5. foithib Eg. fouip H. fo suidib St. 

6. et/V (iaclaib 7 fo'.taib, Eg. cona liaclaib 7 foltaib, YBL. co«a fiaclaib 7 
a foltaib, H. cona fiaclaib 7 foltaib. St. 

7. iter each 7 duine, YBL. in t-ech 7 duine, St. 

8. ruind YBL. cia rethess reomaind etirî Eg. Ciai rasas riuin? H. 



The Destruction of Dd Derga's Hostel. 57 

ucut do dul reum 1 , (or Consulte, na tri Deirg do thig Deirg. 
Cia ragas inna ndiaid co taessat 2 il-lorg cuaunsa> ? 
Ragat-sa inna ndiaid, for Lé fri4 flaith* mac Cowaire. 

^/. « W-Tw Z5 /Y //m/ /âra /v/o/y us? » tf-v/^/ Conaire. « 77 ««y 
a /<//'// of miiic for those Three to go before me — the three Reds to 
the house of Red. Who will follow 1 hem and tell them to corne to- 
wards me in my track? » 

« / will follow them », says Le fri flaith, Conaire' s son. 

32. Téit ina ndiaid iarom for echlâscad 7 nisn-arraid 6 . Bôi 
fot n-aurchora7etwr.ro, ach 8 ni ruethaisom aire-seom, ni ru- 
cad som9 foraib seom. 

Asbert friu nad remthiastais in rig. Nisn-arraid, acht ro cha- 
chain in très fer laid dô dar a ais: 

En a maie, môr a scél, scél o brudin 10 bélot long lûaichet 
fer ngablach fiangalach 11 ndoguir cnéd miscad môr bét bé 
find fo;-[s]ndestetar deirgindlid 12 air. En a maie. 

Tiagait ûad iarom *3 atarôi an^astod 1 ». 

)2. He goes a fier them, lashing his horse, and overtook them 
nol . There was the length of a spearcasi between them: but they did 
not gain upon him and he did not gain upon them. 

He told them not to go before the king. He overtook them not ; 
but one of the three men sang a lay to him over his shoulder : 



1. remura St. rium YBL. 

2. taiset St. taesead YBL. 

3. Cia ragas ina ndiaid, ar Co/zaire, 7 abar riu bith diarneis co rabat hi 
lorg, Eg. Cia ragfl5 'na ndiaid co tisith al-lorc eugumsa H. 

4. fer YBL. St. 

5. Lia ter flatha H. Le fear flaith YBL. 

6. nistârraid, Eg. 

7. n-urchair, Eg. n-urchuir St. na hurchara YBL. 

8. acht Eg. nach St. nachamructais seom YBL. le, r . acht ni ructais som. 

9. ni rue som Eg. 

10. The rest of this paragraph is obscure to me. For the lection of Eg. 
sec Appendix § 33. 
1 1. fer rigablach fiangalach YBL. St. fiangablach LU. 

12. forsndestetar deirind lith YBL. forsndesitaur fir H. 

13. The rest of this sentence is obscure to me. 

14. sic YBL. oui. LU. 

15. Atrôi a n-astath H. Atroi a n-astad, St. ataroi an astod YBL. 



$8 Whitley Stokes. 

« Lo, my son, gréai the news, news from a hostel ... Lo, my 
son ! » 

They go away Iront bim then : he coula noi detain them. 

33. Anais in mac ar cind in tsluâig. Aslwt tria athair a n- 
asbretb fris. Ni bo ait laiss. Tna ndiàid deit, or Conairc, 
7 tairg tri damu 7 tri tinni doib, 7 airet beti I im theglochsa 
ni bia 2 nech etarru o thenids co fraigid. 

}}. The boy waiied for the host. He toJd his father whai was 
said to bim. Conairc lïkeà il noi . « Aj "ter them, thon ! » says Co- 
nairc, « and offer them ihrcc oxen and three bacon-pigs, and so long 
as they shall be in my household, no onc shall be among them from 
fire to wall. » 

34. Téit iarom ina ndiaid in gilla, 7 toirgid-* doib anisin, 7 
nisn-arraidî, acht ro chachain in très fer laid do dar a ais: 

* En, a maie, môr a scél, gerthiut, gorthiut 6 robruth rig 
eslabrae", tri doilbtiu fer forsaid 8 fordàim dam nonbair. En a 
maie. 

Tintai in mac afrithisi cor-ragaib in laid do Chonaire. 

34. So the lad goes a fier ll.'cm, and ojjcrs them thaï, ahdover- 
tooh them noi. But onc of the three men sang a lay lo bim over his 
shoulder: 

« Lo, my son, gréai the news ! A gênerons king's gréai ardour 
whets ihcc, burns thee. Through ancieni mcn's enchantmenis a 
company of nine9 yields. Lo, mx son ! » 

The boy Inms back and rèpeated the lay lo Comire. 



1. mbete YBL. 

2. asbia II. 

^. then St. o thein co fraig YBL. 

|. toirgenn St. tairgenn ama/ isjv/t an ri fris 7 nis-tarraid II. 
). nis-tarraid St. 

0. gertitt gortit H. gerthuit gorthuit St. 
7. oes labra YBL. 
<S. forsuith il. farsaig YBL. 

9. This agrées with the çtatement infra that nine only fell, induding (or 
aroundj Conaire. 



The Destruction of Dâ Derga's Hostel. 39 

35. Eirg ina adiaid 1 , for Conaire, 7 toirg doib se damu 7 
5^'tinni 2 7 mo fuidell-sa, 7 aiscedaî imbârach, 7 airet beite im' 
thegluch-sa ni bia [LU. 84 e1 j nech et//mi o thein4 co fraig. 

Luid in gilla ina ndiaid iarom., 7 nisn-arraids, acht frisgart 
in très fer 6 , co n-epert : 

En, a mrt/c, mor in scél, scitha eich imâriadam ~. imriadam 
eochu Duind Tetscoraig 8 a sidih, ciammin bi amin mairb. 
mora airdi, airdbi sâeguil. sasad fiach, fothad mbran, bresal 
airlig, airliachtad fâebuir 9, ferna tulbochtaib I0 tratjhjaib iar 
fuin. En a maie. 

Tiagait ûad iarom. 

3J. « Goafter theifi », says Conaire, « and ojfcr them six oxen 
and six bacon-pigs, and my leavings, and gifts tomorrow, and so 
long as they shall be in my household no ont (to bc) among thon 
from fire to wall. » 

The lad then tuent after them, and overtook them notj but ont 
of the three men answered and said: 

« Lo, my son, great the news. Weary arc the steeds we ride. 
We ride the steeds of Donn Tetscorach(?) front the eîfmounds. 
Though we être alive we are dead. Great are the signs; destruction 
of life: saiing of ravens: feeding of croies 11 , strife of slaughter : 
wetting of sword-edge, shieldswith broken bosses in hours after sun- 
down. Lo, my son ! » 

Then they go front hint . 

36. Atchiu ni ro fastais 12 na fini, [or Connue. 

1 . Ere ina ndeguith H. 

2. tindiu YBL. 

3. aiscidi YBL. 

4. teneth H. tein St. then YBL 

5. nisraraîd LU. nistarraid St. 

6. ro chach[ain] in très fer laeith H. 

7. imdarriadam YBL. 

8. desscoraig YBL. tet sgoraig H. detscoraig, St. 

9. airliachtuith faepur, H. airliachtaid faebur.. St. arliachtait faebairYBL. 

10. tuilli ochtaib, St. 

11. Cf. F\rr vildàk | ai Frekasteini ! hrafna sedhja ! d hraum tbinum « First 
would I at Wolfstone sate ravens with thy corpses », H. H., 1, 44 cited 
bv Bugge, Home of the Eddie Poeins, p. 210 n. 

12. ni rnj-astais St nirosastâis LU. nirn^fastais YBL., where the f is over 
the line. 



/)o WliitUy Stokcs. 

Ni me rod-mert 3 ém (.i. ro follang cen in techtairecht do 
denam) .i. or Lé fri 2 flaith?. 

Radis a n-aithesc ndédenach ashrtatar fris. Nirptar failte 4 
de, 7 batàr iarsain na mithaurrûssa (.i. drochmenmand) 
imômna fbraib s. 

Rom-gabsatsa mo gessi uili innocht 6 , ol Conaire, ûar oessa 
(.i. nârfetad)7 indarbae in t/ïar sin. 

}6. « / see that thon hast noï detained the men », says Conaire. 

« Indeed it is riol I thaï betrayed il » (i. e. endured not tp per- 
forai the errand), says Lé fri flailh. 

He recited the last answer thaï they gave Mm. They (Conaire 
and his retainers) were not blithe thereat: and afterwards evilfore- 
bodings (that is, bad spirits) of terrer were on ihem. 

« Ail my tabus bave sei%ed me tonight », says Conaire, « si née 
those Three (Reds) (are the) banished folks 8 . » 

37. Doehôtar riam dochom in tige cor-ragbaiset9 a suide 
isin tig, 7 coro airgiset 10 (.i. cor' cengailset) a n-eocho dergae 
do àorus in tige. 

Remthochim na tri nDerg sin isin Brudin. 

3J . They went forward la the house and look iheir seals iherein, 
and fastened their red steeds to the door of the house. 

Thaï is the Foréfaring of the Three Reds in the Bruden (Dà 
Derga). 



1. rotmbert II. rodmeirt YBL. 

2. fer St. 

3. Ni me immorro na targaid, ar Le fri ftailh mac Conaire, Eg. I2i b 2. 

4. failtiu St. failti YBL. 

5. Batar immorro (orra na mfturrusa immômna, Eg. mithurassa YBL. 

6. Romgabsatarsa mo geissi huli 7 mo micélmaini ar tuidecht cucum 
huli hinocht, ar Conairi, ûaro fessa urbaid in triar sin dochotar n'arn, Eg. 
Rom gabsat mo gesi uili anoebt, ol Conaire, uaire aes indarbthai in triar 
ugatj 11. hûair roessà indarbae in triur san, St. 

7. This gloss is obscure to me. 

.S. oessa = aesa (ddtia), LU. ioi a i8. They had been banished from the 
elfmounds, see infra § 1 j6, and for them to précède Conaire was to violate 
one of his tabus. See § \6. 

9. corragabsat St. corrogabaiset YBL. 
10. 7 ro araigset H. 7 cor clioraigset St. 



The Destruction of Da Derga's Hosîel. 41 

38. IS ed rogab Coua'we com slûagaib do Âth cliath. 

IS and dosn-araid in fer 1 mâeldub cona ôenlaim 7 ôensûil 
7 ôenchoiss. Mael garb fo[r]suidiu 2 . Cia focerta miach do fiad- 
ublaib for a mulluch 3 ni foichred^ ubull for lar acht no giulad 
cach ubull dib for a tînnu>. Cia focerta 6 a srûb ar gésce" im- 
matairisfed dôib. Sithremithir cuing n-imechtair 8 cechtar a 
dâlurgan. Méit mulaig for gut9 cach mell do mellaib a drom- 
ma. Gabollôrg iarinn 10 inna laim. Mue mael dub dôthi for a 
muin, 7 si oc siregim 11 , 7 ben bélmar mâr dub dûabais 12 doch- 
raid ina diaid. Cia focherta da«o a srûb ar gesce folilsad I 3. 
Tacmaicced 1 -* a bel ichtarach co a ghin 1 *. 

38. This is (the way) ihdl Conaire took with his troops, to 
Dublin. 

'Tis then the tnan of the blaçk, cropt haïr, witbhis one handand 
one eye and one foot l6 , overtook them, Rough cropt hair upon him. 
Though a sackful of wild applcs were flùng on his crown, not au 
apple would fall on the ground, but cach of them would stick on 
his hair. Though his suout were flung on a brauch they would 
remain together. Long and thick as an outer yoke was cach of his 



1. dosn-ârraid araili fer Eg. i2i b 2. dosfarraig in fer, St. dosnarraid in 
fear YBL. 

2. Môel garb dub fair, Eg. Maelgarb (or suidiu YBL. Mael garb fair 
side, H. 

3. miach fiadhuboll for a moil, II. 

4. roised, St. 

3. Ce rocraithe, miach do lîidublaib ina mullach is teemaing dia rosed 
ubull dib for lâr, acht ro leanfad cach ubull dib for a inda. Eg. for a findiu 
YBL. for a innu St. 

6. O focerded Eg. o focerta YBL. 

7. gesco folilsath 7, H. gescoe imatairisfead YBL. 

8. Ba sithithir cuing n-imechtraid, Eg. sithremir YBL. 

9. for got YBL. mullaig for gut YBL. 

10. Ms. iarirn LU. faraind Eg. iairn YBL. iarnaid St. 

1 1 . oc grechaig 70c sîréigim, Eg. 
1 2. duaibsech Eg. 

13. folinsat, Eg. folselsad St. 

14. Teccmainged Eg. Taiccmaiced St. 
1 3. co rucce a glûni, Eg. 

16. See infra § 63, and Rev. Celt., XXI, 393, and, as to standing on 
one foot, Frazer, The Golden Bougb, 2a éd. II, 32. Was the custom of going 
with one foot bare and the other shod (ibid., II, 298 n.) allied to this 
magical practice ? 



42 Whhlcy Stokes. 

two shins. Each of his buttocks was the si%e of a cheese on a 
withe. A forked pôle of iron black-pointed was in his hand. A 
swine, black bristîed, singea, was on his back, squealing conti- 
nually, and a woman big-mouthed , huge, dark, sûrry, hideous, 
■was behind him. Though her snoui were flung on a branch, the 
branch would support il. Her lower lip would reach her hnee. 

39. Tacurethar 1 bedg ar a chend -, 7 ferais fâilte 3 f/isi. 

Fochen duit, a phopa Conairt 5 ! cian rofess do thichtu 
sund 6 . 

Cia feras in failte 7 ? for Conaire. 

Fer Caille co muic duib duitsiu do th'occomol 8 , arnd rabi9 
hi toichned (.i. hi troscud) innocht. Is 10 tû ri asdech tânicinn 
domon. » 

Cia ainm do mna ? ol Conaire. 

Cichuil, ol se. 

Nâch 11-aidche 11 aile bas ail dûib, (or Conaire 12 , « robor- 
fieba? 7 sechnaid innocht duind. » 

Nathô, ol in bachlacb, ar rot-ficbam I 3 co port i mbia in- 
nocht, a phopan chain Chowaire ! 

3 y. Hc star/ s fonça ni to meei Conaire, and made him weicome. 
« Weicome to ihee, O niasler Conaire ! Long hath thy coming 
Luther been known, » 

« Who gives the weicome} » asks Conaire. 

« Fer Caille ! 4 (hère), wilh (his) black swine for thee to con- 

1. Docuirethar, Eg. Docurethar H. Tathchoirethar YBL. Tacuirither St. 

2. chind, Eg. 

3. faihi YBL. 

4. fri Coware, Eg. 

5. a mo popa câin, a Conaire, Eg. 

6. Cian cian o rofess do tiachtain sunn, Eg. cian rofes do ttchl sonn. 
H. Cian ro tes do tiachtain sund, St. 

7. failti YBL. Hère there is alacuna in H. 

8. cona muicc duitseo dot [f]restul, Eg. co muicc duitsiu dothocomu! St 

9. rabais, Eg. arnar rabai St. YBL. 

10. Uair is, Eg. 

1 1 . adaig Eg. 

12. Nacn n-aidchi n-aile duib, ol Co»aire? YBL. Nach inn aidche etc. St. 

13. Accetirôn, ratessemni, Eg. 

14. « Man of (the) Wood », Waldaiensch? Zimmer, KZ.. XXVIII, 358. 



The Destruction of Dd Dcrga's Hostcl. 45 

sume(?) that thon be noi fasting tonight, (for) 'tis thon art the 
best king that bas corne into the world ! » 

« What is thy wife's naine? » sàys Conairc. 

« Cichuil », hc answers.. 

« Any other night », says Conairc, « that pi cases you, I will 
corne to you, — and leave us aîone tonight. » 

« Nay », say the churl, « for ive will go to thee to the place 
wherein thon ivilt be tonight, Ofair Utile inaster Conairc! » 

40. Téit iarom dochom in taige 1 , 7 a ben bélmar mar ina 
diâid, 7 a mucc mdel dub dôithi oc sirégim 2 (or a muin. Geiss 
dosom ani sin3, 7 ba geis dô diberg do gabail i n-Erind ina-+ 
flaith. 

40. So hegoes towards the house, ivith bis gréa t, big-mouthed 
luife behind him, and bis s-ivine short-bristled, blach, siuged, squeal- 
ing continually , on bis back. That was one of Conaire's tabus, 
and that plunder should bc taken in Ireland during bis rcign was 

auotber ta bu of bis. 

41. Gabtha t/a diberg la maccu Duind nDéssa 5, 7 côic cet 6 
fo churp a ndilv/ge, cenmota 'na ra bi do fbslûag léo. [Ba 
geiss d:\no do Conaire annisin" — Eg.]. Bai laech 8 maith 9 
isin tir tbûaid. Fén dar crinach bascd a ainm 10 . IS de ro bôi 
Fén dar crinach fairsium ", ar is cumma no cinged dar a cho- 
[LU. 84 b ]laind 12 7 no chessed 1 ! fén dar crinach. Gabtha 
diberg àano la suide, 7 côic cet io churp a ndilvr<w a ôenur 
cenmotha fosluag. 



1 . Dotaet àano reompa, Eg. 

2. sirgréchaig, Eg. 

3. inni sin YBL. 

4. f/ia St. 

5. desa. YBL. The dot in LU. is a punctum delens. 

6. mile, Eg. 

7. cenmotha fosluag leo ba ges do Conare annisin, YBL. 

8. primlaech, St. 

9. amra Eg. 

10. YBL. inserts primloech. 

11. dô St. YBL. 

12. tara choland YBL. dar comland YBL 2 . tara chomlann St. 

13. cinged Eg. digsed St. 110 teiged tar, St. rochinged, YBL. 



44 Whitley Stokes. 

.//. Now plunder was taken by the sous of Donn Dcsa, and five 
hundred there were in the body of their marauders, besides what 
underlings were with them. This, too, nuis a tabu ofConaire's. 
There was a goodwarrior in thenorth country, « Wain over wi- 
thered sticks », this was lus naine. Why he was so called was be- 
cause he used to go over his opponent (?) even as a wain would go 
over withered sticks. Now plunder was taken by hini, and there 
were five hundred in the body of their marauders alone, besides 
underlings. 

42. Bâtâr and iarsin fiallach 1 bâtâr ûallchu 2 .i. seehl maie 
Aîlella 7 Medba, 7 « Mane » for cach fir dib, 7 forainm îor cach ' 
Mani .i. Mani Athremail 7 Mane Mithramail 7 Mane Mingor 
7 ManeMàrgor, Mane Andôe-i 7 Mane Milscothach, Mane Co- 
tageib uli, 7 Mane As mô-epm. Gabtha dilvrgla suidib. Mane 
Mathramai] d:\no 7 Mane Andôe, cethri fichit déc fo churp a 
ndibtvgae. Mane Athremail coéca ar trib cétaib'i io churp a ndi- 
bergae. Mane Milscothach côic cet fo churp a ndilv/gae. Mane 
Cotageib uile secht 6 cet fô churp a dibergae. Mane As mô epert 
secht cet fo churp a à(f)bergae. Côic cet fo churp dibergae cach 
fir dib olchenae. 

42. There was a fier that a troop of (stiil) haughtier heroes, 
namely, the seven sons of Ai/il I and Medb } cach of whom was called 
« Mane ». And cach Mauè had a nickname, Io wit, Mane Fa- 
therlike and Manè Motherlike, and Mauè Gentle-pious , Mauè Very- 
pious, Mauè Unsloiv, and Manè Honeyworded, Manè Grasp-them- 
ali, and Manè the Loquacious. Rapine was wrought by them. As 
to Manè Motherlike and Manè Unslow there were fourteen score in 
the bodx of their marauders. Mane Fatherlike had three hundred and . 
fifty. Mauè Honeyworded had five hundred. Manè Grasp-them-all 
had seven hundred. Mauè the Loquacious had seven hundred. Each 
of the others had jive hundred in the body of his marauders. 

1 . lucht Eg. 

2. uallacha YBL. ualchu St. 

3. cech YBL. 

\. Annoe YBL. 

5. .1. ar .cccc. YBL. caeca ar .cccc. St. 

6. .ui. St. 



The Destruction of Dd Derga's Hostel. 45 

43. Bai triar treblawd 1 (.i. g^mar) di feraib - Cûaland di 
Lagnib .i. tri Ruadcoin Cûaland (in marg. .i. Cithach 7 Clo- 
tach 7 Conall an-anmand). Gabtha à'iberg dawo la suiàiui, 7 
dd fichit deac fô churp a ndibergae, 7 dam dasachtacb léo. 
Bjitâr dibergaig trâ trian fer n-Eirm/hi flaith Conaire. Ro|m]bôi- 
seom-t do nirt> 7 cwmachtai a n-innarbai a tir Herend do ath- 
chor a ndibergae allanall, 7 tuidecht dôib docliom a tire iar 
n-athehor a ndibergae. 

4] . There was a valiant trio of the mai of Cûalu oj Lcinster, 
namely, the three Red Hounds of Cualu, called Cethach and Clo- 
thach and Conall. Now rapine was wrought by them, and i-welve 
score were in the body of their marauders, and they had a troop oj 
niadmen 6 . In Conaire's reign a third of the men oj Ireland were 
reavers. He was of (sufficient) strength and power to drive them 
oui of the land of Erin (so as) to transfer their marauding to the 
other side (Gréai Britain), but after ihis transfer they returned to 
their country. 

44. INtan rancatai'7 formnae na fairgge, cotregat 8 fri Ingcél 
Caecb 7 Eiccel 7 Tulchinni, tri maie ûi Chonmaic9 di Bret- 
naib, lor dremniu 10 na farree. Fer anmin môr ûathmar anaich- 
nid in t-Ingcél 11 . Ôensûil 12 ina chind^, lethidir 1 ^ damseche, 



1. treblang YBL. treblann Si. 

2. do Huib Briûin, Eg. di Uib Briuin, YBL. St. 
5. lco side Eg. la suidib, St. 

4. Romboiseora Eg. Robaiseom YBL Romboi som St. 

5. niurt St. 

6. S uggested by the berserkir of the Scandinavians and the furor herser- 
cicus, « when they howled like wild beasts, foamed at the mouth, and 
gnawed the iron rim of their shields ». 

7. ronancatar YBL. ro»rancatar St. 
>S. co;/drecait Eg. cotrecat YBL. St. 

9. fri hlngcel Caech 7 Eiccel, fri da rafle hui Conmaicne YBL. 94 a 31. 
f[ri] Incel caech 7 Eicel 7 fri da mac huai Cowmaicne, St. 

10. druimni St. druimne YBL. 

11. fear anmin uathm r St. 

12. oentsuil St. oenshuil, YBL. 

13. asa étun, Eg. asa étan YBL. asa etan St. 

14. lethir St. leithithir YBL. 



46 WhitleyStok.es, 

duibithir degaid 1 , 7 tri 2 maie imlessen inte. Tri chét déc fo 
churp a dibfrgae. Bâtar lia dibergaig fer n-Erend andatp. 

44. When they had reached the shoulder of the sea, they meet 
Ingcél the One-eyed and Eiccel and Tulchinne, three greatgrand- 
sons of Conmac of Britain, on the raging of the sea. A inan un- 
gentle, huge, fearful, uncouth iras Ingcél. A single exe iu his head, 
as broad as an oxhide, as black as a chafer, with three pupils there- 
in. Thirteen hundred were in the body of his marauders. The 
marauders of the men ofErin were more numerousthèn they. 

45. Tiagait*do muirchomruc forsind [fjairree. « Nâ bad ed 
dognethn, for Ingcél : nd brrsid fir fer fornd 6 , ddig abtar7 lia 
andûsa 8 . 

Noco raga acht comlond fo chutrammwj fortso, forda[d]9 
dibrrga 10 Herwirf ". 

Atd ni as ferrdûib, or Ingcél. Dénam côrai ol atobrarbradsi 12 
(.i. robar-cured) a tir Herend, 7 atonrârbadni I 3 a tir Alban 7 
Brettan. Dénam ôentaid etrond. Taitsi co /zodrohiid '4 ior ndi- 
beirg imtir-se, 7 tiago-sa 1 ? libse «wid-ralôr l6 mo dibeirg inbar 
tir-se l ~ . » 



!. dethaig YBL. 

2. secht, Eg. 

3. ont. St. 

4. Lotar iarum, Eg. Batar St. YBL. 

5. dogneth St. YBL. Dia ndernaid (or comracc, Eg. 

6. formsa Eg. YBL. 

7. ablar « ye are », itib YBL. St. 

8. ocus ciamad lia missi andathisi ni rachad acht comlond fa comlin, 
Eg. ni raga ach to comland fortso. St. 

9. fortat YBL. St. Infordad for fardât, the t bas become d before the dot 
diberga: see Kuhn's Zeitschr., XXXVI, 273, and cf. conatech[d] dig, and da- 
letnain ata[d] dech, infra. 

10. dibergaig YBL. 

1 1 . Eg. omits this sentence. 

12. ol atarrobradsi LU. oltat dobrarbadse YBL. ol atdobrarbadse St. 

1 3. atanrarbadne YBL. atonrarbadhne St., Robar-toibnedsi a tir Herenn 7 
ror-taifncdni Eg. 

14. ticidsi conralaid-Eg. taitsi co«atralaid YBL. taitsi conathralaid St. leg. 
conidrolaid. 

i). tiagsa Eg. YBL. tiagatsa St. 

[6. coralor Eg. coma athralor YBL. conià athralur St. 

17. i far tir, YBL. in far tir si, St. 



The Destruction of Dâ Derga's Hostcl. 47 

4J. They go for a sea-encounter on the main. « Ye should not 
do this », says Ingcél: « do not break the truth of men (fair play) 

11 pon us, for ye are more in number than I. » 

« Nought but a combat on equal lerms shall befall thee », say 
the reavers of Erin. 

» There is somewhat beiter for xou », quoth Ingcél. « Let us 
mctkc peace since ye haie been casi oui of the laud of Erin, and we 
hâve been cas! oui of the land of Alba and Britain. Let us make 
an agreement between us. Corne ye and wreak xour rapine in my 
country, and I wïll go with you and -wreak my rapine in your 
country. » 

46. Dogniat 1 in comairle hisin, 7 dotartatâr glinni- ind 
disiu 7 anall. It ê ait/Ve dobretha do Ingcél 6 feraib Héraut, A. 
Fer gair 7 Gabur3 (110 Fer lee) 7 Fer rogain, im orgain bad 

toguide-* do Ingcél i n-Er ind 7 orgain bad togaideî do m^ccaib 
Duind Déssa i n-Albain 7 i mBretnaib. 

46. They follow this counsel, and they gave pledges therefor 
from this side and from that. There are the suret ies that were given 

to Ingcél by the men of Erin, namely, Fer gair and Gabur (or 
Fer lee) and Fer rogain, for the destruction that Ingcél should 
choose (to cause) in Ireland and for the destruction that the sons of 
Donn Déssa should choose in Alba and Britain. 

47. Focres 6 crandchor Corrodas cia dib lasa ragthai tossoch. 
Dothuit dul la Ingcél dochom a thire. Lotar iarom co Bretnu, 
7 oirgthe athair 7 màthair 7 asechl nderbrathir amal ro rdidsem 
reond. Lotar iarsin dochom nAlban, 7 ortatàr a n-orgain and, 
7 doathlasat/ iar suidi dochom n-Erend 8 . 



1. Dognither iar»m, Eg. Dognith YBL. Dognithir St. 

2. Argit dano glinni, Eg. 

3. .i. Ger 7 Gabol. Eg. Gcr 7 Gabur St. 

4. ba togaide St. fa togaidhi YBL. 

5. ba togaidi YBL. 

6. Doronta cranchor leo, Eg. Focreasa crandchor forru, YBL. 

7. athralsat YBL. atralasat iar suidiu St. 

8. For this and the preceding sentence Eg. lias only: Lotar iarum la 
hlngcel docum n-Alba» oc//5 ortatar a n-orgain and. And so YBL., 
omitting h hlngcel. 



48 Whitley Stokes. 

4j. A lot zuas cast upon them to seewith which of them they 
should go first. Il fell thaï (tbey) should go with Ingcél to bis 
country. So they madefor Britain, and (there) his father and mo- 
ther and his seven brothers were slain, as wt hâve said before. 
Thereafter they madefor Alba, and there they wrought ihe des- 
truction, ainl then they retumed to Erin. 

48. IS andsih tri dolluid Cowairè mac Etcrscc'/V/ iar Slige 
Chualand dochom [LU. 85*] na Brudne. 

IS and sin tancatâr na àiberga. r co mbatâr i n-airiur Breg cq- 
marda Etuir forsind farrci 2 . 

IS and aslv/tatdr na dihvgae > : Teilcid^ sis na séolu, 
7 dénaid ôenbudindibfo/'sind farrci arnàchbar-accaister as'tirS, 
7 etar 6 nach traigéscaid ûaib isa tir, dûs in fugebmdis/ tes- 
orcain ar n-enech s fri9 Ingcél. Orguin fôn orguin dorât dûn io . 

48. 'lis then, now, that Conaire son of Eterscéle went towards 
the Hoslcl along the Koad of Cnaln. 

'Tis then that the reavers came till they were in the sea off the 
coast of Bregia overagainst Howth. 

Then said the reavers: « Strïke the sails, and make ont band of 
you on the sea that ye max noi be sighted from land; and let some 
lightfoot be found from among you to go ou shore to see if ire could 
saveour honours with Ingcél. A destruction for the destruction ht 
has given us. » 

49. Cest, da ragas dond éistecht 11 isa tir ? Eirged 12 ncch las 

1. dibtTgaig, Eg. YBL. 94b. 

2. facomair Beinni Étair immach ar in[t |airgi, Eg. The comarda of LU. 
(= comardu YBL. comarddœ, St.) secms a deriv. of comair, Cvmr. cyfer, 
Corn, kever. 

3. n;i JibiTgac LU. dîbercaig, Eg. 

4. Lecid St. telcid YBL. 

5. arna aiccithîr sib do tir, Eg. arnachabhaccastar asti'r YBL. na faicther 
sib don tir, St. 

6 ethath St. eththar YBL. 

7. fagbaimis YBL. faigbimis St. 

S. n-enig St. n-ainech YBL. 

9. a leth fri, Eg. do. St. 

10. i. e. mar an argain dorât dun, St. 

1 1. citscacht YBL. 

12. sic Eg. Om. LU. rachta YBL (— raclithai) teged St. 



The Destruction of Dd Deigas Hostel. 49 

mbeth ' na tri bûada [and, ol Ingcél, Eg.] .i. buaid clûaisse 2 
7 bua/7/ rodairc 7 buaid n-airdmi#5a ? 

Ata limsa, for Mane Milscothach, buaid clûaisse. 

Ata limsa da«t>, for Mane Andôe, buaid rodeirc 7 airdmi/^a. 

IS maith a 5 dul duib amldid, for na dibtrcaig, fô a n-innas 
sin 4. 

49. « Who ivill go on short to listen ? Let some onego », says 
Ingcél, « who should hâve there the threc gifts, nxinely, gift of 
hearing, gift of far sight, and gift of judginent. » 

« / », says Manè Honeyiuorded, « hâve the gift of hearing. » 
« And I », says Manè Unsloiu, « hâve the gift of far sight 

and of judginent . » 

« 'Tis ivell for you to go thusî, » say the reavers: « good is 

thaï u>ise. » 

50. Tôtiagat 6 nô/zbor iarcm co mbdtar for Beind Etait', d/v.t 
cid roclôtis 7 adchetis. 

Ta (.i. clostid) chein ! for Mane Milscothach. 

Cid sin ? for Mani Andôi. 

Fuaim n-echraide fôrig7 rocluiniursa 8 . 

Atchiu-sa9 tria bûaid rodeirc, for a chéli. 

Cest. cid atci-siu. hi suidiu I0 ? 

Atchiu-sa and, for se, echrada dna aurarddai ailde agmara 

1. lassa mbiad, Eg. lasa mbeth YBL. lasimbia St. 

2. n-éistechta, Eg. 

3. For the force of a hère cf. inna thecht » in so going », Wb. ii b 22, 
and is ferr a techt LU. ioo- 1 10. a tuidecht Ml. The amJaid is tautologous. 
YBL. omits it 

4. fon indus sin YBL. IS coir ian/m duib dul fon indus sin, ar na di- 
bt'rgaig, St. 

5. literally « it should be gone ». 

6. luid St. Dotiagad YBL. 

7. Cf. fogur carpait forig, « noise of a good king's chariot », Lismore 
Livcs, 1. 1 163 . 

8. itcluinimsi, St. 

9. Atachiusa YBL. Atciusa da/zo St. 

10. in nosa St. For the last six Unes of § 49 and the first seven lines of 
§ 50 Eg I22 ,;| 2 lias only: Ataat linni a triur, ar meicc Duind Déssa. ocus 
ragmaitne ann : Missi lib, ol Ingct'7. 

Luid iarsin Ingcél 7 tri meicc hi Duind Désa cor'gabsat de Sescund hUair- 
beoil hi tirib Cûaland dond tairese. 

IS annsin ro airigsetar réim Conairi atûaid cuccu. 

IS annsin atbert Ihghcél ri Fer ngair: Cid cter atchisi ? Conid ann atbert. 

Revue Celtique, XXII. 4 



$o Whitley Stokcs. 

allmarda, fôsenga scitha sceinmnecha, fégi faebordaefem«/dae. 
foréim l focrotha morcheltar talman. doriadat 2 ilardae uscib 
indlvraib ingantaib. 

jo. Tben nine mai go on iill they were on the Hill of Howth, 
to hnow ivhat they tnight hear and sec. 

« Be still (i. e. hearhen) a whilel » says Manè Honey-worded. 

« Whal is tbat? » asks Manè Unslow. 

« The soiind of a good king' s cavalcade I hear. » 

« By the gift of far sight, I sec », quoi h bis coin rade. 

« Whal seest thou hère? » 

« / sec there », quoi h he, « cavalcades spkndid, lofty, beautiful, 
warlihe, foreign, someivbat slender , iveary, active, keen, whetted(?), 
véhément (?) a good course that shàkes a gréai coveringf?) oj land. 
They fare lo many heights, with wondrous ivaiers and invers. » 

51. « Citne usci 7 ardae 7 inbrra dorriadat ? » 
« Ni anse. INdéoin, Cuit 5, Cuilten4. M;ifat5, Animât, Iar- 
mafat, Finnc, Goiste 6 , Guistine. Gai glais7 uas charptib 8 . 
Calga9 dét fors liastaib. Scéith airgdidi ûasa n-ullib 10 . Leth- 
ruith 11 7 lethgobra. Etaige cech ôendatha impu. 

« Atchiusa iarsin sain[s]labra sainâithe 12 remib .i. tri côecail 
gabur ndubglas. Itt é cendbeca, corrderga, biruich, baslethain, 
bolg[s]roin^, bruinnideirg, beôlaide, s[o]aitside J 4, soga- 
baldai J >, crechfobdi, fégi, faebordae, femewdae, cona trib cocc- 
taib srian cruanmaith l6 friu. 

1. leg. fô-réim 

2. dorriaghat YBL. 

3. Coït St. 

4. Tulten St. Inneoin coït cuillend setnot mafothcrm, Eg. 

5. Madat St. 

6. Findi, Goisce YBL. Finne. Goisce St. 

7. glassae Eg. glas YBL. 

8. cairpthib scrutaidi Eg. 

9. taga St. calca YBL. 

10. os uillib St. huas uillib YBL. 

11. leithred Eg. 

12. sainigthe Eg. sainaigthi YBL. sainaigthe St. 

13. bolgsroin St. bolcsroin YBL. 

14. soastaide Eg. saitside St. YBL. 

15. fogab.iltaide Eg. sogabaltaige YBL. sogabalta St. 

16. co cruan 7 maithni Eg. cruanmaithne YBL. cruanmoethne St. 



The Destruction of Dd Derga's Hostel. $ i 

ji. « What are the waters and heigbts and invers that tbey tra- 
verse ? » 

« Easy to say : Indéoin, Cuit, Cuiltén, Mâfat, Ammat, Iar- 
mâfat, Finne, Goiste, Guistine. Gray spears over chariots: ivory- 
hilted swords on thigbs: silvery shields above tbeir elbows. HalJ 
red(?) and half white. Garments of every colour about them. 

« Thereafter I see bcfore thon spécial cattle specially keen, to 
luit, thrice fifty dark-gray steeds. Small-headcd are they, red- 
nosed (?), pointed, broad-hoofed , big-nosed, red-chested, fat, easily- 
stopt 1 , easily-yohd, foray-nimble 2 , keen, whetted(l), véhément (?), 
with tbeir thrice fifty bridles of red enamel upon them. » 

52. Tongwiaî a toinges mo thûath, {or fer ind rodairc, is 
slabra4 (.i. is cethir) nach suthchernai insin. Is i$ mo aird- 
mi/^[s]a de, is é Conairt mac Ettrscéle, co formnaib 6 fer 
nEr end n-imbi, darôer in sligi 7. 

Tiagait ïor cûlu ian?m co //-ecsetdr 8 dona dib^rgaib9. Iss^ 
inso ro chûalammâr 7 atconnarcmdr, ar iat 10 . 

J2. « / swear by what my tribe swears », say s the man of the 
long sight, « thèse are the cattle of some good lord. This is my 
judgment thereof: it is Conaire, son of Eterscéle, with multitudes 
of the men of'Erin around him, who bas travelled the road. » 

Back then they go that tbey may tell (it) to the reavers. « This », 
they say, « is what we bave heard and seen. » 

53. Bâtdr sochaide, tra, eter siu 7 anall, in tsluaig-se 11 .i. 

1. -aitside for -aisliJi, part. perf. pass. of -astaiin. 

2. -fobdi, pi. n. of fobhaid À. luath no ésgaid, O'Cl. 

3. Tungsa, Eg. 

4. marcsluag, Eg. 

5. issé, Eg. is e, St. IS hi mo airdmes de, YBL. 

6. formna St. 

7. do toet chuccund issin sligid, Eg i22 b 2. doret intligi YBL. doret in 
tsligi St. 

8. co ndecdetar Eg. co«decdatar YBL. (leg. conécatar) 7 indisit St. 

9. dibergachaib YBL. St. 

10. issed so itcualamar 7 atchonncamar, St. adcownarcmar, YBL., omit- 
ting ar iat. 

11. Batar sochaidi tra iatsoni eter allmarchu 7 erendcha. Rob é ivcimorro 
a li'n huli himmalle, Eg. Bai sochaide tra adiu 7 anall in thsluaig, St. 



52 Whitley Stokes. 

tri çôecaii churach 7 côic m 1 1 i ' indih, 7 deich cet in cach mili. 
Ro thocaibset 2 iarom na séolu forsna curchuî, 7 dos-curethaH 

dochom tire, co ragbaisetî hi Tracht Fuirbthi. 

53. Of this host, tben, there was a multitude, both ou this side 
ami on tl.mt, namely, thrice fifty bouts, with five thousand in ll.viu, 
and ten hundred in every thousand** . Then they hoisted the sails on 
the bouts, and steer them thence to shore, lill they landed on the 
Strand of Fuirbthe. 

54. Intan ro[nJgabsat7 na curaig tir, is and rom [LU. 85 b ]- 
bôi 8 Mac cecht oc béim tened9 i mBrudin Da Dergae. La 
tûaim na spréde focressa na tri côccail curach ] °, co mbatâr (or 
formnu na fairree. 

Ta chein IX , ior Ingcél, samailte latso 12 , a Fir rogain ? 

Ni fetwrsa, ol Fer rogain, manid Luchdond 1 ' cainte fail i 
n-Emain Mâcha dogni in [m]bosôrguin-se oc gait a bid aire 1 ^ 
ar écin, nô grech ind Luchduinn J 5 [thiar Eg.J hi Temair 
Lochrae, nô béim spréde Maie cecht oc âtûd tened ria rig n- 
Erend airm hi foi Iô . Cach spréd tra, 7 cach frass doleiced a 
tenc'7 for Iar no fonaidfidé 18 cet Iôeg 7 di lethorc tria. 

1. tri .111. churach 7 .11. mili chét LU. u. mili Eg. 

2. Arrothocaibset St. Read arrocaibset, and cf. arroebat LL. 249 a 2. 

3. ior na curchaib l : .g. for na crundu YBL. ara curachaib St. 

4. nos curethar St. 

5. rogaibset Eg. rogaibseat VHL. rogabsat St. 

6. Hence, and from § 58, it seems that mue, likc the Germanie thûsundi, 
was originally a vague abstract noun meaning « nianv hundreds ». 

7. rongabsat YBL. 

8. robui YBL. 

9. is ann bai iMac cecht ic bein teincd, St. 

10. rascuichset himmach o thîr, Eg. na tri choectu curach, YBL. 

1 1. coistid bic, Eg. 

12. samaltai lettso, Eg. cid samalta so, St. 

13. manib hi Luchtondd, Eg. mane be Luchdon, St. 

14. fair St. 

15. luchthoind Eg. luchduind YBL. luchtuinn, St. 

16. airm hi fuil hinocht. Eg. airm i loi innocht. St. 

17. in sp; ( d, YBL. 

icS. cech lrasta [leg. fras tra] immorro doleiced in spréd for lar no fonfai- 
thea, Eg. for lar fonuinfidi cet laeg 7 de lethorc, YBL. 

Cech Iras tra dolleicid in tened do spredaib ar lar, no fui[n]feda cet laeg 
7 de letorc, St. 



The Destruction of Dd Derga's Hostel. $3 

Ni thuca and in fer sin (.i. Conaire) innocht, hVdat mdic 
Duind Désa. Is liach a bith [fo dochur namat — Eg. 1 ]. 

Ni bu liachu side limsa 2 , for Ingcél, indds ind orcuin do- 
ratsa duibse. ba hé mo lithsa co mbad hé docorad > and 4. 

jj.. When the bonis reached land, then was Mac cccht a-striking 
ûre in Dà Derga's Hostel. Al the somid of the spark the ihrice fifty 
boats were hurled ont, so thaï they were on the shoulders of the sea. 

« Be silent a while! » say s Ingcél. « Liken thon that, O Fer 
rogain. » 

« / know iiol », answers Fer rogain, « unless il is Lachdonn 
the salir ist in Eniain Mâcha > , who niakes this hand-smiting when 
his food is taken from him perforée : or thescream of Lachdonn in 
Teniair Lnachra : or Mac cecht's slriking a spark, -when he kindles 
a fire before aking ofErin ichere he sleeps. Every spark and every 
shower which his fire zuoiild let fall on the floor would broil a 
hundred calves and tzvo half-pigs. 

« May God not bring that nian (even Conaire) there tonighl ! » 
say Donn Désa s sons. » Sad that he is under the hnrt of focs ! » 

« Meseems », say s Ingcél, « il shonld be no sadder for nie than 
the destraction I gave you. This were my feast that he (Conaire) 
shonld chance (ta conte) there. » 

55. Tos-cuirethar a coblach 6 dochom tire. A ngloim 7 ro 
lasat na tri côecait curach oc tuidecht hi tir forrochrath 8 
Brudin Dd Dergae9, conna rabi gai [na sciath — Eg.] ior 



1. is liach garsecla do, St. 

2. ni mo immorro is liach libebsi(!) in sgél sin, andâs ropa liach limsa 
ind orgain dorat;«a dûibsi i n-Albain, Eg. nirluga ba liach limsa ind argain 
ortabairsi limsa 7 dorat»s duib, St. ni bud hacha suidiu limsa, for Ingcél, 
indas inn orcuin doratsa duibse, YBL. 

3. docuired, Eg. 

4. Robad he mo lithsa co mbad he nothecmad ann innocht, St. 

5. now the Navan fort, tvvo miles west of Armagh. 

6. Doscurethar iartain, Eg. Toscuirithir YBL. omitting a coblach 

7. In gloimm 7 in bresmaidm, Eg. 

8. ro crithnaig 7 ro crothastar, Eg. 

9. Gabsat dochum thire iarsin co fortren feramail na tri coecait c»rach, 
7 an glom ro lasat na barcu dochom thire ro la in Bruiden uile i cor 7 i 
crichnagad [leg. crithnugud], St. 



54 Whitley Stokes. 

alchaing inte, acht ro ldsat grith co mbâtâr ior lar in tige 
uli 1 . 

jj. Their fleei is steèred tolattd. The noise that thethrice fifty 
vessels made 'ni running ashore shook Dâ Dcrga's Hostel so thaï 
no spear nor shield remained on rock therein, but the weapons ut- 

tered a cry and f cil ail on the floor of the house. 

56. Samailte Lu 2 , a Chonaire, [ar câch, Eg.], cia fûaim 
so3 ? 

Nim-thâsa a samail acht manid talam immid-rôe* (.i. ro 

bris), nô manid 5 in Leuidan timchella 6 in ndomon adehomaie 
a erball do thôchur in betha tar a chend^, nô barc mac Duind 
Désa ro gab tir. Dirsan ndptar hé bâtar 8 and ! Batar comaltai 
carthanacha9 dûnd. Bd inmain in fianlag 10 : nisn-digfimmis u 
innocht. 

IS and ranic Co^aire co mbôi hi 12 faichthî na Bruidni^. 

j6. « Liken thon that, O Conaire »j saysevery one: « what is 
this noise ? » 

« I know nothing like it unless it be the carth thaï bas broken, 
or the Leviathan that sur round s the globe 1 * and strikes with ils tail 
to overturn the luorld, or the barque of the sons of Donn Désa that 
has reached the shore. Alas that it should nol be they who are 

1. rolaiset armgrith 7 torcratar for lar na Bruidne, Eg. rolaiset grith co 
mbatar ar lar Bruidne É)a D<7gae, St. 

2. Samalta lctso so, Eg. 

3. cid in fuaim atdcûalamar, Eg. Cid so, a Chonaire, ol a muindter, 7 
cia samail in fuaimsea? St. 

4. maiiib talam dluges ar do, Eg. Nimtha a tshamail, ol Conaire, manip 
talam ro mebaid, St. 

5. manib he Eg. manib, St. 

6. timcellas Eg. St. timchela YBL. 

7. do chor in betha dar cend, Eg. darachenn St. 

8. nach iat ata, Eg. 

9. carthacha YBL. Bâtir comalta cartantach, St. 

10. fiallach n-isin, Eg. Batar immain in fialbc/; ann, St. 

1 1 . -âigsimmis,\JJ. -jgjb>u's,Eg. -aigfimis,YBL. ni faigfimîsni inocht damtis 
iat, St. 

12. ar faigthi na bruidne, St. 

13. bruidne YBL. 

14. Cf. the Midhgardhsormr, the world-serpent, « whosecoils gird round 
the whole Midgard ». In old Icelandic translations oflegends Leviathan )$ 
rendered by Midhgardhsormr, Cleasby-Vigfusson. 



The Destruction of Dd Derga's Hostel. $ 5 

there ! Beloved fosterbrothers ofour ozvn were they ! Dear wére the 

champions. We shonld not hâve fearcd them tonight. » 

Then came Conaire, so ihat he was on the green of the Hostel. 

57. Intan ro chûala 1 Mac cecht in fothrond 2 , atar lais 
roptar 6ic tdncatdr co a muint/Ys. La sodain forling4 a gaisced 
dia cobair. Aidblithir léo bid ^ torandchles tri cet a chluiche oc 
forlâim 6 a gaiscid7. Ni bai bda di sodain de sin 8 . 

jj. When Mac cecht heard the tnmttltuoits noise, il seetned to 
him ihat warriors had attacked his people. Thcreat he leapl on to his 
armonr to heJp them. Vast as the thunder-feai of three bundred 
did they deem his game in leaping to his weapons. Thereof there 
was no profit. 

58. IN barc iarom i mbâtar maie Duind [Désa], ba inte boi 
in caur mârthrelmach andiaraid inna braine9 na bdree, in léo 
uathmar andsa, Ingcél Caech mac ûi Conmaic I0 . Lethithir 
damsechi ind ôensûil bôi asa étun. Sechtmaic imlesain inte 11 , 
Batar duibithir degaid 12 . Meit chori cholbthaige J 3 cechtar a dd 
glûne H. Méit chléib bûana cechtar a da dordn^. Méit mulaig 
forgut 16 mella a dromraa. Sithithir 1 / cuing n-ûarmedoin l8 
cechtar a dd lurgan. 

1. ronchuala YBL. 

2. foidtrom St. fothronn YBL. In LU. this sentence ends § 56, and Atar 
lais, etc. begins § 57. 

3. andar laiss ropa bidbaig no eenâmait tancatar dochum a munuVe, Eg. 

4. gabais St. 

5. Indar léo ba, St. 

6. a cuiclige oc forlaimm, YBL. 

7. cuiclige ic urtôcbâil agaiscid, Eg. a cui[c]lige a[c] gabail a arm, St. 

8. Eg. St. and YBL. omit this sentence, which was, perhaps, a mar- 
ginal remark. 

9. imbraine YBL. St. 

10. Qwma/cne, St. Conmaicm YBL. 

11. indi, Eg. imblesan inti, YBL. 

12. Ba duibithir déga hi, Eg. 123b 1. Batar dubithir dethaigh, YBL. 

13. méit core hi rachad colptach, Eg. 

14. glûn Eg. glun St. gluine, YBL. 

15. adbrond Eg. dornn St. 

16. mullaig ar gut St. for gad, YBL. 

17. sithir St. 

18. n-imechtraid, Eg. n-iarmedoin St. 



5 6 Whitley Stokes . 

Gabsat tra [iarsin na .111. curaig ocus — Eg.] na côic mili 
c<?7 sin, 7 deich ce'/ cacha 1 mili, hi Trac ht Fuirbthe 2 . 

)S. Noiu in the bow of the s bip wherein were Donn (Désa's) 
sons was the champion, greatly-accoutred, wrathful, the lion baril 
and awful, Ingcêl the One-eyed, great-grandson ofConmac. Wide 
as an oxhide was the single èye protruding from bis foréhead, 
with seven pupils therein, which were black as a chafer. Each of 
bis knees as big as a stripper's caldron; each of bis twofists was the 
si~e of a reaping-basket : his buitocks as big as a cheese on a zuithe: 
each of bis shins as long as an outer yoke. 

So after tbat, the thrice fifty boats, and those five thousands 
— with ten hundred in every thousand, — landedon theStrand oj 
Fuirbthe. 

59. Luid tra Conaire cona. muint/V isin mBrudin, 7 gabais 
each a suide > is'tig, eter gess-J 7 nemgess^; 7 gabsat [LU. 86 l ] 
na tri Deirg a suide^, 7 gabais Fer caille cona, muic a s[h]uidé. 

/5?. Then Conaire with bis people entered the Hostcl, and each 
took bis seai ivilbin, both tabu and non-tabu. And the three Red s 

look their scats, and Fer caille with bis swine took bis seat. 

60. Tosn-dnic 6 Da Dergae iarsin7, tri .111. ôdich 8 , 7 fotol- 
lvrrad9 co clais a da chûlad (or each rlr dib, 7 gerrchocholl co 
mell a nda lârac 10 . Berdbrôca 11 brecglassa impu: tri .111. mag- 
lorg 12 ndraigin co fethnib 1 ) rarind 1 4 ina lamaib. 

1. in cacli YBL. St. 

2. Muirhthen, Eg. Fwbthen St. Fuirbtcn YBL. 

3. imdaid Eg. shuidi YBL. inad St. 

4. nemgheis YBL. 

5. suidiu YBL. perperam 

6. Tostanïc YBL. 

7. IS ann sin imtnorro dosn-ânic Da Derga, Eg. Dothaet Da Derga cucu 
istech iar»m, St. 

8. tri coccat oclaech a lin St. tri caectaib oclach, YBL. 

9. fothalbcrrad St. fotalbearrad YBL. Cf. fotal scéith Lee. 5 V 1 i>. 

10. gerrcochaill impu co mellaib a laracc, Eg. 123 11 1. gerrcochall com- 
mellaib allaarg impe, St. gerrchochaill co mell a d.i larec YBL. 

11. berrbrocca YBL. Berrbroca St. 

12. màtlorc Eg. Tri .1. maglorg St. tri caecait maglorg, YBL. 

13. cona fethdnaib, Eg. co cendaib St. co feithnib, YBL. 

14. iairn YBL. St. YBL. 



The Destruction of Dâ Dergas Hostcl. 57 

Fochen 1 , a phopa Cowaire! (or se. Cid Formna fer n-Erend 
dothaistis 2 latt, ros-biad 3 failte [fodeisin, Eg.] 

60. Thereafter Dâ Derga came to them, with 1 h rire fifiy war- 
riors, each ofthem having a long head ofhair to the hollow of lus 
poils, and a short çloak to their huttoch. S{eckled-green draivers* 
they wore, and in their hands were thricefifty great clubs ofthorn 
-d'il h hands ofiron. 

« Welcome, O master Conairc! » quoth he. « Though the bulk 
oj the men of Erin were to corne with ihec, they themselves wpuld 
hâve a welcome. » 

61. INtan S bàtar and fcwaccatar a[n]n 6 ôenbandscail do 
dorus na Brudmv, iar fuwiud ngrâie, oc cuinchid al-leicthu 
issa teeh. Sithidir claideb [njgarmnai 8 ecchtar a dâ lurgan. 
Bàtar dubithir druim ndâil9. Brat riabach rolômar impi io . 
Tacmainged 11 a fés ichtarach cor-rici a glûn. A béoil for lc[i]th 
a cind. 

61. Whcn they were there they saiv a lone woman coming to the 
door of the Hostcl, after sunset, and seeking to he Jet in. As long as 
a weaver's beani ivas each of her two shins, and they were as 
dark as the back of a stag-beetle. A greyish, woolly inanlle she 
wore. Her lower hoir nsed to reach as far as her hnee. Her lips 
were on one side of her head. 

62. Tothâetco tard 12 alethgûalaind (ri haursaindin taige, oc 

1 . IS mochen duit, Eg. Phochcn YBL. IS ann asbtrt Da Derga, Focen, St. 

2. tisad St. 

3. rosmbiadfaindsea YBL. ros-biathfaindsi, St. 

4. See Zimmer, KZ., XXX, 84. 

5. Amal, Eg. 

6. inni Eg. co facatar in. YBL. 

7. in n-ôenmnai cechndiriuch dochum dorais na Bnaine, Eg. 

8. ngarmnai YBL. 

9. Ba duibithir dega cech n-all 7 cech n-âgi di, Eg. 7 badir duibith;V de- 
gaid, St. batar dubithir dethaich, YBL. 

10. Araili arait mûscaidi breclachtna impi coiiâ imlib iamaidi si imtromm 
fri imtecht si aduar ù\ anad Otchig fri airechtai a aitln oénbruitt \\a araite 
sin, Eg. I23 b 1 — i23 b 2. 

11. Rasoiched immorro Eg. tacmaicead YBL. Ro soiched St. 

12. Toct c[o]tarat Eg. Luid co tard, St. totheit co tard YBL. 



5 8 Whitley Stokes. 

admilliud ind rig 7 na maccôem ro bâtâr imbi isin tig. Esseom 
feisin ataraglastar 1 (.i. ro aicill) astig 2 . 

Maith', a banscaH, or Conaire, cid atchi dûnd massât 
fissids ? 

Atchiusadaitsiu 6 , immorro, olsisi, noco n-érnâba7 ceinn 8 nd 
càrna dit asind ait hi tuàclia.à.9 acbt 'na mlwat IO coin ina crobaib. 

Ni bu dochélcélsammâr 11 , a ben, or esseom 12 , ni tûchélas^ 
dûn âogrés r 4. Cia do chomainm-siu. or se, a banscal ? '5 

Cailb, or sisi. 

Ni forcraid anma son 16 , ol Conaire. 

« Eche (.i. ni dorcha .i. is follus) it îli mo anmand 1 ? 
chena' 8 , [ol si — YBL.] 

« Cade iat-s^/e J 9 ? ol Conaire. 

« Ni anse», or si 20 : « Samon, Sinand, Seisclend, Sodb, 
[Soéglend 21 , Samlocht 22 — Eg.] Caill, Coll, Dichôem 2 ', Di- 
chiûil, Dithim 2 », Dichuimne, Dichruidne 2 ), Dairne, Dârine, 



1. sic YBL. leg. ataragîàdastâr? roboi ica açcallaim Eg. aicillestar hi, St. 

2. asin tig atnach 7 asb«rt fria, St. 

3. maith sin YBL. 

4. maith sin a ben St. Maith sin a banscal, YBL. 

5. cid dâi dûn? indat fissid? Eg. inda fisid YBL. 7 indat fisid St. 

6. duidseo YBL. 

7. conach ernaboi H. 

8. cern LU. cerr YBL. caer H. St. câer Eg. 

9. co na teVnàba càer na carna dit asin tigh hi tai hinocht, Eg. asin taig 
hi taudehud YlîL. asin tig ataei H. asin tigsa hi tanacais St. 

10. ambtvat H. ina mberat. St. a mbertae YBL. 

1 1 . carsara Eg. carsamar St. celsamar YBL. 

12. ol seiscm YBL 

1 3. celmainiges, Eg. 

14. Sec Appendix § 61. 

1 5. Cia do chomainmseo, a banscal, ol Conaire ? YBL. 

16. ni forcrad n-anma son cm YBL 

17. Ëché it ilimdoi mo anmonnasa H. hé hé, ar sisi, at ili imdha mo an- 
mandsa ol sisi, St. 

18. Ni forcraid. Nach mô on em? ol Conaire. Maith aili at 1I1 îmda mo 
anmandso chena, ol sissi, Eg. 1 1 7 a t. 

19. Cit n eisidi, YBL. Cadi iat son St. 

20. ol sisi YBL. 

21. Saiglend YBL. .Saigled St. 

22. sain locht H. samlocht YBL. 

2 3. Dicheni, St. 

24. Dichuil. Dichim YBL. 

23. Dicruithne Eg. Dicurumac YBL. 



The Destruction of Dû Derga's Hostel. 59 

Déruaine 1 , Egem, Agam 2 , Ethamne, Gnim, Quiche, Cethar- 
dam, Nith, Némainî, Nôennen-*, Badb, Blosc, B[l]oar, 
Huae. 6e Aife la Sruth, Mâche, Médé, Mod>. 

For 6en choiss 7 ôenlaim 7 ôen anâil r[och]achain 6 dôib 
insin uil[e] o dorus in tige 7. 

[Turigsa na dei dia n-adraim nad epur ainm dib rit et/V gar 
cian hiasa hifus, Eg. 171M — 117*2]. 

62. She came and put one ofher shoulders against ihe doorpost of 
the housc, casting the cvil eye 8 on the king and theyouths who sur- 
rounded him in the Hostel. He himself addressed her from within. 

« Well, O uvnian », says Conaire, « if thon art a lui^ard, 
u'hat seest thon for us? » 

« Tritly I see for thee » , she answers, « that neither fellv nor 
Hesh of thine shall escapt 'front the place into which thon hast conte, 
save ivhat hirds will bear azvay in thcir elaws. » 

« It was not an evil omen weforeboded, O zoom an », sait h he: 
« it is not thon that always augurs for us. What is thy name, O 
u'onian? » 

« Cailb », she answers. 

« That is not ntuch of a name », says Conaire. 

« Lo (i. e. not dark, i. e. manifest), many are my fiantes besides. » 

« Which be they ? » asks Conaire. 

« Easy to say », quoth she. « Samon, Sinand, etc. io . 

On one foot, and (holding up) one hand, and (breathing) one 
breath she sang ail that to them from the door of the hottse. 



1. Der. Uaine St. 

2. Ag. Eg. Agam St. 

3. Némaind Eg. 

4. Noenden Eg. YBL. Noendhen St. 

5. After Bloar Eg. has : Uae Arhuath Soe arath. Srod, Mâcha. Mede, 
and H. has Uath Meiti mod. H. hUaeth. Mede. Mod. YBL. 

6. rochachain YBL. rochan si, St. 

7. For dorus in tige Eg. has: 7 filet na hili huili antnand sin ainm dib 
sein bas maith letsu. frecartsa duitsiu. cocertsa hûatsiu Eg. 

8. As to the evil eye, in Ireland, see Irische Texte, IV, 323. 

9. The cent, car, caer, eder of the MSS. give no satisfactory meaning. 
Read ceinn, whence cenni (gl. scamae) Arm. I76 b 2, and cf. Cymr. cenn, 
ON. hinna « membrane, film ». 

10. Compare the strings of mystical names in the charm against the 
child-stealing witch, éd. Gaster, Fotklore, XI, 133, 145, 149. 



6o Whitley Stckes. 

« / swear l'y the gods whom I adore », (says Conaire), « thaï 
I will call thee by noue of thèse names whether I shall be hère a 
long or a short lime. » 

63. Cid as ail dait ? ol Conaire. 

A n-as ail daitsiu dawo, or sisi. 

Is gess dams», ol Conaire, dam ôenmnà 1 do airitin iar 
fuimWgréne 2 . 

Cid gess, or sisi, ni ragsa co ndecha3 (.i. co ferur nô co 
rucur) mo aigidecht di râith4 isind âidehi-se innocht. 

Ap/aid tria, ol Conaire, Lv'rthair dam ocus 1 » tinne di immach, 
7 mo fuidell-sa, 7 anad im-magin aile innocht. 

Ma dothanic 6 ém dond rig, or sisi, co[na talla fair, Eg.] 
praind 7 lepaid ôenmnâ inna thig, fogébthar7 na cernais o 
neocli aile oeâ mbia ainech 8 , ma ro scâig çoible9 na flatha fil 
isin Brudin. 

« IS feochair 10 in frecra », ol Conaire. « Dos-leic 11 ind, cid 
gess [LU. 86 h ] damsa. » 

Bûi grain môr forai b iarsin dia haccallaim na mnâ 7 mithau- 
raras 12 , acht nad fetatâr ca« bôi doib x >. 

6). « What dosi thon désire? » says Conaire . 
« Thaï which thon, too, désir est », she answered. 



1. H inserts: no aoinfir. 

2. da airithin iar fuin ngréne YRL. 

3. co comailliur Eg. co tomliur St. 

4. m'octhuiiyrA/ anorcuinich H. m'oigideJ;/ latsa doraitli. St. m'aididecht 
diraith, YBL. 

). co II. 

6. donanuic II. dodanic YBL. 

7. Ma ro scaitfa [leg. scàich] conna talla fair proinn do aenmnai no lepaid 
bes fogebthor, St. madroscaich YBL. (lcg. marodscâig). 

8. adetar na aill nachailiu oca mbiad ainech YBL. adetarnach aill o nach 
uiliu oca mbia oinech H. 

9. coiplithi, H. enech St. coibh'ie YBL. 

10. fraechair IL frechuir YBL. 

11. leicid St. Read .nos-Uic, or (as in Eg.) nos-léicid. 

12. mithaurassa, YBL. Boi grain mor foraib iarsin ocus miturrusa athli 
acalma na mua forru, Eg. 1 iy 2. Boi grain môr 7 Uarnain orra tria irlabra 
na mna, 7 ro thirchan mor do micelrnaine, St. 

13. H omits this sentence, 



The Destruction of Dâ Dcrga's Hostel. 61 

« 'Tis a tabu of mine », says Conaire, « to récrive the compdny 
of one woman âfter sunset. » 

« Tbough it be a labu »_, she rèplied, « / will not go until 
my guesting conte at once 1 ibis very night. » 

« Tell ber », says Conaire, thai an ox and a bacon-pig shall 
be taken ont to ber, and my leavings: provided thai she slays to- 
night in sonie other place. » 

« If in sootb », she says, « it bas befallen theking not tohave 
room in bis house for the meal and bed of a solitary woman, they 
will be gotten a fart front bini front sonie one possessing generosity 
■ — if the hospitality of the Prince in the Hostel bas departed. » 

« Savage is the answer ! » says Conaire. « Let ber in, though 
it is a tabu of mine. » 

Great loathing they felt afîer that front the woman' s converse, 
aitd ill-foreboding ; but they knew ttot the cause thereof. 

64. Gabsait na dibtTga iarsin tir, 7 dollotar 2 co mbatar oc 
Leccaibcind slébe. Bithobéle5 tri in Bruû/m. Is aire asbtrthea^ 
« bmden » di, ar is cosmail fri béolu fir oc cor bruidn/. Ko 
« hruden » .i. bruth-en .i. en bruthe inte 5. 

6^. The reavers afterwards landed, and fared forth till they 
were al Lecca cinn slébe. Ever open vas the Hostel. Wby il was 
called a Bruden was because il re semblés the lips of a man 
blowing(?) a fire(l). Or bruden is front bruth-en, i. e. en 
« water », bruthe « of jlesb » (brotb) therein. 

(To be continued). 

Whitley Stokes. 



i. Cf. doraith St. H. Cf. ni dessetar da râith LL. y6 h 2. 

2. Gabsat na dibcrgaig tir 7 luidset, St. 

3. Bith-oebelen St. Bidobela YBL. 

4. atberar YBL St. atperar H. 

5. For this § Eg. bas onlv : Lotar immorro na dilvrga co mbàtar oc 
Leccaib cind sléibe d'indsaigid na Bruidni. The second etvmology of bruden 
does not occur in the other copies, and is certainly an interpolation in LU. 



LE VERS A RIME INTERNE 

DANS LES LANGUES CELTIQUES 



SES LOIS, SON ORIGINE 

Depuis la publication de mon article sur la Métrique du 
moyen-breton {Revue Celtique, avril 1900), la comparaison de 
la métrique du gallois, du breton et du comique avec celle de 
l'irlandais, ainsi que l'étude de la poésie rythmique latine, 
m'ont amené à des vues plus générales et plus précises sur les 
lois du vers à rime interne et son origine dans les langues cel- 
tiques (celtique des Iles Britanniques). 

Les lois de ce vers, au lieu d'être propres au gallois et au 
breton-moyen, sont les mêmes dans toutes les langues celtiques, 
en faisant des restrictions pour le comique où elles ont éga- 
lement existé mais où elles n'ont laissé que des traces : 

i° La coupe principale du vers ou de la longue ligne, ou 
mieux la syllabe finale du premier membre doit rimer avec la 
syllabe accentuée, la pénultième en brittonique, du mot final 
(type cynghanedd lusg), ou avec la syllabe finale portant, elle, 
un accent secondaire (cywydd deuair hiriori) ; 

2° Si la syllabe finale du premier membre ne rime pas avec 
l.i syllabe accentuée du mot final du second membre, il y a une 
seconde rime, le plus souvent dans le second membre, parfois 
aussi dans le premier membre (loi propre à l'irlandais et au 
gallois) : 

Si cette seconde rime fait définit, elle est compensée de dif- 
férentes façons : les membres 1 et 3 des deux grandes lignes 
riment ou allitèrent entre eux, ou le mot final rime avec* le 



Le Vers à rime interne dans les langues celtiques. 63 

premier membre de la longue ligne suivante ou du vers sui- 
vant, etc . Ces compensations ne sont pas restreintes à l'irlandais ; 
on les trouve dans certains types de systèmes gallois, et il y en 
a des traces en comique ; 

3 La rime interne a d'abord été une rime finale. 

Le vers à cynghanedd lusg, rapproché du vers breton et d'un 
type de vers irlandais, nous donne la clef de l'histoire de la 
rime interne. Ce vers, comme le vers breton, fait rimer, quelle 
que soit la longueur du vers, la syllabe finale du premier membre 
(primitivement accentuée), avec la pénultième accentuée du 
vers : 

neu'm rodes o'i fuD | heb oluDias 

Cf. breton : 

Da gouzout scIer | a huy ve quemERet 

La rime de la syllabe du premier membre se fait avec la 
finale a accent secondaire (cywydd deuair hirion) : 

Gallois: 

Hael Mordaf, hael mawrdec Nut | haelach, gretvolach GrûffuT 

Irlandais (s. Paul, II, ro, Irische Texte, I, p. 316) : 

Fuachaid-sem fri frega fÀL | a rose anglcse cômlAN 
fuachimm chein fri fegi fis | mu rose reil cesu imdis 

Cette rime suffit : si elle n'existe pas, il en faut une autre. 
Gallois (type cywydd odliaidd; Livre Noir, poème II) : 

Breuduid a uelun neithuiR | vs celuiT ae dehoglho 

Irlandais {Irische Texte, I, p. 29, vers 21) : 

Ni bu sanet Brigit suanach | ni bu Iuarach im seirc Dé 

Quand le troisième membre du distique à grande ligne (ou 
le troisième vers du quatrain) ne rime pas avec les autres, on 
a l'équivalent exact du type gallois dit Englyn unodl cyreb: 

Poème du ms. de s. Paul de Garinthie (Goidelica 2 , p. 176): 

Mac Diarmata dîl damsa j cid iarfachta ni insa 

a molad maissiu maaeniB I lûaidfidir LiediB limmsa. 



64 J- Loth. 

ce qui donne en quatrain : 

Mac niarmata Di'l damsa 
Cid iarfaclita ni insa 
A Molad Maissiu MaasniB 
lûaidîidir lâedlB limmsa 

Cf. gallois (Dosparth Ed. Daf. aur, XXVII) : 

Hvnyg hir loyw ci hystlvs 
Gwymp ci llun vn ci llaes-grys 
Gwynlliw ewyn gwenndronn iawn 
Gwynlliw eigiAWN pan ddyfrys. 

Le distique de longues lignes de 14 syllabes avec ses diverses 
modifications de rime interne est l'origine de toutes les va- 
riétés de vers de 7 syllabes que l'on rencontre en moyen-irlan- 
dais. Parmi ces variétés, je signalerai seulement le quatrain à 
rimes alternées : 

Sruama serba seimLiDE 
fochasrachaib dosfEMED 
muada merda rueirBLlGE 
isnalasrachaib tENED ' 

Ordonné en deux distiques de longues lignes, c'est l'équi- 
valent du type comique de la Pascon agan Arluth: 

Sruama serbe seimLiDE | fo chasrachaib dosfEMED 
Muada raerda incirbi.iGF. | isnalasrachaib tENED 

Ici le principe de la rime des membres r et 3 du distique de- 
grandes lignes est appliqué à l'intérieur des petites lignes du 
vers : serba et merda des vers 1 et 2, chasrachaib et lasrachaib 
des vers 2 et 4 riment entre eux. 

Cf. comique : dans la Pascon, les quatrains se composent de 
longues lignes : 

Ena un lowarth esE | ha ynno navn io parYS 
Den marow rag recevE | bvtli newyth nyn io usijs 
Corf Icsus Crist yntrethE | then logell a ve degYS 
Hag a heys the wr'owethE | ynno ef a ve gesYS 



1. Saltair na rann, p. 120, 8169. 



Le Vers à rime interne dans les langues celtiques. 6$ 

L'étude des divers types de rime interne montre claire- 
ment qu'elle a d'abord été une rime finale: elle unissait la 
syllabe finale accentuée du premier membre de la grande ligne 
avec la syllabe accentuée du second membre. 

On a eu peut-être d'abord ainsi à la coupe une rime mono- 
syllabique accentuée, et à la finale une rime dissyllabique ou 
trisyllabique. Il était impossible de conserver cette rime dissyl- 
labique ou trisyllabique ; en effet, la coupe rimant, on eût été 
condamné par la loi de la rime finale dans les deux grandes lignes 
du distique et dans toutes celles de la laisse galloise à la même 
rime et au premier membre et à la finale. Il fallait ou sacrifier 
la rime de la pénultième ou de l'antépénultième du mot final 
avec la finale accentuée du premier membre et se résigner par 
conséquent à la rime d'une finale accentuée (premier membre) 
avec une finale non accentuée et à accent secondaire (deuxième 
membre), ou se contenter de la rime avec la pénultième et 
avoir une autre rime finale. C'est la première alternative qui a 
été adoptée en irlandais et en gallois dans le type cyzvydd deitair 
hi rion ; c'est le second type qui a persisté dans la cynghanedd 
lusg et le vers moyen-breton. Enfin, il y avait un autre parti à 
prendre : c'était de ne pas foire rimer du tout la finale du pre- 
mier membre avec le mot final. Mais la loi des deux rimes 
était déjà établie ; on lui donna satisfaction en taisant rimer 
la coupe avec un autre mot que le mot final. Dès lors, la rime 
interne qui de fait existait du moment que la rime de la syl- 
labe finale n'était plus celle du premier membre de la grande 
ligne se développa encore davantage. Les membres de la grande 
ligne arrivant bientôt à l'indépendance, devenant des vers, la 
loi des deux rimes lut appliquée dans les vers comme elle l'avait 
été dans les grandes lignes. 

Les Irlandais ont porté les lois' de la rime interne dans la 
poésie latine chrétienne : 

Conclamantes Deo diGNUM | hymnum sanctac Mariae 
ut vos pulset omnem aurem | per laudem vicariam 
OpporruNAM dédit curam j aegrotanti homini '. 

1. W. Meyer, Ludus de Antichristo (Sitzungsber. der phil..-philol. und 
hist. Cl. d. K. b. Akad. der W. 1882, p. 64): cette poésie est de l'époque 
du vieil-irlandais. 

Revue Celtique, XXII. > 



66 J- Loth. 

Cf. Hymne de Colman (Goidelica 2 , p. 122, 22): 

Regem regum rogamus ! in nostris sermoxiBUS 
Axacht Noe a IuchtLACH | diluvi tempoRiBUS. 

L'exemple latin précédent de rime interne est le seul que 
W. Mever ait rencontré dans la poésie latine du VI e au xi e siècle. 
Il établit 1 que si les Celtes n'ont pas inventé la rime, c'est 
chez eux qu'elle s'est développée. Ce sont les Irlandais et leurs 
disciples qui ont notamment implanté la rime dissyllabique sur 
le continent. W. Mever avance que c'est chez les Irlandais que 
l'on trouve les plus anciens exemples de prose rimée (dans 
YAntiphonarium Benchorensé): c'est une erreur. La prose rimée 
existe dans Gildas, dans le De Excidio et dans YEpislola : il y a 
de très nombreux membres de phrases rimant. Un passage de 
la fameuse lettre au consul Agitius (il a fallu une forte dose de 
naïveté pour en accepter l'authenticité) me fait l'effet de deux 
vers de 10 à 11 syllabes allitérant et rimant aux membres 1 
et 3 : de plus, la coupe du deuxième vers assonne avec la finale 
de ce vers {De Eucid., XVII) : 

Repcllunt nos | barbari ad mare 
Repellit nos | marc ad bârbaROS 

Quelle est l'origine du vers a rime interne ? 

Thurneysen {Revue Celtique, VI, p. 309 et suiv.) me parait 
avoir raison quand il fait venir la métrique irlandaise, telle 
qu'elle apparaît dans son type de beaucoup le plus commun, 
la longue ligne de deux membres de sept syllabes, de la poésie 
rythmique latine populaire. Le point de départ pour lui est le 
tétramètre trochaïque catalectique populaire, fondé non sur la 
quantité des syllabes, mais sur leur nombre et l'accentuation: 

(iesar Ciallias subegit | Nicomedes Caésarem 
V.ccc Caesar nunc triûmphat | qui subegit G.illias 
Nicomedes non triomphât | qui subegit Qésarem. 

Cf. Hymne de Secundinus : 

Audite omnes amantes I deum sancta mérita 



1. Ibid., p. 63. 



Le Vers à rime interne dans h s Lingues celtiques. b~ 

Le type originaire aurait subi deux modifications princi- 
pales : 

i° Les deux longues lignes sont lices par la rime qui d'abord 
est trisyllabique. 

Hymne de Cuchuimnei : 

Cantemus in omni die | concinentes rârie 
Conclamantes Dco diGNUM | ymnum sanctae Mariae 

Le grand seadna en est la reproduction très exacte. 

2° Le nombre des syllabes des deux membres devient égal 
par la chute de la syllabe accentuée devant la césure. Le schéma 
primitif 

devient : 



Ce vers ainsi modifié aurait encore subi d'autres modifi- 
cations qui, en effet, peuvent servir à expliquer certaines es- 
pèces ou variétés de vers irlandais, mais qui pour la compa- 
raison avec les vers brittoniques ne sont pas essentielles. 
L'important au point de vue brittonique est cette seconde mo- 
dification. Elle explique en effet parfaitement le genre de la 
cynghanedd lusg qui, parti de la longue ligne de 14 syllabes, 
aurait envahi tous les vers du brittonique r . C'est bien le type 
du tétramètre trochaïque catalectique latin modifié, avec son 
nombre exact de syllabes, avec sa loi d'accentuation des finales, 
qui est devenu le modèle du vers le plus répandu en Irlande, 
en CoiiwuaiUes anglaise, en Bretagne armoricaine, et qui a 
laissé en Galles un type très particulier et très caractérisé de 
mètre: celui de la cynghanedd lusg et vraisemblablement du 
cywydd deuair hirion. La rigueur dans le nombre des syllabes, 
la préoccupation, par-dessus tout, de l'accentuation et du 
nombre des syllabes du mot final, sont des traits sûrement 
étrangers à la métrique indigène celtique. Il y a d'autres 
preuves irréfutables de l'origine latine de ce vers. La longue 



1. Il v aurait, au point de vue du nombre des syllabes, une objection sé- 
rieuse a faire à ce système; mais elle n'est pas insoluble. On y trouvera 
réponse dans le tome II de ma Métrique galloise. 



68 J. Loth 

ligne de 14 syllabes d'origine latine ou de contexiure latine, 
n'avait naturellement pas l'allitération : on s'est contenté de 
faire rimer les syllabes accentuées du mot final des deux mem- 
bres. Or, tout justement, le vers moyen-breton, qui reproduit 
exactement le type latin, est totalement dépourvu d'allitération. 
Il ne connaît que les deux rimes, primitivement finales, la 
rime de la césure principale avcc la pénultième accentuée du 
mot final. Le comique, qui n'a guère que le vers de 7 syllabes 
et la longue ligne de 14, n'a pas du tout de cynghanedd : l'al- 
litération lui est inconnue (il y a des traces, dans ses strophes, 
de l'ancienne rime interne). En gallois, le vers à cynghanedd 
lusgy l'équivalent exact du vers moyen-breton, se contente 
aussi de la rime de la finale du premier membre avec la pénul- 
tième du second : il se passe, comme l'ont remarqué les mé- 
triciens, 4 'allitération. Le cyviydd odliàidd } Yenglyn unodl cyreh, 
quatrains qui sont, en réalité, deux longues lignes de 14 syllabes, 
se passent également de toute cynghanedd autre que la rime 
interne. Il n'est pas jusqu'au style lyrique qui ne soit, en gal- 
lois, différent dans ces deux derniers types. 

Je ne tais que résumer ici des lois et des conclusions que le 
lecteur trouvera développées et documentées au tome II de 
ma Métrique galloise, en ce moment sous presse. 

J. Loth. 



NOTES SUR LE VANNETAIS 



I . PARCHE-MEUTT 



L'article Parcheminef ï de mon Glossaire moyen-breton, 2 e éd., 
contient une double erreur dans ces mots: « parchemin ..., 
parchemeutt (lis[ez] -entt) ... l'A. ». Le dictionnaire français- 
vannetais que Cillart de Kerampoul a signé Monsieur l'A*** 
porte parche-meutt, ce qui est exact et signifie littéralement 
« membrane de mouton ». 

Le mal vient de ce que je n'ai pas tenu compte de la répé- 
tition du tiret devant -meutt, qui se trouve au commencement 
d'une ligne. L'auteur observe régulièrement cette sorte de 
distinction entre la coupe accidentelle des syllabes, dans un 
mot unique, et celle d'éléments distincts, dans un mot com- 
posé ; ainsi on lit, à la même page, Lei- \ nein et Gùinérr-er- \ 
-Grœss, bien que la majuscule rendît ici la précaution super- 
flue. Il est à souhaiter qu'on se serve encore du même procédé 
typographique, toutes les fois qu'une précision rigoureuse a sa 
raison d'être. Un témoignage linguistique ne peut que gagner 
à être exprimé nettement. C'est, d'autre part, le devoir de 
celui qui veut s'en servir, de commencer par l'interpréter avec 
le soin nécessaire (cf. Gloss., v. picol, 1. 7-10). 



2. pource ; rit; gloestre. 

Dans sa réédition du dict. van. -franc, de P. de Châlons, 
M. Loth ajoute à l'article « bourçè, chercher »: « Cillart: 



1. Rectifié à un autre point de vue, Mémoires de la Société de Linguis- 
tique de Paris, X, 327. 



yo E. Ernau lî. 

pourcéet bourcè». Il y a là une méprise. Le dict. de l'A. porte 
« Pourcé . • cil .. bourcè » ; ce qui, d'après une convention de 
L'auteur expliquée clairement par lui p. xviij (et. s. v. cabaler) 
et suivie dans tout le cours de son livre, signifie que le verbe 
pourcé, chercher, fait au participe passe pourcéétt, et au présent 
de l'indicatif mé bourcè, je cherche; comme le synonyme qui 
précède: « Cldssque ou Classquein .. éti .. glassque » fait mé 
glassque (pour mé agîask, avec mutation initiale). 

Il v a aussi dans le même dict. de Chàl. un article «pourcéein 
ou pourcé, chercher » (éd. Loth, p. 74). Le dict. franc. -van. 
manuscrit de Chàl. porte : 11c oura nicit pourcein troeïeu (il ne 
fait que chercher midi à quatorze heures); ehelcè è pourcier un 
adoùé eu ur c'harrat focu, c'est chercher une aiguille dans une 
charretée de foin ; poursuiuein, pourcéein, poursuivre ; bel épel... 
é poursuiu' eu affer' man, il a été longtemps à la poursuite de 
cette affaire; ema e pourcéein, (il y a longtemps qu')il poursuit 
(cette charge) ; er poursuiuein a rer, on le poursuit. Il est donc 
probable que l'auteur a renoncé à l'opinion qu'il a eue d'abord, 
sur l'existence d'une forme radicale commençant par /;. Cette 
opinion pouvait elle-même être suggérée par l'expression qu'il 
emploie, bourcè eu tan, vers le feu, et qui vient de *de bourcè, 
cf. Gloss., 509. 

Le P. Grégoire de Rostrenen donne en vannetais: chercher, 
cltistj, part, clasqet; chercher avec diligence et exactitude, 
pourcé, p. pourcet; pourcéein, p. pourcéet. 

Sauf poursuiuein et poursuiu', les formes vannetaises se ratta- 
cheraient mieux au v. franc, porseer, porsier, pourseer, pourssaier, 
poursayer, etc., posséder, variantes de posseer, qui paraissent 
d'ailleurs influencées par poursuivre, cf. pourssuer, posséder. 

Dans des notes prises autrefois sur l'exemplaire du dict. 
van.-fr. de la Bibliothèque Nationale, j'ai écrit bourcè sans cé- 
dille ; ce qui semble appuyé par le renvoi que M. Loth a fait 
sous la même forme, p. 74 de son édition. 

Une autre méprise de celle-ci se trouve au mot rit, qui est 
traduit « source ». J'ai lu « course », ce qui, en tout cas, est 
la seule bonne traduction. De même gloestre, p. 39, ne veut 
pas dire « veau », mais « vœu », comme je l'ai lu — ou cru 
lire — dans le texte. Cf. Gloss., xix. 



Notes sur le Vannetais. 71 



3. RAQUER ; RAYENN. 

La réédition de Châl. donne, à son ordre alphabétique, le 
mot « raguér, pâti, pratéau, l'issue d'une maison ou d'un vil- 
lage » ; une note avertit que l'original porteragnér. Il eût fallu 
ajouter que cet article se trouve entre rangein et ratoûére. En 
réalité, c'est sa vraie place; on doit lire raquer, cf. Gloss., 559. 
La note qui suit, dans la seconde édition de Châl., invoque 
avec raison un argument semblable pour changer royenn, rayon 
d'une roue, en ra\enn; seulement, dans la citation de l'A., au 
lieu de rayœn-rott il faudrait raiœnn-rott, rayênn-rott et reyœnn- 
rott. Va est indiqué aussi par l'étvmologie, du vieux franc. 
ray, rais, cf. rayon, enrayer. Grégoire ne donne en van. que 
rayen, ce qui montre qu'il ne s'est pas laissé tromper ici par- 
la faute d'impression de Châl. 

Moins bien inspiré à « issue, sortie d'un village, espace at- 
tenant au village », il a raguœr et ragnœr; ce dernier repro- 
duisant évidemment le raguér de Châl., et raguœr n'étant sans 
doute qu'une correction conjecturale du même, comme l'a été- 
plus tard * raguér. 



4. DIMEN ; STERT. 

La compétence du P. Grégoire, pour le dialecte vannetais, 
était à cent piques au-dessus de celle des autres lexicographes 
qui ont, jusqu'ici, prétendu embrasser l'ensemble de la langue; 
Cillait a eu tort de dire, dans sa Préface, que « ce Gros Dic- 
tionnaire n'est d'aucune utilité pour ceux qui veulent ap- 
prendre le Breton de Vannes ». Le savant capucin ni pu, tou- 
tefois, échapper complètement au sort commun qui condamne 
tout auteuf de dictionnaire à copier ses devanciers avec plus 
ou moins d'intelligence, selon que, dans cet aride et délicat 
labeur, son attention et son esprit critique se trouvent plus ou 
moins en éveil. Une de ses méprises à ce sujet est déjà si- 
gnalée et expliquée dans le dict. de l'A., cf. Rev. Celt., XI, 359. 



72 E. Ernault. 

Lisant, p. 57 du livre de Chai. : « dimen, dimeigneu, fian- 
çailles, hymen, mariage », il a pris hymen pour un mot breton, 
et il a donné en van. : bimen « himen ou himénée »; bymenn 
« mariage » ; Cillait fait observer que dans la copie hymen 

était en italique, et par conséquent français. La réédition de 
M. Loth, qui ne reproduit ni ne mentionne cette faute, a une 
erreur d'interprétation amenée par la même cause, à l'art. « stert 
etrain, serré, pressé » ; il tant lire, non « stert crean », qui vou- 
drait dire « serré fort » (?) mais « stert etrain », c'est-à-dire 
étreint (Gloss., 652). 

Le quiproquo du P. Grégoire sur hymen tient aussi en partie 
à des préoccupations étymologiques: ce mot, devenu pour lui 
celtique, lui sert à expliquer in petto le franc, hymen, et à 
décomposer expressément le van. moins fantastique dimenn 
(s. v. mariage). Des préventions de ce genre se produisent 
chez Cillart de deux façons différentes. 

La plus inoffensive consiste à émettre, en passant, des ré- 
flexions comme celle-ci: « Sac Sah... (Où va-fon chercher une 
autre origine du mot François ? ». Mais il ne s'en tient pas tou- 
jours là ; il lui arrive encore de prendre à son compte, en les 
adaptant plus ou moins à son dialecte, et sans citer de garant, 
des assertions du P. Grégoire relatives à de prétendus mots 
bretons d'autrefois (âls, alias); par exemple : amui, secours, 
amuyein, secourir; ritt, gué; dinass, palais; magie, macule, 
mots dont les deux derniers ont fait illusion a M. Loth, mais 
qui ne sont autres, je crois, que le gall. amwyn, rhyd, dinas, 
magl (Études vannetaises, III, 5 ; Gloss., xiu, xiv). 

Voici d'autres cas semblables: « Terre ... (Ter: Tét: Tit : 
At : Ar : E'r, ne subsistent plus que dans leurs composés.) », 
TA.; := « (als. Ter. tir. tit. at. ar. er. Ces mots ne subsistent 
plus dans l'Armorique, que dansleurs dérivez, et compose/... » 
Gr., cf. Gloss., xxiv. Grégoire ne donne aucun mot pour du 
vannetais ancien ; mais par suite de la disposition de son dic- 
tionnaire, les mots d' « ancien breton » s'y trouvent d'ordi- 
naire suivre immédiatement ses citations du dialecte de Vannes ; 
il n'en a pas fallu davantage pour engager Cillart, qui le con- 
damne en bloc avec une injuste sévérité, à lui iaire de ces 
emprunts de détail si peu justifiables. 



Xotes sur le Vannetais. 75 

Il fait cette remarque, s. v. perdrix : « (On a dit, Perdrï) »; 
cela vient de 1' « als. perdris. pétris » de Grég., qui ne s'ap- 
puie certainement pas sur un vieux texte vannetais. 

Dans « Suif Suait: autre-fois, Suaff. » l'A., nous avons 
un simple écho de « als. suaff » Gr. En écrivant ainsi le mot 
qui était en moyen breton soaff, Grég. le rapprochait instincti- 
vement du franc, plutôt que du van., qu'il a écrit siïaiï, soéiï. 

Après avoir rendu, dans son dictionnaire, « noué, noë » 
par flondrênn, VA. donne au Supplément: « Noue ... Pâture 
acouatique, bourbeuse, No, f. », et renvoie à marais; ce mot 
est traduit par Goah, puis No. f. , avec cette remarque : « On 
n'entend plus ce dernier que chez les Galots ». Nous devons 
conclure de la, non pas que Cillart a trouvé no dans un texte 
vannetais quelconque, mais qu'il a attribué au gallo ou haut- 
breton no (noë) une origine celtique; question toute différente, 
et sur laquelle son opinion n'a aucune valeur. 

Il y a dans son œuvre de nombreux exemples de bretoni- 
sations arbitraires amenées par une raison différente, et dont 
il livre franchement le secret, p. xix de la Préface : « Lors-qu'il 
y a périfrase ou description, en Breton pour rendre un nom, 
on pourra aussi le bretonniser. Ex. à la page 427. Chacelas 
Chacelace ». A l'endroit désigné, il avait mis ressin douce ha 
quénntratî (raisin doux et précoce). Il n'est pas toujours facile 
de distinguer les mots qu'il a empruntés de cette laçon. 



5. STAIRE. 

« Slaire, étoile; pi. stairi »; cet article de Châl. a donné 
lieu à la mention de Grég.: « Etoile. ... (Van. ... stér. p. 
stéry) »; M. Loth l'a reproduit simplement; je me suis con- 
tenté aussi de citer cette assertion, Gloss., 653. Elle est pour- 
tant fausse. Un examen attentif de cette page 653 montre 
qu'en van. slcr, pi. stéri, veut dire « rivière, fleuve » ; et que, 
si ster n'est pas impossible au sens d' « étoile », c'est seulement 
au pluriel. 

Ceci est confirmé par Châl. lui-même, qui a un article 
« slireu, astre, étoile ... [pi.] stir, stirét, stirenneu ». Son dict. 



74 £• Ernault. 

ms. ne donne que ces formes, aux mots aslrc, étoile, et traduit 
par ster l'idée de « rivière », à ce mot et à « rive ». C'est aussi 
ce qu'il a voulu dire dans l'art, staire de son dict. imprimé, où 
étoile a pris indûment la place de riuiere. 

Ceci prouverait, au besoin, que si dans le métier de lexico- 
graphe il faut être bon copiste, un talent si estimable et si 
rare ne suffit pas encore. 



6. dihiliein; diséremantt. 

i . Le Lexique étymologique des tenues les plus usuels eu breton 
moderne, par M. Henry, donne le cornouaillais dihil.i (par 
/ mouillé), s'égrener, en ajoutant: « mbr. dis-hil-ya, ... ci. 
cymr. dihil « sans enfants » ... Conjecture] Ern[ault]»; avec 
cette note : « Mais ce verbe n'a en vannetais que le sens « ef- 
filoquer, dégueniller », ce qui rend douteuse l'étymologie par 
hil (Loth) ». 

Dishilya est écrit dans mon Gloss. en capitales; il tait donc 
partie, comme c'est expliqué p. 4, des mots « qui ne se trou- 
vent pas dans des documents du moyen-breton, mais qu'on 
peut attribuer à cette époque par suite de leur étymologie ... »; 
ci. p. vm : « ces mots ne sont pas là au même titre que les 
autres, et je n'ai pas toujours essaye de rétablir par conjecture 
la forme qu'ils avaient en breton moyen ; aussi sont-ils dis- 
tingués par les caractères typographiques ». 

Ce genre de méprise est fréquent dans le Lexique, et. Revue 
critique, XXXIY, 219. Il rappelle les lapsus gaulois qui échap- 
pent de temps en temps aux plumes les plus avisées ; ainsi, 
Rev. Celt., XXI, 302, « -le nom Rhenogenos et un vers de Pro- 
perce », au lieu de « * Rhenogenos, nom auquel un vers de Pro- 
perce parait faire allusion »; ici, d'ailleurs, à coté du mal se 
trouve son remède: la référence. Cf. la remarque malheureuse 
sur Glûno-màros (lisev *Gluuomaros), dans la Dissimilation 
consonantique de M. Grammont, p. 37, 38. 

2. Ainsi l'assertion qu'on lit, Gloss., 180, est celle-ci : dis- 
hilya, égrener, dishilha, dihilha, s'égrener, attestés seulement 
en bret. moderne, sont plus anciens, et composés comme" le 



Noies sur le Vannctaïs. 



75 



gall. dihil, sans postérité. Quelles formes avaient habituel- 
lement ces mots en bret. moyen ? Si j'avais voulu les rétablir 
par conjecture, j'aurais posé *dishilyaffet *dïhilyaf. 

L'étymologie qui est la raison d'être de cet article dishilya, 
n'est pas donnée comme conjecturale. Est-ce un tort ? On ne 
l'a pas encore montré. 

3. D'abord l'objection qui y est faite n'est point exacte. Le 
verbe en question a en van. un autre sens que « effiloquer, 
dégueniller », puisque dans YHistocr a vuhe Jesus-Chrouist , Lo- 
rient, 1818, p. 90, bint e guemérai mar à bluchen ac ou dihiliai 
iiré ou dehorn eit ou daibeign, veut dire « ils prenaient des épis 
et les égrenaient entre leurs mains pour les manger » (= saint 
Luc, VI, 1). On peut passer de l'idée d' « égrener » à celle 
d' « effiloquer, dégueniller » ; le van. présentant les deux sens, 
il faut, pour décider de la priorité, consulter les autres dialectes. 

Ceux-ci montrent aussi deux significations; l'une est comme 
en van. « égrener », et « s'égrener » : on dit par exemple en 
petit trécorois disilhan ni '11 il, le grain tombe du blé trop 
mûr. G. Milin a ajouté sur un dict. bret. -franc, de Troude 
cette note, qui constate l'usage du Léon : « darc eo an ed, 
di^illa a ra, le blé est mûr, il s'échappe de l'épi grain à grain ». 
Le témoignage du P. Grég., qui donne avec le même sens les 
formes dishilya (Léon), dishilio (Cornouaille), dishilian (Tré- 
guier) est donc justifié, et confirmé en outre par le texte van. 
contenant dihiliai (sans doute d'un infinitif *dihiliein). Cf. au 
fig. é li\HIoul (les biens) se dissipent, Sauvé, 334; Moal, 37. 

L'autre sens de dishilya est, d'après Grég., « tomber en dé- 
cadence » ; d'où le dérivé dishilyadur } dépérissement, perdition, 
dégât, dissipation; ce sont des synonymes de disherya et dishe- 
ryadur. Or il y a tout lieu de croire que disherya dérive de 
dishear, dishœr, sans hoir, sans héritier, zî. van. diséremantt, 
déshérence, etc., Gloss., 179; Mil. ms. porte: «en den disher 
(h muette) eo, ou disher eo, il n'est pas marié, c'est-à-dire il est 
sans héritier ». Je persiste à croire que l'explication de tous 
ces faits a lieu aussi bien que possible en admettant un mot 
breton *hil, graine, race, = gall. hil, mot qui a donné en 
v. bret. le nom Hilian, selon M. Loth (Chrestomathie bret., 
137), mais est resté seulement en composition avec di-, dis-, 



76 E. Ernault. 

comme cela est arrivé à plus d'un autre : cf. die^nes, misère, 
Gloss., 165 ; dyvalau, laid, 188 (malô, beau, H. de La Ville- 
marqué, Dict. de Gon. v. divalô est purement hypothétique); 
digunve^, « (paroles) qui, d'ordinaire, ne sortent pas de notre 
bouche, en bien ou en mal », 168, etc. Ce dernier, que Troude 
donne comme de l'île de Batz, a dû lui être appris par Milin. 
Celui-ci a écrit sur un exemplaire du dict. bret.-fr. : « Ce mot 
est de l'Ile de Batz » ; sur un autre, il a ajouté à l'explication 
de Trd. : « paroles peu communes et qu'on ne comprend pas 
trop (I. de B.) syn. divoa^ ». Le Sitppl. aux dict. bret., Lan- 
derneau, 1872, porte, p. 84: « Etranger. Estrïn, digenve^ », 
forme plus régulière, donnée aussi par M. du Rusquec. 



7. DIHEEIX. 

Dihéein « distinguer pour séparer » Ch. dis, =■ dihaiein 
le^eu eid er pott « éplucher des herbes pour le pot, d. dihaiàdur, 
action d'éplucher ainsi, dihaioar, éplucheur, l'A. Ce mot a, je 
crois, gardé le correspondant van. du cornou. eu~, mou, 
amolli, pet. tréc. hcû, fade, gall. haivdd, facile, etc., Gloss., 
226. Dihccin le~eu, de *diheu~i{f lousou, est proprement « net- 
toyer des légumes en ôtant ce qui est fade » ; comme en pet. 
Trég. divreinan eun aval veut dire « ôter la partie pourrie 
(breiii) d'une pomme ». Pour le traitement phonétique, qui 
est très régulier, on peut comparer le van. hegué, heguée, pai- 
sible; capable d'endurer, dolent, = gall. bygawdd, irascible, 
Loth, éd. de Châl. 102, même racine que le bret. moy. 
cueu^j regret, Rev. Celt., XIX, 201. 



8. FORHEIX; HELLET; HELHUS; DIHALPàL; HAMPREIÔ. 

1. D'ordinaire, un composé suppose des formes simples an- 
térieures; mais il. y a aussi des mots simples qui sont rede- 
vables à des composés plus anciens, soit de leur forme, soit de 
leur sens, soit des deux à la fois. 

Le van. forhdn, priver, sevrer, que le Lexique rapporte au 



Notes sur le Vanneîais. 77 

léon. fors, cas, estime, du fr. force, est bien plutôt extrait de 
diforhein, distinguer, discerner, trier, séparer, mettre à part, 
bas-van. diforc'h; cf. Loth, éd. de Châl., 24, 36 ; Rev. crit., 
XXXIV, 222. 

Le bret. mod. ranvel, séran à égrener le lin, est tiré par 
M. Henry de la même origine française que rimia, rihvia, ra • 
cler, gratter, Gloss., 366; mais les voyelles sont différentes. 
Ranvel, ranf en pet. Trég. (Rev. Celt., IV, 165) se rattache à 
ranva, rahvat, sérancer, Trd., « part, passé ranvet » Mil. ms, 
extrait de di ranva, dhahvat, id. Trd., dirahva, égrener (des 
épis; une plante), Gr., pet. Trég. àirahvet, amaigri, qui a l'air 
faible, fatigué, = v. fr. deramer, déchirer, démembrer, italien 
il ira mare, ébrancher. 

2. Un exemple vannerais du même procédé est hellet-on d'er 
sebel , je suis mort de' soif, Choége nehué a gannenheu, Vannes, 
1829, p. 125, pour *helhet, et. deur helhns, eau qui altère, qui 
laisse altéré, 127, de dihelhét, ci. dihelhét é è querhët, il a tant 
marché qu'il n'en peut plus, Châl., dihêlhein, essouffler, dihêl- 
héd-on (je suis essoufflé) l'A., mov. bret. dihelchat, -ehaff 
« estre laz comme chien qui baaille », mod. bede dielchat, à 
perte d'haleine, Gr., etc., = *di-selg-, « chasser jusqu'au 
bout, forcer, réduire aux abois », Mot. de la Soc. de Ling., 
XI, 108; ou au sens neutre « perdre la poursuite, s'arrêter de 
chasser », Lexique, v. diéleha. Aux lormes voisines que j'ai 
étudiées à ce propos (cornou. dihelkein, pet. tréc. dichelpan, 
être essoufflé), il faut ajouter le van. dihalpâl e hra er ht, le 
chien est essoufflé, il a la langue hors de la bouche, Buléon 
dis. Ce mot doit être composé de halpein, lapper, Châl. ms, 
et. Annales de Bretagne, XIV, 545. 

3. Il est clair aussi que le van. hamprein en esqern dihampret 
« remboeter, remettre un os disloqué dans sa boëte natu- 
relle » Gr., vient de dihamprein, « deboeter, disloquer » Gr., 
dihampréd, disloqué, diampradur , rupture, dislocation, divani- 
brein, aiamprein, démembrer, Châl., bret. mov. diuemprajf, 
disloquer, démembrer, Gloss., 12, cf. le synonyme anseiii un 
asqorn diauset, etc., Gr. ; mais ici le sens du nouveau verbe 
simple est l'opposé du composé de <//'-. 

4. Des composés de dis- donnent lieu à des tonnes simples 



78 E. Ernault. 

où Y s- reste attaché, et qui ont quelquefois le sens négatif: 
van. scruniein et disscruniein, égrener, cf. scloerct é, (la jument) 
a pouliné, et digloerdtt, éelore, Gloss., 605. 

D'autres ont le sens du simple primitif, qui se trouve ainsi 
augmenté d'un s- prôthétique: pied et spled, attention, soin, 
Gloss., 497, cf. dispied, abject, displet, vil, bas, méprisable, 
misérable, displedded, displedure^, abjection, displedôny, disple- 
dadur, vileté, bassesse, Gr. Le Gonidec a décomposé distonna, 
« enlever de dessus la terre l'herbe et les racines que la herse 
entraîne et accumule » en di -\- stonn « ce que la herse en- 
traîne », et M. Henry a proposé de tirer ce dernier du v. franc. 
estoule, éteule, chaume. Mais on ne peut séparer stonn du 
gallo tonne, gazon, van. tonnai, id., etc., Gloss., xvm, xix, 
698, 699. Mil. 111s remarque qu'à l'île de Batz le verbe est 
dislona, et le nom stonen (au mot slonn, stonn « mauvaises 
herbes que la herse entraîne dans un champ qu'on laboure » 
Trd.), îonden, en haut Léon tonen (au mot ionnen « couenne, 
peau épaisse d'animal, peau de la tête de l'homme, ... surface 
dure et sèche d'une terre délaissée en repos pendant un long 
temps » Trd.). 

E. Ernault. 



SUR LA PRONONCIATION DU GAULOIS 



Dans le Grundriss de Brugmann, t. I, 2 e éd., p. 378, 
M. Thurneysen a introduit la note suivante : « La transfor- 
mation de m en spirante nasalisée était peut-être panceltiquè. 
Ct. le \\ï\).[).v)zv zpz; de Strabon à côté du nions Cenenna ou Ce- 
benna de César (Holder, Sprachsch., col. 880). On doit aussi 
tenir compte des variantes graphiques Ditbno- et Dumno-rix 
(ibid., 1358), car elles peuvent indiquer un son intermédiaire. » 

M. H. d'Arbois de Jubainville s'est formellement prononcé 
contre cette hypothèse dans un fascicule récent des Mémoires 
de ht Société de Linguistique de Paris (t. XI, p. 324 et suiv.). 
Il objecte en particulier à M. Th. la présence actuelle de la 
consonne ;// pure, ou d'une simple voyelle nasalisée dans de 
nombreux noms de lieu français : Limoitrs de Leiuausus, Ar- 
genton à? Argentomagus, etc. 

Sans prétendre trancher le différend, nous voudrions attirer 
l'attention sur quelques faits dont il n'a pas été fait état dans 
la discussion. 

i° Il est nécessaire de ne pas établir tout d'abord un lien 
trop étroit entre les exemples plus ou moins assurés d'« aspi- 
ration » du gaulois et ceux que présentent les autres langues 
celtiques, tant que l'étude de ces faits n'aura pas été poussée 
plus loin ni traitée d'ensemble d'une manière méthodique. Il 
est bien évident que dans toutes les langues celtiques (le gau- 
lois mis à part) les causes et les effets de ces phénomènes sont 
essentiellement les mêmes, mais trop de détails restent en- 
core obscurs. La tendance générale à l'affaiblissement des 
consonnes a pu être entravée dans chaque langue par des 
raisons qui lui sont spéciales, en particulier par la nature et la 



So L. Durau. 

place de l'accent dans les mots simples et dans les mots com- 
posés. Il est à remarquer, notamment, que pour le J, la seule 
consonne gauloise dont l'affaiblissement soit clairement, bien 
que très sporadiquement, noté par l'écriture, la lettre £ n'ap- 
paraît qu'à l'intérieur de mots simples, jamais comme ini- 
tiale d'un second terme de composé; on pourra s'en rendre 
compte en parcourant la liste de Holder, Sprachsch., I, 
col. 121 r. D'après cette analogie, un mot formé comme Ar- 
gento-magus aurait donc pu garder intacte son m initiale sans 
qu'on pût rien en conclure pour la prononciation de m dans 
d'autres positions : l'exemple de Lemausus -— *- Limours est 
sans aucun doute plus probant. 

2° Toutefois, il n'est pas sans exemple qu'un m ait succédé, 
dans la forme actuelle d'un nom de lieu, à un son (ou com- 
binaison de sons) voisin de celui auquel remontent tous les 
substituts modernes de l'ancien /;/ dans les langues gaéliques 
et brittoniques, c'est-à-dire /;/ spirant (v [ou ui] nasal). On a, 
en effet, dans le nom de Saint-Bertrand-de-Comminges (Haute- 
Garonne), ancienne capitale des Conuenae, un exemple au 
moins du passage à /// d'un son plus rapproché de nv latin 
que de ///, puisque les Romains le notaient par nv. Il est à 
remarquer que la capitale des Conuenae portait le nom bien 
gaulois de Lugdunum, et que selon saint Jérôme (Contra Vi- 
gïlantiùm, 54), ils taisaient primitivement eux-mêmes partie de 
deux peuplades gauloises, les Vettones et les Areuaci. M. An- 
toine Thomas, qui a traité du nom de Saint-Bertrand-de-Com- 
minges dans ses Essais de philologie française, p. 1 et suiv., et à 
qui nous empruntons ces renseignements, considère que le nom 
de Conuenae est purement latin (cf. le nom commun conuena); 
mais les Contienne eux-mêmes seraient des Ibères, qui au- 
raient accommodé à leur mode de prononciation le groupe nv; 
or, en basque, nv latin devient ///;// (connenlns — ->- gonientn). 
Mais ce peut aussi bien avoir été des Celtes qui auraient pro- 
noncé dans Conuenae (latin ou non d'origine), leur m spirant; 
puis, par suite des progrès de la romanisation, ce son aura été 
remplacé plus tard par un son proprement latin. Toujours est- 
il que si nous ne connaissions pas directement le nom ancien 
du pays de Comenge, c'est, à coup sur, Com(m)enicus et non 



Sur la prononciation du Gaulois. 81 

Conuenicus que nous songerions à restituer. Ce pourrait être 
un indice que Y m de Lemausus, Argentomagus ne s'est pas né- 
cessairement toujours prononcé comme m latin 1 . 

3° Avant d'arriver à des hypothèses moins incertaines, nous 
voudrions ajouter une remarque au sujet de l'altération du d 
en gaulois. Ce d a disparu en français propre, dans la plupart 
des cas, comme a disparu le d latin intervocalique. Il serait 
intéressant de rechercher si c'est vrai également dans la partie 
du domaine roman où le d latin est resté intact. Il ne faudrait 
pas perdre de vue, d'ailleurs, dans cette recherche, que la 
phonétique des noms de lieu n'est pas nécessairement celle des 
noms communs, pour différentes raisons, dont la plus simple 
est que le nom d'un lieu peut être le seul exemple survivant 
d'un fait de phonétique restreint à un domaine peu étendu, 
et dont les effets ont disparu dans tous les autres mots, qui 
ont pris la forme des parlers voisins. — Y a-t-il quelque 
chose à tirer à ce point de vue de la forme espagnole Laceva 
de l'ancien nom de lieu Adeba (Holder, s. v .) ? Il est probable 
en tout cas que le & gaulois se rapprochait sensiblement de s 
ou de ts, et que, par suite, il aura pu, dans certaines conditions 
qui restent à déterminer, se confondre soit avec le c roman 
devant e, soit (suivant les régions) avec d'autres sons latins. 

4° Revenons à la question de Y m. L'alternance v(b)jm se 
rencontre, non seulement dans Ceuenna/Ké\t,p.evov , Dubno-J 
Diimno, mais aussi, comme chacun sait, dans le nom du dieu 
Bonv/Bornio, identifié à Apollon, et dans ses dérivés 2 . Les 
deux formes se rencontrent dans des inscriptions trouvées en un 
môme lieu à Bourbon-Lancy (Saône-et-Loire) : il semble dorfc 
d'une méthode peu sévère d'y voir des variantes dialectales. 
D'autre part, Bourbon-Lancy est appelé Aquis Bormonis par la 
Table de Peutinger. On se trouve donc en présence d'un son 
noté indifféremment v ou m, et représente aujourd'hui en 



i. M. A. Thomas a l'obligeance de me signaler une forme gasconne co- 
menensa « convenance » qui prouverait que l'exemple de Coitiinges n'est pas 
isolé, et qui affaiblirait encore les arguments qu'on peut tirer, au moins 
pour la Gaule méridionale, des tonnes comme Limours, Argenton, etc., par 
la prononciation non spirante de tu. 

2. Cf. Holder, Altcelt. Sprachschal^, t. I, col. 489-494. 



Revue Celtique, XXII. 



82 L. Dur a u. 

français dans Bourbon-hancy, Bourbon-Y Aichambauli, Bour- 
bonne-les-Bains, par un b qui indiquerait un son plus proche 
de b ou de v latin (ci. ennuis - — >■ courbe, seruire ^->- servir) 
que de m latin. 

5° On remarquera que le son en question, dans Ceuenna, 
Dnbno-, et dans les cas obliques de Borbo est toujours voisin 
d'une nasale. Nous pensons que cela indique que l'influence 
d'une nasale se faisait sentir sur les syllabes avoisinantes, et 
qu'un groupe schématique tel que * banni ou * vanui passait à 
* marna (inàmà) ou v~ania (v~âmâ). C'est par une action de 
ce genre que doit s'expliquer sans aucun doute la forme uie- 
buirÇ^r-^ niemoria) du vieil-irlandais, mod. ineâbhitir, mais gaé- 
lique meonihair; dans le dialecte et à l'époque où cette forme 
a été d'abord écrite, un b (bh) proche d'un ;;/ ne pouvait se lire 
que nih ; la notation ml) nécessaire pour lamh (lui') pouvait 
sans inconvénient pour la clarté être remplacée par bh quand 
le mot contenait une autre nasale. 

Nous rappellerons, à ce propos, que M. John Rhys a émis, 
il y a quelques années 1 , au sujet du vieil-irlandais nem (irl. 
mod. neamh) une hypothèse qui n'a pas, à ce qu'il semble, 
attiré l'attention autant qu'elle le mérite. Il est tentant de 
rapprocher avec lui nem du vieux slave //<■/'(' (ciel), et du 
sanscrit nabhas « atmosphère, ciel, etc. » (gr. véçoç). Le rap- 
prochement usuel du vieil irlandais //<•/// et du sanscrit nannts 
« courbure », n'a guère d'autre mérite que d'expliquer « pho- 
nétiquement » 2 la présence de 1'/;/ : je serais plutôt tenté de 
voir dans cet ;;/, ;\xcc M. Rhvs, le résultat d'une action pro- 
gressive de la nasale initiale d'un primitif *neb-osl : les excm- 



i. The Outlines ofthe Phonology of Ihe Maux Gadic, p. 35. 

2. Rappelons qu'en bonne phonétique les adjectifs français « haut », 
« froid » sont inconciliables avec les adjectifs latins aïtus ztfrigidus : pourtant 
qui voudrait les en séparer? On pourrait multiplier ces exemples à l'infini. 

3. Ce qui pourrait plaider en faveur du rapprochement traditionnel, c'est 
moins un argument phonétique qui le fait que le groupe le plus voisin du 
celtique avec le latin, le germanique a peut-être emprunté son nom du 
« ciel » à un ordre d'idées analogues à celui du skr. namas : v. h. ail. 
l'imil, est en etlet quelquefois rapproché de gr. x,uÉXs8pov, ;j.i/.a').ov « toit, 
plafond ». Mais cette étymologie de bimins n'est pas de celles qui s'im- 
posent, et, fût-elle certaine, ce ne serait encore qu'un indice. Le latiii.r</<- 
linii, littéralement « creux », pourrait aussi entrer en ligne de compte. 



Sur la prononciation du Gaulois 8$ 

pies sporadiques de nasalisation par contiguïté ne sont rares 
dans aucune langue. Dans non ou son prototype celtique, elle 
aura pu être favorisée par un faux rapprochement avec nemed, 
gaulois v£[^Y]-cov,qui n'a pas nécessairement la même origine, 
et où Y ni peut être « phonétique ». 

6° Enfin l'hésitation graphique entre b et m dans Dubno-j 
Dnmiw- n'est en aucune façon comparable à la substitution 
phonétique de ni à un ancien b (p) dans le latin soninns 1 . Elle 
nous semble indiquer aussi presque nécessairement l'existence 
en gaulois d'un son intermédiaire entre ceux que représentaient 
les lettres v et m de l'alphabet latin. 

Si ce son spécial a réellement existé, comme les indices re- 
cueillis plus haut semblent le prouver, ce ne pouvait guère être 
qu'un v nasal ou, subsidiairement, un v accompagné d'une 
nasalisation de la voyelle ou des voyelles adjacentes : les ori- 
gines phonétiques et les notations graphiques de ce son mè- 
nent nécessairement à cette conclusion. 

Louis Duvau. 
1. Mém. Soc. Ling., t. XI, p. 327. 



BIBLIOGRAPHIE 



Arthur Le Moyne de La Borderie. — Histoire de Bretagne, tome 
premier, 1896; tome second, 1898; tome troisième, 1899. Rennes, 
Plihon et Hervé-, Paris, Picard. 

Cette œuvre monumentale est le digne couronnement d'une 
vie consacrée tout entière à l'étude de la Bretagne sous toutes 
ses faces : histoire, littérature, art, monuments, coutumes. Il 
était impossible d'aborder un sujet aussi étendu et complexe, 
souvent aussi épineux avec une préparation plus scrupuleuse 
et une érudition mieux informée ; de plus, jamais historien 
n'a été plus sincèrement épris de son sujet. Aussi l'œuvre de 
M. de La Borderie, si bien accueillie dans le monde savant, 
a-t-elle été l'objet, en Bretagne, d'un concert unanime d'ap- 
plaudissements et a-t-elle provoqué un redoublement de sym- 
pathie et d'admiration envers l'auteur déjà si populaire dans 
toute l'étendue de la péninsule armoricaine. Nous avons salué 
en lui notre historien national. On a senti que l'auteur s'adres- 
sait surtout à ses compatriotes : c'est une histoire de la Bre- 
tagne racontée à des Bretons par le plus patriote des enfants 
de la péninsule armoricaine. Et je n'use en m'exprimant ainsi 
d'aucune métaphore : cette histoire a été racontée, professée par 
l'auteur lui-même à la Faculté des Lettres de Rennes devant 
l'auditoire le plus nombreux et le plus vibrant qui ait jamais 
été réuni dans notre grand amphithéâtre. Ainsi s'expliquent 
le ton de l'auteur, l'allure du récit, certaines familiarités d'ex- 
pressions, parfois aussi certaines exagérations oratoires dont il 
est assez surprenant qu'on ait pu se choquer quand on connaît 
la genèse de l'ouvrage ; de là encore des digressions assez fré- 



Bibliographie. 8$ 

quentes qui amusent ou reposent le lecteur sans nuire sérieu - 
sèment à l'intérêt général. Le patriotisme ardent de l'auteur 
contribue aussi à donner au récit une chaleur communicative 
sans qu'on puisse dire qu'il ait jamais sérieusement nui, je ne 
dis pas à son impartialité, mais à sa clairvoyance. 

L'époque préhistorique laissée de côté, l'histoire de la Bre- 
tagne se divisait naturellement en trois périodes : i° les ori- 
gines bretonnes; 2° la Bretagne duché; 3 la Bretagne pro- 
vince. 

Les deux premiers volumes vont de l'époque gauloise à 
l'année 995 et ont ainsi pour objet principal l'établissement 
des Bretons en Armorique, et la formation de la Bretagne ar- 
moricaine, formation définitive à la fin du x e siècle. Le troi- 
sième va de 995 à la bataille d'Aurai (1364). Le quatrième 
ira de l'année 1364 à la réunion de la Bretagne à la France 
(1532). Le cinquième aura pour objet la Bretagne province. 

On a reproché à l'auteur de n'avoir rien dit de l'époque 
préhistorique. Il a répondu d'avance à cette critique dans son 
Avertissement : il écrit non la préhistoire mais l'histoire de Bre- 
tagne. On peut regretter jusqu'à un certain point qu'il ne 
nous ait pas donné un résumé clair et substantiel de ce que 
l'on sait sur cette époque ; non pas des théories si nombreuses 
et si peu appuyées qui éclosent journellement dans ce domaine, 
mais de ce que nous apprennent les fouilles et découvertes si 
nombreuses de nos chercheurs et de nos sociétés archéolo- 
giques. La tâche de l'auteur, il est vrai, était déjà assez lourde 
pour qu'il ne s'embarrassât pas d'études sans rapport direct 
avec l'histoire de Bretagne et qui n'eussent peut-être abouti 
actuellement à aucun résultat bien appréciable. 

L'ouvrage débute par une topographie très détaillée de la 
péninsule armoricaine. Au chapitre des montagnes, l'auteur 
me paraît avoir oublié un massif indépendant de hautes collines 
qui partent de Plouray et s'étendent sur le canton de Guéméné 
et une partie de celui de Gouarec bordant la rive droite du 
Blavet. En revanche, il me paraît avoir exalté outre mesure la 
colline de Sainte-Barbe du Faouët « dont les rochers touchent le 
ciel » (p. 27) : Sainte-Barbe n'a pas plus de 170 mètres d'alti- 
tude. Il est vrai que la situation est des plus saisissantes ; tous 



86 Bibliographie. 

ceux qui connaissent ce paysage pardonneront à l'auteur cet 
accès de lyrisme. 

Je retrouve, p. 5, une vieille connaissance: Pétymologie de 
Hoiiat, et Hœdic, qui signifieraient la Cane et le Petit Canard. 
L'auteur écrit Houat, ce qui est exact, mais Hoadic, ce qui est 
faux. On prononce Houat et Hedic. Houat, au x c siècle Hoial, 
représente Siata de l'époque gauloise et Hedic ou Edic, vrai- 
semblablement Atica (Arica dans les textes). 

Au chapitre Forêts, nous trouvons une description détaillée 
de la grande forêt centrale de Bretagne, dont une des parties 
conserve encore le nom de Brocéliande. M. de La Borderie 
l'étend à l'ouest jusqu'aux Montagnes Noires. Il y a en effet en 
Paul un village de Brecilicn; en Priziac, un autre du nom de 
Brecelien. L'auteur ne doute pas que ce ne soit le même nom. 
C'est possible, mais point certain. On prononce certainement 
Breselien, le nom du village de Priziac, en partie situé dans 
Saint-Tugdual (canton de Grimené-sur-Seorff), et il me semble 
bien que bre est pour bren, colline. 



PERIODE GAULOISE ET GALLO-ROMAINE 

La période gauloise et gallo-romaine occupe une place con- 
sidérable dans le premier volume. L'auteur définit le territoire 
des cités de l'Armorique, en décrit les monuments : c'est un 
excellent répertoire de ce que l'on sait sur cette période de 
l'histoire de la péninsule. Cependant l'auteur nous paraît avoir 
accepté trop facilement l'autorité de certains écrivains juste- 
ment estimés mais dont les affirmations ont souvent besoin 
d'être contrôlées, par exemple, celle de M. Desjardins en ce 
qui concerne les Aulerci et la participation des cités armori- 
caines au soulèvement général provoqué par Vercingétorix. 
Les Aulerci qui, en 57 av. J.-C, avaient donné des otages 
aux Romains avec certaines cités armoricaines seraient les Am- 
bivariti ou Abrincatui. Les Aulerci étaient divisés en quatre 
groupes : Aulerci Eburovici, Aulerci Cenomanni, Aulerci 
Brannovices, Aulerci Diablintes. Les trois premiers groupes 
durent envover des contingents séparés à Vercingétorix (Caesar, 



Bibliographie. 87 

De Bcllo Gall., VII, 75). Les Aulerci Diablintes n'étant pas 
mentionnés à part sont évidemment compris parmi les cités 
armoricaines qui elles fournissent en bloc 30,000 hommes: 
de ce nombre étaient, dit César, les Curiosolites, Redones, 
Ambibarii, Caletes, Osismii, Lemovices (lisez Lexoviï), Unelli. 
Pour le contingent à fournir à Vercingétorix, M. de La Bor- 
derie reproduit l'erreur de Desjardins. Cette erreur vient de 
ce que Desjardins qui cite les meilleures éditions de César a, 
en réalité, adopté le texte de Frigellius: tria milia univers is ci- 
vitatibùs que Oceanum attingunt. La leçon XXX universis clvi- 
tàtibus est aujourd'hui universellement adoptée. 

Pour la lutte des Vénètes contre César, l'auteur préfère la 
version de Dion Cassius à celle du général romain. Or, dit 
un critique, César y était en personne. L'argument n'est pas 
sans réplique : accepte-t-on toutes les affirmations de Napo- 
léon I er ou de ses généraux au sujet des batailles auxquelles ils 
ont assisté ? Tous les critiques sont d'accord pour reconnaître 
la valeur de Dion Cassius, la loyauté de ses informations. Plu- 
sieurs soutiennent que pour la guerre des Gaules il a eu à sa 
disposition des sources aujourd'hui disparues et contempo- 
raines de cette guerre. Il faut reconnaître cependant que cette 
opinion aujourd'hui paraît peu probable après les travaux de 
Melber, un des plus récents éditeurs de Dion Cassius 1 . 

La capitale gauloise des Vénètes aurait été à Locmariaker, 
mais elle aurait été transférée par César à Darioritum, donnée 
par Ptolémée et la Table Théodosienne comme capitale des 

1. Melber, Dcr Bericht des Dio Cassius iiber die gallischen Kriege Casais 
(Festgruss an dieXLI Versammlung Deutscher Philologen and Schulmân- 
ner von dem Lehrerkollegium des K. Maximiliansgvmnasiums in Mùnchen). 
Melber établit en ce qui concerne certains épisodes saillants de la guerre 
des Gaules (la guerre contre les Helvètes, contre Arioviste) que les diffé- 
rences entre le texte de César et celui de Dion Cassius proviennent de dé- 
veloppements littéraires ou d'erreurs facilement explicables : il semble bien 
que Dion Cassius ait résumé de mémoire le récit de César. Pour la lutte 
contre les Vénètes, le récit de Dion Cassius est plus logique. Il a très net- 
tement vu quelques invraisemblances dans le texte de César et les a fait dis- 
paraître, mais en v regardant de près, il n'y a qu'un fait qui paraisse lui 
appartenir en propre : il nous dit que Brutus arriva de la Méditerranée à 
l'aide de César avec des vaisseaux rapides. Dion a amplifié: César dit 
simplement qu'il fit venir des rameurs de la Province romaine et y recruta 
des matelots et des pilotes. 



88 Bibliographie. 

Vénètcs. Or Darioritum est certainement Vannes, comme le 
reconnaît d'ailleurs M. de La Borderie. Dès lors, je ne vois 
aucune raison sérieuse pour supposer que César aurait de parti 
pris déplacé la capitale. La situation de Locmariaker est, à 
certains points de vue, préférable à celle de Vannes. Comme 
cette bourgade est à l'entrée du golfe du Morbihan, on con- 
çoit très bien que les Romains s'y soient installés et en aient 
fait un point important d'observation. Le nom de Locmariaker 
est à ce point de vue significatif; le nom le plus ancien est 
Caer (Cart. de Red., 856: Chaer plebs ; Caer). Après la 
création d'un sanctuaire à Marie, la paroisse prit le nom de 
Locmaria-Kacr (en 1572 Locmaria-en-Ker - t c'est-à-dire Loc- 
maria in Castro). On sait que Caer représente très exactement 
le latin castra. C'est ainsi que Chesler, aujourd'hui encore, en 
gallois, s'appelle Caer. 

Sur Blabia, l'auteur me paraît avoir adopté une théorie in- 
soutenable. La station des niilituni Carronensimn, Blabia (Notit. 
dignit. imp. Occid., XXXVII, éd. Otto Seeck, p. 204) serait 
Blavet, c'est-à-dire Port-Louis. La ressemblance, dit l'auteur, 
est à peu près égale de part et d'autre. Il y a, au contraire, 
identité complète entre Blabia (Blavia) et Blaye près Bor- 
deaux, et simple ressemblance avec Blavet. La forme bre- 
tonne vannetaise, Blawech ou Blàivcch (plus anciennement 
*Blawetb), remonte à Blavitto-. A priori, déjà, il est bien in- 
vraisemblable que deux des provinces du Tractus armoricanus 
et nervicanus, c'est-à-dire VAquitania prima ci secundo., fussent 
dépourvues de toute station militaire, ce qui serait le cas dans 
l'hypothèse de M. de La Borderie. Mais il y a, outre l'identité 
de nom, d'autres raisons positives de placer Blabia à Blaye. 
D'abord, le vers d'Ausone I : 

Qua glarea trita viarum 
Fert mïlitàrem ad Blabiatn. 

Dans l'Itinéraire d'Antonin 2 , le castrum Blautum (Blavium), 
est placé entre Burdigala et Tamnum. Ce texte est d'accord 



1. Epist., X, 15. 

2. Anton. Itincr. ed Wcsseling, p. 458. 



Bibliographie. 89 

avec la Table de Peutinger r , Grégoire de Tours 2 , Annales 
Mettenses 3. La nécessité d'une station militaire dans la zone 
de Blaye saute aux yeux. Sidoine Apollinaire, alors à la cour 
wisigothique de Bordeaux, nous montre les pirates saxons en 
pleine Saintonge*. Une des raisons qui me paraissent avoir, à 
son insu, influé ici sur le jugement de l'auteur, c'est qu'il ne 
paraît pas avoir nettement distingué l'Armorique gallo-romaine 
à partir de Constantin de l'Armorique gauloise. C'est ainsi 
que, p. 220, à propos des incursions des pirates saxons, il met 
la Saintonge au sud de l'Armorique, tandis que ce pays au 
v e siècle en faisait partie intégrante. De même, p. 215, nous 
lisons : « Les cités armoricaines, c'est-à-dire les villes et 
peuples compris entre la Seine, la Loire et l'Océan, du moins 
la plupart d'entre eux, se voyant abandonnés par l'Empire, 
essayèrent de se défendre eux-mêmes. » Or ceci se passait 
en 409. Il est démontré, au contraire, qu'ici il ne s'agit pas 
seulement de ces cités, mais de celles qui s'étendaient de la 
Garonne à la Seine, s'étendant sur les cinq provinces de 
l'Aquitaine, i rc et 2% la Lyonnaise sénonaise, la 2 e et 
3 e Lyonnaise s. 

Je retrouve, p. 229, l'assertion d'après Zosime que les Bretons 
insulaires en 409 auraient chassé les magistrats romains, asser- 
tion que j'ai reproduite moi-même dans mon travail sur 
les Mots latins en britîonique. Comme me l'a fait remarquer 
M. Ferdinand Lot, Fustel de Coulange a expliqué de la façon 
la plus satisfaisante ce passage de Zosime. Les magistrats 
chassés avaient été nommés par l'usurpateur Constantin. 

P. 99 Kerroman, sur la rivière d'Etel, appelé dans une 
charte villa Romanonim, prouverait l'existence d'établissements 
romains dans ces parages. Romani, Romanus eussent donné en 
breton Ruven ou Riiveun (gallois Rhufain, Rome, Rhufawn = 
Roniànus). Il y a 6 ou 7 Kerroman dans le Morbihan. 



1. Tab. Peuting., Segm. I. A-I, éd. Desjardins. 

2. Greg., De Gloria Conf., cap. XLVI. 

3. Ad. ann. 735 ap. Pertz Mon. Germ. hist- script., I, p. 325. 

4. Epist., VIII, 6. 

5. Cf. J. Loth, De vocis Aremoricae usque ad sextum post Christum natum 
saeculum forma atque significaiione, p. 35-38, 48-49. 



90 Bibliographie. 

P. 124. Yaudet n'aurait aucun rapport avec Civilas; on 
aurait fait au xnT siècle sur vêtus Civilas un calque à tonne 
bretonne: Coç-Gueodet ou Queodet; le premier mot serait 
breton mais non le second : ce serait un calque assez gauche 
du latin Kivitat, et s'il a tourné en Guéodet, c'est pour le rap- 
procher du nom même Yaudet. En réalité, Keodet, en cons- 
truction Geodet, représente sincèrement et régulièrement le 
latin Civitatem et est identique à la forme galloise ciwdod ; 
Yodei en est régulièrement sorti (forme intermédiaire ar geodet). 
Cela ne fait d'ailleurs que confirmer les conclusions de l'auteur 
qui signale à cet endroit un établissement romain de grande 
importance. Il y avait un castellum qui a donné son nom à la 
région (JPouhastel, pagus castelli). 

Sur la question de Vorgium, Vorganium, il est difficile de 
ne pas être d'accord avec l'auteur pour n'en faire qu'un seul 
et même lieu. Vorgium- Vorganium est sûrement Carhaix. Il 
en est de même pour la question si controversée de Coriso- 
piium et Curiosolitum dans la Notifia Galliarum : Curiosolitum 
est la bonne leçon explicable peut-être par l'existence réelle 
d'un Corisopitum à la place où est Quimper. Quant à ce Co- 
risopitum le problème ne me semble pas d'une solution facile. 
Je serais presque tenté de reprendre une des hypothèses que 
j'ai proposées dans mon travail sur Y Emigration bretonne et de 
croire qu'il n'a jamais eu de Corisopitum que dans une version 
fautive de la Notitia. Les évêques de Quimper trouvèrent le 
titre ftOsismenses pris par les évêques de Léon et ne voyant 
plus dans la péninsule aucune appellation qui ne fût déjà la 
propriété d'un évèque de la province, auraient été chercher 
dans la Notitia la dernière dont ils pussent encore disposer : les 
Curiosolites n'ayant pas formé d'évêché, ayant disparu comme 
cité, leur erreur perd de son étrangeté, quoique je ne me dis- 
simule pas qu'elle soit quelque peu irrévérencieuse pour la 
science archéologique des pasteurs de la Cornouaille. Si on 
admet l'existence de Corisopitum, on se heurte à une sérieuse 
difficulté. La ville romaine parait s'être appelée Civilas aqui- 
lonia 1 ; dès lors on ne comprend pas pour la même cité ro- 

!. Ilist. de Bretagne, p. 109. 



Bibliographie. 91 

maine à la même époque deux noms différents. L'objection 
perd de sa valeur si on admet avec l'auteur que le nom de Co- 
risopitum a été importé par des émigrés bretons. Pour M. de 
La B. il l'aurait été par une cohorte de Cornovii stationnée à 
Ponte-Aelii dans le voisinage d'un Corisopititm insulaire. Mal- 
heureusement la forme même de ce nom est douteuse. La 
plupart des critiques ont préféré Corstopituni , par exemple 
Hiibner, Inscr. Brit. lai., VII, 464, 3) 1 . On peut objecter en 
outre que si Corisopitum est importé parles Bretons insulaires, 
on ne comprend pas facilement qu'il ait été abandonné par 
eux presque aussitôt pour le nom de Kemper. Il est vrai que 
le changement de nom peut provenir d'un déplacement de la 
cité : elle se serait déplacée de Locmaria, par exemple, au 
confluent même du Steyr et de l'Odet. C'est probablement ce 
qui est arrivé à Quimperlé. Le nom ancien et breton à'Anaurot 
a été laissé pour celui de Kemper-Elé (confluent de l'Ellé et de 
l'Isole). 



LES BRETONS INSULAIRES ; LEUR EMIGRATION EN ARMORIQUE 

L'auteur adopte la thèse que j'ai soutenue dans mes Mots 
latins au sujet du latin de Grande-Bretagne: c'est que le latin 
était en somme la langue de l'administration et de l'Eglise 
et qu'elle a, on peut dire, disparu avec les légions. Personne 
d'ailleurs aujourd'hui ne soutient que le latin ait été la langue 
courante de l'île. Les plus disposés à exagérer dans ce sens se 
bornent à prétendre que le latin a pu vivre encore quelque 
temps après le départ des Romains dans quelques centres de 
culture latine. Cependant récemment, Mommsen s'est auto- 
risé de deux passages de Gildas pour soutenir que le latin était 
non seulement la langue de Gildas mais même celle des conci- 
toyens (cives) auxquelles son œuvre s'adresse 2 . Gildas dit en 

1. Corstopitum serait Corbridge ou Corchester. Corsto- eût donné vrai- 
semblablement Cors-ccastir et probablement Corchester; de même pour Cor- 
bridge. Corisopitum , si 1'/ avait sa valeur à l'époque de l'invasion anglo- 
saxonne, fût sûrement devenu Cyr-ceastcr. 

2. Mon. Gerni. Hist Auet. Antiquies, XXII, p. 9. 



92 Bibliographie. 

parlant des trois vaisseaux sur lesquels les premiers envahis- 
seurs saxons abordèrent dans File: tribus ut lirigua ejus leaenae 
barbarae, id est, Saxoniae exprimitur, cyulis, nostra longis na- 
vibus (De Excidio, éd. Stevenson et Pétrie, § 23. 

Dans le second passage (Epistola, éd. Stevenson, § 32), 
Gildas explique le nom de Cunoglasos: Cuneglase, romana lin- 
gua, Lânio fulve. Le second passage ne prouve rien : Gildas 
écrit en latin : dans quelle langue donnerait-il la traduction du 
nom breton, si ce n'est en latin, la langue qu'il écrit, celle de 
l'Eglise? Quant au premier, il pourrait facilement s'expliquer 
en interprétant nostra, ce qui est légitime, par notre langue à 
nous clercs et lettres, la langue de l'Empire, ou même simplement 
A/ Lingue dont je nie sers dans cet ouvrage. Mais l'illustre his- 
torien ne se doute pas en nous invitant à prendre le passage 
à la lettre qu'il nous fournit la plus éclatante réfutation de sa 
théorie. En effet, longa (nains) a été adopté par les Bretons in- 
sulaires dans le sens de vaisseau. Le mot propre encore au- 
jourd'hui, en gallois, est Hong, substantif féminin. Gildas dit 
en réalité qu'en saxon le vaisseau s'appelle cyula, en britto- 
nique (dans notre langue) longa (navis) ' : à l'époque de Gildas, 
Hong était longa. 

Pour la date des grands mouvements d'émigration des Dum- 
nonii, Cornovii et des Bretons de l'Ouest, l'auteur les fait 
coïncider avec la poussée des Saxons sur ces différents peuples. 
Malheureusement, le texte sur lequel il s'appuie, la Chro- 
nique anglo-saxonne est pour cette époque un fondement rui- 
neux. Quelle que soit l'idée que l'on se fasse de la formation 
de ces annales, on est aujourd'hui d'accord pour convenir que 
pour l'époque qui précède la conversion des Anglo-Saxons, le 
fond de la chronique est plus légendaire qu'historique. Si 
Hors er Hengist ne sont pas des personnages fabuleux 2 , le 

1. M. Je La Borderie, I, p. 270, fait remarquer avec raison que le ro- 
mana lingua du second passage suffit à expliquer et rectifier le premier. 

2. C'est la théorie de Kemble, The Saxons in England, 2 e éd., revue par 
Walter de Grav-Birch, mais des critiques de grande valeur (Miillenhof. 
Bsowulf, p. 60) soutiennent l'existence réelle de Hengist et de Hors : ce 
sont des surnoms (Hengist, étalon; Hors, cheval) de personnages réels. 
Pour la composition de la Chronique anglo-saxonne, v. Ten Brink, Ges- 
chicbte der Engl-Litter. ; cf. Ebert, Allg. Lin., III, p. 249. 



Bibliographie. 93 

chroniqueur qui nous fait aborder Port à Portsmouth a vrai- 
semblablement pris le Pirée pour un homme : port dans ce 
mot paraît bien le latin portus devenu courant en brittonique. 
Hengist et Hors abordent en Kent avec trois vaisseaux; Aelli 
en Sussex avec trois autres ; comme le dit Kemble, cela rap- 
pelle étrangement l'émigration des Ostrogoths, Visigoths et 
Gépides sur trois vaisseaux à l'embouchure de la Vistule. Le 
meurtre des chefs bretons par Hengist est raconté exactement 
de la même façon par Vidukind et d'autres des Vieux-Saxons 
en Thuringe 1 . 

Quelle est la date des premières émigrations ? M. de La B. 
les fait commencer vers 460 en se fondant d'abord sur le lait 
que les Saxons n'auraient commencé la lutte avec les Bretons 
insulaires qu'en 455, puis sur la chronologie de certaines vies 
de saints. 

La lutte avec les Saxons paraît avoir commencé plus tôt, ne 
serait-ce que d'après ce passage de Prosper Tiron, à l'année 
441-442 : Brittanniœ usejue ad hoc tempus variis dadibus even- 
tibusque latae in dicionem Saxonam rediguntur. L'histoire de Pile 
depuis le commencement du v e siècle jusqu'à cette époque 
présente peu de dates sûres. C'est une période troublée, de 
luttes contre les Pietés et les Scots, de guerres civiles. On 
peut admettre que les premiers établissements des Germains 
ont eu le caractère que leur attribue Gildas. Connus depuis 
longtemps des Bretons par leurs pillages, ils auraient été admis 
sur la côte Est comme alliés et même pris à solde par certains 
rois comme auxiliaires contre les Pietés et les Scots ainsi peut- 
être que contre certaines tribus bretonnes. La première in- 
vasion des Saxons dans l'intérieur au témoignage de Prosper 



1. Quelle que soit l'opinion que l'on ait sur la formation et la valeur de 
la Chronique, un point reste sûr, c'est que la chronologie de ce recueil pour 
la période d'invasion ne peut être prise au sérieux. Lappenberga démontré 
que pour les traditions du Kent, la chronologie repose sur un nombre my- 
thique, 8 et un multiple (période de 8, 16, 24, 40 ans). Kemble a remarqué 
quelque chose de semblable dans les traditions du Wessex. Il est probable, 
comme il le dit (The Saxons, p. 32), que les généalogies des rois anglo- 
saxons étaient arrangés par séries de 8 noms, en y comprenant le dieu 
Woden. Pour la date des invasions germaniques du'début, la Chronique 
suit Bède. 



94 Bibliographie. 

Tiron a eu lieu vers 409-410 (Britannia Saxon 11 m incursione 
dévastât a). Il est également certain que, vers 428-430, les 
Bretons eurent à lutter contre eux ainsi que contre les Pietés 
et les Scots, d'après la vie de saint Germain d'Auxerre 1 . La 
date de ce voyage nous est connue par la Chronique de Prosper 
d'Aquitaine (à l'année 429). Cette date est d'autant plus frap- 
pante que d'après VHisloria Brittonum l'arrivée des Saxons au- 
rait eu lieu en 428. VHisloria donne bien 347 (pour 3.97) 
comme la date de l'arrivée des Saxons, mais elle se corrige 
elle-même en disant que 40 ans s'écoulèrent depuis la mort de 
Maximus qui arriva en 38s 2 . Quant à la date de 449 donnée 
par Bède elle est sans valeur comme l'a établi Thurneysen*. 
Il est vraisemblable que les Saxons, en admettant la victoire 
de l' Alléluia vers 430, réussirent à prendre pied sur la côte 
est, à cette époque, ou peu après, et furent renforcés par de 
nouveaux contingents d'envahisseurs. C'est entre 430 et 44 1 
que les tribus germaniques, au prix de luttes sanglantes, se 
seraient emparées d'une portion notable de l'île. Les premières 
émigrations ont dû se produire vers cette époque, et avoir vite 
pris des proportions considérables. La présence d'un évêque 
breton au concile de Tours en 461, celle de Riothamus avec 
12000 combattants en Gaule en 469, sont très significatives. Il 
est très vraisemblable que Riothamus ne vient pas directement 
de l'ile, mais que ce sont les Bretons émigrés en Armorique 
qui ont constitué cette armée. Les émigrations ont dû con- 
tinuer jusqu'à la grande victoire du mont Badon (peu avant 
ou après 500) qui rejeta les envahisseurs sur la côte est. Elles 
ont dû reprendre quelques années après lorsque les efforts 
des tribus germaniques se portèrent plus au sud-ouest. Je 
montrerai plus bas à propos de la laçon dont s'est lait l'éta- 



1. Vita S. Germ., I, 28. 

2. Au chapitre lxvi VHisloria Br. nous dit que les Saxons vinrent en 
Bretagne sous le consulat de Félix et Taurus, c'est-à-dire en 428. Comme 
le fait remarquer Anscombe (Archiv fur Celt. Lexicographie, 1900, I, .| Heft, 
p s 1 5 , note 1), la date de 397 est celle de la Passion de J.-C; eu prenant 
celle de l'Incarnation, on aurait 428. 

3. Ces questions ont été discutées avec beaucoup de sagacité par Thur- 
neysen dans son article : Wann sind die Gertnanen nach Etigland gekotmBen 

che ttudien de Kôlbing, 1X96, p. 163). 



Bibliographie. 9$ 

blissement des Bretons en Armorique qu'il est nécessaire, si 
on veut le comprendre, d'admettre qu'ils étaient en plus ou 
moins grand nombre déjà installés dans la péninsule au sud-est 
jusqu'à la Vilaine, et au Nord jusque sur une portion notable 
du territoire des Redones à la fin du v e ou tout au moins dès 
les premières années du VI e siècle. 

Les vies des saints même les plus anciennes ne peuvent 
fournir que des dates approximatives. D'abord il est probable 
que le compuî des Bretons émigrés a dû être assez longtemps 
celui de l'île. Il y a là évidemment une source de confusions 
et d'erreurs. Mais ce qui rend surtout la tâche du critique des 
vies des saints fort délicate, c'est que presque toutes les vies de 
saints ont été rédigées plusieurs siècles après la mort du per- 
sonnage dont elles donnent la biographie. Les interpolations, 
les erreurs historiques même n'y manquent pas; mais on y 
trouve aussi des faits certains, de grande importance, puisées 
aux sources les plus respectables. M. de La B. a mis en pleine 
lumière la valeur historique de la vie la plus ancienne de 
saint Samson, de celles de Paul Aurélien, Winwaloe, Tutwal, 
Malo, etc. Il s'est efforcé d'établir un synchronisme sérieux 
entre ces différentes vies. Il y a dépensé autant d'ingéniosité 
que de science. Y a-t-il toujours réussi ? 

Un des problèmes les plus difficiles dans ce sens, c'est le 
synchronisme entre les vies de S. Brieuc, Winwaloe et Tutwal. 
Brioc se trouve en rapport à son arrivée en Armorique avec 
un chef émigré qui porte le même nom que celui auquel a 
tout justement affaire S. Tutwal. Si c'est le même, il faut re- 
jeter ou la vie de S. Brieuc ou celle de S. Tutwal. S. Brieuc 
aurait en effet reçu la prêtrise de S. Germain d'Auxene, 
c'est-à-dire vers 428-430 ? S'il a passé 40 ans dans l'île avant 
d'émigrer, il n'a pu le faire que vers 470-480. A son arrivée 
en Armorique il rencontre Riwal. Or le Riwal de la vie de 
S. Tutwal émigré, lui, du temps de Clothaire. Si on admet 
le témoignage de la vie de S. Brieuc, il faut qu'il y ait eu 
deux Riwal. C'est ce qu'admet logiquement M. de La B. 
Dans sa préoccupation de séparer les deux personnages, il leur 
a donné deux noms différents, en quoi il a tort. La vie éditée 
par Dom Plaine à laquelle il renvoit (Anal. Boll., II, p. 181, 



96 Bibliographie. 

182, 185) ne connaît que Rignal, forme du x e siècle très régu- 
lière de Riwal. Il y a dans la vie de S. Brieuc des interpo- 
lations et des invraisemblances: par exemple, le pays de Brioc 
aurait été païen. M. de La B., qui voudrait étayer le plus 
solidement possible l'autorité de l'hagiogfaphe, fait naître 
Brioc à Coria Otadenorum, au Nord, dans la Valentia où les 
païens ne devaient pas manquer. Il est cependant manifeste 
que la Corilieiana regio, patrie de Brioc, est Ceredigion ou le 
pays de Cardigan (v. gall. Cereticiawn pour un plus ancien 
Coroîiciaiun, du pays de Corotic). Le monastère Landa Magna 
est probablement Llanfawr. Le culte de Brioc est répandu en 
Galles, Cornouaille et Armorique ÇLlan-dyfriog en Cardigan : 
Tyfriog — *To-Brioc; S. Briavels, en Gloucertershire, etc.; 
gallois Briafael = * Briomaglos = Brigomaglos, nom complet de 
Brioc), et Breoc en Cornouailles. 

A part deux ou trois faits importants, il n'y a pas grand'chose 
à tirer de la vie de ce saint. 

Pour l'époque de Winwaloe, fils de Fracan, fondateur de 
Landevennec, M. de La B. réfute de la façon la plus péremp- 
toire l'opinion qui rabaisserait jusqu'au vm e siècle l'époque de 
ce saint (I, p. 325-326; cf. Annales de Bref., IV, p. 295-364). 
La vie de Winwaloe écrite au ix e siècle suffirait à l'établir. Son 
père Fracan a émigré à une époque où les Saxons sont maîtres 
de l'île de Bretagne, ce qui est un peu vague, mais il est pro- 
bable, d'après le contexte, que l'hagiographe vise le milieu 
du V e siècle 1 . J'ajouterai que le culte de Winwaloe est très 
ancien parmi les peuples brittoniques. Trois paroisses de 
Cornwal portent son nom : Gunwallow (Winwaloe), Lan- 
Dewednac et Towednac] ces dernières dédiées à S. Winwaloe : 
Lan-devenec signifie le monastère de To-wiunoc, nom hypoco- 
ristique de Win-waloe. 

Pour le vannetais, le premier émigrant, d'après M. de La B., 
aurait été Caradauc Brech-bras (vers 465), sur la foi d'un 
sermon prêché à Vannes au xn L ' siècle. Quant aux relations 
de S. Patern, éyêque de Vannes, avec Caradauc, elles auraient 
été révélées aux Gallois par des Vannetais fuyant les invasions 

1. Sur la date de la mort de Winwaloe, v. Anal. Bail., VII, p. 248, note. 



Bibliographie. 97 

normandes du ix e siècle. C'est plutôt l'inverse qui s'est pro- 
duit. L'histoire de Caradauc Breichbras est essentiellement une 
légende galloise : la forme même du nom est galloise, La vie 
de S. Patern, comme le reconnaît M. de La B. lui-même, est 
un tissu de fables r . 

Pour les Cornovii, il y aurait eu deux groupes d'émigrants : 
le premier aurait quitté les bords de la Tyne (Corisopites et 
Cornovii de Pons-Aelii) vers 470-475 ; les autres seraient 
venus du territoire véritable des Cornovii, des bords de la 
Severn, vers 509-510, sous la pression des envahisseurs 
saxons. Ce sont de pures conjectures. En réalité, nous ne sa- 
vons rien de précis au sujet de la façon dont a pu se faire 
l'émigration des Cornovii, émigration considérable, puisque 
les Cornovii forment incontestablement avec les Dumnonii le 
groupe breton armoricain le plus important. La réalité même 
de l'émigration du premier groupe repose uniquement sur 
l'identification de Corisopitum (Quimper) avec une ville insu- 
laire, identification fort douteuse. Quant au second groupe, 
a-t-il commencé son mouvement vers le sud seulement au 
VI e siècle? Ce peuple paraît s'être disloqué dès l'époque ro- 
maine, à en juger par la présence de la cohorte des Cornovii 
de Pons Aelii. On a trouvé aussi dans la région d'York, à Oli- 
eana (Ilkley) Pépitaphe d'une Civis Coniovia (Ephemeris epigr., 
1890, n° 923). A quelle époque, à la suite de quels événe- 
ments, les Cornovii se sont-ils établis à la pointe ouest du 
territoire des Dumnonii, il est difficile de le dire. Le nom de 
Coniovia (Cornubia) apparaît pour la première fois, désignant 
le Cornwal actuel dans une poésie de l'évêque Adhelm de la 
fin du vn e siècle. Les Cornovii sont englobés par la Chronique 
anglo-saxonne avec les Bretons du Sud-Ouest sous le nom de 
Wcst-Wealas, Bret-Wealas. Ce n'est qu'à l'époque où les rois 
de Wessex prennent pied sur le territoire même des Cornovii 2 
que l'on voit apparaître couramment le nom de Corn-wealas 
qui a donné Cornwal, lequel terme par fausse application à la 

1. Cf. J. Loth, Vie de saint Teliau (Ami. de Brct., X, p. 71-73). 

2. Les Cornovii sont tributaires de Wessex au rx e siècle; mais les éta- 
blissements saxons sur leur territoire même ne paraissent guère antérieurs, 
d'après les chartes, au x c siècle. 

Revue Celtique, XXII. 7 



98 Bibliographie. 

Cornouaille armoricaine a été traduit par Cornu-Galliae. La 
distance du territoire ancien des Cornovii à la pointe des Dum- 
nonii n'est pas bien grande ; par les Dobunni qui étaient vrai- 
semblablement leurs alliés ou clients, à en juger par leur cité de 
Duro-Cornovium, ils n'en étaient séparés que par une tribu 
belge. Par les Dobunni ils avaient d'ailleurs accès à l'estuaire 
de la Severn d'où il leur était facile de passer sur le territoire 
domnonien. 

Etaient-ils établis au début des émigrations sur le territoire 
où nous les trouvons authentiquement à la hn du vn c siècle? 
Le nom de Dumnonia a dû être un terme géographique, le 
nom d'une région contenant des peuplades différentes. Il est 
remarquable, en effet, que des noms de lieux de la Cornouaille 
insulaire se retrouvent non en Cornouaille armoricaine, mais 
en Domnonia. Si le Chenmerch du Domesday bock pour le 
Cornwal a un équivalent Qidmerch (au moyen âge KeinmercH) 
dans notre Cornouaille, en revanche le pagus Tricurius de la 
vie de S. Samsori paraît bien représenter notre Treger (Trecor) ; 
or on trouve dans le Domesday book un Tricoi qu'il tant sans 
doute lire Tricor; Cubulian du DomesdayBookpara.lt bien iden- 
tique à Cuburien près Morlaix. Quant aux nombreux noms de 
paroisses communs aux deux pays, ils n'établissent qu'une 
chose avec certitude, c'est que l'organisation paroissiale en Ar- 
morique bretonnante et en Cornwal est la même et date à 
peu près de la même époque; beaucoup de paroisses sont sous 
le vocable de saints vivants au v e -vi e siècle. La plupart n'ap- 
partiennent pas en propre à la Cornouaille anglaise. Les rap- 
ports ont été évidemment continuels et intimes entre les deux 
pays pendant toute cette période. Voici les plus caractéristiques 
de ces noms de paroisse ; tous leurs saints patrons sont ho- 
norés en Armorique : 

Altar Non 

S. Austel (saint Austole) 

S. Petroc 

S. Brioc 

S. Budoc (Plu vuthek, dans la Bewnans Meriasek; Budeaux, 
en Devon) 

S. Mcriadoc (patron de Camborne) 



Bibliographie. 99 

S. Clerc 

S. Cleder 

S. Cornely (patron de Carnac) 

S. Carcntock 

S. Corentine 

S. Dominick (probablement à rapprocher de notre Saint- 
Dom incite) 

S. Ènoder 

S. Ervan (JErwan, en Tréguier, est un nom donné indû- 
ment a S. Yves) 

S. Feock (pour saiul-l T eoc , cf. Lan-vcoc, Tremcoc, Treff- 
Maeheuc) 

S. Gerrans 

S. Gulwal 

S. Gunwallow (Winwaloe) 

S. Gwinear (ci. Plu-vigner) 

S. Gwithian (mieux Goftiarï) 

S. Kea (cf. Saint-Quay) 

Landewednach (dédié à S. Winwaloe) 

Luxulien (== Les Sidien ; cf. PI usa lien) 

S. Mezvau (cf. S. Meen; Ploeven, au moyen âge, Ploe- 
Meguèn 

Petrockstow 

S. Michael en Carhais 

Paul (cf. Paul, près Carhaix) 

Perran (cf. Loc-Pe~ran, Port-Louis) 

S. Sainpson 

Sithney (cf. Gnisseny pour Gwic-Se^nt) 

Toiuednach (dédié à S. Winwaloe) 

S. Tudy 

S. Wcun (cf. Saint-Guen) 

S. Winnoiu (sanctus Winiavus, honoré en Armorique). 

Il semble que le nom des Cornovii n'ait remplacé pour le 
pays qu'ils occupent le terme de Dumnonia qu'après la con- 
quête du Devon par les Saxons. Ce qui est frappant, c'est qu'on 
ne remarque en Cornwal aucun grand établissement religieux 
ayant des apparences d'antiquité et exerçant en pays britto- 
nique une grande influence et une grande action, comme c'est 



ioo Bibliographie. 

le cas pour le pays de Galles. Tout y paraît importé et en 
quelque sorte de fraîche date. Si les Cornovii étaient établis 
sur la pointe de la Dofnnonia au moment de l'exode, ils de- 
vaient 1 être depuis assez peu de temps. 

Le point capital à relever, c'est que le breton armoricain 
forme avec le comique un groupe absolument intime vis-à-vis 
du gallois. Le nom breton des deux Cornouaille, Kernèûj, 
gallois Cernyw, comique Kernow, remonte exactement a Cor- 
novii ou Carn&vja. 

Le sud du pays de Galles a dû entrer pour une part impor- 
tante dans l'émigration à en juger par les vies de saints et aussi 
par le nom de Léon, vraisemblablement importé de Caer-Leon 
ar Wysc. Les monastères gallois ont joué un rôle considérable 
en Armorique. C'est d'eux que sortent les fondateurs de mo- 
nastères de la péninsule et non de la Cornouaille. Le nom na- 
tional des Gallois (sing. Cymro =* Combrox, plur. Cymty = 
Combroges) semble avoir appartenu a un groupe émigré en 
Cornouaille armoricaine. Un des comtes de Cornouaille porte 
le nom de Diles Heirguor Cembre (Diles, le porte-parole des 
Kembre) 1 : Kembre représente très exactement le gallois Cymry. 

Les Bretons du Nord de l'île doivent-ils compter parmi les 
émigrants ? Us n'ont guère envoyé authentiquement et tardi- 
vement que saint Ivi 2 . Saint Gildas de Ruys, d'après son 
hagiographie, viendrait à'Arecluta, pays de Strat-Clut, nom in- 
téressant (* Are-clôta) ; mais cette vie pourrait bien avoir con- 
fondu deux personnages différents : le saint armoricain et 
l'auteur du De Excidio Britannia et de YEpistola. Le nom au- 
thentique du saint armoricain ne peut être en aucune façon 
Gildas. Gildas eût donné dotas. Si 1'/ long est pour c long 
représentant ci, ai vieux celtique, on eût eu en vieux-breton 
Gweltas, en breton moderne, en vannetais et cornouaillais 
Goiieotas. Que si on suppose une voyelle tombée entre Geil et 
tas, on aurait en tout cas Goueltas et non Gtâeltas (à\cc il con- 
sonne): ci. gobelet, voir, et au contraire goué, sauvage = veido-. 



i. Cf. J. Loth, Chrcstom., p. 115. 

2. C'est le patron de hoguivy, de Pontivy, et Saint-Ivy-Church en 
Wilkshire. 



Bibliographie. loi 

La forme du ix e -x e siècle Giueltas du nom du saint de Rhuvs a 
dû amener l'identification des deux noms et par suite des deux 
saints. De plus, il me parait difficile que le Gildas du De 
Excidio sorte du nord ; dans son Epistola, il nomme Constan- 
tinus roi de Damnonia, Vorteporius roi des Demetae ; Maglo- 
cunns, que nous savons avoir été roi de Gwynedd. Le pays 
d'Aurelius Conanus ne nous est pas sûrement connu. Celui de 
Cunoglasosest probablement le pays de Galles : c'est le Cinglas 
des généalogies galloises du ix e siècle prétendu descendant de 
Cuneda 1 . Le Jéremie insulaire parait ne connaître que l'ouest 
et le sud de l'île. 

Nous n'avons aucune indication nette au sujet des Bretons 
établis dans le Vannetais. Pour eux, non plus que pour les 
Bretons de Riothamus, on ne peut même recourir à une con- 
jecture plausible. Il est évident que les premiers émigrants ont 
dû venir du sud-est. Si nous n'en avons pas d'indice dans les 
noms de lieux, c'est que tout ou à peu près a disparu dans la 
zone insulaire, devenue anglo-saxonne. Les chartes anglo- 
saxonnes ne peuvent guère nous renseigner, les premières étant 
du début du VII e siècle. Le dialecte de Vannes est très différent 
des autres et parait à priori indiquer un courant différent 
d'émigration; mais les différences ne sont pas, en général, 
très anciennes et sont loin d'être fondamentales, sauf en ce qui 
concerne l'accent. L'accent lui-même d'ailleurs a évolué de- 
puis l'époque romaine. 

De quelle façon s'est opéré rétablissement des Bretons en 
Armorique ? De la façon la plus pacifique, d'après M. de La 
Borderie. Il ne nie point qu'il n'y ait pu y avoir quelques ti- 
raillements entre les émigrants a les indigènes; mais ceux-ci 
étaient peu nombreux; la péninsule était a peu près déserte; 
les forêts en occupaient le centre, et le pourtour avait été dé- 
vaste de fond en comble par les Saxons. Que les côtes aient 
eu la visite des pirates germains, Saxons, Frisons, au V e siècle, 
cela n'est pas douteux; mais il est vraiment excessif de leur 
attribuer une destruction à peu prés totale du pays: rien n'au- 
torise à le supposer. Les ruines d'édifices gallo-romains que 

i. J. Loth, Mabinogiorij II, p. 307. 



102 Bibliographie. 

l'on rencontre en si grand nombre seraient leur fait, d'après 
M. de La B. A mon avis, beaucoup sont dues au temps. Comme 
les Francs, comme leurs frères du pays de Galles, les Bretons 
avaient peu de goût pour les villes et castra gallo-romains. Les 
chefs Bretons les plus connus ont leur lis ou résidence seigneu- 
riale entourée de fossés et de retranchements au milieu de bois 
ou d'endroits isolés d'une défense facile. Ce que le temps n'a 
pas abattu et le hasard détruit est tombé pendant les guerres 
entre Francs et Bretons, les guerres intestines des tribus bre- 
tonnes ou des princes bretons dans la même tribu, que nous 
savons avoir été fréquentes et sérieuses, et vraisemblablement 
aussi à la suite de luttes entre indigènes et Bretons. Quant aux 
forêts, si elles étaient plus considérables qu'aujourd'hui, c'est 
une grave exagération que de les montrer couvrant tout le 
centre de la péninsule. La forêt dite centrale elle-même était 
composée de très nombreuses et vastes clairières, comme en 
font foi un nombre de noms de paroisses d'origine gallo-ro- 
maine: l'évèché de Saint-Malo n'est-il pas pour une grosse part 
formé par le fameux Pagus-trans-silvam ? 

C'est en vain qu'on objecte à l'auteur le témoignage si 
formel de l'évèque de Vannes, Regalis. Lorsque Weroc eut 
fait sa paix avec Ebrachaire (vers 590) et eut quitté Vannes, 
l'évèque entouré de son clergé et des habitants du pays (pa- 
gensibus) expliqua ainsi sa conduite au représentant du roi des 
Francs: « Nih.il nos nostris dominis culpabiles sumus, nec 
unquam contra utilitatem eorum superbi exstitimus, sed in 
captivitate Britannorum positi gravi jugo subditi situais. Selon 
l'auteur, la ville de Vannes étant possession tranqueet formant, 
à cette époque, la limite du vannetais breton, les plaintes de 
Regalis ne prouveraient rien : ce sont des Gallo-Francs qui 
parlent. On pourrait objecter que ces Gallo-Francs sont sim- 
plement des Gallo-Romains soumis aux Francs plus direc- 
tement que ceux qui restaient au milieu des Bretons mais 
qu'ils étaient de même race, de même religion qu'eux. Weroc, 
maître de la zone de Vannes, a traité les Gallo-Romains de- 
cette zone comme lui ou ses prédécesseurs avaient vraisembla- 
blement traité les indigènes avec lesquels ils s'étaient trouvés 
en contact. Il ne faut pas ici invoquer entre les Bretons et les 



Bibliographie. 105 

Gallo-Romains d'Armorique des liens de parenté que l'histoire 
peut jusqu'à un certain point établir mais qui n'existaient plus 
visiblement : les deux groupes ne parlaient pas la même langue ; 
les païens étaient nombreux encore en Armorique tandis que 
les émigrants étaient sûrement chrétiens. Les Bretons d'Ar- 
morique sont une race violente, belliqueuse, aguerrie, exces- 
sive en tout, comme les Gallois, au témoignage de Giraldus 
Cambrensis. Les meurtres, les pillages, les guerres civiles, les 
excès de toute sorte sont aussi fréquents dans leur histoire que 
les traits d'héroïsme moral. Ils n'hésitent pas à réduire en es- 
clavage les Gallo-Romains des pays de Nantes et de Rennes. 
Le christianisme de leurs ennemis ne pèse pas plus à leurs yeux 
que celui des Scots pourCoroticus d'après YEpistola de Patrice, 
que celui des Angles pour Catwallon, au témoignage de Bède . 
Nomenoe l'a suffisamment prouvé. Comment supposer par 
conséquent qu'ils aient eu le moindre égard pour des popu- 
lations à moitié païennes ? Le témoignage d'Ermold le Noir 
vient à l'appui des paroles de Regalis et les éclaire d'une vive 
lumière. On peut accorder qu'il puisse y avoir quelque exagé- 
ration dans les plaintes dont il s'est fait le complaisant écho, 
mais il n'a pu les inventer; ce sont bien les Armoricains mêlés 
aux Bretons qui parlent. Ils nous montrent les Bretons ac- 
cueillis par eux parce qu'ils sont chrétiens; puis peu à peu 
s'emparant des terres de leurs bienfaiteurs, les traitant avec 
hauteur et dureté et enfin non contents du sol qu'ils ont in- 
dûment accaparé, se jetant sur le royaume même des Francs 1 . 
D'ailleurs, même sans ce commentaire, les paroles de Regalis 
sont décisives. L'explication de M. de La B. n'a en effet 
quelque valeur que si on admet avec lui que Vannes n'est pas 
englobé dans une zone occupée par les Bretons, que si Vannes 
forme effectivement la limite du territoire des Bretons. D'après 
lui, les Bretons n'auraient occupé le Vannetais oriental jusqu'à 
la Vilaine que fort tard. Ils n'auraient commencé à s'y glisser 
qu'à partir de 799 et ne s'y seraient solidement établis que 
plus tard : c'est après la fondation de l'abbaye de Redon qu'ils 
auraient pénétré dans la péninsule de Guérande (II, p. 31-32, 

1. Ap. Pertz, Mon. Germ. hist. script., II, p. 490. 



104 Bibliographie. 

619). Un fait historique cependant semble contredire cette 
théorie : c'est que quand saint Félix, évêque deXantes, va in- 
tercéder en 579 pour ses ouailles auprès de Weroc, il le trouve 
a Aula Quiriaca qui est sûrement Guérande, ou dans les en- 
virons. Il est vrai qu'on peut admettre que l'occupation n'a 
été que momentanée. A défaut de témoignages historiques di- 
rects, nous avons un moyen infaillible de trancher la question : 
c'est de consulter les noms de lieux. Les noms de fundi en -ac 
ont été surpris par les Bretons en pleine évolution romane ; 
cette évolution qui les a amenés à -ê dans la Bretagne française 
s'est arrêtée à -ac dans la zone bretonnante. Aquiniacus a 
donné Acigné dans le Rennais et Aguiniac dans le Vannétais. 
Les Bretons les ont trouvés sous la forme -aco-, -iaco-. Pour 
qu'ils les aient trouvés sous cette tonne, il faut qu'ils aient oc- 
cupé les fundi dans la seconde moitié du v c ou dans le com- 
mencement du vi c siècle au plus tard. Dés le milieu du 
vi e siècle, ils les eussent trouvés sous la forme -ago-, -iago- ou 
même -ego-, -içgo-. Ces noms nous seraient arrivés, par con- 
séquent, sous la forme -ey ou -i et non sous la forme -ac 1 . Or, 
ces noms en -ac sont très nombreux tout justement dans le 
Vannétais oriental et dans la partie du Nantais au delà de la 
Vilaine occupée par les Bretons. Il est donc sûr que dans toute 
cette zone, à l'époque de Regalis et même plus d'un siècle 
avant, les Bretons dominaient ou formaient la classe domi- 
nante. Là, comme ailleurs, comme dans le Vannétais occi- 
dental, les indigènes étaient mêlés aux émigrants et ne se sont 
fondus que lentement avec eux. Ici encore les noms de lieu 
sont nos meilleurs témoins. Près de Guérande est le gros 
bourg de Saille. On y parlait breton il y a peu de temps. 
Saille est anciennement Saliacum. Pour que ce nom ait évolué 



1. J. Lotli. Mois latins, p. 2 s et suiv. Un autre argument tout aussi dé- 
cisif, c'est qu'au vie siècle l'évolution qui transformait les sourdes intervo- 
caliques en sonores et les sonores en spirantes était achevée. Dès i 58, Icauna 
est devenue lona _ (Yonne) (Schuchardt, Vocal. ,1, p. 121). Or. les noms 
gallo romains des territoires en question ont encore la sourde intacte, ainsi 
que la sonore. 

Pour a devenu e (à), d. Meyer-Lûbke, Grammaire des langues 10m., I, 

P- 57 1 - 



Bibliographie. 105 

d'une façon romane, il fout que en pleine occupation bretonne 
on y ait parlé roman. Il en est de même de Séné qui est au- 
jourd'hui en pleine zone bretonnante, sur le golfe du Mor- 
bihan. Le nom français des habitants est Sénago, en breton 
Sénegow, nom évidemment formé sur Senacum, Berne, près du 
Faouët, est vraisemblablement identique à Bernay et suppose 
Bernacum; Redené près Pontscorff paraît identique à Radenac 
dans le Morbihan français. Mais, dira-ton, comment les 
Francs ont-ils pu laisser s'établir dans un pays qui leur était 
directement soumis et qu'ils surveillaient jalousement une 
population dont ils avaient les plus graves raisons de se méfier? 
La réponse est des plus simples. En admettant avec moi que 
les émigrations bretonnes ont commencé dès 430-440, peut- 
être avant, et qu'elles ont dû être dès cette époque très consi- 
dérables, comme en fait foi le nombre des combattants de 
Riothamus, on se l'explique sans peine. Les Bretons aban- 
donnés par l'administration romaine, tout en ayant conscience 
de leur nationalité, se souviennent peut-être néanmoins qu'ils 
ont été les sujets de Rome; Rome jouit encore à leurs yeux 
d'un certain prestige administratif et religieux. Forcés d'émigrer, 
ils se portent sur un pays d'empire abandonné à lui-même. Leur 
établissement n'a donc pas le caractère violent de celui des Saxons 
dans l'île. L'administration romaine qui n'a plus guère d'action 
directe sur la péninsule ne peut concevoir d'ombrage de la 
présence de sujets d'empire sur ce point. Ce serait plutôt pour 
elle un appui que ces nouveaux venus aguerris par cinquante 
ans de guerre, et l'appel d'Anthemius à Riothamus le montre 
bien. Les Bretons, de gré, de force quand il le fout, s'étendent 
bientôt sur la plus grande partie de la péninsule. Dès la fin 
du règne de Clovis, ils ont pris pied sur le territoire des évo- 
ques de Rennes, comme en fait foi l'épisode des prêtres Lovo- 
catus et Catihernus. Nous avons vu qu'à la même époque ils 
avaient, au Sud, franchi la Vilaine. Quand les Francs se pré- 
sentent comme légitimes représentants et héritiers de l'admi- 
nistration romaine dans la péninsule, c'est-à-dire à la fin du 
règne de Clovis, ils sont en présence d'un fait accompli : ils 
ont à gouverner une population mixte de Bretons et de Gallo- 
Romains également et théoriquement sujets de l'empire. Xi 



io6 Bibliographie. 

les uns ni les autres ne songent à repousser une autorité qui 
leur paraît légitime : nous avons des témoignages concordants 
d'auteurs mérovingiens et d nagiographes bretons que les 
Bretons reconnaissaient l'autorité des rois Francs, et que ceux- 
ci, de leur côté, admettaient la suprématie des Bretons dans 
les territoires occupés par eux. Même dans le Vannetais 
oriental, il est clair que la classe aristocratique, possédante, 
est bretonne. Ce n'est qu'au cours du VI e siècle que les 
Bretons, mus par le sentiment national, poussés par un 
besoin d'extension qu'ils ne satisferont que par la conquête 
définitive des pays de Rennes et de Nantes, engagent ou- 
vertement contre les Francs une lutte qui ne se terminera 
que par la victoire décisive de Nomenoe à Ballon sur Charles 
le Chauve. 

Il me semble que M. de La B., dans sa conception de 
l'émigration bretonne, a été quelque peu, à son insu, in- 
fluencé par ses idées personnelles et qu'il a transporté au 
v e -vi e siècle son idéal de la société et de la nation bretonne, 
idéal très noble d'ailleurs et qui n'a jamais été peut-être com- 
plètement atteint. Chaque bande d'émigrants lui apparaît 
comme ordonnée en une sorte de théorie parfaitement réglée : 
c'est l'union fort désirable et ici réalisée du trône et-de l'autel, 
en prenant ces termes comme des symboles des pouvoirs civils 
et religieux. « Leploit, dit-il, c'est proprement et primitivement 
la petite colonie formée par la bande bretonne émigrée, s'eta- 
blissant au sortir des barques fugitives dans un coin désert de 
l'Armorique sous la direction d'un brave guerrier, chef tem- 
porel, d'un pieux moine, chef spirituel de cette petite société 
formée sur la terre d'exil par la communauté du malheur 
(I, p. 281). » La fusion ou au moins l'union dans les mêmes 
sentiments patriotiques des deux éléments ethniques de la pé- 
ninsule, les Gallo-Romains et les Bretons, il les place trop tôt; 
elle ne s'est guère réalisée pleinement qu'au x e siècle. 

Les institutions civiles et religieuses des Bretons émigrés 
sont exposés avec grands détails et d'une façon en général 
concluante. La question des évêchés avant Nominoé est 
traitée magistralement. Peut-être pourrait-on trouver que 
l'auteur accorde une suprématie excessive avant Nominoé 'à 



Bibliographie. 107 

Dol : la supériorité du siège de S. Samson me paraît avoir été 
plutôt morale qu'effective 1 . 

Sur une seule question à laquelle l'auteur me paraît attacher 
une importance excessive, je suis d'un avis nettement opposé. 
D'après lui, le plou (plebs) serait une institution particulière à 
la Bretagne, une des conséquences les plus remarquables de 
l'établissement des Bretons en Armorique. On ne trouverait 
rien de semblable ni en Cornouaille anglaise, ni dans le pays 
de Galles. Le plou, colonie bretonne, d'après le passage cité 
plus haut, a à sa tète un tnachtiern, qualifié souvent, dans le 
Cartulaire de Redon, de princeps pleins. Ce mactiernat est une 
dignité héréditaire. Toujours, d'après l'auteur, le mot plebs 
dans les cartulaires de Redon et de Landevennec n'aurait rien 
de commun avec la plebs ecclésiastique mentionnée dans les 
conciles du ix e siècle, qui n'était autre chose que l'archiprêtré 
ou doyenné rural 2 . Cette institution décrite au tome I est ex- 
posée avec de grands détails au tome II (p. 246-247, cf. 
p. 142, 176). Ce sont les mêmes vues générales, mais avec 
d'importantes restrictions: p. 246, l'auteur reconnaît qu'il y 
a des presbyter plebis, et cela dès la première moitié du 
ix e siècle. Il y aurait toutefois entre la plebs de nos cartulaires 
et la plebs ecclésiastique cette différence que la plebs bretonne 
ne correspond pas toujours, comme la plebs ecclésiastique, à 
un doyenné rural au moyen âge. Ce n'est pas là une différence 
essentielle : ne voyons-nous pas qualifier, dans le Cartulaire 
de Redon, de plebs, en territoire non bretonnant, en plein 
ix e siècle, des paroisses comme Tu r rie (Thourie, près Rhetiers) 
qui n'ont jamais formé de doyenné rural? Le machliern est-il 
un personnage si spécial à la Bretagne ? Est-ce également un 
caractère spécial à la Bretagne que la plebs ait désigné d'abord 
une circonscription civile ? La question des paroisses rurales 
en Gaule a été traitée tout dernièrement de la façon la plus 
claire par M. Imbart de La Tour?. Il ressort de ce travail très 
documenté que les premières églises ont été fondées dans le 

1 . Je crois l'avoir démontré dans mon travail sur -Y Emigration bretonne, 
p. 205-212. 

2. Tome I, p. 281, note 2. 

3. Les paroisses rurales dans VancienneFrance(Re\\ie historique, 1896- 1898). 



iocS Bibliograj h . , 

■viras ou castrum par le grand propriétaire, laïque ou clerc ; 
dans Yager ecclesiae par l'évêque; dans les loca déserta, par des 
moines ou des reclus. Les prêtres qui desservent ces sortes de 
paroisses sont soumis d'abord à un simple patronage laïque ; 
puis ce patronage se transforme en propriété. L'église rurale 
devient res privata; l'église baptismale peut être donnée, 
vendue, achetée. Au ix e siècle, le viens publiais, la paroisse de 
l'archiprétre, tombe entre les mains d'un grand. La sujétion 
est générale: comme l'évêché, comme l'abbaye, la paroisse a 
son seigneur. Au VIII e siècle, le droit de propriété est nette- 
ment établi : le dominas devient le senior. Peu à peu la circon- 
scription laïque et la circonscription ecclésiastique, le domaine 
et la paroisse (plcbs ou parochia) se sont confondus. Ce que 
M. Imbart de La Tour a constaté en Gaule, d'autres l'ont 
constaté en Angleterre: Taylor a établi que les limites des 
manors anglais décrites dans les chartes correspondent exac- 
tement aux paroisses 1 . En Bretagne, c'est la même histoire. 
L'église est fondée par un chef ou un évêque, par exemple 
Plescop, près Vannes (Plcbs episcopi) fondé par l' évêque de 
Vannes. Elle l'est dans un viens comme Ploudalme^eau, appelé 
en breton Guitaîvé^é (*Vicus Telmedovius), ou dans un castra ni 
comme Plougaer, attenant a Carhaix (Plou Caer = pleb Castri) . 
Les moines fondent des htnu ; les solitaires des lor. Les Mctr- 
tyria eux-mêmes se retrouvent dans les Merçer (les Merthyr 
gallois). Comme ailleurs, la paroisse devient la propriété d'un 
grand: qu'il s'appelle uiarhticrn, cela ne change rien à l'affaire. 
La même chose se produit en Galles, au témoignage de Gi- 
raldus Cambrensis. Le machtiem d'ailleurs est non seulement 
appelé princeps plebis, mais même senior. Il peut y en avoir plu- 
sieurs dans la même paroisse. Il y en a qui semblent représenter 
l'autorité centrale, bretonne ou franque: Portitoe et Uuorhili, 
dans une charte de 8}o, portant le titre de vassi dominici 2 . 

i. An analysisoftheDomesday Survey of Gloucestershire, Bristol, 1887, 

P- 45- 

2. Cf. J. Loth L'Emigr. bat., p. 218-2:0. Macbtiern a pris en gallois le 
sens de chef, roi. lin breton, si on lui donne le sens précis de représentant 
du chef, SOUS-CHEF, il a, semble-t-il, son vrai sens : il parait composé de 
mach, caution, et de tient, chef. 



Bibliographie. 109 

M. de La Borderie invoque à l'appui de sa théorie le carac- 
tère des noms composés où entre le mot pion : ce qui prouve, 
à son avis, que le pion a été formé par un chef avec son clan 
ou sa clientèle, c'est que ce terme général de plo'u est réguliè- 
rement suivi d'un nom de chef, par exemple Plou-Fragan. 
Or, ces noms prouvent tout justement le contraire et suffiraient 
à ruiner, sans autre preuve, toute l'argumentation de l'auteur. 
Pion (pieu, pin, pic) est parfois suivi d'un nom commun: 
Plou-Magoar, Plou-Moguer, le plebs de la muraille (Macèria); 
Pleu-meur (Plebs magna); Pleu-bihan (Plebs parva), Ploune- 
vex (Plebs nova); Plouguerneau (Plebs Cornovia) ; Plou-gastel 
(Plebs Castelli); Plouguer (Plebs Castri); Plelan, Poullan (an- 
ciennement Ploelan) : Plebs Lannae: lann, monastère); Plescop 
(Plebs episeopi); Plobanalec (Plebs aux genêts). Pour les autres 
composés de pion, le nom suivant pion est, presque toujours, 
un nom de saint, ce qui suffit mieux que toute autre preuve à 
démontrer le caractère essentiellement ecclésiastique de la 
plebs. Je n'excepte même pas Plou-Fragan. Fracan, en effet, à 
tort ou à raison, a ceint l'auréole, comme le prouve Saint- 
Vregan en Léon. Voici une liste de ces composés : 

Ploii-guenoual (S . Gonval , mieux Conoual est son patron) 

Plestin (Plebs Iestin: S. Justin) 

Pleugneneuc, Plogonnec (S. Conec) 

Plennielene, Plumelec (S. Maeloc, S. Melec) 

Ploennel ; Plonar;el (S. Arthmael) 

Ploneonr, Plouneour (S. Enewor) 

Ploube^re (Plebs Pétri) 

Ploerdut (S. Iltut) 

Plouedern (cf. Lannedern; S. Edern) 

Plonc~ec (S. In^ee ; S. In doc) 

Plougoulm (S. Coulm, S. Columba) 

Plouigneau (S. Winniaw ou Iunaw) 

Ploumiliau, Plumeliau (S. Meliau) 

Plonnevcnlcr (S. Neventer) 

Ploeven (Ploe Meguen : S. Mewcn) 

Pludual (S. Tutwal) 

Plnberlin (S. Iserninus) 

Plumaudan (S. Maudan : cf. Lan-vaudan) 



i io Bibliographii . 

Plumergât, Plumaugat (S. Maelcat) 

Plumieur (S. Maioc, Meôc:ci. Lanveoc) 

Plusulien (S. Sulien) 

Pluçunet (S. Dunot) 

Pluvigner (S. Gwingner) 

Plouguiel (S. Kiel : Chichis, un des comgagnons de S. Paul 
(Aurélien) 

PledeliaÇc) (S. Tcliau) 

Enfin, l'origine même du mot est significative: la forme la 
plus ancienne estploib qui est devenu, suivant la composition, 
ploeu, ploueu, plou, plo, pieu, plu, pic; ce mot représente exac- 
tement plèbe. Il désigne en Léon plus spécialement les gens de 
la campagne, par opposition à ceux du bourg (gwic). Dans une 
glose du x e siècle, le mot eru-blobion (ploebion) désigne les 
gens attachés à la glèbe. En Galles et en Cornouailles, le mot 
qui a parfois (chez les poètes gallois) le sens de nation, 
peuple, a couramment et n'a plus que le sens de paroisse. Dans 
la liste des paroisses (plwyfau) de Galles publiées par la Myv. 
Archaeology, plusieurs noms de paroisses sont précédés du mot 
plwyf exprime ou indiqué par P. Dans un texte comique, la 
Bewnans Meriasek, la paroisse de Buthec (Bo'Sec) est dite Plu 
(phm) Vutheh. On peut se demander pourquoi le mot pion 
est resté attaché au nom qui le suit, en Armorique, tandis 
qu'il en reste séparé en Cornwal et en Galles. La raison en 
est qu'en Cornwal et en Galles, le mot pion (plwyf et plu) est 
d'un usage courant dans le sens de paroisse, tandis qu'en Armo- 
rique il n'est plus depuis longtemps employé. Le composé 
syntactique intermittent est devenu un composé véritable et 
permanent du jour où on n'a plus eu conscience de la valeur 
du premier terme. Le fait, en Armorique même, n'est pas 
sans exception. Plusieurs plèbes ne sont pas caractérisées par la 
présence de pion. 

A ces considérations, j'ajouterai quelques critiques ou re- 
marques de détail. 

Tome I. — -P. 241. Le royaume de Rheged serait dans le 
Nord de l'île. Il est sûrement dans le Sud (Revue Celtique, 
1900, p. 335). 



Bibliographie. i i i 

Ibid., note 4. Strat-Cluyd est une mauvaise lecture: il faut 
Slrat-Clnt (Clut = Clôta). Ruvonioc ne peut être Retigonium : 
c'est un dérivé de Ruvawn ; au ix e siècle Rumaun =■ *Rômànus, 
un des fils de Cunedda; c'est un district bien connu du pays de 
Galles. — Sellovir représenterait Selgovae: Sellovir n'a jamais 
existé. — • Le royaume d'Eiden : je suppose qu'il s'agit à'Eiddin, 
du Gododin : ce nom ne peut venir â'Ituna. 

P. 4, 245 et 455. M. de LaB. distingue entre les noms de 
Cumbrie et Cambriae : Cambrie, c'est le pavs de Galles ; Cuin- 
brie, la Bretagne du Nord, plus spécialement le Cumberland. 
Les deux noms sont identiques ; tous lesdeux viennent de Com- 
brog-es (mieux *Combrog-îs ou * Combrogia). On ne trouve 
Cambria qu'au moyen âge 

P. 306, note 2. M. de La B. a raison de rejeter l'étymologie 
qui fait venir Langueux et Trégueux de Lan-Gueihenoc et 
Tref-Gitetbenoc. En revanche il a tort de tirer Guehuc de Tref- 
Guehuc, de JVocàuc, Giue%uc : Lan-guehuc, Tref-guehuc sont pour 
Lançaeoc, Tref-Gacoc. Le saint est Caioc, *Ceoc (Revue Celt., 
XL). 

P. 313. Portai (Plounevez Porzai) viendrait de Por^-Coet. 
Por~a\ représente Por^oed et Porthoeft, pluriel de portb, portus 1 . 

P. 338. Dumnonia viendrait de doumn, profond, et de neint, 
plur. de nani, vallée. C'est une étymologie de lettré faite sur 
dyfnein, forme galloise régulière de Dumnonia. 

Ghereni (lisez Gereint) se serait distingué à la tète des 
Dumnonéens() 19-520) contre les Saxons: suit une citation de 
M. de La Ville-marqué, Bardes Bretons, p. 4, 3, 7, 11. Cette 
citation est un contre-sens. Le Gereint dont il s'agit est pro- 
bablement le roi de Dumnonia auquel Adhelm écrit au com- 
mencement du vn e siècle. 

P. 344. Au lieu de Carenhinal, lisez Carentmeiil, mieux 
Garant mail = *Caranto-maçlos. C'est le même nom que le 
Carantmael (pour Garant. fael) de l'élégie de Cynddylan. 

P. 361. Briac a donné son nom, non seulement à. Bourbriae, 
Saint-Briac, mais encore à Lopriac (Loc-Briac) en Kervignac et 
Lopriac en Langonnet (Morbihan). 

1. J. Loth, Chrest., p. 226. 



i i 2 Bibliographie. 

P. 37 r. Lovocatus ne signifie pas qui se bat connue un lion : 
c'eût été dans ce cas Levocatus. Loit est à rapprocher àego-lou, 
lumière. 

P. 374. Liban ne peut être identifié avec lawn; iawn est la 
forme galloise du breton actuel <v//// qui peut remonter à une 
forme vieille-bretonne */(»/;. /<//<</// représente bien Iohannes; 
] aluni a donné /</////, Jean ; Yahan est encore usité en haut- 
vannetais. 

P. 395. Caer-Haes. Caer est due à une tentative étymolo- 
gique. On prononce Cacr, Ker, tandis que partout on pro- 
nonce Carès, Carèys ou Carés. Ce nom se retrouve dans plu- 
sieurs villages du Morbihan, dans Carhays (Cornouaille an- 
glaise). Le second terme aes est le nom de deux paroisses du 
pays de Galles: Yr Aes fach, Yr Aes fawr (Myv. Arch, 2 e éd., 
p. 749): c'est évidemment un nom commun. Quant à car, 
cï. carmaes (le terrain, domaine aux parents : prononcez carvês). 

P. 498. M. de La B. a raison de faire de saint Ivy le patron 
de Pontivyet de Loguivy, et de repousser l'usurpation de saint 
Devv, suffisamment favorisé d'ailleurs. On prononce en effet 
Pondivi et Logivi; si Dewy était le second terme, on aurait 
Pontivi et Lotivy. (Lotivy existe ; cf. Lantivy pour Nant-Dewi, 
comme Lancarfan pour Nant-Carfan). 

P. 569. Il est sûr que le patron de Lancieux (Lan-sieu) est 
le disciple de S. Brieuc, appelé dans la vie de Brioc {Anal. 
Boll. II, p. 186-187) Simaus et par surnom Simerus. M. de 
La B. corrige avec raison Simaus en Siviaus (mieux Sinnia- 
vus). Siviavus est la forme hypocoristique, Si-morus pour 
Siwo-morus, la forme pleine. Quant à Sien, il remonte plutôt à 
*Siwôc (cf. Brioc et Briomaglos). 

P. 568. Conober serait distinct de Cuno-mor, l'un signifiant 
Cono, le Court, l'autre Cono, le Grand. Conober serait Conoo 
ou Cauao, le comte de Vannes, l'allié de Chramne. Conober 
peut être une forme de Conomor, due aux Francs, par fausse 
étymologie franque, d'après des noms comme Riei-mer ; le b 
n'est pas une difficulté. Il est sûr que -ber n'a rien à faire avec 
berr, court. Quant à Conoo, c'est peut-être la forme hypocoris- 
tique de Cono-mor. Au point de vue historique, il semble qu'il 
faille séparer d'abord Conober de Conoo; ils meurent à des dafes 



Bibliographie. 113 

différentes ; et, en outre, de Conober aussi bien que de Conoo, 
on devrait séparer Conomorus : ce dernier, comme le fait juste- 
ment remarquer M. de La B., est chef du Poher et usurpateur 
de la Domnonia, mais il ne possède pas le vannetais breton. 

Tome II. — Page 5. M. de La B. remarquant que dans un 
acte de 80 r concernant Langon, sur la Vilaine, il y a des si- 
gnataires portant des noms bretons et des noms germaniques, 
en conclut que les deux races, Francs et Bretons, commen- 
çaient à se mêler sur cette limite. Or, en principe, dans le 
Cart. de Redon, toutes les personnes qui ne portent pas de 
noms bretons portent un nom germanique: en conclurait-on 
qu'il n'y a plus en Armorique que des Bretons et des Francs? 
Il n'est pas douteux que la grande majorité des personnes à 
nom germanique ne soient des Gallo-Romains, en Armorique 
comme dans la plus grande partie de l'ancienne Gaule. Par 
analogie, il est très vraisemblable que bon nombre d'individus 
à nom breton ne l'étaient pas de langue. 

P. 11-12. La demeure de Morman, l'adversaire de Louis le 
Débonnaire, aurait été Mine-Morvan en Langonnet. C'est bien 
peu vraisemblable. La dernière bataille se livre en Priziac et la 
guerre se termine dès que l'Ellé est atteint. Il est donc certain 
que le fort de la résistance était le vannetais occidental et que 
Morman est un chef de Broweroc. Dès lors, il est singulier que 
sa principale demeure soit en Coraouaille. Il y a des positions 
en Priziac qui répondent mieux que Mine-Morvan à la des- 
cription d'Ermold. En outre, Witcar, le moine franc était, 
d'après le récit, voisin de Morman, ce qui tendrait à prouver 
que la résidence habituelle du chef breton devait être plus à 
l'Est. Quant au nom de Mine-Morvan, il ne prouve pas 
grand'chose. Morvan est un nom fort répandu; il y a un 
Mane-Morvan en Lignol, des Kermorvan, des Vilh-Morvan, un 
peu partout. 

P. 67. L'auteur reproduit le fameux tribut de Nominoe du 
Barzaz-Breiz. En note, il nous apprend que M. de La Ville- 
marqué avait trouvé dans la soi-disant version populaire de 
ce chant, non Nomcnoiou, mais Navinéon ou Navinou. Pour- 
quoi dans ce cas avoir écrit Nomcnoiou? Il est de plus assez 
Revue Celtique, XXII. 8 



114 Bibliographie. 

étrange que M. de La Villemarqué ne sût pas exactement s'il 
a entendu Navinéou ou Navinou. A mon avis, il n'a entendu 
ni l'une ni l'autre. Numïnoe ou Nomtnoe est un dérive de 
Nâmïn ou Nomïn (vieux-gallois Nnmin, devenu Nevyri), et il 
a évolué en Nevenoé J . 

P. 99. M. de La B. a bien raison de se refuser à suivre l'abbé 
Duchesne dans ses fantaisies linguistiques qui transforment 
Restovaldus en Bertoaldus, et Severinus en Sergius. Restovaîdùs 
est peut-être à lire Rei 'lovai 'dits, qui représenterait Reithwal, 
nom bien breton (forme vieille-brittonique *Rectuvalos). 

P. 130. M. de La B. lit Caiu douponi dans une charte de 
837-85 1 et y voit du français : le champ du pont. Le texte porte 
Camdonponl . Une graphie don pont, à cette époque, paraît en 
outre peu vraisemblable. 

P. 177. Le mot trifocalium (Cart. Red., App., p. 354, 
charte de 833), sorte de siège, est glosé par le breton istomid. 
Il faut sans doute lire iscomid, qui répond exactement au gallois 
ysgemydd et esgemydd, traduit par Lhwyd par banc. 

P. 192. Le ran serait le chef-lieu du domaine. Cette inter- 
prétation me paraît contredite par les chartes. Ran équivaut à 
villa et représente un domaine plus ou moins étendu, comme 
il ressort d'ailleurs des textes cités par l'auteur, p. 223 (ci. 
p. 205). 

P. 262. Saint Bern aurait été tiré par les Bretons de Palan : 
c'est impossible. Patern a donné partout Padarn ou Pedern. 
Quant à Bcrn ou Barn, Mern ou Marti, on le trouve, comme 
l'auteur le dit justement, dans divers noms de lieux. 
P. 265. Au lieu de Ruilcn, lisez Rivilen. 
P. 278. Arçuriu est dans la charte Arthuuiu. 
P. 289, 401. lec'h est très inexactement transcrit par lerh. 
Il eût mieux valu abandonner ce terme employé à contre-sens. 
P. 390. Lèsneven n'a rien à faire avec Even, comte de Léon. 
Le mot est composé de Les et Neven = Nûmin : Nomenoe est 
un dérivé de ce nom. 

J. Loth. 
(A suivre.) 

1. J. Loth, Chrest., p. 223. 



CHRONIQUE 



SOMMAIRE : 1. Le « Dialogue des Vieillards », nouvelle édition par M. Whitley Stokes 
— II. Les Carmina Gadelica de M. A. Carmichael. — III. Esquisse d'une grammaire 
du vieil irlandais, par le P. Hogan. — IV. Recueil des noms gaéliques de plantes, 
par le même. — V. « Le peuple Gallois », par MM. John Rhys et David Brenmore 
Jones. — VI. « Histoire de l'île de Man «, par M. A.-W. More. — VII. « Gens 
de Bretagne », par M. Olivier de Gourcuff. — VIII. Poèmes d'Egan O'Rahilly pu- 
bliés par le Rév. Patrick S. Dinneen. — IX. « Contes irlandais » traduits par 
M. G. Dottin. — X. Premier volume par M. G. Bloch de l'« Histoire de France » 
entreprise par M. Lavisse. — XI. « Histoire illustrée de la France », par MM. le 
vicomte de Caix et Albert Lacroix. — XII. Le celtique dans le « Dictionnaire gé- 
néral de la langue française ». — XIII. L'édition du Tdin bô Cùailngi, par 
M. E. Windisch. — XIV. Concours pour deux prix offerts par la Caledonian mé- 
dical Society. — XV. Poésies lyriques de Geoffroy Keating. — XVI. Poèmes irlan- 
dais publiés par M. T.-O. Russel. — XVII. Valeur phonétique des syllabes prétoni- 
ques dans le Tdin du Livre deLeinster. — XVIII. Le roman de Tristan et Iseut. — 
XIX. Saint Samson en Angleterre. — XX. Le folklore du Pays de Galles et de l'île 
de Man. — XXI. Les Celtes dans Paulys Realencyclopaedie. — XXII. Les Celtes 
dans un nouvel ouvrage de M. 0. Schrader. — XXIII. Le celtique dans le Thé- 
saurus linguae latinae. — XXIV. Les Velauni dans les Inscriptiones graecae ad 
rem romanam pertinentes. — XXV. Noms propres d'origine celtique dans les 
chartes de Saint-Benoit-sur-Loire. — XXVI. Les monnaies de Lusitanie. — XXVII. 
Les noms de lieu ligures, gaulois et gallo-romains dans les provinces rhénanes sui- 
vant M. Cramer. — XXVIII. Une inscription gauloise(?) découverte par M. Plicque. 

I. 

Il vient de paraître une livraison nouvelle du savant recueil dû à la colla- 
boration érudite de MM. E. Windisch et Whitley Stokes. Elle contient le 
« Dialogue des Vieillards » ou mieux « avec les vieillards », Acallamh na 
senorach, 438 pages, in-8, et forme la première partie du tome IV des 
Irische Texte ' . 

Le « Dialogue des vieillards » part d'une conception merveilleuse : un peu 
avant la fin du 111 e siècle de notre ère, trois batailles meurtrières avaient 
détruit presque complètement la milice à la tête de laquelle s'étaient illustrés 
Oisin ou Ossian et Find, son père. Vingt guerriers seulement, les deux 
héros Ossian et Find, plus dix-huit autres moins célèbres, avaient échappé 
à la mort, et ces vingt hommes vivaient encore quand, près d'un siècle 
et demi plus tard, saint Patrice vint évangéliser l'Irlande. Ils devaient 

1. Librairie S. Hirzel à Leipzig. 



i i6 Chronique. 

avoir alors, les plus jeunes environ cent soixante-dix ans, les plus âgés 
deux cents. C'étaient donc des « vieillards » comme dit le titre. Cailte se 
convertit au christianisme et accompagna Patrice dans une longue excursion 
en Irlande, lui racontant les légendes qui se rattachaient à chaque localité 
quelconque, montagne, forteresse, forêt, lac, source, etc. 

M. Whitley Stokes n'est pas le premier éditeur de ce document qui a déjà 
été publié avec une bonne traduction par M. Standish Hayes O'Grady en 
1892 dans sa. Silva Gadelica, p. 94-233 du tome 1 (lrisb Texts) et p. m-263 
du t. II (Translations and notes) 1 . Mais des quatre manuscrits, incomplets 
chacun, qui nous ont conservé cette vieille composition chrétienne, 
M. O'Grady n'a connu qu'un seul, qui date du xv e siècle, et il a reproduit 
ce ms. avec une telle négligence qu'on peut dire qu'il n'y a presque aucune 
ligne sans au moins une faute de copie. M. Whitley Stokes s'est attaché à 
nous donner un texte exact, avec les variantes des mss., et aussi complet que 
possible. Sur les 8005 lignes que comprend le texte édité par lui, 1 147, 
si j'ai bien compté, c'est-à-dire plus du huitième, manquent dans l'édition de 
M. Standish Hayes O'Grady. Quant à la traduction, M. Whitley Stokes ne 
la donne que pour les passages laissés inédits par M. O'Grady; pour le reste 
il renvoie au livre du savant irlandais, un des hommes qui connaissent le 
mieux sa langue nationale. AI. Whitley Stokes se borne à signaler, quand 
il y a lieu, quelques erreurs quant au sens précis. Le volume se termine: 
i° par des notes, qui contiennent les corrections à la traduction de 
M. O'Grady et un supplément aux variantes données au bas des pages ; 
2 par quatre glossaires, le premier des choses, le second des noms de per- 
sonnes, le troisième des noms de lieu, le quatrième des mots irlandais, qui 
se trouvent dans VAcàllamh, et qui manquent dans le dictionnaire irlandais 
de M. Windisch, Irische Texte, t. I, p. 337-869; cet index des mots irlan- 
dais a soixante pages et paraît contenir environ deux mille mots. Cette li- 
vraison nouvelle des Irische Texte est appelée à rendre de grands services 
aux celtistes. 



II. 

Les Carmina Gadelica de M. Alexandre Carmichael sont de courts poèmes 
gaéliques d'Ecosse, recueillis par l'éditeur dans la tradition populaire; cet 
ouvrage, imprimé sur beau papier, format in-4, a paru en deux volumes, 
xxxn-339 et xi-3 50 pages 2 . Le texte néo-celtique est accompagné d'une tra- 
duction anglaise en regard. L'auteur a divisé ces petits morceaux en cinq 
séries: i° invocations, achaine; 2° saisons, aimsire; 3 travaux, oibre; 4 in- 
cantations, uibe; 5 mélanges, mcasgain. Suit, sous le titre de notes, un dic- 
tionnaire des mots que l'auteur a considérés comme les plus intéressants et 
sur lesquels il a pensé avoir quelque chose à enseigner à ses lecteurs. 

L'ouvrage se termine par une liste de deux cent seize noms, ces noms 

1. Cf. Revue Celtique, t. XIV, p. 207. 

2. Norman Macleod, 25, George IV Bridge, Edinburgh. 



Chronique. i 17 

sont ceux des Highlanders sous la dictée desquels M. Carmichael a écrit 
les poèmes qu'il publie. 

Ces poèmes, composés la plupart sous l'influence du christianisme, ne 
contiennent pas beaucoup de réminiscences de la vieille littérature payenne. 
Il y en a cependant quelques-unes. Ainsi, t, I, p. 8, on attribue à une nou- 
velle mariée « la beauté d'Emer », c'est-à-dire de la femme du héros épique 
Cûchulainn, « la tendresse de Darthula », la Derdriu irlandaise, cette sym- 
pathique veuve de Noise, fils d'Usnech, « le courage (?) de la robuste 
Medb », la célèbre reine d'Ulster, épouse d'Ailill; mais dans le même cou- 
plet on dit à la jeune femme qu'elle a « les vertus de Brigite », la fameuse 
sainte irlandaise, et « la foi de Marie », la mère de Jésus. La fête payenne 
et jadis druidique de Beltene, I er mai (Glossaire de Cormac dans Three 
irish Glossaries, p. 6, cf. p. xxxv), a inspiré une invocation à la Trinité, 
t. I, p. 182, et une prière à Marie, t. I, p. 186. La superstition payenne du 
nombre neuf est associée au nom de Marie et de son fils divin qui fut « lavé 
par sa mère dans neuf rayons du soleil », t. I, p. 52, 54, 56 (cf. les neuf 
vagues du tome II, p. 90, qui sont identiques aux neuf vagues de la préface 
à l'hymne de Colman dans le Liber hymnorutn: Goidelica, p. 121, 151 ; The 
irish Liber hymnorum, I, 25; II, 13). C'est dans une barque, sur le sommet 
de la vague, que le chrétien écossais, une fois mort, gagne son dernier sé- 
jour; cette barque est celle sur laquelle le Condla du paganisme irlandais 
partit, enlevé à son père par la déesse de la mort (Windisch, Kur^gefasste 
irische Grammatik, p. 121); mais, au lieu d'une déesse, c'est un ange qui 
conduit le chrétien écossais, t. I, p. 92. Une recette pour fabriquer un 
philtre amoureux est payenne, elle consiste à prendre au cimetière trois os 
d'un vieil homme ' et à les réduire en cendres, mais c'est le dimanche qu'il 
faut faire cette opération magique, et le choix de ce jour est inspiré par le 
christianisme. 

L'index final ne renvoie pas aux textes qu'il explique. Il est facile de voir 
par la que le vieil auteur, malgré son zèle, est un débutant et n'a pas 
grande notion des lois qui s'imposent à tout ouvrage d'érudition. Exemple: 
à la page 304 du tome II, un article de cet index est consacré au « fils de 
la mer », mac an Lir. Après avoir vu cet article, je me suis rappelé avoir lu 
précédemment le texte gaélique qui, dans l'ouvrage de M. Carmichael, con- 
cerne ce personnage mythologique si connu. La page 304 du tome II ne 
renvoie pas à ce passage; j'ai perdu beaucoup de temps à le chercher, 
jusqu'à ce qu'enfin j'ai retrouvé au même tome, p. 122, 123 « les neuf 
sources du fils de la mer » naôi tobraiche Mhic-an-Lir . Le fils de la mer est 
le dieu Manannan de la mythologie irlandaise (Three irish glossaries, p. xxxiv, 
xxxv, 31; Grimm library, n° 4, The voyage of Bran, p. 44 et suivantes, etc.). 
Un des articles intéressants qui manque à ce glossaire est celui que l'auteur 
aurait dû écrire sur le fath-fith ou fitb-fath, c'est-à-dire sur l'incantation qui 
rendait, croyait-on, la personne invisible. Une formule de cette incantation 

1. L'emploi magique des os est mentionné par la glose du Senchus Môr, 
Ancient Laïus and Insti tûtes of IrelanJ, t. I, p. 180. 



i i 8 Chronique. 

a été publiée par M. Carmichael, t. II, p. 25, une plus ancienne a été con- 
servée parle Liber Hymnorum (Goidelica, p. 149-156; Irische Texte, I, 52-58; 
The irish Liber Hymnorum, I, 133-135 ; II, 49-51) où elle s'appelle en 
latin Lorica, en irlandais fâeth fiada, notation au xi e siècle du fath-fith ou 
fitb-fath de M. Carmichael. 

A propos de cette incantation, M. Carmichael raconte la légende écos- 
saise suivant laquelle la mère d'Ossian était tantôt femme et tantôt biche. On 
peut consulter sur cette légende Campbell, Leàbhar na Feinne, t. I, p. 198- 
200; on y trouvera cité un collaborateur du nom de Carmichael, l'auteur 
du livre que nous annonçons ici ; a son tour, M. Carmichael renvoie à 
Campbell, mais sans nous dire la page. Cette légende a été suggérée par le 
nom même d'Ossian, en vieil irlandais Oissin, diminutif de oss, cerf. Le 
héros portant un nom qui veut dire « petit cerf», naturellement l'idée est 
venue que sa mère était la femelle d'un cerf, une biche; l'explication par 
une incantation, fith-fath, a été imaginée après coup. Toutefois le héros à 
la chasse, rencontrant une biche qu'il veut tuer, qui l'arrête en lui disant: 
« je suis ta mère », qui le conduit dans une grotte où elle redevient femme, 
une mère avec son fils qu'elle fait manger et boire, c'est le sujet d'un joli 
récit que les conteurs écossais, traduits par M. Carmichael, ont fait avec 
talent. 

Le but que je me propose par mes critiques n'est pas de déprécier l'œuvre 
du laborieux auteur; je crois au contraire avoir montré par quelques exem- 
ples l'intérêt qu'il offre pour les Celtistes. 

III. 

Sous le titre de Outlines of the Grammar of Old-irish uiith Text and Voca- 
bulary, le Rév. Edmund Hogan S. J., fcllow of the Royal Univcrsity of 
Ireland. a publié une grammaire abrégée du vieil irlandais avec textes et 
glossaires ' . La grammaire, 48 pages, consiste principalement en paradigmes 
et en nomenclatures de mots rangés dans l'ordre des parties du discours. 
Elle me paraît en général fort exacte. Voici quelques observations. P. 8, 
note, l'auteur parle de int, notation de l'article devant s, sans ajouter qu'alors 
s ne se prononce pas, est mortificata, emortua (Grammatica celtica, 2 e éd., 
p. 44, 211, 215; Windisch, Kur^gefaste irisché Grammatik, p. 41, § 172); 
son silence est motivé ; en effet, dans le ms. de Milan, comme on peut le 
voir chez Ascoli, Glossarium pàlaeo-hibernicum, quand l'article se termine' 
par un /, Vs initial du mot suivant n'est pas pointé; pour qu'il soit pointé, 
c'est-à-dire annulé, il faut que l'article soit terminé par d. Ainsi: au datif 
singulier dint-sruth et oc-ond-sruth-sin, p cclxxviii, int-sainriud et ind- 
sainriuth, p. ccxxvn ; au génitif singulier int-srothoexind-srotho, p. cclxxviii 
qui se trouve aussi dans le Priscien deSaint-Gall, 35 b (GY. ceitiea-, p. 52). 
Toutefois la règle est contredite dans le ms. de Saint-Gall pour int-Hllab 

1. Dublin, The Gaelic League, Saly, Bryers and Walker, 1900, in-:8, 
vu- 138 pages. 



Chronique. 



119 



avec s pointée, 25 a, et ind-sillab sans point sur Ys, 26 a (Gr. Celtica 2 , 
p. 212). 

P. io, il me semble difficile d'admettre que betbo soit le vocatif singulier 
de bith « monde » ; et que inis « île », adaig « nuit » soient des thèmes en i 
comme sûil « œil »; betho est un génitif singulier, quant à inis « île », 
adaig « nuit », ce sont deux de ces thèmes en il, dont Brigit, identique au 
sanscrit brhatl, est un type curieux, et qui sont étudiés par M. Brugmann, 
Grundriss, t. II, p. 313-319, 526, 573, 741. Le P. Hogan exagère beaucoup 
les conséquences de la doctrine exposée par M. Thurneysen, Zeitschrift de 
Kuhn, t. XXVIII, p. 146. Il y a été entraîné par une erreur de la Gramma- 
tica cellica, 2 e édition, p. 250, 252, où le génitif itise, inseo « de l'île », le 
datif inis « à l'île » sont placés parmi les thèmes féminins en i. 

Les textes imprimés aux p. 50-75 sont empruntés aux Analecta Bollan- 
diana, t. II, p. 218-238, aux p. 96-116 du tirage à part contenu dans la 
i re livraison des Documenta de S. Patricio, publiée parle P. Hogan en 1884 
et aux p. 135-139 de la 2 e livraison. Le glossaire est la reproduction 
exacte de l'index et glossarium hïbernicum qui termine la seconde livraison des 
Documenta de S. Patricio, 1889; il renvoie aux pages des i re et 2 me 
livraisons, pages qui dans la grammaire dont nous rendons compte portent 
des numéros différents. A l'usage de ceux des lecteurs de la Revue Cel- 
tique qui voudraient se servir de la Grammaire du P. Hogan, nous donnons 
la concordance suivante que nous avons écrite sur notre exemplaire : 



Documenta 


Outlines 

of the 

Grammar 


P. 96. 


50 


97- 
98. 


51 
52 


99. 


53 


100. 


54 


101. 
102. 


55 

• 56 


103. 
104. 


57 
• 58 


105. 
106. 


59 
60 


107. 


61 


108. 


62 









Outlines 


of the 


Documenta Grammar 


P. 109. . . 63 


IIO 






64 


in 






65 


112 






66 


113 






67 


114 






68 


115 






69 


116 






70 


135 






7i 


136 






72 


137 






73 


138 






74 


139 






75 



Aux pages 76-79 sont réunis des extraits du ms. de Wùrzburg. On peut 
y relever quelques fautes d'impression. Ainsi, p. 76, I. 24, au lieu âedûnn, 
lisez dunn » à nous », leçon de la Gr. C. 2 , p. 996, et de M. Zimmer, Glossae 
hibemicae, p. 74; mais il y a une meilleure leçon, celle de M. Whitley 
Stokes, The old irish Glosses, p. 69, 274 (I» adCorinthios, XII, 27. Wb. 12 b 
12), duini « de l'homme ». 



1 20 Chronique. 

P. 76, 1. 33, au lieu de attda, lisez alla « il est » ; il s'agit de V\'b. 31 c, 
15; Ad Titiim, II, n; Whitley Stokes, p. 183; Zimmer, p. 187. 

P. 77, 1, 1, au lieu de ropad, lisez rdbad « serait », Wb. 3 c 28 ; ad Ro- 
manes, VII, 10; Zimmer, p. 17; Whitley Stokes, p. 14; Gr. C. 2 , 445. 

Le P. Hogan a pour règle de séparer les uns des autres les mots dont la 
réunion forme chaque composé syntactique, quoique ces mots ne soient pas 
séparés dans le ms. On ne peut blâmer ce procédé dans un livre élémen- 
taire; il facilite au commençant l'intelligence du texte; mais il est bon ce- 
pendant que le commençant sache en quoi le ms. diffère de l'imprimé: on 
arrive à ce résultat par l'emploi de la petite barre horizontale qu'on appelle 
en français division ; c'est ce qu'a fait le P. Hogan en un cas. p. 76, 1. 3, 
fû-alaile (lisez fri-aïaile) « envers l'autre » et en trois cas, p. 77, 1. 24, 25 
et 33, co ngni-som frim-sa « il coopère à moi », adib moga-si « vous êtes 
serviteurs vous » ; mais partout ailleurs dans ces deux pages rien n'indique 
que les éléments de chaque composé syntactique, séparés l'un de l'autre 
dans l'imprimé, soient réunis en un seul mot dans le ms. 

Ces quelques critiques de détail ne m'empêchent pas de féliciter le 
P. Hogan de son utile publication. 

IV. 

On doit au même auteur le volume intitulé Luïbhleabhrân ', titre qu'on 
pourrait traduire « petite nomenclature botanique » ; c'est un recueil des 
noms gaéliques de plantes usités tant en Irlande qu'en Ecosse. Il est di- 
visé en deux parties, chacune par ordre alphabétique. La première partie 
donne les noms gaéliques suivis chacun de la traduction anglaise, la seconde 
les noms anglais accompagnés chacun de la traduction gaélique. 

C'est le travail le plus complet qui existe sur le sujet. Il est tellement 
complet qu'on y trouve même quelques mots étrangers à la matière spé- 
ciale dont il s'agit ; ainsi, p. 9, brô, génitif broon « meule de moulin », 
probablement parce que les meules de moulin sont posées sur une char- 
pente en bois, et p. 27, deanatn « faire » parce qu'on dit « laire une vigne ». 

D'autre part certains renvois à la bible manquent un peu de précision ; 
l'usage est de citer le verset. Le P. Hogan ne cite ordinairement que le cha- 
pitre; exemple: « le champ des semailles et de la moisson », aimsear an 
t-sioïcbuir agus an fôgihar, Genèse, Mil; pour trouver le numéro du verset, 
22, il faut parcourir le chapitre VIII delà Genèse, du verset 1 au verset 22, 
ou, ce qui est plus court, ouvrir le Focloir gaoidhilge-sacs-bearla de Thomas 
de Vere Coneys à la page 323, au mot sidlcuir, et on y lit le renvoi complet, 
c'est-à-dire le n° 22 du verset, que le P. Hogan, ou plus exactement ses 
collaborateurs, MM. John Hogan et John C. Maclean, par économie de 
temps et d'encre, ont laissé au fond de leur écritoire. 



1. Un volume in-12 de xn-i 37 pages, Gill and Son, Dublin; David N-utt, 
Londres; Oliver and Boyd, Edinburgh. 



Chronique. i 2 1 

Il y a dans ce livre beaucoup de choses intéressantes. Il est étrange, par 
exemple, de voir que Conàire, nom d'homme bien connu, serve à désigner 
deux végétaux, le solitaire et l'osier. Le nom d'homme Gorman est de 
même un nom de plante. Le nom français du persil subsiste intact en Ir- 
lande, on dit en anglais parsley. 

V. 

L'ouvrage que MM. John Rhvs et David Brenmore-Jones ont intitulé The 
welshpeopïe 1 est parmi les publications celtiques de l'année 1900 une de 
celles qui méritent le plus d'être lues. Elle est divisée en treize chapitres : 
I. Ethnologie antique du Pays de Galles; II. La question picte; III. La Bre- 
tagne romaine; IV. Première période de l'histoire des Cymry; V. Histoire 
du pays de Galles depuis Cadwaladr jusqu'à la conquête normande; VI. Les 
anciennes lois et coutumes du Pays de Galles; VIL Histoire du pays de 
Galles de 1066 à 1282; VIII. Histoire des lois et des constitutions du Pays 
de Galles depuis 1282; IX. La propriété foncière dans le Pays de Galles; 
X. Mouvement religieux; XL Progrès de l'enseignement; XII. Langue et 
littérature du Pays de Galles; XIII. État actuel des campagnes dans le Pays 
de Galles. Appendix A. Liste de Cantrevs et de Cymwds; B. Syntaxe pré- 
arvenne du celtique insulaire ; C. Liste des seigneuries réunies pour former 
des comtés ou ajoutées aux comtés existant par le statut 27 du roi Henri VII. 
D. Note sur les lois galloises. 

Il y a deux points sur lequel je ne partage pas les doctrines de M. Rhvs 
qui sont soutenues dans ce livre avec grand talent. 

La première est que les Pietés, c'est-à-dire, comme on le voit par une 
carte placée en face de la page 75, les populations de la partie septentrio- 
nale de la Grande-Bretagne dans la Géographie de Ptolémée n'étaient pas 
celtiques, mais avaient une origine préaryenne. Ces populations portent 
chez l'auteur grec, 1. III, c. 3, § 8, 9, les noms suivants: 'EmB'.o:, 
Ks'pcovsç, Kpétoveç, Kaovovâx.a'.. KatpY)vot, Kopvaoutot, Ka/.^oov.o'.. A:/.âv7a'., 
Aouyoi, SficOTai, OùaKoiiâyot, Ojîvl/.wv;;, Tai'^aÀO'. 2 . On ne peut contester 
que les noms de Kopvao'jcoi et Saiptat ne soient celtiques. Kopvaoû'.o'. est le 
nom d'un peuple breton habitant le centre de l'Angleterre moderne et chez 
lequel était une ville qui portait le nom celtique Dêva, A^o-Ja, § 11, au- 
jourd'hui Chester, bâtie sur la Dee, autrefois Dêva (§ 2), « divine », rivière 
homonyme de la ville. Quant à Smertai, tout celtiste connaît le nom de la 
déesse Ro-smerta, parédre du Mercure gaulois. Or les Kopvaouioi et les 
Ejiipxai sont les deux peuples qui habitaient le plus au nord de la Grande- 
Bretagne. Chez les Tflc'ÇaXoi se trouvait une ville appelée Dêvana, A^oûava, 



1. Londres, T. Fisher Unwin, Paternoster square, un vol. in-8, xxvi- 
678 pages, avec deux cartes. 

2. La citation est faite d'après l'édition donnée à la librairie Didot par 
Charles Mùlleren 1883, p. 93-95; cf. édition Wilberg, 1833, p. 107; édi- 
tion donnée par Nobbe chez Tauchnitz, 1843, 5 1 1 -1 5 , t. I, p. 70, 71. 



122 Chronique. 

aujourd'hui Aberdeen, sur une rivière du nom de Diva, Aijdua, la Dee 
(§ 4). La ville et la rivière portent des noms celtiques. KaXïjSdviot, nom de 
la plus connue de ces peuplades septentrionales, dérive d'un thème kalêdon- 
auquel on a aucune raison pour refuser une origine ceitique surtout quand 
on a sous les yeux le passage où Dion Cassius, XVI, 5, nous donne le nom 
évidemment celtique du Calédonien 'ApYcVTO-xojfos, dont le second terme 
est une forme masculine du celto- latin eoxa, signifiant en celtique « pied », 
c'est-à-dire l'extrémité la plus basse du membre inférieur, et désignant en 
latin la « hanche », c'est-à-dire la partie la plus haute du même membre. 
Le fiançais « cuisse » qui est le même mot a pris un sens intermédiaire, de 
même l'allemand hâchse. 

Je ne crois nullement aux conséquences tirées du droit successoral attribué 
au neveu fils de la sœur, droit qui serait une survivance de la matriarchie 
primitive et préaryenne. En Angleterre, on a préféré la descendance fémi- 
nine de Jacques II à sa descendance masculine, serait-ce de la matriarchie? 
Jules César a pris pour héritier C. Octavius, petit-fils de Julia, sa sœur? 
était-ce de la matriarchie ? Tibère était le beau-fils d'Auguste, était-ce de la 
matriarchie? Les filles, d'abord exclues de la succession chez les Francs, y 
ont été admises par l'effet de l'affection du père; voir à ce sujet la formule 
CXXXVI de Rozière, Recueil général des formules, t. I, P- 174; Marculfe, II, 
12 (éd. Zeumer, p. 83); le droit qui appelle les fils seuls à la succession y 
est qualifié d'impielas; de là le droit des femmes aux couronnes royales au 
moyen âge et dans les temps modernes. 

Mais revenons au droit celtique. Les neveux par les femmes héritaient 
en droit irlandais, les témoignages à ce sujet ont été étudiés par moi ail- 
leurs trop longuement pour que je les expose ici '. Quand il a été question 
d'élire un roi chez les Pietés, on a pu quelquefois prendre le fils de la sœur 
par préférence au fils du roi défunt; le fils de la sœur devait être souvent le 
plus âgé, le plus expérimenté des deux. Dans la notion primitive, le droit 
héréditaire absolu n'existait pas pour les rois : reges ex nobilitaîe ... sumunt, 
comme dit Tacite, Germania, chap. 7; on choisissait primitivement qui l'on 
voulait dans un certain groupe aristocratique. Cf. ci-dessus, t. XVI, p. 120. 
Je ne crois donc pas qu'il y ait dans les avantages accordés au neveu fils 
de la sœur un effet d'un usage préaryen qui aurait dans la famille donné 
aux femmes pietés la supériorité sur les hommes. 

Quand le bâtard est désigné par le nom de sa mère, il est inutile de sup- 
poser pour expliquer ce fait une survivance de la soi-disant matriarchie 
préaryenne. 

Le roi épique d'Ulster, Conchobar, était bâtard comme le fut au xi° siècle 
de notre ère un personnage historique, Guillaume le Conquérant, duc de 
Normandie et roi d'Angleterre ; on croyait savoir qui était le père de Guil- 
laume, le père de Conchobar était théoriquement inconnu, sa mère seule 
était connue, on le surnommait « fils de Ness », mac Nessa; Ness était le 
nom de sa mère. J'ai plusieurs fois rencontré un ancien officier qui avait 

1. Cours de littérature celtique, t. VII et VIII. 



Chronique. 12} 

joué un rôle secondaire dans les aventures de Napoléon III avant 1848; il 
s'appelait Aladenise, c'est-à-dire « fils à la Denise » ; j'entends parler sou- 
vent d'un Monsieur Alapetite, c'est-à-dire « fils à la petite », cela veut dire 
« fils.de père inconnu » ; il n'y a là aucune trace de matriarchie. C'est sim- 
plement le souvenir d'une bâtardise remontant à plusieurs générations. Le 
nom de famille noble « de Bastard » a la même origine. 

Fir Dotnnann « hommes de la déesse Domnu », nom de peuple, serait 
encore aux yeux de M. Rhys une trace de matriarchie primitive. En trou- 
verons-nous une aussi dans Romauus, Romain, dérivé de Roma, dea Koma, 
dans 'AOrJvaioi, nom d'un peuple, qui adorait la déesse 'A6r]vfj? 

Suivant M. Rhvs. l'usage néo-celtique de commencer la phrase par le 
verbe est d'origine préarienne, j'ouvre César, De bcllo gallico, et livre I er , 
c. 6, § 1, je lis : Erantomnino itinera duo; c. 9, § 1 : Relinquebatur una per 
Sequanos via; la phrase dans ces deux exemples commence par le verbe, 
c'est l'ordre néoceltique. Au début du livre I er , César suit l'ordre français 
en commençant par le sujet: Gallia est omnis divisa in partes très; « la 
Gaule est tout entière divisée en trois parties ». 

Quand la chute des finales a fait disparaître la distinction si claire que 
ces finales établissent entre les différentes fonctions des mots, on a remédié 
à cette perte en déterminant la fonction des mots par leur place dans la 
phrase ; en français on commence par le sujet dans les propositions princi- 
pales quand elles ne sont pas interrogatives, par le verbe dans les propo- 
sitions principales interrogatives quand le sujet est un pronom ; on peut 
mettre le verbe avant le sujet dans les propositions subordonnées, quand le 
sujet est un substantif; on dit « Pierre veut », « veut-il? », « ce que veut 
Pierre ». En néo-celtique, c'est toujours le verbe qui commence. Le phé- 
nomène est moderne, sans racines dans le passé comme le phénomène 
français. Dans le Book of Deir (Whitley Stokes, Goidelica, 2 e éd., p. 108 
et suivantes) presque toutes les phrases commencent par le sujet : prenons 
la première phrase: Colum-cille ocus Drostân, mac Cosgreg, a-dalta, tan- 
gator, « Columba et Drostân, fils de Cosgrach, son élève, allèrent » ; 
l'ordre des mots est le même qu'au début du De bello Gallico et que dans 
l'usage français : Gallia est omnis divisa in partes très « La Gaule est tout 
entière divisée en trois parties ». 

En gallois et en irlandais on a aujourd'hui la règle qui veut que l'adjectif 
se place toujours après le nom; mais en vieil irlandais il en peut être au- 
trement: adjectivum flexionis expers saepius praemissum invenitur substantivo 
(Gr. C 2 ., p. 918). La règle actuelle est donc moderne, encore n'est-elle pas 
absolue, puisque l'adjectif possessif précède lenom. On cherche donc à tort, 
dans cette règle, une survivance d'une langue préaryenne. 

Je ne conteste pas qu'il y ait eu en Grande-Bretagne et en Irlande une 
population préaryenne, mais je ne puis voir dans les phénomènes que je 
viens de signaler des traces encore persistantes de l'influence exercée par 
cette population sur les conquérants aryens. 

Enfin M. Rhys prétend qu'une partie des populations celtiques de la 
Grande-Bretagne appartenaient au rameau goïdélique à l'époque de Ptc* 



124 Chronique. 

léméc. Les Novantae, Nouavtoci (1. II, c. 3, § 5) auraient été Goïdels, tandis 
que les Triuovantes, TpivoûocvTsç (5 11), étaient brittons; je ne vois pas bien 
pourquoi cette différence: le nom d'une des villes des Novantae, Lucopibia, 
Ao-jy.or.&.u, proteste par son p contre la thèse de M. Rhys; ce p, étranger à 
l'alphabet goïdel, ne peut être que britton. 

M. Rhys corrige en Dumnonii le nom des Damnonii, Aapvôvtoi de Pto- 
!émée (§ 7), c'est, suivant lui, le même peuple que les Dumnonii, Aoo;j.- 
vôvtoi, du § 1 3 ; je ne conteste pas cette identification, pas plus que l'identité 
des Dumnonii avec les Ftr Domnan des textes irlandais; mais la question 
pour moi est de savoir s'il est vrai que les Dumnonii aient été Goïdels, 
comme M. Rhys le prétend. S'ils étaient Goïdels, comment se fait-il qu'avec 
le nom de Domnonia ils aient apporté dans la Bretagne française un dialecte 
breton? 

Si j'ai tant insisté sur les points sur lesquels je suis en désaccord avec 
M. Rhvs, c'est à cause de la grande valeur de tous les travaux de ce savant 
confrère et de la légitime autorité qui s'attache à eux; mon but n'est pas 
de déprécier l'excellent et savant ouvrage sur le titre duquel son nom figure 
avec celui de M. David Brvnmor Jones. 

VI. 

L'histoire de l'île de Man, A history of the isk of Man, par M . A . \V. More 1 , 
est un livre bien fait, mais dans lequel la partie celtique est presque tout 
entière une conclusion tirés de textes irlandais, comme le dit l'auteur, p. 80 : 
The secular history of the isle of Man during the celtic period is an absolute blank, 
there being no trusiworthy record of aux event whatever before the incursions 0) 
the Xorthmcu. L'histoire de l'île de Man ne commence qu'en l'année 798 
avec les premières incursions normandes. Les Normands s'y établirent 
comme conquérants vers la fin du IX e siècle et en restèrent maîtres jusqu'en 
1266, année où le roi de Norvège vendit l'île de Man au roi d'Ecosse; puis 
Edouard I er , roi d'Angleterre, s'en empara en 1290 au plus tard. La plus 
grande partie de l'ouvrage de M. More est l'histoire de l'île de Man sous la 
domination anglaise. 



VIL 

Gens de Bretagne, par Olivier de Gourcuff 2 , critique théâtral au Pays, ré- 
dacteur en chei de la Revue Je Bretagne, est une collection de morceaux de 
littérature, les uns en vers, les autres en prose, qui n'ont aucun rapport 
avec l'érudition celtique. 



1. Londres, T. Fisher Umvin, Paternoster Square, 2 vol. in-8, xi-vi- 
1026 pages et une carte. 

2. Paris, E. Lechevalier, 39, quai des Grands-Augustins, un vol. in-8 
de xv-364 pages. 



Chronique. 125 



VIII. 

La, Irish Text Society continue ses utiles et intéressantes publications. Elle 
vient de faire paraître un volume de poésies jacobites: Ddnta Aodhagiin ûi 
Rathaille « Thepoems o/Egan O'Rahillv » ', auteur qui écrivit de 1696 a 1726. 
Ce volume se termine : i° par un appendice formé de poèmes également 
jacobites, mais dus à d'autres auteurs; 2° par un glossaire des mots rares. 
Ces mots ne sont pas tous inconnus, tel est amas qui désigne les soldats 
anglais dans un vers de la page 6 : 

Fâ smait narhaid is amas is méirleach 

L'Irlande est « sous la domination d'ennemis, de soldats mercenaires et 
de voleurs ». 

L'éditeur traduit amas par « mcrcenaries ». 

On trouve ce mot à la page 94 où il s'agit d'un Irlandais qui a pris parti 
pour les Anglais conquérants. Cet Irlandais est mort et enterré. 

L'auteur s'adresse à la pierre qui recouvre le cadavre de cet ennemi : 

Féd ghoile ta, a rearhair leac, ariius tar Sionnainn thainig 

« Sous ton ventre est, ô très grosse pierre, le soldat mercenaire qui vient 
d'au delà du Shannon ». 

L'éditeur traduit ici amas par reprobate, reprouvé. Il vient de le mettre en 
enfer (p. 92) : 

ta se a n-iffrionn d.'t phianaid 
idir sgata diabhal dâ ghriosadh 

Le malheureux hérétique est mort subitement: 

« il est en enfer à peiner 

« entre troupes de diable à griller. » 

Amas est un mot étudié par O'Donovan dans son supplément à O'Reillv, 
1877, p. 571. O'D. le traduit par soîdier, mercenary soldier, cf. Windish, 
Irische Texte, t. I, p. 363, au mot amos. Un des plus anciens exemples de 
cette expression est le génitif pluriel na n-amus glosant le mot satilitum pour 
satéllitum au vers 43 de l'hymne Aîtus prosator attribuée à saint Columba 
(J.-H. Bernard et R. Atkinson, The irish Liber hymnorum, t. I, p- 73 note; 
Whitley Stokes, Goidelica 2 , p. 69). Dans ce texte, amus désigne les com- 
pagnons de Satan. Cependant le sens n'est pas « reprouvé », il est « satel- 
lite, soldat ». 

Ce volume est intéressant pour qui veut étudier la langue littéraire e t 

1. London, David Nutt, Long- Acre, 57-59, un vol. in-8 de lxii- 
364 pages. 



126 Chronique. 

l'état d'esprit des Irlandais à la fin du XVII e siècle et au commencement 

du XVIII e . 

IX. 

M. G. Dottin vient de réunir en un volume ses traductions françaises de 
contes irlandais ' . Elles avaient déjà paru dans les Annales de Bretagne. Ces 
contes ont été recueillis en Irlande par un savant bien connu, M. Douglas 
Hyde. Ils sont au nombre de trente-cinq, tous fort intéressants. Voir, par 
exemple: p. 177-184, ce qu'est devenu dans l'opinion populaire moderne 
le Cailte du « dialogue des vieillards »; voir aussi, p. 189-190, comment 
s'est transformée la légende de la biche mère d'Oissin ou Ossian. Des 
femmes prennent la forme d'oiseau, p. 164-165, comme dans le Serglige 
Conculainn. Finn mac Cumhail et Cûchulainn apparaissent chacun dans ces 
récits populaires, l'un aux p. 145-148, 173-177, 179, 180. 182, 184-190, 
l'autre aux p. 160, 161. Il est curieux de voir comment, p. 11 5-1 18, a été 
transformée la légende épique qui fait enlever par Diarmaid la femme de 
Find. 

X. 

Le tome I er de l'Histoire de France entreprise par M. Lavisse 2 vient de 
paraître. Il a pour auteur M. G. Bloch, professeur à l'Université de Lyon, 
chargé de la conférence d'histoire ancienne à l'école normale supérieure. 
Son sujet, ce sont les origines, la Gaule indépendante et la Gaule Romaine. 
Les ouvrages vieillis d'Amédée Thierry sont dans ce volume mis au courant 
de la science moderne. On ne peut regretter qu'une chose, c'est l'absence 
de renvoi aux sources. Les textes mis aux bas des pages par les deux Thierry 
conserveront longtemps encore une valeur à leurs livres arriérés. Mais 
celui de M. Bloch me paraît sur tout point représenter l'état actuel de l'éru- 
dition historique. Il n'y aurait, ce me semble, à y critiquer que des détails 
accessoires, comme, p. 63, Boadicée, pour Bondicca (Tacite, Annales, 1. XIV, 
c - 3 ! > 3 5' 37; Agricola, 16); p. 190, Carpetitoracte pour Carpentorate ou 
Carbantorate (Corpus inscriptionum latinarum, t. XII, p. 147), et Cenielemnn 
pour Cemenélum (ibid., t. V, p. 916). C'est pour la grande publication 
entreprise par M. Lavisse un excellent début. 

XL 

Le second volume de l'Histoire illustrée de la France par le vicomte de 
Caix et par Albert Lacroix a pour sous titre « La Gaule Romaine » '. Il a 

1. Contes irlandais traduits du gaélique par G. Dottin. Paris, Welter, 
in-8, vi-276 pages.' 

2. Paris, Hachette, in-8, 456 pages. 

3. Paris, Paul Ollendorf, in-8, xvi-372 pages, volume orné de 312 gra- 
vures et de 16 cartes. 



Chronique. 127 

les qualités comme les défauts du tome I er dont nous avons rendu compte 
l'année dernière, t. XXI, p. 115. Il se lit facilement; de nombreuses images 
l'agrémentent, mais parmi ces images il y a un choix à faire: les unes re- 
produisent exactement des monuments antiques, d'autres sont ou des œuvres 
d'imagination ou des copies inexactes. Sont œuvre d'imagination la gravure 
qui fait face au titre et qui représente Auguste et les députés de la Gaule 
réunis à Lyon, les gravures où l'on voit des Romains construire un pont 
sur le Rhin (p. 89), un druide du haut d'un dolmen appeler les Gaulois à 
la révolte (p. 120), Plautius et son armée opérer leur descente en Grande- 
Bretagne (p. 123), etc. A la page 67, la reproduction du dieu cornu du 
musée de Cluny, fig. 47, n'est pas exacte, la légende est cernvnnos avec 
double n et non cernvnos avec n simple (Corpus inscriptionum latinarum, 
t. XIII, p. 467), et cette faute a pénétré dans le texte, p. 65, col. 1. 
Comme lapsus analogues, citons, p. 46, Agendicum « Sens », pour Age- 
dincum (C. I. L., t. XIII, p. 443), Belisana, p. 64, pour Belisama (Revue 
Celtique, t. III, p. 159), Boadicêe, p. 135, pour Boudicca. Ce qui est plus 
grave, c'est la confusion: d'Autun avec Bibracte, p. 109; de Nancy avec 
Nasium, p. 46 ; c'est d'avoir présenté Epona comme une déesse de l'abon- 
dance, protectrice des champs, p. 70, cf. p. 65, et d'avoir ignoré la relation 
qui existait entre elle et les chevaux (Revue Celtique, XVI, 355-356); c'est 
d'avoir, p. 125, dans une carte, mis les Scotts dans la Grande-Bretagne, à 
l'extrême nord, au premier siècle de notre ère. Ce livre, grâce aux images, 
plaira plus à certaines personnes que le volume plus scientifique de M. Bloch, 
qui, par son format en apparence petit in-quarto, paraît sortir de la même 
officine que les savants et peu amusants in-quarto de Tillemont ou que 
ceux de l'Institut de France. 



XII. 

Le Dictionnaire général de la langue française ! , commencé par MM. Adolphe 
Hatzfeld et Arsène Darmesteter, vient d'être terminé par M. Antoine 
Thomas. Les deux premiers auteurs sont morts, et le monument littéraire 
qu'ils ont entrepris semble être une stèle funèbre élevée sur un double tom- 
beau. Les dernières livraisons qui portent les n os 29-32, contiennent un 
Traité de la formation de la langue française. Les § 3 et 4, p. 1 1-1 3, sont con- 
sacrés à l'élément celtique. C'est écrit avec prudence ; cependant j'y ai lu 
avec étonnement le gaulois hrotta. 11 faudrait crotta (Fortunat, Carmina, 
1. VII, c. 8, vers 64). L'irlandais correspondant, crot ou mieuxo'o//, dont le 
double / est établi par le dérivé crottichther, glosant le latin cithari^atur de 
la vulgate h ad Corinthios, c. XIV, v. 7 (ms. de Wùrzburg, fol. 12 e, 
glose 45; Whitley Stokes, The old-irish glosses, p. 71 ; Zimmer, Glossae Iri- 
bernicae, p. 78). La variante chrotta de trois mss. de Fortunat (édition Léo, 
p. 63, note) est due à la prononciation franque du e initial, comme l'ont 



1. Paris, Delagrave, in-8, xxvm-2272-300 pages. 



1 28 Chronique. 

fort bien vu M. Schade, Altdeutsches Wôrterbuch, 2 e édition, t. I, p. 426, 
et M. Holder, Altceltischer Sprachschat^, t. I, col. 1176 (cf. Windisch, 
Irische Texte, t. I, p. 454; Whitley Stokes, Urkeltischer Sprachschat^, p. 99). 
Ainsi le français « rote » sans gutturale initiale est dû à la prononciation 
franque chrotta ou *hrolla du celtique crotta. La gutturale initiale comme 
le double /, sont confirmés par le gallois crwth (Silvan Evans, Dictionary 
ofthe Welsh Language, 3 e partie, p. 936, 937 ; J. Rbys, Lectures onwelsh 
Phihlogy, 2* éd., p. 61, 114, 116, 127). 

XIII. 

Nous sommes heureux d'annoncer que l'impression du Tâinbô Cûailngi, 
par M. Windisch est commencée. Elle comprend une traduction allemande 
et un texte irlandais en regard. On sait que l'analyse de M. Zimmer, couvrant 
trente-trois pages de la Zeitschrift de Kuhn, t. XXVIII, p. 442-475, a pour 
base deux mss. seulement, le Lebor 11a h-Uidre, et le livre de Leinster. La 
traduction de M. Standish Hayes O'Grady comprenant chez Eleanor Hull, 
The Cuchullin Saga, les 117 pages, 11 1-227, a été faite d'après un manus- 
crit de l'année 1800 ', copié lui-même sur un ms. de l'année 1730. L'éta- 
blissement du texte a été fait par M. W. sur une base plus large que la pre- 
mière de ces deux publications et plus solide que la seconde. L'impression 
atteint la page 184, correspondant : i° à la p. 450 de M Zimmer, la hui- 
tième de son analyse, 2 à la p. 1 57, la quarante-septième de M. O'Grady. 
La traduction, p. 184, s'arrête à la p. 69, col. 1, 1. 21 , du Livre de Leinster. 
c'est à-dire à la dix-septième page sur cinquante-deux. On sait que le texte 
commence dans ce ms. à la page 53 et finit à la page 104. Il semble que 
près du tiers de l'ouvrage de M. Windisch est passé sous la presse. 

XIV. 

Je suis prié d'insérer l'annonce suivante signée de M. S. Rutherford 
Macphail, M. D. et datée de Rowditch, Derby, 15 novembre 1900: 

Through the generositv of His Excellency the late Dr. R. H. Gunning, 
the Caledonian Médical Society bave pleasure in announcing Two Prizes, 
ofthe value ofTwENTY Pounds and Ti:x Pounds respectivelv, for Essays 
on some Celtic subject — Ethnological, Historical, Philological, or Mé- 
dical, uuder the following conditions: — 
1 . The Essays shall be written in English. 
2 The compétition for thèse Prizes shall be open toall corners. 
3. Within the range of Celtic subjects indicated above, competitors will 
be aliowed perfect freedom in choice ob subject. The Committee 
sugçest the following as suitable titles : — 

(a) « Ancient Médical Manuscripts — Gaelic or Irish. » 



1. British Muséum, Additional 18748. 



Chronique. 129 

(h) « The Origin, Language, Social Habits, and Traditions of 

tlie Insular Picts. » 
(c) « The Influence of Scenery and Climate on the Music and 

Poetry of the Highlands. » 

4. The judgment of the Assessors and Sub-Committee shall be final. 

5 . The successful Essays shall become the property of the Society, and 

shall be published in the Càledonian Médical Journal. 

6. Essays sent in compétition shall bear a motto only, the name and 

address of the writer to be enclosed under seal. 

7. Essays to be sent under cover to the undersigned by ist January, 1902, 

endorsed « Celtic Prize. » 
Voir la signature et l'adresse plus haut. 

XV. 

Geoffroy Keating, né vers 1570 et mort en 1650, est surtout connu par 
son histoire d'Irlande, Fonts feasa air Eirin, « Connaissance de science sur 
l'Irlande », dont il y a des traductions, mais dont on attend encore une 
édition complète dans le texte original irlandais. On a de lui deux traités 
de piété: « Clef au bouclier de la messe », Eocbair sciath an aifrionn; « Les 
trois dards de la mort », Tri Mor-ghaoithe au bhdis, le dernier publié avec 
un glossaire par M. Robert Atkinson en 1890 (Revue Celtique, t. XI, p. 376). 
On savait qu'en outre il avait fait des vers: Harris, The history of the wi itei : 
of Ireland, 1764, p. 106, mentionne de lui deux poèmes; O'Reilly, Tran- 
sactions of the Hibertio-celtic Society, vol. I, part I, 1820, p. cxcix, en signale 
trois. Deux ont été publiés en 1831 par James Hardiman, Irish Minstrelsy, 
or Bardic Kemains of Ireland ; dans cet ouvrage, l'un de ces poèmes est accom- 
pagné d'une traduction en vers anglais, t. II, p. 218-221, l'autre est resté 
sans traduction, t. II, p. 378-380. Enfin deux poèmes de Keating ont été 
édités postérieurement. 

La Gaelic League vient de donner à Dublin un recueil aussi complet que 
possible des compositions poétiques de cet auteur: Ddnia, amhrdin iscaointe 
Seathrûin Céitin 1 . L'éditeur signe Eoin Cathmhaolach mac Giolla Eoin. Il 
a réuni dix-huit pièces, dont douze inédites. 

Il reconnaît que deux de ces compositions poétiques, les n os 1 1 et 13, 
peuvent émaner d'un auteur différent de celui auquel il en donne la pater- 
nité, et il v en a une troisième que je crois attribuée par erreur a Keating, 
c'est le chant d'amour qui porte le n°4, p. 21, et qui a été publié avec tra- 
duction en vers anglais par Hardiman, t. I, p. 290-293 ; Hardiman, t. I, 
p. 364, indique un auteur qui n'est pas Keating. 

Cinq autres pièces étaient connues jusqu'ici : 

Le n° 1 avait été publié au t. I, p. 88, d'une traduction de Keating, His- 
toire d'Irlande, qui a paru à Dublin en 1859. 



1. Dublin, 1900, un volume in-12 de 223 pages. 
Revue Celtique, XXII. 



1 50 Chronique. 

Le n° 2 est chez O'ReilIy, p. cxciv, le n° 4 des œuvres de Keating, et 
a été édité par Hardiman, t. II, p. 218-220. 

Le n° 3 est chez O'Reillv, le n° 6 des œuvres de Keating. 

Le n° 7 est chez O'ReilIy le n° 5 des œuvres de Keating, et, sauf la 
strophe IX, il a été imprimé par Hardiman, t. II, p. 378-380. 

Le n° 9 est mentionné par Harris, p. 106, sous le titre de An Elegy on 
the Death of the Lord Decies. 

Le n° 11 a paru dans le Gaelic Journal, n° 37, p. 68. 

Je n'ai pas eu le talent de retrouver dans le volume dont je rends compte 
la pièce que Harris intitule : A Burlesque on bis servant Symori. 

L'éditeur débute par une étude sur le mètre des vers, il donne l'indication 
des mss., les variantes qu'ils offrent; il termine par un glossaire des mots 
intéressants et par deux index, l'un des noms de lieu, l'autre des noms de 
personne. 

Cette publication mérite des éloges. 

XVI. 

La Revue Celtique a reçu de M. T.-O. Russel un recueil de poésies lyri- 
ques irlandaises, intitulé : Fi'or Chlâirseach na h-Eireann, « The truc harp 
« of Erin, a collection of some most popular folk-songs and short poems 
« in the irish language together with manv, which hâve never before been 
« published, with an Appendix '. » Les morceaux publiés sont au nombre 
de 75. La plupart du temps l'auteur ne donne aucune indication bibliogra- 
phique; par exemple pour la pièce par laquelle il débute, p. 1-2, il dit 
qu'elle est de Cearbhallan, c'est-à-dire de Carolan, mais sans ajouter qu'elle 
a été publiée en 183 1 par Hardiman, Irish Minstrelsy, t. I, p. 74-77, avec 
une traduction en vers anglais. 11 nous apprend que la pièce par laquelle 
il termine, p. 135-136, se trouve dans le Livre de Lismore, mais il ne dit 
pas qu'elle a été donnée plus exactement par M. Whitley Stokes, Anecdota 
Oxoniensia, « Lives of Saints from the Book of Lismore », p. 16, avec une 
traduction, p. 164. M. T.-O. Russel prend avec les vieux textes irlandais 
les mêmes libertés que M. Standish Hayes O'Grady. 

XVII. 

Un jeune anglais, M. Edraund Croby Quiggin, bachelor of Arts, âgé de 
vingt-cinq ans, ancien élève du Gonville and Caius Collège à Cambridge, 
aujourd'hui lecteur pour l'anglais à l'Université de Greifswald, a eu la 
bonne idée de suivre les cours de M. H. Zimmer à cette Université et a 
dédié à son savant maître une thèse de doctorat 2 . L'objet principal de cette 

1. Dublin, Gill and Son, 1900, in-12, vm-136 pages. 

2. Die lautliche Geltun^ der vortoniger Wôrter und Silben in dem Book 
of Leinstcr Version der l'ain ho Cudlnge, Greifswald, Jutius Abel, 1900, 
in-8, 62 pages. 



Chronique. \}i 

thèse est l'étude des syllabes prétoniques dans le texte du Tâin bô Guaïlngi, 
tel que nous l'a conservé le Livre de Leinster. 

L'auteur commence par poser en principe ceci, c'est qu'à la date où fut 
écrit le Livre de Leinster, xn e siècle, la mutation des sonores b, m, d, g en 
spirantes se produisait déjà, quoiqu'elle ne fût pas encore notée. 

M. Zimmer a publié, il y a environ sept ans, dans le t. XXXII de la 
Zeitschrift de Kuhn, p. 198 et suivantes, la onzième de ses études celtiques, 
Keltische Studien, où il traite la question de savoir à quelle date ont com- 
mencé les mutations des consonnes en irlandais, non seulement les muta- 
tions des quatre sonores dont nous venons de parler, mais par exemple 
celle de l'/qui s'est transformé en une simple aspiration puis a disparu. Il 
est évident que ces changements se sont produits dans la prononciation 
avant de s'opérer dans l'écriture. Une notation qui représentait la pronon- 
ciation de l'époque où les Irlandais adoptèrent les caractères latins avec leur 
valeur phonétique du temps, VI e siècle de notre ère, se maintint tradition- 
nellement par une sorte de routine, malgré les modifications successives de 
la prononciation. 

Le premier exemple que donne M. Zimmer est emprunté à la vie de saint 
Columba par Adamnan, mort en 704, t. II, c. 8 (édition Reeves, p. 114, 
Metcalfe, p. 134). Adamnan est mort en 704. Donc, pense M. Zimmer, dès 
le vn e siècle, le nom écrit au génitif par Ptolémée, Bo'j-ouivSa (1. II, c. 2, 
5 6, éd. Mùller, t. I, p. 79, 1. 4), par Bède, 1, IV, c. 4, BoU-finde (seconde 
édition de Bède par Holder, p. 172) se prononçait au nominatif Boend. A 
cette thèse il y a une petite difficulté, c'est que nous n'avons pas le ms. au- 
tographe d'Adamnan. Le plus ancien ms. existant, celui de Schafihausen, 
est de la main d'un certain Dorbbeneus (éd. Reeves, p. 242, cf. p. XIV, 
381). Reeves suppose que ce personnage serait identique au Dorbeni des An- 
nales d'Ulster (édition Hennessy, t. I, p. 162) et des Annales de Tigernach 
(éd. Whitley Stokes, Revue Celtique, t. XVII, p. 223), qui serait mort en 
'712 (?) après avoir été abbé d'Ia (Iona, mieux lova) pendant cinq mois; il 
en conclut que le ms. de Schafihausen est du commencement du vm e siècle. 
Ce ms. peut être sensiblement postérieur. 

M. Zimmer affirme que Boend est l'orthographe d'Adamnan mort en 704, 
et qu'elle remonte au VII e siècle ; nous n'en savons rien. Il n'y a pas de 
preuve de la chute de l'/médial dans le nom de cette rivière avant le livre 
d'Armagh, ix e siècle (Whitley Stokes, The tripartite Life, t. II, p. 310, 334, 
335 ; Hogan, Monumenta de S. Patricio, p. 65, 91, 92). M. Zimmer a donc 
eu parfaitement raison défaire prendre à son élève comme sujet d'étude un 
ms. dont la date est certaine. 

M. Edmund Crosby Quiggin a divisé son sujet en trois sections : i° mots 
distincts prétoniques, non compris les prépositions, p. 8 , 2° prépositions 
avant le nom, p. 22; 3 prépositions en composition avec le verbe, p. 36. 
Il a traité ce triple sujet d'une façon fort intéressante. Il paraît conclure que 
dès le xii c siècle l'irlandais se prononçait à peu près exactement comme 
aujourd'hui. Je n'en suis nullement convaincu. Du xn e siècle au XIX e , je ne 
parle pas encore du xx e , il y a eu une transition et des degrés successifs. 



i } 2 Chronique. 



XVIII. 

M. J. Bédier vient de publier une restitution en français moderne du 
vieux roman français de Tristan et Iseut, XII e siècle '. Cet ouvrage mettra 
la masse du public lettré à même d'apprécier l'origine de cette célèbre com- 
position. Le primitif auteur, Chrestien de Troves, est mort, paraît-il, entre 
1 1 9 5 et 1 1 9 S . Il avait présente à la mémoire l'histoire de Mathilde. fille 
d'Henri I er , duc de Normandie, roi d'Angleterre, reconnue solennellement 
héritière du trône par les prélats et les barons d'Angleterre le 25 dé- 
cembre 1126, mariée à un époux peu fidèle, Geofroi Plantagenet, duc 
d'Anjou, qui, du chef de sa femme, eut sur le duché de Normandie des 
prétentions en partie réalisées. Chrestien savait au^si comment en 11 52, 
Henri II, fils de Mathilde, roi d'Angleterre, n 54-1 189, était devenu par un 
mariage duc de Guyenne, à la place du roi de France Louis Y1I, et cela 
du chef d'une fille seule héritière d'un duc précédent. 

On connaît le distique beaucoup plus moderne: 

Bella gérant alii, tu, felix Austria, nube, 
Nam quae Mars aliis, dat tibi régna Venus. 

Il v a dans l'histoire de l'Europe occidentale deux périodes, celle du règne 
de Mars est la première, la seconde est celle du règne de Vénus. Pendant 
les périodes mérovingienne et carolingienne et au début de la période capé- 
tienne, Mars a régné à peu près sans partage, de là est née la geste de 
Charlemagne. Au xn e siècle le règne de Vénus a commencé ; la « Table 
ronde », telle que Chrestien de Troie l'a conçue, en est la forme épique et 
romanesque. 

De l'histoire de Mathilde, reconnue héritière du royaume d'Angleterre 
en 11 26, provient une des idées fondamentales du roman de Tristan: Iseut 
est héritière du roi d'Irlande, elle portera la couronne à son futur mari. 
Tristan a gagné au péril de sa vie le droit au mariage et à la couronne; 
soumis à son devoir comme vassal du roi Marc, ce qui est une idée léodale 
française, il refuse la femme et la royauté; un philtre le contraint à prendre 
la femme. La puissance du philtre est doctrine reçue, non seulement dans la 
littérature grecque à laquelle le mot est emprunté, mais aussi dans la litté- 
rature latine, témoin par exemple Ovide, Ars amatoria, 1. II, v. 106-107 : 

Non data profuerint pallentia philtra puellis : 
Philtra nocent animis virrique furoris habent. 

Chrestien savait-il en outre l'histoire de cette Athénienne qui fît mourir 
un homme en lui donnant un philtre et que l'Aréopage acquitta lui tenant 
compte de sa bonne intention? On peut consulter à ce sujet le traité apo- 
cryphe d'Aristote, 'HOixtov ueyocXcov, 1. I, c. 16 (17) 2 . 

1. Le roman de Tristan et Iseut, traduit et restauré par Joseph Bédier, 
préface de Gaston Paris. Paris, P. Sevin et Rey, in-12. 285 pages. 

2. Édition Didot, t. II, p. 145. 



Chronique. i 5 5 

Mais il est inutile de faire intervenir ici le pseudo-Aristote. La littérature 
latine suffit. On a dû dire à la reine Mathilde que si son mari la négligeait, 
un philtre en était la cause, et cela a été pour elle une consolation. De là, 
le philtre qui, dans le roman, ôte la liberté à Tristan et à Iseut. Inutile de 
recourir sur ce point à une tradition celtique. 

Il n'y a de celtique que quelques détails, par exemple « pays des vi- 
vants », p. 99, en irlandais tir na m-beo (Windisch, Irische Texte, t. I, 
p. 133). De même, la maison de verre située entre le ciel et la lune où 
Tristan veut conduire la reine (p. 252), est la chambre aux brillantes fe- 
nêtres où Mac Oc emmena Etain Echraide (Windisch, Irische Texte, t. I, 
p. 130; H. Zimmer, Zeitschrift de Kuhn, t. XXVIII, p. 587). Le château 
enchanté de Tintagel, qui disparaît deux fois par an, est imité de celui qui 
appartenait au magicien irlandais Cûroi, et qu'une incantation rendait inac- 
cessible toutes les nuits quand le maître était absent (Fiai Bricrend, § 80; 
Windisch, Irische Texte, t. I, p. 293 ' ; George Henderson, Fled Bricrend, 
The feast of Bricriu, p. 102, 103). 

Mais d'autres détails sont de provenance différente. Telles sont, sur le 
navire, la voile blanche, signe joyeux de réussite, et la voile noire qui au- 
rait annoncé l'insuccès, p. 271, 279, 281 ; cette idée paraît empruntée à la 
légende de Thésée. Thésée, montant sur un navire pour aller en Crète 
combattre le Minotaure, emportait deux voiles, une noire, jjtiXav E<m'ov, qui 
devait servir en cas de défaite, une blanche, icmov Xeuzo'v, pour faire con- 
naître de loin au retour la victoire (Plutarque, Thésée, c. 17, § 6-7). 

Le jugement par le 1er rouge, p. 177-187, est un usage fort répandu au 
moyen âge, tant en Normandie que chez les Anglo-Saxons et dans les ré- 
gions voisines. Sur cette coutume barbare on peut consulter le Glossaire de 
Ducange au mot Ferrum candens 2 . Ce genre de preuve n'a nullement une 
origine celtique. 

Le fond du poème de Tristan et Iseut est franco-normand et féodal ; il 
est ce qu'exigeaient les mœurs franco- normandes du temps; autrement il 
n'aurait pu obtenir de succès à la date à laquelle il a été composé, et dans 
le milieu auquel le destinait la langue dans laquelle il a été écrit. 

XIX. 

Les hagiographes et les biographes bretons racontent la vie d'un certain 
Samson, gallois d'origine, qui aurait au VI e siècle fondé l'évêché, puis ar- 
chevêché, de Dol (voyez Albert le Grand « Les vies des saints », éd. Ker- 
danet, p. 409-427; Lobineau « Les vies de saints », éd. in-fol., p. 95-109; 
Levot « Biographie bretonne », t. II, p. 832-833). Saint Samson n'est pas 
moins connu dans le Pays de Galles (voyez Robert Williams, A biogra- 
phical Dictionary of eminent Welshmen, p. 468-469; Rees, An Essax on the 

1. M. Zimmer propose de corriger demithir « aussi noir » en deinithir 
« aussi rapide ». 

1. Édition Favre, t. III, p. 444. 



i 34 Chronique. 

•wélsh Sainls, p. 228-229). On a de lui quatre vies latines dont la plus an- 
cienne parait être celle que D. Plaine a publiée en 1 887 . Il semble certain 
que saint Samson a existe, qu'il a fondé à Dol un monastère, qu'il en était 
abbé, qu'il avait été sacré évêque; mais de là il ne se suit pas qu'il eût juri- 
diction épiscopa'le sur un diocèse, surl'archidiocèse de Dol tel qu'il existait 
au XVIII e siècle. Mg r Duchesne, ce terrible homme, a fort ébranlé le troue 
archiépiscopal de saint Samson (« Les fastes épiscopaux de l'ancienne 
Gaule », t. II, p. 381-382). M. F. Duine a été en Angleterre recueillir les 
traces laissées en ce pays par le culte de saint Samson. Delà une brochure 
de | | pages où il nous donne les résultats légendaires d'un voyagé authen- 
tique '. 

XX. 

Nous recevons à l'instant. Celtic Folklore, Welsh and Manx, par M. John 

Rhys. C'est une encyclopédie des traditions populaires du Pays de Galles et 
de l'île de Man 2 . On ne peut guère analyser cet important ouvrage. Il est 
divisé en douze chapities où sont réunies les légendes qui concernent : 
i° les fées des eaux, 2° la vengeance des fées, 3 les fées à tout autre point 
de vue, 4° le folklore de l'île de Man, 3° les traditions d'origine Scandinave 
qui persistent dans le comté de Lincoln, 6° le folklore des sources, 7»' les 
victoires du monde aquatique, inondations merveilleuses, etc., 8° les lé- 
gendes galloises concernant les cavernes, 9 celles qui prétendent expliquer 
des noms de lieu, io° les difficultés que présente l'étude scientifique des tra- 
ditions populaires, 11° la philosophie du folklore, 12° l'influence de la race 
sur le folklore et le mythe. Vingt-quatre pages à trois colonnes d'index fa- 
cilitent les recherches. Comme exemples des sujets divers traités dans cet 
ouvrage, signalons les traces modernes des fêtes celtiques : du I er mai, 
p. 20, 226, 293, 307-3U, 317, 326, 346, 691; du ier août, p. I), 256, 
237, 312; du 1 er novembre, p. 202, 203, 224-226, 315, 316, 320, 321, 
329, 686. Le nom du dieu Lugu-s, d'où Liigu-dunwn, persiste en dalles 
dans les composés plus modernes : Diu-lle pour Din-llcu, « forteresse » de 
Lugu-s, et Nant-ïïe pour Nani-lleu, « vallée » « ruisseau » de Lagu-s, p. 343. 
On peut reconnaître le nom du dieu Nodons -cutis, en irlandais Nuada, 
Nuadat, non seulement dans le LudJ = Nudd de la littérature galloise du 
moyen âge, mais aussi dans le Ludgate de Londres, en gallois ancien 
Porth-hid comme nous l'apprend Geoffroi dcMonmouth, HistOria Britonum, 
1. III, c. 20 3, où Lud est transformé de dieu en roi. 

La place de ce nouveau livre de M. Rhys est marquée dans la bibliothèque 
de tous les celtistes. 



1. Saint Samson et sa légende, Rennes. Francis Simon, 1900. 

2. Oxford, Clarendon Press, 1901, 2 vol. in-8, XLVi-7 18 pages. 

3. Juxta portam illam quae adhuc de nomine ejus Portblud britannice-, 
saxonice Ludesgata nuncupatur. 



Chronique. i 3 j 



XXI. 

Le septième demi-volume de la nouvelle édition de Paulys Real-encyclo- 
paedie dirigée par M. George Wissowa, vient de paraître ; la partie celtique 
y est fort bien traitée par MM. Hùbner, Ihm et Mùnzer. M. Holder, Alt- 
celtischer Spvachschat\ avait beaucoup facilite leur tâche. 

XXII. 

M. O. Schrader, professeur à l'Université d'Iéna, est l'auteur d'un livre 
sur la comparaison des langues et l'histoire primitive, Sprachvergleichung 
und Urgeschichte, qui a eu deux éditions, l'une en 1883, l'autre en 1890'. 
C'est lui qui, en 1894, avec le concours du botaniste A. Engler, a fait pa- 
raître la sixième édition de l'ouvrage si connu de Victor Hehn sur « les 
« plantes cultivées et les animaux domestiques en ce qui concerne leur 
« venue d'Asie en Grèce, en Italie et le reste de l'Europe », Kulturpflan\en 
und Haushiere in ihreii Uebergang ans Asien nach Griechenland und Italien 
soivie in das ûbrige Europa*. La Revue Celtique, t. XVI, p. 255, a dit un 
mot de cette édition. Le même auteur vient de publier sous une forme 
nouvelle le premier des deux ouvrages dont nous venons de parler. Dans 
cet ouvrage les matières étaient rangées dans un ordre méthodique ; au- 
jourd'hui il nous les offre dans l'ordre alphabétique allemand. Il y aura 
deux volumes, le premier, A -M, a seul paru 3. Les Celtes et les langues 
celtiques occupent dans ce volume une place importante. L'auteur connaît 
même la Revue Celtique, d'après laquelle il cite, p. 545, un article de 
M. Collinet 4. Cependant quelques articles pourraient être développés par 
des indications celtiques qui font défaut. Ainsi, p. 255-256, M. Schrader 
traite de l'amitié par le sang, Blutsfreuudschajt chez les Germains ; il ne 
parle pas de cette amitié chez les Celtes ; il aurait dû lire au tome XXVIII 
de la Revue de Kuhn, p. 463, cf. 456, ce que raconte M. H. Zimmer de la 
Blutsfreundschaft, ou Blutsbruderschaft, de Cûchulainn et de Ferdiad. Sui- 
vant M. S., p. 206, l'âne européen, originaire d'Afrique, est arrivé d'abord 
en Grèce et en Italie, de là plus tard chez les Celtes et chez les Germains, 
Il ne cite pas les passages d'Aristote « Génération des animaux » et « His- 
toire des animaux » qui établissent qu'au iv e siècle avant J.-C, l'âne n'était 
pas encore complètement acclimaté en pays celtique. 

Dans son article sur l'exposition des enfants, il ne dit rien des Celtes ; 
évidemment il n'a pas lu dans les Contents du Livre de Leinster, p. 31, la 



1. Iena, Hermann Costenoble, in-8, xii-684 pages. 

2. Berlin, Gebrùder Borntràger, in 8, xxvi-625 pages. 

3. Reallexikon der indogermanischen Altertumshinde, Grundqûge einer Kultur- 
und vblkergeschichte AUeuropas. Strasburg, Karl J. Trubner, 1901, in-8, 
560 pages. 

4. Revue Celtique, t. XVII, p. 321-336. 



t 56 Chroniqu . 

traduction par M. Atkinson du joli récit qui raconte comment Cairpre Cinn- 

caitt fit exposer ses enfants. Ii a étudié très sérieusement le savant livre de 
M. YYhitley Stokes, Urkeltisçher Sprachschat^, on le voit par les étymologies 
qu'il emprunte à cet ouvrage; il cite les Irish Glosses du même érudit ; il 
s'est aussi servi du dictionnaire publié par M. Windisch au t. I des Irische 
Texte, mais quand viennent les questions de droit celtique, on voit qu'il n'a 
pas lu les Ancient Laws of Ireland qu'il aurait dû citer' par exemple à propos 
de l'achat des femmes qu'on veut épouser, Braut-kauf, p. 109-110, cf. 
Heirath, p. 333 ; on peut signaler le même silence à propos du divorce. / - 
scheidung, p. 160-162 ; et cependant il est question de divorce dans le Senchus 
Mâr 2 . M. Schrader aurait dû aussi sur le même sujet consulter les lois gal- 
loises y. Il cite les livres de MM. M. Voigt et B.-W. Leist; je me suis trop 
servi des écrits de ces deux savants pour ne pas approuver l'honneur qu'il 
leur rend; mais ce n'est pas chez eux, c'est principalement dans les textes 
juridiques irlandais et gallois qu'il faut étudier le droit celtique. 

XXIII. 

La première livraison du Thésaurus linguae latinae, entrepris par cinq 
Académies allemandes, vient de paraître à la librairie Teubner. On ne peut 
qu'applaudir au zèle éclairé auquel nous devons cette savante publication. 
Le celtique y tient une place, bien qu'on ne puisse guère y remarquer l'em- 
preinte d'une œuvre originale à ce point de vue particulier. Dès la pre- 
mière page la préposition irlandaise ô, tta est présentée comme identique 
au préfixe latin au- (par exemple dans au-fero); c'est la doctrine de 
M. Brugmann, Grundriss, t. I, deuxième édition, p. 200, qui l'a empruntée 
à M. Whitley Stokes. Urkellischer Sprachschat\, p. 22. 

On aurait de la peine à découvrir dans le nouveau Thésaurus beaucoup 
d'additions importantes à Y Allcdtiscber Sprachschat^ de M. A. Holder. à 
moins qu'il ne s'agisse de publications postérieures à ce savant ouvrage. 

On peut comparer, col. 46 du Thésaurus, les articles Aballava, Abellio, 
avec les articles correspondants chez M. Holder. t. I, col. 5; l'article Abat- 
tis renvoie à un article de M. Ilùbner, Patilys Realencyclo- 
paedie, t. I, col. 13, qui date de 1X43 et qui est par conséquent postérieur à 
la première livraison de M. Holder. 1891 ; de même l'article Abellio, col. 65 
du Thésaurus, renvoie au t. XIII du Corpus inscriplionutn latinarum, tandis 
que M. Holder dans sa première livraison ne parle que des recueils français 
qui ont précédé ce t. XIII du C. /. L. encore en préparation en 1891. A 
l'article Abnoba de M. Holder, col. 8, le Thésaurus, col. 112, n'ajoute que- 
deux mauvaises leçons des mss. de Tacite; dans la 4 e édition de C. Ilplm, 

1. Ancienl Laws and Institutes -of Ireland, t. II, p. 546; t. III, p. 314; 
t. IV, p. 62. 

2. Ancient Laws and Institutes of Ireland, t. II, p. 362, 388, 302, 396. 

3. Ancienl Laws and Institutes oj Il'ales, édition in-folio, p. 38-40, 
44-46, etc. 



Chronique. 1 37 

t. II, Teubner, 1885, p. 220, dernière ligne, on trouve en note ces mau- 
vaises leçons, les génitifs Arnobae ou Arbonae, dont je ne devine pas l'intérêt. 

XXIV. 

La première livraison des Inscriptiones graecae ad res romanas 
Pertinentes 1 donne à la page 1 1, sous le n° 9, le nom de peuple à l'accu- 
satif ( >ùsX<xôviou;. Cette forme établit que vélaunio- était le thème du nom 
ethnique dont le nominatif pluriel Velauni figurait sur le monument de la 
ïurbîe, Alpes-Maritimes 2 . Velauni par un seul i final au lieu de Velaunii 
par deux i est une orthographe latine fréquente». Le monument de la 
Turbie date de l'an 6 avant notre ère et il n'y en a que des ruines. Le mot 
Velauni est du nombre de ceux que nous ne connaissons que par Pline, 
1. III, § 137; il ne se trouve point parmi les fragments de l'inscription qui 
existent encore. Mais il n'y a pas de raison pour contester à ce sujet l'exac- 
titude des éditions de Pline. 



XXV. 

Le premier fascicule du Recueil des chartes de l'abbaye de Saint- 
Bexoit-sur-Loire, par MM. M. Prou et A. Vidier vient de paraître \. On 
y trouve quelques noms de lieu intéressants. Ainsi dans un testament de 
l'année 651, Litmarus (p. 5) paraît identique au nom d'homme gaulois 
Litu-marus (Holder, Altceltiscber Spracbschat^, t. II, col. 249). Le Uceîhts 
viens du même testament, p. 6, porte un nom probablement identique au 
premier terme de UxeUo-dunum chez Hirtius, De bello gallico, 1. VIII, c. 32, 
40. Le territoiium Volabrense dans des chartes de 895 et de 898, p. 89, 90, 
tire probablement son nom d'un antique Vplo-briga, aujourd'hui Volesvre, 
Saône-et-Loire. homonvme d'une ville d'Espagne, Volobriga (Ptolémée, 
1. II, c. 6, 5 4°) ou Valabrica, d'où le dérivé Valab icensis, C. I. L., II, 
5561 i; M. Hùbner, p. 894 de ce volume, observe avec raison que la cor- 
rection proposée par Millier au texte de Ptolémée, Avo-briga pour Volo- 
briga sera difficilement admise. Signalons encore, p. 69, d'après une charte 
de 876, Isrum fluvium, masculin d'Isra, l'Oise, qui est au moven âge une 
va iante â'Isara (Holder, t. IL col. 74, 75); dans le même diplôme, un 
autre nom de rivière Burbuncia, probablement un déiivé de la racine fléchie 
borv d'où Borvo, -onis écrit Burbuue dans la légende d'une monnaie méro- 



1 Paris, L. Leroux. 1501, in -8, 128 pages. 

2. Corpus inscription um latinarum, t. V, p. 906, 907. 

3 Précis de la déclinaison latine par M. F. Bùcheler, traduction de 
L. Havet, p. 64. 

4. Paris, Picard, 1900, in-8, 208 pages. 

3. Comparez le nom de Valabrègue, Gard, écrit au XII e siècle Volobriga, 
Volobrica, Germer-Durand, Dictionnaire topographique du département an 
Gard, p. 232. Voyez aussi Revue Celtique, t. XIII, p. 280. 



138 Chronique. 

vingienne (Holder, t. I, col. 632). Botedono dans une charte de 796, p. 24, 
peut être un plus ancien Botto-dunum, à conclure de Battus (Holder, t. I, 
col. 496). 

XXVI. 

M. J. Leite de Yasconcellos a inséré dans les Procès-verbaux et Mémoires 
du Congrès international de Numismatique tenu à Paris en 1900, un article 
sur les Monnaies de la Lusitanie portugaise. Une de ces monnaies est celle 
d'Ebora, nom probablement ibérique, mais que l'on pourrait considérer 
comme le féminin du gaulois Eburos (Holder, Altcéltischer Sprachschat^, t. I, 
col. 1402). Une des villes dont parle M. L. de Yasconcellos, Baesuris, et 
non Aesuris (Hùbncr, Monumenta linguae ïbericae, p. 133, n° 180), a une 
désinence ibérique, cf. Gracchuris (Hûbner, ibid., p. 66, n° 65). Le nom de 
ville Gracchuris est un mot ibérique dérivé du latin Gracchus, on peut le 
comparer à Flavio-briga, nom géographique gaulois d'Espagne, dans lequel 
le premier terme est latin. 

XXVII. 

M. Franz Cramer, dberlehrer au gymnase de Dùsseldorf, vient de publier, 
sur les noms de lieu des provinces rhénanes. Rheinische Ortsnamen ', 
une étude qui ne pouvait manquer de me sembler très intéressante, à moi, 
car l'auteur paraît en général accepter mes doctrines, bien que suivant 
M. E. Schrôder, Gôttingische gelehrte An%tigen, octobre 1900, p. 785, mes 
livres se divisent en deux catégories, les uns trouvant chez les gens compé- 
tents une opposition qui ne comporte que quelques réserves, les autres 
impitoyablement repoussés par tous les savants. M. Cramer adopte, par 
exemple, comme M. Deecke, la thèse que j'ai émise sur la présence des 
Ligures dans le bassin du Rhin, avant l'arrivée des Celtes. 

Son mémoire est divisé en trois parties : i° noms ligures (p. 5-20), 
2° noms celtiques et gallo-romains (p. 20-115). 3 développements sur 
cinq noms de lieu particulièrement intéressants (p. 1 14-15 3). Suivent les 
index. 

Un nom qui paraît bien ligure est près de Trêves, Kersch, au IX e siècle 
Carasco. La Thur, affluent de 1*111, en Alsace, semble avoir le même nom 
que la Dora Baltea et la Dora Riparia en Piémont: Dorp, plus au nord, ré- 
gence de Dùsseldorf, est la forme moderne d'un plus ancien Dur-ipa, pour 
Dur-apa, dont le premier terme a la même origine. L'ancien nom de la 
Sauer en Alsace est Sura, également nom d'une rivière du département de 
la Drôme. Saravus, nom de la Saar, paraît un mot ligure formé avec un 
suffixe -avo- qu'on trouve également dans Taravo, nom d'une rivière de 
Corse, et dont la forme féminine, -ava, apparaît dans Ausava, aujourd'hui 
Oosbach, nom d'un affluent de la Kvll et d'un village près de Trêves. 



1. Librairie Ed. Lintz à Dùsseldorf, un volume in-8 de 173 pages. 



Chronique. 139 

L'auteur divise les noms celtiques et gallo-romains en quatre catégories : 
i° noms celtiques conservés par la littérature antique, 2° noms latins at- 
testés par la même littérature, 3 noms celtiques recueillis dans les docu- 
ments postérieurs à l'empire romain, 4 noms latins relevés dans les mêmes 
documents. 

Parmi les noms celtiques nous citerons Birten, régence du Dùsseldorf, 
qui serait un ancien Viro-dunum, un homonyme de Verdun. 

Voici trois critiques: nous ne croyons pas que le suffixe -isco-, p. 61, 
soit plus ligure que celtique. P. 53, note, M. Cramer paraît ignorer que 
Betriacus ou Bedriacus (Pline, 1. X, § 133, Tacite, Historiae, 1. II, c. 23) 
est une mauvaise leçon pour Bebriacus (Revue Celtique, t. XVII, p. 297). 
P. 93, je ne crois pas qu'il existe unsuitixe -giliim] la plus ancienne forme 
de la finale dont il s'agit est o-ialum ; ialum est le second terme de noms 
composés, et la doctrine la plus vraisemblable parait être celle de M. Thur- 
neysen : -ialum est identique au gallois iai c< espace découvert », c'est un 
synonyme de magus, champ. 

XXVIII. 

M. Mowat vient de me communiquer un mémoire de M. Plicque : Lug, 
dieu de l'or chez les Gaulois, qui a paru à Vichy en 1892. Ce que ce 
travail au titre bizarre offre d'intéressant est l'inscription inexpliquée 

APRONIOS 
1ERE 

. ESO 

Elle se trouve sur une statue de Mercure avec l'inscription: 

MERCURIO 

ET AUGUSTO 
SACRU M 

Il n'y a aucune preuve que ce Mercurius s'appelât en gaulois Lugus. Quel 
rapport y a-t-il entre iere et ieuvu, entre eso et Esus} Il est à désirer que le 
monument soit étudié par un épigraphiste plus compétent que M. Plicque 

POST-SCRIPTUM. 

J'ai inséré, p. 79, un sa\ant article de M. L. Duvau sur la prononciation 
du gaulois. Il ne se suit pas de là que j'accepte ses conclusions. Dans un 
prochain numéro je répondrai à mon érudit collaborateur. 

Paris, le 29 janvier 1901. 

II. D'A.RBOIS DE JUBAIN VILLE. 



PÉRIODIQUES 



SOMMAIRE: I. Zeitschrift fûr celtische Philologie. — II. La Revue Bretonne. — 
III, Studies and notes in Philology and Littérature (Harvard University). — IV. 
Proceedings of the Royal Irish Academy. — V. Annales de Bretagne. — VI. Bul- 
letin archéologique du Comité des Travaux historiques. — VII. Romania. — 
VIII. Transactions of the Devonshire Association for the Advancement of Science. 

— IX. Journal of the Royal Institution of Cornwall. — X. An Gaodhal (The Gael). 

— XI. Supplementi periodici ail Archivio glottologico italiano. — XII. Man. A 
Monthly Record of Anthropological Science. — XIII. Celtia. A pan-celtic Monthly- 
Magazine. — XIV. Zeitschrift fur alte Geschichte. — XV. Zeitschrift fûr deutsche 
YVoriforschung. — XVI. Zutschrift fûr vergleichende Sprachforschung. — XVII. 
Revue épigraphique. — XVIII. Publications of the Modem Language Association 
of America. — XIX. Revue des études grecques. — XX. Revue historique de Pro- 
vence. — XXI. Revue archéologique. — XXII. The Journal of the Society of An- 
tiquaries of Ireland. — XXIII. The Journal of the Royal Society of Antiquaries of 
ireland. — XXIV. Revue d'Ardenne et d'Argonne. — XXV. Feiz ha Breiz. 



I. 

Zeitschrift fur celtische philologie, t. III, deuxième livraison. — 
Nouvelle édition par M. Whitley Stokes du morceau intitulé Cath Cairnn 
Conaill « Bataille de Carn Conaill ». déjà publié par M. Standish I laves 
O'Grady; c'est en effet une partie des Mion-annala « Fragmentary Armais», 
615-710, que M. O'Grady a données dans sa Sïlva Gadelica, volume de 
textes, p. 390-413. volume de traductions, p. 424-449. La récension mise 
au jour par M. O'Grady (p. 396-401 du tome I, p. 431-437 du tome II). a 
été tirée par lui d'un ms. du xv c siècle, British Muséum, Egerton 1782. 
M. Whitley Stokes reproduit le texte inséré aux p. 11 5-1 17 du Lebor nu 
bUidre, écrit vers 1100, il donne les variantes du Livre de Leinster, 
p. 276-277, XII e siècle, et du Livre jaune de Lecan, p. 132, XIV e siècle. 
Dans la bataille de Carn Conaill, Guaire Aidne, toi d'une partie du Con- 
naught, fut battu par Diarmait, roi suprême, tils d'Aed Slane: cette bataille 
aurait été livrée en 649, suivant le fragment d'annales publié par 
M. O'Grady; en 648, 'si nous adoptons la chronologie de William Hen- 
nessy, Chronicum Scotorutn, p. 91 ; en 643, si l'on en croit les Annales des 
Quatre Maîtres, édition d'O'Donovan, t. I, p. 260: en 642, si l'on préfets 
la doctrine des Annals of Clonmacnoise, édition Murphy, p. 103. 11 est parlé 



Périodiques. 141 

de cette bataille dans les Annales de Tigernach, édition de M. Whitley 
Stokes, Revue Celtique, t. XVII, p. 189, et à la p. 64 des fragments d'An- 
nales publiés en 1860 par O'Donovan pour Ylrish Archaeological and Celtic 
Society. Le texte irlandais, édité par M. Whitley Stokes, est suivi d'une tra- 
duction anglaise due à ce savant celtiste. 

Édition prittceps par le même de Y Attira Senàin « Eloge de Senân », 
composition imitée de Y Anna Choluimb Cbilli « Eloge de saint Columba », 
que M. Whitley Stokes a publié dans le t. XX de la Revue Celtique. L'édi- 
tion de YAmraSenâin est donnée par Pérudit écrivain d'après le ras. H. 2. 
17, col. 832-837, du Trinity Collège de Dublin, xv e -xvi e siècle. Saint 
Senan, fondateur du monastère & luis Cathaig, aujourd'hui Scattery-island, 
île du Shannon, comté de Gare en Munster, aurait vécu au vi e siècle. Son 
nom apparaît, sous la date des 1 er et 8 mars, dans les Martyrologes 
d'Oengus (éd. Wh. Stokes, p. lv, lvi, lx, cxli), et d'O'Gorman (éd. Wh. 
Stokes, p. 46, 50). Des vies de ce saint ont été publiées notamment par 
Bolland (Mars, \. I, p. 761-778), par le P. De Smedt (Aeta Sanctorum Hi- 
berniae, p. 737-758), et par M. Whitley Stokes {Lires of Saints frotn the 
Book of Lismore, p. 34-74, 201-221)'. Il est question de ce saint au futur 
dans la Vie Tripartite de saint Patrice (éd. Wh. Stokes, p. 166, 206). Son 
éloge aurait été composé au vn e siècle (?) par Dallan, auteur prétendu de 
YAmra Choluimb Cbilli, qui paraît postérieur à cette date, ainsi qu'il semble 
résulter d'un mémoire de M. Strachan (Revue Celtique, t. XVII, p. 41). 

Mélanges extraits de mss. irlandais par M. Kuno Meyer. Le plus impor- 
tant de ces extraits est un texte du Tochmarc Emire la Coinculaind, où l'on 
voit comment Cûchulaind devint l'époux d'Emer. Ce texte est celui du 
British Muséum, ms. Harleyen 3280, fol. 270—35 b, xv e siècle. Dans la 
Revue Celtique, t. XI (et non IX), p. 442-453, M. Kuno Meyer avait donné 
un fragment important de ce morceau d'après le ms. d"Oxford, Bibliothèque 
Bodlèyenne, Rawlinson, B. 512, xiv e -xv e siècle, fol. 117 a — 118 a. 

Étude sur la diphtongue au en irlandais et en gallois et sur le groupe shi 
en gallois par M. Willy Foy. 

Les diphtongues terminées en u dans les langues celtiques par M. E. Zu- 
pitza. 

No avec fonction relative en irlandais par M. Strachan. 

Dissertation de M. H. Zimmer sur un passage corrompu du Tâin bô 
Cûailngi, Livre de Leinster, p. 55, col. 1, 1. 48. 

Étude de M. E. Ernault sur les mots bretons get, gant, rah, meurbet, a, 
da, douaren. 
■ Mémoire de M. Nicholsonsur la langue des Pietés continentaux. L'auteur 

1. Il était fils de Gerrchend etdeCoimgell suivant la vie irlandaise éditée 
par M. Whitley Stokes, d'Erchanus et de Coenigella dans la vie latine pu- 
bliée par le P. de Smedt, Erchanus, en irlandais Erchan, est une forme hy- 
pocoristique de Gerrchend. Senan serait du nombre des alii multi qui avec 
Ciaran, Columba, etc., ont formé le deuxième ordre des saints irlandais, 
Haddan and Stubbs, Councils and ecclesiastical Documents, t. II, p. 293. 



142 Périodiques. 

prétend y donner une traduction de l'inscription de Rom, publiée par 
M. Jullian, Revue Celtique, t. XIX, p. 170-173. Je crois que M. Xicholson 
a été bien hardi et aurait mieux fait d'attendre. 

Trente lettres adressées par Zeuss, auteur de la Grammatica celtica, à 
Christian Wilhelm Gluck, auquel on doit un mémoire célèbre sur les 
noms gaulois chez César. La première lettre concerne l'étymologie du nom 
de lieu Latiriacum, aujourd'hui Lorch, en Wùrtenberg ce en haute Au- 
triche: un appendice à la lettre 10, traite de l'étymologie du nom de l'Oise 
et de l'Isère, Isara. Signalons aussi dans la dernière lettre ce qui est dit du 
mot ambactus. 

Texte et traduction d'une satire irlandaise copiée par M. R. Henebry 
dans le ms. Renehan 70 du Collège ecclésiastique de Maynooth en Irlande; 
ce petit poème débute par un singulier mélange d'irlandais et de latin : 

Aithnidh dhomh homo re haoi, 

« Je connais un homme de science. » 

Plus bas, nomen, caput et rex. L'intérêt de ce morceau est dans les mots 
étranges qu'il contient. Un glossaire copié dans le ms. les explique ; tel 
ombal « poète ». Cet article est daté de Washington (cf. p. 118, 149). 

Mémoire de M. L.-Chr Stern sur le subjonctif en gallois. 

Suivent les comptes rendus critiques. Le premier, par M. J. Strachan, a 
pour objet la traduction du Fled Bricrend donnée par M. George Henderson 
(ci. Revue Celtique, XXI, p. 109-110). Le second concerne le travail de 
M. Rousselot sur « les articulations irlandaises » (cf. Revue Celtique, 
t XXI, p. 130). 

II. 

La Revue Bretoxxe, numéro spécial publié à l'occasion des fêtes de 
l'Union régionaliste bretonne de Guingamp, rend compte d'un concours 
de poésie bretonne, où M. Emile Ernault, évidemment fort compétent, a 
été pris pour juge. Les pièces couronnées sont imprimées avec traduction 
en regard. Quelquefois elles valent mieux que la traduction. Ainsi: 

Fouken dan avel digor, 
En pehini on ganet, 
Nag a wech dirak da zor 
Bugel em euz c'hoariet ! 

C'est-à-dire littéralement : 

« Chaumière au vent ouverte, 

« Dans laquelle je suis né, 

« Q.ue de fois devant ta porte 

« Enfant j'ai joué! » 

Voici la traduction donnée par la Revue Bretonne: 

« Chaumière ouverte à tcus les vents, où je suis né, que de fois dans 
« mon enfance n'ai-je pas joué devant ta porte ! » 



Périodiques. 143 

C'est le sens, mais c'est plat, reproche qu'on ne peut adresser au texte 
breton. 



III. 

Studies and Notes in 1 Philology and Literature published under the 
direction ofthe modem Language Departments of Harvard Universily, vol. VII, 
p. 185-203. — Mémoire de M. Arthur C.-L. Brown sur la « table ronde » 
avant Waçe qm' en parle dans son Brut terminé en 1 1 5 5 : 

Fist Artus la Roonde Table. 

Lazamon dans son Brut composé environ cinquante ans plus tard raconte 
avec détails comment et pourquoi cette table fut fabriquée par un menuisier 
cornouaillais. Elle fut ronde pour éviter qu'il y eut un haut bout et un 
bout bas, c'est-à-dire de bonnes places à côté de mauvaises, et par consé- 
quent des querelles causées par le choix de ces places. L'auteur pense que 
Lazamon a emprunté cette légende à la tradition celtique et il en rap- 
proche, p. 195, le texte de Poseidonios (Athénée, IV, 36), où Ton voit les 
Celtes assis en cercle à leurs repas, xàOïivtai èv x'JxXto; c'était la conséquence 
de la forme circulaire des maisons (Strabon, 1. IV, c. 4. § 3). 

IV. 

Proceedixgs oe the Royal Irish Academy, vol . VI, n° 1, p. 36-78. 
— Mémoire de M. J.-P. O'Reillv sur la colonisation milésienne considérée 
en ses relations avec l'exploitation des minerais d'or. L'auteur possède en 
géologie des connaissances qui me font défaut, il a beaucoup travaillé son 
sujet, mais je ne puis adopter sa doctrine, puisque suivant moi les Milé- 
siens arrivant d'Espagne appartiennent à la mvthologie évhémériste et non 
à l'histoire. 



V. 

Annales de Bretagne, t. XV, n° 4. — Fin de l'étude de M. Ferdinand 
Lot sur la Vita Merlini de Gaufrei de Monmouth (cf. Revue Celtique, t. XXI, 
p. 257). Voici la conclusion : « Ce poème est fait de pièces et de morceaux, 
« entre lesquels Gaufrei a eu peine à trouver un lien. Il n'est arrivé, et cora- 
« bien péniblement, à une certaine unité de composition qu'en déformant 
« d'une part des poèmes gallois sur le barde Myrddin, aujourd'hui perdus, de 
« l'autre les récits sur le fou Lailoken ». — Notes d'étymologie bretonne 
par M. Emile Ernault. — Mémoire de M. Baring-Gould sur les Cornavîi, les 
Otadini et la Bretagne armoricaine. — Chanson bretonne, Kloarek Sant-Ger- 
men, publiée par M. Vallée. — Suite des chansons bretonnes de la collection 
Penguern, éditées et traduites par M. Pierre Leroux. — Je n'ai que du bien à 
dire de ces articles, sauf celui de M. Baring-Gould qui, suivant moi, est de 
la dernière faiblesse. Il reproduit cette vieille rêverie de savants, que le nom 



144 Périodiques. 

de la Cornouaille anglaise provient de ce que le pays a la forme d'une corne, 
comme si les noms populaires avaient pour base les cartes de géographie, et 
comme si le mot corn avait jamais signifié « cap a dans les dialectes brit- 
tons (Robert Williams, Lexicon cormi-britatwicum, p. 66 ; D. Silvan Evans, 
Dictionary.of iht welsh Language, t. I, p. «Sj 5-^77). M. Baring-Gould dit, 
p. 548, que suivant le Glossaire de Cormac édité par M. Whitley Stokes en 
1862, les Gaels se sont assujettis les Bretons jusqu'à la Corne; il n'indique 
pas la page, c'est la page 29, article mogheime, où la Cornouaille anglaise 
est appelée tir Brelan Cornn, c'est-à-dire terre des Bretons Cornavi. Coi un 
est un génitif pluriel, au génitif singulier nous aurions cuirn. Cornn est 
dans le Glossaire de Cormac la notation irlandaise au génitif du gallois 
cernyw = Cornavi, originairement pluriel. Les Cornavi qu'on appelle en gé- 
néral Cornavii par deux i avec une orthographe plus savante qu'exacte, 
étaient non pas des Germains mais des Belges venus par mer du sud- 
est, c'est-à-dire d'une région qui est depuis longtemps germanique, mais qui 
à l'aurore de l'histoire ne l'était pas encore devenue. C'est à peu prés ce que 
disent les Triades à ceux qui veulent comprendre. 

T. XVI, n° 1 . — L'épenthèse des liquides en breton par M. Emile Er- 
nault. Suite des contes irlandais de M. Douglas Hyde par M G. Dottin. 
Les airs des Gwerziou de Luzel par M. F. Vallée. Recherches dialectales 
bretonnes, les noms propres de Plogoff par M. J. Loth. Tous ces articles 
seront lus avec profit. 

T. KVI, n° 2. — Suite du mémoire de M. E. Ernault sur les étymologies 
bretonnes. — Note de M. J. Loth sur les Cornovii et la patrie de saint Pa- 
trice. Il rejette avec raison l'hypothèse de M. Baring-Gould qui lait des 
Cornovii des Germains. 



VI. 

Bulletin archéologique du Comité des Travaux historiques et 
scientifiques. — Année 1900, l re livraison, p. xxxiii: inscription prove- 
nant de Cadeuet (Vaucluse) ; c'est une dédicace inédite au dieu Lanovalus ; 
p. 15, marque de potier, trouvée à Boulbon (Bouches-du-Rhône) : m. es- 
SVVIVS empivivs. Sur le nom divin Lanovalus, voir Holder, Altceltischer 
Sprachschat^, t. II, col. 142 (1897), d. Renie Celtique, t. XXI, p. 340. A 
Ëssuvius, comparez Esuvius, Holder, ibid., t. I, col. 1476-1 178. 

VIL 

Romania, juillet 1900. — Mémoire de M. F. Lot sur le roi Hoel de 
Kérahés, Ohes /(• vieil barbé, les chemins d'Abcs, et la ville de Cirhaix. 
Dans le roman de .Tristan et Iseut, le roi Hoel de Kérahés ou Carluix, est 
père d'Iseut aux blanches mains, rivale d'Iseut la blonde qu'un philtre 
amoureux a fait l'amante fatale de Tristan. Suivant M. F. Lot. Ahès = 
Osismi. Cette doctrine, exposée avec la science et le talent ordinaire de 
l'auteur, parait au premier abord fort séduisante, lin Bretagne, Car-haixj 



Périodiques. 145 

nom dont la seconde partie serait un terme antique de géographie, consti- 
tuerait un pendant au nom de ville gallois Car-marthen dont le second élé- 
ment est identique au celto-romain Mari-dunum (Mapt'Souvov, chez Pto- 
lémée, 1. II. c. 3, § 12; édition Mùller, p. 101, 1. 4; cf. J. Rhys, Early 
Britain, 2 e édition, p. 295). La chute de Ys intervocalique ou son rempla- 
cement par /; dans Ahes = Osismi, est conforme à une loi posée par la 
Grammatica Celtica, 2 e édition, p. 123. Mais bien que MM. Kùbler et Meu- 
se! aient adopté l'orthographe Osismi, il n'est pas certain qu'il ne faille pas 
lire chez César, avec double s, Ossismi, comme nous l'apprend M. Holder 
(AUceltischer Sprachschat^, t. II, col. 889), et Ys double se maintient en néo- 
celtique (Gr. C-, p. 120-121). Si Ossismi, 'Oalau.101 chez Ptolémée, est un 
doublet d"QaTi'ojvc; et d"ûoxîaio'. chez Etienne de Byzance le double .s' 
à'Ossimi = st, et aurait évidemment persisté. Une critique du mémoire de 
M. F. Lot a été publiée par M. J. Loth dans la Romania d'octobre et 
M. F. Lot a répondu à son presque synonyme dans la même livraison. 

VIII. 

Transactions of the Devonshire Association forthe advancement 
of science, t. XXXII, p. 341-389. — Calendrier des saints de Devon et 
de Cornwall dressé d'après les dates des fêtes d'églises, de chapelles, de 
villages et d'après les dates des foires, par le Rév. S. Baring-Gould, qui a 
mis en tête une bibliographie des martyrologes et calendriers du monde 
chrétien occidental. 

IX. 

Journal of the Royal Institution of Cornwall, vol. xlvi. — Le 
Rév. S. Baring-Gould a publié dans ce volume un discours prononcé par 
lui, en qualité de président, en une assemblée de la Société qui manifeste 
son existence en éditant le recueil dont nous venons de donner le titre. Ce 
discours a pour sujet les saints celtiques. Il en parle à peu près exclusivement 
d'après les textes irlandais : Livre de Lismore, Silva Gadelica, Vie tripar- 
tite, etc. 

Le même auteur a inséré dans ce volume un fragment d'un catalogue al- 
phabétique des saints qui ont rapport avec la Cornouaille anglaise, y com- 
pris la liste des églises et chapelles qui leur sont consacrées. Ce fragment 
commence à la lettre D et finit avec la lettre G incluse. Le nom de chaque 
saint est suivi d'une courte biographie, malheureusement sans indication 
de sources. 



An Gaodhal. — Le récit épique irlandais « Aventures du grand jeune 
« homme, fils du roi d'Espagne », Au macaomh môr mac n'gh na h-Eas- 
paine, dont l'impression, texte et traduction anglaise, avait commencé en 

Revue Celtique, XXII. 10 



146 Périodiques. 

mai dernier, t. XIX, n° 3, p. [39 {Revue Celtique, t. XXI, p. 252), vient 
d'être terminé dans le n° 12, du même volume, décembre 1900, p. 542-343. 
Le n° d'octobre contenait une pièce de vers écrite en irlandais par feu le 
Rév. Eugène O'Growney, athair Eogan O'Grambna (cf. Revue ('.chique, 
t. XXI, p. 429); c'est une traduction du chant américain « La bannière se- 
mée d'étoiles », The star spangled banner, le drapeau des Etats-Unis d'Amé- 
rique. Ce morceau étant destiné à être chanté, un supplément au n° de dé- 
cembre nous donne la musique sur les paroles irlandaises. Le n° de jan- 
vier 1901 donne à la p. 23 le portrait de M. Fred Xorris Robinson, ancien 
élève de M. R. Thuraeysen, à Fribourg en Brisgau, et aujourd'hui pro- 
fesseur de langue celtique à Harvard University, Cambridge, Massachusset. 
M. Robinson va, paraît-il, prochainement publier divers textes irlandais, 
un au moins de ces textes concernera le roi Niall aux neuf otages, mort 
au commencement du V e siècle après J.-C. 

XL 

Supplément periodici all' Archivio glottologico itaii.w'o, sep- 
tième livraison 1 . — Mémoire de M. Ascoli sur les adjectifs pronominaux 
cach, cech ; nach, nech. Ce savant mémoire est dédié à M. Whitley Stokes à 
l'occasion du soixante-dixième anniversaire de sa naissance (cf. Revue Cel- 
tique, t. XXL p. 230-25 1 ). 

XII. 

Man, a moxthly Record oe Anthropological Science, publication de 
V Anthropological Institute, 3, Honover-square, Londres, n° 1, janvier 1 901. 

— Note de M. |. Rhys sur la superstition des puits miraculeux dans l'Ir- 
lande moderne. 

XIII. 

Celtia, a pax-celtic Monthly-Magazixe. — Commencement d'un 
dictionnaire anglais-irlandais-gaélique d'Ecosse-mannois-gallois-breton. — 
Texte et traduction par M. T.-O. Russcl du passage du Livre de Leinster, 
p. 126, où il est raconté comment débuta dans la vie Moran Mac Maen. 

XIV. 

Zeitschrift fur alte Geschichte herausgegeben von August Hf.ttlf.r, 
t. I. — Mémoire de M. F. -P. Garofalo sur les Tétrarchies des Galates. 
L'auteur admet avec M. Perrot, Revue Celtique, t. I. p. 179-192, qu'au 
temps de saint Jérôme, 346-420, on ne devait plus parler gaulois en Ga- 
latie. je n'en suis pas tout à fait convaincu ; cf. Bloch, dans l'Histoire Je 
France deLavisse, t. I, p. 388, et Cramer, Rheinische Ortsnamen, p. 21. 



1. Turin, Ermanno Loescher, 1900, in-S. 



Périodiques. 147 



XV. 

Zeitschrift i-ùr Deutsche Wortforschung, herausgegeben von Fried- 
rich Kluge, t. I, p. 65. — Suivant M. Eduard Wôlfflin, le plus ancien 
exemple de chcca « cloche », se trouve dans la vie de saint Columba par 
Adamnan, 1. III, c. 31; par conséquent cette mention date probablement 
des dernières années du VII e siècle ; c'est la confirmation de la doctrine de 
.M. Kluge (Etymohgisches Woerierbuch, 5 e édition, p. 141, 142, au mot 
Glocke), qui croit que ce mot est d'origine celtique, mais n'a pu en découvrir 
d'exemple antérieur au VIII e siècle. M. E. Woelfflin ne donne pas exacte- 
ment son renvoi à la vie de saint Columba ; au lieu de c. 3 1 , lisez c. 23 (édi- 
tion Reeves, p. 234; Metcalfe, Pinkerton's Lires, t. I, p. 204). Le mot ciocca 
se trouve aussi dans la même vie, 1. I, c. 8 (Reeves, p. 33 ; Metcalfe, p. 8y). 
Ciocca paraît être le terme propre pour désigner les cloches à main, de forme 
carrée, emplovées dans les monastères irlandais et importées de là sur le 
continent. — P. 1 30-193, les noms de la semaine: i° à Babylone etNinive, 
par P. Jensen ; 2 chez les Sémites, par Th. Xôldeke; 3 chez les Grecs, 
par A. Thumb; 4 chez les Albanais, par le même: 5 chez les Romains, 
par Gundermann ; 6° chez les Celtes par R. Thurneysen, qui traite le 
sujet avec sa compétence ordinaire; 7 chez les néo-latins, par W. Meyer- 
Lubke. — P. 238, mémoire de O. Schrader sur les mots anchorago et brâca. 
De la comparaison du mot gaulois brâca « culotte », avec le mot anglo- 
saxon broc, vieux Scandinave broh, vieux haut allemand bruoh, même sens, 
et avec le latin suffragînes « jarrets » = * sub-frâg-in-es , c'est-à-dire ce qui 
est sous le croupion, *frâg, il résulte qu'il a existé une racine pleine indo- 
européeune bhrâg, dont la forme réduite, développée par intercalation d'il, 
se trouve dans le latin, frango. Elle a été emplovée pour désigner le vête- 
ment qui couvrait l'articulation la plus haute du membre inférieur. Le 
nom indo-européen était *bhrâga, mot apporté probablement avec le vête- 
ment dans l'Europe orientale par les Scythes et transmis par eux aux Ger- 
mains avant la première substitution des consonnes. Après cette substitution, 
ce mot devint en germanique brâka, prononcé broc, brôk par les Anglo- 
Saxons et par les Scandinaves. C'est la forme que les Gaulois adoptèrent 
avec le vêtement. Le vieux haut allemand bruoh représente un étage plus 
récent du développement phonétique; comparez les bragou bra{ des Bretons 
avec p breton égal /; haut allemand. 



XVI. 

Zeitschrift fur yergleichende Sprachforschung auf dem Gebiete 
der ixdoghrmanischen Sprachen, t. XXY1I. — Savant mémoire de 
M. R. Thurneysen sur le verbe celtique, 1° la particule ro, p. 52 ; 2° le dé- 
ponent et le passif en r, p. 92; 3 le prétérit en l, p. 11 1. 



i-j8 Périodiques. 



XVII. 

Revue épigraphiqjje, publiée par M. Espérandieu, n° 99, octobre, no- 
vembre, décembre 1900. — P. 131. Dédicace ai; dieu gaulois Belintis. Elle 
a été trouvée à Gréasque, Bouches-du-Rhône. C'est une des traces épigra- 
phiquès peu nombreuses du culte de ce dieu en Gaule. En dépit d'Ausone, 
Professores, V, 7-14, les inscriptions ont surtout offert son nom hors de 
Gaule, voyez Holder, Altceltischer Sprachschat^, t. I, col. 371-373. — 
P. 133 134. Deux dédicaces, deo anvalo ou axvallo par un gutaater. 
Elles ont été récemment trouvées à Autun. Le dieu Anvalus ou Anvalïus 
était inconnu, on n'avait jusqu'ici rencontré que le nom divin dérivé écrit 
au datif Anvalonhacu. Pour les exemples du gaulois latinisé gutuater, voyez 
Holder, t. I, col. 2046. La seconde des dédicaces nouvellement décou- 
vertes est faite par le gutuater Norbaneius Tballus dont le gentilice Norba- 
neius est dérivé de Norba, -anos, nom de la ville de Xarbonne, avant qu'elle 
fût conquise par les Gaulois, qui l'appelèrent *Xarbn, -ouos, d'où le latin 
Narbo, -onis. La première forme, Norba, est attestée par Hécatée de Milet, 
cité par Etienne de Byzance (Holder, t. II, col. 689). — P. 156-141. Dieux 
de la Gaule par Allmer, suite: Maires Nemetiales, Deus Nerim, Nert., 
Nymphae. 

XVIII. 

Publications oe the Moderx Langlage Association of America, 
vol. XV; New séries, vol. VIII '. p. xxxi-xxxix. — Lettre de M. Charles 
P. Monaghar, secrétaire de ï'Irish Historical Society of Maryland, à Balti- 
more; cette lettre est intitulée: The Revival of the Gaelic Language. L'auteur 
considère comme base de ce renouvellement les efforts faits par la Society for 
the Préservation of the Irish Language, fondée à Dublin en 1877. puis les 
travaux du Rév. Lugène O'Grawney, né en 1863, dans une partie de 1 Ir- 
lande où personne ne parle irlandais, et qui tout jeune se prit d'amour pour 
la vieille langue; il apprit l'irlandais au collège de Mavnooth où il entra 
en 1882 et où il resta six ans. Devenu prêtre en 1869, il fut à la tète du 
Gaelic Journal, comme codirecteur à paitir de cette date, comme seul di- 
recteur à partir de 1891: En 1894, déjà malade, il alla chercher un climat 
plus doux en Arizona, aux confins de la Californie, où il est mort en oc- 
tobre 1900. La Revue Celtique a parlé de ses livres. A coté de la Gaelic 
League de Dublin qui publie deux journaux : An claidheamh sohtis « L'épée 
de lumière », et le G ad c Journal, il v a une Gaelic League d'Amérique pré- 
sidée par le Rév. Richard Henebrv. élevé de M. Henri Zimmer, le célèbre 
professeur de Greifswald. Le Rév. Richard Henebry est professeur d'ir- 
landais dans la chaire fondée à l'Université catholique de Washington par 



1. Baltimore, in-8, 1900, vii-491-LXXXi pages. 



Périodiques. 1 49 

YAncient Order of Hïberhians, association de pauvres gens qui ont souscrit 
50000 dollars ou 250000 francs, et Miss Mary Moran, de Baltimore, a 
ajouté 10 000 dollars, 50000 francs. 

XIX. 

Revue des études grecques, t. XIII, p. 450-465. — Mémoire de 
M. Francesco P. Garofalo, intitulé « Observations sur les Galates ou Celtes 
d'Orient ». C'est un bon résumé de ce que les auteurs anciens nous appren- 
nent sur l'invasion des Celtes en Grèce et sur leur passage en Asie. 

XX. 

Revue historique de Provexce, i re année, 11° 1. — M. Clerc traite 
« Des Ligures dans la région de Marseille ». Il s'est trop servi de mes écrits 
pour que je puisse porter sur son mémoire un jugement impartial. 

XXI. 

Revue archéologique, année 1900. — Dans la revue des publications 
épigraphiques relatives à l'antiquité romaine par MM. Cagnat et Besnier, 
on trouve mentionnés quelques noms celtiques intéressants. Ainsi, dans le 
numéro de septembre-octobre, des inscriptions trouvées dans l'empire d'Au- 
triche, vallée de la Leitha, nous donnent les noms de personnes suivants : 
Octo Maguricis, Bussuro Attuae libertus, Suadru Adnami, Venisa Domionis 
J[ilia], Gaura Domionis f[ilia], Aiiuca Cambrissae f[ilia], Belatusa Cauti /[/- 
bertits] Boius, Comalus Verciovi f[iliits\. Une inscription de Koengen Wùr- 
tenberg offre les premières lettres sumel du nom géographique SumeJocenna, 
une autre les dernières médiales melocenes du dérivé Sumelocenensis. Le nu- 
méro de novembre-décembre nous présente un nouvel exemple du nom 
d'homme Ulattius trouvé en Italie à Acqui, près de Turin, et reproduit 
une inscription lue sur une plaque de bronze au castellum de Laugenheim 
dans le limes qui délimitait la Rétie septentrionale, on y trouve mentionnée 
la cohors prima Bit[urigum\. 

XXII. 

The Journal of the Royal Society of Antiquaries of Irelaxd, 
5 e série, vol. X, part. 5. — Exploration par M. S. A. d'Arcy de deux habi- 
tations lacustres près de Clones. L'auteur y a trouvé des objets: i°en pierre 
probablement néolithique, 2° en bronze, 5 en fer, une épée de fer, ce qui 
paraît indiquer une occupation très prolongée depuis les temps les plus 
anciens jusqu'à une date relativement récente, attestée notamment par un 
soulier de cuir. — Mémoire de M. Marcus Keanc sur la belle cloche qui 
aurait appartenu à saint Senan et qui remonterait au vi e siècle, si on en 
croit la tradition. — Mémoire de M. J.-C. Buckley sur la croix monumen- 



1 5 o Périodiques. 

taie de pierre dite de saint Tola. — Note de M. Stcwart Macalister sur les 
dernières lettres de l'alphabet ogamique, elles tireraient leur origine des 
voyelles romaines o, v, i, E, a. 

XXIII. 

Revue d'Ardenne et d'Argonne, n° de novembre 1900. — Notice par 
M. P. Collinet sur les inscriptions romaines du département des Ardennes; 
inscription inédite où nous trouvons le nom d'homme Messiçus déjà connue 
par une inscription de l'empire d'Autriche en Carinthie, vovez Ilolder, AU- 
celtischer Sprachschafy t. II, col. 576. 

XXIV. 

Feiz ha Brkiz. — Parmi les questions dont cette revue s'occupe, il v en 
a deux qui peuvent être de la compétence de la Revue Celtique et qui en 
tout cas méritent qu'on en parle à nos lecteurs. 

Je recevais il y a quelques jours la visite d'un jeune bachelier d'ensei- 
gnement moderne, qui une fois sorti du collège s'est mis à apprendre le 
latin. Il est fils d'un instituteur communal non congréganiste. Son père, 
qui en fait de langue ne savait que le français, se trouva un jour mis à la 
tête d'une école primaire rurale dans un groupe de population qui ne parlait 
que breton. Les enfants, ne comprenant rien, n'apprenaient rien. Il se mit 
bravement à étudier le breton, il fit sa classe en breton et ses élèves furent 
en grand nombre reçus au certificat d'études. Mais un jour vint un ins- 
pecteur, qui rappela ce maître au règlement. « Vous devez faire votre classe 
« en français, l'emploi de toute autre langue vous est défendu. » L'insti- 
tuteur voulut résister. Il fut envoyé avec avancement dans une commune 
où tout le monde parlait français et où son breton ne pouvait plus lui servir 
à rien. Il y a de cela une trentaine d'années. 

Je ne suis pas instituteur primaire. Je professe en français; et j'aurais 
bien de la peine a faire autrement; mais quand je me trouve en lace d'un 
élève anglais auquel le sens d'un mot français échappe, il m'ai rive quel- 
quefois de lui dire le mot anglais et je ne crois pas commettre un crime. 
Je penche donc à croire que les auteurs de 7v/- ha Brei\ ont raison lorsqu'ils 
demandent que le maître puisse se servir du breton pour expliquer les lois 
de la grammaire française aux petits Bretons qui ne savent pas le français. 

Il y a un point sur lequel je ne puis partager les idées qui paraissent do- 
miner chez Messieurs les auteurs de Feiz ha Breiz; c'est qu'il faudrait im- 
poser aux Bretons une orthographe uniforme, comme l'Académie l'a lait 
pour le français. Mais pour avoir une orthographe uniforme, il serait préa- 
lablement nécessaire de parler et d'écrire une langue unique. Le français 
est le dialecte parisien que Paris capitale a imposé à la France entière. Or 
il v a en Bretagne plusieurs dialectes et aucun n'a le droit ni le moyen 
d'écraser les autres. La Bretagne, d'ailleurs, ne possède pas un groupe de- 
littérateurs bretons qui puisse avec une autorité incontestée, comme l'Aca- 



Périodiques. 1 5 1 

demie française, exercer la contrainte morale que cette Académie a jusqu'ici 
pratiqué victorieusement sur tous les Français lettrés. La plupart de ceux 
qui raisonnent sur l'orthographe breton ne n'ont pas plus de titres scienti- 
fiques que de titres littéraires. Savent-ils seulement pourquoi ker s'écrit si 
souvent par k barré, et non par c comme ils le voudraient. Je l'ai dit dans 
le t. XXI de la Revue Celtique, p. 256. Le prétexte pour rejeter la lettre/: 
est que la lettre h est germanique !!! Et l'alphabet grec? et l'alphabet latin? 
et l'inscription gauloise de Novare, la plus ancienne inscription celtique 
probablement qui existe? et les monnaies gauloises? Mais trancher une 
question sans étude préalable est plus commode que de l'étudier. Étudier 
est si ennuyeux ! 

Paris, le 3 1 janvier 1901. 

H. d'Arbois de Jubaixville. 



Le Propriétaire-Gérant : Veuve E. Bouillon. 



Chartres. — Imprimerie Durand, rue Fulbert. 



CE LT I C A 



I. — Caledonium monstrum 

Au deuxième livre de son beau poème consacré à l'éloge de 
Stilicon, Claudien représente les diverses nations de l'Empire, 
que l'heureux général a délivrées de la terreur des Barbares, 
venant le prier, dans le temple même de Rome, d'accepter 
le consulat (400 ap. J.-C). Chacune de ces nations person- 
nifiées est décrite et le poète lui prête un discours. L'Espagne 
porte une couronne d'olivier et une robe pailletée de l'or du 
Tage ; la Gaule, tenant deux javelots à la main, se distingue 
par sa chevelure blonde et le torques qui orne son cou. Puis 
c'est le tour de la Bretagne tatouée : 

Inde Cahdonio velata Britannia monstro, 
Ferro picta gênas, cujus vestigia ver rit 
Caerulus Océanique œstum mentitur amictus ' . 

Ces vers sont d'autant plus intéressants que l'art antique ne 
nous a conservé aucune figure personnifiant la Bretagne. Il en 
existait cependant, témoin cette dédicace de York : Britanniae 
sanctae P. Nikomedes Aug(ustorum) n(ostrorum) libertus 2 , et cette 
autre du Noricum : \JST\oreiae re[g(inae) e]t Britannia(e) î . Mais 
les images que consacraient ces dédicaces ont disparu. Les au- 
teurs des articles Britannia, dans le Lexicon de Roscher et dans 

1. Claudien, De laudib. Stilich., II, 247. Le V(aticanus) 2809 a Calidonio, 
le Mediceus a Calcedonio (Claudien, éd. Jeep, t. I, p. 239. 

2. Corp. inscr. lat., VII, 232. 

3. Ibid., III, 5300. 

Revue Celtique, XXII. 11 



1 54 Salomon Reinach. 

la Real-Encycîopàdie de Pauly-Wissowa, ont bien rappelé ces 
inscriptions et quelques autres (dédiées aux Britannae maires 
et au Genius terme Britannicaè), mais n'ont pas mentionné à 
cette occasion les vers de Claudien. 

Le passage cité offre une difficulté qui a fort embarrassé les 
commentateurs : qu'est-ce que le monstre calédonien dont est 
voilée ou revêtue la Bretagne ? Whai that caledonian monster 
was, écrit Camden 1 , I am utterly ignorant. Sur quoi Gough, 
l'éditeur de Camden, met en note cette observation ridicule: 
A very Utile attention to the whole passage vould hâve tolJ 
M. Camden that Claudian meant the men and noi the beasts of 
Caledonia and called them monsters in the saine sensé that an 
European might speak of the présent Cherokees or South-sea savages. 
Il est difficile de pousser plus loin la déraison! — Dans l'édition 
Variorum de Claudien donnée par Lemaire, on lit: Quidnam 
intelligendum sit per Caîedonium moustrnm, non salis constat. 
Barthius ignotam feram fuisseputat. Et poterat sanemonstri aliqua 
speeies fingi, Caledoniique maris proprium haberi, quum tota sep- 
tentrionalis plaga miraculorum plena ah Romanis existimaretur 
(Tac, Ann., II, 24). Le commentaire rappelle ensuite que 
Juvénal (X, 14) qualifie la baleine de Britannica et que, 
d'après Burmann, une note sur le manuscrit de Leyde porte : 
monslro, id est eele. Mais comme la déesse Bretagne est vêtue 
d'une robe bleue (caeruîus ... amictus), la dépouille d'une ba- 
leine pouvait tout au plus orner sa tète, ce qui n'est pas aisé à 
concevoir. Heinsius a voulu lire vallata Britannia ponto, conjec- 
ture à rejeter ainsi qu'une autre, proposée parle même savant: 
vectaia Britannia moustro. Gesner et Burmann ont pensé qu'il 
s'agissait de la dépouille d'un ours et ont rappelé, à ce propos, 
le vers de Martial (Spect., 7), seul témoignage de l'existence 
de l'ours en Calédonie : 

Xiiild Caledonio sic pectora praebuit urso. 

Mais le commentateur se demande avec raison si un ours 
peut bien être qualifié, même en poésie, de monstrum. 

Il me semble que l'explication cherchée doit partir de ce 

j. Camden, Britannia, éd. Gough. t. III, p. 367. 



Celtica. 155 

principe que Chuidien voulait être compris, sans qu'il fût 
besoin de commentaires, par les lecteurs de son temps. 
Nous avons donc à nous demander ce que les mots Cale- 
doniitm monstrum devaient signifier le plus naturellement pour 
eux. 

Le nom romain de l'Ecosse, Caledonia, se présente souvent, 
dans les meilleurs manuscrits, sous la forme Calidonia. Même 
dans l'unique et médiocre manuscrit de YAgricola de Tacite, 
on trouve plus fréquemment Calidonia que Caledonia 1 ; Nen- 
nius (c. 56) écrit encore Silva Celidonis. M. Rhys pense que 
la désignation indigène pouvait être Calido, génitif Calidinos, 
d'où Caildenn dans Dûnchailden ou Dunkeld, et en bry'thoniqiïe 
ancien Calido, génitif Calidonos, devenu Celyddon dans Coed 
Celyddon, la forêt calédonienne 2 . 

D'autre part, la Calédonie était surtout connue des Romains 
par Tépaisse forêt qui en couvrait une grande partie, Cale- 
donum silvael, Caicdonii luci*, silva Calidoniaeî, salins Cali- 
donius 6 . L'armée de Septime Sévère, dans la campagne qu'elle 
y fit, s'avançait en abattant des arbres". Ptolémée appelle cette 
forêt KaXïjâôvio; op\j.i:; elle s'étendait probablement de l'ouest 
du district de Menteith, dans les environs de Loch Lomond, à 
travers le pays entier jusqu'à Dunkeld 8 . 

Florus dit que César poursuivit les Bretons dans les forêts 
calédoniennes, Calcdonias secutus in silvasv. Or, c'est à peine 
si César a passé la Tamise; donc, pour Florus, Calcdonius était 
simplement synonyme de Britannicus. Cette extension du sens 
de Caledonius est presque de règle chez les poètes romains de 
l'époque impériale. Ainsi Valerius Flaccus parle de VOceanus 



1. Hùbner, art. Caicdonii dans Pauly-Wissowa, Real-Encvd., p. 1348. Je 
rappelle qu'un des meilleurs manuscrits de Claudien porte, au vers cité, 
Calidonia. 

2. J. Rhys, Early Britain, p. 283. 

3. Eumène, Pancg. Constant., 7. 

4. 5/7. Italie, III, 597. 

5. Pline, Hist. Nat., IV, 102; Florus, III, 10, 18. 

6. Florus, 1, 17, 3 : Martian. Capell., VI, 666. 

7. "TXa; tiavov, Dion, LXXVI, 13. 

8. Rhys, Early Brilain, p. 225. 

9. Florus, III, 10, 18. 



i ^6 Salomon Reinach. 

Caledonius *; Stace écrit, dans un passage où il est évidemment 
question de la Bretagne insulaire en général : 

Quanta Caîedonios attoïïet gîoria catnposl 2 

Martial lait même de Caledonius une simple épithète de 

Brilannus : 

Quinte, Caîedonios Ovidi visure Britannos... > 

De même Claudien, dans le Quatrième consulat d'Hoiiorius, 
dit du comte Théodose : 

Ille Caledoniis posuit qui castra pruinis.,.4 

Or, nous savons par Ammien Marcellin s que le comte Théo- 
dose n'a guère dépassé Londres, où il avait son quartier général. 
Il résulte de ce qui précède: i° que l'expression Caledonium 
monstrum devait éveiller, tout d'abord, l'idée d'une forêt ha- 
bitée par des animaux sauvages ; 2° que cette forêt n'était pas 
proprement le Saltus Caledonius, mais une région beaucoup 
plus vaste, assimilée poétiquement à toute l'île de Bretagne. 

L'édition de Stace que j'ai sous les yeux imprime Calydo- 
uios ... cainpos. Ce n'est là qu'une bévue; mais la confusion 
de la Calédonie et des champs de Calydon, célèbres par la 
chasse de Méléagre, doit être très ancienne. Ainsi s'explique, 
comme je l'ai conjecturé il y a dix ans 6 , la légende rapportée 
par Solin", d'après laquelle Ulysse aurait abordé en Calédonie 
où un autel, portant des lettres grecques, attestait son passage. 
Pour justifier l'existence, dans le nord-ouest de l'Europe, d'un 
pays désigné par un nom hellénique, il était naturel que l'au- 
teur suivi par Solin — peut-être Pythéas ou Timée — fit 
intervenir Ulysse, le grand voyageur, dont on signalait aussi 
des souvenirs en Germanie, à Asciburgium 8 , et à l'extrémité 



i. Val. Flacc, Jrgon., I, 9. 

2. Stace, Sih'es, V, 2, 142. 

3. Martial, X, 44, 1. 

4. Claudien, De IV Cons. Honor 

5. Ammien, XXVII, 8. 

6. Reviw Celtique, 1890, p. 165. 

7. Solin, XXII, 1. 

8. Tacite, Germ., 5. 



Celtica. 157 

de l'Armorique, où l'on disait qu'il avait évoqué les morts 1 . 
Un antiquaire anglais, Powell, n'hésitait pas à écrire, en 1770, 
que les Romains avaient appelé Calidonia les parties boisées 
de la Bretagne en souvenir de la forêt de Calydon 2 . Ce rap- 
prochement de noms est trop facile pour n'avoir pas été tenté 
fort anciennement. 

Le sanglier envoyé par Artemis pour dévaster les champs de 
Calydon en Étolie était bien un monstrum, puisqu'il fallut, 
pour en venir à bout, toute une armée de héros. Il me semble 
évident que le public lettré du temps de Claudien devait en- 
tendre, par Calidonium monstrum, un sanglier de taille énorme; 
il y avait là comme un jeu de mots érudit qui ne pouvait offrir 
d'ambiguïté pour ses lecteurs. 

On se figure fort bien la Bretagne personnifiée portant sur 
sa tête, comme un voile (velata), la dépouille, c'est-à-dire la 
hure d'un sanglier. L'emploi du nom d'un animal pour dési- 
gner sa dépouille était familier aux poètes latins; témoin Sé- 
nèque, qui dit d'Hercule : Annal us venit leone et hydrâ*, pour 
signifier qu'il porte la peau du lion de Némée et celle de 
l'hydre de Lerne. 

Le sanglier, totem et emblème des Celtes continentaux, est 
également un animal sacré et symbolique en Bretagne. Il est 
fréquent sur les monnaies insulaires, en particulier sur celles 
des IcenH et au revers des pièces de Cunobelin> ; ailleurs, il 
apparaît souvent à l'état de symbole accessoire. « In the trans- 
mutations which the types so fréquent /y underwent, dit sir J. Evans, 
the boar is often fourni occupying the place of some other adjunct. 
It occurs beneath the horse, or ahove his hack, or even supplants the 
horse or bull. » Sur une monnaie de style barbare, le même 
numismate a cru reconnaître la partie supérieure d'une en- 
seigne surmontée d'un sanglier 6 , type qui se trouve sur les 



1. Claudien, In Rufin., I, 124. 

2. Archaeologia, t. 11(1773), p. 241. 

3. Sénèque, Herc.fur., 46. 

4. J. Evans, The Coins of the Ancient Evitons, Londres, 1864, p. 120, 
126, 245, 266, 322, 323, 331, 352, 354, 401. 

5. Ib'ul., p. 121, 222; cf. pi. XII, 4. 

6. Evans, The Coins, ttc, Supplem., Londres, 1890, p. 447 (pi. K, n° 13). 



1 5 8 S.ilomon Remach. 

pièces gauloises de Dubnorix et des Aulerques Eburovices r , 
ainsi que sur un bas-relief de Metz-. Plusieurs statuettes de 
sangliers en bronze, certainement de fabrique indigène, ont été 
recueillies à Hounslo\v>. Un sanglier (silhouette gravée) dé- 
core le milieu du grand bouclier découvert dans la rivière Wi- 
tham4. Dans le nord de l'Angleterre, on trouve souvent des 
sangliers sculptés en relief sur des stèles: citons un autel de 
Cilurnum, avec un sanglier au galop 5; une pierre de Vindo- 
lana avec l'inscription kg'. XXV(aleria) v(ictrix) et un san- 
glier 6 ; un autel d'Amboglanna avec dédicace des soldats de 
la même légion au dieu Cocidius et l'image d'un sanglier au 
galop/; un autel d'Ebchester, avec dédicace Dca Vitiri et, sur 
les tranches, un oiseau d'une part, un sanglier de l'autre 8 ; 
une stèle de Mayport avec dédicace de la XX e légion et san- 
glier au galop 9; une autre de Netherby, sans autre sculpture 
qu'un sanglier au repos devant une stèle 10 . En commentant ce 
dernier objet, Bruce fait observer que le sanglier était l'em- 
blème de la XX e légion et ajoute: Writersofthe lasi century 
regarded il as an emblem of Caledonia. Ces vieux archéologues 
n'avaient sans doute pas tort. La XX 1 -' légion, cantonnée en 
Bretagne depuis l'époque de Claude 11 , peut bien avoir eu, dès 
l'origine, le sanglier pour insigne, puisque le sanglier est aussi 
un des vieux emblèmes militaires romains; mais il n'est pas 
invraisemblable que son insigne se soit confondu avec celui 
des Bretons indigènes, comme il figure sur des dédicaces de 
légionnaires aux divinités du pays. 

Alors que le sanglier est d'un usage si fréquent dans les 
monuments de la Bretagne insulaire, l'ours n'est mentionné, 



i. Hucher, Art gaulois, pi. III et LXXIV. 

2. S. Reinach, Catal. sommaire du Musée de Saint-Germain, p. 46 
(n u 1 1 366). 

3. Franks, Proceedings of the Soc. of Antiquaries, 1865, p. 7 (23 mars). 

4. Horae Ferales, pi. XÏY. 

3. Lapidarium septentrionale, n° 114. 

6. lbid. 

7. lbid., no 574. 

8. lbid., n° 666. 

9. lbid., 11» 892. 

10. lbid., n° 787. 

1 1. Voir Fart. Legio du Dict. des Autiq., p. 1088. 



Celtica, 



159 



en relation avec ce pays, que dans le seul vers cité plus haut 
des Spectacles de Martial. Il semblerait donc préférable de re- 
connaître un sanglier dans le Caledonium tnonstrum de Clau- 
dien, même si nous n'avions pu alléguer, à l'appui de cette 
opinion, la vraisemblance dune confusion très ancienne entre 
la Calédonie et les champs de Calydon. 



II. 



Ux Dieu au maillet imberbe 



Il a déjà souvent été question, dans la Revue Celtique, du 
dieu gaulois au maillet, depuis 
le mémoire initial de M. de 
Barthélémy, qui fut comme le 
parrain de ce dieu 1 , jusqu'à 
celui où j'ai établi, à la suite de 
M Michaelis, que le dieu au 
maillet s'était appelé Sucellus, 
du moins dans une partie de la 
Gaule 2 . Je ne reviendrais pas 
sur le sujet si je n'avais qu'à si- 
gnaler quelques exemplaires 
nouveaux de ce type, dont il 
existe encore nombre de spéci- 
mens inédits dans les collections 
provinciales et privées. Mais 
celui que je veux faire connaître 
aux lecteurs de la Revue se dis- 
tingue de tous ceux dont il a été 
question jusqu'à présent par 
deux caractères également cu- 
rieux : ila été découverten Dane- 
mark et il est imberbe (fig. 1). 

Le Danemark et la partie mé- 
ridionale de la Suède ont fourni un certain nombre d'objets 




■ ! 






Dieu 'au maillet découvert en 
Danemark. 



1. Reviu Celtique, 1870, p. 1 et suiv. 
1. lbid., 1895, p. -15- 



i6o Salomon Reinach. 

— statuettes et vases de bronze, monnaies, verreries — qui 
sont évidemment de fabrication romaine 1 . Pour nous en tenir 
aux statuettes, je crois que la liste suivante, disposée par sujets, 
n'est pas loin d'être complète: 

Zens. Partie supérieure d'une figurine représentant Zeus en 
marche, type rare, découverte à Fionie (Aarboger, 1900, p. 67). 

— Buste de Zeus trouvé au Slesvig (Mém. de la Soc. des 
Antiq. du Nord, 1871, p. vi, 1). 

Mars. Statuette du type connu dit Mars itllor, de Sélandc 
(Montelius, Temps préhist. de la Suéde, fig. 220). — Autre 
Mars d'un tvpe plus rare, de Fionie (Mém. de la Soc. des Antiq. 
du Nord, 1871, pi. V, 2). 

Vénus. Statuette du type connu dit Vénus genitrix, d'Œland 
(Montelius, fig. 214). • — Vénus demi-nue, de Fionie (Mém. 
de la Soc. des Antiq. du Nord, 1871, pi. III). 

Ephèbe nu debout (Apollon?) Statuette de Fionie (Mém., 
1 87 r , pi. I). 

Ephèbe nu assis (Mercure?) Statuette de Langeland (ibid., 
pi. VI, 2). 

Génies. — Deux génies demi-nus, le premier tenant une 
patère, découverts l'un dans l'Upland (Montelius, fig. 213), 
l'autre au Jutland (Mém., 1871, pi. II). 

Lare. Statuette du tvpe romain connu, trouvée à Fionie 
(Aarboger, 1900, p. 75). 

Prêtre imberbe ou prêtresse, avec couronne radiée, du Jutland 
(Mém., 1871, pi. VII). Imitation barbare d'un modèle clas- 
sique. 

Homme debout tenant une rame, statuette du Jutland (Mém., 
1871, pi, VIII). Les traits et la chevelure bouclée de ce per- 
sonnage rappellent beaucoup les bronzes gallo-romains de style 
indigène. 

Taureau. Statuette d'Œland (Antiquités suédoises, fig. 370). 

Sphinx. Statuette de Sélande (Mém., 1871, pi. V, 1). 

De ces quinze statuettes, il n'en est aucune dont on puisse 
1. Montelius, Temps prèhist. en Suède, trad. S. Reinach, p. 153. 



Ceitica. 161 

affirmer qu'elle provienne d'Italie ; les meilleures ressemblent 
aux produits courants de l'art romain provincial. L'une d'elles 
(l'homme avec la rame) est probablement gallo-romaine ; une 
autre (le prêtre radié) est barbare, sans qu'on puisse suggérer 
une provenance. En tous les cas, la rareté de ces figurines suf- 
firait à prouver qu'elles sont des objets d'importation, au même 
titre que les verreries et les monnaies romaines; l'hypothèse 
d'une fabrication locale de statuettes de bronze au Danemark 
est absolument inadmissible. 

A ces quinze statuettes est venu s'ajouter, eu 1900, un 
exemplaire du dieu gaulois au maillet, découvert à Fionie, qui 
a été publié dans les Aarboger par M. Blinkenberg 1 . 

L'attitude et le costume sont absolument conformes à ceux 
des nombreux petits bronzes représentant le même dieu que 
j'ai énumérés et figurés en 1895 : le bras droit abaissé, le bras 
gauche élevé, le corps vêtu d'une blouse serrée à la taille par 
une ceinture nouée, un manteau agrafé sur l'épaule droite et 
retombant sur le dos. Grâce au bronze de Pernaud, seul intact 2 , 
et aux bas-reliefs, nous savons que le bras gauche levé tenait 
la hampe d'un maillet et que le bras droit abaissé tenait un 
vase. Dans l'état où se présente la figurine de Fionie, on ne 
pourrait pas placer un vase dans la main droite; cela s'explique 
sans doute parce que la main a subi une torsion, apparente 
même sur la photographie. 

Ce qui est absolument nouveau, c'est la physionomie du 
dieu. Alors que tous les exemplaires signalés jusqu'à présent^ 
au nombre de plus de cent, sont barbus et donnent la même 
impression que le Jupiter Sérapis de l'art classique 3, le dieu au 
maillet de Fionie est un éphèbe souriant, d'un type voisin de 
ceux de Mercure et d'Apollon. 

Comme tous les dieux au maillet ont été découverts en Gaule 
ou en pays celtique, il semble évident que celui de Fionie est 
sorti d'un atelier gallo-romain. S'il est imberbe, contre l'usage 
constant, c'est que l'atelier en question destinait cette figurine 

1. Aarboger, 1900, p. 75. 

2. Bronzes figurés, p. 138. 

3. La divinité delà stèle de Nolay est certainement féminine : c'est la 
parèdre du dieu au maillet (Bronzes figurés, p. 171). 



1 62 Salomon Reinach. 

à un pays où le dieu du tonnerre était conçu comme jeune, 
tandis que la Gaule, comme l'Italie et la Grèce, se le figuraient 
sous les traits d'un homme fait ou d'un vieillard. 

La découverte du vase de Gundestrup, de fabrication indu- 
bitablement Scandinave, très différent de tous les produits 
gallo-romains I , nous a fourni la preuve que plusieurs concep- 
tions mythologiques de la Gaule romaine se retrouvaient dans 
la mythologie du Nord. Il y a, toutefois, une différence im- 
portante et de même ordre que celle que nous avons signalée: 
le dieu accroupi, à cornes de cerf, est imberbe sur le vase de 
Gundestrup 2 , alors qu'il est barbu dans les monuments gallo- 
romains h 

Les archéologues qui se sont occupés avant moi du dieu au 
maillet, notamment M. Gaidoz4, ont insisté sur l'analogie de 
ce type avec celui du dieu Scandinave Thor. S'ils ont raison, 
l'assimilation a dû être faite dès l'époque romaine; les Scandi- 
naves auront reconnu Thor dans le dieu tonnant des Gaulois, 
comme une autre de leurs divinités, dont nous ignorons le 
nom, dans le dieu gaulois cornu et accroupi, Cernunnos. Mais 
si le Thor Scandinave était conçu comme un éphèbe, les 
images du dieu au maillet fabriquées en Gaule ne pouvaient 
convenir aux habitants du Danemark; on comprend, dès 
lors, qu'ils en aient commandé une variante imberbe à leurs 
fournisseurs gallo-romains 5 . 

Mais Thor était-il conçu sous les traits d'un éphèbe ? Dans 
la mythologie germanique de date récente, la seule dont nous 
ayons quelque connaissance directe, Thor est un dieu jeune, 
pourvu d'une barbe rousse 6 . On peut douter que ce dernier 

i. Nordiska Fortidsminder, t. II (seule publication complète). 

2. lbid., P l. IX. 

j. Bronzes figurés, p. 185 et suiv. 

4. Revue atchéol., 1890,1, p. 172, 176. 

5. L'existence de ces « fournisseurs gallo-romains » est mise hors de 
doute par la découverte, faite au Vestmanland, d'un vase de bronze avec 
dédicace à Apollon Grannus (Montelius, op. laitd., fig. 212), comme aussi 
par celle de plusieurs objets émaillés de fabrique gallo-romaine (Montelius, 
op. laud., p. 160). 

6. Mogk, ap. Paul, Grundriss, t. I. p. 1092: « Von grossem Wuchse, schô- 
mm Aullil-, jung ... ùberallaber mil rotem Hurle. » L'identification de Thor 
avec Jupiter et Hercule ne nous apprend rien sur son type physique; tou- 



Celtica. 163 

trait soit primitif; on peut aussi foire observer que l'art an- 
tique ne prête jamais de barbe aux dieux juvéniles et que, 
par suite, alors même qu'un Danois eût « commandé » en 
Gaule un dieu au maillet jeune, mais barbu, l'artiste n'aurait pu 
le satisfaire sans créer un type, comme celui de Jésus adulte, 
dont l'art gréco-romain n'offre pas d'équivalent. Sur le vase de 
Gundestrup, il y a des 
personnages barbus et des 
personnages imberbes; les 
premiers sont tous des 
vieillards, les seconds des 
hommes dans la force de 
l'âge. Même le dieu qui 
lutte avec un lion, repro- 
duisant le motif classique 
d'Hercule qui combat le 
lion de Némée, est im- 
berbe. Il semble donc 
qu'à une époque anté- 
rieure aux textes qui nous 
restent, les hommes du 
Nord aient considéré la 
face imberbe comme un 
attribut de la force et de 
l'activité divine. Evidem- 
ment, ce ne sont là que 
des hypothèses ; je de- 
mande seulement qu'on 

.,, ■ . A Fie. 2. — Bas-relief du Musée de Besancon. 

veuille bien reconnaître 

l'importance du nouvel élément qu'introduit la découverte de 
la statue de Fionie dans la question du Thor germanique 
et de ses rapports avec le Sucellus gallo-romain. 

Par la même occasion, je crois utile de présenter à nos lec- 
teurs un bas-relief du musée de Besançon, de provenance 

tefois, lorsqu'on lit dans Adam de Brème (IV, 26): Thor cum sceptro Jovem 
simulare viJetiir, on pourrait conclure de là que l'analogie entre les deux 
dieux tenait moins à leur apparence qu'à leurs attributs. Mais que vaut un 
texte d'Adam de Brème? 




164 Salomon Reinach. 

comtoise imprécise, qui a été publié par M. A. Vaissier sous 
ce titre un peu singulier: une figuration inédite des dieux Mânes 
(fig. 2) 1 . Il s'agit d'un groupe comprenant, à gauche, une 
femme drapée qui tient un vase, à droite un homme en blouse, 
le bras gauche levé et tenant un vase dans la main droite. La 
comparaison de ce bas-relief avec celui de Sarrebourg 2 prouve 
que le couple représenté est celui de Sucellus et de Nanto- 
svelta. Les deux mêmes personnages, non plus debout, mais 
assis, paraissent sur une stèle découverte en 1895 à Vertillum 
par la Société archéologique du Châtillonnais 5. 

Salomon Reinach. 



1. Mhn. de la Soc. d'émul. du Doubs, 1S95 (t. X), p. 3 j.5 - 

2. Bien gravé dans le Guide illustre du Musée de Saint-Germain, fig. 52. 

3. Rev. archéoh, 1900, I, p. 142. — Voici la liste des dieux au maillet 
dont j'ai eu connaissance depuis la publication des Bronzes figurés où j'en ai 
dressé la liste : Ch$r(?) Musée de Bourges. Statuette de bronze, Mém. de la 
Soc. des Auliq. du Centre, t. XXI, pi. III, p. il. — Lote-d'Or. Bas-relief de 
l'ancienne collection Baudot de Panv-la-ville, au musée de Beaune. Femme 
assise tenant une corne d'abondance, à côté du dieu barbu assis tenant vase 
et maillet. Moulage à Saint-Germain, n° 35058. — Bas-relief, décrit plus 
haut, de Vertillum. — Statuette de bronze trouvée à Nuits, vendue à Dijon 
avec la collection Baudot, aujourd'hui chez moi. — Marne. Terre cuite 
blanche de la collection Habert à Reims : partie supérieure de la statuette 
d'un dieu barbu tenant un maillet. On en a signalé de semblables à Bourg 
et à Cologne (Bull, de la Soc. des Antiquaires, 16 mai 1900; Rev. arch., 
1900, II, p. 461). — Haute-Saône. Statuette en bronze au Musée de Chalon- 
sur-Saône; le dieu tient les deux bras abaissés. — Savoie. Partie supérieure 
d'une statuette de bronze trouvée à Viuz (Marteaux et Le Roux, Voie ro- 
maine de Boutât a Aquae, Annecy, 1901, p. 41, fig. 4). — Alsace-Lorraine. 
Stèle de Sarrebourg au Musée de Metz, avec Sucellus, Nantosvelta et un 
corbeau (Rev. Celtique, 1895, p 45). — Suisse. Statuette de bronze à la 
Barfùsslerkirche de Bâle (Musée d'antiquités). 



THE DESTRUCTION OF DÀ DERGA'S HOSTEL > 



TOGAIL BRUIDNE DA DERGA 

(LU., Facs. 86 b 7 l 



65. Ba môr in tene adsùithe 2 oc Conaïriu cach n-aidche>, 
.i. tore caille. Secht ndoraiss ass. Intan doniscide (.i. ro berthi) 
crand asa thôib ba met 4 daig ndâirthaige cach tob no théiged 
asa thaib for cach ndon/5>. Ro bdtâr secht carpait deac di 
charptib Conaire f/ï cach ndorus don taig, 7 ba aireenai (.i. ba 
folh/i) dond aes bdtar oc forcsin 6 o na longaib in tsoillsi môr 
sin tria drochu ~ na carptf/. 

6) . Greatwas thefire ivhich was kindled b\ Conaire every night, 
to iL'it, a tore caille « Boar of the Wood ». Seven outlets ithad. 
When a log was eut ont of its side every fiante that used to corne 
forth at each ontlet was as big as the bla~e of a (burning) oratory. 
There lucre seventeen of Conaire' s chariots at every door of the house, 
and by those that were looking front the vessels that gréai light 
■was clearly seen through the wheels of the chariots. 

1. V. P . 9. 

2. See KZ. XXX 99. no ataithea, Eg. atsuide H. atothea St. 

3. n-oidchi H. n-aidchi YBL. 95 b 22. 

4. meitYBL. 

5. intan immorro no gluàisthea crand assa thôib, ba meitithir dam nder- 
taighi cech tobf (sic) no téiged dar cech ndorus de, Eg. INtan dujnisguiti 
C7-ant asa taob ba met doigh ndart/fi gach top noteigerf for gach ndorMJ don 
tig, H. ba meit daig ndartaige. St. 

6. ba forréil do aes na fairesena Eg. don aes na deiecsin YBL. ba liecnai 
do aes na fnresinoi, H. ba haireenae do ass na deicsin, St. 

7. droc/;/a, H. triaasna drochu YBL. tria dorcha St. 



1 66 H'/'.///, y Stokes. 

66. Samailte lat, a Fir rogain ! îor Ingcél, cisi suillse môr 

SUCUt ' ? 

Noconom-tba 2 a samail, ïor Fer rogain; acht manib daig' 
do rig. Ni tuca* dk and innocht in fer sin. Is liach a orguin*. 

Cid ahc (.i. dno) libse a rlathi/o' 6 ind tir sin hi tir Erend ? 
ol Ingcél. 

IS maith a ïlalhius, or Fer rogain. Ni thaudehaid 7 nél dar 
gréin o gabais 8 ûathius [.i. f/i ré loe — Eg.] o medôn erraig 
comédon iogamair, y ni taudchaid9 banna drûchta di féor 
co medôn lai, 7 ni fasenann 10 gaeth TI chairchech eethrae 12 co 
nonae, 7 ni forrûich T > mac tire [ni — Eg.] ina flaith acht 1 '* 
tarage iirend 16 cacha indse T 7 o cind blic^///^ co araile. Ocus 
atat sechi maie thire i ngialnai l8 f/'i fraigid ina thig-seom fri 
comète ind rechtasin, 7 ata cûl-aittiri iarna chûl .i. Mac locc, 
7 is he taccair 20 tara chend hi tig Gwaire. IS ina flaith atat na 
t/i bairr fer Erind À. barr dias 7 barr scoth 7 barr messa 21 . 
IS ina Mith as chombind la cach ferguth araile 22 ocus betis téta 
mc//dchrot, ar febas na cana 7 in tsida 7 in chàincomraic fail 



1. cia soillse môr sût Eg. cisi saillsi mor suut, St. sug/// H. 

2. Nimtha so H. Nimtha St. 

5. Nochomthasa a shamail raani daig YBL. Nochonamthasa a samail 
acht menib daig, Eg. minap doig H. 

4. nîr leirge Eg. ni thuetha YBL. 

5. ar is môr liach a olec do dénamh, Eg. H. omits. is liach a bith, St. 
is liach YBL. 

6. Chinas a flathiii^a libsi? Eg. cisi turcurta ilatha, H. cid ahc libsi a 
flaithiw^a St. 

7. tainic St. taudehad YBL. thudehaid Eg. 
( S. rogab St. 

9. thuited St. 

10. fasenaw LU. fasenan YBL., St. fhasgnânn, H. gluaisind, Eg. 

11. gaemgaeth YBL. 

12. cairchech[i] erboll mi'lji] innili, Eg. 

13. marbann Eg. foruich YBL. forruich H. (= for-ro-lich), furaich St. 

14. oui. YBL. H. 

1 5. darag Eg. taroigh H. ag St. 

16. on chind YBL. 

17. indise YBL. hindsi H. innisi St. 

18. hi ngialluigecht Eg. i ngiallus St. a ngiallnoi H. ingiallnai YBL. 

19. imcoimet St. coi met YBL. 

20. ag tagajV 11. tacras adal St. 

21. In YBL. Eg. IL and St. tins sentence follows the next. 
2J. achele St. araili YBL. 



The Destruction of Dà Derga's Hostd. 167 

scchnon J na hiErend. Ni thucca dia and innocht in ter sin. Is 
liach a orgain 2 . [ Is crôeb triana blath — Eg. ] Is mucc remi- 
thuitî mess. Is nôidiu-t àr âis. Is liach garsecle > do! » 

Ba hé 1110 lith-sa, (or Ingcél, co mbad se no beth and 6 , 7 
robad orgnin fo araile insin". Ni bu s andsu9 limsa indâs 10 1110 
zùiair 7 mo maxhair 7 1110 secht nderbrathir 11 7 ri mo thuathi 
dorat«5-sa duibsi I2 n'a tuidecht i n-athchor na ditwgae l i. 

IS fîr, is fir! or in t-aes '4 uilc rô batar immalle frisna dilvr- 
gachu. 

66. « Canst thon say, Fer rogain, what that great light 
yonder resembles ? » 

« I cannot Iikeu it to aughi », answers Fer rogain, « unlessit 
bethefireofa king. May God noi bring that inan there tonight ! 
' Tis a pity to destroy bim ! » 

« What then deemest thon », says Ingcél ' , « of that mon' s rcign 
in the land ofErin ? » 

« Good is Iris reign », replied Fer rogain. « Since hc assumed 
the kingship, no cloud has veiled the s nu for the space of a day front 
the middle of spring to the middle of antumn. And noi a dewdrop 
fell front grass iill midday, and wind would not totteh a beast's 
ta il mit il noues. And in Iris reign, front years end to yearsend, 
no iL'olf has attacha aughi save one Inillcalf of each byre; and to 
ntaintain this mk there are seven wolves in hostageship ai the side- 

1. sethnu YBL. sechnôn Eg. sethnoi M. 

2. t//rbrôd Eg. 

3. remituil, H. remetuit YBL. re tuitim mesa St. rian-ithi mcasa H 2 . 

4. noedead St. 

5. garsecle YBL. H. garsecle Eg., with ther interlined. garsecla St. gair- 
seicle H 2 , garséle LU. 

6. coraad he no tocrad and hinocht Eg. bid hé dochorad and YBL. 
combad he no teemad ann, St. 

7. Ba hë mo lit sie, bit he docoraJ ann. Bà hé orcuin fon ailiu dûn H. 
Ba argain mâr â chele hf, St. Ba he orgain fon aile YBL. 

8. nipo Eg. ni ba St. 

9. ansu YBL. andsa LU. hindsa St. 

10. indasYBL. andàs LU. oldas St. oldâs Eg, 

11. nderbraithre St. nd<Tprait/;/i H. 

12. ortap«/>si limbsoi, H. 

13. ria taidecht inn athehor ndibeirgi YBL. 96- 1 1. ria taidecht in athcor 
ndiberge, St. ria \o\gecht ind atheh/» - ndipt'rge H. 

14. in t-aes denma Eg. in t-aes demna 7, St. 



1 68 Whitley Stokes . 

wall in bis house, and behind this a further security, even Mac- 
locc, and 'fis be that pleads (for them) in Conaire's bouse. In Co- 
nairc's reign arc the tbree crowns on Erin, uamcly, crown of corn- 
cars, and crown of flowers, and crown of oak masl. In bis reign, 
too, cacb nian deenis the olbcr's voice as melodious as the strings oj 
lûtes, because of the excellence of the law and the peace and the 
goodwill prevailing throughout Erin. May God no! bringthat mon 
tbere tonight! 'Tis sad lo destroy bim. 'Tis « a branch through 
its blossom », 'Tis a swine that falls before mast. 'Tis an in- 
fant in âge. Sad is the shortness of bis lifel 

« Tins was my luch » says Ingcél,- « that lie should be tbere, 
and tbere should be one Destruction for anotber. It -were uot more 
grievous lo me tbctn my father and my mother and my seven bro- 
thers, and the king of my country, whom I gave up lo you before 
coming on the Irausfer of tbe rapine. » 

« 'Tis truc, 'lis truc! » say tbe evildoers who -were along wilb 
the reavers. 

67. Toscurethar 1 bedg na dibcrgaig a Tracht Fuirbthen 2 , 7 
dolvrat cloich cach fir léo do chur chairnd, ar ba si deochair 
Lasna? fianna hi tossuch eter orgain 7 maidm n-imairic. Corthe 
no chlantais4 intan ba > maidm n-imairic. Card 6 immorro fo- 
chertitis" intan ba 8 n-orgain [LU. 87' 1 ] Carnd ro laiset9 iaro;;/ 
intan sin, uaire ba orgain. Hi cianfoez/j on tig 10 on, ar na for- 
chlotis 7 na haiccitis 11 on tig 12 . 



1 . Toschuirther YBL. Doscuirether Eg. Tw^cuirethar H. Tucatar St. The 
« na dibergaig » seems to hâve been a gloss which lias crept into the text 
(Strachan). 

2. fuirbth'n YBL. fuirbthe Eg. 

3. donitis na St. boi lasna H. no bith laisna H 2 . 

|. «ocertais St. no clandaitis YBL. no clandaidfs H. 
5. ba YBL. bad LU. 
6 carn YBL. carnn St. 

7. focherdaitis YBL. focheirditis Eg. focerdis H. focertais St. focerda- 
tais IL. 

8. ba YBL. St. Eg. H., bad LU. 

9. lasatYBL. St. H. l.isat Eg. 

10. trâigh Eg. 

11. arna forcïostis 7 na hacatais, H. arna forcloitis 7 arna haiccitis, St. 
arna forclostais 7 na aiccitis YBL. 

12. arna forcloistfs 7 na faiciti's on bruidin, Eg. 



The Destruction oj Dâ Dcrga's Hostel. 169 

6y. The reavers make a start from the Strand oj Fuirbthe, and 
bring a stone for each man to make a caim ; for tbis was the dis- 
tinction wbicb at first the Fians made between a « Destruction » and 
a « Rout ». A pillar-stone they used ta plant when ibère would be 
a Rout. A caim, boive-ver, they used to make when there would be a 
Destruction. At tins tinte, tben, they made a caim, for it was a 
Destruction. Far from the bouse was tbis, tbat they might not be 
beard or seen therefrom. 

68. Ar dib fât[h]aib dorigset a carnd .i. ar ba bés carnd la 

dib/Vg, 7 d:\no co limais a n-esbada oc Brudin. Cach ôen no 
thiefad slân ûadi no btrad a cloich asin charnd, co farctais im- 
morro cloch[a] in Iochta no mair[b]titis occi, conïd assin ro fes- 
satar a n-esbada. Coma ed armit éolaig in tsenchassa coma fer 
cach clochi fil hi Carnd leca ro marbait dona diLvrgaib oc 
Brudin. Conïd din charnd sin atberar Leca i n-Uib Cellaig 1 . 

6S. For tivo causes they built their caim, uamelx, (first) since 
tbis was a cusiom in marauding, and, secondly, tbat they might 
find oui their losses at the Hostel. Every one tbat would corne safe 
from it would tahe bis stone from the caim: tbus the stones of ' ihose 
ibat ivcre slain would be left, and thence they would knoiv their 
losses 2 . And tbis is what meu skilled in story recount, tbat for every 
stone in Cam leca there -was one of the reavers killed at the Hostel. 
From tbat caim Leca in Hûi Cellaig is (so) called . 

69. Ataither tore tened la maccaibDuind desa do brith ro- 
baid do Conairiu. Conïd hi sin céttendal robaid dorigned, 7 
conïd dï adainter* cech tendal robaid cosindiu. 

IS ed armit iairend aile co mbad i n-aidchi samna no irrtha 
orgain Brudue, 7 conïd din tendàil lit lentar tendal samna o sin 
cosudiu, 7 clocha hi tenid samna4. 



1. CellaibLU. 

2. Cf. the Persian practice described by Procopius, cd. Dindorf, pp. 97, 
98; and see The Acadcmy for August 25, 1894, p. 134. 

3. adairur LU. 

4. YBL., Eg. H. and St. omit §§ 68 and 69, and the verbal forms shew 
that thèse paragraphs are late interpolations. 

Revue Celtique, XXII. 12 



170 Whiûey Stokes. 

6y. A « boar of a fire » is kindled by the sons o/Donn Dcsa to 
give warning to Conaire. So that is thefirsi warning-beacon that bas 
been mode (in Erin), and from it tothis day every warning-beacon 
is kindled. 

This is ii'hat olhers recouni : that il was on the eve 0/ samain 
(All-Saints-day) the destruction of the Hosîcl was wrought, and 
thaï front yonder beacon the beacon of samain i s fol lourd from that 
to this, and sloncs (arc placed) in the samain-//7<'. 

70. Dorônsat : iarom na dilv/'gaig comarli bali in ro lâsat 2 
a carnd'. 

Maith, tra, or Ingcél frisna héolchu, cid as nesam-i diin 
sund ? 

Ni anse, Bniden ûi Dergac "> rigbnugad 6 Revend. 

Bâtàr dôcho/ ém tir mathi do saigid a céli 8 don brudin sin 
innochrA Ba si comarli na ndilvrgach iaro/w nech [do chor Eg.] 
ûadib do descin IO dûs cinnas ro[m]both and ". 

Cia ragas and do deicsin in tigi ? 12 [ol câch i; |. 

Cia 110 ragad, or Ingcél, achl mad messi, ûair 1 ^ iss me 
dliges fiachu. 



l 5 v 



70. Then the reavers franicd a counsel ai the place where they 
hadput the cairn. 



1. Dogensat YBL. Dogensot H. gniset St. 

2. bali irrolsat YBL. uaili rolasit H. dorônsat St. 

3. in cardd, Eg. 

(. neasora YBL. nesa St. iss nessam Eg. 

5. Bruiden hui da Dergac YBL. 

6. Bruii/c» Da Derga, rigbruidin rigbrugad, Eg. Bruden hûi Derga ri- 
brmgen H. Bruiden hui Da Dergx rigbrugaid YBL. Bruiden Da D ( rgœ rig- 
brugad, St. 

7. doichi (pi. of doich), YBL. dochai H. Ropud doich lind Eg. 

8. a chéle YBL. 

9. Ropud doicli dind, ol Ingcél, fir maithi dochum a céli don Brudin 
sin hinocht, Eg. 

10. deicsin YBL. dechsain na bruidni St. desgin na bruine II. 

11. cinnas rob.is isin Bruidin Eg. cindus romboth and YBL. cinnui rom- 
both innti H. cinnus robas innti St. 

12. donfairese inti Eg. do dfecsin na bn/dne H. 
15. ol caucb II. 

14. huairi YBL. uair St. IL 



The Destruction of Da Derga's Hostel. 171 

« Well, thén », says Ingcél la the guides, « whai is nearest to 
us hère ? » 

« Easy (to say) : the Hostel of Hua Derga, chief-hospitaller of 
Erin. » 

« Good ineii indeed » (says Ingcél) « were likely to seek their 
fellows at thaï Hostel tonight. » 

This, ihen, was the counsel of the reavers, to send one of them 
to see how things were there. 

« JVho luill go there to espy the ho use? » says everyone. 

« JVho should go », says Ingcél, « but I, for 'lis I thaï am en- 
titled to dues. » 

71. Tothéit 1 Ingcél do thoscélad iorsm Brudin cosin sech- 
tmad (no cosin très) mac imlessan nà hoensûla ro bôi asaetun 
do chommus a ruisc isa tech do admilliud ind rig 7 na mac- 
côem robâtar immi isin tig, conda-dercacha 2 tria drochu 3 na 
csLïpat. 

Ro râthaiged^ iarom as[in]tig5 anall Ingcél. Docuirethar 6 
bedg on tig 7 iarnâ rathugud. 

77. Ingcél tuent to reconnoïtre the Hostel with one of the seven 
(or one of the three) pupils of the single eye which stood ont of his 
forehead, to fit his exe iuto the house in order to destroy the king 
and the youths who were a round htm therein. And Ingcél saiu 
them through the wheels of the chariots. 

Then Ingcél was perceived front the house. He makes a start 
Iront it after being perceived. 

72. Téit cor-rânic na dibcrga bali hiv-rubatâr 8 . Fochress9 



1. Taet H. Tét H 2 . Totheit YBL. Do tâet Eg. Luid St. 

2. coro dereca Eg. cowdodercacha H. 

3. drochtai H. dorchu St. 

4. Rathaiger St. Rathuiger Eg. '. rathaigeth H. 

5. asin tig YBL. St. Eg. asin tigh H. 

6. Tacuirethar YBL. Toc[u]redar St. Tocurethar Eg. Tocuretbar Eg. 1 

7. bed[c] de on tig amach St. Eg. 1 . 

8. i mbatar St. Eg.' i rabatar YBL. 

9. focreas YBL. Eg.' Focerd H. 



172 Whitley Stokes. 

cach cûaial imm alaile don dib/Vg ' f/ï éitsecht 2 in scéôil 3 . Ai- 
rig na âibergae bi firmedôn na cuardae4. Batâr héside Fer 
gér 5 7 Fer gel 7 Fer rogel 7 Fer rogain 7 Lomna druth 7 
ïngcél Caech. Sesiur 6 im-medon na cuardae?, 7 luid Fer ro- 
gain dia [fjrithchomarc 8 . 

j2. He weni till he reached the reavers in the stead wherein they 
were. Each circle of them nuis set around another to hear the tidings 
— the chiefs of the reavers being in the very centre of the circles. 
There were Fer gér and Fer gel and Fer rogel and Fer rohain and 
Foin na the Bnfjoon, and ïngcél the One-eyed — six in the centre 
of the circles . And Fer rogain weni to question ïngcél. 



73. Cinnas sin, a Ingceoil ? ior9 Fer rogain. 

Cip indas, for ïngcél, is rigda in costud : is [sjlûagda ! ° a 
sséselbe 11 , is flaithemda a fùaim x -, Cia bé, céin co pé x 3 ri and, 
gébatsa ^ a tech issinni non-dligim '5. Dothaet cor mo di- 
b(Vga l6 de. 

Foracaibsemne x 7 f/ï ldim daitsiu l8 _, a Ingceoil, fordat co- 



1. din dibeirg YBL. Isi annsin dorônsat na dibergaich tri cfrrchaill dib 
imm Inghél, Eg. 

2. heistecht YBL. chhsccbt St. 

3. dona àïbercachtaib frisna hetsichtaip ina sce'l, H. 

4. cuarta YBL. St. cûartoi H. him-medôn na tri circhull, Eg. 
j. gair St. YBL. H. St. and Eg. omit Fer gér. 

6. seisiur doib YBL. seisir doib St. 

7. cuarta YBL. St. circatl, Eg. 

8. |i Jreisnéis, Eg. ritchomorc Eg. 1 

9. uar H. 

10. slwû^do H. 

11. in shéissilbe Eg. a séselpe H. 

12. in toirmm, Eg. 

13. bé fo na be, YBL. St. be fo na be, H. be to nâbe Eg.' cia beith cinco 
rab Eg. 

14. gebassa YBL..gebasa St. gébatsa Eg. gebotsai H. gebat Eg. 1 

i). isin ni notdligim H. is inni dlegmait St. sinni dlegmaitEg. 1 is inni no 
dligim YBL. is in ni dligim St. 
16 dibergi YBL. 

17. Faracbaisemne YBL. forfacboigsimne cm H. Faracbamarne St. Fora- 
chaibsem E^. Forfacbamairni E^. 1 . 

18. deitsiu YBL. 



The Destruction of Dâ Dergas Hostel. 173 

maltae Conairi l . Nàdn-iurmâis 2 orgain co fesmais cia no beth 
inni >. 

Cest*, in dercacha-su a techs co maith, a Ingceoil ? frr 6 Fer 
rogain. 

Ro la 1110 sûil-se lûathchuaird 7 and, 7 gebait 8 im fiachu 
amal atâ. 

jj. « How is that, O Ingcél? » asks Fer regain. 

« However il be », answers Ingcél, « royal is ihe cas foin (?), 
hostful is the Innmlt : kingly is the noise thereof. Wheïher a king be 
there or not, Iwill take the house for whatl bave a right to. Thence 
my Inru of rupine cornet h 9. 

« We hâve Ieft il in thy hand, O Ingcél! » sa\ Conaire's fos- 
terbrolhers. « (But) we should not wreak the Destruction till we 
hnow who may bethereïn. » 

« Question, hast thou seen the house well, O Ingcél ? » asks Fer 
rogain. 

« Mine eye casi a rapid glande around il, and I will accept il 
formy dues as il stands. » 

74. IS dcithbcr duit 13 , a Ingùv/7, cia no 11 [LU. 87 b ] gabtha, 
ol Fer rogain: ar n-aiti uli til and 12 , ardri Herend, Cowaire 
mac Eterscf'l/ 1 ?. Ces/, cid atchondarc-su r 4 isind foclûi 1 '> féinnida 
in tige tri enech [in] rig l6 isind leith anall? » 

1. ar tri comaltai Conaire Eg. fordat comaltai Conairç, YBL. 

2. nat n-iûrfamais H. nad n-irmais St. nadniurmais YBL. nad iûrmaiss 
Eg. nach a-iurmuis Eg. ' 

3. nob'ad inti, Eg. no ueith innti, H. no beth indti YBL. nobt'/h indi St. 

4. Ose H. Eg. 

5. in ro dercaissiu in tech, Eg. 

6. uar H. 

7. luatheuairt St. H. Ro lamusa illuatheuairt Eg. 1 lûathchuâirt Eg. 

8. gébat Eg. gebotsai H. gebait St. gebat Eg'. 

9. Hère Zimmer would (needlesslv, I think) amend the Irish, KZ. 
XXVIIÏ, 566 

10. dait YBL. ont. Eg. 

11. ro YBL. 

12. ar n-aitire fil and, St. ar n-aitine fil ann Eg. YBL. Eg. 1 . 

13. jEYirsceoil YBL. Et/Vscéoil Eg. 

14. Cesc cit ateo/maircisie, H. Ces/ cid atcho?zarcflZ5siu YBL. cesc cid at 
connaccaiss Eg. 

13. ochlai Eg. fochlu YBL. St. fochloi H. fochlai H. 2 foclai Eg.'. 
16. for aghaidh in righ, H. 2 , fri heinech rig din leith anall Eg. 1 . 



174 Whitlt v Stokes. 

7_/. « Thon mayesi well accept it, O Ingcél », saitb Fer rogain : 
the fos ter fa I lier of us ail is ihere, Eriu's overh'ng, Conaire son of 
Eter stèle. » 

« Question, what suives! thon in the champioris high seul of the 
bouse, facing the King, ou the opposite side ? » 

Imda Chor.\u//c C(WDLONGAS 

75. Atchondarc and, ol se, fer gormainech rodr : rose nglan 
ngléorda lais: deitgen côir [comard aicci .i. se niamda né- 
manda 1 ]: aiged fochâel forlethan [leiss, Eg.| lin-folt find 2 
forordae fair : forti [cain, Eg. | choir imbiî, milech airgit inna 
brut 7 claideb ôrduird-+ inna làim: sciath co côicroth 5 6ir 
fair 6 : sleg côierind/ ina lâim: côinso s choir chain ehorcorda 
lais, os é amulach9, ailme/zmnach in fer sin. 

Ocus iarsin cia acca and? 

The Rooni of Corinne Condlongas. 

jj. « I sa-iu there », says Ingcél, « a man of noble eouuleuuuee, 
large, with a clear and sparkling exe, au even set of ieelh, a face 
narrow below, broad above. Fair, jla.xeu, golden hair upon hini, 
and a proper fillet around it. A brooeh ofsilver in bis maulle, ami 
in bis hauil a gold-hilted sword. A shield with five golden c ire les 
upon il : a five-barbed javelin in bis band. A visage just, fair, 
ruddx be balb : be is also beardless. Modesl-iuinded is that man! » 

« And a fier thaï, ivhom saivesl thou there? » 



i. sic Eg. deittgen coir comard comgel, St. deitgein coir comart com- 
gel Eg.'. 

2. Lini'oltt tinn fota, Eg. linfolt find YBL. St. Eg.'. hnd iolt LU. hnfolt 
iinn H. H. 2. 

3. foirtchi coir for a bullu H. 2 . 

4. t'rduirnd, Eg. orduirn YBL. ôirduird LU. orduimn H. St. Eg.«. 

5. cûicriud, Eg. cocroth H. 

6. for a muin H. 

7. coi'crennach, Eg. 

S. cainsiuEg. côinsi.H. cainso St. c.iinsi YBL. cuindsi H. 2 . cainsioEg. 1 . 
9. amulchach YBL. St. H. 2 , amulcach Eg. IL Eg.'. 



The Destruction of Dd Derga's Hosttl. 175 



I.MDA NÔI CÉLI CHORMtf/C 

76. Atawnare and triar fer 1 fris aniar, 7 triar fris anair, 7 
triar ara 2 bélaib ind fir chetnai. Atar-letî is ôenmathair 7 ôena- 
thair dôib [a nonbur — Eg.]. It é comaesa, comehore, co- 
malli, cosmaile uli. Cûlmongae foraib. Bruit ûanidi impu uli. 
Tanaslaide^ 6ir inna mbrataib. Cûarscéith chredumae foraib. 
Slega druimnecha ûasaib^. Calg 6 dét il-laim cach fir dib. Oen- 
reb léo uli .i. gabaid" cach fer dib rind a chldib eter a dâ mér 
7 imda-cuiret immâ mér, 7 nodâ-sinet 8 na claid/7; a n-ôenur 
iar sudi 9. Saraailti lat insin, a Fir rogain? or Ingcél. 

The Room of Connut-' s ni ne comrades. 

j6. « There I sàw three men to thewesi of Comme, and ihrec lo 
the cas! of him, and three in front ofthe saine man. Thon wouldst 
deem that the nine of them had one mother and one father. They 
are of the saine âge, equally goodly, equaliy beautiful, allalike. Thin 
rods (?) of gold in their nia 11 Iles. Beat shields of bron~e they bear. 
Ribbed javelins above them. An ivory-hilted sword in the hand of 
each. An unique feat they hâve, lo wit, cach of them takes his 
sword's point between his two fingeri, and they twirl the swords 
round their fingers, and the swords afterwards extend themselves 
bx themselves. Liken thon that, O Fer rogain », says Ingcél. 

77. Ni anse damsa a samail, for Fer rogain. Corm^c Con- 
dlongas I0 mac Conchobair insin, laech as deçh fil iar 11 cul 



1. YBL. Eg. and H. omit. 

2. ar Eg. Eg. ' . 

3. andar latso, Eg. 115» 1. Ata lat. YBL. St. Ada-lat H. Eg. 1 . 

4. Dcilgi, Eg. tanasluîdhe H. tanaslaidhi YBL. g6 b 2. tanasslaide St. ta- 
naeslaidea Eg. ' . 

5. huàistib Eg. huastu YBL. Sleg druimnech huasa, St. sleg druimnech 
os detcolg Eg. 1 .. 

6. Calgae Eg. cale YBL. 

7. gabuis Eg. gaipith H. 

8. imdosinet St. nadosinead YBL. nota sîniî H. no do sinet Eg.'. 

9. intan lecaitt huaidib, Eg. iar suidiu, St. YBL. H. 
iû. Conloingci" St. conloingesu Eg. 

11. for Eg. 



176 Wlùtlcy Stokes. 

scéith hi tirHerend, IS ailnv/nnnach in mac 1 sin. IS fail ni atâ- 
gcthar 2 innocht, is lâth gaile ar gaisccd. is bri[u]gu ar tre- 
b[th]aehas>. ISé+in nonbor ucut fil 5 immi-seom, na tri Dùn- 
gusa 7 na tri Dôelgusa 7 na tri D[i]ang//.\a 6 , nôi céli 7 Cor- 
maic Gv/longas maie Conchobair. Ni rubutar firu riam 8 ar a 
ndochur 7 ni ros-anachtatar riam ar a sochur9. IS maith in 
laech fail etorru .i. Connue Condlong/w 10 . Tongu a toinges 
rao thiiath 11 , tothâetsat nôi ndeichenbuir la Connue inna chét- 
chumscliu, 7 tothâetsat nôi ndechenbair la muint/Y, cenmothà 
fer cech airm dôib 7 fer cech fir dib, 7 roindfid I2 Connue com- 
gnim fri cach n-6enfer ar dor//.v na Bruidne, 7 maidlid'3 bûaid 
rig ;/(' rigdamnae nô airig dibrrgae, 7 immariefa elûd do [féin, 
Eg.J cid crechtach h a muinttv uli I 5. 

■jj. « Easy», says Fer rogain, « for me la liken Ihem. Il is 
Conchobar's son, Comme Condlongas, ihe besi hero behind a shield 
in tbe land of Erin. Of modesl mind is thaï boy! Evil is what ht 
dreads toniol.1l 16 . Fie is a champion of valour for feats of arms : be 
isan hospitalier for householding. Thèse are yon nine who surround 
hini, the three Dûngusses, and ihe three Dotlgussts, and the three 
Dangusses, il je nine eo ni rades of Cor mac Conlongas, son of Con- 



1. fer YBL. St. Eg. H. Eg.>. 

2. isfail madagetar innocht YBL. mad goeth. innocht Eg. is fael mado- 
getar màocht H. is fail madagethar inocht, St. is fail madogetrwr innoct. 
Eg... 

3. trebtachas Eg. trebtachws St. trebthochus YBL. trebthachws H. treab- 
tachus Eg. ' . 

4. iat dano Eg. is iat a nonbor Eg. 1 . 

5. fuite* H. 

6. na tri dôelg/^a 7 na t/i di'angwsa 7 tri ângusa Eg. na tri Dungt&ra 7 na 
tri Dulgwa 7 na tri Dangrwai, Eg.'. 

7. coemehéli Eg. 

8. ni rubatar riam firu, YBL. ni rubatar firu riam St. rupatar H. rubadur 
II. 2 , rubutar Eg. '. 

). ( '///. Eg. 

10. Ont. Eg. Conloingcs St. 

11. a toingend mo thuatha YBL. a tong mo thuath, St. Eg. '. 

12. raindfid YBL. Eg. roindfi St. roinnn H. roindfiu Eg.'. 

13. muirfid Eg. muidfid St. maidfid YBL. maoithn H. 

14. cithat crechtnaigthe H. cid crecbtaigthi YBL. 

15. Eg. omits a muinter uli 

16. CF. j 105 



The Destruction of Dà Derg'a's Hostcl. 177 

chobar. They hâve never slain mon on account of their misery, and 
they never spared theni on account of their prosperity . Good is the 
hero who is among them, even Cormac Condlongas. I swear what 
my tribe swears 1 , nine Urnes ten will fa II by Cormac in his first 
onset, and ni ne tintes ten will f ail by his peopie, besides a ntan for 
each of their weapons, and a man for each of themselves . And Cor- 
mac will share prowess wiih aux man before the Hostel, and he 
will boast of victory over a king or crownprince or noble of the rea- 
vers; and he himself will chance to escape, though ail his peopie 
be wounded ». 

78. Mairgiuras in n-orgain-sa! (or Lomna drûth, cid adâig 2 
ind ôénfir sin, Cormac Condlongas mac Concobair. Ton- 
gwsa a toing«3 mo thûath-», for 5 Lomna [Druth — Eg.] 
mac Duind Désa, mad messi conised mo chomârli 6 ni aid- 
lébthai 7 ind orgun cid daig 8 ind ôenfir sin nammd, 7 ar a lé- 
chet9 7 ar a febas ind làich. 

yS. « Woe to hint who shall wreak tins Destruction ! » says 
Lomna Drûth, « even because of thaï oue man, Connue Condlon- 
gas, sou of Couchobar. « / s-wear what my tribe swears », says 
Lomna sou of Donn Désa, « /// could fui fil my counsel, the Des- 
truction would not be attempted were il only because of thaï one 
man, and because of the hero' s beauty 10 and goodness! » 

79. Ni chwmthi 11 [a tarmesec — Eg.], îor Ingcéi: néla fe- 



1. i. e. his tribal god, or. perhaps, his tribal totem. « The Baperi arecom- 
monly called Banoku, they of the porcupine. Their great oath is that of ka 
noku « by the porcupine ». because the majority of them sing, to use the 
consecrated phrase, intimating that they feast, worship or révère that ani- 
mal », Folklore, XII, }2. 

2. fodâigEg. daig YBL. H. daig St. 

3. Tung a toing, Eg. Tongusa a toing Eg. 1 . 

4. thuatha YBL. 

5. uar St. H. ol Eg. or Eg. 1 . 

6. condrissed in comarli, Eg. 

7. aidliptlur H. aidlebthai St. haidlebthai Eg. 1 . 

8. fodâig, Eg. 

9*16echdacht Eg. leichetYBL. o6 b 28. lecet H. leicet Eg. 1 . 

10. ara lechet .i. ara caimi LU. 20 a 29. 

11. camci YBL. 96b 29. Eg. 1 . cuimei Eg. comei H. cumehi St. 



178 Whitley Stokes. 

mid 1 do&rtecat 2 . Fir rïgér ngûasfes 5 da //grûad ngabair géb- 
thair fris la lugi Fir rogain ruidfes. Ro gab do guth maidm 
fortsu, a Lomnae, ol Ingcél: at drochlaech-su 7 rot etar-sa-L 
Néla fémid àoïortecat. 

A[t] mbia basa lecht bas briscem lurgu mais (or traig 5 
maitne [LU. 88 1 ] do thig duind matin moch imbârach. 

Assu éc ernbais ar thromsluaigthig 6 coddet co teinnet co 
dered mbetha. 

Ni aisnébat sin na senchaid[i]~ dul darasa ônd orgain, co- 
rom-mé 8 nosn-ôrr9. » 

75?. « 77 is not feasible to prevent il », says Ingcél: « clouas 
of wedkness corne to you. A keen ordeal which wïll endanger two 
cheeks of a goal wïll bc opposed by the oath of Fer rogain, who luill 
rim. Thy voice, O Lomna », says Ingcél, « haîh taken breaking 

upon lhec: thon art a ivorthless warrior, and I kuoiu thee. Clouas 
of weakness conte to you . 

to a lord' s hou se early tomorrow morning. 

Easier ... death on a heavy-host-bouse ... to the woyld's end. 

Neither old men nor bistorians shall déclare thaï I quitted the 

Destruction, until I shall wreak it. » 

80. Na haithhr ar ri-einech IO , a Ingceoil, îor Gér 7 Gab//r 



1. feimmid YBL. femdith H. feimmid St. feimig Eg. 

2. dotecat St. dothecat YBL. dotcgat H. dot(ec)ut Eg. 1 . 

3. nguanfeas St. nguaisfeas YBL. nguaisfis H. nguainfes Eg. 1 . 

4. rotetatar YBL. St. rotfetatar H 

5. Atrhbia bas lechtoi bus brisgim lurcoi manaisi fri traig, H. Atmbia 
basa lecht bas brisce lurcu mais ïor traig, St. Atmbia bas \ lecht bas brisceara 
lurcu manais for traig YBL. Atmbia basalecht brisgem lurgu mas for 
traig, H 2 . Atmbia bassa lect bas b(riscem) lurcu mais for traig, Eg. '. 

6. tro sluaigthib St. tromsluaigib Eg.'. Asse cernmais ar tromsluaig 
tic H. 2. 

7. ni faisnebot sin riait sencharfei, H. ni aisnebet sin na seanchaid YBL. 
ni aisnébat sin naid senchaid Eg. 1 . 

8. from co-rop mè 

9. gurumme nosnoirr Eg.'. For the varions readings of Eg. see-Ap- 
pendix § 78. 

IO, Na bcn aithlv/- ar ar n-cncch, Eg. H. 2 , na aidbcr ar n-ainech YBL. St. 



The Destruction of Dd Dcrga's Hostel. 179 

7 Fer rogaiu. Iurthar ind org//;/ mani ma in talam fûe 1 , co- 
nonro-marbtharni 2 uli occi. 

A/'/go 3 dano, is deithhtr daitsiu, a Ingceoil, forLomna* mac 
Duind Desa. Ni daitsiu a domaine na orgneî. BfVa cend rig 
ala-thûathe lat hartbe 6 alaile, 7 toernae " as do thriur derbra- 
thar assind org///// .i. Ingcél 7 Ecell 7 Dartaid na dibergae. 

So. « Reproach noi onr honour, Ingcél », say Gér and Gabur 
a lui Fer rogdin. « The Destruction shall be wrought unless theearth 
break under il, until ail of us are slain thereby. » 

« Truly, then, thou hast reason, Ingcél », says Lomna 

Dnilh sou of Doua Désa. « Kot to thee is the loss causée! by the 
Destruction. Thou wilt carry of the heàd of the king of a foreign 
couutry, unth thy slaughter of another ; and thou and thy brothers 
(ii'ill) escape front the Destruction, eveu Ingcél and Ecell and the 
Yearling of the Rapine. » 

81. IS ansu damsa \mmorro, (or Lomna drûth. Mairg damsa 
ria câch, mairg iar câch! Is 8 1110 chendsa cetna 9 imc[h]oi- 
cert[h]âr and in[n]ocht iarsind uair 10 eter fertsib carpat ait JI i 
comraicfét diabolnamait 12 .i. focichertbar insin Bruidin 1 ? co fa 
thri 7 dofoicherthfl/' 1 * eisse : 5 co fathri. Mairg no thet l6 , mairg 



1. midroe St. Eg. 1 . mani maidein talam Eg. 

2. cononrobarbtharni LU. coreonrommarbtharni YBL. St. nocorom- 
martharsa Eg. av/onromarbt/w/'ne H. a'«onromarbtarni Eg. 1 . 

3. Is gô, Eg. Angoi H. 

4. Lonnas druth YBL. 

5. Ni duitseo a doirthi//^ no doraaini inna airgni sea hinocht, Eg. ni 
duidsiu a domaine na hoirene YBL. ni daitsiu a a domaine na hoirgne St. 

6. la airtbi YBL. lat artbe Eg. lat airtbe St. lat airbiu Eg. '. 

7. doérnaba Eg. taerna YBL. toerna St. to erno Eg. 1 . doernabô, H. 

8. IS hé Eg. 

9. ceto- H. céta St , .c. YBL. 

io. cétabertar and iarnuâir Eg. ceta imchoichertthar YBL. ceta imcoichertar 
Eg. '. imehoicerthar St. 

11. ferstip carpot airm H. 
r 12. diabol namat LU. diabolnamaid YBL. 96 b 49, na diabulnâmait Eg. 

13. isin mbruidin YBL. St. Eg. 1 . lafithir isin mBruidin Eg. 

14. cuirfithir Eg. no foicerthar St. Eg. 1 . 

15. esti YBL. H. eisi St. eisti Eg, esti H. 

16. theit YBL. teit St. Eg. 1 . teit 7, Eg. 



iSo Whitley Stokes. 

lasa tiagar 1 , mairg cos' tiagar! It|t]roich 2 nothiagat, it[t]rôich 
cussa tiagat 5 ! 

Ni fil nad va damsa, ol Ingchel, inid -+ mo taathar 7 mo 
athar 7 mo scchl nderbratharS [7 ri mo thuaithe — H.] orta- 
bair-si limsa. ni fail ni nad fôélusa. o sin inond 6 . 

Cid finbarc totesst'rf treu7, ol Gér 7 Gab//r 7 Fer rogain, 
iùrt[h]ar lat ind orgain innocht. 

Mairg dos-LVra 8 fô lamaib nâmat », for Lomna. Ocus cia 
acca and iarsin ? 

Si. « Harder, however, it is for me », says Lomna Drûth: 
« woe is me before every one! woe is me after every one! 'Tis my 
bead that will be first tossed about there tonighi after an hour 
a mous the chariot-shafts, where devilish focs will niect . It will be 
flung into the Hostel thrice, and thrice will it be ftung forth. Woe 
(lo hini) that cornes! woe (io bim) with whom onegoes! woe (to 
him) io whom onegoes! Wretches are they that go! wretches an 
they lo whom they go ! » 

(( There is noihing that will corne lo me », says Ingcél , « in 
place of my mother and my father and my seven brothers, and the 
king of my district, whom ye destroyed with me. There is noihing 
that I shall not endure henceforward. » 

« Though a ... should go through them », say Gér and Gabur 
and Fer rogain, « the Destruction will be wroughi by thee 
tonight. » 

« Woe (to him) who shall pat them nnder the hands of focs ! » 
says Lomna. « And whom sawesi thon afterwards? » 



1. tiagthar YBL. tîaghar Eg. 

2. troich IL troig YBL. 

3. IS troich teit, is troich cos' tiagar Eg. (i)troich teit itroig cusa tiagar 
YBL. cossa tiagar St. gzwa tiagnr H 2 . c/«a (ti)agair Eg. 1 . 

4. hi n-inad, Eg. indi St. inid YBL. iniit Eg.'. 

5. nderbraithir YBL. ndcrbrathaiY St. 

6. Ni fail ni nad fôeluia osin himach cid môr a domain duinne na airgni, 
Eg. 

7. dotcis (l / tre/u (?) YBL. tôesad treothu, Eg. treot, II. toteissfrf treut St. 
Eg.'. 

■S. Iss mairg dalta diles deirberidi dolv'ra io lamaib a nâmat n-allma- 
rach. Eït. maire dobira fa lamu namutt, EsJ. 



The Destruction of Dd Dergas Hostel. 181 

I.MDA XA CRUTHNECH IXSO 

82. Atconnarc and imdae 7 triai: [adbolmor, Eg.| indi, tri 
dondfir mora, tri cruind-berrtha foraib, it he [côiri — Eg.] 
comlebra for cul 7 étun r . tri gerr-chochaill dubae impu co 
ulni 2 . céinnidi 5 fota for [s]na cochlaib. Tri claidib duba dimôra 
léo, 7 téora dubboccôti ûasaib, 7 téorâ dubslega lethanglassa 
uassaib, RemithiH inb/r cairi crand cachae dib. Samailte lat 
sin, a Fir rogain 

The Room of the Picts, lins. 

82. « / saw another rooni there, with à huge trio in it : three 
brown, big men : three round heads of hair on them, even, equally 
long at uapc and forehead. Three short black cowls a bout them 
(reaching) to their elbows : long hoods were on the cowls. Three black, 
hnge swords they hcid, and three black shields they bore, with three 
dark broad-green javelins abovetheni. Thick as thespit of a caldron 
was the shaft ofeach. Liken thon that, O Fer rogain ! » 

83. IS andsa damsa a samail. Nis-fetwrsaî i n-Her/m/ in 
triar sin, acht manid hé in triar ucut di 6 Cruithentûaith dodeo- 
chatar for longais asa tir C0wda-fil7 hi tegloch Conairi. It é a n- 
anmand : Dubloinges mac Trebiiait 7 Trebudit mac hûi 
Lonsce 8 7 Curnach mac ûi Fâich9. Tri lâich atadech gaibthe 10 
gaisced la Cruthsutûaith in triar sin. Dofàethsat 11 wôî'ndechen- 
bor léo ina chétch«mscliu, 7 dofaeth fer cech airm léo 12 cen- 

1. Hère there is a lacuna in Eg. down to § 97. 

2. ulnib YBL. huilind St. huillm H. 

3. 7 cendidi YBL. 7 cennide H. 

4. reimir, St. Eg. 1 . remitir YBL. reimith/rH. 

5. ni fetar St. Eg. '. ni fedursa YBL. ni fhetarsa H. 

6. manid iat in triar ût do St. minad iatt in triar ucud di 11. 

7. condofilet H. «wdofil Eg. 1 . 

8. Loingsigh, H. Loinsce, St. 

9. Fiaich YBL. H. St. Eg.'. 

10. A Middle-Irish corruption oî gaibte, près. ind. relative plural oigabim. 
See Strachan, CZ. II, 488, III. 11 5. 

11. Totaetsot H. dofoethsat Eg. ; . 

12. datlîaed fer cach airm doib, YBL. dofaeth ier gacb airm doib, H. do- 
foeth fer cech airm doib Eg. '. 



;82 Whitley Slokes. 

motha a fer fessin, 7 cowraindfet comgnim tri cach tn'ar ' isin 
Brudin, 7 maidfit 2 budid rig3 nô airig dibergfe], 7 immaricfa 
élod dôib iarsin cid at cfechtaig4. Mairg iuras in n-orgain cid 
daig in trir sin namma! » 

Tongwdo dia tongwmo thûath, mad mo chomarle dognethe 
and ni iurthaS ind orgain, (or Lomna Dr/'/th. 

Ni cwmcaid 6 , ior Ingcél: néla femid dofortecat7. Fir ngér 
[njgûasfes 7r[l.] 8 . Ocus cia acca and iarsin ? 

S3. « Hardit is for me (to find) their like. Ihiow not in Erin 
thaï trio, unless il be xou trio of Pictland, whowent into exile from 
their country, and arc (now) in Cornues bousehold. Thèse arc 
their naines: Dublonges son of Trcbitat, and Trebûat son of Hna- 
Lonsce, and Curnach son of Hua Fâich. The three who arc best in 
Pictland at tàking a uns arc thai trio. Ninedecads will fall at their 
hands in their firsi enconnter, and a nian will fall for cach of their 
iveapons, besides one for cach of thcniscivcs. And they will share 
prowess with every trio in the Hostel. They will boast a victory over 
aking or a chief of the reavers.; and they will afterwards escape 
though wounded. Woe to him who shall wreak the Destruction, 
though it be only on account of those three ! » 

Says Lomna Druth: « / swear to God what my trihc swears, 
ifmycounsel were taken, the Destruction would never be wrought. » 

« Ye cannot »_, says Ingcél: « clouds of weakness artconiing 
to xou. A keen ordeal which will endanger, etc. And whom sawest 
thon there afterwards 1 » 



1. n-oinfer H. Eg. 1 . n-oenfer St. 

2. maeidfit H. 

3. II inserts: no righdamnai, St. no rigdamna, Eg. 1 no rigdamnai 

4. crechtnaig YBL. crecàtnaigthe H. crechtdnaig, St. cid crechtnaigh Eg. ' . 

5. ne YBL. St. Eg.'. hiurfuithe H. iurfaithe LU. 

6. cuimee H. cumgœ, St. cumgai YBL. cumgaid H.-, chumeai Eg.'. 

7. dotecat St. dothecatYBL. dotegat H. dotegait H. 2 . tatecutEg.'. 

(S. nguaisfeas 7H. YBL. fir nger ngua(is)fcs da ngruad ngabair gebthair 
fris la ltiige Fir roga/« ruidfes. rogab do guth maidm fortsa, a Lomna, ar 
Ingcél. at drochlaechsu rotetatar nela femid dotecat 71I. St. Fîr nger nguais- 
fes etc. H. 2 , fir nger nguainfes etc. Eg. 1 . 



The Destruction of Dd Dérgd's Hostel. 185 

[Imda na Cuslennach] 

84. [LU. 88 b ] Atrhtwnarc and imdai 7 newborindi 1 . mongae 
findbudi foraib, it é comalli 2 uile. Bruit brecliga 3 impu, 7 nôi 
tinne cetharchôire cwmtachtai uasaib. Ba leôr suillse isind rig- 
thig a cwmtach fil forsna tinnib cetharchôrib hisin. Samailte* 
lat, a Fir xogain. 

Ni anse damsa a szmail, for Fer xogain. Norabor c&dennach 
insin doroachtâtâr5 co Conaire ar a airscélaib a Sid Brcg. 
It é a n-anmand: Bind, Robind, Riarbind, Sibe 6 , Dibe?, 
Deichrind 8 , Umal, Cumal, Ciallglind 9. It é aulennaig ata 
dech fil isin domon. Dofoethsat 10 nôi [njdeichenbor léo, 7 fer 
cech airm, 7 fer cech fir, 7 maid/zd cach fer dib 11 buaid rig 1 -' nô 
airig dibfrge, 7 immariefa élûd doib 1 ? iarom asind orgain, ar 
bid iraguin fnscarh 1 ^ imguin f/'iu. Gênait 7 ni génaiter'S, ûair 
is a sid l6 doib. Mairg iûras in n-orgain cid daig ind nonbw/r 
sin [namma] ! 

Ni a/meid 1 /, ior ïngcél. nela Ummià dofortecat. Ocus iarsin 
cia acca and ? » 

The Room of the Pipcrs. 

S4. There I beheîda room with nine men in it. Hair fair and 
yeîlow was on theni : they ail are equally beautifitl. Mantles spec- 

1. inti YBL. innti H. inntî H. 2 . 

2. comailli YBL. comailliu Eg.'. comaille comerotha, H. 

3. breclaefena H. St. breic liga YBL. brecligdai H. 2 , breclachtai Eg.'. 

4. Samail YBL. 97 a 3 3 - 

5. dorochtatar St. YBL. 

6. Nibe H. YBL. Ribe St. Ribi Eg.'. 

7. Tibe St. Dibi H. Tibi Eg.>. 
> 8. Dechrid St. Deichrid Eg.'. 

9. Ciallgrinn YBL. Cialglind St. Eg. 1 . 

10. Dothoetsat St. dothasdsad YBL. Totaetsat H. Tothoethsat Eg. '. 

11. For 7 fer ... dib H. has : ina aVcuinnsgle 7 maoidrît 

12. H inserts : no righdamnai : St. no rigdomnas, H. 2 no righdamhna, 
Eg.' no righdhamhnae 

13. H. inserts: cidat crecbtnaigthi 

14. sgatho H. scaitEg.'. 

15. genither YBL. genaith«r Eg. 1 genfaither H. 2 . 

16. sidhuib H. sidaib St. 

17. cumge H. a^mgid St. c;/mcit Eg. 1 . 



184 Whitley Stokes. 

hled ivilb coîour they wore, and above them were nine bagpipes, 
four-tuned 1 , ornamented. Enough lighl in the palace were the orna- 
meni on those four-tuned pipes . Lihcn thon them, Fer regain. » 

« Easy for me to liken them », says Fer rogain. « Those are the 
nine pipers thaï came to Conaire oui of the Elfmound of Bregia, be- 
cause of the noble taies about him. Thèse are their naines : Biinl, 
Robind, Riarbind, Sibc, Dibè, Deichrind, Umall, Ciimal, Ciall- 
glind. They are the best pipers in the world. Nine enneads will 
fait before them, and a man for cach of their weapons, and a man 
for cach of themselves. And cach of them will boast a victory over a 
king or a chief of the reavers. And they will escape from the Des- 
truction ; for a conflict with them will be a conjiict with a shadow. 
They will slay, but they will not be slain, for they are ont of an 
elfmound. Woe to him who shall wreak the Destruction, though il 
beonly bccaitse of those nine! 

« Ye cannot », says Ingcél. « Clouds of wedkness corne to 
you », etc. « And after that, zuhom saicest thon there? » 

IMDA TÛSSIG TEGLAIG CoHAIRî 

8). Atchonnarc and imdai 7 ôenfer inti. Mael garb 2 (or 
suidiu > . Cia4 focerta miach fiadubull ïor a mails ni fochriched 6 
ubull dib ïor Lir, acht no giuglad7 cach ubull îor a finna. A 
brat rolômar taris isin tig. Cach n-imresain bis isin tig im 
suidiu nô ligi 8 is in[n]a réir tiagait9 uli. Dofôethsad 10 snat|h]at 
isin tig ro cechlastai a totim intan labrasbcos. Dubc^rand môr 
uaso, cosmail \.r\ mol mulind conx sciathaib 7 a chendraig" 7 
a irmtiud 12 . S:\mailte lat, a Fir rogain, insin. 

1. This seems to refer to the tuning of the chanter, of the two shorter 
reed drones, and ot the longest drone, four in ail. 

2. ngarb St. 

3. sic YBL. suiu St. Eg.'. suidi LU. 

4. o YBL. 

5. muil YBL. St. môil H. mhuil Eg. 1 . 

6. foichread YBL. fpicridh H. Eg. 1 . foichred St. 

7. rogiuhnf YBL. no giulad H. St. no giugW Eg. ' . 

8. luide [leg. luige] H. ligea Eg. 1 . 
g. thiaga// IL tiagat Eg. 2 . 

10. Dia faetsad, H. Dia foetsat, St. dia foetsadh Eg.'. 
1 1. cend.hrg Eg. ' . 
12. irmitiud St. 



The Destruction of Dà Derga's Hostel. 18$ 

The Room of Conaire's Majordome 1 . 

S). « Tbere I saw a room with 011e mau in il. Rougi) cropt 
hair upon him. Though a sack of crab-apples should be flung on 
bis head, 110! ont of ihem would fait on the Jloor, but every apple 
would stick on his bair. Mis fleecy mantle iras over him in the 
bouse. Evèry quarrel therein aboui seal or bed cornes to bis décision. 
Should a needle drop in ibe bouse, itsjall would be heard whenhe 
speaks. Above him is a huge black tree, like a millsbaft, with ils 
paddles and ils cap (?) and ils spike. Liken tboit him, Fer ro- 
main ! » 

86. Ni anse damsa on. Tuidle 2 Ùlad insin, rechtaire te- 
glaig Conairi. IS écen aurthuasacht a brethe* ind tir sin: fer 
conmc suide 7 lige-* 7 biad do châch >. IS i a lorg theglaig fail 
t'usa. Feis libsi 6 in fer sin. Tonga a tonges7 mo thuath, bit lia 
[a] mairb leis na horgni 8 andâte9 a mbi. Tothâethsat I0 a thri 
comlin 11 lais, 7 dofâeth féin and 12 . Mairg îuras ind orgain 1 *, 
7 ri. 

Ni c/micid '■*, (or ïngcél: Nck kmid doïortccal. Cia acca and 
iarsin ? 

86. « Easy for me is ll.us. Tuidle ofUlaid is be, the steward oj 
Conaire's household. 'Tis needful to hearken to the décision oj that 
mau, the mau that rules seal and bed andfood for each. 'Tis bis 
household staff that is above him. Thaï man will fight with you. I 

1. Cf. the Welsh/VH -teihi. 

2. Taidle YBL. 97b 1 St. Toigli H. TaidleaEg.'. 

3. brethi YBL. brethri H. 

4. luighe H. luigiu Eg. 1 . 

5. H. adds: isin tig, F. 

6. faeth lipsi, H. feth libsi YBL. taed libsi, St. foed libsi Eg.'. 

7. toingti H. toinges St. 

8. orgain, St. 

9. oldait H. andata YBL. 

10. Dotaetsat H. totoctsatt Eg.'. 

11. chomlond, St. YBL. 

12. 7 dotbactb and fodeisin YBL. 7 dotaet ann fodesin H. 7 totoetad and 
fadeisio Eg. 1 . 

13. H. iriserts : cit daig ind tir sin. 

14. chumeait St. cwmcait Eg.'. 

Revue Celtique, XXII. 13 



i86 Whitley Stokes. 

swear whal my tribe swears, the dead ai the Destruction (slain) by 
him will be more mimerons than the living. Thrice bis number 
will /ail by him, and he himself will fa II there. Woe to him who 
shall wreak ihe Destruction ! etc. 

« Ye cannot », sàys Ingcél. « Clouas of weahness corne upon 
you. Whal sawest thon there after lhal?» 

Imda Maie cecht cathmiled Comaire. 

87. Atconnarc and imdaê n-aile 7 tn'ar indi. tri muil 1 mi- 
drecht 2 . moab > dib in mael medonach. Mûad-blosc brâenachi, 
bairend-chorp4, bâirnech, béimnech, balc-buillech 5 benas ar 
nôi cétaib hi cath-c[h]omlond. Crandsciâth odoriarndae 6 fairco 
mbilchotat"fo//dûala forsa 8 talla certchossair cethri ndrong nde- 
chenbair ndedbol (or a tairsciu tharlethair9. Taul fair fortrend, 
fodomain cairi 10 choir chutrwmrnae cet[h]ri JI ndam, tollchrûis 
tollv/bud I2 im cheth[e]ôra n 3 muccamidisi inna midchrôes môr- 
thaltu. Atat f/ia di n-airchind n-airidi di nôe chûicsesschurach 
cutrammae dingbâla tri ndrong ndechenbair I 4 [LU. 89*] céch- 
tar a da trénchoblach . 

Gai laiss gormrûad glacthomside îor a chrund comaccmaic. 
Ro saig iar fraig ior clethi coma in talmain tairissidar. Foriarnd ' » 
fair dubderg, drûchtach. Cethri traigid tromthomsidi 16 eter a 
dàn(ao)g imtaebair '". 

1. môil H. 

2. midrech St. Es;. 1 , rairdeacht YBL. midrer/.'/ H. 2 . 

3. nioam YBL. H. Eg.i. môam St. moora H.-. 

4. Bairennchoir H. 2 . 

5. H adds: lais 

6. [arnaidi St. îarnae YBL. îamuidi IL iarnaide Eg. 1 . 

7. cothat LU. chotut St. YBL. codât H. 

8. forsna YBL. 

9. tarrlethazr H. thairlethair, St. tairletair Eg.'. 

10. core côi[r] colbthat^e IL choiri VBL. coiria Eg. 1 . 

11. ceitheorai H. ceithri YBL. 

12. thollbtvbud, St. tollberboth 11. 

13. cetheora YBL. cetheorai H. teorai Eg. 1 . 

14. H. adds ndedbar 

]]. l'ail iarn, 11. fail iarnn, St. Eg.'. 

16. trethoimsidi YBL. tretoimsîde St. tretomside Eg '. 

17. her a dana ogh imthaebuir YBL. eter a di n-uag des n-imfaebutV H. 
itr-; .1 da naug imiacbair, St. iter a da n-ug imfoebair Eg. 1 . 



The Destruction of Dâ Dergas Hoslel. 1 87 

Tricha traiged tromthomsidi in[n]a ' claidiub glondbéimnech 
o dubdé[i]s co iarndord 2 . Tadbat tûidle tentidi forosnae Tech 
Midchûarda o cléithib co talmandaeî. 

Trénecosc adchiu4. [Becc] nach imrala> ûathbâs oc im- 
caissiû 6 in trir sin. ni fail ni bas decmaicci7. 

Dias mael and sin im fer co folt s . Da loch im sliab 9 : da 
sechi I0 im rolaig 11 : dâ nôine 12 lâna de delgib sciach for roth- 
chomlai 1 ' occaih, 7 is cosmail limsa (ri côelglais 1 ' n-usci 1 * 
forsa 16 taitni grian 7 a treba// 1 " ûadi sis, 7 sèche i n-ecrw.y l8 
iarna chul, 7 turi T 9 rigthaige co ndeilb ldgin môir uassae. 
Dagerë cuinge sesrige a crand fil indi-°. 

Samailte lat sin, a Fir rogain} 

The Room of Mac eccht, Conairës batth-soldier . 

Sj . "Ibère I beheld another room with a trio in il, three half-fu- 
rious 21 nobles: thebiggest ofthem in themiddle, verynoisy..., rock- 
bodied, angry, smiting, dealing strong blows, whô beats nine hun- 
dredin battle-conflict . A wooden shield, darh, covered wiih iron, he 
bears, with a hard ... rim, (a shield) whereon wonld fit theproper 
litter offour troops of ten weaklings on ils ... of ... leather. A ... 

1. ina H. inna St. 

2. iarnorn YBL. iarndornn, St. hiarndornn H. hiardornn Eg. '. 
j. talmain St. Eg. '. 

4. tren a ecosc atciu H. 

5. Bec nac/;amraloi H. Becc nach imrala YBL. 

6. imehaisin St. H. Eg.'. 

7. deemuccu, St. Eg. 1 . 

8. fuit YBL. St. 

9. YBL. 97 11 5 1 inserts: do drumcla tuindi tulguirmi. And Sx. dadrumchla 
tuinde tulguirme. 

10. sechid St. seichi H. 2 , suicliid Eg. 1 . 

11. Ni uil ni bus deemaici dip indas in dias maeloi sin imon (er co folt. 
Da loch im ralaig, da sheichid im hsliab H. 

12. noi H. noeine Eg. 1 . YBL. noei St. 

13. ior rothcomloi rigthige. H. 

14. cloenglais St. caelglais YBL. 
1 }. n-i/5cidè H. 

16. frisi 11. 

17. sreban H. St. Eg. '. treban YBL. 
iS. in inechrus St. in inecras Eg.'. 
[9. tauri YBL. St. tairiu Eg.'. 

20. inntei IL 

21. mid-recht lit. « of halt'-furics ». 



1 88 Whitley Stokes. 

boss thereon, the depth of a caldron, fit to cook four oxen, a hôîlow 
maw, a gréai boiling, with four swine in ils mid-maw great... Al 
his two smooth sides are two five-thwarteâ boatsfit for three parties 
of loi ineach oj his two strong fleets. 

A spear he hath, blue-red, hand-fitting, on ils puissant shaft. 
Il stretches along the wall on the roof and rests on the ground. An 
iron point upon it, darfcred, dripping. Four amply-measurcd feel 
between the two points of ils edge. 

Thirly amply-measurcd feel in his deadly-striking sword from 
dark point to iron hill. Il shows fort h jier\ sparks which illumine 
the Mîd-court Housefrom roof to ground. 

('Tis n) strong countenance lhal I sec. A swoon from horror al- 
mosl befell mewhile staringat those three. There is nothing stranger. 

Two barc hills were there by the man with hair. Two loughs 
by a mountain of the . . . of a blue-fronted wave : two hides by a tree. 
Twoboats ucar thon fui/ of ihorns of a white thorntree ou a ri renia r 
l'onrd. And there seems to me (somèwhat) like a sleuder slream of 
tuater on which the sun is shilling, and its triade dowu from il, 
and a hide arrangea béhind il, and a palace house-posi shaped like 
a great lance above it. A good weight of a plough-yoke is the shaft 
thaï is therein. Likcu thon thaï, Fer rogainl 

88. Ni anse H m 1 a sarrw//, [for Ver wgain. — M. Eg. 1 ] Mac 
cecht mac Sndidi teichid 2 insin, cathmilid Conaire maie Eters- 
ceoil. IS maith in lâech Mac cecht. Innà thotam 5 chotulta ro bôï 
fâen inna itndai intan atcho»narcaissiu.4. In dias mael im fer 
co foltî atcownarcsu, it é a dâ glùn immd chend. In da loch 
im sli;ib (1 atconàarc? [ann, St.] até a di sûil imma srôin. In di 
sechi 8 im folaig9 atconàarc it é a da n-o imma chend. In dâ 



i. damsoi H. damsaSt. Eg. 1 . 

2. theiched YBL. mac snoidti seiched H. teged St. 

^. tothom, St. tatham 11. tothûm Eg.'. 

|. ateondaircesu, St. atchonnarc siu YBL. atfownarcaùe II. 

5. fuit St. 

6. rAaig H. 

7. adehondarcaisi YBL. 

8. seichid St. seicid Eg. 1 . 

9. shliab H. 



The Destruction of Da DergcCs Hostcl. 189 

côicseis[c//rach r — YBL.] îor rothchomlae 2 atcondarc at é a 
di brôic (or a sciath>. In coelglais-J usci> atcondarc forjYJa taitni 6 
grian 7 a trcba;/" uadi sis iss é brechtrad 8 a claidib sin9. In 
tsechc i n-ecrus IO atcondarc fil iarna cliûl is i truaill a claîdib 
insin. In turi rigthigi aicondarc is i a lagin som sin dano, 7 
cressaigthi ,J seom in gai sin co comraicet a da n-ind, 7 do- 
léice aurchur a riada 12 di intan as n-âil dô. Is maith in ldech 
Mac cecht! 1 * 

88. « Easy, meseems, to îiken him ! That is Mac cccht son of 
Snaide Teichid; the batth-soldier ofConaire son ofEterscél. Goodis 
the hero Mac cccht ! Supine he was in his room, in his sleep, when 
thon beheldest him. The two bàre hills which Ihon saurs! by the niait 
with hoir, thèse are his two knees by his head. The twoloughs by the 
mountain which thon sazuest, thèse arc his two eyes by his nose. The 
two hiiies by a lire which thon saicesl, thèse are his two cars by his 
head. The two five-thwarted beats on a circular hoard, which thon 
sawest, thèse are his two sandals l * on his shield. The slender stream 
of water which thou sawest, whereon the sun shines, and its trickle 
down from il, this is the flickering of his sword. Thehide which t/jou 
sawest arrangea behind him, that is his sword' s scabbard. Thepa- 
lace-housepost which thou sawest, that is his lance; and he bran- 
dishes this spear lill ils two ends niect, and he hurls a wilfnl (?) 
cast of il when he phases. Good is the hero, Mac cccht ! » 

1. cuicsescurac/j H. 

2. ïor rotheomloi rigthigi H. 

5. H. inserts: in[d;i] dromelo tuinne tulguirme ateonnarcaise at iat a da 
mlulaigh core cutromoi tarsnoi a gnitse dergi dathaille. 

4. claenglais St. Eg. '. chaelglais YBL. 

5. uisgithi H. 

6. frisi taitne H. forsataitne St. 

7. sreban H. Eg. 1 . trebain, St. 

8. mbrechtrad St. mbrcctradh Eg. 1 . 

9. insin St. Eg. 1 . 

10. inn inecras Eg. '. 

11. i. e. cressaigith -\- i, literally « brandishes it ». So cressaigth-e and 

ai. In ni chotl-ai 7 ni loingth-e § 92 infra, the affixed pronoun seems in the 
nom. sg. 

12. a riara St. a riara YBL. 98 a . a riarai H. Eg.'. 

1 s. YBL. 98-' 3 adds : IN da drumcla thuindi tulguinni atchondaircù and 
it iat a da malaigehoiri chutrumae tarrsnu a gnuisi deirgi dathailli. 

14. Hence \ve may suppose that the broc or sandal liere referred to was 
fastened to the loot by hve transverse straps or thongs. 



1 90 Whitley Stokes. 

89. Tothâçtsat ' se chét ina chetchwmscliu lais, 7 fer cach 
airm dô, cenmothâ a fer fodessin 2 , 7 co«rainfi3 comgnim 
tri cach n-ôenfer isin Brudin, 7 maidfid buâid rig^ wo airigdi- 
bergi ar dor/o" Brudne. (V//.s- immâricfa élûd dô cid crecht- 
naigtheî. Ocus intan immâricfa dô 6 tuidecht foraib asin tig7, 
bit lir bo[m]mand ega 7 ter for faichthi 7 renna nime forleth- 
chind 7 for lethclocind 7 càipfor n-incindi 7 for cnâmradach 8 7 
dâisse do for n-apaigib combrutib9 laiss iarna scailiud dô iô na 
fuithairbi 10 . 

cVy. « Six hundred will fall by him inhisfirsi encounter, and 
a nian for each of his weapons, besides a man for himself. Ami 
he will share prowess with every one in the Hostel, and he will 
boast of triumph over a hing or chief of the reavers in front oj the 
Hostel. He will chance to escape though wounded. And when he 
shall chance to corne npon you oui oj the housc, as mimerons as 
hailstones, and grass an a green, and stars of heâven will be your 
cloven heads and skulls, and the dois of your hrains, your bones 
and the heaps oj your bowels } crushed by him and scattered through- 
out the ridges. » 

90. Techit 11 iarom dar téora fuithairbi I2 la crith 70111011 
Maie cecht. 

Gabsait na haittiri ctorro afrisi^ .i. Ger 7 Gabar 7 Fer ro- 
zain. 



1. dotaetsat II. Tothaetsa[t] St. Totoethsat Eg. 1 . 

2. fesin H. fodeisin Bg.'. 

3. conroinnfe St. 

4. 7 maoithfith bûuith n'g no rigdamnoi H. 7 maidfi buaid rig no rig- 
darana, St. 7 moidfid buaidh rig (no fig)damnai Kg. 2. 

5. crechtach St. 

6. 7 intan immâricfa élûd cid crechtnaigthe LU. 

7. 7 intan imaric/a do tuidecht foraib isin tig, YBL. 9S' 1 10. 7 intan im.i- 
riefoi dô toidecbt foraib amach asin tigb, H. 

8. cnaimrethach YBL. St. H. Eg. 1 . enambrugha H.-. 

9. combruthaib YBL. combruithib St. miono mionbruidhtei, H. com- 
bruiti H. 2 . 

10. fuithribi YBL. H. 2 , tuthuirbip II. fuithrib St. fuitribiu Kg. 1 . 

11. Teichsitt H. Teigsit St. YBL. Teigsid Eg,'. 

12. foith/ibi YBL. St. futhurbe II. fuitribea Eg. 1 . 

13. afrit(h)isi YBL. afrithisiH. 



The Destruction of Dâ Derga's Hostel. 191 

Mairg iuras in n-orgain 1 ! îor Lomna âruth. Friscichset îor 

cenna dib. 

Ni chttmcid 2 , îor Ingcél: néla femmid àoîortecati . 

Ango [LU. 89 b ] dawo, a Ingceoil, îor Lomna mac Duind 
Désa : ni deit ata a domaine na oigne. Mairg damsa ind or- 
gain, ar bid hé cétchend rosia i mBriu//// mo chend-sa. 

IS andso-t damsa, or Ingc<7, is i mo orgain doruided and. 

Ango da;/(), îor Ingcél, atm-bia basa ledit bas briscem a[n]d> 
7 ri 6 . Octis iarsin cia acca and ? 

yo. Then with trembling and terror of Mac cecht they flee over 
three ridges. 

They look the pledges amoiig them againJ, even Gér and Gabur 
and Fer rogain. 

« Woe to him lhal shall wreak the Destruction! » says Lomna 
Dmth : « your heads will départ front you. » 

« Ye cannot », says Ingcél : « clouds of weakness are cotning to 
you » etc. 

« True indeed, Ingcél », says Lomna Driith son of Donn 
Désa. « A T (»/ unto thee is the loss caused by the Destruction. Woe is 
nie for the Destruction, for thefirst head that will reach the Hostel 
will be mine! » 

« 'Tis barder for me », says Ingcél : « 'lis my destruction that 
has been ... tbere. 

« Truly the n », says Ingcél, « maybe I shall be the corpse that 
is frai lest there »,, etc. 

And afterwards whom sawest thon there? » 



1. YBL. adds: cid daig ind oenfir sin. St. adds : cideg ind oenfir sin. 
Eg. 1 adds: gid daigli in oenfir sin, Eg '. H. adds: cith deg ind oinfiiir sin 
narna 7 ara leceth 7 ara febus. 

2. cuimge H. cwmcid St. YBL. ciimch Eg. '. 

3. dotecat St. totecutEg. 1 . 

4. annsu YBL. 

5. bas briscem lurcu mais YBL. 

6. ni det domaine na horene. Mairg 7rl. IS annsai damsai is mo cendsai, 
is mo cendso ceta-imehocertar ann iarsan uair eter ferstip cardai ait a com- 
ruiefit diabw/nama*/ .i. ïoeicertar isin mbrtidin co bho tri 7 dofocerthar esti 
co bo t/i, etc. H. and (with trifling variations in spelling) St. and Eg.' ut 
supra. 

7. see I 46 supra, p. 47. 



192 Whitlcy Stokes. 

Imda tm nwc Gowaire .i. Oball 7 Oblin 7 Corp/v 

91. Atn>//dr//v and imdae 7 triar inti .i. tri môethôclâig, 7 
tri bruit sirecdai impu. Téora bretnassa ôrdai inna mbrattaib. 
Téora mônga ôrbudi foraib. Intan folongat abairbthiu ' tac- 
moing in mong orbudi dôib co braine a n-imdae. Inbuid co- 
wôcbat a rose 2 conôcaib in folt 3 connàch isliu rind a n-ûae K 
Cassithirrethecopad. Côicroth ôir 5 7 caindel rigthige ùas cacb 
ae. Nach duni fil isin tig artacessi 6 guth 7 gnim 7 bréthir. 
Sumaille lat [sin| a Fir rogain |ol IngaV — H.] 

The Rooni of Conaire's three sons, Oball and Oblin and Corpre. 

97. « There I beheld a room with a trio in il, to wit, three 
tender striplings, wearing three silhen mantles. In their mantles 
were three golden brooehes. Three golden-yellow mentes were on 
thetn. When they undergo headeleahsing (?) their golden-yellow 
indue reaches ihe edge of their haunches. When they mise their eye 
il mises the hair so that it is not lozuer than the tips of their ears } 
(and it is) as curly as a ram's head(l). A... of gold and a 
palace-flambeau above each of thetn. Every onewhq is in the house 
sparts thetn, voice and deed and word. Liken thon that, Fer ro- 
gain », says Ingcél. 

92. Rochi7 Fer rogain co mbo fliuch a brat for à bélaib 8 , 
7 ni hétas9 guth assa chind co trian na haidehi. 

A beccu 10 , or Fer rogain, is deithber dam a ndogniu ! 
Oball 7 Oblini 7 Corpri Findmôr 11 , tri maicrig Hcvend insin. 

1. abairbte II. abairbtiu H. 2 Eg. '. arhbarthiu Eg. 

2. rusco H. fiisca Eg. 1 . rosec Eg. 

3. rofolt YBL. loltt fandclechtach ftwôrda Eg. 
|. a n-o H. 

5. cuic roitb n-oir, Egl 1 . .11. roith 6irEg. 

6. ardoces H. artaceisi YBL. Eg. J : artaircisi Eg. 

7. Ro chich St. 

S. See the Acallam na Senôrach (Ir. Texte, IV), 11. 1521, 1952, 2839, 
3266, 5379, and cf. the I lia J . IX, 570: Scûovxo Si Bâxoust /.<>')- >\. 
9. fêtas YBL. etas 1 1. hetwi Eg. 

10. becco YBL. becoi H. becu St. Eg.' 1 . bechu LU. baechu Eg. 

1 1 . Corp/v musc YBL. Corpri mMJC St. Coirpre musc St. Carp/r Mufd I 



The Destruction of Du Derga's Hostel. 195 

Ron-mairg masa fi'r in scél ', ordat maie Duind Désa: IS 
maith in triar rtl isind 2 imddi. Gnâsa ingen m^edacht léo, 
7 c;i Je brâthar, 7 gala mathgamna, 7 brotha léoman î, Cach 
ôen bis ina lignais 7 inna lepaid ni chotlai 7 ni loingthe ' [hi 
sâmai] co cend nomaide, iar scarad friu asa> n-ingnais. It mathi 
ind ôic ina n-des! Dothâetsat 6 tri dechenbâir la cach n-ai dib 
ina cétchumscle7, 7 fer cech airm, 7 a tri fir fessin. Ocus do- 
hieth in très fer dibseom and. Mairgiuras in n-orgain fôbithin 
in trir sin 8 ! 

Ni cwmcid, for h\gcél\ nelfl témmid dofortecat, je. Ocus cia 
acca iarsin ? 

92. Fgr rogain wept, so that bis mantle in Iront of him became 
moist. And no voice was gotten oui ofhis head till a tbird of the 
night (bad passai). 

« lit tic ones », says Fer rogain, « / bave good rtason for 

wbat I do! Those are tl'iee sons of the king of Brin : Oball and 
Obi "1 11e and Corpre Findmor. » 

« It grieves us if the laie be Irne », sayihe. sons of Donn Désa. 
« Good is the trio in that rooni. Manners of ripe maidens hâve 
they, and hearts of brolhers, and valours of bears, and furies of 
lions. Whosoever is in thetr company and in their conch, and parts 
front tlhin, ht sleeps not and eats not at ease till the end of uine 
days, front lack of their companionship. Good are the xotilhs for their 
âge! Thrice ten will fa 11 by eaeh of thent in their first eueottnler, 
and a nian for eaeh weapon, and three men for thetnse/ves. And 
ont oj the three will ja/l there. Because of that trio, woe to hini that 
shall wreak the Destruction ! » 

« Ye cannot », says Ingcèl : « clôuds of weakness are coming to 
you etc. And whom sawest thon afterwards? » 

1. Romairg masarscel YBL. Ronmairg masa fir a rhbith and, Eg. 

2. isinn YBL. isin H. St. insind LU. 

3. lcomain YBL. brotha lonna leoman Eg. Herc another lacuna in H. 

4. loitfgi hi sàmae Y'BL. longa; hi samae St. ni longai hi saimea Eg.'. ni 
eoratuil 7 ni loing for congain cridhe, H. 2 , ni cotail 7 ni loing i s. une Eg 

5. ara Y'BL. St. ar ingnas Eg. 

6. Totoetsat St. Totaetsat Eg.'. Totaethsat Eg. 

7. cétcuniscliu St. Eg.'. cetc/miscli Y'BL. 

8. 7 dothoet dias dib and. Mairg iurfli in n-orcuin cid fobith na deisi 
sin! YBL. 98*42. 7 totoetsat dias dib ann. Mairg etc. St. I 



19+ Whitley Stokes. 

Imda na Fomorach 

93. Atcondarc and imdae 7 triar inti .i. triar ûathmar ane- 
targnaid trechend '. 

Tri tothucht fomorach nad ndelb dûine nduinegin 
fora ndreich du[a]ichni 2 diulathar 
rodaler lond lathrastar 
ldnchend tri lorg linfïaclach 
o urbél co ûae 3 

rechtaire mûad-4 muinter cech cétglonnaig 
claidib tri sliia<i sekatar 
rosélt ar^ borg mbûredach 6 
Bradne Da Dergae turchomruc. 
Szmaiftè lat [sin,] a Fir rogain. 

The Room of the Fomorians. 

<)}. I beheld there a room with a trio in il, to wit, a trio hor- 
rible, unheard-of, a triad of champions, etc. 

Liken iboit that, O Fer rogain? 

94. Is andsa damsa a saraail on. Ni fct//rsa di feraib He- 
rend nach di feraib betha, manip é/ in triar thuc 8 Mac cecht a 
tirib na Fomôre ar galaib 6enfer9. Ni f/ïth do Fomôrib 10 fer 
do chomruc tris, co tucc [LU. 90 a ] in triar sin liadib, condà- 
fil hi tigCc;/a/re hi ngiallnac nar'coillet ith na blicht i nHer/W 

1. trecheann YBL. trecenn Eg.i. treçhenn St. = trecheng, as towhiçh 
sec Fél. Oeng. Sep. 16 and gloss. I leave untranslated the rest of thispara- 
graph, as I understand only a few words of it. In the ms. the nine lines 
are not divided. Ail save tïic fifth end in a trisvllable. For the readings of 
Eg. see Appendix. 

^. duaithni YBL. 

5. aua St. Eg.2. uoe YBL. This seems to mean that the Fomorians had 
three rows of teeth extending nom mouth to ear. 

4. muaid YBL. St. muaidh Eg. ' . 

5. ar YBL. rosehar St. 

(■>. brog mburethach. St. Eg. 1 . borg mbuireadach YBL. 

7. manid iat St. mainidh Lat Eg. 1 . 

.s. Hère relativité is expressed by « aspiration » of the /. dasfuc Eg. 

9. eniir YBL. ar galaid oenfer St. 

10. la Fomoiri YBL. Fit. 1 , la Foraore St. Eg. 



The Destruction of Dà Derga's Hostel. 195 

tar a câin téchta céin bes 1 Conaire hi flaithi/w 2 . IS deithbrr cid 
grain a n-imcuissiuL Tri luirg fîacaH o hûi diarailiu inna 
cind '. Dam co tinniu iss <'</ mir (.i. cuit) cach tir dib, 7 is eena 
in mir stn doberat inna mbéolo co teit sech a n-imlind sis. 
Cuimm chnâma (.i. cen ait intib) uli in t/iar sin. To//g//° a 
toing&f 1110 thûath bit lia a mmairb léo na oïgnc' andata a mbi. 
Toth[o]étsat 8 sécét laech léo inna cetch//mscli9, 7 fer cech airm, 
7 a t/iar fessin, 7 mâidfit bûaid rig no airig dilvrgi. Ocmj ni 
bâ mo //t» 6 mir mi 6 diirnn nô o lûa 10 mair[b]fes cach fer léo. 
Daig ni léicter airm léo isin tig, ûaire is in n-giallnai 11 fri 
fraigid atâ[a]t IZ , arna dernat midénomissin tig. To//g// a tongw 
mothûath, dia mbeth 1 ' 1 gaisced foraib arnonsligfitis co triant. 
Mairg ium.v in a-orgain io ndaig ! ni comrac fri seguinni'L 
Ni ch/rmeid, for Ingcél, yrl. Ocus iarsin cia acca and? 

9-/. « Tw /;<m/ for me io liken that (trio), Neither ofthe men of 
Erin nor ofthe men of theworîd 16 do I knoïc il, unlessit bethe trio 
that Mac cecht brought ont ofthe land of the Fomorians by dint oj 
duels. Not one of the Fomorians tuas found Io fight him, so he 
brought away those three, and they arc in Conaire s house as sureties 
thaï , while Conaire is reigning, the Fomorians destroy neither corn 
nor mïïk in Erin beyond their (air tribute. Well may their aspect 
be loathly! Three rows of teeth in their heads from one car Io ano- 
ther. An ox witha bacon-pig, this is the ration of cach ofthem, and 
that ration which they put into their moitths is visible li/l il cornes 

1. tar in cain techtai cen mbes Eg. '. 

2. flaith YBL. rigi, St. richiuEg. 1 . 

3. n-imehaiseo YBL. n-imeisiu St. u-imeaissi H. 2 , n-imehaissin Eg. 

4. fiaclai YBL. Eg.'. fiaclai St. d'fiaclaibh H. 2 . 

5. 6n chlûais co 'raile ina cennaib H.-, ônn ô co araile Eg. 

6. Toingim St. 

7. ond or guin YBL. 

8. Totôethsat St. Totoettsat Eg. > . 

9. cf'/chunsclco, St. c«7chuinnscleo Eg. 1 . 

10. Ocus ni ba mo mir na dorn no lau YBL. 7 ni bâ mo mir ina dorn na 
lau St. 

11. giallu YBL. is i ngiallai St. 

12. ataat St. YBL. EgJ. 

1 3. Toing/w do dia a toinges mo thuatha dia mbeith YBL. 

14. Eg. ' adds : an tsluaigh 

15. seganna YBL. seguinne St. Eg. 1 . segunnu Eg. 

16. i. e. the Continent of Europe. 



1 96 WhitUy Siokes. 

down pasi their navels. Bodies of bone (i. e. withoui a joint in 
them) ail thosethreehave. ïswearwhat my tribe swears , more will 
be killed by them ai the Destruction than those they leave alive. 
Six hundred warriors will fa II by them in their firsi conflict, and 
a mai! for each of their weapons, andone for each of tin- three them- 
selves. And they will boast a triumph over a king or chief ofthe 
reavers. It will noî be more than with a bite(?) or a blow or a kick 
thaï each oj those men will kill, for no arms are allowed them in the 
honse, since they are in « hostageship al the wall » lest they do a 
misdeed therein. ïswearwhat my tribe swears, if they hacl armonr 
on them, they would slay us ail but a third. Woe to him thaï shall 
wreak the Destruction, because il is not a combat againsi slug- 
gards (?) 

« Ye ùtnnot », says ïngcèl etc. » And whom sawesi thou there 
a fier thaï? » 

Imda Munremar (.i. Maie Gerrcînd) 7 Birdhrg ma/c Ruain 7 
Mail Maie Telbaind 

95. AtconcWc and imdae 7 triât' indi. Tri dondfir mora, 
tri dondlvrrtha forai b : buind 1 cholbthae remrae léo, remithir 2 
medon tir each bail dib : tri dondfuilt chassa fbraib co remor- 
chind. Téora lenna breederga impu, tri duibscéith co tiiag- 
milib ôir, 7 teora slega coicrindni3 uasaih, 7 claidrA' dét [il- 
laim YBL.] each tir dib. IS si reb dogniat dia claid/'/7> ; tb- 
cherdat 5 i n-ardae, 7 focherdat 6 na trualli ina ndiaid, 7 noda- 
samaigetar? tsna truallib riasiu thairset talmain 8 . Focherdat 
da«o na trual// 7 na claidbiu ina ndiaid, 7 atethât9 na tru[ajl// 
M»//da-sainaig(7r7r IO impu a n-oenur riasiu tairset talmain. Sa- 
mailte \at sin, a Fir togain. 

1. buinni, St. buindiu Eg.'. até bondcolbthae Eg. 

2. reimithir Eg. remir, St. reimir I^g. 1 . 

3. cuicrinde, St. cuicrindi YBL. Eg.'. 

4. colg, St. colga Eg. cloidib YBL. 

5. foscerdad St. foscerdat YBL. foscertat Eg. 1 . focertat Eg. 

6. foscerdat St. Eg.focertat YBL. foscertat Eg. . 

7. nadasamaiget YBL. notasamaiget St. nodosâmaiget Eg. rotasamaiget 
na claidib Eg. '. 

8. talam YBL. 

>.). .ulcth.tt St. Eg.'. atethat VBL. 
10. cu«ida5aniaige/ YBL. coHidsamaiget St. conidh samaigit Eg.', 



The Destruction of Du Derga's Hostel. 197 

The Room of Munremar son of Gerrchenn T and Birderg sou oj 
Riiûii and Mal son of Telband. 

<)). « I beheld a room there, with a trio in //. Three brown, 
big nien, with three brown heads of short hair. Thick calf-bottoms 
(ankles?) they had. As thick as a mans waist was each of their 
limbs. Three brown and curled niasses of hair itpon them, with a 
thick head : three cloaks, red and speckled, they wore : three black 
shields with clasps(?) of goîd, and three five-barbed javelins; and 
each had in hand an ivory-hilted sword. This is ihe feat they per- 
forai with their swords : they throw them high np, and they throw 
ihe scabbards a/ler them, and ihe swords, before reaching ihe 
ground, place themselves in ihe scabbards. Then they throw ihe scab- 
bards (first), and ihe swords after them, and thé scabbards nicet 
the swords and place themselves round them before they reach ihe 
ground. Likeu thon thaï , O Fer rogain ! » 

96. Ni anse damsa a samail. Mal mac Telbaind 7 Muinre- 
mor mac Gerreind 2 7 Birderg mac Rûain>. Tri rigdamnae, 
tri laith gaile, tri laich ata dech iar cul gascid i n-HenW. To- 
thaethsat* cet laech léo ina cétchwmscliu, 7 cônroindfetî com- 
gnim fri each n-ôenfer isin Brudin, 7 maid//7 buaid rig nô airig 
àiberge, 7 immâricfa elûd dôib iarom. Nipu orta 6 ind orgain 
cid dâig in trir" sin. 

Mair[g] luras in n-orgainl (or Lomnae: ba fer[r] buaid a 
n-anacail oldâs buaid a ngona. Cénmair noda-ansft/ 8 , mairg 
noda-géna9 ! 

Ni c/nnthi 10 , ior Ingcél 71'. Ocus cia acca and iarsin ? » 



1. a compound like (jpayjy.isaÀo;. 

2. Gcirrgind YBL. Ergind St. Eirrgind Eg. hEirrcind Eg. 1 . 
5. Ruaid YBL. St. Ruaid Eg. Ruaidh Eg.'. 

4. Tothoeth YBL. Totoet St. Eg.'. Dotoeth Eg. 

5. co//araindfet YBL. conrainfet St. 

6. Nib iurtha YBL. horta St. Eg.'. 

7. t/iair St. 

8. no danised St. 

9. nodagena YBL. nodogéna LU. nodogenai Eg.'. 
io.'cuimgi St. cumehi YBL. cwmcitEg. 1 . 



198 Whitley Stokes. 

y6. « Easy for me to liken them ! Mal son of Telband, and 
Munremar son of Gerrcenn, and Birderg son of Rûan. Three 
crown-princeSj three champions ofvalour, three heroes the best behind 
weapons in Erin ! A hundred heroes will fa II by thon in their firsi 
conflict, and they will share prowess with every man in the 
Hostel, and they will boas! of the victory over a king or çhief of 
the reavers, and afterwards they will chance lo escape. The Des- 
truction should nol be wrought even beeanse 0/ those three. » 

« Woe to him lhat shall wreak the Destruction ! » says Loninci. 
« Bélier were the victory of saving them than the victory of slaying 
them ! Happx he who should save them ! Woe lo him lhat shall 
slay them ! » 

« // is nol feasible » says Ingcel, etc. « And afterwards whom 
sawest thon ? » 

IMDA CoilMLL ChERNAIG. 

97. Atcondarc and i n-imdae chMmtachtae fer as chdinem 1 
do laechaib Herend. Brat caschorcra 2 imbi. Gilithir snechtae 
ind-ala grûaid [LU. 9G b ] do, breedergithir sion' a ngrûad n- 
ailc t. IS «lasidir buga ind-ala suil. IS dubithir druim> nda'il 
in tsûil aile. Méit cliab 6 bûana in dosbili find fororda7 fil fair. 
Benaid 8 braini a da imdae (.i. a da less). IS çassidir rethe 
coppad^. Cia dôforte 10 miach di chnoib dergfuiscib IZ ior a mul- 
lach l2 ni foichred enoi dib for Lir l i [acht a fbssugud ' ' ar dro- 



1. caîmemEg. caime YBL. cainemh Eg. 1 . 

2. corcra YBL. corcrai Eg. 1 . cass corcra Eg. 

3. sian sleibe St. sian slebhiu Eg. 1 . sian YBL. 

4. G'ûhbir saechta cechtar a da grûad indara fecht, in fecht aili brecc- 
deirgithir sian sleibe, Eg. 

5. druimmni Eg. druimne YBL. druimni St. druimnea Eg.'. 

6. cliab Eg. cleib St. Eg.'.leg. chleib, as in § 58. or Méitithir cliab 

7. linnbuidi forôrda Eg. dosbile find fororda fuilt St. 
cS. co mbenand iVi brainee na imdad, Eg. 

9. coemeoppad Eg. copad, St. YBL. » 

10. no dortaithea Eg.' ma dodortœ St. cia doratt thai Eg.'. 

11. donna der[g]fâisci lîg. dergfuiscib YBL. dergfuiscuib St. derctuisethib 
Eg. 1 . 

12. a muWach a chinn clechtaig chassbuidi Eg. 

13. ni rossed cnû dib Ltr Eg. 

14. Eg. fossudug 



The Destruction of Dd Derga's Hostel. 199 

laib 7 ar clechtaib 7 ar claidinib in fuilt sin — Eg.]. Claiâeb 
ôrduirn ina Iâim. Sciath crôderg ro breccad do semmawwaib ] 
findruini eter eclannu 2 6ir. Sleg fota [tromm, Eg. ] tredruim- 
nech : remithir? cuing n-imechtraid 4 a crand fi] indiî. Sa- 
mailte lat sin, a ¥ir rogain. 

The R00111 of Conaîî Cernach. 

97. Therelbeheld in a decorated room the fairesi man of Erin's 
beroes. He wore a tufted purple cloak. White as snow iras one oj 
his cheeks, the other was red and speckled like foxglove. Bine as 
hyacinth was one of his eyes } dark as a stagbeetie's back nuis the 
other. The bushy head of fuir golden hair 6 upon him was as large 
as a reaping-basket, and il louches theedgeofhis hàunches. Il is as 
curly as a ram's head. If a sackful of red-shelled unis were spilt on 
the crown of his head, not one of iheni would fall on the jioor, but 
renia in on thehooksand plaits and swordlets of thaï hair. A gold- 
hilted sword in his hand: a blood-red shield which has been speckled 
with rivets of white bron~e between plaies of gold. A long, heavy, 
three-ridged spear: as ihick as tin onler xokc is the shaft lhal is 
in il. Likeu thou lhal, Fer rogain! » 

"98. Ni anse damsa on a samail, ar rofetartar? fir Herend 
an ngein sin 8 . Gwall Cernach mac Amorgein insin. Dorec- 
maing immale9 fri Conairc ind inbuid-se. IS é charas Conaire 
secb cach, fobith a chosmaili/m fris ar febas a chrotha 7 a 
delba 10 [isa dénma, Eg.J.IS maith in lâech fil and, Gwall Cer- 
nach. IN sciath crôderg sin fil ar a durnd ri ro brecad do sern- 



1. semandaib YBL. St. hsemunuib Eg. 1 semmannaib ffrglana Eg. 

2. eclandâ YBL. Eg. 1 (ex aith-clanda}), éclanniu Eg. eclannu St. 

5. remir St. reimithirYBL. 99-' 1. reimhir Eg. 1 . 

4. n-imechtak YBL. St. n-imectair Eg. 1 . n-oill imectraid Eg. 
). in crand comthend colgdirech filinti, Eg. a crand fil innti, St. 

6. literally « the fair golden bush (Jos) of a great tree (bile) ». 

7. Rofetatar Eg. rofeatatar YBL. rofetatar St. rofeatatar Eg. 1 . 
<S. in 1er sin .i. Conall côem Cernach mac allatt Amargin Eg. 
9. Darrecmaing ïmmaleith St. dorreemaing immaille Eg. 1 

10. delba.* YBL. deaibae Eg. 1 . 

1 1. ina durnn, Eg. ara durn, St., ara druim YBL. for a durn Eg. 1 . 



200 Whitley Stokes. 

mannaib findruini 1 conià brec, ro nôesiged ainm do 2 la Ullu 
.1. in Bricriu Couix'ûl Chern^î. 

To«gw a toing&j mo thuath*, bid imda brôen dérg[fola] 
tairse innocht ar âorus [na] Brudtt*;. In tsleg druimnech > sin fil 
ûasa bidsochaidi forsa ndâilfe deoga tonnaid 6 innocht ar dorus 
[na]Brud««7. Atà[a]t secht ndoruis asin 8 tig 7 arricfa9 Conall 
Cernach b[e]ith (or c:\ch àorus dib, 7 ni biaa thesbàid ar 10 nàch 
dora*". Tothâethsat tricéi la Cowallina chétchwmscliu 12 , cen- 
motha fer car/' airm, 7 a fer tcssin, 7 conrdw///// '3 fdmgnim fri 
car/.' n-oén isin Brin//// 1 *, 7 intan immaricfa tuidecht 'S do foraib 
asin tig Ul beit lir bommand ega [7 fer for faithchi 7 renna 
nimi, Eg. Eg. 1 ] for lethchind 7 for lethclo/V/;/J '" 7 for cnâma 
fô déis a claid/A, 7 immaricfa élûd do cid créchtach. Mairg 
[\11as in n-orgain fodâig ind tir sin narnmâ ! ,s 

Ni cumgid K \ (or Ingcél. Nél</ 71'. CV//.v iarsin cia zcca} 



1. ffnddruine St. 

2. a hainm da«o St. Eg. 1 . 

3. Eg. adds: Ainm aili di and, Lâmtapad Cowaill Cernaig ara tricci oais 
ara athlaime gabair 7 immirthir in scfath sin Conaill Qçxnaig. 

4. ToingiJM a toing« me thuatha YBL. 

5. fadesin St. fadeissin Eg. 1 . drûchtach Eg. 

6. tondaig YBL. tonnaigh Eg. 1 . tromneimi tonnaig, Eg. tonda H. 2 . 

7. St. adds: Da Berga, Eg. Da Derga, and Eg. 1 Da Dercai. 

8. isin YBL. for St. Eg.'. 

9. Atat .uii. ndorais foruig. immaricfa, St Eg. 1 . Atat .-uii. ndorais forsin 
rhbruidin 7 ariefao, Eg. 

10. as St. 

11. ni bad tesbaid as cac/j ndorw YBL. ar cecb ndoius Eg. 

12. cetchunnscleo YBL. 

13 . comrainnfe St. 

14. St. inserts: 7 msàdfid buaid rig no rigdamna no airig dibwge, and so 
Eg. 1 , with tritiing changes. 

1 5. élud St. Eg. ! . 

16. Toethsatt .ccc. la Conall ina cetcuindscli ceinmotât a brathbéimend ar- 
chena, ocus primlaech cer/.' airmm di armaib, ocus màidlid echt n-ard do nach 
n'g nô rigdomna nô airig diberga, 7 intan dolîcfa himmach roindfid conignim 
f/i cech n-oenfer isin Bruidin, Eg. 

17. After letheloicind St. lias: 7 caip far n-inchindi 7 far cnaimrethach, taisi 
do far n-apaigib combruithib lais iarna scailiud doiona fuithribe. Mairg etc. 
So Eg. 1 with trifling changes. For the corresponding passage in Eg. see 
Appendix. 

18. St. adds: for Lomna Druth, friscichfef |leg. -set] far cenda dib 

19. atmeid YBL cumeit I 



The Destruction of Dd Derga's Hostel. 201 

yS. « Easy for me to liken him, for the men ofErin know thaï 
sr ion. That is Conall Cernach, son of Amorgeh. He bas chance J to 
be along with Conaire al ibis finie. 'Tis he whorn Conairc loves 
beyond every one, because of bis resemblance to him in goodness of 
form and shape. Goodly is the-hero that is there, Conall Cernach! 
To thaï bloodred shield on bis fi si, ivhich has been speckled -d'il h 
rivets of white bron~e, the Ulaid bave given a fanions nanie, to 
;://, the Bricriu of Conall Cernach. 

[Another naine for il is Conall Cernach' s Lâmthapad, because of 
the quîckness and readiness with which that shield of Conall Cer- 
nach is sei%ed and wielded 1 — Eg. | 

/ swear what my Iribe swears, plenteous zvill be the rain oj 
red blood over iî to-night before the Hostel ! That ridged spear above 
him, many will there be unto whorn to-night, before the Hostel, il 
will cleal drinks ofdeath. Seven doorways ibère are ont ofthe bouse, 
and Conall Cernach will contrive to be al each of iheni, and from 
no doorway will be be absent. Three hundred will fall by Conall 
in lus first conflict, besides a man for each (of bis) weapons and 
one for hiiuselj. He will share prowess with every one in the Hostel, 
and when be shall happai to sally upon you from the bouse, as 
mimerons as hailstones and grass on green ami stars of heaven will 
be your balf-beads and cloven shulls, and your boues under the 
point of bis sword. He will succeed in escaping though wounded. 
Woe to him that shall wreak the Destruction, were it but for lins 
man onlyl » 

« Ye cannot », says Ingcél. « Cloucls etc. 

And aflcr that whorn sawest ihouf » 

Imda Conaire fessin 

99. Atcondarc and imdae, 7 bd edimiu 2 a cumtach oldâtaî 
tmdada in tigi olchena. Seolbrat ' n-airgdidi impe, 7 cwmtaige 
isind imdae. Atcondarc triar n-inni. In dias im[m]eçhtrach dib, 
finna dib linaib, coin foltaib 7 a[m]brataibs, 7 itgilithirsnechtae. 

1. As to Conall Cernach's Lâmthapad, sec also LL. ioy J 3. 

2. cainiu YBL. coimiu E| 

3. oldaat, Eg. oldata YBL. St. oldaata Eg.'. 

4. seol YBL. St. Eg. 1 . 

5. mbrataib YBL. St. mbruta Eg. ; . 

Revue Celtique, XXII. 14 



202 Whiiley Stokes. 

Rudiud roâlaînd fo grûad cechtar n-ae. Môethôdach etorro 
im-medon. Bruth 7 gnim ruirech lais 7 comarli senchad 1 . 
Brat atcownarc imbi, is cubés ocus 2 céo cétamain. Is [sjain dàth 
7 écosc cacha hùaiï tadbat> iair: àildiu cach dath alailiu. At- 
condarcroth n-ôir isin brut ara bélaib, adcomaic hua smech cô 
a imlind '. IS cosmail ir\ tûidligï n-ôir forloscthi dath a luilt. 
Di 6 neoch ztconàarc de delbaib betha is i delb as aident dib. 
htconàarc a claid/'A n-ôrduird~ occo this. Ro boi airther 8 lame 
din claid////' fria truaill anechtair. A n-axrxher lâmi9 sin fer no 
bid i n.-airthiur [wôi n-iarthar — Eg.] in tigi tis cébad 10 frigit ï] 
fri foscod in claid/7>. Is binni[u] !2 bindfogrogod : > in claid/7> ol- 
das x 4 bindfog//;- na cw^lend n-ordae [LU. 9 i a j fochanat céol 
isind rigthig. 

The Room oj Conaire bimself. 

yy. ThertI beheld a room, more beaulifully êecorated than the 
other rooms of the house. A silvery curtain around il, and (there 
were) ornaments in the room. I beheld a trio in il. The outer two 
ofthem were, both of thon, fair, with their hair and eyelashes ; and 
they are as bright as snow. A very lovely blush on the cheek oj 
cach of the lira in. A tender lad in the midsi between them. The 
ardour and energy of a hing bas hc, and the counsel oj a sage. The 
mantle I saw around hini is even as the misi oj Mayday. Diverse 
arc the hue and semblance each moment shewn upon il. Lovelier is 
cach hue ihan the other. In front of hini in the mantle I beheld a 



1. hsenchad Eg. ! . For the varions readings of Eg. in 11. 1-6 soc Ap- 
pendix § 99. 

2. cosmail is, Eg. coibes 7, YBL. cubeis 7. St. Eg. 1 . 

3. doadob.mtar Eg. 

4. Eg. adds : ro soich in roth sin. 

5. tâidlig Eg. tuidlig YBL. St. tuidligh Eg.'. 

6. Do YBL.' 

7. n-orduirn, YBL. ndorduirn, St. n-orduirnn Eg.'. ôrduirnd Eg. 
.s. tôt airther Eg. 

9. in t-hed lâimi Eg. in t-arther laimiYBL. 

10. doberat Eg. gebad YBL. St. gebadh I 

11. in frighit YBL. infrigit Eg. friggit St. 

12. bindiu.YBL. St. binniu Eg. 

13. findfogrugud Eg. binfoghraid St. binnfograidh Eg.'. 

14. inda Eg. oldis Eg.'. 



Tl e Destruction of Dd Derga's Hostcl. 203 

wheelofgold which reached from his chin to his navel. The colon r 
ofhis hair was like the sbeen of smelted gold. Of ail thezuorld's 
(omis lhal I beheld, tins is the mosi beautiful. I saw his golden- 
bilted glaive doiun beside him. A foreamis Jength of the sword tuas 
outside the scabbard. Thaï forearm, a man doiun in the front of 
the house couldseea fleshworm by the shadow of the sword! Sweeter 
is the melodious sounding of the sword than the melodioits sound of 
the golden pipes lhal accompany musicin the palace. » 

100. TS and asbertsa 1 , (or Ingcél, ac a déscin 2 : 

a. Atchiu flaith n-àrd n-airegdac 
asa 5 bith buillech bûredacb 
bruchtas l'ôimse robortac 4 
rechtbruth câin-cruth ciallathar. 

h. Atchiu clothrig costodach 5 

cotngaib inna chertraind choir chomchétbuid 6 
o chrxmà. co fraig fo a suidi[u]7. 

c. A|t]chiu a mind findflatha 8 
coma, tri recht ruirecb ratnordan9 
ruithen a gnûis[e] comdetae (nô comdéntae) 10 . 

» cl. Atchiu a da 11 ng/'i'iaid 12 ngornigela 1 ' 
conid fri fûamun find fuinechdae 
fordath sôerdath 1 -' snechtaide 
di dib sûilib sellglassaib 



1 . adbertsa Eg.'. 

2. oca deicsi[n] YBL. oca déiscin Eg. oca deicsio St. occa decsiu Eg. 1 . 

3. os Eg. St. Eg.'. as YBL. 

4. romsi robarta Eg. roimse robartai YBL. roimsi robartai Eg. 1 . 
) . costudach Eg. costadach YBL. Eg.'. costadhach St. 

6. comchéthbuid LU. comcétfaid Eg. comeetbuid St. comhcetbuid Eg.'. 

7. fo suidiu, Eg. Eg. 1 . fo suidhiu YBL. fo suidiu St. 

8. Atchiu a mind finn llathcmon Eg. Atchiu a mind find 11. Eg. , 

9. rathordain Eg. rathortan Eg.'. 

10. a gnûisi coemdatae Eg. a gnuisi coimdetae, YBL. a gnuise comdetaî, 
St. a gnuisi comdetae Eg. ' . 

1 1 . nda LU. 

12. ngruad YBL. St. ngruad Eg.'. 

13. a da ngruad ngelcorcra Eg. 

14. soerda Eg. fordae saerdath St. 



204 Whitley Stokes. 

glaïmu a rose robuga ! 

teinniu a chuinscliu 2 caintocud > 

[ter elethehori ndub ndoelabrat*. 

e. Atchiu [a] ardroth n-imnaisse 6 
imm a chend [coir] cocorse 
conid îrï fultu fnthecn//.<r7 
fordath n-ôrda n-ollmaisse 
fil lias a berrad buidechas 8 . 

/'. Atchiu a brât nèrg9 n-ildathach 
noitech I0 siric srethehisse 
sluind ar delbthor ndimaisse" 
dind ôr aûrderc ail[i]bend 12 
alathûaith ndronaiedi x >. 

g. Atchiu delg n-and olladbol 
de ôr uili iatlaisse 
lassaid 1 ^ ar luth lanésci 
lainne o chuaird corcorgeramach '5 
câera crethir comraicthe 



i. glaini a rose ruibnige nô robuige Eg. gloiniu a rose robuidi VBL. 
glainiu a rose robuide St. robuidea Eg. ] . 

2. chuindsi Eg. chuindscliu YBL. caintocatd Eg. '. 

3. chaintucud VBL. câintoccud Eg. 

4. clechtchor St. clechtcor Eg. electeor Eg.'. 

5 . dôel abraitt Eg. 

6. a ardroth n-immaisi Eg. artrot n-imnaissi Eg.'. 

7. frithecrus Eg. St. Eg. 1 . frithechn/s YBL. 

8. l'ail uas a barr buideehass Eg. 

9. ndi'/'g YBL. nderg Eg. n-erc St. ndercEg.'. 

10. nothech YBL. noethech St. noetheach Eg.'. noetech Eg. 

11. de sluind ar delbthor ndennmaissi Eg. t:c a i. sluinn ar delbaethar 
n-innmaise, St. sluind ar delbthar ndiraaisi YBL. sluind ar dealbthflr n-ind- 
maisi 1 

12. ailibenn Eg. ailibeand YBL. dian 6r aurderg ailbenn, St. dia nor 
aurderg Eg. 1 . diannor aurdreic ailbeand YBL. 

15. alatuâithe dronaiede Eg. 

1 |. lasfaid Eg. lasaid YBL" St. Eg.'. 

i",. laind a cuaird corrgemmach Eg. lainne a chuairt chorcairgemach 
YBL. lainde a cuairt corcarrgemmach, St. lainde a cuairdd corcairg&mach 
i 



The Destruction of Dà Dcrga's Hostel. 20$ 

congaib ar dreich ndendmaisse 
eter a dà gelgûalannchor I . 

h. Atchiu-a léine ligdae linide 
conià fri sreband sirechtach 3 
scâthderc scéo deilb ildat[h]aig4 
ingelt sûla > sochaide 
cot[n]gaib 6 ar méit muinenchor 7 
sôerth//^ ar néim imdenam 8 
or 9 fri siric srethchisse 
o adbrund co urglune 10 . 

/. Atchiu a chlaidr/> n-orduirn n-intlaisse 
ina findiuch 11 findargit 12 
aisnéid 1 ' ar cheirr côicroth 
comd fri cruaid n-aurdairc n-aistrr 1 -*. 

y. Atchiu x > a sciath n-etrocht n-âilenda 
fail ûas l6 drongaib dîmes 
tréilw di ôr oiblech 
ar thur 1 ^ scéo bil banbruth 
forosnai lith l8 lûachet. 



1. a da gelgûalaind choir LU. 91*22. a da gelgualaind choir St. a da gel 
guallannchôr Eg. a di gelgualainn choir Eg.'. Cf. osa gel gualandchor LL. 
72* 17. 

2. ateondarc Eg. 

3. sirrectach Eg. Eg. 1 . 

4. illathaig Eg. illdathaig St. Eg. 1 . 

5. suili YBL. suile St. Eg. 1 . sûla Eg. 

6. cotngeib Eg. cotagaib St. cotgaib YBL. Eg. 1 . 

7. muinechor Eg. muinencor Eg.'. 

8. imdenum YBL. imdénum Eg. imdenam Eg. ! . 

9. oir YBL. St. ôir Eg. 1 . oui. Eg. 

10. co urgualaind nô co a urglune YBL. co aurgluine St. Eg.'. co ur- 
guailli no co hirgluni Eg. 

11. inntiuch Eg. intiuch St. aintec Eg. 1 . 

12. find argit LU. iindargait Eg. findarcit Eg. 1 . 

13. aisiideith YBL. St. aisndeich Eg. 1 . 

14. conià fri cernao cruaid casra aissnéid ar cheirnd côicroith Eg. conià fri 
cuairdd n-aurdairc n-aist/r St. conid fri cruaid n-aurrdric n-aister YBL. conià 
fri cuaird n-urdairc n-aister, Eg. '. 

i). ateondarc a sciath nétrocht naelenda Eg. 

16. huasa YBL. St. St. 1 . 

17. ara thul Eg. ara ur YBL. ar thaur St. ar tuar Eg. 1 . 

18. frisnâi hi lith Eg. 



2o6 Whitky Stokes. 

k. Turi di or 1 intlassi 

ldm rig tris dess dingabar 
f/i t/'icth tailc taurgaib 2 
coma f/i cernu cruadehassa 3 
tri cet chorac i comlana 
ûasind rurig rathruanaid > 
f/i boidb hi rhbrôi btfrtas[a] 6 
is[in] Brudin brôntig7 a[t]chiu. 

Atchia \\ailh n-ard. 

« zoo. « Then », quoth Ingcél, « / said, gci^ing ai bim : 

a. I sec a high, stately prince, etc. 

b. / ,v<v a filmons king, etc. 

c. / sec his white prince' s diadem, etc. 

d. / .ut A/V /u'd blue-bright cheeks, etc. 

e. / icc /.//.s' /;//,'/' wheel ... round bis head ... which is over bis 
yellow-curly bair. 

f. / set bis mantle red, many-coloured, etc. 

g. / sec therein a huge brooeh of gold } etc. 

h. I sec bis beautiful linen [rock ... from ankle lo knee-caps. 
i. / sec bis sword goîden-hilted , inbtid, ils in scabbard of white 
silver, etc. 

j. I sec bis shield bright, chalky, etc. 8 . 
k. A tower of inlaid gold, etc. 

ioi. a. Ro bôi iâiom9 in môethôclach ina chotlud 10 , 7 a 



1 . diôrda Eg. di ôr St. 

2. fri tech tailec taurcabair Eg. fn triath tailc taurgaib YBL. f/i trieach 
tailc taurgaib St. lVi triech tailc taurcaib Eg. 1 . 

5. cornu cruadehassa, Eg. YBL. cernu cruadehassa St. cernai cruad- 
cassa El;. ! . cronu cruadehassa YBL. 

|. cuire côre, Eg. coiras comlana YBL. coerai conilanai Eg.'. 

5. rathrunigh YBL. radrunaid St. raith rûanaid Eg. rathrunaigh Eg.'. 

6. i rhbroe berthasa Eg. hi mbrai bertas Eg . 

7. isin bruidin brôntaigh Eg. isin bruidin brontig, YBL. brontaig St. 
mbrontuich Eg. ' . 

8. Eor some unlucky guesswork purporting to be a translation of the 
whole of this pièce, sec O'Curry's Man tiers and Cusloms, III, [42. 

9. Hère F begins, and II recommences with Roboi. 
10. in maethôglac/; amra sîn Eg. 



The Destruction of Dâ Dcrga's Hostel. 207 

chossa i n-ucht ind-ala fir 7 a chend i n-ucht araile. Donusaig ' 
ianwz assa chotlud, 7 atraracht, 7 ro chachain in laid-se : 

« Gair Ossair (.i. eu Cowaire). assir 2 chumall. goingair 00c 
im-mullach Thuil Gossi>. gàeth ùar tar fdebnH eslind. adaig 
do thogail rig ind adaig-se5. 

b. Cotlais afridise 7 diuchtrais ass, 7 canais in retoric-se 6 : 
[LU. 91''] « Gair Ossir (.i. messan Cowaire). ossar7 chu- 
mall. cath ro[n]dlom 8 . doerad9 tûathe. togail 10 Bruidni. 
broncha fîanna. tir gûiti. gôith ri imomain. imôrchor sleg. 
sâeth écomluind. ascuir tige. Temuir tas. forba n-aniuil. 
comgné 12 câiniud Conaire. coll etha. lit H ngalawd. gâirégem. 
orgain rig Herend. carpait hi cucligi 'L dochraite 1 ^ rigTemrach. 
[fessa[it] guil gairc. Gâir Ossair — Eg.J 

c. Asbfrt in tresfecht 1 ). 

Domm-ârùis 16 imned., immed siabrai slûag faèn. fdlgud 
nâmat. comrac fer for Dothrai. doc/'/aite rig Temrach. i 
n-oitid ortae. [fessât guil gare. Gair Osar — - Eg.] 

Samailte let, a Fir xogain, cia ro chachain in laid sin. 



1. Co ro dâs'id Eg. doriussaig YBL. Doriursuid H. St. Doriursaidh Y. 

2. osar YBL. osair H. ossar F, 

3. im muallach tuili goissi YBL. i muallach tuil gaeisi H. im-mullach 
tuil goisi, F. immullach thuil goisi St. 

4. laL'burYBL. faepwr H. foebur, F. Faebar St. 

5. Gair Osair inso Osair caumall goin gair 00c hi mullucfa thuil géissi 
gaeth huar tar fôebar éislind adaig do togail rig ind adaig seo fessât guil 
gâire. Gair Ossair Eg. 

6. co clos ni arithise, YBL. F. Co clos ni afrithisie H. Roraid doridisi Eg. 
co clos ni arithissi St. 

7. osair H. Osar Eg. 

8. ro/zdlom Eg. YBL. H. St. F. 

c;. deorad YBL. doerath F. daerath H. dôerat Eg. 
10 tail F. H. YBL. Eg. St. 

1 1. gôite goeth Eg. goite goit F. guiti goith YBL. goite gaeth IL 

12. Om. Eg. coigne H. F. congne St. 

13. a cuicligiu F. hi cuicligi YBL. St. acuiclidhe H. 

14. drochuiti, H. dochruiti F. 

15. YBL. 99 b 34 inscris: Gair Osair, Osair nnnoll combaig anrad oie inn 
orcain, orcuin iurthar, orta cz/raid, claentar fir, fadbaidther laith gaili bui- 
read tromthresa toigebthar gairi. And 11. inserts : Gair Ossair, osair comoll, 
combaid anradh, oie ind orcuin, orcuin iurthar, ortai curaid, claentar fir, 
faentar tir, fadbuither laith goili, gair in tresoi, tocepthar gair. 

16. Domtarfas H. Domarsad YBL. Domiarfas Eg. 



20 8 Whitley Stokes. 

io i. a. Now //'(' laitier warrior wasasleep, with his [cet in the 
Ltp of one of the two men and his head in the Itip oj the other. 
Then he awoke oui oj his sleep, and arose, and chanted this lay : 

« Thehowl of Ossctr (Conaire's dog)... cry oj warriors on the 
sutnmil of 'fol Géissej a cold wind over edges perilous : a nighi 
to destroy a king is this night. » 

b. He slept again, andawoke thereout, and sang this rhetoric; 

« The howl of Ossar (Conaire's lapdog)... a baille he announ- 
ced : enslavement oj a people : sack oj the Hostel: mournful are the 
champions: men wounded: wind oj terror : hurling oj javelins: 
trouble ofunfair fight: wreckoj houses : Tara waste: a foreign hé- 
ritage: H/ce (is) lamenting Conaire: destruction of corn: feast of 
anus: cry ofsereams: destruction oj Erins king : chariots a-loller- 
ing : oppression of the king oj Tara : lamentations will over- 
come laughtep: Ossar s howl. » 

c. He said the third lime : 

« Trouble hath been shewn to me: a multitude oj cives : a host 
supine: joes' prostration : a conflict oj men on the Dodder 1 : oppress- 
ion of Tara' s king: in youth he iras destroyed: lamentations will 
overcome laughter : Ossar' s howl. » 

« Liken thon, Fer rogain, him who has sung that lay. » 

102. a. Ni anse damsa a samail, (or Fer rogain: ni ésce cen 
rig 2 on immorro: is é ri as anem j as ordnidem 7 as chdinem s 
7 as chumacbtorrH thanic i ndomon uli>. Is hé ri as blâthem 
7 as minem 7 as beeda 6 dodânic7 .i. Conaire Môr mac Eters- 



1 . A small river near Dublin, which is said to hâve passed through the 
Bruden. 

2. rige Eg. riga YBL. righo H. rig. St. 

5. câemem Eg. coinem F. chainem YBL. 

|. curaachtacha Eg. cumfldtfachamh F. cumachtachom YBL. St. cumta- 
./.'/achani IL 

5. riam. Ise in mor mâllau môerda fn muintir 7 fria cairdiu. IS é ira- 
morro in t-agarb écennais fria nairathib [leg. n.iimtib] 7 echtrannaib i 
nhuâir catha 7 comlaind, Eg. 

6. beedam IL begda F. becdasYBL. 

7. tanic a ndoma« riam IL is é danori as cendsa 7 as miniu 7 is beetnew* 
;//naigi târaill talmain, Eg. 



Tlic Destruction of Dà Derga's Hostel. 209 

ceôil, is é fil and, ardri Henv/d uli r . Nicon fil locht and 2 isind 
fir sin, eter chruth 7 deilb 7 dechelt, eter méit 7 chôrae 7 c[h]u- 
trwramae, e(ter) rose 7 folt 7 gili ? , eter gais 4 7 âlaig 5 7 erla- 
brae, eter arm 7 eirriud 7 écosc, eter ani 7 immud 7 ordan, 
eter ergnas 7 gaisciud 6 7 cene'l. 

b. Màr a pitiu ind fir châldae forbâith.7 eonidralâ ar gnim 
ngaiscid. Mâd dia ndersaigtlier 8 a bruth 7 a gai o beit fianna 
fer nErcml 7 Alban dô ar thig, ni îurthar ind orguin céin bes 
inni.9. Tothôetsat 10 se ehét la Conaire riasiu rosia 11 a arm, 7 
tothôetsat secht '- eut lais ina chétcrwmscliu iar saigid'5 a airm. 
Tongw J ' do Dia a to'mges 1 ^ mo thuath, mani gabthar deog de 
çéin co beth I(1 nâch x 7 aile isin tig chenae acl.it é a oenur, [no gé- 
baJ soin in Bruidin conas-toirsed cobair — Eg.] tanairsed 18 in 
fer 6 Thuind Chlidna 7 o Thuind Essa Rûaid, sibsi ocon 
BrudinV. 

c. Atàt 2 ° nôi ndorais iorsin 21 tig, 7 dofdeth 22 cet laecb lais 

1. Eg. inscris : Ni fil nach locht »d nach anim isind [f ]ir sin do neoch is 
ailbéim aiccenta do churjp duiniu o bond co a baithiss acht ro dearscaig do 
cecb deilb duiniu, Eg. 

2. Nochanfuil tra locht na anim Eg. Ni fuil locht isind fir sin H. 2 
' 3. ocus rosec 7 ingili Eg. 

4. gnais H. 

5. alaid St. 

6. et/V érgna ocus crôdacht, Eg. it£v ergna 7 gaisca/ St. iter gnais 7 gais- 
ciud YBL. 

7. Môr aicci in tir sin, mâlla in degduini lenmaigi [leg. Lenbaide]> Eg. 

8. ndersaigter F. YBL. St. n-eirsuigter H. derscaigther LU. 

9. inti YBL. innti H. intiu H. Mad andside veamorro dia n-éirge a bruth 
7 a ferg, cia no beitis fianna Wcxcnn acus Alban i mBruidin, 7 seissium a 
hoenar, nochon-iurfaitîs ind argain cein no beth som istigh. Mairg iuras 
ind argain cein bes inti, Eg. 

10. Dotuetsat F. Dothoetsat YBL. St. Totaetsat H, 

11. rosoa YBL. St. laid F. riachtain H. 

12. se YBL. ui. F. .uiii. Eg. se cet eli H. 

13. rochtain Eg. riachtain H. soigid F. 

14. Tungu YBL. 

1 î. tongthi H. toi;;g F. 

16. ce ni beth F. ceni beth YBL. 

17. nech St. 

18. darnarscd Fg. tairsed F. St. tanairstv/ YBL. 

19. YBL. omits sibsi etc. H. has : tairsit in fer a Tig Duinn 7 o Tuind 
Tuaide 7 Clidhna 7 Esa Ruaid. 

20. Ata YBL. 

21. asin YBL. 

22. dothoeth YBL. dotaetsat H. tothoet St. dofoeth Eg. 



210 Whitley Stokes. 

cech dorais l , 7 intan ro scâig do châch is'tig airbert a gascid is 
and fochicher soin 2 ar gnira n-aithergaid 3, y diamairi 1 dôs 
tuidecht 6 foraib asin tig, bit lir bommand ~ ega 7 1er for fagthi 8 
for lethehind 7 for lethchlocind 7 for cnâimred ïo fâebur a 
chlaid/7'. 

d. IS dochu limsa nimmariefa dô tuîdecht asin tig9. Is in- 
main laisseom in dias til imbi isind imdae I0 .i. a dâ aiti, Dris 
7 Snithi. Tothôetsat 11 tri côecait lâech la cechtar de 1 - i ndorwj 
na Brud// ( ' I; , 7 ni ha sire traigid 11 liaid ille 7 innond [airm — 
H.] hi tôetsat. 

e. Mairg luras in n-orgain '> cid dâig na dessi sin 7 na 
rlatha ril etorro [.i.] ardri Herend, Cowaire [Môr] mac Eiers- 
ceôil. Ba l6 liach dibdud na flatha sin, [LU. 92'] for Lomna 
Druth mac Duind désa r 7. 

f. Ni cwmcid, for Ingcél: néla femmid doforfecat 71'L 

g". IS deithtar duitsiu, a Ingceoi/, for Lomi/iï [Druth — 
\BL.] mac Dui[n]J Désa. Ni ddit lS atâ a domain na orgne'9, 



1. gâcha doruts dip H. cach dornis YBL. 

2. fodehicher seom YBL fodcichersom St. H. foteicher som F. 

3. n-aithergaib YBL. St. nait/.v/guib IL n-aitherraig LU. 

a. dïambarich H. dianmairi St. diammairi F. diamari YBL. for dia n-im- 
màri, s. conj. sg. 3 of immaricim. 

5. do LU. YBL. 

6. tuidecht YBL. thuidecht LU. St. toigecht H. 

7. is ann raga som ar gnim n-atheraig a gaisetâ, ocus dia teemad do 
tuidect foraib ammach asin tigh bat lir bommanna, etc. Eg. 

8. H. inserts : 7 rendo nime: St. 7 renna nime : F. 7 rendai nime 

9. loidhecht foi uib asin tig amach H. tuidecht do isin tig YBL. 

10. imdaid Eg. 

11. Dofoethsat, Eg. Totaetsat H. Dothoetsad YBL. Tothôetsat F. 

12. lasin cer/.>/ar nde, H. 

13. ar doras niBni/i/ne H. 

14. siremtroig H. 

1 3. ind orcain F. ind oveuin H. 

16. bid II. 

17. For the rest of this § 11 lias only: Ni ditsî domaine na horene. Maire 
damsai ria cach [MS. ciach] is maire iarcach. is mo cennso 71I. Ag«: iarsin 
cia aco ann? St. bas: ni deit a domain na borgne. Muilhfe bûaid rig no 
rigdarana no airig dibergae. Is annsu damsa \vamorro, (or Lomna Druth. 
Mairg damsa ria cach, mairg iar cach, ar is mo cenn-sa çeta-imehoicerthar 
ann iarsind uair (iter lertsib -jrl.) 7 iarsin cia acca and? Sic F. 

18. duit Eg. deit St. 

19. hoirgne. Néla f. Eg. 



The Destruction of Dà Derga's Hoslel. 21 1 

ar béra cend rig ala-thuathe lat, 7 doernaba fessin. IS arldso 
damsa chena, ar bid mé ceta ^ortâbthar îor Bnu//// : . 

h. Ango da//c', for Ing«7, adfia basa lecht bas brisciumî, 71'. 
(Av/.v cia acca and iarsin? 



io2. a. « Ê&ry /or me toliken him », says Fer rogctin. « Ko 
« conflict without a king » this. Ile is the most splendid and noble 
and beautiful and mighty kingthat has corne into the whole world. 
He is the mildest and gentlesi and most perfect king that has corne 
toit, even Conaire son of Eterscél. 'Tis he that is overking of ail 
Erin. Thereis no defect in that man, whether inform or shape or 
vesture: whether in si~c or fitness or proportion, whether in eye or 
hoir or brightness, whether in wisdom or skill or éloquence, whether 
in weapon or dress or appearance, whether in splendour or abun- 
dance or dignity, whether in knowledge or valour or kindred. 

b. Great is the tenderness of the slèepy simple man iill he has 
chanced ou a deed of valour. (But) if his jury and bis courage be 
awakenedwhen the champions of Erin and Albaare al him in the 
house, the Destruction will not be wrought so long as he is therein. 
Six hundred will (ail by Conaire before he shall allaiu his anus, 
and seven hundred will [ail by him in his jirst conflict aller al- 
taining his anus. I su-car lo God what my tribe swears, uulcss 
drink be taken [roui him, though there be no ouc clsc in the housc, 
but he alone, he would hold the Hoslel uutil help would reach il 
which the man would prépare for him from the Wave oj Clidna 1 
and the Wave of Assaroe "> (while) ye (arc) al the Hoslel. 

c. Nine door-s there arc to the house, and ai each cloor a hundred 
warriors will [ail by his /.html. And when every ouc in the house 
hits ceased lo plx his weapon, 'lis then he will resort lo a deed of 
anus. Ami if he chance lo corne upon you oui of the housc, as nu~ 
nierons as hailslones and grass ou a çrreen will be xour ha/ves oj 
heads and your cloven skulls and your boucs under the edge of lus 
sword. 



1 . cena LU. 

2. for ar ... Bruidin YBL. has muithfi ri. isansu ri. 
; . YBL. ioo- 1 20 adds: lurga mariais 

4. in the bav of Gland ore, co. Cork, Rev. Celt., XV, (.38. 

3. at Ballyshannon, co. Donegal, Rev. Celt., XVI, 33. 



212 . Whitley Slokes. 

d. 'Tis my opinion thaï he will not chance to gel oui of the 
bouse. Dear to him arc the two thaï are with him in the rooin, his 
two fosterers, Dris and Snithe. Thrice fifty warriors will [ail be- 
fore each ofthem in [roui of the Hostel, and not farther thaï a joot 
froni him, on this side and lhat , will they (too)fall. 

e. « Woe to him who shall wreak the Destruction, were il only 
because of thaï pair and the [rince thaï is between them, the over- 
king of Erin, Conaire son of Eterscél! Sad were the quenching of 
thaï reign! » says Lomna Drûth, son of Donn Désa. 

t. « Ye cannot », says Ingcél. « Clouds oj weakness arc coming 
to xon », etc. 

g. « Good cause hast thon, O Ingcél ». says Lomna son of Donn 
Désa. « Not unto thee is the loss caused by the Destruction: for 
thon- will carry ojj the head of the king of another country, and 
thyself will escape. Howbeit 'lis hard for me, for I shall bc the 
first to bc slain al the Hostel. » 

h. « Alas for me! » says Ingcél, « peraàventure I shall bc 
the [railcsl corpse, etc. 

And zuhoni sa-wcsl thon afterwards? » 

Imda na culchometaide 

103. « Ktconàarc and da fer deac ior cliathaib airgdidib im- 
rnôn n-imda sin [in rig — Eg.] immàcûaird. Monga findbudi 
foraib. Lente glassa 1 irapu. It é comaldi, comehrôda 2 , com- 
delba. Claid<7> co [n-eltaib — Eg.] dét 5 il-laim cach tir dib, 7 
nis-tcilget -' sis eter, achl it é> echlasca 6 fil [ina làmaibï"] im- 
mon imdûi 8 sin immaenaird. Samailte let sin, a ¥ir wgain. 

The Koo/n of the Rearguards. 
ioj. Thcrc I saw twelve nien on silvery hardies altaround lhat 

1. lene glas, YBL. léinte glassa Eg. 

2. chomerotha YBL. comerotha II. St. Eg. 

5. cottdet YBL. St. cowdett F. co B-imdorn det H. 

4. ni lécait Eg. nis-teilcet YBL. St. nistelcit H. nistclcctt, F. 

5. acht ised Y15L. 

6. echalsca St. 

7. Sic Eg. YBL. inna lammaib St. ina laini H. inna lamha F. 
N. i md lu IL 






The Destruction of dâ Derga's Hosîel. 2 1 5 

room of the king. Lighl yellow hoir was on them. Blue kilts tbey 
■livre. Equally beautiful were ihcv, equally bardy, equally sbapely. 
An ivory-bilted sword in eacb mans band, and tbey casi tbem not 
down; but il is the borse-rodsin their hands thai are ail round the 
room. Liken thon lhal, O Fer rogain. » 

104. Ni anse damsa on : cgmétaide rig Temrach andsin r . It 
é a n-anniand : tri Luind 2 Liphc, 7 tri Airt Âtha cliath, 7 tri 
Budir Bûagnige 3 7 tri Trenfir Chûilne4. Tonga a toing&f mo 
ûiùath, bat ili mairb occo immon mBrudîn \ 7 immdricfa clud 
dôib ass cid at crcchtnaig//;/. Mairg ïuras in a-orgain fodéig 
inna buidn[e] sin. Ocus iarsin cia acca and? 

/o./. Easy for me (lo say). The king of Taras guardsmen are 
there. Thèse are their naines : three Loncls of Liffey-plaiu : threeArts 
of Ath cliath (Dublin): three Buders of Bnagnech : and three 
Trénters of Cuilne (Cuilenn ?). I swear what my tribe swears, 
(slain) lhal many will be the dead by them around the Hostel. 
And tbey will escape front it although ibey are wounded. Woe to 
hiiu who shall wreak the Destruction (were it oulv) because of lhal 
band ! And afterwards whom sawest thon there? » 

LÉ FRI FLAITH MAC CONAIRE ASA SAMMAIL SO 

105. Ktcondarc and mac breederg i mbrut choiera, atâ oc 
sirchôi 6 isin tig. Baie hi fail in tricha cet gabthai caçh fer a 
ucht i n-ucht. Ata iaivm 7 cathàir glas airgdidi fo a suidiu7for 
lar in tige [oc us se, Eg.] oc sirchôi 6 . Angô 8 dano it bronaig a 



1. cometaidi n'g Erenn insin, Eg. cometaighe rig Temrach innsin H. 

2. Luirg, Eg. Luin Eg. 

3. Buaidhnigi Eg. Buaidnighi F. Buaidneidhi YBL. Buaidhnighe H. Buai- 
dnige St. 

4. Cûailcni H. Cuilne St. Eg. 

>. Tonga do Dia tongait mo tuath, bid Lia mairb na horene, H. Tong// 
yrl. bit lia a mairb 7H. YBL. 

6. sirchiu YBL. sirchûi St. Eg. sirchôi H. 

7. cathair glassairgit foe, Eg. cathair glas ar'gidi fo a suidhiu YBL. 

8. ingo YBL. St. F. Om. H. 



214 Whitley Siokes. 

theglach occ a clôistin 1 . Tri fuilt forsin mac sin : it é tri fuilt 
on .i. folt l'uni 2 7 toit corcorda3 7 folt fororda. Nocon fet«rsa4 
indat ligné dochuirther5 in toit fair nô indat [in tri gnée — 
Eg.] fuilt" failet fair. Acht ro fetar7 is f|.i|il ni adage/for in- 
nodu 8 . Kxconàarc tri côectu mac for9 cathdirib argdidib immi, 
7 ro bâtâr .xu. bon-simne IO il-ldim in maie brecdé[i]rg I3 sin, 
7 delg sciath a cind 12 cach 1 ? simni dib, 7 ro bdmdrni .xu. 
Ici'aib't 7 ar côic sûili déc dessa do chaechad do 1 *, 7 in secht- 
mad mac imblesen ro boi im cbind-sa do chaechad do' 6 , ol 
Ingcél. Samailte Ici sin, a Fir rogain? 

Lé fri flaith son of Conaire, whose likeness this is. 

10 j. There I behelda red-freckled boy in a purple chah, lie is 
always awailing in the house. A stead wherein is the (kingofa) 
cantred*7, whom each man takes from bosom to bosom. 

So he is with a bine silvery chair under his seat in the midsi of 
the house, andhe always a-wailing. Truly thaï, sad arc his house- 
hold ïistening to him ! Three heads of hair on thaï box, and thèse 



1. Is bronach in teglach ic a clôistin sin, Eg. it bronaich a teglach oc a 
cluais YBL. At brônaig a teglach oc a cluais II. it bronaig a teglach occa 
diluais, St. at bronaich... chluaiss, F. 

2. uaiuidi YBL. uainidhe H. huanide Eg. huainide St. 

3. buidicorcrai YBL. 

4. Ni cou fetarsai H. Xocho n-etarsa Eg. nochanfetarsa St. 
3. docuirither St. dochuirither YBL. docuirethar Fg. H. 

6. fo indat tri fuilt YBL. fa andai tri fuilt H. fa inda tri fuilt, St. 

7. forrosfetar YBL. 

8. is fil ni adagen ... iwnocht YBL. Dofuil ni atagere hinocht, Eg. is 
fael madogetar znocht II. is fil ni raadâge/ôar St. is fil magen innochd F. 

9. fo YBL. St. 

10. bondsimmni Eg. bonsibne YBL. .u. bocsimni décluacliro 11. bocsibne 
St. bogsibne F. 

11. brecedeirg Eg. brecd«Vg H. 

12. sci'acli i cind sciach YP>L. sgiach a cinn, 11. sefach hi cind Eg. sciach 
i cind cech hsibne dibh F. 

13. cecha Eg. cac/ja St. gâcha IL 

i.|. sic St. This may be added to Pedersen's list of instrumentais used wi- 
thout possessive pronouns, Celt. Zeitsch., Il, 370. robamairne .xu. fir, Eg. 
ro uabmairni .u. fir deg, H. robamàm[i] ar .11. teruibh deacc, F. 

15. ro coechastar Eg. do coechaidoa F. 

16. ros-côechastar Eg. do coechad doa F. do chaechad d6, St. 

17. The Irish hère is obscure, and probably corrupt. For tricha cet, cf-. 



The Destruction oj à.â Dcrgas Hostel. 2 1 5 

are the three : green hair and pnrpIe hair and all-golden l'air. I 
know not zuhether they arc ttiany appearances which the hair rc- 
ceives, or whether they arc three kinds of hair which arc (naturally) 
upon htm. But I know lhal evil is the thirtg hc d reculs tonighi l . I 
beheld thrice fifty boys on silvern chairs around him, and there 
iverc jifteen bulrushes in the hand of that red-freckled boy, zvith a 
thorn al the end oj each ofthe rushes. And we were jifteen men, 
and our jifteen right eyes were blinded by him, and hc blinded one 
oj the seven pupils which was in my head » saith Ingcél. « Hasl 
thou his like, Fer rogain ? » 

(Ta be continued). 

Whitley Stokes. 



1. Cf. j 77 supra. 



DE QUELQUES NOMS DE LIEUX FRANÇAIS 

D'ORIGINE GAULOISE 
(p série) ' . 



ABEILLAN 



Abeillan, nom d'une commune de l'Hérault, n'est pas men- 
tionne avant 1059, où Ton trouve castrum de Abelino, forme 
manifestement fautive pour Abeliano. Le b provençal postule 
nécessairement un p primitif. Nous sommes donc reportés à un 
type * Apïlianus, du gentilice Apilius, donné par Holder. 



ADISSAN 

Il v a dans l'Hérault une commune appelée Adissan, dont le 
nom n'apparaît qu'en 1323, sous la forme Deyssanum, et un 
hameau appelé L'Adisse, souvent écrit La Disse, qui figure dans 
le cartulairede Gellone, depuis le commencement du ix'' siècle, 
sous la forme Adicianum. Ces deux vocables actuels ont ma- 
nifestement la même étvmologie 2 . Le J média! remonte né- 
cessairement à un /, ce qui nous reporte à un type latin *Atï- 
cianus ou *Atîttianus. Je ne trouve pas de gentilice exactement 
correspondant dans Holder, qui donne Atettius, Atissius, 
Ali lia et Alillo. 

1. Voir Revue Celtique, XX, p. 1 et 438. 

2. Le déplacement de l'accent tonique qui a transformé la forme proven- 
çale Adissa, accentuée sur la finale, en Adisse est très récent; la toponymie 
méridionale oflrc beaucoup d'exemples analogues. 



De quelques noms de lieux français. 217 



ARCISSAS 

Arcisse est le nom d'une commune de l'Isère et d'un hameau 
de l'Orne, commune de Corbon. Il y a dans l'Eure-et-Loir un 
hameau dit Arcisscs, commune de Brunelles. Un hameau de 
la Creuse, commune de Bosmoreau, s'appelle Arcissas et cette 
forme figure dans le cartulaire de l'abbaye du Palais dès le 
xn e siècle 1 . On a identifié Arcisse de l'Orne avec la villa dite 
Arsicius dans le polyptique de l'abbé Irminon 2 . La constance 
de l'orthographe du cartulaire du Palais me fait croire que la 
forme primitive de Arcissas est * Arcïcias et qu'il a existé un 
gentilice ArcJcius à côté de Arsicius. 



BALLEDENT 

M. Holder enregistre les noms de lieux Balatedo, Balatonium 
et Balatonna. Il faut certainement y ajouter * Balatenno, nom 
primitif d'un chef-lieu de commune de la Haute-Vienne dit 
aujourd'hui BaUedcnt et au xn e siècle Baladen>, Balladen*, 
Baladent^. La même désinence se retrouve dans Serotenno, 
aujourd'hui Sardcnt (Creuse). 



BAZELAT 

La commune de la Creuse qui porte aujourd'hui le nom de 
Ba^eîat est appelée en 1257 Bala^ac 6 . Il faut rapprocher ce 

1. Bibl. nat., nouv. acq. lat. 225, fol. 15 et suiv. Aujourd'hui l'ortho- 
graphe flotte entre Arcissas et Arsissat; la carte du Ministère de l'Intérieur 
porte Archissas, forme fautive. 

2. XII, 45, éd. Longnon, p. 172. 

3. Cartul. d'Aureil, charte CXXVII. 

4. Ibid., charte CCCXX, et Leroux, Molinier et Thomas, Doc. hist. con- 
cernant la Marche et le Limousin, tome I, p. 137. 

5. Cartul. d'Aureil, charte CXXIY. 

6. Arch. de la Creuse, H 258. 

Revue Celtique, XXII. 15 



2 1 8 A. Thomas. 

nom de celui de Balayé, près de Vitré (Ille-et-Vilaine). Le 
type commun ne peut guère être que *Baïatiacus 1 , d'un gen- 
tilice hypothétique * Balai ins. On trouve Balatulla comme 
nom de femme, à côté de Belatulla, qui est plus fréquent. De 
même que Ton a Cintiufet Cintullus, on peut supposer * Ba- 
lalins à côté de Balalullus. 



BENASSAY 

Le nom de Benassay (Vienne) apparaît dès 889 sous la forme 
Benaciacum. Il est impossible de le confondre avec Banna- 
ciaco, qui figure sur des monnaies mérovingiennes du vn e siècle 
et qui a pour correspondant actuel Banassac, nom d'une com- 
mune de la Lozère et d'un hameau de la Creuse, Banassat, 
nom de deux hameaux de la Creuse, etc. Il faut supposer un 
gentilice gaulois *Benacius, qui fait songer au fameux lac Be- 
nacus de la Cisalpine. 



BLAUDEIX 

M. Holder a relevé chez Strabon et Etienne de Byzance le 
nom d'une ville de Phrygie dite BXaaSo^. Le caractère gaulois 
de Blaudos est confirmé par l'existence, dans la Creuse, d'une 
commune du nom de Blaudcix, autrefois siège d'une comman- 
derie de l'ordre du Temple. Blaudcix est écrit Blaudeis en 
1282 2 . Je ne vois pas d'autre type possible que *Blaudiscus 
pour rendre raison de cette forme. Presque tous les noms de 
la Creuse qui se terminent aujourd'hui en eix doivent remonter 
à d'anciens types gallo-romains en iscus. Je me bornerai à citer 
Le Jourdaneix, commune d'Arrènes, au xn e siècle Jordaniscum 
et, en roman, Jordanescî. 



1 . A distinguer de Baladitiago, mentionné dans la charte \ du cartulaire de 
Conques et identifié, sans aucune vraisemblance, avec Barriac par l'éditeur. 

2. Arch. delà Haute-Vienne, fonds de l'évêché de Limoges. 

3. Cartul. de Bénévent, Bibl. nat. lat 17116, fol. 95. — Cf. ci-dessous 
les articles Indrois et Nalèches. 



De quelques noms de lieux français. 219 



CHAMBEZON 



Chambexpn est le nom d'une commune de la Haute-Loire, 
canton de Blesle, arrondissement de Brioude. La forme la plus 
ancienne qui nous soit parvenue de ce nom est Chambedon, 
qui figure au xn e siècle dans le cartulaire de Sauxillanges 1 . Les 
textes postérieurs donnent Chambedon et Chambe%p } avec chute 
de Yn finale en roman. Le type primitif peut être *Cambido- 
uum, *Cambedonum ) *Cambidonem ou * Cambedonem 2 ; mais la 
saine phonétique interdit d'y voir soit Cambodunnm, soit Cam- 
bidonnum. Le même nom parait se retrouver dans Chambéon 
(Laire), qui figure plusieurs fois dans le cartulaire de Savigny 
sous la forme adjective Cambetdonénsis, Cambedonensis . 



CHAMBONCHARD 

Chambonchard est le nom d'une commune du canton d'Evaux 
(Creuse), située sur le Cher 3. Adémar de Chabannes mentionne 
le château de Chambonchard, castellum Camboncarem '. Il est 
évident que c'est un mot composé, dont le dernier élément est 
le nom de la rivière du Cher sous sa forme indigène Char, 
conforme à l'appellation gauloise Carisï. Le premier élément 
est Cambon, et non Cambo comme le dit M. Holder, qui a un 



1. Cf. Romania, VI, 263. 

2. Cf. la forme Cervedone (à l'ablatif) employé par Fortunat pour Cervon 
(Nièvre). 

3. On trouve la forme francisée Chamboncher dans une assiette d'impôts 
de 1357 (Leroux, Molinier et Thomas, Doc. bist. concernant la Marche et le 
Limousin, II, 31). 

4. M. Chavanon, p. 150, imprime Canboncasem d'après le ms. latin 5927, 
mais c'est une mauvaise leçon. Le ms. 5926 porte correctement Canbon- 

% carem. Une faute d'un autre genre a transformé le mot en Cambonearem 
dans la Chronique de Bernard hier, telle que t'a publiée Duplès-Agier, 
p. 41. 

5. Cette rivière prend sa source dans la commune de Chard (Creuse) et, 
dans les premières communes qu'elle arrose, elle s'appelle le Char. Naturel- 
lement, le 1/ de Chard est une fantaisie cacographique. 



220 A. Thomas. 

article Cambo-caris, et qui imprime Chambouchard, au lieu de 
Chambonchard. Il ne m'appartient pas de décider si cambon 
peut être un substantif et si Camboncaris peut signifier en gau- 
lois « la courbure du Cher » ; toujours est-il qu'aux environs 
de Chambonchard le Cher forme effectivement un coude assez 
prononcé du sud-est au nord-ouest. 



CHANTREZAC 

Chaiitrc^ac, commune du département de la Charente, 
figure dans la Chronique d'Adémar de Chabannes sous la forme 
Cantreciacensis eedesia 1 . M. Holder enregistre * Cantriciacum, 
où il voit une contraction pour * Gantariciacus ou *Cante- 
riciacurn, dérivé d'un gentiliee * Cantericius non attesté. 
Tout cela ne repose sur rien de sérieux. La forme vulgaire 
Chantrexçic, avec un ~ doux, prouve que la graphie attestée 
Cantrecîacum est pour * Cantretiacum. Il faut donc admettre un 
gentiliee gaulois * Çantretius, probablement dérivé de Cantrius. 
On sait que Cantrius se trouve sur mainte inscription. 
Quoique ces inscriptions n'appartiennent pas à la Gaule, 
M. Holder enregistre Cantrius et Cantrus: je suppose qu'il a 
ses raisons. A côté de *Cantretius f il faut aussi admettre *Can- 
trinius, d'où Chantrigné (Mayenne), qui correspond à un an- 
cien * Cantriniacus . 



DARNAC 

La forme romane primitive du nom de la commune de 
Darnac (Haute- Vienne) est AJmiac 2 . Cette forme nous reporte 
clairement à un type * Attrnacus. Holder enregistre Aternos, 
mais seulement pour faire remarquer que c'est un nom latin K 



i. J. Lair, Études critiques. II, p. 143. 

1. Johannes d'Aderhac figure connue témoin dans une donation faite 
vers [120 à la Maison-Dieu de Montmorillon, Bibl. nat. lat. 18399, P- * o: ' 

3. On sait qu'une ville du Samnium portait le nom d'Aternum et qu'il 
\ avait aussi en Italie un fleuve appelé Aternus. 



De quelques noms de lieux français. 221 

C'est possible; en tout cas Ateruus a été en usage en Gaule 
comme nom de personne, puisqu'un nom de lieu en dérive 1 . 



ESSOUVERT 

Une forêt de la commune de La Chapelle-Baton (Cha- 
rente-Inférieure) s'appelle Essouvert. Elle est nommée, dans la 
charte 313 du cartulaire de Saint-Cyprien de Poitiers, Exol- 
vernus silva. Il est difficile de ne pas voir dans * Exolvernos un 
nom gaulois, dont le dernier élément serait vernos, aune. 



EYMOUTIERS, HAINS, HEM 

Le nom de lieu celtique Agentum se retrouve aujourd'hui dans 
trois noms de lieu d'aspect très différent : Le Bourg d'Hem (pro- 
noncé Lebourdan) dans la Creuse, Eymoutiers, dans la Haute- 
Vienne 2 , et Hains dans la Vienne. Holder n'a relevé que 
Agenti tnonasterîum, d'où Eymoutiers, autrefois Aenmostier. 
Adémar de Chabannes veut parler d'Eymoutiers quand il dit 
« monasterium Sancti Stephani Agcnlense » ou, plus simple- 
ment, « ecclesia Agcnto » >. C'est aussi Eymoutiers qui est ap- 
pelé Agentum dans un acte du 8 août 959, publié par la Gallia 
christiana*. Au x e siècle également, nous avons la forme 
Agentum, qui devient plus récemment Haenluin, et, en langue 
vulgaire, Aent, pour désigner Hains"». Enfin Hem, dans la 



1. Il est possible que Damât, hameau de Saint-Sylvain-Bas-le-Roc 
(Creuse) ait la même étymologie que le Damne de la Haute- Vienne. La 
charte 112 du cartulaire de Brioude mentionne le nom de lieu Adarnacus, 
dont j'ignore la forme moderne. 

2. 11 y a aussi un Eymoutiers dans la Charente, mais je ne sais quelle en 
est l'étymologie. 

3. Edit. Chavanon, p. 158 et 172. L'éditeur a bien reconnu qu'il s'agis- 
sait d'Eymoutiers à la p. 158, mais à la p. 172 il a cru que Agento désignait 
Ahun (Agéd'unum). Leprepositus Aintensis qui figure dans une charte de 1 108 
publiée par M. Alfred Leroux (Chartes, chroniques et mémoriaux, p. 25) est 
un prévôt d'Eymoutiers et non d'Aven. 

4. Tome II, instr., col. 168-169. 

5. Redet, Dicl. top. de la Vienne. 



222 A, Thomas . 

Creuse, est appelé, depuis le xiii c siècle, Ahentum 1 , en latin, 
etAhent, en langue vulgaire. On trouve même Aentensis ecclesia 
et ecclesia de Aento appliqués à Ayen (Corrèze), mais la forme 
ordinaire est ecclesia de Aenno, qui remonte à Agennum L 



GORCE 

Le nom de lieu Gorce est extrêmement répandu dans le 
massif central de la France et déborde même un peu vers le 
sud-ouest. Employé au singulier ou au pluriel, avec ou sans 
article, écrit par c ou par s, francisé ou resté provençal dans 
sa désinence du pluriel (Gorce, Gorse, Gorses, Gorsas, Les Cor- 
ces, Les Gorceix, Lagorce, etc.), il s'étend sur plus d'une quin- 
zaine de départements : Ardéche, Aveyron, Cantal, Charente, 
Charente-Inférieure, Corrèze, Creuse, Dordogne, Gironde, 
Indre, Haute-Loire, Lot, Lot-et-Garonne, Puy-de-Dôme, 
Vienne et Haute-Vienne. Il a à côté de lui, comme diminutif, 
Goursole, qu'on trouve dans la Charente, la Corréze, la Creuse, 
la Dordogne, etc. Le plus anciennement mentionné de tous 
ces lieux serait Gorses, chef-lieu de commune du Lot, qui figure, 
appelé Gorcias, dans une charte de 755, si ce document était 
authentique; malheureusement le document a été fabriqué, au 
xi e siècle probablement, par les moines de Figeaç, qui l'ont 
mis sous le nom de Pépin le Bref. Il importe peu, à notre point 
de vue. Il est certain que Gorce (avec un ouvert) ne peut 
venir que de *Gorcia ou *GorliaK Or, dans une partie de la 
région sur laquelle s'étend le nom propre qui nous occupe 
(Creuse, Corrèze, Haute-Vienne, Indre, etc.), on emploie 
aussi le nom commun gorço, gorce, avec les sens de « haie vive, 
haie sèche, buisson, lieu rempli de mauvaises herbes ou de 



1. Fouille du diocèse de Limoges conservé aux archives de la Creuse; 
charte de 12S2 aux archives de la Haute-Vienne. 

2. Assiette d'impôt de 1. 177 aux Arch. nat. P. 1365, cote 1241. 

3. Leroux, Chartes, chroniques et mémoriaux, p. 30, 31, 32, 34, 35, $6, 
37, 38, 59, 40, 41,42, M- 44, l)< 46 et 47. 

4. C'est ce que montre, par exemple, le ~ de la forme Gor-d, qui figure, 
vers la lin du XI e siècle, dans la chatte 239 du Cartulaire de Yigeois. 



De quelques noms de lieux français. 223 

décombres ». Il est évident que les deux séries n'en font 
qu'une et il est probable que nous devons y reconnaître le 
celtique *gorto-, allongé à l'aide d'un suffixe latin en *gortia. 
Mistral a donc raison, en somme, de rapprocher le limousin 
gorso du bas-breton gciix « haie »*. 



INDROLS 

Ulndrois est une rivière qui se jette dans l'Indre à Azay- 
sur-Indre (Indre-et-Loire). Quelques-uns écrivent ïndroye, au 
lieu de Indrois 2 ; mais c'est une fantaisie moderne. Les an- 
ciennes formes du nom de cette rivière sont : Andreis, Andro- 
sius, Andriscus, Ander iscus, Angef iscus, Angeliscusi. On sait 
que le nom primitif de l'Indre est Anger*: la bonne ortho- 
graphe du mot français serait Aindre, comme ceindre, de cin- 
gere, ou l'ancien verbe fraindre, de ffangere. Il est clair que le 
nom de Y Indivis est dérivé de celui de Y Indre au moyen du 
suffixe iscus, iscos k On peut inscrire sûrement Angeriscos dans 
le Trésor du vieux gaulois. Il ne faut pas hésiter non plus, 
il me semble, à voir dans ce suffixe iscos un suffixe diminutif 
identique au suffixe grec ir/.zz. Le rapport sémantique de In- 
drois à Indre est manifestement le même que celui de Loiret à 
Loire et de Petite-Creuse (au moyen âge Crosetd) à Creuse, etc. 
Que les celtisants fassent leur profit de cette très simple obser- 
vation 6 . 

LE MAINE, LE MANS 

C'est à Jules Quicherat que revient le mérite d'avoir ex- 

1 . Le nom de la célèbre abbaye de Gor^e, près de Metz, énoncé Gortia 
en 793, doit avoir la même étymologie. 

2. Notamment La Grande Encyclopédie. 

3. Mabille, Notice sur les divisions territoriales de la Touraiiie (Paris, 1866), 
p. 162. 

4. Super fluvium Augcrcui, Grégoire de Tours, Vit. patrutn, 18, 1. 

3. La désinence iscus donne régulièrement en français ois et plus récem- 
ment ais. Exemples: dais, anciennement dois, de discus. 

6. Comparez ce que dit du suffixe iscos M. -D'Arbois de Jubainville, p. 346 
et suiv. de ses Recherches sur l'origine de la propriété foncière. 



224 -4' Thomas. 

pliqué pourquoi nous disons Le Mans, avec l'article, en par- 
lant du chef-lieu de la Sarthe 1 . Le nom du peuple gaulois des 
Çenomanni est devenu Celomanni par dissimilation, d'où *Cel- 
niiins, qui a dû être la tonne romane primitive. Puis, la pre- 
mière syllabe a été confondue avec le démonstratif cel et rem- 
placé par l'article la, le. Il n'y a pas à revenir là-dessus. Ce 
que je veux faire remarquer, c'est que Le Mans remonte à Ce- 
nomannis avec deux n, car si le type étymologique n'avait eu 
qu'un seul n, il aurait abouti à* Le Mains. M. Holder a donc 
raison d'instituer deux articles distincts dans son Aitceltischer 
Sprachscbal~, l'un pour les Cenomani de la Cisalpine, l'autre 
pour les Çenomanni de la Transalpine. 

Dans le texte de son Allas historique de la France, p. 102, 
M. Longnon écrit: « Le nom vulgaire Le Maine ne dérive- 
pas du vocable latin Ccnonianicum, mais de la variante Ceno- 
niania ». Je ne comprends pas pourquoi M. Longnon excom- 
munie ainsi le suffixe ieitm, à qui l'on doit la formation de 
tant de noms de provinces: Auvergne, Chalorige, Comminge, 
Médoc, Périgord, Rouer g ne, Sa in longe, Uqège, Velay, de Arver- 
nicnni, Calalaunicuni, etc. Tous ces noms sont masculins à 
l'origine et le sont restés, sauf Auvergne et Sainlonge 2 . Maine 
peut remonter à \Cen6\mannicum, au même titre que domaine 
à dominicain. M. Longnon admet lui-même que Langoinc, 
que l'on trouve une fois, au xm e siècle, pour désigner la pro- 
vince de Langres, vient de Lingonicum, et que Touraine, pri- 
mitivement Toroiue, Toroigne, représente Tu rouie uni. 



MUSS1DAN, MONCEAUX 

Dans son Dictionnaire topographique de la Dordogue, le baron 

1. Traité de la formation des noms de lieux, p. 24. 

2. Saintonge, écrit Centonge, est masculin dans les poésies de Bertran de 
Born; et je nie souviens d'avoir entendu dire /.' Saintonge dans la Creuse. 
Pour l'Auvergne, l'ancien genre semble avoir disparu complètement de nos 
jours. 

3. Atlas, p. 95 et 101. L'emploi de Touraine au féminin dans la Vie de 
saint Martin de l'eain (Jastineau {'l'oie Toroinne, 6409) peut l'aire songer à 
Turonia; mais l'hypothèse d'un changement de genre, dû à l'apparence fé- 
minine de la désinence française, est plus vraisemblable. 



De quelques noms de lieux français. 22 j 

de Gourgues a eu la fâcheuse idée de supposer que le lieu ap- 
pelé Mulsedonum dans la Vie de saint Géraud d'Aurillac pourrait 
être Mussidan. lia eu beau mettre un point d'interrogation; 
l'erreur a fait son chemin. J. Quicherat a transformé, par amour 
de l'art, Mulsedonum en *Mulsedunum l , et M. Meyer-Lùhke 
lui-même ne doute pas 2 que *Mulsedunum ait pu aboutir à 
Mussidan. Or Mussidan est en ancien provençal Moissida, avec 
l'accent tonique sur la finale, qui est devenu aujourd'hui dans 
le patois local, avec déplacement d'accent, Mouissido. M. Meyer- 
Lûbke est aussi convaincu que moi, j'en suis sûr, qu'un d in- 
tervocalique, dans la région du Périgord, provient infailli- 
liclement d'un t primitif et que Mussidan ne peut que s'être 
appelé, à l'époque gallo-romaine, *Moscitanum, *Moxïtanum, 
* MuscUanum ou * Muxilauum 5. Comment s'appelle aujourd'hui 
la localité que le biographe de saint Géraud désigne par le nom 
de Mulsedonum? Il y avait en Limousin, au X e siècle, un Mul- 
sedonum, lequel est aujourd'hui Monceaux, orthographe bar- 
bare qui a remplacé le Molseo du moyen âge. Ce Monceaux, 
situé près d'Argentat (Corrèze), n'est pas tellement loin d'Au- 
rillac qu'il ne puisse se trouver en cause. 



NALECHES 

Nalèches est un hameau de la commune de Moutier-Ro- 
z'eille (Creuse), dont le nom n'est pas mentionné dans les do- 
cuments du haut moyen âge. La chute d'un a initial est si fré- 
quente dans la région, qu'il est très vraisemblable que Nalèches, 
en patois Naleichas, autrefois Naleschas, remonte à un type 
* Aualiscas, comme Naillat remonte à Analiacus, qui figure 
sur une monnaie mérovingienne. Le suffixe féminin isca n'est 
pas rare dans la Creuse. On peut citer notamment Barbonéchas 
(*Borboniscas), La Fauconêche (*Falconisca), Franscches (*Fran- 

1. Giry donne aussi « Mttlcedonum pour Mulcedunum » comme nom an- 
cien de Mussidan, dans son Truite dediplom., p. 383, d'après J. Quicherat. 

2. Die Betonung im Gallischen, p. 33 et 34. 

3. Adémar de Chabannes tire du nom de Mussidan l'adjectif Moxeda- 
nensis. 



-V • 



2 26 A, Thomas. 



lisais), Gaudettaichè (*Gotoriiscas), Gounéchas (*Goniscas ou 
* Aconiscas), Galèches (* Gai lisais), La Martinèche (* Mar- 
tin isca) l . 



REMENEUIL 

Remeneuil est un hameau de la Vienne, qui n'est pas men- 
tionné avant 1037. A cette date, il est appelé Ronianoculus. Il 
ne faut pas hésiter à reconstituer la forme primitive * Roma- 
noialum. C'est un intéressant exemple de la combinaison du 
suffixe ialiiiu avec le nom d'homme Romaiius. L'affaiblis- 
sement de la syllabe initiale ro en re se retrouve dans Le Re- 
landais, quartier de Loudun, en 1278 Rolandeys; dans La 
Relandière, en 1402 Rollanderia ; dans Le Remigeoux et La Re- 
migêre, autrefois Romejos et Romigere, du latin rumex, combiné 
avec les suffixes osus et aria ; dans Reiiiillx, autrefois Ro- 
milice, etc. Tous ces noms appartiennent à la Vienne. 

A. Thomas. 



1. Cf. D'Arbois de Jubainville, Recherches sur la propriété foncière, p. 547 

et suiv. 



SULLA POPOLÂZIONE DELLE GALLIAE 

NEL TEMPO DI CESARE 



Non é inutile torse fermarei brevemente sulla questione del 
numéro degli abitanti del regioni Galliche, o meglio délie 
Très Galliae, che Cesare sottomise a Roma e poi ail' impero 
suo. Di taie importante e difficile questione si occupé giâ uno 
dei piûdotti e geniali Maestri délia storia dell' antichita, /. Bc- 
loch (nella sua classica opéra « Die Bevôlkerungdergriech-rôm. 
Welt »), il quale in un piû récente studio 1 ritorna sullo stesso 
argomento per chiarire e confermare il suo sistema e le pro- 
prie opinioni. 

L'unica fonte cui dobbiamo sul proposito attingere, é certa- 
mente Cesare, il solo che potesse avère materiale sicuro, 
benché non privo talora di esagerazione. Prima di lui non si 
potevano avère che notizie vaghe e incerte, com' é quella di Po- 
sidonio (apd. Diodor. V, 25), che dd per numéro massimo di 
abitanti 200 mila e per minimo 50 m. per ogni cantone Cel- 
tico 2 . 



1. Die Bevôlkerung Gailiens zur Zeit Cacsars, in rhein. Muséum, N. F. 
LIV (1899), 3, pp. 414-445. 

2. Queste duc eifre, tanto la massima quanto kuminima, si devono rife- 
rire non ai soli capaci di portarc le armi, ma a tutti gli abitanti (cf. 
O. Hirschfeld, Die Hacduer und Arverner tinter rom. Herrschaft, in Sit- 
zungsber. d. Kôn. Preuss. Akad. d. Wiss. zu Berlin, LI (1897), p. 1101 
[= Estr. p. 3J, n. 1 — e contro, Beloch mem cit., p. 415, nota), corne si 
rileva, senz' altro, dalla stessa espressione generica di Diodoro. — La 110- 
tizia di Strabone (IV 2, 3 ; cf. 1, 11), che 200 m. siano stati i soli Ar- 
verni combattënti contro i Romani nel 121 a. C, é, molto probabilmente, 
derivata da erronea confusione con quella di Posidonio (vedi Hirschfeld 1. c.j; 



228 Francesco P. Garofalo. 

Servendosi quindi dello scrittore délia guerra Gallica, c pre- 
cisamente di duc o tre indicazioni, il Prof. Beloch vuole ri- 
cercare e detcrminare la popolazione Gallica in quel tempo. 



La prima notizia si riferisce al censo degli Helvetii e socii 
prima dell' emigrazione dell' a. 58 e a quello posteriore alla 
sconfitta di Bibracte dello stesso anno (b. G. I, 29). La cifra 
dei partenti era di 368 mila (263 m. Helvetii, 36 m. Tulingi, 
14 m. Latovici, 23 m. Raurici [s. Rauraci] e 32 m. Boii). La 
cifra dei reduci era di iro mila. Il Beloch 1 accetta la seconda 
ma riduce di molto, fin sotto a 150 m., a 112 m. la prima 
cifra. Onde desume il rapporto fra la popolazione e l'area, cioé 
di 7, 5 circa, e di 6 o 6, 5 per kmq., secondoché si consideri 
l'epoca antécédente o susseguente al movimento Elvetico ; e 
vorrebbe in ciô trovare un punto di appoggio per valutare la 
popolazione di tutta la Gallia, che sarebbe da 3 a 4 milioni e 
più. Ci é facile perô osservare, che se é ammissibilc l'indica- 
zione sul numéro dei ritornati, non lo é meno Paîtra sul nu- 
méro degli emigranti. Nessun motivo serio c'impone di ridurre 
taie cifra, giacché la grande differenza fra i due numeri, fra 
368 m. e 121 m. circa (o forse 130 m. circa) 2 , si puô spiegare 



cornu é inammissibile e prodotta evidentemente da arbitrario calcolo l'altra 
dei 400 m. Arvcrni opposti a Cesare (IV 2, 3). 

Del resto cosi interpretando l'indicazione, per quanto generica, di Posi- 
donio, non vi sarebbe molta differenza fra essa e le cifre date da Cesare sulla 
popolazione degli Helvetii (Vedi mio lavoro sugli Helvetii, 2 a . ediz., 
1900, p. 48, n. 70) e su quella dei cantoni minori, alleati di questi. 

J. P. 416. — Egli crede che 88 m. fossero i soli Helvetii ritornati, ma 
non esclude che tutti i 110 m. dopo l'a. 58 dimorassero nel territorio degli 
Helvetii, cioé le genti dei cantoni affini, corne anche prima dell' emigra- 
zione. Onde aumenterebbe un poco la densitâ. 

2. Cioé fra il numéro di tutti i partenti, e il numéro dei reduci, 1 10 m., 
piû quello dei Boii supersliti che andarono altrove (forse circa il m.), e 
inoltre forse quello dei Raurici rimasti che probabihneute non ritomarono 
nelle sedi primitive (cf. mio lav. sugli Helvetii, p. 47, n. 60) e che si pos- 
sono valutare a circa 8 m. Questi numeri 1 1 m. e 8 m. circa si ricavano in 
base al rapporto 1/3 Ira il numéro dei partenti (336 m.) e quello dei re- 
duci (110 m.) Helvetii e soci; cioé dividende) per 3 i 32 m. (numéro dei 
Boii partenti) e i 23 m. (numéro dei Raurici partenti). 



SulLi popolazionc délie Gâlliae. 229 

non soltanto per sconfitte c altre perdite, ma anche pcr fuga 
o per stanziamento altrovc 1 . Pertanto il calcolo dovrebbe farsi 
quanto ai soli Helvetii, sulla base di 263 m., o — supponendo 
corne abitanti nello stesso territorio i Tulingi e i Latovici — 
313 m. Ma é del tutto incerto, anche se si ammetta la stesso 
territorio che il Beloch assegna agli Helvetii 2 ; perché non si 
sa se tutti costoro abitassero dentro quei confini, ed é molto 
verosimile — tenuto conto délie condizioni d'allora — che 
molti si'an'o venuti nell' occasione dell' emigrazione, dalle terre 
poste di la dal Reno3. Se pertanto non si puô conoscere, 
nemmeno approssimativamente, la densita délie stirpi Elve- 
tiche, tanto meno ciô puô valere per le Gallie in générale. 
Neppuré puô applicarsi il rapporta, che si ricaverebbe dal nu- 
méro délia popolazionc, la quale ritorno ad abitare in quel 
territorio, cioé 110 m. o 94 m. circa o 86 m. 4; perocché po- 
trebbe valere solo per il paese cui si riferisce, e non per le altre 
regioni délia Gallia, ben diverse dalle terre degli Helvetii, che 
non poco spopolate erano dopo l'a. 58. 

In conclusione, la studiata notizia di Cesare, per quanto in se 
stessa prc~iosa, non puô in nessun modo, né da sola né insieme 
con altre, giovare a risolvere la questione che c intéressa. 



Altro fondamento alla determinazione délia popolazione di 
tutta la Gallia si é voluto trovare nella lista dei contingenti mi- 



1. Vedi mio lavoro, p. 48, n. 65. Dove ho detto che Cesare ha omesso 
ciô per ingrandire il merito suo e far credere che le perdite fossero deri- 
vate da sconfitta, corne l'intese Appiano (Celt. I, 3), che fa morire circa 
200 m. di questi barbari. 

Nulla poi v'era d'impossibile che una si grande moititudine di piû di 
300 m. si sostentasse nella marcia (c\. articolo nel Boll. di filol. classica, Y 
(1898), n°6, p. 136 sg. — Che in gran parte contiene opinioni accettabili). 

2. Cf. perô mio cit. libro sugli Helvetii, p. 44 sg. • 

3. Cf. ibid., p. 49. 

4. 1 10 m. sono tutti i reduci. Ma da taie cifra si puô togliere quella dei 
Tulingi e Latovici ritornati (1/3 dei 30 ni. Tulingi e Latovici partenti : V. 
pag. précédente, n. 2). Cioé circa 16 ni., ovvero quella anche dei Raurici 
superstiti, se veramente essi ritornarono nella précédente loro contrada (cioé 
circa 8 m. — V. nota indicata). Onde rimarrebbero : 94 m. o 86 m. circa. 



230 Francisco P. Garafalo. 

litari, che si dovevano fornirc ail' cscrcito fédérale Gallico 
nella générale sollevazione contro Cesare nell' a. 52 (b. G. 
VII, 75 sg.), in connessione con l'altra lista dei contingenti 
délie popolazioni Belgiche nel 57 (b. G. II, 4). 

Quanto a quest' ultinia noti/ia di Cesare, osserviamo, che 
qui é menzionato nel complesso un csercito di piû di 300 m. 
formato non da tutti i 27 cantoni Bclgici, ma da soli 1 5 o 20 
circa confederati ', e si dice che le forze intere di questi popoli 
erano maggiori, ciô ch 5 é ricordato espressamente per i Bel- 
lovaci ed é sottinteso per quasi tutti gli altri 2 . 

Da tali cifre molti hanno voluto « tout court » ricavare la 
popolazione délie genti Belgiche e da questa passare a fissare 
quella di tutte le Galliche, cioé fondandosi sul totale 306 m., 
aumentandolo — in base al rapporto di 3/5 (cioé di 
60000: 100 000 per i Bellovaci) — a 510 m., che sarebbe 
l'insieme di tutti gli uomini armati, e poi — fondandosi sul 
poco sicuro rapporto di 1/4 — desumendone la popolazione 
totale degli abitanti, in piû di 2 milioni, e portandola final- 
mente a poco meno di 3 milioni (con l'aggiunta di altre genti 
Belgiche non menzionate da Cesare) 3 ! 

Secondo noi pero, le cifre date da Cesare — pur ammesso 
che abbiano relazione solamente col territorio e con la popo- 
lazione di ciascuna gente4 — non possono servire menoma- 
mente corne criterio fondamentale. Alcune sono evidentemente 
esagerate (Cosi per i Nervii, i Bellovaci, i Suessiones) >, e 



1. Se aggiungiamo i cinque dipendenti dai Nervii (b. G. V, 39)equalche 
altro sottomesso a uno dei maggiori Ira i 15. 

2. Cosi per i Nervii, che in quest' anno stesso compariscono in 60 m. 
(b. G. II, 28), e benché quasi tutti distrutti (ibid.), sono ricordati piû 
tardi (b. G. V e VI passim; e "\"II 75, 3). Ciô, s'intende, sempre secondo 
Cesare. 

3. Intorno aile opinioni degli scrittori, specialmentc Francesi, sulla po- 
polazione, ci', il lavoro dei compianto mio aniico 1> //. Molîière di Lione, 
Recherches sur l'évaluation de la population des Gaules et de Lugdunum, 
Lvon, 1892, p. 22 sgg. Vedi anche G. Bloch, in Hist. de France di H. La- 
visse, p. }4 sg. 

4. Escludendo altre considerazioni — che non sarebbero poi assurde — 
di prossimita maggiore o minore al luogo délia guerra coi Romani. 

•,. Vedi Beloch, p. \2^ sg.,che giustamente spiega perché Cçsare talora 
abbia esagerato il numéro dei Nervii, e per conseguenza quello dei Bello- 



Sulla popolazione délie Galliae. 231 

nessuna é sicura. Oltracciô Cesàre le riferisce non a tutte le 
forze 1 , ma solo a contingenti ; e s' ignora il rapporto ira il con- 
tingente e l'esercito intero 2 . 

Manca inoltre di base la relazione che si é voluta stabilire 
tra le ciîre dei contingenti Belgici nel 57 e quelle di alcune 
délie genti Belgiche nel 52 k 

Infatti le cifre dell' a. 52 han riguardo a una ben diversa oc- 
casione, a quella di aiutare Vercingetorige in un teatro dis- 
tante dai paesi Belgici in pro' di una causa che non li poteva 
interessare quanto la difesa del proprio territorio, cinque anni 
prima. Onde quelle sono meno elevate délie altre del 57, e 
non v'ha nessuna ragione per anteporle a queste solo perché 
/</ comodo scegiiere le meno elevate. Anche le prime possono essere 
fondate « auf von Caesar eingezogenen Erkundigungen » corne 
le altre; ciascuna ammissibile in relazione al proprio paese, 
senza doversi capricciosamente confondere. Sul presunto rap- 
porto di 1 : 3 tra i contingenti e tutte le forze militari, parle- 
remo piû innanzi. 

Eliminiamo perciô anche questo secondo voluto puntodiap- 
poggio, e trattiamo dell' ultimo, consistente nelle indicazioni 
del numéro dei soldati Galli nella grande rivolta dell' a 52. 



L'illustre Prof. Beloch comincia (p. 419 sgg.) dal riferire 
lecitre secondo le migliori edizioni, seguendo, quasi dovunque, 
il testo ch' é dato dall' ediz'. del Nipperdey e del Dinter4. Del 



vaci e Suessioncs; e raostra l'impossibîlita di fatto che questi tre popoli 
avessero tante forze. 

La popolazione dei Bellovaci, anche sulla base di 100 m. soldati, po- 
trebbe credersi e di molto inferiore a 400 ni. 

1. Secondo l'opinione del B. (p. 424) e di altri precedenti (p. es. dello 
Scha)-es, La Belgique et les Pays-Bas avant et après la domination ro- 
maine, Bruxelles, 1858, t. I). 

2. Il rapporto di 3 : 5 va per i soli Bellovaci (Caes.). Per altri in Caes. 
non é detto. Onde cade tutto Tedificio costruito su quel rapporto genera- 
lizzato. 

3. Corne ta ilB. (423). Quindi sono inutili questa sua comparazione e la 
tabella ivi posta. 

4. E vittoriosamente il B. (422, nota) confuta il giudizio di O. Hirsch- 



232 Francesco P. Garofalo. 

resto per la questione délie cifre hanno poco interesse quelle 
del testo, perché le cifre differenziano di poco '. La lista é 
presentata secondo la maggiore o minore importanza del con- 
tingente, eccettochë in ultimo 2 . Si ha il totale di circa phi di 
250 m. 

Basandosi su tali dati, il B. vuole da queste cifre ricavare il 
numéro délie forze complète, e da questo ultimo poi il nu- 
méro di tutti gli abitantiî. 

Per giungere a risultati sicuri — e sempre relativamente — 
vuole trovare il râpporto fra il contingente e tutto l'csercito, 
ehe crede sia di 1/3 (perché con lo studio di queste cifre di 
Cesare e anche col paragone con la densita délia popolazione 
délia vicina Narbonensis, viene alla conclusione, che il râp- 
porto medio debba essere di 1/3); e l'altro fra tutto l'esercito e 
tutta la popolazione, chefîssaa 1/4. Onde présenta (p. 43 1 sg.) 
un quadro délie civitates del paese Celtico propriamente detto, 
aile quali si riferiscono i predetti contingenti dell' a. 52 e che 
divide in 5 catégorie secondo il contingente (da 3 5 m. a 5 m.). 
Notata la popolazione, determinata col metodo precedente- 
mente accennato, e l'area rispettiva di ogni popolazione (de- 
sunta dalla superficie degli odierni départ, relativi, cio che nel 
complesso non é erroneo ed é quasi preciso), espone, in or- 
dine discendente, la densita média di ogni gente» e in fine la 
densita média di tutta la regione, che il B. fissa in circa 9, 1, 
per una popolazione in média di 2780000 circa (la quale 
cifra si puô ricavare anche moltiplicando le cifre dei contin- 

feld (1. c. in pag. 1, n. 1) che i suoi calcoli siano fondati sopra un testo 
non privo di errori e maie acconciato. 

1 . Specialmente quanto ai Senones, li lascia al n° 6 e li cancella al n° 1 > 
perche erroneamente ripetuti (E anche cancella « sena Andibus »). Relati- 
vamente ai Lemovices, egli, seguendo i phi rêcenti editori, li conserva gius- 
tamente al n° 10; e quanto ai Lexovii di n° 25, non si décide né a lasciarli 
né a toglierli. Del resto anche una gente Lemovices era probabilmente Ira 
le Aremoricae civitates, corne ha dimostrato Max. Deloche [in Mëm. de la 
Soc. des antiq. de France, XIII (1856)!. 

2. Cioé al n° 29, per le Aremoricae civitates, che hanno un contingente 
superiore a molti di quelli indicati prima (cf. Beloch. 421 ). 

3. Cosi procède ora il B., e quindi phi regolartncnte che non nella sua 
« Bevolkerung ». 

4. Non comprendiamo perché il B. u si la forma « Nitobriges » invece 
di « Nitiobriges ». 



Sulla popolazione délie Galliae. 233 

genti per 3X4 cosi e ottenendo, 2748 000) x . Ne deduce poi 
che le regioni piû popolose sono le prossime alla Provincia, 
quelle situate al Sud-Ouest sino alla foce délia Garonna, verso 
Nord lungo la Loire, la Senna fino al Pas de Calais ; e le 
meno, verso il Nord-Ouest, e il Nord-Est lungo il Reno. 

Tiuto ciô vale per la Celtica particolarmente intesa. Ma 
anche per il Belgio e l'Aquitania il Beloch détermina la popo- 
lazione. E in tutto stabilisée 5700000, di cui 4 1/2 milioni 
per le Très Galliae (Cioé meno di 3 mil 1 , per la Celtica pro- 
pria, 1 1/4 mil. per il Belgio, e 400 m. per l'Aquitania — 
calcolata quest' ultima quantita sulla base di 10 per kmq., 
ciô ch' é verosimiie, in relazione aile cifre ammesse dalB. per 
gli altri paesi). 

Tutta questa ricerca delProf. Beloch — fatta con la piû pro- 
fonda conoscenza délia storia antica e anche délia tradizione 
dei tempi successivi — mérita non poche osservazioni. 

Le cifre dei contingenti — ■ ammettiamo quelle date dal B. 2 
— hanno valore approssimativo, chi più 5 , chi meno. Il rap- 
porto sopracennato di 1/3 é stato ricayato direttamente(p. 423) 



1. L'esempio degli Edui, col. quale il B. (p. 42g sg. e 438 sg.) vuole 
confermare il suo sistema, mostrando che le cifre dedotte col primo metodo 
(5 700000) si avvicinano a quelle desunte dalla ci fra degli Edui (6 1/4 mi- 
lioni), ci pare dei tutto inutile ; poiehé quest' altro calcolo é in sostanza 
fondato sulla stessa base di 1/3 circa e di 1/4. Anzi é meno ammissibile la 
média di io(?) per kmq., che si vuole applicare a tutte le Gallie solo per- 
ché gli Edui erano nel centro délie regioni Galliche. 

2. Anche su questo punto si potrebbe tare qualche osservazione. Cosi 
quanto al contingente dei Raurici e Boii (ch' é fissato a 4 m. ciascuno nella 
edizione dei Kùbler), non é necessario porlo a 2 m., anzi a cifra minore 
(B., p. 422), in base alla proporzione fra il contingente degli Helvetii nel 52 
(8 m.) e la popolazione degli Helvetii (263 m.) e dei Raurici e Boii 
(32 m. -|~ 23 m. = 55 m.), prima dell' emigrazione dei 38. Ammesso pure 
un rapporto costante fra i contingenti dei 52 e la popolazione rispettiva (V. 
innanzi), si deve tuttavia notare, che le osservate cifre délia popolazione 
degli Helvetii, Raurici e Boii sono date per l'epoca antécédente ail' emigra- 
zione dei 58, e che le cifre dei Raurici e Boii nel 52 potevano essere ben 
differenti, perché non solo potevano riferirsi ai superstiti dei 38, ma ad 
altri che si trovarono o loro si aggiunsero. 

3. Corne quella degli Edui. — Che Cesare abbia dato notizie approssi- 
mative, si vede p. es. da ciô che agli Edui e agli Arverni dava la stessa 
cifra, benché la loro popolazione fosse di quantité diversa. Non si puô 
quindi nulla aftermare sui rapporti di popolazione e di densita fra questi due 
grandi Cantoni (cf. Beloch, p. 430). 

Revue Celtique, XXII. 16 



234 Franccsco P. Garofalo. 

dalle cifre relative agli Helvetii; e indirettamente (p. 4275g), 
dalla média presunta délia popolazione délia vicina Provincia e 
calcolando, chein base alrapporto di 1/2 si avrebbe il minimo 
délia média c in base a quelle» di 1/4 si avrebbe invece il mas- 
simo (mercé esempi opposti di Cantoni piû popolaii, cîoé dei 
Ruteni e Arverni, e di altri meno, cioé di quelli dell' Aremo- 
rica), e che percio non resterebbe ebc il rapporto medio 1/3. 

L'argomento diretto non regge. Peroccbé la cifra del con- 
tingente degli Helvetii nel 52, ch' é 8 m., cioé circa 1/11 o 
1/13 o anche 1/14 délia popolazione totale ritornata nel 58 
(ch' é di 86 m. o di 94 m. circa o di 110 m. — V. indietro 
pag. 3, n. 4), non puô applicarsi con certezza agli altri con- 
tingenti, i quali potevano variare per tante ragioni 1 . In ogni 
modo esso va da 1/11 a 1/14 circa. Inoltre dalle cifre sugli 
Helvetii non si puô conoscere il rapporto générale tra il con- 
tingente e tutta la popolazione atta aile armi (che per gli Hel- 
vetii é di circa 1/3 — cioé da i/n X 4 a 1/14 X 4), non 
soltanto perché non é sicuro il rapporto 1/4 fra la popolazione 
armata e Tintera (V. avanti), ma per la semplice ragione, che 
questo rapporto (1/4) Cesarc l'attribuiscc agli Helvetii prima 
ch' emigrassero, non dopo la battaglia di Bibracte, dopoché 
certamente il rapporto dovette alterarsi 2 . 

L'altro argomento, l'indiretto, é in gran parte accettabile. 
Qualche riserva c' é da fare solamente rispetto alla compara- 
zione con la densita di popolazione délia Narbonensis>; e del 
resto il Beloch stesso ne tiene conto^. Inoltre é da osservare 
che non é sicuro il rapporto 1/4, corne ora vedremo. 



1. Vedi mio lavoro sugli Helvetii, p. 72, nota c. 

2. Perché moi'irono in maggior numéro gli armât i, etc. 

5. Che il B. (426 sg.) pone, in raffronto di quella dell' Italia continen- 
tale (che stabilisée in circa 2 milioni. — corne egli dimostra anche studian- 
dola nell' epoca migliore dell' Impero e durante il Rinascimento, e valu- 
tandola con validissime considerazioni, desunte da profonde cognizioni sto- 
riche e topografiche), in circa 12 per kmq.; e in 15 quasi la densité délia 
popolazione délie regioni piû fertili. Taie média dev' essere in générale su- 
periore a quella dei cantoni délie Très Galliae. 

4. Non escludendo la possibilité che. essendo voleudosi ammettere 
maggiore la popolazione délia Narbonensis e dell' Italia. lo fosse pure 
quella délie Gallie. Ma anche in tal caso la differenza nel totale non sa- 
rebbe grande (Cioé fra > 700000 e non piû di 6 milioni). 



Sulla popolazione délie Galliae. 23 5 

Il rapporto r/4 tra le cifre delF esercito e di tutta la popo- 
lazione, anche se valesse per gli Helvetii 1 , non potrebbe am- 
mettersi per tutte le Gallie. Anzi é preferibile il rapporto 1/3 2 . 
£ la prova che il B. ha voluto trovare nelle cifre concernenti 
gli Aduatuci 5, dato pure che esista un rapporto fra gli armati 
e tutti gli abitanti e che non sia piuttosto un rapporto del 
tutto casuale4, non ha nessun valore, perché il rapporto é 
non di 1/4, una di 1/3 5, e quindi potrebbe confermare la 
nostra opinionc. 



Concludendo, dopo di aver ridotto ad un solo i punti di ap- 
poggio délia présente questionc, e questo medesimo circon- 
dato da non poche restrizioni, possiamo affermare, che i ri- 
sultati ultimi, cui perviene il Beloch, se non sono e nessuno 
prétende che siano assoluti, nel complesso 6 non sono privi di 
valore realmente scientitico. 



1. Mentrc non é infondato il sospetto che Cesare stesso abbia ricavato 
dalla cifra générale questa, servendosi di questo rapporto 1/4 che si présenta 
altrove (cf. mio libro sugli Helvetii, p. 49, n. 75). 

2. Perché basta togliere 2/3 (fra donne, vecchi, lanciulli...) trattandosi 
di paesi bellicosi corne le Gallie di allora. 

3. Cioé 19 m., contingente militare (b. G. II, 4, 9) e 57 m. (= 4111. -4- 
53 m. : b. G. II, 33), popolazione tutta. 

4. Mentre non si puô affermare che 19 m. siano tutti gli armati (Caes. 
II, 4, 9 dice che sono un contingente soltanto). Del resto s' ignora quanti 
fossero gli armati fra i 57 m. rifugiatisi nell' oppidum (b. G. id., 29-33). 
Il rapporto puô essere accidentale. 

5. Fra 57 m. e 19 m. (V. précédente nota 3). E non so perché, il B. 
(424. 427. 431, n. 1) pone 1/4. 

6. Sui particolari altre riserve dovremmo fare, oltre di quelle sopra es- 
poste. Peralcune civitates il B. (p. 433) nota che la média é inammissibile. 

Quanto alla valutazione délia popolazione Relgica, che il B. (p. 436 sg.) 
tissa in i 1/4 mil. (e forse fino a 1 1/2) in tutto, calcolando le contrade oc- 
cidentali, piû popolate, in ragione di 13 perkmq., e le altre in ragione di 6, 
si potrebbe osservare: Che Cesare (de b. G. II, 4 — per l'a. 57) da ai Belgi 
contingenti assai piû elevati che non per Ta. 52, che, per quanto esagerati 
siano e si vogliano ridurre, sono sempre — corne sopra si é provato — su- 
periori, forse del doppio, e devono preferirsi (In oltre il B. tra le varianti 
délie cifre in b. G., VII, 73 preferisce le minori : Cosi per i Nervii, Atre- 
bates, Morini, Ambiani). Onde seguendo il metodo del R., devesi elevare 
la ci tra délia popolazione totale, ma — secondo noi — non di molto, 
perché il rapporto fra armati e abitanti dev' essere di 1/3, non di 1/4. 



2$6 Francesco P. Garofalo. 

Si puô quindi valutare a circa sei milioni la popolazione di 
tutte le Gallie verso la meta del I seeolo a. C, popolazione 
che aumento sempre. Su taie sviluppo ulteriôre promette 
un' altra monografia lo stesso Prof. Beloch, ch 3 é certamente 
uno dei poehissimi veri cultori di siffatti studi. 

Prof. Francesco P. Garofalo. 



Vm IXTERVOCALIQUE EN CELTIQUE 



Dans le Grundriss de M. Brugmann, t. I, 2 e édition, p. 377, 
on lit, « § 418 : Lois communes du celtiq.uk insulaire. i° m 
« entre voyelles, et quelquefois en contact avec consonnes 
« sonores, devient spirante bilabiale nasale : en vieil irlandais 
« cette lettre nouvelle ne se distingue pas de Vm qui persiste 
« sans changement; en irlandais moderne apparaît m pointe, 
« 111, ou mh ; en gallois, comique, breton d'abord///, puis v(u), 
« f, en breton depuis le XVII e siècle nv (hv). La nasalisation a 
« été abandonnée dans une partie du domaine linguistique, 
« (Osthoff, Morphologische Untersuchungen, t. V, p. 113). » 

Le titre, Lois communes du celtique insulaire, exclut le celtique 
continental. Mais ensuite on lit, p. 378, remarque 2 : « Le 
« passage à' m à nasale spirante était peut-être une loi géné- 
« raie du celtique. Comparez le 'v.i[j.\j.v/z-i zzz: de Strabon au 
« Cevenna ou Cebenna de César (Holder, Spracbscbat-, col. 880). 
« De même la notation alternative Dubno- et Dumno-rix mé- 
« rite attention car elle peut désigner un son intermédiaire 
« entre b et ///. » 

« C'est une communication de M. Thurneysen », qui est 
en contradiction avec la thèse de M. Brugmann ci-dessus. 

Je fais grand cas des travaux de M. Thurneysen qui m'ont 
beaucoup appris, mais il y a quelques points sur lesquels je ne- 
partage point ses doctrines, et ici se trouve une de ces opinions 
que je ne puis accepter malgré les efforts de M. Duvau pour 
la défendre (ci-dessus, p. 79-83). 

Ki[j.[j.i-/:-i ne peut être cité puisque dans ce mot 1'/;/ est 
double et que Vm double persiste dans les langues néo-cel- 
tiques : 



2}8 H. D'Arbois de JubainviUe. 

irlandais, gallois, breton mam — mamnia « mère » ; 

irlandais moderne coimmeasg oncoimhmeasg, coimeasg, gallois 
cymmysg, breton kemmesk « mélange » ; 

vieil irlandais commeit, irlandais moderne coimméd ou coimh- 
médj coimméàd ou coimhmèad « égal », gallois cymmaint, breton 
kemenl « autant » ; 

gallois cymmaeth « nourri avec un autre ». 

Le maintien de Vin double est une règle posée dans la 
Grammatica celtica, 2 e édition, p. 41, 113. De deux m qui se 
suivent dans l'intérieur d\m mot, le premier se change ordi- 
nairement en m ou /;//; en irlandais moderne, parce qu'il est 
placé entre voyelle et consonne sonore, le second ni est une 
consonne sonore. 

Aujourd'hui Vin intervocalique s'affaiblit en ïiv, en v ou en 
n en breton, en //'/ ou mh = nv ou v en irlandais, en v noté f 
en gallois. 

Mais les Gaulois prononçaient m Vm intervocalique, et cet 
;// s'est maintenu intact en France dans . 

Le Mans (Sarthe), Cenomanni; 

Lemenc (Savoie), Le minai m ; 

Limoges (Haute-Vienne), Lemovices ; 

Limours (Seine-et-Oise), Lemausus ; 

Nemours (Seine-et-Marne), Nemausus ; 

Nîmes (Gard), Nemausus. 

Vermandois, nom de province, de * Veromanduensis , dérivé 
de Veromandui. 

En Allemagne dans : 

Marmagen (Prusse rhénane), Marcomagus; 

Neumagen (Prusse rhénane), Noviomagus ; 

Nims, affluent de la Moselle (Prusse rhénane), Nemesa. 

Au royaume des Pays-Bas, dans : 

Nijmegen, Nimwcgen, Nimègue (Gueldres), Noviomagus. 

En Espagne, dans : 

Osma (Alava), Uxatna Barra ; 

Osma (Soria), Uxama Argaela; 

Sasamon (Burgos), Segisamo. 

En Italie : 

Lomello (Pavie), Lamnellitni. 



L'm intervocalique en celtique. 2^9 

Quand Y m intervocalique a disparu en français dans les 
noms de lieu celtiques, c'est un n, plus exactement une nasa- 
lisation, et non un v, qui l'a remplacé. 

On peut citer un grand nombre de noms de lieu dont 
-magus est le second terme : 

Argenton (Cher), Argento-magus ; 

Cranton (Cher), Caranto-magus ; 

Chassenon (Charente), Cassino-magus ; 

Ciran (Indre-et-Loire), Ciso-tnagus ; 

Clion (Indre), Claudio-magus ; 

Mouzon (Ardennes), Moso-magus ; 

Nijon (Vosges), Novio-mâgus ; 

Noyon (Oise), Novw-magus ; 

Nvons (Drame), Novio-tnagus ; 

Ron, dans Pon-d-ron (Oise), Rato-magus ; 

Tournon (Indre-et-Loire), Turno-magus; 
auxquels il faut ajouter un nom de lieu où Y m, comme Yn dans 
les noms qui précèdent, représente une simple nasalisation : 

Riom (Puy-de-Dôme), Rigo-magus. 

Uni a la même valeur dans : 

Reims (Marne), Rémi, 
qui, en breton, aurait donné roeav, cf. breton rôeny « rame » 
du nom commun latin re'mus; et dans : 

Cambrav, de Camaracus. 

Um s'est assimilé à Yn suivant dans Garumna, variante Ga- 
ntant! « Garonne » (De bello gallico, 1. I, c. 1, § 2, 7) ; dans 
Rodumna, Roanne (Ptolémée, 1. II, c. 8, § 11, éd. Didot, 
p. 218, 1. |), au moyen âge Rodanna (Longnon, Atlas histo- 
rique de la France, p. 196) 1 . Je crois ces mots d'origine ligure, 
mais les Gatdois les ont adoptés antérieurement à la période 
romaine. 

Va s'est assimilé à 1';;; précédent dans Inlrantitac, En- 
tram mes 2 . 

M. Duvau, p. 80, pense que l'étude de 1'/// intervocalique 
ne peut être séparée de celle du d barré en gaulois, il part donc 



1 . Le français automne d'automnus se prononce autonne par deux 11 = mn. 

2. Charles et Froger, Gesta Aîdrici, p. 69, 100, 127, cf. p. xi, xvi. 



240 H. D'Arbois de Jubainville. 

de cette croyance que le d barré du gaulois est la notation 
d'un d intervocalique, ce qui n'est nullement prouvé ; le plus 
vraisemblable, à mes yeux, est que ce d barré est la notation 
du groupe ss = ts, st. M. Rhys a proposé ns. Le d barré est 
double dans vingt-deux des exemples donnés par M. Holder 
(Altceltischer Sprachschat^, t. I, col. 121 1, 1212); or, quand 
les explosives sonores sont doubles, elles échappent à l'affai- 
blissement appelé par Zeuss injectio, Gr. Ccll., 2 e éd.. p. 59, 60. 
M. Duvau dit aussi qu'il fout tenir compte de la place de 
l'accent; mais Nemausus accentué sur la syllabe qui précède 

Y m donne « Nîmes », et accentué sur la syllabe qui suit Y m 
il est devenu « Nemours », toujours avec m en français. Dans 
Rémi, « Reims », l'accent est sur la syllabe qui précède Y m, 
dans Cenomanni, « Le Mans », l'accent trappe la syllabe qui suit 

Y m. Uni gaulois dans les deux cas conserve une valeur nasale 
en français. 

Comminges, mieux Comminge = Convenicum, allégué par 
M. Duvau n'a aucun rapport avec la question. Dans Com- 
minges Y m est double et non simple comme dans Le Mans, 
Nîmes, Nemours, Reims, etc. Convenicum dérivé du latin 
Convenae est devenu successivement suivant les lois de la pho- 
nétique locale * Conbenicum, * Combenicum 1 } *Commenicum i 
d'où le plus récent Comminge, par abus Comminges. 

Le changement du groupe mb en mm est une loi du gascon 
et du catalan 2 . 

Je n'admets pas que Bormo et Ks^evov soient des mots cel- 
tiques, je les crois ligures et j'ai pris cette idée chez K. Mùl- 
lenhoff, Deutsche Altertumskunde, t. III, p. 176, 180, 184 ; 
Borvo et Cebenna sont pour moi des mots celtiques substitués 
par étymologie populaire aux vocables primitifs. Borvo dérive 
de BORy, forme pleine fléchie de la racine pleine normale 
bher>/, d'où le breton birvi (participe bervet) « bouillir », en 
gallois berwi } en irlandais moderne bearbhaim « je bous, je 



1. Rufinus, episcopus ccclesie Combenice. Souscription du concile de 
Maçon de 5JS5 . V. Maassen, Concilia aevi Merovingici, p. 173, 1. i. 

2. W. Meyer-Lùbke, Grammaire des langues romanes, traduction -Rabiot, 
t. I, p. 417. ' 



Z/m intervocaliquè en celtique. 241 

fonds », où bh = u (comparez la règle de la Gnwunalica cel- 
tica, 2 e édition, p. 60, maintien du b entre r et voyelle). 

MM. Thurneysen et Duvau prétendent que les doublets 
dubno-, dumno « profond » s'expliquent par la prononciation v 
du b et de 1'/;/ dans ces deux mots; mais l'assimilation du Z>sous 
forme d'///, à Yn suivant n'est pas un phénomène spécial au 
celtique. On le trouve dans d'autres langues où le changement 
à'm en v est inconnu. On trouvera les exemples chez Brugmann, 
Grundriss, t. I, 2 e édition, p. 661 : grec zi\vti: « respectable », 
participe de lÉêojjta». « je respecte, je crains », \viy.z[).y.<. pour 
(ïvaojjLai « je fais la cour à une femme », cf. le béotien (ââva 
« femme » ; — p. 675 : latin scamnum « banc, escabeau », cf. 
scabellum, même sens; Samnium, nom du territoire habité 
par les Sain ni ; ombrien tremnu « in tabernaculo », cf. trebeit 
« versatur » ; ■ — p. 692, vieil et moderne irlandais, comparez 
l'irlandais mnà } génitif singulier de ben « femme »; dans mnâ, 
m initial persiste encore aujourd'hui quand l'influence du mot 
précédent n'exige pas son changement en //'/ ou u/h = v. Dans 
l'irlandais moderne domain domhain « profond », en gaulois 
dubno- dumno, d'une racine dheub, dhub d'où le gotique 
diups, l'anglais deep } l'allemand lief, le lituanien dubus, Ym est 
devenu m, mh — v parce qu'il est intervocalique. On doit ex- 
pliquer de la même façon Ym, mh de l'irlandais moderne oman 
omhan « terreur », en gaulois obno- puis omno- (Brugmann, 
Grundriss, t. I, 2 e édition, p. 518, 692). 

Il ne faut pas confondre deux règles qui n'ont aucun rapport. 
Dans plusieurs dialectes germaniques nui primitif est devenu 
bu, f'u, comparez au grec tjziya <.< bouche », le gotique slibna, 
l'anglo-saxon stefn, le vieux frison stifne « voix », en allemand 
stimme, Brugmann, Grundriss, I, 2 e éd., p. 383. Mais ici Ym 
est primitif, tandis que dans l'irlandais domain Ym tient lieu 
d'un b primitif indo-européen, comme dans l'irlandais mnâ 
m remplace un b primitif celtique. 

Je ne puis donc admettre l'exactitude de la doctrine de 
M. Thurneysen telle qu'on la retrouve chez M. Brugmann, 
Grundriss, t. I, 2 e édition, p. 692 : « b dans le groupe celtique 
« primitif bu, en indo-européen bu, bh», gun, est devenu en 
« celtique primitif une spirante (c'est-à-dire v). En irlandais 



242 H. D'Arbois de Jubainville. 

« nous trouvons la notation /;/;/: fu-domain « profond », de 
« * dubni-, gallois moderne dwfn, même sens, gaulois Dubno- 
« rix, Dumno-rix, primitif *dhubno; omun « crainte » pour 
« *obno-, gallois moderne ofn, même sens, gaulois Ex-obnus, 
« Ex-omnus, primitif * obhno- ; mnâ « de la femme » qui est 
« le génitif de ben et qui tient lieu d'un primitif gunàs », où, 
en vertu qu'une loi celtique b est substitué à gu. 

M. Brugmann parait croire ici que Ym initial de mnâ se 
prononce v, c'est une erreur. Cet ;;/ se prononce m, comme 
Ym initial du datif singulier mnaoi, et du datif pluriel mnâibh 
du même nom, ben, aujourd'hui beau « femme », au nominatif 
singulier. Ce fait suffit pour démolir la seconde thèse de 
M. Brugmann et pour établir l'exactitude de la première, ci- 
dessus, p. 237. 

M. Duvau croit trouver une confirmation de cette seconde 
thèse dans le rapprochement de l'irlandais ncin, neamh « ciel » 
en gallois nef, en breton \n\env, avec le slave nebo « ciel » ; 
mais ce rapprochement parait n'avoir aucune valeur scienti- 
fique: le slave nebo « ciel » appartient phonétiquement au même 
groupe que le sanscrit nàbhas « brouillard, vapeur », que le 
grec v£<po? « nuage », d'une racine nebh dont dérivent aussi 
le latin nebnla, l'allemand nebeî « brouillard » et le vieil irlan- 
dais nêl = * neblo-s « nuage » ; c'est une expression empruntée 
à la nature physique. L'irlandais nein, neamh, et les formes 
brittoniques du même mot, tiennent lieu d'un primitif * nemos, 
représentant une idée religieuse, qu'on trouve aussi dans les 
notations sanscrite et latine du même mot, en sanscrit nâmas 
« révérence, adoration », en latin nemus « bois sacré ». Le 
ciel et les bois sacrés sont également le séjour des dieux. Au 
moyen âge chrétien on disait encore en Irlande qu'une des plus 
anciennes populations de l'île, les gens de la déesse Dana, 
Tûatha de Danann, c'est-à-dire les dieux, étaient venus du ciel, 
de nim (Lebor na hUiJre, p. 16, col. 2, 1. 3 r), do nim (Livre 
de Leinster, p. 10, col. 2, 1. 12). De la même racine vient le 
substantif gaulois nemeton « temple », en vieil irlandais nemed, 
et l'adjectif irlandais nemed « sacré, noble » (Brugmann, 
Grundriss, t. I, 2 e éd., p.. 374, 375, : ,77). Fid neimed « bois 
sacré (Whitlev Stokes, Togail Troi, p. 19, 1. 732, 733) est 



L'm intervocdliqne en celtique. 243 

la traduction du latin nemus, dans l'expression nemus Dianâe 
(Ovide, Fastes, 1. III, vers 261 ; Pline, 1. XXXV, § 52). Dans 

Togail Troi, c'est à Zeus qu'est consacré le bois sacré, et par les 
mots : racossecrad ... fidneimèd do Ioib, ocus a delb in dea i-sind 
fhidnemiud tall, l'auteur irlandais prétend rendre les mots 
suivants de Dares Phrygius, livre IV : Aram Jovi statuamque 
consecravit (éd. Ferdinand Meister, p. 6, 1. 11, 12). Le sens 
religieux de îiem, nemed est donc certain, il ne s'agit ni de 
nuages, ni de brouillard comme dans le groupe de mots auquel 
appartient le slave nebo. 

Ainsi la thèse si savamment soutenue par M. Duvau ne m'a 
pas convaincu. 

H. d'Arbois de Jubainville. 



CORRESPONDANCE 



Mon cher Confrère, 

En lisant, dans le dernier fascicule de la Revue Celtique, 
l'article de M. J. Loth sur l'Histoire de Bretagne de M. de La 
Borderie, j'y ai rencontré une phrase dont j'aurais à me plaindre, 
si j'étais d'un naturel susceptible. « M. de La Borderie a bien 
« raison de se refuser à suivre l'abbé Duchesne dans ses tan- 
ce taisies linguistiques qui transforment Restovaldus en Ber- 
o toaldus et Severinus en Sergius. » Ces paroles médiocrement 
gracieuses signifient, pour le public, que, m'étant aventuré 
sur le terrain de la linguistique, j'ai considéré les noms Resto- 
valdus et BertoalduSj Severinus et Sergius comme pouvant être 
dérivés les uns des autres, par les transformations ordinaires 
du langage. 

Ce serait en effet de la haute fantaisie. 

Mais en est-il ainsi ? Est-ce cela que i'ai prétendu ? 

Je pourrais me borner à renvoyer M. Loth à mes Fastes épis- 
copaux, t. II, p. 268 et suiv., où je me suis exprimé assez 
clairement, je crois, sur le cas de Restoald ou Bertoald. Mais 
puisqu'on ne m'a pas compris, faute peut-être de m'avoir lu, 
il sera bon de revenir en quelques mots sur cette question. 

Festinien, archevêque de Dol par la grâce du prince breton 
Nominoé, mais désireux d'obtenir du pape Nicolas, avec le 
pallium romain, la confirmation de cette situation irrégulière, 
adresse une démande à Rome, en alléguant des précédents. 
Suivant lui, le pape Séverin aurait jadis consacré comme ar- 
chevéqueun de ses prédécesseurs appelés Restoald, et le tait Serait 



Correspondance. 245 

consigné dans les Gesta pontificum, c'est-à-dire dans le Liber 
pontificaïis. Le pape répond qu'il y est allé voir et que la vie de 
Séverin ne contient rien de semblable. 

On jugera comme on voudra de la légitimité de Festinien 
et de ses prétentions. Mais je pense que ce prélat était en pos- 
session de sa raison et qu'il n'aurait pas allégué au pape un 
livre aussi connu à Rome que les Gesta pontificum s'il n'avait 
pas trouvé dans ce livre au moins l'apparence d'un argument 
en sa faveur. Il est vrai que les Gesta pontificum ne parlent 
jamais ni de Dol, ni de la Bretagne armoricaine. Mais on y 
trouve la phrase suivante : Hic ordinavit Bertoaldum Britanniae 
archiepiscopum. Il s'agit ici, non d'un évêque de Dol, mais d'un 
évèque de Cantorbéry ; mais ni le texte, ni le contexte ne per- 
mettent de distinguer entre les deux Bretagnes, et Festinien a 
pu croire qu'il mettait la main sur un de ses prédécesseurs. 
Quelle qu'ait été sa sincérité réelle, je demande à M. Loth, et 
là est toute la question, s'il connaît dans le Liber pontificaïis un 
autre texte auquel puisse être rapportée l'allégation de Fes- 
tinien. 

Comme je suis sûr qu'il n'en trouvera pas et qu'il ne 
voudra pas taxer Festinien de folie, je conclus qu'il sera de 
mon avis. 

Seulement le texte relatif à 1' « archevêque de Bretagne » 
ne se trouve pas dans la vie de Séverin, mais dans celle de 
Serge I er . Le pape Nicolas a eu raison de dire qu'il ne trouvait 
rien dans la vie de Séverin. Il faut donc admettre ou que son 
secrétaire a lu, dans la lettre de l'évêque de Dol, Severinus au 
lieu de Sergius, ou que l'évêché de Dol avait confondu ces 
deux noms de papes. 

Cette confusion, qu'elle se soit produite à Dol ou à Rome, 
est la carte forcée. Ai-je besoin d'ajouter qu'elle n'a rien à voir 
avec une transformation linguistique ? 

Quant à Bertoald changé en Restoald, il est possible que la 
faute remonte à la correspondance originale ; il est tout aussi 
admissible qu'elle soit le fait de quelque copiste des temps 
postérieurs, ou même de quelque éditeur. Je n'en saurais rien 
dire, car nous n'avons point encore de texte critiquement établi 
des lettres de Nicolas I er . 



246 Correspondance. 

En somme il n'y a ici que des .cacographies de copistes ou 
des lectures incorrectes. M. Loth peut l'admettre, sans crainte 
aucune pour les bonnes traditions de la linguistique, dont je 
vénère en lui un dépositaire éminent. 

Agréez, etc. 

L. DUCHESNE. 



BIBLIOGRAPHIE 



J'ai fait paraître en 1899 un volume intitulé : La civilisation 
des Celtes et celle de l'épopée homérique. M. Salomon Reinach a 
publié la même année dans la Chronique des Arts et de la Cu- 
riosité un article très bienveillant sur cet ouvrage. Dans cet 
article l'auteur a fait un certain nombre de critiques que je 
crois devoir porter à la connaissance des lecteurs de la Rei'iie 
Celtique 1 . M. Salomon Reinach est un archéologue trop é mi- 
nent pour que, lorsqu'il s'agit d'archéologie, je ne croie pas 
qu'en un grand nombre de cas il ne puisse avoir raison contre 
moi. 

« P. 56, M. d'Arbois étudie le rôle des chiens de guerre 
chez les Gaulois et ajoute qu'ils sont inconnus à la littérature 
homérique. Sans doute ; mais ils sont bien connus de l'art 
gréco-ionien, qui reflète les traditions de l'époque homérique; 
on les trouve figurés sur les sarcophages de Clazomène et sur 
beaucoup de vases archaïques. (Voir la Revue des Études grec- 
ques, 1895, p. 175.) Il y a là une analogie de plus entre le 
monde proto-hellénique et le monde gaulois. 

« P. 174, M. d'Arbois dit que « Lucain atteste la notoriété 
en Gaule de ce dieu qu'il appelle Tentâtes. » On a démontre, 
au contraire, dans la Revue Celtique, dirigée par M. d'Arbois, 
que le Teutates de Lucain est un dieu local et qu'il est cité 
comme tel par le poète romain. 

« P. 232, l'auteur se trompe complètement quand il dit que 
les Celtes du temps de César inhumaient leurs morts; ils les 
brûlaient et c'est pourquoi nous possédons si peu d'objets de 

I. Ce sont exclusivement les critiques que j'ai cru devoir réimprimer ici. 



248 . Bibliographie. 

cette époque. On a découvert des traces d'incinérations cel- 
tiques en Picardie, en Normandie, au mont Beuvray et dans le 
Gard. A la même page, M. d'Arbois dit qu'à l'époque néoli- 
thique l'usage dominant a été l'incinération: c'est exactement 
le contraire de la vérité. L'incinération ne se répandit en Gaule 
qu'à l'âge de bronze: elle tendit à disparaître pendant le pre- 
mier âge du fer, revint en honneur au second âge du fer et 
s'efïaça définitivement vers le 111 e siècle après J.-C. M. d'Arbois 
a eu tort de citer à ce sujet feu Jules Quicherat, alors que le 
témoignage de ses propres yeux, au cours d'une promenade 
rapide au musée de Saint-Germain, aurait suffi à le renseigner 
exactement. 

« P. 325, M. d'Arbois combat l'identification des vierges 
gauloises de Sena avec Circé et ses compagnes — identification 
qui a été proposée dans la Revue Celtique, t. XVIII, p. 1 — 
en disant que Circé n'est pas vierge. Sans doute, au sens phy- 
siologique du mot ; mais Circé n'est pas mariée et les filles de 
l'île de Sena, qui ne îe sont pas davantage, se montrent tout 
aussi hospitalières que Circé envers les étrangers. Pomponius 
Mêla, le seul auteur qui nous parle d'elles, atteste qu'elles 
ne rendent d'oracles qu'à leurs amants (deditas navigantibus) . 
C'est du moins ainsi que je comprends le passage. 

« P. 341, De ce que le bouclier gaulois était très grand, il 
ne résulte nullement qu'il fût « très lourd », car il était en 
bois, avec une simple armature de métal. 

« P. 367, M. d'Arbois hésite à croire que les Gaulois eus- 
sent des armes de fer en 390, à la bataille de l'Allia, parce 
qu'aucun texte ne l'affirme. Mais on n'a vraiment pas besoin 
pour cela des textes. Nous connaissons quantités de sépultures 
gauloises contemporaines de la bataille de l'Allia et même an- 
térieures ; or, on n'y rencontre jamais d'armes de bronze. 

« P. 37.4, l'auteur trouve « inutile d'insister sur le collier 
dont se parait le guerrier gaulois et qui, en Grèce, était réservé 
aux femmes. » Il aurait fallu, au contraire, insister sur cette 
question du torques; si les textes grecs et latins du IV e et du 
111 e siècle avant J.-C. l'attribuent aux guerriers gaulois, les 
tombes gauloises du VI e et du v e siècle prouvent qu'il était ex- 
clusivement porté par les femmes. Je crois que les Gaulois n'ont 



Bibliographie.- 249 

adopté le torques comme ornement viril qu'à l'imitation des 
Etrusques, gens efféminés. 

« En terminant, je dois dire que le beau livre de M. d'Ar- 
bois ne doit décourager personne de traiter à nouveau le même 
sujet. Il v a encore bien des analogies entre l'industrie grecque 
la plus ancienne et l'industrie celtique qu'il n'a pas eu occa- 
sion de signaler. Ces analogies sont surtout frappantes dans la 
décoration dite géométrique, dans l'emploi des fers à cheval 
concentriques, etc. Il est probable que plusieurs d'entre elles 
sont de simples rencontres, comme la ressemblance qu'on a 
récemment observée entre une gravure sur os de renne décou- 
verte en France et un très ancien vase trouvé à Athènes ; 
mais avant d'exprimer une opinion à ce sujet il faudrait pos- 
séder un tableau complet des analogies accidentelles ou autres, 
et c'est là un travail bien digne de tenter la plume d'un ar- 
chéologue sachant manier la plume et le crayon. » 

Mon devoir comme directeur de revue était de porter à la 
connaissance des lecteurs de mon livre, autant qu'il m'est pos- 
sible, cette savante contradiction. Cependant il y a quelques 
points sur lesquels, en qualité d'auteur, je garde mon opinion *. 

H. D'A. DE J. 

1. Et moi aussi. — Salomon Reixach. 



Revue Celtique, XXII. 17 



CHRONIQUE 



SOMMAIRE: I. Mort de M. de La Borderie. — 11. de M. Emile Hùbner. — III. Car- 
tulaire de Gorze. — IV. Le tyran Domitianus. — V. Mémoire de M. Strachan sur 
les temps passés en vieil et moyen irlandais. — VI. Monnaie de Verica, fils du 
roi breton Commius. — VII. Version galloise inédite d'épities de saint Paul. — 
VIII. Les anciens forts d'Ecosse. — IX. La légende de saint Brendan. — X. La 
collection Morel. 

I. 

Les études celtiques viennent de foire une grande perte par la mort 
presque simultanée de M. Arthur Le Moyne de La Borderie et de 
M. Emile Hùbner. 

M. Arthur Le Moyne de La Borderie, décédé le 17 février dernier à 
Vitré, Ule-et -Vilaine, avait atteint l'âge de 75 ans. Il devait à sa fortune 
une position indépendante. Il a consacré à l'histoire de la Bretagne près de 
cinquante ans d'une vie laborieuse. Le couronnement de cette carrière scien- 
tifique a été son Histoire de la Bretagne, trois volumes grand in-8, 1896- 
1899, contenant: i° iv-592, 2° 111-556, 3° iv-617 pages. Malheureusement 
cet ouvrage est inachevé; il se termine à l'année 1364. Deux autres volumes 
devaient le suivre: t. IV, 1364-15 32; t. V, 15 32-1789. 

Il a été précédé d'un grand nombre de travaux moins considérables dont 
nous allons citer quelques-uns : 

Annuaire historique et archéologique de Bretagne, année 1861, in-12, xx- 
248 pages. Le principal article « Notions élémentaires sur l'histoire de Bre- 
tagne » depuis les origines jusqu'au IX e siècle, première partie, a 154 pages. 
Nous citerons aussi un autre article : « Anciennes divisions ecclésiastiques 
de la Bretagne », 14 pages. 

Annuaire Hstorique et archéologique de Bretagne, 1862, in-12, XXVIII- 
2 5 2 pages, comprenant la suite: i° des « Notions élémentaires » jusqu'au 
ix e siècle; 2» des « Anciennes divisions ecclésiastiques ». 

Le Cartuïaire de Redon, réponse à quelques critiques de M. de Courson, 
18(13, in-8, 38 pages. 

Géographie gallo-romaine de V Arnioi ique. Diàblintes, Curiosolites et Coriso- 
pites, in-8, 1881, 33 pages. 

Études historiques bretonnes. L'Historia Britonum, attribuée ci Neunius, et 



Chronique. 2 s i 

/'Historia Britannica avant Geoffroi de Monmouth, 1883, in-8, 151 pages. Cf. 
Revue Celtique, t. VI, p. 118. 

Études historiques bretonnes. Les deux saints Caradec, légendes latines iné- 
dites, 1883, in-8, 31 pages. Cf. Revue Celtique, t. V, p 501. 

Études historiques bretonnes. Les véritables prophéties de Merlin, 1885, in-8, 
81 pages. Cf. Revue Celtique, t. VI, p. 126. 

Vie inédite de saint Malo écrite au IX e siècle par Bili, publiée avec notes et 
prolégomènes par le R. P. Fr. Plaine O. S. B. — Autre vie de saint Malo 
écrite au ix e siècle par un anonyme, publiée avec notes et observations par Arthur 
de La Borderie, 1884, in-8, 177 pages. Cf. Revue Celtique, t. VI, p. 384. 

Inauguration du monument élevé à D. Lobineau ... Relation de la céré- 
monie. Éloge historique de Dont Lobineau, 1886, in-8, 71 pages. 

Histoire de Bretagne. Critique des Sources. Les trois vies anciennes de saint 
Tudual, texte latin, commentaire historique, 1887, in-8, 134 pages. Ci. Revue 
Celtique, t. X, p. 253. 

Études historiques bretonnes, deuxième série. Critique hagiographique, S. Clair 
et S. Yves. La grande guerre delà succession de Bretagne au XIV e siècle, 1888, 
in-8, vi-237 pages. 

Recueil d'actes inédits des dues et princes de Bretagne (xi e , XII e , xm e siècles), 
1888, in-8, 326 pages. 

Cartulaire de l'abbaye de Landcvennec, 1888, in-8, xi-218 pages. 

Essai sur la géographie féodale de la Bretagne, 1889, in-8, 195 pages. 

Histoire de Bretagne. Critique îles sources. Saint Maude\, texte latin des deux 
vies les plus anciennes, etc., 1891, in-8, 71 pages. Cf. Revue Celtique, t. XII, 
p. 411. 

La Bretagne et son histoire. Leçon d'ouverture du cours d'histoire de Bretagne 
professé à la Facultèdes Lettres de Rennes (4 décembre 1S90), 1891, in-8, 20pages. 

Histoire de Bretagne. Critique des sources. Saint Goulven, texte de sa vie 
latine ancien ne et inédite. Publié avec notes et commentaire historique, 1892, in-8, 
250 pages. Cf. Revue Celtique, t. XIII, p. 410. 

Histoire de Bretagne. Critique des sources. Saint Hervé, texte latin de la vie 
la plus ancienne de ce saint public avec notes et commentaire historique, 1892, 
in-8, extrait des Mémoires de la Société d'émulation des Côtes-du-Nord, 
t. XXIX, p. 251-304. Cf. Revue Celtique, t. XIII, p. 410. 

M. de La Borderie est l'auteur de l'introduction en soixante-seize pages 
du volume intitulé : Monuments originaux de l'histoire de saint Yves, 1887, 
in -4, lxxvi, 315 pages. Cf. Revue Celtique, t. VIII, p. 395. 

Tous les ouvrages dont je viens de parler sont arrivés dans ma biblio- 
thèque ex dono auctoris. J'avais été condisciple de La Borderie à l'École des 
Chartes en 1850. Quoique nous fussions du même âge, j'étais en première 
année et lui en troisième. Nos relations, commencées sur les bancs de 
l'école, n'ont pas cessé depuis. Cependant il ne m'a pas envoyé tous ses 
livres. En voici qui ont un intérêt au point de vue celtique et dont je ne 
connais que les titres grâce à des catalogues: Les Bretons insulaires et les 
Anglo-Saxons du V e au VI e siècle, 1873, in-12, 272 pages. — L'Imprimerie 
eu Bretagne au XV e siècle, 1878, in-4, 1 34 pages. — Correspondance historique 



252 Chronique. 

des Bénédictins bretons, 1880, in-8, 328 pages. — Etudes bretonnes. Gildas et 
Merlin, 1884, in-8, 384 pages. Cf. Revue Celtique, t. VI, p. 410. — Archives 
du bibliophile breton (Histoire de l'imprimerie en Bretagne eut XVI e siècle), 
1880-1885, 3 vol. in-8 de 200 pages chacun. 

Sorti de l'École des Chartes le premier de son cours en 1852, La Bor- 
derie était devenu correspondant de l'Académie des Inscriptions et Belles- 
Lettres en 1883, membre libre de la même Académie en 1889. Il a dirigé 
la Revue de Bretagne et de Vendée, il a présidé la Société des Bibliophiles 
Bretons. Il a fait gratuitement un cours d'histoire de Bretagne à la Faculté 
des Lettres de Rennes. Il laisse un des modèles les plus honorables du 
savant désintéressé. Je regrette vivement que la mort ne lui ait pas laissé 
le temps, non seulement d'achever son histoire de Bretagne, mais aussi 
d'accomplir une promesse qu'il m'avait faite, c'était de publier un recueil 
complet des textes hagiographiques latins concernant la Bretagne. 

II. 

M. Emile Hùbner, mort à 67 ans, le 21 février dernier, était professeur 
de philologie classique à l'Université de Berlin. Ses principaux ouvrages ont 
au point de vue des études celtiques une importance fondamentale. Ce sont : 

Inscriptiones Hispaniae latinité, formant le t. II du Corpus inscriptionum 
làtinarum publié par l'Académie de Berlin, un volume in-folio, 1869, avec 
un supplément, 1892, le tout contenant cv, 1224, 48 pages. 

Inscriptiones Hispaniae christianae, un volume in-.j, 1871, contenant XVI, 
120 pages. 

Inscriptiones Britauniae latiuae, formant le t. VII du Corpus inscriptionum 
làtinarum, publié par l'Académie de Berlin, un volume in-folio, 1873, con- 
tenant xii, 2, 345 pages. 

Inscriptiones Britauniae christianae, un volume in-4, 1876, contenant 
xxiv, 101, > pages. 

Exempta scripturae epigraphicae latiuae a Caesaris diclatoris morte ad aetatem 
Justiniani, un volume in-folio, 1883, contenant lxxxiv. 458 pages. On y 
trouve en grand nombre des noms d'homme d'origine celtique. 

Monumenta linguae ibericae, un volume in-folio, 1893, contenant cxliv, 
264 pages. En dépit du titre, un certain nombre de noms d'origine celtique 
figurent dans ce volume, aussi important pour l'histoire des populations cel- 
tiques que pour celle des populations ibériques en Portugal, en Espagne et 
dans la France méridionale. Cf. Revue Celtique, t. XV, p. 137. 

III. 

M. A. d'Herbomez vient de publier sous les auspices de la Société des 
Antiquaires de France en exécution du testament d'Auguste Prost le Car- 
tulaire de Gorze, ms. 826 de la Bibliothèque de Metz. On peut y signaler 
quelques noms celtiques ou gallo-romains: p. 120, Modover = * Mogto- 
faiga = *Mogeto-briga, aujourd'hui Moyeuvre, Alsace-Lorraine, ancien dé- 
partement de la Moselle, arrondissement et canton de Thionville ; p. (3, 



Chronique. 255 

villa»i nomine Quinciaco, Quincy, Meuse, arrondissement et canton de 
Montmédv; p. 93, Patriniago que l'auteur suppose être Prény, Meurthe- 
et-Moselle, arrondissement de Nancy, canton de Pont-à-Mousson, etc. Un 
nom ligure est Buriascus, p. 201, avec des variantes celtiques, finis Buri- 
ciaga, villa Buriago, p. 101, 204, 445, aujourd'hui Buret, commune de 
Walville, Alsace-Lorraine, ancien département de la Moselle, arrondis- 
sement de Metz, canton de Gorze. Dornincum, p. 17 5, 183, — qui, suivant 
l'auteur, p. 494, serait Dornot, Alsace-Lorraine, ancien département de 
la Moselle, arrondissement de Metz, canton de Gorze, — peut être aussi 
un mot ligure. 

IV. 

Feu De Witte, membre libre de l'Académie des Inscriptions et Belles- 
Lettres, a publié en 1862 un volume in-4 de 202 pages et XLIX planches, 
intitulé : Recherches sur les empereurs qui ont régné dans les Gaules au troisième 
siècle de l'ère chrétienne. Ces empereurs sont au nombre de cinq : Postumus, 
258-257; Victorinus, 265-268; Marius, 267; Esuvius Tetricus père et 
Esuvius Tetricus fils. 268-273. A cette liste il faut ajouter Domitianus, 262; 
on vient de l'apprendre grâce à une note lue par M. Babelon à l'Académie 
des Inscriptions dans la séance du 29 mars dernier. N'ayant pu assister à 
cette réunion je prends dans le Journal Le Temps le résumé de la lecture de 
M. Babelon : 

« M. Babelon communique une notice due au colonel Alloue de la Fuye 
qui relate la découverte d'une monnaie de bronze du tyran Domitianus, 
contemporain de Gallien et de Tetricus. Cette découverte a été faite par 
M. Félix Chaillou dans sa propriété des Cléons, canton de Verton (Loire- 
Inférieure). 

« Ce Domitianus était devenu populaire parmi les soldats, à la suite de sa 
victoire en Illyrie sur Macrien. 

« Il était alors lieutenant d'Aureolus, général de Gallien, et aucun texte 
ne nous affirmait qu'il eût pris la pourpre. La nouvelle monnaie trouvée aux 
Cléons, Loire-Inférieure, met ce fait hors de doute ; elle nous atteste égale- 
ment que ce nouvel Auguste fut proclamé par ses soldats probablement en 
Gaule, peu après l'an 262. Son pouvoir dut être aussi éphémère que celui du 
forgeron Marius. » 

La victoire remportée sur Macrien par Domitianus est mentionnée deux 
fois par Trebellius Pollion, Gallieni duo, c. 2, §6; Tyranni trigiuta, c. 13. 

De la communication faite par M. Babelon il résulte qu'il y a un 
sixième nom à ajouter aux cinq noms d'empereurs gaulois mentionnés par 
M. De Witte. 

V. 

Dans la séance tenue le 1^ février par la Philological Society, M. Strachan 
a lu un mémoire sur les temps passés en vieil et moyen irlandais, notam- 
ment sur la différence entre asrubart et asbert, le premier ayant le sens de 
plus-que-parfait, le second celui de parfait. C'est la doctrine de MM. Zimmer, 

Revue Celtique, XXII. 17. 



2$4 Chronique. 

Thurncysen, Sarauw. Le prétérit, asbert « il dit », est le temps de la nar- 
ration (cf. Revue Celtique, t. XXI, p. 150; t. XXII, p. 147). 

VI. 

Le 21 février, en séance de la Société de Numismatique de Londres, 
M. Grueber a communiqué une monnaie d'argent du chef breton veric[a] 
c[ommii] f[ilivs] ornée au revers d'une tète laurée semblable à celle des 
monnaies de l'empereur Tibère. Cette monnaie a été trouvée en Angle- 
terre, près de Challow, Berkshire. 

VII. 

L'archidiacre D. R. Thomas, de Saint-Asaph, va publier par souscription 
une version galloise des épitres à Timothée, Titus et Philémon, écrite au 
xvi e siècle par l'évêque Richard Davies. 

VIII. 

Dans la séance de la British Archaeological Association tenue le 3 avril, 
M. Patrick, secrétaire honoraire, a donné lecture d'un mémoire de Miss 
Russel sur quelques forts de pierre brute en Ecosse. Un de ces forts est celui 
de Craig Phadraig. Ce fort serait identique à celui de Loch Ness où saint 
Columba alla faire visite au roi des Pietés. Il ne présente pas de traces vi- 
sibles de vitrification. 

IX. 

La légende de saint Brendan est en ce moment le sujet d'une conférence 
hebdomadaite de M. G. Paris. Nous en parlerons dans une prochaine li- 
vraison. 

H. d'Arbois de Jubainville. 
Paris, le 30 mars 1901. 



X. 

Le Musée Britannique vient d'acquérir, à Reims, une très importante 
collection d'antiquités gauloises, dont une partie était exposée au Petit Pa- 
lais en 1900. M. Morel, qui l'avait formée en explorant les tombes gauloises 
de la Champagne, en a fait connaître autrefois les principaux monuments 
dans un bel album en couleurs intitulé : La Champagne souterraine. Par 
l'acquisition delà collection Morel, le Musée Britannique comble une lacune 
très regrettable dans ses riches séries archéologiques et s'assure désormais 
le second rang (le premier appartient au Musée de Saint-Germain) pour 
l'abondance et l'importance des monuments appartenant au second âge du 
fer gaulois. 

Salomon Reixach. 
Paris, le 36 avril 1901. 



PÉRIODIQUES 



SOMMAIRE: I. The Journal cf the royal Society of Antiquaries of Ireland. — II. Mé- 
moires de la Société royale des sciences de Bohème. — III. Boletin de la Real 
Academia de la Historia. — IV. Entre camarades. — V. Sitzungsberichte der K. 
Académie der Wissenschaften in Wien. — VI. Folklore. — VII. Celtia. — VIII. 
Analecta Bollandiar.a. — IX. Romania. 



I. 

The Journal of the Royal Society of Antiquaries of Irelaxd, 
vol. XXXI, première livraison, 31 mars 1901. — Mémoire par M. Thomas 
J. Westropp sur les restes préhistoriques observés par lui dans le Clare nord- 
ouest. Il s'agit de forts construits en pierre. Je ne saisis pas bien le sens 
que l'auteur attribue au mot préhistorique, quelle date approximative veut- 
il indiquer par cette expression? — Nouvelle lecture proposée par M. Rhys 
pour l'ogham de Gigha : ogma maqi tigerni. Le nominatif correspondant 
a maqi tigcrna serait le gallois rnechdeyrn, le breton machtiern, dont le premier 
terme, racine mak, n'aurait pas été développé au moven du suffixe -uo. Te- 
gernacus pour *tigernacits, en irlandais Tigernach ', serait la forme hypocoris- 
tique de maqos tigerni. — Essai par M. H. -T. Knox d'une identification des 
noms de lieu mentionnés dans les collections de Tirechan. L'auteur com- 
mence par une exposition de ses idées sur la chronologie de saint Patrice ; 
je ne puis les admettre puisque notamment je ne crois pas que ce célèbre 
apôtre ait été à Rome. Quant aux noms modernes qu'il propose, je n'ai 
aucune opinion. — Extrait de Froissard concernant le purgatoire de saint 
Patrice. 

II. 

MEMOIRES DE LA SOCIÉTÉ ROYALE DES SciEN'CES DE BOHÈME, CLASSE DES 
SCIEN'CES PHILOSOPHIQUES, HISTORIQUES ET PHILOLOGIQUES, IQOO. — Les 

origines romanes. La première personne du pluriel en gallo-roman par 
M. F. Geo Mohl. D'où vient Yo de « chantons » ? le latin cantâmus exige- 

1. Cf. Rhys, Lectures on welsh philology, 2 e édition, p. 209,211, 385, 386; 
Hùbner, Inscriptiones Britanniae Chrislianae, n os 34, 58. 



256 Périodiques. 

rait une autre voyelle. Cet est emprunté à la première conjugaison cel- 
tique : *beromosi, *berqmos ou *beromo « nous portons » ; *canomosi, *ca- 
nomos « nous chantons » ' ; c'est une faute de latin commise par une partie 
des Gaulois ; comparez la fauté pot-esti pour pot-est dans la tablette magique 
de Chagnon signalée par M. Jullian, Académie des Inscriptions, 1897, 
p. 177-186. 

M. Mohl reconnaît la désinence gauloise de la première personne du 
pluriel dans une partie de l'Italie septentrionale, même au sud du Pô jus- 
qu'à Reggio ; elle fait défaut dans la Provence latinisée de bonne heure et, 
ajouterons-nous, plus ligure que gauloise; cette désinence est générale dans 
le français du nord. 

Il y a quelques points sur lesquels je me sépare de l'auteur. 

Je distingue les Taurisci gaulois des Taurini ligures. 

Je considère comme très puissante l'influence des écoles romaines en 
Gaule. Le succès dans ces écoles était pour l'aristocratie gauloise la condi- 
tion sine qna non de l'accession aux fonctions publiques, c'est à elles qu'est 
dû le rapide triomphe du latin sur le gaulois; et, les nobles gaulois n'ayant 
pas l'habitude de faire manger les domestiques à la cuisine, les domes- 
tiques se sont bientôt fait honneur de parler le langage des maîtres. La vanité 
a sur l'homme une si grande influence! M. Mohl allègue la persistance du 
polonais malgré la conquête russe, mais le polonais a une littérature écrite 
dont elle est fière; la Gaule n'en avait pas ; et les Romains, meilleurs psy- 
chologues que les Russes le sont en Pologne, n'ont pas comme les Russes 
commis la faute de prétendre imposer en Gaule leur langue par la force et 
comme une sorte d'humiliation en provoquant ainsi la résistance. Les Gau- 
lois se sont fait honneur de savoir parler latin, de connaître la langue de la 
civilisation et de la suprématie politique. L'histoire de la Gaule à ce point 
de vue doit être comparée à celle, non de la Pologne, mais des populations 
payennes de la Sibérie. 

III. 

BOLETIN DE LA REAL ACADEMIA DE LA HlSTORIA, t. XXXVIII, 2^ cahier, 

février 1900. — Édition par le P. Fidel Fita des canons inédits d'un concile 
tenu à Oviedo vers l'année 900. On y voit apparaître un évêque siégeant in 
Britania (p. n6); il s'appelait Teodesindus qu'il faut corriger en Rudesindus 
(Gains, p. 50, 51). Il s'agit du siège épiscopal breton d'Espagne bien connu 
des celtistes. On a jusqu'ici admis que le titre d'episcopus Britoniensis avait 
disparu en 685 ; il survivait plus de deux cents après. Rudesindus portait 
aussi le titre d'episcopus Dumiensis (Espana Sagrada, t. XVIII, p. 66-70, 313). 

IV. 
Entre Camarades publié par la Société des anciens élèves de la Faculté 

I. M. Molil écrit à tort berome, canome; cf. Brugmann, Grundriss, t. II, 
P- 13 54. 



Périodiques. 2^7 

des Lettres de l'Université de Paris, 1901. — De quelques faits d'influence 
consonantique à distance en gaélique par G. Dottin. Intéressants exemples 
[O de dissimiktion, 2 d'assimilation, 3 d'interversion, tels 1 ° araile pour 
alaile « autre ». 2° diudadh en dialecte de Munster pour divgadh « glousser » ; 
30 coisreacad, du latin consecratjo dvec changement de suffixe; bèarla, forme 
moderne de bèlre « langue ». 

V. 

SlTZUNGSBERICHTE DES KaIS. ACADEMIE DER WlSSENSCHAFTEN IN WlEN. 

Philosophisch-historische Classe. Tome CXLIII. — L'accent en gaulois 
par Wilhelm Meyer-Lûbke. M. Thurneysen, un des savants qui, en ces 
dernières années, ont fait faire aux études celtiques le plus de progrès, a 
émis l'opinion que le celtique primitif accentuait l'initiale de tous les sub- 
stantifs. Cette doctrine parait être celle qui a prévalu depuis. Je ne l'ai jamais 
admise. Suivant moi, la syllabe accentuée en celtique primitif est celle qui 
est devenue finale dans les langues modernes ' ; le dialecte breton du van- 
netais a seul conservé l'accent primitif; l'accent irlandais sur l'initiale, l'ac- 
cent breton et gallois sur la pénultième sont tous deux relativement mo- 
dernes. Nîmes de Netnausus, Gap de Uapincum conservent, non l'accent 
gaulois, mais l'accent ligure 2 . Traitant le même sujet, mais au point de vue 
exclusif du gaulois, M. W. Meyer-Lùbke arrive à cette conclusion que le 
gaulois nous est connu trop incomplètement pour permettre l'établissement 
d'une règle certaine, mais qu'en cette langue les noms composés accentués 
sur la svllabe finale du premier terme, comme Vidû-casses « Vieux », Bitâ- 
rlges « Bourges », conservent probablement l'accent indo-européen, qu'en 
général les noms de lieu gaulois portent l'accent sur la pénultième quand 
elle est longue, sur l'antépénultième dans le cas contraire. Aux exemples 
réunis par M. Mever-Lùbke on peut ajouter la forme moderne, Centule, du 
nom d'homme gaulois Cintullus. 

Le savant romaniste dans le cours de son mémoire adresse à M. Holder 
et à moi quelques critiques qui ne me semblent pas justifiées. 

Ainsi il prétend qu'il n'existe aucune raison pour considérer comme long 
le second a iXAtrebatcs. C'est que M. Meyer- Lubke ignore le rapprochement 
du thème gaulois alreba- avec un thème irlandais de la seconde conjugaison 
dont Va final est primitivement long : alreba (habitat, possidet, cotitinet), 

1. Sauf quelques voyelles hystérogènes. 

2. Ou peut-être ibère. M. J. Leite de Vasconcellos me fait observer que 
le nom du grand fleuve d'Espagne, l'Ebre, est en latin Hïbêrâs (Lucain, Si- 
lius Italicus, Claudien, Avienus); or, de l'espagnol Ebro, il résulte que ce 
terme géographique latin était accentué sur l'antépénultième, quoique la 
pénultième fut longue. Ebro âfHïbêrûs est la résultante de la même loi que 
Gap de Uapincum et que Nîmes de Nemausus. L'orthographe grecque "Io7p, 
au génitif Torpo;, ne peut être alléguée: quand il s'agit des régions occi- 
dentales de l'Europe, la notatipn latine est toujours plus exacte que la no- 
tation grecque. 



2)8 Périodiques. 

Grammatica celtica, 2 e éd., p. 354a et note; atrebat (habitant), ibidem, 
p. 10 a. 

Il reproche à M. Holder de donner Dêvona comme forme primitive de 
Divona « Cahors », c'est, dit-il, une assertion sans preuve. Mais il est par- 
faitement clair que les Gallo-Romains ont dans un certain nombre de noms 
remplacé par la prononciation latine la prononciation gauloise du même 
mot. C'est ainsi que Bodio-casses est devenu Badio-casses, Baiocasses « Baveux ». 
Divona est le même mot que Dèvana, d'où Aberdeen en Ecosse; cf. l)i,o- 
dumm pour Dêuo-durum par l'influence du latin dîvus. D'ailleurs le AouTJova 
u Cahors » de Ptolémée, 1. II, c. 7, §9, éditions données chez Didot, 
p. 204; Tauchnitz, p. 100; Baedeker, p. 134, par Mùller, Nobbe et Wil- 
berg, doit être corrigée en AyrJova = Divona, correction nécessaire au Bi- 
bona de la Table de Peutinger. 

Je persiste à croire que 1'// de -durum dans les noms composés est long. 
Le gallois dir « fort, certain, sûr », qui employé substantivement signifie 
« force, certitude » et le breton dir « acier » supposent un celtique primitif 
dûro-. C'est le gallois dur qui vient du latin duras. Doro, traduisant osteum 
pour ostium, dans le dictionnaire d'Endlicher, est excellent. Mais Isarnodm mu 
« porte de fer » dans la vie de saint Grand écrite au VI e siècle ' est sans 
valeur, puisque cette traduction date d'une époque où l'on ne parlait plus 
gaulois. Isarno- lui-même est germanique et non gaulois : le breton bouarn 
« fer » exige un primitif Isarno-. Le changement de dùrum en dorum n'est 
pas plus étonnant que celui de dûnum endonum; cl. Duro-storum et sa va- 
riante Dorostorum, Holder, t. I, col. 1386. 

Au sujet de ce mot dunutn M. Meyer-Lùbke a peine à comprendre qu'il 
soit traduit tantôt par « montagne », tantôt par « forteresse». S'il étaitaussi 
bon archéologue que grammairien, il saurait qu'en grand nombre les for- 
teresses gauloises étaient situées sur des montagnes, en sorte que la contu- 
sion des deux sens « forteresse » et « montagne » était toute naturelle. 

La note 1 de la page 6 contient au moins trois erreurs: curant et dechant 
ne peuvent être irlandais, dechmad, aujourd'hui deachmhadh, vient non de 
deceinetos, mais de *dekmmatos, plus tard "dekamalos. 



VI. 

Folk-Lore, t. XII, n n 1. — Mémoire d'Eléonor Hull sur les tabous ou 
du vieil irlandais. C'est un travail d'ensemble sur un sujet qui. me 
semble-t-ilj n'a été que partiellement traité jusqu'ici. 



1. Saint Oyand, Eiigendus, mourut en 516 ou 317 (Bibliotheca 
phica latina, publiée par les Bollandistcs, p. 401); d. Bruno Kruscli, Sçrip- 
torum m mu merovirtgicarum tornus III, p. 126. Gn trouve à la page 131 le 
texte dont il s'agit: Cui vetusia paganitas ob celebritatem clausuramqm fortis- 
siwam supertiliosissimi templi Gallica lingua Isanordori, id est ferrei ostii, in- 
didil nomen. La Gallica litiguaàe l'auteur est le burgunde. 



Périodiques. 259 



VII. 

Celtia, mars 1901. — Le 7 février dernier, le D r Maclean a fait à l'Uni- 
versité de Glascow un exposé de l'histoire des études celtiques depuis cin- 
quante ans. Il m'y adresse une critique parfaitement fondée quand il dit que 
j'ai eu tort de négliger l'Ecosse dans le relevé de mss. irlandais que j'ai 
publié en 1883. J'ignorais alors quelles richesses possède en fait de manus- 
crits irlandais la patrie de mon docte critique. Depuis, bien des savants 
m'ont reproché cette lacune. Je regrette de n'être pas allé visiter la biblio- 
thèque des avocats d'Edimbourg. Mon Essai d'un catalogue de la littérature 
épique de l'Irlande, qui a été imprimé à mes frais et avec lequel j'ai perdu 
de l'argent, est incomplet. — Suite du dictionnaire anglais-gaélique-man- 
nois-gallois-breton : d'acknowledgment à àdjective. — La partie gaélique du 
Livre de Deir, 3 e édition, par M. T.-O. Russell. Une traduction anglaise 
accompagne le texte. C'est une reproduction de celle de M. Whitley Stokes 
(Goidelica, 2 e édition, p. 106-121), à de très légères variantes près. — Vo- 
cabulaire gallois-breton par M. F. Vallée. 

Avril 1901. Suite du dictionnaire anglais-gaélique, etc.: àîadjoiu à 
advertiser. — Continuation du vocabulaire gallois-breton de M. F. Vallée. 
— Errata de M. T.-O. Russel à son édition du Livre de Deir. — Intéres- 
sants articles bibliographiques. 

VIII. 

Analecta Bollandiana, t. XX, fascicule 1. — Ordinairement j'évite de 
rendre compte de livres que je n'ai pas reçus soit en don, soit moyennant 
pavement. Je fais exception pour le mémoire de M. Ludwig Traube, Per- 
roua Scotorum que je trouve annoncé aux p. 103-106 de la livraison dont je 
viens de donner le titre. Péronne, aujourd'hui petite ville de France du dé- 
partement de la Somme, eut une abbaye irlandaise qui paraît avoir duré 
du milieu du septième siècle à l'année 880. L'irlandais saint Fursy, abbé 
et fondateur de l'abbaye de Lagnv, fut enterré à Péronne entre les années 641 
et 642. Saint Foillan, frère de saint Fursy, devint abbé de Péronne avant 
632. Vers 673-691, on y trouve l'abbé irlandais saint Ultan; entre 675 (?) 
et 706 l'abbé irlandais Cellanus. 

IX. 

RoMANIA, t. XXX. — Deux mémoires de M. Ferdinand Lot: I. Nou- 
velles études sur la provenance du cycle arthurien, relations d'Arthur avec la 
Cornouaille anglaise, le Pays de Galles et l'Ecosse. IL Le cri de la bête 
dans le Daniel du Stricker. 

Besançon, le 17 avril 1901. 

H. d'Arbois de Jubainville. 



ERRATUM. 
P. 43, 1. g et 14, au lien de Lazamon, lise\ Layaraon. 



Le Propriétaire-Gérant: Veuve E. Bouillon 



Chanres. — Imprimerie Durand, rue Fulbert. 



L'ÉLÉMENT GAULOIS 

DANS LA LANGUE FRANÇAISE 



Feu Arsène DARMESTETER 



LES ROMAINS ET LES GAULOIS 

Des peuples d'origines diverses habitaient le pays limité par 
la Méditerranée, l'Océan, les Pyrénées, les Alpes et le Rhin: 
c'étaient au Nord et au centre les Belges et les Celtes, deux 
grandes tribus de la famille gauloise; au Sud-Ouest, entre les 
Pyrénées, l'Océan et la Garonne, les Aquitains ou Ibères qui 
s'étendaient antérieurement jusqu'aux Cévennes et au Rhône. 
Entre le Rhône et les Alpes étaient les Ligures qui de l'autre 
côté des Alpes possédaient le Nord de l'Italie, la Gaule Cisal- 
pine. Les Ligures étaient d'origine gauloise 1 , les Ibères 
n'étaient pas indo-européens. Enfin, sur les côtes de la Médi- 
terranée florissaient des colonies grecques dont la plus illustre 
était Marseille. Sur les bords du Rhin, au Nord-Est, les Ger- 
mains faisaient des incursions dans la Belgique. Marseille et 
son territoire, les Ligures, les Ibères, les Celtes, les Belges 
formaient autant de peuples divers, indépendants, se subdivi- 
sant en une foule de peuplades et de cités ayant leur auto- 

i. Mùllenhoff les croyait Anariens. Suivant d'autres ils sont indo-euro- 
péens, probablement du groupe italiote. — Note de la rédaction. 

Revue Celtique, XXII. 18 



262 Feu Arsène Darmestetcr. 

nomie, en guerre les unes avec les autres, et quelquefois unis 
pour combattre des ennemis communs. Vers l'an 60, en 
dehors de la Narbonnaise, on comptait 60 États différents, 
9 dans l'Aquitaine, dans la Celtique 14, entre la Garonne et 
la Loire, 22 entre la Loire et la Seine (la Seine comprise), 
dans la Belgique 15. Chez les Aquitains ou Ibères, c'étaient les 
Ausci qui avaient la prédominence politique avec Elimberris 
pour capitale (plus tard: Augusta Auscorum). Dans la Gaule 
centrale, les Arvernes et les /Eduens se disputaient l'hégé- 
monie, et plus tard les ^Eduens et les Séquanes ; dans la Bel- 
gique, les Suessiones. 

Quelques-unes de ces peuplades, en très petit nombre, 
avaient des rois héréditaires ; la plupart formaient des répu- 
bliques aristocratiques où le pouvoir appartenait aux prêtres 
(druides) et à la noblesse (équités). Celle-ci avait sous elle 
une troupe nombreuse de clients et de serviteurs (ambacti) ; 
elle se donnait un magistrat, chef suprême nommé à l'élec- 
tion : tel était le Vergobret des iEduens. Quant au peuple, 
César nous le montre réduit à une condition voisine de l'es- 
clavage, sans droit ni participation aucune aux affaires. « Ac- 
cablé du poids des dettes et des impôts, victime des violences 
de l'aristocratie, il reconnaît lui-même sa servitude et subit 
de la part des nobles une autorité semblable à celle que les 
maîtres exercent sur leurs esclaves « (B. G., VI, 13). Nous 
reviendrons sur cette situation du peuple, situation qui nous 
expliquera bien des choses lors de la conquête. 

Nous ne dirons rien de la religion, des mœurs et des insti- 
tutions des Gaulois avant la conquête. Leur civilisation était 
assez avancée. Ils habitaient dans des cabanes de planches et 
d'osiers, formaient des villages ouverts ou des villes enceintes 
de murs de pierres. S'ils ignoraient l'art d'aménager et d'orner 
leur intérieur, mangeant à terre, assis ou couchés sur des peaux 
de bêtes sauvages, ils aimaient briller au dehors, parant leurs 
vêtements et leurs armes, portant des épées et des boucliers 
ciselés et dorés, des bracelets et autres bijoux. Ils préféraient 
la chasse à l'agriculture, surtout dans le Nord, entretenaient 
des pâturages et s'adonnaient spécialement à la charcuterie. 
Toute l'Italie se fournissait de jambons et de viandes salées au- 



L'élément gaulois dans la langue française. 26$ 

près d'eux. C'étaient les premiers charcutiers du monde. La 
tradition de cet art a été conservée par leurs descendants 
d'Arles, de Bayonne, de Lyon, de Troyes et de Mayence. Ils 
exploitaient les mines, travaillaient les métaux et surtout les 
métaux précieux. Les Romains introduisirent chez eux la vigne 
qui y prit une merveilleuse extension. 

Quelles étaient les langues parlées en Gaule ? César en re- 
connaît trois, comme il reconnaît trois peuples, la langue des 
Aquitains, celle des Celtes ou Gaulois, celle des Belges (B. 
G., I, 1). Pline admet la division de la Gaule en trois peuples : 
de l'Escaut à la Seine, de la Seine à la Garonne, de la Garonne 
aux Pyrénées (IV, 17, 105). De même, Pomponius Mêla 
(III, 20). Ammien Marcellin, au iv e siècle, reproduit le té- 
moignage de l'historien grec Timagène, qui vivait au I er siècle, 
et rapporte qu'autrefois la Gaule était divisée en trois peuples 
différents par les institutions et les lois, comme par la langue 
(XV, 11, 1). Mais Strabon, le géographe grec si judicieux et si 
exact, remarque expressément que seuls les Aquitains dif- 
fèrent essentiellement par l'aspect physique et par la langue 
des autres habitants de la Gaule : ils ressemblent bien plus, 
dit-il, aux Ibères qu'aux Gaulois, et quant au reste des habi- 
tants de la Gaule, ils ne se ressemblent pas entièrement entre 
eux par leurs usages et leurs idiomes; mais que les différences 
qui les séparent sont petites (Strabon, IV, 1, 1)! Tacite (Agri- 
cola, n) dit que les Bretons ressemblent beaucoup aux Gau- 
lois et que leur langue n'est guère différente de celle qui do- 
mine dans les Gaules. 

En effet, les travaux les plus récents de l'érudition, les re- 
cherches de MM. Roger de Belloguet, Zeuss, d'Arbois de 
Jubainville, etc., ont mis hors de doute ce fait qu'en Gaule 
régnaient deux langues, celle des Aquitains ou Ibères, aujour- 
d'hui l'euskara ou basque, et celle des Gaulois, parlée avec 
des différences dialectales plus ou moins sensibles par les 
Belges et les Celtes. 

Les Ibères, sortis vraisemblablement de l'Espagne, avaient 
occupé le Sud de la France, et peut-être tout le littoral de la 
Méditerranée jusqu'au Nord de l'Italie, car on a retrouvé leurs 
traces et un souvenir de leur passage dans l'onomastique an- 



264 Feu Arsène Darmesteter. 

cienne de la vallée supérieure et des rives du Pô (voir surtout 
l'inscription alimentaire de Veïeia). Du moins leur présence 
est établie sûrement dans la région transgaronienne à l'époque 
romaine, et de nos jours encore entre l'Ebre et l'Adour; elle 
est encore visible à l'époque de l'arrivée des Romains, dans le 
Roussillon et le Bas-Languedoc, où même de nos jours, la to- 
ponomastique des vallées du Tech, du Tet et de l'Agly en ont 
conservé quelques souvenirs. Ces Ibères sont les Basques et 
n'appartiennent pas à la famille indo-européenne. 

Quant aux Ligures ou Liguses, Aiyûsç, ils étaient sûrement 
indépendants des Ibères : partout où la tradition historique 
les représente comme. occupant les pays sans s'être mêlés aux 
Ibères, on ne rencontre aucun des radicaux caractéristiques 
///ou iri (= ville), propres aux pays ibériens, radicaux que le 
vocabulaire géographique ancien fait figurer dans la compo- 
sition des 46 noms pour l'Espagne, l'Aquitaine et le Rous- 
sillon (voir la liste donnée dans les Comptes Rendus de la 
classe de philosophie et d'histoire de l'Acad. des Se. de 
Vienne, LXVII, 365-6). On n'en trouve pas la moindre trace 
dans l'onomastique du pays génois, la patrie même des Li- 
gures, c'est-à-dire la région où ils se sont pour toujours établis. 

Les témoignages de l'antiquité classique nous les montrent 
également établis dès le vi e siècle, et même dès le ix e siècle 
avant J.-C. (Hésiode), établis sur la rive droite du Rhône, et 
par toute la Provence, d'où sans doute ils auraient refoulé les 
Ibères vers l'Ouest dans le Languedoc. Les Celtes resser- 
rèrent leur domaine entre cette région et la Provence. 

Les noms géographiques des Ligures dont la forme est cer- 
taine, s'expliquent facilement parle Gaulois. Il paraît donc que 
les Ligures sont une branche de la famille gauloise, et c'est 
comme tels qu'ils sont aujourd'hui considérés 1 . L'éminent phi- 
lologue de Milan, M. Ascoli, demande au gaulois l'explication 
de nombreux phénomènes linguistiques des dialectes du Nord 
et de l'Italie, dialectes parlés par les descendants des Ligures. 

Quant aux Gaulois, Galli, PaXXot, Vx'hy-y.'., nous n'avons pas 
ici à parler de leur origine ni de leurs migrations. Disons seu- 

1. Doctrine contestée. — Note de la rédaction. 



L'élément gaulois dans la langue française. 265 

lement que des derniers travaux qui leur ont été consacrés, il 
semble résulter que leur établissement en Gaule était relati- 
vement récent, et qu'ils dataient de 5 ou 6 siècles au plus. 
D'où venaient-ils ? A quel rameau de la grande famille indo- 
européenne appartenaient-ils ? On ne peut répondre à ces 
questions. 

Nous allons maintenant faire rapidement l'histoire de la 
conquête de la Gaule par les Romains. Cette histoire est néces- 
saire pour comprendre comment la Gaule perdit si vite sa langue 
pour devenir romaine. 

En 154 avant J.-C., des Ligures ayant attaqué les établis- 
sements marseillais d' Antipolis et de Nicia, Marseille, amie et 
alliée de Rome, envoie au Sénat une députation pour lui de- 
mander aide et secours. Les députés s'en retournent avec trois 
commissaires : Flaminius, Popilius Lenas et L. Pupius, 
chargés d'examiner la situation du pays. Les Ligures s'oppo- 
sent à leur débarquement à Agytna (Cannes ?) et blessent 
Flaminius. Alors le consul Q_. Opimius à la tête d'une armée 
franchit l'Apennin et les Alpes, bat les Ligures, et donne aux 
Marseillais une partie de leur territoire. 

En 125 les Ligures reviennent à la charge. Le consul Fulvius 
Flaccus d'abord seul, puis, en 124, aidé du consul C. Sextius 
Calvinus, leur lait subir plusieurs défaites. La métropole des 
Salluvii, tribu ligurienne, est détruite et Sextius fonde un 
castellum auquel il donne le nom d'Aquae Sextiae; ce fut 
plus tard une ville, Aix (122). C'est en 122 que se place 
donc le premier établissement romain de la Gaule transalpine. 

Teutomalius, roi des Salluvii battus, va se réfugier chez 
les Allobroges qui venaient d'ailleurs de dévaster le territoire 
des iF!dui « alliés du peuple romain ». Les Romains déclarent 
la guerre aux Allobroges qui réclament le secours de leurs 
patronsles Arvernes et de leur roi, le riche et puissant Bituit. 
Domitius Ahenobarbus et après lui Q. Fabius Maximus écra- 
sèrent les Gaulois au confluent du Rhône et de l'Isère, et 
30000 légionnaires firent périr plus de 100000 barbares. Les 
Allobroges et leurs voisins terrifiés se soumirent et la Nar- 
bonnaise fut conquise. Une colonie romaine fut établie à Nar- 
bonne, Narbo Martius en 118 et des généraux revêtus de l'im- 



266 Feu Arsène Dartnesteter. 

perium eurent la provincia de la Gaule transalpine, c'est-à- 
dire le commandement militaire de cette région, sans que 
celle-ci fût bien délimitée à l'Est, au Nord et à l'Ouest. 

Vers l'an no, il y avait en Narbonnaise: i. Une seule co- 
lonie romaine, Narbo Martius Atacinorum ; 2. Des castella ou 
praesidia, ippoupta, avec garnison romaine à Aquae Sextiae, à 
Tolosa, et probablement dans quelques autres lieux; 3. Mar- 
seille et ses colonies qui avaient leur autonomie, en qualité de 
foederatae populo romano. 4. Les villes, bourgades et terri- 
toires des Salluviens et des Ligures sujets et dedititii du peuple 
romain. 5. Enfin, h provincia, c'est-à-dire le gouvernement 
militaire à circonscription mal déterminée, des préteurs ro- 
mains. 

En 102, la terrible invasion des Cimbres et des Teutons 
vient s'arrêter et succomber sous les coups de Marius, dans la 
vallée d'Aix. 

Les peuples de la Narbonnaise, terrifiés par cette invasion, 
reconnaissent dès lors en Rome une protectrice qu'ils appren- 
nent à respecter. 

Nous passons rapidement sur l'histoire de la Narbonnaise 
de l'an 102 à l'an 59, époque du consulat de César. 

Les propréteurs se suivent régulièrement. En S$, Valerius 
Flaccus triomphe des Celtibères et des Gaulois; il donne à plu- 
sieurs Gaulois le titre de citoyens romains, entre autres au 
gaulois Caburus qui devient C. Valerius Caburus et dont le 
fils, C. Valerius Procillus qui parlait latin et gaulois, servit à 
César d'interprète dans ses rapports avec l'allemand Arioviste 
qui parlait aussi gaulois (B. G., I, 47, 53). 

Pendant la guerre d'Espagne, où Pompée combat Sertorius, 
les Gaulois de la Narbonaise se soulèvent et s'enrôlent dans 
le parti de Sertorius. Pompée, pour récompenser Marseille de 
sa fidélité, ajoute au domaine que Rome lui avait déjà attribué 
sur la rive gauche du Rhône, Arelate, Avennio, Cabcllio, etc., 
des terres enlevées aux Helvii et aux Volcae Arecomici sur la 
rive droite du fleuve. Fonteius est laissé comme proconsul de 
la Narbonaise, et il y commet des exactions dignes de Verres. 
Cicéron le défend et le sauve. On voit dans ce plaidoyer de 
Cicéron comment les Romains s'insinuaient et pénétraient au 



L'élément gaulois dans la langue française. 267 

milieu des Gaulois : « La Gaule est remplie de négociants ro- 
mains et de citoyens romains. Aucun Gaulois ne fait d'affaires 
sans eux ; il ne circule pas en Gaule une seule pièce d'argent 
qui ne soit portée sur les livres des citoyens romains (Pro 
Fonteio, 4) 1 . 

En 61, nouvelle défaite des Allobroges qui avaient fait une 
incursion dans la Gaule Narbonnaise. 

En 60, les Suèves d'Arioviste franchissent le Rhin et atta- 
quent les iEduens, alliés des Romains : cette lutte amène une 
conflagration générale qui menace la Narbonnaise. 

La Gaule alors était divisée en deux fédérations ayant à leur 
tète, l'une les ^Eduens, et l'autre les Arvernes, avec les Se- 
quanes comme alliés. Ces peuples se disputaient le protectorat 
de la Celtique quand les Arvernes et les Séquanes engagèrent 
comme mercenaires des Germains. 15000 passèrent le Rhin, 
mais attirés par la fertilité et la richesse du pays d'autres arri- 
vèrent et ce tut une véritable invasion. Les iEduens voulurent 
les arrêter: ils furent écrasés. Mais les Séquanes, vainqueurs 
avec les Germains des JEduens, furent plus maltraités que les 
vaincus, car Arioviste leur imposa ses hordes, s'empara de leurs 
terres et les traita en peuple conquis. 

Les choses en étaient là quand César reçut du Sénat en 59 
la Narbonaise et la Cisalpine avec la Gallia comaîa, c'est-à-dire 
la Celtique et la Belgique à conquérir. 

Les Romains distinguaient alors la Gallia logata, ou Gaule 
Cisalpine, Gaule Ligurienne, tout à fait romanisée à cette 
époque, h Gai lia bracata ou Narbonnaise, et la Gallia comata, 
comprenant le reste de la Gaule, c'est-à-dire le pays compris 
entre le Rhin, l'Océan, les Pvrénées et la Province ou Nar- 
bonnaise. 

La situation était favorable. Dans la Gaule chevelue s'opé- 
raient alors de grands changements. Dans chaque cité, dans 
chaque bourg, dans chaque famille, dit César, il y avait deux 
partis. Les druides et les nobles, en effet, se sentaient menacés 
dans leurs privilèges par les sourdes révoltes du peuple qui ré- 



1 . Gaule dans ce texte signifie la province de Gaule transalpine où la 
Gaule barbare n'était pas comprise. — Note de la rédaction. 



268 Feu Arsène Darmesteter. 

clamait sa part de liberté. De nouvelles républiques se for- 
maient livrées à tous les orages que soulevaient les ambitions 
rivales. Vers le temps du consulat de César, un chef arverne 
avait péri sur le bûcher pour avoir tenté de rétablir la royauté 
proscrite, et en ce moment trois nobles chez les Helvètes, les 
Séquanes et les yEduens conspiraient la chute des nouvelles 
institutions démocratiques. 

A ces déchirements intérieurs s'ajoutait l'anarchie. Tous ces 
peuples étaient rivaux, chaque année la guerre éclatait quelque 
part. Ces peuples n'avaient point de communauté d'intérêts, 
et partant il n'existait point pour eux de patrie gauloise. La 
patrie était locale, était de la cité, non du pays, ce n'était pas 
la Gaule. 

César exploita habilement ces divisions et cette anarchie, 
qui lui venaient si bien en aide. 

Les Helvètes fatigués des continuelles incursions des Suèves 
voulaient émigrer sur les bords de l'Atlantique, César les re- 
foule dans leurs montagnes, marche ensuite contre les Suèves, 
les met en fuite et force Arioviste à repasser le Rhin. En une 
campagne (58), il avait terminé deux guerres formidables. 
Mais les Belges effrayés du voisinage des légions romaines, 
votent la levée en masse. Les yEduens et les Rèmes, trahissant 
les Belges, passent aux Romains qui viennent facilement à 
bout d'une armée désorganisée par la trahison. La coalition est 
dissoute; César dompte ensuite ces peuples les uns après les 
autres, les Suessions, les Bellovaques et les Ambiens se sou- 
mettent immédiatement. Les Nerviens luttent héroïquement, 
et finissent par être écrasés. De 600 sénateurs, il en sur- 
vécut trois; de 60000 combattants, 500. La Belgique était 
domptée. Pendant ce temps, Crassus avec une légion sou- 
mettait la Celtique. Dès la seconde campagne la Gaule pa- 
raissait soumise (57). César quitte la Gaule laissant sept lé- 
gions au nord de la Loire, pour surveiller l'Armorique, et une 
légion dans le Valais pour ouvrir une route entre la Celtique 
et l'Italie. Mais l'Armorique se soulève, César revient de l'Il- 
lyrie écraser les Vénètes dans une formidable bataille navale. 
Leur noblesse périt dans les supplices, la population lut 
vendue; d'autres peuplades à l'Ouest firent leur soumission et 



L'élément gaulois dans la langue française. 269 

les légions romaines victorieuses parcoururent la Gaule en- 
tière, des Pyrénées à la mer du Nord. 

L'année suivante fut signalée par des campagnes en Ger- 
manie et en Bretagne; César voulait isoler la Gaule et montrer 
qu'elle n'avait rien à attendre de ses voisins. La guerre parais- 
sait finie : elle n'avait pas encore commencé. Les peuples, en 
effet, avaient jusqu'ici combattu séparément, chacun pour sa 
patrie locale. Ils comprirent que l'intérêt de chacun était l'in- 
térêt de tous. 

Un premier soulèvement, dirigé par l'Eburon Ambiorix, le 
trévère Indutiomar et le Sénonais Accon, entraine le Nord et 
l'Est de la Gaule, sauf les yEduens et les Rèmes traîtres a la 
cause nationale. 

Malgré la soudaineté du soulèvement, César et ses lieute- 
nants Q. Cieéron et Labienus triomphèrent des Gaulois, Indu- 
tiomar périt dans une bataille, Accon, vaincu et fait prisonnier, 
fut exécuté. Ambiorix seul parvint à s'échapper. Mais ce soulè- 
vement n'était que le prélude d'un autre plus vaste encore. Il 
partit du pays des Carnutes, tous les Romains établis à Cena- 
bum furent égorgés, et le même jour la nouvelle en fut portée 
par des crieurs jusqu'à Gergovie, chez les Arvernes. Un jeune 
noble, Vercingétorix, se fit investir du commandement mili- 
taire, provoqua la réunion d'un conseil suprême des villes 
confédérées et entraîna les Arvernes et le centre de la Gaule 
qui jusqu'ici étaient restés étrangers à la lutte. 

Nous n'avons pas à raconter cette lutte épique où le génie 
de Vercingétorix parut un instant triompher de César, et qui 
finit par la tragédie d'Alesia (5 1). Je veux seulement faire re- 
marquer que dans ce vaste soulèvement de la Gaule, un tiers 
encore' des habitants s'abstint, les nombreuses peuplades de 
l'Aquitaine, celles de la Belgique rhénane et, dans le cœur du 
pays celtique, les Rémois, les Lingons, les Trévères et les 
Bellovaques. 

La chute d'Alesia fut le signal de la soumission. Les der- 
niers mouvements, ceux de l'agonie, chez les Bituriges, les 
Carnutes, les Cadurques, furent rapidement et cruellement 
réprimés. La conquête de la Gaule s'acheva au milieu des mas- 
sacres et des carnages. La plus grande partie de la noblesse, 



270 Feu Arsène Darmesteter. 

une bonne partie de la population avait succombé. Mais Rome 
s'étendait maintenant jusqu'au Rhin, à la mer du Nord et à 
l'Atlantique. « Durant huit années de guerre, dit Plutarque, 
César avait forcé plus de 800 villes, subjugué 300 nations, 
vaincu 3000000 de combattants, dont un million avait péri 
sur le champ de bataille, et un million était réduit en escla- 
vage. » 

La Gaule domptée par les armes, il passa aussitôt une année 
à la gagner et à lui faire oublier sa défaite (50). Point de con- 
fiscation, ni d'impôts onéreux, point de mesures violentes et 
vexatoires. La Gaule chevelue fut réduite en province romaine; 
mais les villes conservèrent leurs lois et leur gouvernement, 
et le seul signe de la conquête fut un tribut de 40 millions de 
sesterces. En 44, il la divisait en trois parties, la Narbonnaise 
confiée à Lepidus, la Belgique confiée à Hirtius et la pro- 
vince centrale confiée à Munatius Plancus. 

Quelques années après, Marseille prit parti pour le Sénat et 
Pompée contre César. Réduite par Trebonius, elle se rendit 
à la merci du vainqueur qui, en lui laissant sa liberté, détacha 
d'elle plusieurs de ses colonies, Agde, Antibes, Arles, pour en 
faire des colonies romaines, fonda le Forum Julii (Fréjus), port 
nouveau dont la prospérité fut fatale à l'ancienne cité pho- 
céenne, et qui devint une des grandes stations navales de 
l'Empire et le premier port militaire de la Gaule. Marseille ne 
se releva pas de cette malheureuse guerre, et bientôt la répu- 
blique déchue se consola par l'étude des lettres, et, après avoir 
été la rivale de Cartilage, se fit la rivale d'Athènes. 

Auguste acheva l'œuvre de César. 

Mais avant d'étudier les mesures décisives par lesquelles 
Rome assura la romanisation de la Gaule, il est nécessaire de 
se rendre compte de l'état moral de la Gaule après la conquête. 

Ce n'est pas sans étonneraient qu'on voit César, aussitôt 
après la conquête, lever une légion tout entière parmi les 
Gaulois de la Narbonnaise, la légion de l'Alouette, et appeler 
à siéger au sénat des Transalpins qui changeaient ainsi la saie 
et les braies de leurs ancêtres contre le laticlave romain. Cf. 
Cicéron, Famil., IX, 13 : « in urbem nostram est infusa pere- 
grinitas, nunc vero etiam bracatis et transalpinis nationibus, 



L'élément gaulois dans la langue française. 27 1 

utnullum veteris leporis vestigium appareat. » Un changement 
si subit est fait pour surprendre. Mais deux considérations 
permettent de rendre compte d'une révolution si rapide. 

On est revenu des théories de H. Martin et d'Amédée 
Thierry, voyant dans les Gaules une puissante nationalité 
dont tous les membres se reconnaissaient comme frères, comme 
enfants d'une même patrie. Pour les Gaulois, la patrie n'exis- 
tait pas; c'est Rome qui lui apporta cette notion. 

Ce que le Gaulois aimait, et entendait défendre, c'était son 
pagus, son coin ; les divers peuples de la Gaule pouvaient être 
confédérés, unis par une certaine communauté d'intérêts; ils 
ne se sentaient pas frères. Les liens qui unissaient les tribus 
gauloises étaient trop lâches et trop souvent rompus. Dans la 
dernière et terrible guerre de l'an 53, on put croire un instant 
qu'avec Yercingétorix ces efforts généreux, malheureusement 
trop tardifs, étaient la marque d'une certaine communauté de 
sentiments, et que la patrie gauloise venait de naître ... pour 
mourir. Mais un examen plus froid et plus impartial des faits 
nous permet d'affirmer qu'il n'y avait guère autre chose 
au fond de ce soulèvement de la Gaule, après six années de 
guerre, que l'intérêt trop évident d'une action d'ensemble, et 
que cet intérêt avait seul resserré les liens de tous ces peu- 
ples, avait converti les clientèles en ligues et réuni la masse 
des guerriers dans une confédération qu'ils auraient dû juger 
depuis longtemps nécessaire. Que de difficultés, que de dis- 
cordes n'avaient pas jusqu'alors paralysé l'action simultanée de 
toutes les forces de la Gaule ! On employa tous les moyens 
pour aviver, rapprocher, enflammer ces éléments étrangers ou 
rivaux: la force et la violence, comme l'éloquence et la per- 
suasion. On montra les menaces de l'esclavage pour les femmes 
et les entants, de la mort pour les hommes ; on imposa une 
discipline redoutable qui frappait de tortures et même de 
mort les hésitants et les incertains. Les chefs gaulois font 
appel aux intérêts privés et personnels, jamais à la patrie gau- 
loise. Le mot patrie ne parait pas. 

Si grand que fût cet effort, si beau que tût le spectacle de 
cet héroïsme, on ne peut oublier que ce tableau avait ses 
taches. Partout César trouva des défections dont il sut tirer 



272 Feu Arsène Darrnesteter. 

grand parti, les Eduens en Celtique, les Lingons et les Rémois 
en Belgique. Par toute la Gaule éclataient ces luttes intestines 
qui, renversant les rois héréditaires, amenaient l'avènement 
d'une aristocratie jalouse dont les membres se disputaient le 
pouvoir même en face de l'ennemi, comme le vergobret Liscus 
et Dumnonix, ou trahissaient leur pays comme le druide Di- 
viciac, comme Viridomar et Commius. Le Carnute Tasgetius 
et le Sénon Cavarinus sont comblés des bienfaits de César, 
Vertiscus, Andebrogius et Iccius livrent les Rémois au gé- 
néral romain; le Trévère Cingetorix, l'yEduen Convictolitavis 
demandent son secours contre les leurs. L'Arverne Epasnactus, 
THelvien Donnotaurus se dévouent à sa personne. L'Arverne 
Vertico devient l'espion de Q. Cieéron. Dans la lutte dernière 
un tiers de la Gaule reste tranquille et refuse de combattre. Ni 
les nombreuses peuplades de l'Aquitaine, ni celles de la Bel- 
gique rhénane, ni dans le cœur même du pays celtique, les 
Rémois, les Lingons, les Trévères, les Bellovaques n'envoient 
de contingent à Alesia. Il n'existait en Gaule rien de compa- 
rable à ce lien puissant et sacré qui s'appelait à Rome patria. 
Il n'y avait pas une patrie gauloise, mais des patries gauloises. 
Or ces patries locales, Rome, après la conquête, eut l'art su- 
prême de les conserver, bien mieux, de les développer. Chaque 
peuple était attaché à sa cité, Rome en agrandit les droits, en 
fît de véritables communes à peu près indépendantes et, révo- 
lution bien plus profonde encore, supprimant l'aristocratie et 
son gouvernement oligarchique, appela le peuple à la liberté 1 . 
Déjà Vercingétorix avait senti le besoin de briser l'esclavage de 
la plèbe gauloise, et de lui assurer une part dans le gouver- 
nement local; et ce sont ces principes démocratiques qui lui 
avaient assuré un concours, jusqu'ici inusité, de populations si 
diverses. Le peuple, après la conquête, devint libre chez lui, 
sous l'administration bienfaisante de Rome. Voilà pourquoi il 
salua avec joie un état nouveau qui répondait à ses besoins et 
à ses instincts. Liberté, indépendance, égalité communales, 



1. Est-ce exact? Le gouvernement romain assura en Gaule comme ail- 
leurs la prédominence'de l'aristocratie. L'aristocratie se jeta par intérêt dans 
les bras des nouveaux maîtres. — Note de la rédaction. 



Vêlement gaulois dans la langue française. 275 

voilà ce que les Gaulois avaient voulu défendre les armes à la 
main, voilà ce que Rome leur assura, avec les bienfaits d'une 
civilisation supérieure, et les avantages d'une paix profonde. 

Voila pourquoi la Gaule se trouva si facilement soumise, et 
moralement conquise. Elle comprit rapidement les avantages 
de ce nouveau régime, et, dépouillant volontairement et pour 
jamais son caractère national, se précipita avec ardeur dans la 
voie nouvelle que Rome lui ouvrait. 

Quand les Espagnols firent la conquête du Mexique ou du 
Pérou, ils eurent facilement raison de peuples à demi bar- 
bares, et absorbèrent rapidement les populations. Et cepen- 
dant après la conquête, il se trouva des hommes assez attachés 
à leur ancienne patrie pour en conserver le souvenir, en écrire 
les annales, fût-ce en langue espagnole. En Gaule il n'y eut 
rien de pareil. L'oubli de l'ancienne patrie fut immédiat et ir- 
rémédiable. Nul ne songea à conserver les chants des ancêtres, 
à raconter seulement l'histoire de la lutte. 

En 27, Auguste convoqua à Narbonne les députés de toutes 
les nations gauloises, fit rédiger dans cette assemblée un dé- 
nombrement général qui servit de base à la répartition et à 
l'assiette des impôts et promulgua des mesures décisives pour 
effacer en Gaule les restes du passé et l'assimiler au reste de 
l'Empire. Les vieilles fédérations furent brisées, les clientèles 
de peuple peu à peu détruites; les divisions naturelles de race, 
de sang, de topographie firent place à des divisions administra- 
tives arbitraires. La Narbonnaise était suffisamment disciplinée 
à la domination romaine I , elle ne fut point touchée, mais la 
Gaule chevelue fut partagée en trois provinces nouvelles : 
l'Aquitaine, la Lyonnaise et la Belgique. 

L'Aquitaine s'étendait des Pyrénées non plus jusqu'à la Ga- 
ronne, mais jusqu'à la Loire et aux Cévennes. La Lyonnaise 
s'étendait entre la Loire, les montagnes du Forez, le haut 
Rhône, la Saône, la Marne et les collines qui séparent la 
Seine de la Somme ; la Belgique était comprise entre ces col- 



1. Strabon, parlant des Cavares, de la Narbonnaise (1. IV, ci, § 12): 
(jt.Eray.c'.ijuvo'j; ~o r.'/Jov a; tov xojv Pwjjia;wv T'J7:ov jeaî TrJ yXiÔTTr] xal xoî; 



274 F eu Arsène Darmesteler. 

lines, la Marne, la Saône, le Rhône, les Alpes, le Rhin, la 
mer du Nord et la Manche. La Narbonnaise, enfin, s'étendait 
de Toulouse à Genève, bornée par les Pyrénées, la Méditer- 
ranée, les Alpes, le Rhône, les Cévennes, la haute Garonne. 

Les trois provinces, si bizarrement taillées, et la Narbon- 
naise, furent divisées en 60 cités qui avaient chacune sous leur 
dépendance plusieurs pagi ou cantons et la plupart des petits 
peuples furent réduits à la condition de simples cantons, su- 
bordonnés à la cité voisine. 

Les vieilles cités gauloises qui avaient joué un rôle dans la 
guerre contre César et qui avaient formé comme les centres 
des mouvements populaires, Gergovia, Alesia, Bratuspantium, 
Uxellodunum, restèrent en ruines et disparurent si bien qu'au- 
jourd'hui même il est difficile d'en reconnaître les traces. A 
quelque distance de ces villes, on en construisit d'autres pour 
les faire oublier : Augustonemetum (Clermont) s'éleva près de 
Gergovia, Caesaromagus (Beauvais) près de Bratuspantium, 
Noviodunum descendit dans la vallée de l'Aisne et devint Au- 
gusta Suessionum (Soissons). Augustodunum (Autun) se sub- 
stitua à Bibracte (Mont-Beuvray), Augusta Auscorum (Auch) 
à Elimberris. Les capitales des Trévères, des Lémoviques, des 
Turons, des Andes, "se nommèrent Augusta Treverorum, 
Augustoritum (Limoges), Augusta Turonum, Juliomagus 
(Angers), et toutes ces villes, avec des noms romains, reçurent 
des colons romains. 

Auguste se garda bien d'établir l'égalité par toutes les par- 
ties du territoire ; au contraire, il fonda une habile et savante 
hiérarchie de privilèges et des conditions diverses qu'il se ré- 
servait de modifier selon ses intérêts et ses plans. Il y eut 
d'abord des fédérés ou alliés qui avaient conservé toutes 
leurs institutions et ne devaient guère que le service militaire. 
C'étaient les Marseillais, les Voconces dont les chets-lieux 
étaient Vasio (Vaison) et Lucus Augusti (Luc, près de Die); 
les ^Eduens, frères du peuple romain, les Carnutes dont les 
vainqueurs semblaient avoir respecté l'opiniâtre défense ; les 
Rèmes et les Lingons qui étaient récompensés de leurs dé- 
fections. 

Venaient ensuite les libres ou autonomes qui, saut le paie- 



L'élément gaulois dans la langue française. 275 

ment d'impôts, se gouvernaient librement, comme les fédérés. 
Tels étaient les Nerviens, les Suessions, les Silvanectes, les 
Leukes, les Trévères, les Meldes, les Santons, les Bituriges, 
les Arvernes. 

Le reste des peuples de la Belgique, de la Lyonnaise et de 
l'Aquitaine, était réduit à la condition de sujets provinciaux; 
pour la noblesse, cette situation était inférieure, pour le peuple 
supérieur, à celle qu'ils avaient dans la Gaule indépendante. 

Au-dessus de ce triple degré, s'élevaient, surtout en Nar- 
bonnaise, les colonies romaines et les colonies de droit latin et 
italique. Sous Auguste, les habitants de Narbonne, de Béziers, 
de Fréjus, d'Orange et d'Arles jouirent du droit de citoyens 
romains, ainsi que Lyon, capitale de la Lyonnaise nouvelle- 
ment construite sur l'emplacement du bourg gaulois de Lugu- 
dunum. Aix, Valence, villes de fondation récente, Toulouse, 
peut-être Carcassonne, Carpentras, Cavaillon, Nîmes, furent 
des colonies de droit latins : Vienne des Allobroçes, Augaista 
des Tricastins (Saint-Paul des trois châteaux), Aûgusta des 
Auskes(Auch), Lugudunum des Convènes(Comminges), Apta 
Julia (Apt), Alba Augusta (Aps près Viviers) furent grati- 
fiées des mêmes privilèges sans recevoir de colons italiens dans 
leur sein. Le droit colonial et les institutions italiennes se ré- 
pandirent ainsi d'abord dans la Narbonnaise, puis dans les 
autres provinces. Il entrait dans la politique des Césars de 
faire désirer aux peuples gaulois cette transformation comme 
une précieuse faveur, et de faire briguer aux particuliers le 
titre de citoyen romain comme un objet de haute ambition. 

Le ministre et le gendre d'Auguste, Agrippa, contribua plus 
que personne à l'œuvre de rénovation. Il sillonna la Gaule de 
routes et éleva ces indestructibles chaussées dont nous admi- 
rons encore les restes épars, et qui entamèrent les vieilles et 
impénétrables forêts gauloises. Sur le forum de Lyon s'éleva 
un milliaire où aboutirent les routes de l'Italie et d'où parti- 
rent quatre grandes voies lancées vers le Rhin, le Pas-de- 
Calais, l'Atlantique et les Pyrénées. La plus fameuse de ces 
chaussées était celle de Lyon au Pas-de-Calais qu'elle attei- 
gnait à Gessoriacum (Boulogne-sur-Mer). De ces quatre 
grandes voies, dont la direction était combinée pour leur faire 



276 Feu Arsène Darmesteter. 

traverser le plus grand nombre de cités possible, se détachaient 
une multitude de rameaux secondaires qui multipliaient les re- 
lations entre les diverses parties du pays. A ces grandes artères 
s'ajoutaient les rivières dont le cours était remonté ou des- 
cendu par des milliers de bâtiments. 

Ce progrès matériel, si prompt, si énergique, dut frapper 
les Gaulois. Avec leur rapide intelligence, ils comprirent les 
avantages inappréciables de cette savante et puissante réorga- 
nisation; et le mouvement intellectuel suivit bien vite ce 
progrès. Ils briguèrent l'honneur de devenir romains. Ils 
quittèrent leurs noms gaulois pour prendre des noms romains. 
On voit telles inscriptions où le personnage porte un nom 
romain tandis que son père a encore un nom gaulois, par 
exemple l'inscription de Cenabum, qui est du I er siècle, Lucius 
Cornélius Magnus, Atepomari filius, civis Senonius, curator 
Cénabensium (Rev. Archéol., 1865, I, p. 408-411). L'em- 
pereur Claude constate que les Gaulois sont déjà moribus, ar- 
tibus, affinitatibus nostris mixti (Tacite, Annales, XI, 24; cf. 
Senèque, De benefic, VI, 19), et il accorde auxnobles Gaulois 
le jus honorum qui leur permettait d'entrer au Sénat, en leur 
imposant toutefois strictement l'usage du latin (Suétone, 
Claude, XVI). Galba et Othon suivirent cet exemple et ac- 
cordèrent le droit de cité à divers peuples. Caracalla acheva 
l'œuvre de ses prédécesseurs en donnant le droit de cité à tous 
les sujets de l'Empire (Digeste, I, v, 17; Novelle, LXXVIII, 5). 
La Gaule est couverte d'inscriptions latines élevées par des 
personnages portant les noms de Julius, de Claudius, de Fla- 
vius, c'est-à-dire les noms des empereurs qui leur avaient 
accordé le jus civitatis. 

Dès le premier siècle de l'empire, on voit nombre de Gaulois 
chargés de fonctions publiques civiles ou militaires. Auguste 
nomme le gaulois Licinus, un affranchi de César, procurateur 
des Gaules; ce procurateur se fit détester par ses compatriotes 
pour ses exactions. 

Julius Africanus de Saintes est tué comme complice de Séjan 
en 3 1 ; Valerius Asiaticus de Vienne, mort en 47, avait été 
deux fois consul. C. Julius Vindex, propréteur de la Lyonnaise 
sous Néron, descendait d'une famille royale de l'Aquitaine. 






L'élément gaulois dans la langue française. 277 

A cette époque, on voit jouer des rôles politiques à Pom- 
peius Vopiscus de Vienne, nommé consul par Othon, Anto- 
ninus Primus appelé Bec dans sa jeunesse, de Toulouse, séna- 
teur et commandant de la 7 e légion de Germanie, le Ba- 
tavc Julius Civilis, préfet de cohorte et revêtu du droit de 
cité, ses amis les deux Trévères Julius Classicus et Julius 
Tutor, Julius Sabinus de Langres, qui avaient également 
des commandements militaires importants dans l'armée ro- 
maine. « Vous avez, en commun avec les Romains, les 
charges et les avantages du gouvernement, dit Cerialis aux 
Gaulois, vous commandez vous-même le plus souvent nos lé- 
gions; vous gouvernez ces provinces et d'autres. Point d'ex- 
clusion, de barrières pour vous » (Tacite, Hist., IV, 74). La 
Gaule déjà sous Tibère ou Néron était déjà si romaine qu'une 
garnison de 1200 hommes suffisait à la garder (Josephe B., 
II, vi, 4), alors qu'en Bretagne il fallait deux légions, en Ger- 
manie sept. Les soulèvements partiels tentés çà et là par des 
patriotes restaient sans écho ou étaient combattus par les Gau- 
lois eux-mêmes. Les iEduens combattirent contre le Boien 
Maricus, et Civilis trouva contre lui les Séquanes. Les mou- 
vements militaires des 111 e et iv e siècles en Gaule n'ont plus 
rien de gaulois et ne représentent aucune aspiration vers une 
nationalité celtique; ils provenaient d'un particularisme gallo- 
romain. 

La Narbonnaise avait été la première à devenir romaine et 
elle l'était déjà au moment de la conquête. Parmi des cen- 
taines d'inscriptions latines, on n'a trouvé jusqu'ici que très 
peu d'inscriptions gauloises et encore une partie sont écrites 
en lettres grecques. 

Strabon remarque que les Cavares qui habitaient entre 
l'Isère et la Durance ne se distinguaient des Romains ni par la 
langue, ni par le genre de vie, ni par leur gouvernement 1 . 
Pline dit de la Narbonnaise qu'elle était plus véritablement 
l'Italie que la province (III, 4, 3 1). Mais les autres provinces, 
et en premier lieu l'Aquitaine, suivirent bientôt. La civilisation 
et la langue latine y pénétrèrent à la suite des légionnaires et 

1. Voir plus haut la note de la page 273. 

Revue Celtique, XXII. 19 



2~& Feu Arsène Darmcstelcr. 

des commerçants romains. L'Aquitaine de bonne heure fut re- 
nommée pour la pureté de son langage. 

Un des moyens les plus puissants fut la fondation d'écoles. 
Dès le premier siècle les écoles de la Gaule sont célèbres et 
plus florissantes que dans toute l'autre province de l'Em- 
pire. Je ne parle pas des écoles de la Narbonnaise, Marseille la 
seconde Athènes « magistra studiorum » (Tac, Agricola, 4), 
Narbonne, Arles, Vienne. Mais dans les autres provinces, 
Lyon avec ses célèbres concours, Besançon, Autun, Bordeaux, 
Auch, Poitiers, Reims l'Athènes gauloise (vestrae Athenae Du- 
rocortoro, Fronton). 

De ces écoles sortirent des lettrés et des savants. Juvénal 
vante la Gaule féconde en avocats (Sat., VII, 142; XV, ni). 
Les femmes et les enfants lisaient des vers latins à Vienne (Mar- 
tial, VII, 87); Pline se vantait que ses œuvres fussent connues 
de toute la Gaule (Epist., IX, 2). La jeunesse gauloise se 
livre aux études libérales (Galliarum soboles liberalibus studiis 
operata, Tacite, Annal., III, 43). Quant aux écrivains, on peut 
citer L. Plotius le Gaulois qui enseignait à Rome (Cicéron, 
ap. Suétone, De rhetor., 2; Qui mil., Inst. Orat., IL 4 fin), 
.Antonius Gnipho « nec minus givece quam latine doctus » 
dont César et Cicéron entendirent les leçons (Suét., Gramm., 
7), P. Valerius Cato, loué comme professeur et poète (ibid., 
11), le célèbre acteur Q. Roseius. D'Atax (dans l'Aude) était 
P. Terentius Varro Atacinus, l'auteur d'ouvrages didactiques 
et traducteur des Argonautiques d'Apollonius de Rhodes, loué 
par ses contemporains Horace, Ovide, Properce, et plus tard 
par Velleius, Pline, Quintilien et d'autres. Le poète élégiaque 
Cornélius Gallus est de Fréjus, Trogue Pompée est un Vo- 
conce, Domitius Afer est de Nîmes. Julius Africanus si vanté 
par Quintilien est également Gaulois. Je ne parle pas des écri- 
vains des siècles postérieurs qui sont très nombreux. Voyez 
Martial, Epigr., VII, 88; VIII, 72; IX, 100. Suétone, 111. 
Gramm., III, Calig., XX; Juvenal, Sat., I, 44; Ausone, Pro- 
fessores. 

Ce qui prouve la rapidité avec laquelle la Gaule devint ro- 
maine, c'est le nombre considérable de monuments, cirques, 
théâtres, villes, tombeaux, inscriptions dont se couvrit le sol, 



L'élément gaulois dans la langue française. 279 

et cela dès le premier siècle. La Gaule est après l'Italie la plus 
riche des provinces de l'Empire en monuments épigraphiques, 
en inscriptions. Non seulement les grandes villes, mais les 
plus petites cités nous en présentent, et les fouilles contempo- 
raines ne cessent d'en mettre au jour, môme dans les coins les 
plus déserts et qui semblent aujourd'hui les plus abandonnés, 
dans les vallons les plus retirés de nos montagnes. La plupart 
de ces monuments datent du premier siècle de l'ère chrétienne. 
Sous Auguste, les 60 cités de la Gaule décrètent l'érection 
d'un temple gigantesque au confluent du Rhône et de la Saône 
(a la pointe de Perrache), temple dédié à Rome et à César Au- 
guste, devant lequel s'éleva la statue colossale de la Gaule 
entourée des statues des 60 cités (Strabon, IV; T.-Live, Peri- 
ochae, 87). Cet enthousiasme se communiqua partout. Aux 
villes de terre et de bois succèdent des villes de pierre et de 
marbre. De toutes parts s'élèvent comme par enchantement 
des forums, des basiliques, des aqueducs, des temples, des 
thermes, des cirques, des amphithéâtres, des arcs de triomphe, 
des chaussées. La Gaule se revêt d'une splendeur monumen- 
tale qu'on a peine à rêver. L'excès va si loin qu'Auguste et Ti- 
bère sont forcés d'instituer des curatores auprès des conseils 
des cités, pour veiller à leur budget et les empêcher d'aller à la 
banqueroute. 

Tout .nous montre que la Gaule se résigna à sa défaite, en 
prit immédiatement son parti, oublia sa nationalité pour s'as- 
similer avec toute l'ardeur et la furie de sa nature, à Rome. 
Dès le premier siècle, la Gaule était la plus riche, la plus belle, 
la plus puissante des provinces de l'Empire. 

Qu'advint-il de la langue ? Rome eut-elle besoin de mettre 
en œuvre ses moyens habituels pour foire disparaître le gau- 
lois, ces moyens auxquels fait allusion saint Augustin quand il 
dit que : « Opéra data est ut imperiosa civitas non solum 
jugum verum etiam linguam suam domitis gentibus per pacem 
societatis imponeret, per quam non deesset, imo et etiam 
abundaret interpretum copia » (Civit. Dei, XIX, 7). 

Voici le sens de ce passage. Saint Augustin dit: La diversité 
des langues rompt la société des hommes. Deux hommes, 
obligés de demeurer ensemble, s'ils ne parlent pas la même 



2So Feu Arsène Darmesteter. 

langue, seront plus étrangers l'un à l'autre que deux animaux. 
Mais, dira-t-on, Rome n'a-t-elle pas tout fait pour imposer le 
latin à l'Empire, ou du moins pour qu'on eût abondance 
d'interprètes ? Oui, mais pour arriver à ce résultat, que de sang 
versé ! que de guerres! Et ce n'est pas fini, puisqu'il y a tou- 
jours des barbares à combattre, et que d'ailleurs l'étendue de 
l'empire produit des guerres civiles. 

Cf. Plutarque, Questions platoniques, X, § 3 : "ii; zz/.v. \j.o 
r.ip\ Pco;;.a((jL>v Xsyeiv, uv [xév a5y<:> vuv è[/.ou xi r.xr.i: av6pa)Tcoi 
yzuyr.xi. 

Cf. Valère Maxime, II, 11, 2. Magistratus vero prisci quan- 
topere suam populique romani majestatem retinentes se ges- 
serint, hinc cognosci potest, quod inter caetera obtinendae 
gravitatis indicia, illud quoque magna eum perseverantia cus- 
todiebant, ne Graecis unquam nisi latine responsa darent. 
Quin etiam, ipsos linguae volubilitate, qua plurimum valent, 
excussa, per interpretem loqui cogebant, non in urbe tantum 
nostra, sed etiam in Graecia, et Asia, quo scilicet latinae vocis 
honos per omnes gentes venerabihor difîunderetur. 

Pline l'Ancien, III, 6: [Italia ; haec terra] numine deum 
electa quae, ... sparsa congregaret imperia, ritusque molliret, 
et tôt populorum discordes ferasque linguas sermonis com- 
mercio contraheret ad colloquia, et humanitatem homini daret, 
breviterquc una cunctarum gentium in toto orbe patria fieret. 

Voir dans Tacite, Agricola, 21, comment les Romains 
cherchent à romaniser la Bretagne: « Agricola voulut que 
ces peuples dispersés, sauvages, et par eux-mêmes toujours 
prêts à la guerre, prissent dans les plaisirs le goût du repos et 
de la tranquillité. Il les excite par des exhortations particu- 
lières, par des secours publics, à construire des temples, des 
places, des maisons, louant le zèle des uns, réprimandant la 
résistance des autres. L'émulation produit les effets de la con- 
trainte. Il cherche à polir par une éducation libérale les fils 
des principaux bretons. Il vante leurs dispositions naturelles, 
les met au-dessus des talents acquis des Gaulois; et ces peuples 
qui naguère dédaignaient la langue des Romains, se passionnent 
pour leur éloquence. Ils se parent de notre costume, portent 
la toge, adoptent insensiblement toutes les délicatesses d'une 



L'élément gaulois dans la langue française. 281 

vie dissolue, bains, portiques, repas somptueux. Les igno- 
rants, ils appelaient civilisation ce qui était une partie de leur 
esclavage ». 

Les écoles, les tribunaux, le service militaire, qui incorporait 
les Gaulois dans les légions romaines, l'administration des 
cités et des municipes qui devaient se faire en latin, langue 
officielle, tout cela trouvait une aide puissante dans l'enthou- 
siasme avec lequel la Gaule allait au-devant de Rome. 

Remarquons d'ailleurs que les Gaulois n'avaient pas de litté- 
rature écrite. Sans passé auquel ils puissent se rattacher, sans 
présent qu'ils eussent à pleurer ou à regretter, ils pouvaient 
facilement oublier leurs langues, pour apprendre celle de leurs 
vainqueurs. Enfin, sous" le nouveau régime, qui donna des 
droits importants aux villes et abandonna les campagnes; 
celles-ci se dépeuplent pour aller accroître et multiplier les 
villes. Cette transformation profonde fait pénétrer jusqu'au 
plus profond des couches de la nation l'esprit romain, l'admi- 
nistration romaine, la langue romaine. 

(La suite à un prochain numéro.) 



THE DESTRUCTION OF DÂ DERGA'S HOSTEL ' 



TOGAIL BRUIDNE DA DERGA 

(LU., Facs. 92' 1 54) 



106. Ni anse damsa on a samaiî. Ro chi 2 Fer rôgain co tarlaic 
a déra fola | dara grûaidib > — Eg.]. Dirsan do ! ol se, iss ta gein 
n-im[m]arbaga fil la firu Henv/J fri fini Alban ar gart 7 cruth 
7 deilb 7 marcachas. Is liach [a guin — H.], is mucc remitéit,4 
mess, [is nôidiu ar aeis, H.]. Damna flatha as dechî tànic 
Her/mi 6 insin. Nôidiu" Cowaire maie Ettrsceoli .i. Lé fri 8 
flaith a ainm. Secht9 mbliadna fil i[n]na des. Ni indôig 10 lim 
cid trù dâig 11 na n-ilgne[e] filet forsind fuit iil fair, 7 inna 
ndath [LU. 92 b ] n-écsamail docorethar [in folt] fair 12 . IS é a 
sainteglach som sin, na tri côicait maccôem fil imbi. 

Mairg iurasin xi-orgain, îor Lomna, cid fôbithin in mazesin! 

Ni c/zmeid 1 ', îor lûgcel : neld îémmià dofortecat 7 ri. Ocus 
iarsin cia acca and ? 

1. V. p. 9, 165. 

2. ro chich YBL. Roichi St. Ro ci F. 

3. Sic Eg. H. lias: Ro chi Fer rogain co mbo fliucli a brat ara bè\aib. 
|. rianr, Eg. remetuit F. YBL. St. rémituit II. 

5. is ferr-Eg. 

6. tanic a tir riErenn H. taiwic tir nErind YBL. tanicc tir nEremi Eg. 

7. maccnâidiu Eg. nuidiu F. YBL. 
.S. 1er F. YBL. 

9. ocht Eg. 

Thefacsimile lias mind 'ig. ni hindofg, Eg. Ni hindoigh IL ni indoic F. 

11. dag Eg. diag LU. YBL. diag St. 

12. daig na n-ilgne docuirithér an folt fair H. dieg nj n-ilgne docuirigh- 
thirinfolt fair. St. diag na n-ilgnse dochw/rin (oit l'air YBL. F. 

13. cumgi IL Eg. chumeid St. cuimeitt F. 



The Destruction of Dd Derga's Hostel. 283 

106. « Easy for me to liken him ! » Fer rogain wept till he shed l 
his tears ofbloodover his cheeks. « Alas for him ! », quoth he. Tbis 
child is a « scion of contention » for the men of Brin with the men 
of Alha for hospitality , and shape, and form and horsemanship. 
Sad is his slaughter ! ' Tis a « swine that goes before inast », 'lis 
a babe in âge! the besi crown-prince that bas (ever) corne into 
Erin! The child of Conaire son of Eterscèl, Lé fri fiait h is his 
naine. Seven years there arc in bis âge. Il seéms to me very likely 
that he is misérable beeaitse of the maux appearances on bis bair 
and the varions hues that the bair assumes upon him. Tbis is bis 
spécial household, the tbriee fifty lads that are around him. 

« Woe », says Lomna, « to him that shall wreah the Destruc- 
tion, were it (onlx) becanse of that box! » 

« Ye cannot », says Ingcél. « Clottds of weakness are coming 
on xon, etc. And after that whom sawest thon there? » 

Imda na xDalkmax. 

107. Atcondtirc and sessiur arhélaib na himdad 2 cétna. 
Monga fîndbudi foraib: bruit ûanidi 5 impiH: deilgicrédaS i 
n-aurslocud a mbrat. It é lethgabra 6 amail Chona.ll Çernach. 
Focheird cach fer [dib, Eg.] a brat immdraile, 7 is Lûathidir 
rothdn mbiïaled ~ : is ing inda-âirthet do sûil 8 . Sàmailte let sin, 
a F/V wgdin. 

The Rooni of the Cupbearers . 
ioj. There I saw six men in front of the saine room. Fair 



1. literally « yielded », tarlaic, from to-air-ro-lèic. 

2. na imda Eg. na himdha, St. na himdae H. na himdadh F. na nim- 
dad LU. 

3. huaini aille Eg. huainidi YBL. uainidi H. uainidhiu F. 

4. impaibh F. 

5. delga côemu creduma Eg. delcni credai H. deilge creduma, St. 

6. L'/hgapra H. lethghabar .i. lethech H. 3. 18, p. 332. letgabrai F. let- 
hglcore Eg. Cf. lethgobra supra § 51. 

7. mbuaileth YBl^. rhbualeth St. mbuailgî H. 

8. is ing indarthe/id do sûil a n-imclôechmôd Eg. is ing in doarthet do 
shuil YBL. is ing inda airteth do (sûil) F. Is ing ni daartheth St. is ing in 
doairthet do hsuil H. 



284 Whitlcy Siokes. 

yellow mânes upon them: green mantles aboui them: tin broocbes at 
the opening of their mantles. Half-horses (centaurs) arc they, like 
Conall Cernach 1 . Each of them l broies his mantle round another 
and is as sïuift as a mill-wheel. Thineeye can hardly follow them. 
Liken thon thosc, () Fer rogain! » 

108. Ni anse damsa on. Se dâlemain rigTemra- insin. .i. 
Ûan 7 Brôen 7 Banna?, Delt 7 Drucht 7 Dathen. Nis-dér- 
ba»d4 dia nddil ind reb sin, 7 ni cli'ii a n-intliucht oeâ nddil. 
It mathi ind oie fil and. Tothôethsat a tri chumlunds léo. Con- 
rdinfet 6 comgnim fri cach seser? isin Bxudin, 7 aslûifet airib 8 , 
uair9 is a sidib I0 dôib. It é dâlemain ata I] dech til i nHenW 
insin 12 . Mairg iuras in n-orgain fo ndeig sin ! 

Ni chumeid 1 !, ïor Ingcéî. Nela 71'. (Av/.viarsin cia açca and ? 

10S. « Tins is easyfor me. Those arc the King of Tara s six 
cupbcarcrs, namclx Uan and Brocn and Banna r 4, Del t and Drucht ' i 
and Dathen. That (cal does not hinder them front their skinking, 
and il bîunts not their intelligence thereat. Good arc thewarriors 
that arc therc! Thrïce their number uiill fait by them. They will 
share prowess with aux six in the Hostcl, and they will escape front 
their focs, for they are ont of the elfmounds. They are the besi cup- 
bearers in Eriu. Woe to hiui that shall wreak the Destruction 
(ii'crc il only) because of them ! » 

« Ye cannot », says Ingcél. « Clouds etc. And aflcr that, 
whom sawest thon there? » 



1. the ôenmarcach ofthestoryof Cûchulainn's death, Rev. ('.cit.. III, 185. 

2. rîg Er<'//« Eg. rig Temrach YBL. 

3. Buan 7 Br<jf 7 Banno, H. Huai m 7 Broen 7 Bandu, St. 
(. Nis-tairmmescand Eg. nis derban YBL. St. II. 

5. comlîn Eg. H. coimlin F. an tri'cnmlund YBL. a tri chomlin St. 

6. cpnroindfet Eg. conrainfet YBL. cowroinnfit H. 

7. sesiur YBL. sesir St. F. scissiur Eg. secht H. 

8. ragait icin ass, Eg. aslûifet toraib, St. asloifît airib H. 

9. huaire YBL. St. 

10. sid Eg. sidaib YBL. St F. sidip II. 

11. adad YBL. ioo b 1 3. adda St. ada F. 

12. Ociis is (at sin d. demain is ferrfilett in lier///// Eg. 120-' 2. 

1 3. cumgi H. Eg. 

1 |. i. e. Froth and Rain and Drop 
15. i. e. Dew 



The Destruction of Dà Derga's Hostel. 285 

Imda Tulchixxe Drui.th. 

109. hxJconàarc and borrôclaech arbélaib na imdae 1 cetnae 
(or làr in tige. Athis mâili fair. Finnithir canach slébe cach 
finna àsas triàna chend. Unasca 2 ôir immâ 6'. Brat brecligda 
imhi. Nôi claiâib ina lâim4 7 nôi scéith airgdidi 7 kôï n-ubla 
ôir. Fccheird cecb ai dib i n-ardae, 7 ni thuit ni dib for làr, 7 
ni bi acht ôen dib for a bois, 7 is cwmma ocwj timthirecht becb > 
il-lô 6 ànli cach ae sech araile suas [7 anuas7.] Intan ba hânem 8 
dô a.tconn3LYcus9 ocon chlis 10 , 7 arrW dorechachasa IJ fochartatàr 
grith 12 immi co mbâtarfor kir in tige uile. 

IS and aslvrt ind flaith^ fil isin tig frisin clessamnach. Co- 
tràncammar ôr' bat mac bec 1J >, 7 ni raid do cless n-airiut 1 * cosin 
nocht. 

Uch, nch, a phopa châin Conaire, [ar se, — Eg.] is deitlibir 
dam: dom- recacha l6 sùil féig andiaraid, fer co triàn '" maicc 
im[b]lisen foraicce dul nôi ndro[n]g Ib . Ni méti dosom a ndéi- 



1. himdad YBL. hirada St. hiradadh F. iradad Eg. himdai H. 

2. Unascach St. F. H. uanascach H 1 . 

3. huas YBL. St. F. o H. oib H'. Eg. omits. 

4. lamaib YBL. St. 

5. andar-lat is timthirecht beich, Eg. 

6. il-law YBL. St. a lo H. i loa F. 

7. sic H. 

y. hanem H. hainèm F. haineam St. n-anem YBL. hâni LU. 
9. Intan ropa ânem do, Eg. AtcÔKwarcsa intan ba n-anem do atchonnar 
csa, YBL. adçonnarcsa F. Atco«arcsa Eg. St. atowznarcso H. 

10. chlius YBL. St. 

11. rodercusa fair Eg. dorrecochasa YBL. dorrecachasa St. dorecach/wa H. 
dorrecacassa F. 

12. focerd airmgritlî YBL. 

13. lïliEg. fiait!) YBL. 

14. o ropo meicc becca sind diblfnib Eg. o bim mac YBL. Codorancamar 
o bi mac, H. Cotrancamar o bi mac, St. F. 

i). ni torchair do cless huait, Eg. ni raloi do des airit, H. ni râla do clés 
n-airit YBL. ni raba do clés n-airiut F. 

16. rom-dèiee Eg. romdeici H 1 . Domrecacai F. domrecachai H. 

17. t/iun YBL. F. Eg. EL. 

18. atamconairec tria fithissib .ix. ndfong, Eg. foraice dol nôi nd/ong, H. 
foraicce dul noindrong F. St. foraicce dul noi ndrong YBL. atamcottnairc 
tria fithisibh (.i. conair) nui ndoroch (.i. roth), H 1 . 



286 Whiiley Stokes. 

csin [iheg H.J andiaràid sin. Ficbit/r 1 catha de, or se. Ro- 
fessar co dé bratha 2 bas n-olc ar dorus Bruidne. 

The Room oj Tulchinne the Juggler. 

ioy. « There I behëld a gréai champion, in [roui of the same 
room, on thefloor of the house. The shame of baldness is on htm. 
White as mountain cotton-grass is each hair that groius through bis 
head. Earrings of goîd around hisears. A mantle spéckled, coloured, 
hewore. Nine swords in his ha ml, ànd nine silvern shields, and 
nine apples ofgold. He throws each of them upwards, and none of 
them falls on the ground, and there is only one of them on his 
palm; each of them rising and falling pasi another is jusi like 
the movement to and fro of becs on a day of beauty. When he 
was swiftest, I beheJd him ai the (cal , and as I looked, they uttered 
a cry about him and they were ail on the house-floor. Then the 
Prince who is in the house said to the juggler: « We hâve corne 
together sinee thon -wast a Utile boy, ami till tonighi thy jugg- 
ling never failed thee. » 

« Alas, a/as, fair masler Conaire, good cause hâve I. A heen, 
angry eye looked al me : a man with the third ofapupil which sees 
thegoingof the nine bands. No! mneh tohim is that heen, wrathful 
sight ! Battles are fqughi withit », saithhe. « It should beknown 
liil doomsday that there is evil in front of the Hostel. » 

no. Gabais ïarom na claidbiu inna làimî, 7 na scéitrH airg- 
didi 7 na ub!a r > ôir, 7 fochartatar 6 grith imbi dorise" co mba- 
tdr (or kir [in | tige uile. Dorât im-moth s anisin, 7 ro léic a ehles 
n-ûad9, 7 aslvrt: A Fir cbaille, cômérig! na laig a slige 1 ", 



1. fichitherYBL. ficit/r H. Fechaiter Eg. 

2. Rofesaither co dered mbratha, Eg. Rofcssar co dered bratha, St. ro- 
fesar co deired mbrâtha, F. 

3. Gabais iarum a elesa .i. na claidib Eg. 
|. sgiatha F. 

-,. hublai YBL. hubloi H. 

6. focertat Eg. 

7. arithise YBL. afritisi II. arithisi F. doridise Eg. 

S. a mod Eg. im-motlw YBL. St. a motug//^ H. imon teach F. 
9. a clesa huad Eg. 
10. asleig YBL. aslie II. St. F. 



Tue Destruction of Dd Derga's Hostcl. 287 

sligairdbi do muic. Fin[n]tai cia fail ar àorus tige do amli^ 1 
fer mBruid;/c. 

Atâ 2 and, or se, Fer Cualngi>, [Fer le -»,] Fer gar, Fer 
rô«el, Fer rôgain. Dlomsait gnim nad lobur, logud > douaire 6 
o coic maccixb Duind Desrt, 6 cote comaltaib" carthachaib [Co- 
naire, Eg.J 

Samailte lat s///, a F/V rogain. Cia ro chàchain in laid se? 

110. Tl.h'ii he look the swords in his hand, and the silvern 
shields and the apples of gold ; and again they uttered a cry and 
were ail on the floor of the house. Thaï auia^ed him s , and he gave 
over bis play and said : 

« O Fer caille, arise! Do not ... ils slaughter. Sacrifice thy 
pig! Find ont who is in front of the house ta injure the men of 
the Hoslel. » 

« There », said lie, « are Fer Cualngi, Fer le, Fer gar. Fer 
rogel, Fer rogain. They bave announced a deed which is not jeeble, 
the annihilation of Conaire by Donn Désa's five sons, by Conaire's 
five loving fosterbrothers . » 

« Liken thou thaï, O Fer rogain! Who has chanted lhal lay ? » 

iir. Ni anse limsa a s:\mail, or Fer rogain. Taulchinne9 
rigdrûth I0 rig Tcw.rach : clessamnach Conaire insin. Fer comaic 
[LU. 93] !I môir in fer sin. Tothôetsat tri nowbuiri.nachétchum- 
scli 12 leis, 7 conramic 1 '-* comgnim [ri cach n-ôen 1 -* isin Brudin, 



1. mâlius LU. am!i«5 Eg. YBL. aimles H. F. aimli/« St. 

2. Atw/ H. 

5. Cuailge YBL. Cuailngnc F. 

4. sic YBL. H. F. Fer lé St. Eg. 

5. logad F. loghudh YBL. maunl H. 

6. Dlomsat gnim laiset ar logud Conaire do raarbad Eg. 

7. comdàltaib St. F. 

8. lit. put him (dorât, rectius darat) into stupor (mot!}, Ml. 68 b 9). 

9. Taulchaine. St. YBL. Taulchirre F. Tuilchinne Eg. Taulchaini H. 

10. rigdruith YBL. 

11. In this and the next page of LU. the writing is in one column. 
12 Q'Vchumscliu St. aVcuinscliu F. 

13. coHraindi YBL. comrainfe Eg. co«roinnfi H. 

14. fri gac/; n-aoinLr IL 



288 Whitley Stokes. 

7 iramariçfa 1 elûd doass cid crechtnaigthe. Cid ni chena ni bu 
ortai- ind orguin cid fobithin ind tir sin. 

Céinmair noda-ainsrt/ 3 ! {or Lomna. 

Ni cwrncid », for Ingcél*. [7 iarsin cia accai and? — F.]. 

///. « Easy for me to liken him », says Fer rogain. « Taul- 
chinne the chiefjuggler of the King of Tara ; he is Conaire's con- 
jurer. Aman of gréai mighi is thaï man. Thrice nine will f ail by 
him in bis firsl encounter, and he will share prowess with every 
ont in the Hostel, and he will chance to escape therefrom though 
wounded. Wbal then? Even on accouni of ibis man (only) the De- 
struction shonld noi be wrought . » 

« Long lire hewho should spare him! » says Lomna Dn'itb. 

« Yc cannot », says Ingcél, etc. 

Imda na Muccidi^. 

112. Atro/marc triar i n-airthiur in tige, tri dublvrrtbae 
foraib : tri forti ûanidi impu : tri dublenna tairsiu: tri gabulgici 
uasaib hi tôib fraiged: se dubassi dôib ar crund. Cia sût, a 
Fir rogain ? 

« Ni anse, ol Fer rogain : Tri muccaidi ind rig sin, Dub 
7 Dond 7 Dorcha : tri brathir, tri maicc Maphir Themracb. 
Céinmair nudn-ainsêi, mairg nodn-géna 6 ! ar ba 1110 bûaid a 
n-anacail oldas a ngona. 

Ni c/zmeid, for (Ingcél etc.) 

The Room of the Swineherds. 

112. « / beheld a trio in the front ofthe bouse : tbree dark crown- 
tufts on them : three orrai [rocks aro'und ibem : tbree dark mantles 
oi'cr tl.iem : three forked ■■■(?) above them ou the sideôf the wall. 



1. immaramc yrl. YBL. 

2. Facs. LU. mbuorta. Nirbo ortse St. nibo ordetai F. (the c written 
over the t). nibo ortit YBL. Lmaricfi 7 ri. nibo H, which ends hère. 

5. céin nodaainsed LU. cenmair nodnansiv/ YBL. mongénar nodanso? 
Eg. 1 1 1^2. nodnainsed F. 

4. add YBL. nelw -yrl. 

5. §§ 112- 125 arc omitted by YBL. F. St. and § 112 is omitted by Eg. 

6. lcg. noda-ainsed, mairg noda-génad. 



The Destruction of Dd Derga's Hostcl. 289 

Six black greaves they had on thc mast 1 . Who are yon, O Fer 
rogain? » 

« Easy to say », answers Fer rogain : « the three swineherds of 
the king, Dub and Donn and Dorcha : three brothers are they, three 
sons of Mapher of Tara. Long live he who should protect the m! 
woe to him who shall slay them! » for grenier wonld be the 
trinniph of protect ing them than (the trinniph) of sîaying them ! » 

« Ye cannot », says Ingcél, etc. 

Imda na x-arad n-airegda. 

113. Atawnarc t/'iar n-aili ara mbelaib: téora lanna ôir (or 
airthiur a cind : teora berrbrôca impu de lin glas imdentai di 
6r: tri cochlini corcfai impu : tri broit chrédumi ina laim. 
Samail[te] let sin, 2. Vit rogain.. 

Ros-fetar, ol se. Cul 7 Frecul 7 Forcul, tri primarâid ind 
rig sin, tri cornais, tri maie Sidbi 7 Cuinge. Atbéla fer cech 
airm leo, 7 conraintet biuiid n-echta. 

The Room of the principal Charioteers. 

il}. « / beheld another trio in front of them: three plates ofgold 
on their forcheads : three short aprons they ivore, of grey linen em- 
broidered with gold : three crimson capes aboni them: three goads 
of bronze in their hands. Liken thon thaï, O Fer rogain! » 

« Iknow them », he answered. « Cul and Frecul and Forcit!, 
the three charioteers of the King : three of the saine âge: three sons of 
Pôle and Yoke. A inan will péris!) by each of their weapons, and 
they will share the trinniph of slaughter. » 

Imda Cwnscrxm uaicc Gwcobair. 

114. Kxconnarc imdâi n-aili. Ocht//r claidbech inti 7 maeth- 
oclàech eturro. Mdel dub fair 7 belra fbrmend leiss. CW/tûaset 
des na Brudni uli a condelg. Aildem di ddinib hé. Câimsi imbi 
7 brat gelderg. Eo âirgit inna brot. 

Rofetwrsa sin, ol Fer rogain, A. C//icraid Mend Mâcha 
macc Conchobair fil hi ngialnai lasin rig. Achometaidi immorro 

1 . Some part of the house or its furniture = craund siuil §115. 



290 Whitley Stokes. 

in t-ocht//r fil immi .i. da Fland, da Chwwmain, da Âed, da 
Chnmthan. Conràinïet comgnim fricech n-6en isin Brudin, 7 
immaricfa élod dôib ass îr\ a ndaltai 1 . 

The R00111 0/ Cuscrad sou of Conchobar. 

114. I heheld another room. Therein were eight swordsmen, and 
among them a stripling. Black hoir is on him, and very stammer- 
ing speech has he. Ail the folk oj the Hostel liston to bis counsel. 
Handsomest of mon lie is : ho wears a shiri and a bright-red 
maiille, luith a brooeh of silver therein. » 

« / hnow him », saxs Fer rogain : « 'tis Cnseraid Menu of 
Armagh, Conchobar' s son, who is in hostageship with the king. 
And bis guards are tbose eight (swordsmen) around him, nanich, 
two Flanns, two Cummains, two Aeds , twoCrimthans . They will 
sbare prowess with every one in the Hostel, and they will chance 
to eseape from il with their fosterling. » 

Imda na Foarad. 

115. Atrho/marc nowbur for craund siûil dôib. Nôi coch- 
leni impu co lubun chorcrai 7 land ôir for cind cach ae. N6i 
mbruit inna lamaib. [Samalte — Eg. n6 b 2]. 

Ro[sJfet//rsa sin, ol Fer rogain. Riado, Riamcobur, Riade, 
Buado», Bûadchar, Buadgnad, Eirr, Iner 2 , Argatlam — nôi n- 
araid foglomma la t/ï primaradu ind rig. Atbela fer cech-ai 
dib, 71-. 

The Room of the Under-eharioteers. 

iij. I heheld nine mon : on the mast were they. Nine capes they 
wore, with a purple hop. A plate of gold on the head of each of 
them. Nine goads in their hands. Liken thon. » 

« I know those y> , quothFer rogain: «Riado, Riameobnr, Riade, 
Buadon, Bûadchar, Buadgnad, Eirr, Ineirr, Argatlam — nine 
eharioteers in apprenticeship with the three chief ebarioteers of the 
king. A man will perish al the handsof each of them, etc. 

1. For the corresponding passage on Hg. n6 b 1 see Appendix § 114. It 
is followed by a description of Conaire's three wizards. 

2. Ineirr Y.ii. 



The Destruction of Dd Dergas Hostel. 291 

Imda na Saxanach. 

116. kxconnarc isind leith atuâid din tig nowbur. Nôi 
monga forbaidi foraib. Noi camsi fogarti impu. Noi lennae cor- 
crai tairsiu ccn delgae indib. Nôi manaise. Nôi cromsceith 
déirg ûasaib. [Samalthe, Eg. 1 1 y a 1 ] . 

Rw^-fetamar, ol se, .i. Osait 1 7 a da chomalta, Osbrit 2 
Lamfota 7 a dd chomalta, Lindas' 7 a da chomalta, tri rig- 
domna do Saxanaib sin û\et ocond rig. Cowrainfet in lucht sin 
buaid ng[n]ima, 71'L 

The Room of the Englishmen. 

116. « On the northern side of the hou se I beheld ni ne men. 
Nine very yellow mânes were on the ni. Ni ne linen (rocks somewhat 
short were round them: nine pur pie plaids over ihem without 
brooches therein. Nine brond spears, nine red curved shields above 
the ni. » 

« We knoiu them », qiioth he. « Oswdld and his t-wo foster- 
brothers, Osbrit Longhand and his two fosterbrothers , Lindas and 
his two fosterbrothers. Three crown-princes of England who are 
ivith the king. That set willshare victorious prowess, etc. 

Imda na Ritered. 

117. Ktcondarc triar n-aili. Teôra maela foraib, tri lenti 
impu 4, 7 tri broit hi fbrcepul. Sraigell il-laim cachae. [Sa- 
mailte yrl. Eg.]. 

Rus-fetursa. sin, ol se. Echdruim, [LU. 94] Echriud, Ech- 
rûathar, tri marcaig ind rig sin .i. a tbri ritiri. Tri brathir iat, 
tri maie Argatroin*. Mairg iuras in n-orcàin cid fodâig in 
trir sin ! 



1. Ozaltt Eg. 

2. Ozbritt Eg. 

3. Ouït Eg. 

4. teora leni hi cwtul fri gelcnes dôib Eg. 

5. Argatroir Eg. 



292 Whiîley Stokes, 

The Room of the Equerries. 

i iy. « / beheld another trio. Three cropi beads of hoir on them, 
three frocks they won', and three mantles wrapi (around them). A 
whip in thehand of each. » 

« / know those », quoîh he (Fer rogain). « Ecl.nl nii m, Echriud, 
Echrûathar, the three horsemen of the king, that is, lus three equer- 
ries. Three brothers are they, three sous of Argatron. Woe lo hini 
who shcill wreak the Destruction, were it (onlx) because oj that 
trio. 

Imda na mBret[h]eman. 

i i 8. Atconnarc triar n-aili isind imdai ocaib. Fercâin rogab 
a maelad hi cetad 1 . Di oclâig leis 2 co mongaib foraib. Téora 
lenda cwmmascdai impu$. Eo argit i mbrot caechnai dib. Tri 
gascid ûasaib hi fraig. SamaiH let sin, a Fir rogain. 

Rw.r-fet.ar son, ol se. Fergus Ferde, Fer fordae, 7 Domaine 
Mossud, tri brithemain ind rig sin. Mairg iuras in n-orcain 
cid fodeig in trir sin ! Atbéla fer cachae dib. 

The Room of the J udges. 

11S. I beheld another trio in the room by them. A handsome 
[leg. bald] mau who h ad goi his baldness newly. Bx him were two 
young men with mânes upon them. Three mixed plaids they wore. 
A pin of silver in the mantle of each of them. Three suit s of 
armour above them ou the wall. Liken thon that, O Fer rogain ! » 

« I know those », quoth he. « Fergus Ferde, Fergus Fordae and 
Domaine Mossud, those are the king' s three judges. Woe lo him 
who shall wreak the Destruction were it oulx because of that trio! 
A man will perish bx each of them. » 



1. fer moel rogabad [leg. rogab a] moelad hi cétud, Eg. n6 b 2. 

2. da ôclach leiss Eg. 

5. tcora caimsi ïmpu co tcoraib lannaib cumasedai Eg. 

4. Samailte Eg. 



The Destruction of Dâ Derga's Hostcl. 293 



Imdûi na C/utiri. 

119. hxcondarc nowbur n-aile fnu anair. Nôi monga craeba- 
cha cassa foraib. Nôi mbroit glassa luascaig impu. Nôi ndelce ôir 
ina mbrataib. Nôi failge glano x immâ lama. Ordnasc ôir im 
ordain cach ae. Auchuimriuch 2 n-ôir 'm o3 chach tir. Muincc 
aircit im bragit cach ae. Nôi mbuilc co rc-inchaib ôrdaib uasib 
hi fraig .i. nôiûesca lindarcit inna lamaib. [Samailte Eg.]. 

Ro[s]fet//rsa sin, ol se. Noi crûtiri ind rig insin [7 a nôi 
cruite ûasaib, Eg.]. Side 7 Dide, Dulothe 7 Deichrinni, Cau- 
mul 7 Cellgen, Ôl 7 Ôlene 7 Olchôi4. Atbela fer cach ae leo.. 

The Room of the Harpcrs. 

11 y. « Ta the easi of them I beheld another ennead. Nine 
branchy, curly mânes upon them. Nine grey, floating (?) mantles 
about them : nine pins of golà in their mantles. Nine rings of 
crystal round their amis. A thumbring of gold round cach man's 
thitnib: an car-tic of gold round cach man's car : a torque of silver 
round cach man's throat. Nine bags with golden faces above them 
on the wall. Nine rods of whïte silver in their hauds. Liken thou 
(them). » 

« I knozu those », quoth he (Fer rogain). « They are the king's 
nine harpers, with their nine harps above them : Side and Dide, 
Dulothe and Deichrinnc, Caumul and Cellgen, 01 and (Mené and 
Olchôi. A mau will perish by cach of them. » 

Imdai na Clesamnach 

120. Atcondarc iriar n-aile isind airidi. Teora caimsi hi 
foditib (.i. hi cenglaib) impu. Sciatha cethrocairi inaS lamaib 
co telaib ôir foraib 7 ubla airgit, 7 gai bic intlassi leu. 

Ros-fet//rsa, ol se. Cless 7 Clissine 7 Clessamun, uï cles- 

1 . glaniV/e Eg. 1 17» 1. 

2. eo comrach Eg. 

3. i n-6i Eg. 

4. Si's;ae, Diçe, Déprime, Emul, Caumul, Celtffen, Olae, Olchae, Ole- 
nae, Eg. 

5 . MS. in ina 

Revue Celtique, XXII. 20 



294 Whiîley Stokes. 

samnaig ind rig sin. Tri cornais, tri derbrâthir, tri maicc 
Naffir Rochlis. Atbéla 1 fer cach ae léo. 

The Room of the Conjurers. 

120. « / sazu another trio on thedais. Three bedgowns girt aboui 
them. Four-cornered shields in their ha mis, with bosses of gold 
itpon them. Apples of si 1 ver they /.nul, ami simili inlaid spears. » 

« / know them », says Fer rogain. « Ciess and Clissine ami 
Clessamnn, the hing's three conjurers. Three ofthe sa me âge are they : 
three brothers, three sons of Kaffer Rochiess. A man luill perish bx 
each of them. 

Imdai Tri n-Anmed ind rig. 

121 . Ktcondarc triar n-aili hi comfocrdib imdai ind rig fessin. 
Tri hroit gorma impu 7 teôra caimsi co ndergintlaid tairsiu. 
Arrocabtha a ngascid ûasaib hi fraigid. 

R«.r-fet//rsa sin, ol se .i. Dris 7 Draigen 7 Aittit, tri anmed 2 
ind rig, tri maicc Seéith foilt. Atbela fer cach airm léo. 

The Room of the three Lampoouers. 

121 . « / béheld another triohard by the room of the King himself. 
Three bine mantles a round them, and three bedgowns with réd in- 
sertion over them. Their arms had been hung above them on the 
wall. » 

« Iknoïv those »,, cjuolh he. « Dris 7 Draigen 7 Aittit f« Thorn 
and Brambie and Fur^e »), the king's three iampooners, three 
sons ofSciath foilt k A man ici II perish by each of their weapons. » 

Imdai na mBadb. 

122. kuondarc triar nocht hi cléthi in tigi. A tôesca fola 
trethu, 7 sùanemain a n-airlig ara mbraigti. 

Rus-îetarsa sin, ol se: tri ernbaid ûagboid : triar orgar la 
cach n-aim insin. 



1. Atbéba LU. 

2. leg. anmid ? anmeda? 

3. Sciachfolt? 



The Destruction of Dâ Derga's Hostel. 295 

The Room of the Badbs. 

122. « / beheld a trio, naked, on the rooftree ofthe bouse: their 
jets ofblood (coming) through the m, and the ropes 1 of their slaugh- 
ter on their nechs. » 

« Those I knozu », saith he, « three ... of awful boding. Those 
are the three thaï are slaughtered at every l'une. » 

Imda na Fulàchtori. 

123. kicondarc triar oc dénam fulochta i mberrbrôcaib in- 
tlassib. Fer find liath, 7 di oclaig 'na farrad. 

Rus-fetursa sin, ol Fer rogain. Tri primfulaçhtore ind rig sin 
.i. in Dagdae 7 a da daltae .i. Séig 7 Segdac da mac Rofir 
Oenbero. Atbéla fer la cach n-ae dib, 71'. 

The room of the Kilcheners. 

12}. « / beheld a trio cooking, in short inlaid aprons: a fair 
grey man, and tiuo youths in bis company. 

« / hnoiu those », quoth Fer rogain: « they are the King's three 
chief ' kilcheners, namely, the Dagdae and his two fosterlings, Séig 
and Segdae, the two sons of Rofer Singlcspit. A man luiil perish by 
each of theni »_, etc. 

Imda na Filed. 

124. Kicondarc triar n-aili and. Téora landa ôir tar a cend. 
Tri broit bric impu : teora camsi co «dergintlaid : teora bret- 
nassa ôir inna mbrattaib : teora bunsacha uasaib hi fraig. 

Rofetwrsa sin, or Fer rogin : tri filid ind rig sin .i. Sui 7 
Rodui 7 Fordui: tri cornais, tri brathir, tri maie Maphir Ro- 
chétail. Atbela fer cech fir dib, 7 congeba cach dias bûaid 
n-oenfir etorro. Mairg iuras ind orcain! jr. 



1. With thèse ropes C. H. Tawney comparée! the Homeric -dooe-' ôXe'Opou 
II. 6, 143 : Od. 22, 41 : cf. also the Anglo-saxon Dha feoiverc fœges râpas, 
« the four ropes ofthe doomed man ». Salomon and Saturn, éd. Kemble, 
p. 164, zuridhene wœl-hhncan « twisted chains of slaughter », Elene 47. 



296 Whitley Stokes. 

124. « I beheld another trio there. Three plates ofgoîdovertheir 
heads. Three speckled mantles about them: three linen shirts with 

red insertion : three golden broochés in their uni ni les: three wooden 
darts above them on the wall. » 

« Those I knoiv », says Fer rogain: « the three poets of thaï 
king: Sni and Roduiand Ford iii : three of the saine âge, three bro- 
thers : three sons of Maphar of the Mighty Song. A nian will per- 
ish for each of them, and every pair will keep between them one 
maris victory. Woe to him who shall wreàk the Destruction ! » etc. 

[LU. 95 :> ]. Imda na Foschometaidi. 

125. Kicondare and dâ ôclâech ina sessom os cind ind rig. 
Da cromsciath 7 da bendchlaidiub mara occo. Lenna dtTca im- 
pu : delci findairgit isna brataib. 

Bun 7 Meccun sin, ol se, da chometaid 1 ind rig in sin, da 
macc Maffir Thuill. 

The Room of the Servant-guards. 

I2j. « There I beheld twowarriors standing over the king. Two 
cnrved shields they had , and two gréai pointed swords. Red kilts 
thex wore, and in the mantles pins of white silver. » 

« Bole and Root are those », quoth he, « the king' s two guards, 
two sons of Maffer Toll. » 

Imda na Cometaidi ixd Rig. 

126. Atconàarc 2 nowbôr i n-imdae and arbelaib na imdai 

cetnae. Mongae findbudi foroib. Berrbrôca? impu, 7 cochléne 
brecca 7 scéith béimnecha foraib. Claid/b 4 dét il-ldim cach fir 
dib, 7 cach fer dothâet isa tech folôimetari a béim cosna claid- 
hib. Ni lomethar 6 nech dul dond imdae cen airiasacht doib. 
Sàmailte \at sin, a Fir rogain. 

1. MS. chometaib 

2. Hère F. YBL. and Eg. recommence. 

3. Bernbroga YBL. 

4. claidbi YBL. çlaid//> co «-eltaib Eg. 

5. folaimtis, Eg i2o b 2 foloimmetar St. F. foloimetar YBL. 

6. laimather Es;, lomethar F. lometar YBL. lamaither H'. 



The Destruction of Du Dergcfs Hostel. 297 

Ni anse damsa on. Tri Mochmatnig Midi, tri Bûageltaig 1 
Brég, tri Sostaig 2 Slébe Fuait. Nowbor cométaide ind rig sin>. 
Tothôetsat nôi ndechenhair léo ina œtcumsdiu, jr\*. Mairg 
iuras in n-orgain fô ndéig sin! 

Ni cumeid. îor îngcél. Nc'A/ îemmid, 7 ri. Ocus iarsin cia 
acca and ? 

The Room of the King's Guardsmen. 

126. « / beheld nine men in a room there in front ofthe saine 
room. Fair yellow mânes upon them: short aprons they wore and 
spotted capes : they carried smiting shields. Anivory-hilted sword in 
the hand of each ofthem, and whoever enter s thehouse they essay io 
smitehim withthe swords. No one dares logo to the room (of the 
King) without their consent. Liken thon thaï, Fer rogain ! » 

« Easy for me is thett. Three Mochmatnechs of Meath, three 
Buageltachs of Bregia, three Sostachs of Shah Fuait, the nine 
'guardsmen of thaï King. Nine decads ivill fall by them in their 
first conflict, etc. Woe to him lhat shall wredk the Destruction be- 
cause of them (only) ! 

« Ye cannot », says Ingcél. « Clouds ofweakness etc. And ivhom 
sawest thon then ? » 

Imda Nia 7 Bruthni .1. da foss mési Cowairi. 

127. Atconâarc imdae n-aile n-and 7 dias indi. Ité damdab- 
chaS balcremra. Berrbrôca 6 impu: it é gormdonna7 ind fir. 
Culmonga cwmri foraib; ité aurarda for étun. It lûathidir roth 
[mjbûali 8 cechtar de sech araili, ind-ala hdi 9 dond imdai, 
alaile don tenid. Samailie \at sin, a F/'r wçain. 



1 . buaidehaig YBL. 

2. Rostaig St. 

5. YBL. and Eg. omit this sentence. 

4. St. and YBL. add : 7 immaricefa elud F. adds: 7 immariefa elud "r\. 

V toirnidi Eg. 1 ?o b 2. 

6. bern» broca Eg. 

7. donna gorma Eg. gormdonda YBL. gormdonnai F. 

8. roth mbuaile YBL. F. Eg. roth îiibuaile St. 

9. indara de Eg. indalaili YBL. indala de St. F. 



298 WhitUy Stokes. 

Ni anse damsâ. Nia 1 7 Bruthni 2 , da> foss mése* Conaire 
insin. Is i dias as dech fails i n-Herind im less a tigernae. Iss 
ei fêtera 6 duinni dôib 7 aurarda dia fuit, athigid in" tened 8 co 
menic. Ni fil isin bith dias9 bas 10 ferr ina ndân andate. To- 
thoétsat tri ndwbor léo ina cétcwmscli, 7 conrainfet 11 comgnim 
fri cach, 7 immanc/à clud dôib. Ocus iarsin cw accd ami? 

The Rooni oj Nia and Bruthne, Conaire' s iwo wûiters. 

i2j. « There I beheld another rooni, and a pair was in il, and 
they arc « oxtubs », stoui and thick. Aprons they wore, and the men 
were dark and brawn. They had short backhair on them, but high 
upon their fofeheads They arc as swift as a waterwheel, cach of 
them past another, one of them to thé (King's) rooni, the olhcr to 
thefire. Liken thou those, OFerrogain! » 

« Easy to me. They arc Nia and Bruthne, Conaire's iwo table- 
servants. They are the pair thai is bcsl in Brin for their lord' s aà- 
vantage. What causes brownness tothem and height to their hair is 
their fréquent haunting of thefire. In the world is no pair bélier in 
their art than they. Thrice ni ne men will fa II by them in their first 
euconuter, and they will share prowess with every one, and they will 
chance to èscape. And after that whom sawest thou ? » 

IMDA SENCHA 7 DUBTHAIG J GoBXEND Mrt/fC LuRGNIG. 

128. Ah'ondarc imdae as nesam do 12 Conaire : tri primlâich 
inti : it é cétliatha. Teora lenna dubglassa impu. Remithir 1 ' 



1. Nîadh St. 

2. Bruitne F. Bruithni St. 

3. dia Eg. 

4. du foss messi \BL. 

5. is iat sin diâs is ferr fil, Eg. 

6. fodera F. fodera YBL. fotera Eg. 

7. na YBL. 

8. aithighit in teinid, F. 

9. nisfil isin bith dis, YBL. nisfilisin bith dis, St. Nisfil isin bith diass, F. 

10. as Eg. St. 

11. comraindfct Eg. 7 maidfit 71I. YBL. 

12. St. inserts immdae. F. inserts imdai. Eg. oniits do. 
1;. Remir St. reimir F. reimithir Es;. 



The Destruction of Dd Derga's Hostcl. 299 

medôn fir cach bail dîb 1 . Tri claiâib duba dimôra léo, siathir 2 
claideb ngarmnae cach at\ No didlastâis finnae for uscius. La- 
gen môr il-laim ind fir medônaig, côica semmend trethe4. 
Dagere cuinge sesrige a crand fil indi. Cressaigthe > in fer me- 
dônach in ldgin sin 6 , iiigi nd tiagat a huirc ecgi" essi, 7 benaid 
ah hurlond 8 fria bais co fa thri. Lônchore môr ara mbélaibs», 
méit chore colbthaige 10 . Dublind liathmar and : mescthw5 béos 
isin duiblinn isin 11 . 

Mdd chian co tairi a fobdud [LU. 95 b ] lassaid fora crand 12 . 
Indar-lat is derc 1 ^ tentide bis i n-uacht//r in tige. Samaiîte \at 
sin, a Vir rogain. 

Thc Room of Sencha and Dubthach and Gobnin son of Lurgnech. 

12S. « / beheld thc room thaï is nc.xt to Conairc. Three chiej 
champions, in their first greyness, arc thcrcin. As thick as a man's 
waist is cach of their Jimbs. They hâve three black sicords, cach as 
long as a weavers bcam. Thèse swords luould split a hair on water. 
A great lance in ihe hand of thc midmost man, with fifty rivets 
through il. The shaft therein is agood load for thc yôke of a plough- 
team. Thc midmost man brandishes thaï lance so thaï its edge- 
slttds (?) hardly stay therein, and he slrilces thc haft thricc against 
his pal m. Therc is a great boiler in front of them, as big as a calf's 
caldron, wherein is a black and horrible liquid. Moreover hc pi an- 
ges il (thc lance) info thaï black finie! . If ils quenching bc delayed 

1 . dia rhballaib Eg. 

2. sithidir Eg. sithigtir YBL. sithir St. F. 

3. notesefaitis finna i n-agid srotha, Eg. no dedhlaistis finda for usciu, 
YBL. no dailastais finna for usce, St. no do ilsatais F. 

4. semand trea YBL seimmenn credumai F. semann créduma St. 

5. Cressaigis Eg. H 1 . Cresaigthi YBL. cresaigthe St. cressaigthiu F. 

6. moirsin YBL. St. F. môr sin Eg. mair sin H 1 . 

7. a huraiedi Eg. 121*1. a huirc eiegi YBL. a huirc cegi St. a huirc 
eci F. apparently synonymous with semmend « rivets ». 

8. haurlonn St. haurlond F. 

9. ara bélaib Eg. 

10. cholbthaigi YBL. 

11. mesethar beos commic in sleg raor isin dublinn sin Eg. mesethus 
beo«5 isin duiblind sin. YBL. isi dublinn sin, St. isi dublin isin F. 

12. Mad chian elir nadâ fothrucud sin dublassoig [leg. dub-lassaid] for 
a crund, Eg. for a crunnYBL. St. 

13. draicc Eg. drecc YBL. drech St. F. 



;oo Whitley Stokes. 

il fiâmes on ils shaft (and then) thou wouldst suppose that there is a 
fiery dragon in the top of the house. Lihen thou that, O Fer ro- 
gain! » 

129. Ni anse. Tri làich ata dech gaibthe 1 gaisced i nHenW 
.i. Sencha maec alaind 2 Ailclla 7 Dubthaeh Dôel \J\ad 7 Goib- 
nend macc LurgnigL Ocus ind Luin Cheltchair maie Uthidir-* 
forrichtS hi cath Maigi Tured, iss i fil il-laim Duibihig Dûil 6 
UW. is bés di ind reb sin [do dénam, Eg.j intan as apaig7 
fuil nâmat do thestin 8 di, is écen core co neim dia fâbdud9 
intan f/isailter gnim gona duine di 10 . Manis-tairi sin 11 , lassaid 
ar a durnd, 7 ragaid tria fer a himorchuir no tria chomdid 12 
(nô chomsid)ind rigthaige. Mâd ruasma 1 * dobc'rtliar di mairfid 
fer cach x 4 fûasma T 5 6 bethir ocond reib sin di on trâth coaraile, 
7 nisn-aidléba l6 . Ocus mâd urchur 17 mairfid nôwbor cacha ur- 
chair 18 , 7 bid ri nô rigdomna nô aire x 9 diLvrgae in nômad fer. 

Tong// a tongt'.s' 20 mothûath, bidsochaide forsa ndailfe deoga 
tonnaid 21 innocht ar àorus na ftrudne ind Luin [sin] Celtchair 
maie Guthidir 22 . Tong// do dia tong« 2 3 1110 thûath, doto[ejt.w// 

1 . gabthae YBL. gaibthiu F. (leg. gaibte?) ata dech filet doncoch gabas, Eg. 

2. om. St. F. 

3. Luirggnig, St. 

I . Guithichair St. F. 

5. in Luinbâw Celtchair maie Guthidir frith Eg. ind luin ba Celtchair 
[with ml written over ac] maie Uitheochair fo?'richt 3 YBL. ioi a 34. 

6. Dâil St. 

7. as n-apaid YBL. is apaid F. 

8. thestin Eg. testin YBL. thesin LU. thesstin St. teistin IL. 

9. badad St. 

10. dia bâdud intan is arithi guin duini di Eg. dia badud intan frisail- 
ier etc. F. 

1 1. Mani fagba in gai sin a Oithalim ina fobairt neimi Lg. i2i a 2. 

12. coirntig Eg, choimtig YBL. comtid St. coîmtid F, 
1 }. fûasnad Eg. fuasma YBL. fuasmad St. 

14. cacha St. cech F. 

ij. fûasnaid Eg. fuasma YBL. St. 

16. nisnaidliba St. YBL. F. 

17. aurchur St. YBL. inserts legt/.wr. 

18. czch urchara, YBL. cach aurchora, St. cech aurchara 1 : . 

19. airig St. F. YBL. aerech Eg. 

20. Tongusa a toing, St. Tong. a tong. mo thuatha YBL. 

21. tonnaig YBL. tondaidh F 

22. Cuithechair St. Guithichair 1'. 

23. Tong do dia a toing, St. F, 



The Destruction of Dd Derga's Hostel. 501 

chét lasin triai' sin ina cztchutnscliu, 7 nwrdinfe J comgnim 2 
fri cach trîar isin Brudin innocht, 7 maidfid bûaid rig «0 airig 
dilv/vw, 7 immariefa elud doib. 

Mairg iurâi in n-orgain, (or Lomna Drùth, cid fôbithin in 
triir sin ! 

Ni a/meid, for Ingcél, 71'. Ocus iarsin c/a a<r<7 a//</? 

i2y. « if<m' /(» say. Three heroes who are bcsl ai grasping 
weapons in Erin, namely, Sencha the beautiful son of Ailill, and 
Dubthach Chafer of Ulaid, and Goibnenn son of Lurgnech. And the 
Luin of Celtchar son of Uthider, which was found in ihe battle of 
Mag Tured, ihis is in the hand of Dubthach Chafer of Ulaid. 
That feat is nsual for it when il is ripe to pour forth a foemans 
blood. A caldron full of poison is needed to quench il when a deed 
of manslaying isexpected. Unlessthis corne to the lance, il fiâmes on 
its hafi and will go through ils bearer or the inaster of the palace 
(wherein it is). If il be a blow that is to be given thereby il will 
kill a mon ai every blow, when it is al that féal, from one hour to 
anolher, though it ntax not reach him. And if it be a east,.it will 
kill nine nien ai every easl , and one of the nine will be a king or 
crownprince or chieftain of the reavers 5. 

« / swedr whai my tribe swears, there willbe a multitude nnlo 
whom tonight the Luin oj Celtchar will deal drinks of death in 



1. conroîndfe Eg. co«rainfed YBL. cowrainfe St. F. 

2. caingnim F. 

3. This and the preceding paragraph suggested the following passage in 
Ferguson's Cotiary : 

« In hands of Duftach is the famous latin 
Of Keltar son of Utechar, which erst 
A wizard of the Tuath De Danann brought 
To battle at Moy Tury, and there lost : 
Found after. And thèse motions of the spear 
And sudden sallies hard to be restrained. 
Affect it oft as blood of enemies 
Is ripe for spilling ; and a cauldron then 
Full of witch-brewage needs must be at hand 
To quench it, when the homicidal act 
Is bv its blade expected ; quench it not, 
It bïazes up, even in the holder's hand. 
And through the holder and the door-planks through 
Fhes forth to sate itself in massacre. 
So the spear ofDiomede ;j.ai7:7:r. h reaXàu.T)atv, II., VIII. 111. 



jo2 Whitley Stokes. 

front of the Hostel. I swear io God what my tribe swearsthat, in 
iheir firsl èncounter, three hundred will fall by that trio, and they 
will share prowess with every three in the Hostel tonight. And they 
will boast of victory over a hing or chief of the reavers, and the 
three will chance to escape. » 

« Woe », says Lomna Drûth, « to him who shall wreak the 
Destruction, were il (only) because of that trio! » 

« Ye cannât », says Ingcél, etc. « And after that, whom saïuest 
thon there ? » 

Imda Tri n-ait[h|ech Fer Falga. 

130. Atcondarc and imdae 7 triar inti. T/'iar fer fortrén fe- 
ramail 1 fortamail nacha sella duini tairisethar f;i an teôra dre- 
cha éifchi. androchta-. ara n-imômon imeissin iiath. Imda- 
tuigethar3 celt clithargarb finna connâch a chuirp imchâit 
agrind arruisc4 roamnais. tria frôech finnu î ferb, cen étaige 
imtuige co certsala sis. La téora monga echda uathmara ségda 6 
co slissu. laich luind lûatar chidbin7 balcbéimnechu fri bib— 
dadu. b'éim bûrit 8 fri téora s//na iarndae9 cona seeht slabradaib 
tredûalachaib tréchissi, cona secht cendphartib iarndaib 10 a 11 cind 
cacha slabraidé. trummithir tinni deich [mjbrudamna 12 cach 
a-ae. Tri dondfir môra. Culmonga duba echda 1? foraib rosegat 1 ^ 
a ndi sâil. Da ndagtrian 1 ) damseiche 16 [do chriss Eg.] im-me- 

1 . oDi. YBL. Eg. 

2. anrachta YBL. androchta Eg. ii2 a 2. 

3. Imdotuighedar F. imda guigethar YBL. ocus ma tuigetliar Eg. 

4. imcaither grinn a ruisc Eg. imchanag rind aruisc YBL. ioi h 2. im 
chath agrind a ruisc, St. 

5. finnfad Eg. finna St. 

6. slega Eg. segtha YBL. segta St. 

7. luatha ar claidbiu Eg. luath ar claidbiu YBL. St F. 

8. beim buirid YBL. beim bruit St. beim buirit F. Burait beim H'. 

9. iarnaidib Eg. iamaidhi H 1 . 

10. iarnaidib Eg. iarnduib St. 

1 1 . ar Eg. i YBL. 

12. degbruithc damna Eg, dcgbhruite domna H 1 , mbruit damnae YBL. 
deich bruthdamnae St. deich bruthdamnai, F. 

13. culmonga tiuga bah echda YBL. 

14. no segat St. 

15. Dagdoethan St. Dagduethan F. 

16. rosegat an druib damda damsheithi YBL. rosagat a ndi Sâil til da ndag- 
ui.m damseche E2. 



The Destruction of L)â Derga's Hostcl. 303 

don each ae, 7 it remithir 1 sliastae fir cech dubdrolom 2 ceth- 
archoir forda-dûna>. ISs ed étach fil impu, celt + asas tréu. Ro 
cessa trillse 5 dia cûlmongaib, 7 sithrogait 6 ia[i]rnd sithremi- 
thïr 7 cuing n-imechtair il-làim cach ae 8 , 7 slabrad9 iarind 10 a 
cind cacha loirge 7 pistul iairnd [LU. 96*] a [s] sithremithir 11 
cuing n-ûarmedôin 12 a cind cecha shhraid T 3, 7 atat ina 
m broc 1 -* isin tig, 7 is leor grain a n-imcisin. Ni fil isin tig na 
beth ina foimtin 1 '. S:\mailte \atsiii, a Fir togain. 

The Room of the three Maux Giauts. 

130. There I behéld a room with a trio in il. Three men mighty, 
manly, overbearing, whichset no one abiding at their three hideous, 
crooked aspects. A fearful view because of îhe terror ofthem. A ... 
dressofrough hair covers them, so that their bodies ... of their sa- 
vage eyes through a ... of cows' hair, without garments enwrapping 
down tothe right heels. lf T ith three tînmes, equiite, awful, majestic, 
dovjn to (their) sides. Fieree herbes whe mield against foemen hard- 
smiting swords . A blow they'give with three iron flails having seven 
chains triple-twisted, three-edged 16 , with seven iron knobs at the 
end of every châin : each of them as heavy as an ingot of ten siuell- 
ings(l). Three big brown men. Dark equine back-mànes on 
them, which reach their two heels. Two good thirds of an oxhide in 
the girdle round each one s wàist, and each quadrangular clasp 

1. remir, St. F. YBL. 

2. ndubdrolam YBL. dubdrolam St. 

3. foadûna YBL. foduna F. fosdûna Eg. 
4- gelt Eg. 

5. tri trillsi Eg. 

6. isead rogoet, YBL. .i. sithrogait Eg 

7. sithremir St. YBL. 

8. 7 bà sithreimithir cuing n-imectraid in matlorg boi hi lâira cachiir, Eg. 

9. .ix. slabrad YBL. 

10. iairn YBL. iarainn Eg. iarin St. 

1 1. sithremir St. F. 

12. n-airmedoin Eg. ii2 b 1. ... medoin F. n-ûarmedoin St. n-uarmedoi// 
YBL. 

1 3 . cacha slabraid YBL. St. 

14. ataat inna mbrucc YBL. ataat inna brucc, St. 

i). Sic Eg. YBL. foditin LU. Ni fil istig riad bed inna fomtin, St. ina 
fomtin F. nad beth inna foimtin YBL nach beiti ina foimtin (.i. ina n- 
oircill) H ! . 

16. cis .i. faebar H. 3, 18, p. 627. 



304 Whiîk) Stokcs. 

that closes il as thick as a man's thigh. The miment lhat is round 
them is the dress that grows through them 1 . Tresses of their back- 
iiia nés were spread, and a long staff of iron, as long and thick as 
an outer yoke (was) ineach man's hand, and an iron chain ont of 
the end of every club, and ai the end ofevery chain an iron pestle as 
long and thick as a middle yoke. They stand in their sadness in 
the honse, and enongh is the horror of their aspect. There is no ont 
in the honse thaï would noi be avoiding them. Liken thon that, O 
Fer rogain! » 

131. Sochtais Fer rogain. IS andsa damsa a samail. Ni 
fetwrsa [do feraib Erenn nach 2 ] do 3 feraib betha manid hé in 
triar aithech ucut ro anacht Cuchulainn lu forbais FerFâlga* 
7 ro marbsat côecait laech oca n-anacol, 7 ni relie > Cuculainn 
ammarbad ar a n-ingantai 6 . At é a n-anmand in trir sin .i. 
Srubdairi mac Dordbruige 7 7 Gwchend 8 Cind Maige 7 Fiad 
sceme9 macc Scipe. [Ros-cendaig Conaire do Coincaulamn ar 
gnoe. atat ina comair seom iarom — Eg.] Toioethsal tri chët 
léo ina cètchumscliu, 7 conrainfei '" comgnim fri each triar i 
mBrudin, 7 dia tuideh[is]et IJ foraib immach bid intechtà tria 
cn'athar n-dtba bar mbrûar lasin n-innas doh'urat 12 cw^naib sns- 
taib iarind J 5. Mairg îuras in n-orga in cid fôbithin in trir sin, ar 
ni hilach 1 ^ im ségond ! > 7 is cend arraic comrac triu. 

1. i. c. the haïr. 

2. Sic Eg. Om. YBL. 

5 . di feraib Wzxenii nach di St. di feraib Eirenn na di ieruib betha F. 

4. Failge, St. Falgai YBL. 

5. nir 1 leig, Eg. ni ro lie YBL. nir leicc St. 

6. n-ingantaige Eg. n-ingnathaigi YBL. n-ingnathehi, St. n-ingnaith- 
che F. 

7. Dorndbraige Eg. Duirn buidi YBL. Dornnbruige, St. Duirnn brui- 
ghe F. 

8. Conchend (rucht 7 sciide) Eg. Co«cenn St. Qv/chenn F. 
0. Fiad scimme Eg. Fiadh sceimhe F. 

10. rowroindfc/ Eg. 

11. tuidehisead YBL. tuidehiset St. tuideisett F. 

12. dofiurfatt F. 

13. dia tlsat foraib himach ragthait tria chriathar n-âtha for mbruirech 
minaigthe dogénat da bar corpaib immangébat dûib na sûsta iarnaidhe, 
Eg. i2i b t — i2i b 2. SoH'. with trifling variations. 

14. sic YBL. Eg. arnilach LU. tacs. 

i). segon St. F. soegond YBL. ségonn Eg. 



The Destruction of Dd Dcrga's Hostet. 505 

Ni cumcid, (or Ingcél. Nelfl iémmid dofortecat. Ocus iarsin 
cia acca and ? 

131. Fer rogain was silent. « Hard for me to liken them. I 
know none (such) of the world's men unless they-be yon trio of 
giants to whom Cûchulainn gave quarter at the beleaguermeni of 
the Men of Falga, and when they were getting quarter they killed 
fifty warriors. But Cûchulainn would not let them be slain, because 
of their wondrousness . Thèse are the naines of the three : Srubdaire 
son of Dordbruige, and Conchenn ofCenn maige, and Fiad sceme 
son of Scipe. Conaire bought them from Cûchulainn for ..., so they 
are along with him. Three hundred will fall by them in their first 
eucounler, and they will surpetss in prowess every three in the 
HosteJ ; and if they corne forth upon xon, the fragments of xott will 
befit togothrough the sieve of a cornkiln, front theway in which 
they will destroy you with the flails of iron. Woe to him that shall 
wreak the Destruction, though il were (onlx) on account of those 
three ! For to combat against them is not a « paean round a slug- 
gard(?) » and is « a head of ... » 

« Ye cannot », says Ingcél. « Clouds of weakness are coming to 
you etc. And a fier that, whom sawest thon there? » 

Imda Da Dergae. 

132. Atcondarc imda n-aile and, 7 ôenfer inte 1 , 7 da gilla 
arabélaib 7 di moing foraib, indala hai 2 is dub, alaile 3 isfind. 
Folt derg forsind laech 7 abrait deirg lais 4 . Da ngrûad chor- 
corda lais. Rose roglas rochain occa 5 7 brat ûanidi immi. 
Léne gelchulpatach co «dergintlaid 6 imbi 7 claideb co ra-im- 
durnd/ dét 8 ina laim, 7 arric airechtain9 cacha imdae isin tig 



1. indi, F. Eg. ii2 b 2. indti YBL. 

2. indala nse St. indala noi F. indara mong Eg. 

3. arali Eg. araili YBL. 

4. da brai duba laiss, Eg. brat derg lais, St. abrat derc lais F. 

5. ina chind Eg. 

6. ndergindliudh Eg. ndergindliud St. F. ndergindled YBL. 

7. imdénum Eg. 

8. dét gen. sg. of a neuter dét, Thurnevsen, KZ. 37, 424. 

9. tairicc iVithalaim Eg. aricc arechtain YBL. 



jo6 Whitley Stokes. 

di lind 7 biud, ossé cossalach oc timthirecht in tslôig uli. Sa- 
mailte \at siii, a Fer xogain. » 

77;^ jRoo/// 0/ Dâ Derga. 

i}2. « 77vre I beheld another room, with one mon therein and 
in front of him two servants with two mânes upon thon, one of 
the two dark, the other [air. Red hoir on the warrior, and red 
eyebrows. Two ruddy cheéks he had, and an eye very blue and 
beautiful. He wore a green clodk and a shiri with a white hood 
and a red insertion. In bis hand was a sword with a hilt ofivory, 
and he supplies attendante of every room in the house with aie and 
food, and he quick-footed ' in servi ng the wholt host. Liken thon 
that , Fer rogain ! » 

133. Rofet//rsa- inna firu î sin. Da Derga insain : is lais do- 
rônad inBrudc//, 7 6gabais4 trebad niro^ dûnaita doirse riam 
o dorigned, acht leth dia mbi in gdeth 6 is fris bis in chomla, 7 
o gabais trebad ni tuccad" a chairi do thenid 8 , acht no bid oc 
bruith bid do feraib Wzrend. Ocus in dias fil ara bélaib, dâ 
dalta dosom in dâ macc sin .i. da marc rig Lagen .i. Muredach 
7 Corp/i. Ocns totoethsat tri deichenbair9 lasin t/iar sin ar do- 
riis a tigi I0 , 7 maiàfid bûaid rig [né rigdamna — YBL.] nô 
airig d'ibergae, 7 immariefa éiud dôib ass iarsuidi[u]. 

Céin mair noda-ansed ! " for Lomna. « Ba ferr bûaid a n-ana- 
cail oldas buaid a ngona. Bâtar anachtai 12 cid fôbithin ind fir 
sin. Ba tûalaing a chomairgi in fer sin, for Lomna Drûth. 

1. incessant, O'Currv, AI. and C, III, 149. Coss-alachs^cmsa compd. of 
coss « foot » and alach, dat. f. Alich, Trip. Life 540. cogn. with Lat. alacerï 

2. 7 Rofetarsa in fer YBL. Ni ansa. Rofetarsa St. Ni ausa. Rofet/;/sa F. 

3. Rosfetarsa Eg. 

4. rogab Eg. 

5. Hère ends St. 

6. acht in dor».s" o mbid in goeth, Eg. 

7. tudehaid YBL. tucad Eg. 

8. di thenid YBL. 

9. dofoethsat tri .x. 

10. a» tigi YBL. bruidni Eg. 

11. nodoansed LU. cenmair noda-arnsed YBL. ioi 1i 49. Mairg iun7j>- in c. 
f. i. Eg. 

12. anachtae LU. Ocus ba coir a n-anachul uili, Eg. ii2 b 2. lia hangta 
(.i. ba doi%) H'. 



The Destruction of Dd Derga' s Hostel. 307 

Ni cwmcid, îor Ingcél. Né/a 1 [ri.] Ocus iarsin cia acca and? 

133. « / hioiv tbose men. That one is Dâ Derga. 'Tis by him 
that the Hostel was bidlt, and since it was built ils doors bave never 
been shut save on the side to which the wind cornes — the valve is 
closeâ against it — and since he began housekeeping bis caldron 
was never tàken front the fire, but it bas been boiling food for the 
men ofErin. The pair before him, those two xoutbs, are bis fos- 
terlings, two sous of the king of Leinstcr, namely Muredach and 
Corpre. Tbree decads will fa II by that trio in front of ibeir bouse 
and they will boast ofvictory over a king or a chief of the reavers. 
After tins they will chance to escape front it. 

« Long live he who should proteci theml » says Lomna. « Bet- 
ter were triumph of saving tbem than Iriuuiph of slaying theml 
They should be spared were it (only) on account of thaï nian. 
'Tiuere meet to give that nian quarter », says Lomna Dri'iib. 

« Ye cannot », says Ingcél. « Ciotids etc. And after that 
whom sawest thon there ? » 

IMDA XA T/'i NlAD A SlDIB. 

134. Atcondarc and imdâi 7 t/'far indi. Tri bruit dergae 
impu 7 téora léne 2 derga impu, 7 tri fuilt derga fbraib. Derga 
uli conn fîaclaibî. Tri scéith derga ûasaib. Tri gai 4 derga 
inallamaib. Tri eich derga ina srianaib doib ar dorus Brud?Z£>. 
Samailte \at sin, a Yir rogain. 

Ni anse. Tri nia[id] 6 dorônsat [LU. y6 b ] gôi i sidib. Is i digal 
doratad fbraib la rig side, a n-orgain co fa thri la rig Tem- 
rach?. IS é ri dedenach lasa n-orgitfr, la Conaire macc n-Eier- 
sceli. Aslûifet airib ind 8 fir sin. Do chomallad a n-orgni dode- 
ochatar, sech nigenaittr ni génat nech. Ocus iarsin cia acca and ? 



1. Nellai feimid yrl. St. 




2. lente Eg. 




3 . derga a fiâcla Eg. 




4- slega Eg. 




5. ina srianaib leo ar dor»5 in tigi, YBL. 


ina srianaib doib for dorus 


tiche F. 




6. nid YBL. i02 3 5. Niaid F. niid Eg. 




7. n-Erenn Eg. 




8. na Eg. ind YBL. 





$o8 Whitley Stokes. 

The Rooni of the three Champions front the Elfmounds. 

i)4- There I beheld a room with a trio in it. Tbree red mantles 
they wore, and three red shiris, and three red heads of hair were on 
thon. Red were they âll (even) together wïth theirteeth. Three red 
sbieids above them. Three red spears in Iheir hands. Three red 
horses in iheir bridles in front of the Hostel. Liken ihon that, 
Fer rogain ! » 

« Easily donc. Three champions who wroughi falsehood in the 
elfmounds. This is the punishment inflicted upon them by the king 
of the elfmounds, to be destroyed thrice by the King of Tara. Co- 
naire son of Eterscéle is the last king by whom they are destroyed. 
Those men will escape front you. To fui fil their (own) destruction, 
they hâve corne. But they will not be slain, nor will they slay 
anyone. And after thaï whom sawest thon? » 

Imda xa ndorsairi. 

135. Atcondarc and triar ïor làr in tige ocon âorus. Téora 
lorga brebnecha * (.i. tolla) inna lâmaib. IS lûathidir fiamain 2 
cachae dib timchull araile dochom in dorais. Berrbrôca> impu, 
it é breca, 7 bruit lachtnae lécH. Samailte \at sin, a F/Y rogain. 

Yiiansa: tri dorsaideî rigTemraeh insin .i. Echur jTochur 
7 Tccmang 6 , tri maicc Ersand 7 Chomlad. Tothoethsat an" 
tri chomlin 8 léo, 7 cowrainnfet bûdid fir etarro9, 7 immiriefa 
ehid dôib cidat créchtaig 10 . 

Mairg iuras ! ior Lomna Druib. 

Ni c//mcid », forlngcél jr. Ocns iarsin cia a.cca and} 

1 . brefnecha YBL. brefneca (.i. slabradacha) H 1 . 

2. fiamaib Eg. i22 a 1. fiamuin YBL. H'. 

3. bmibroca Eg. Bcrrbroga YBL. 

4. impa YBL. impu Eg. 

5. doirseore Eg. dorrsaigi YBL. 

6. Ecur 7 Tecur 7 Tacmang Eg. Echuir 7 Tochur 7 Teagmong YBL. 
Ecar 7 Tocar 7 Tecmang, F. 

7. a Eg 

8. comhluind F. 

9. Dofoeth a tri comlonn, Eg. leo 7 atbela fer béraid cech fer bûaid fir 
ctarru Eg Dotlio. à tri chomlonn YBL. 

10. crechtnaigh Eg. 



The Destruction of Dd Dergas Hostel. 309 

The Room of the Doorwards. 

ijj. There I beheld a trio in the midst of the house at the door. 
Three bol ed maces in their hands. Swift as a hare(?) was each of 
theni round the other iowards the door. Aprons were on them, and 
they had gray and speckled mantles. Liken thon thaï, O Fer ro- 
main! » 

« Easily done: Three doorwardens of Tara' s Kingare those, na- 
mely Echnr (« Key ») and Tochnr and Tecmang, three sons of 
Eisa (a Doorpost »J and Coinla (« Valve »). Thrire their nnmber 
will fait by them, and they will share a inan's triumph among 
theni . They will chance to escape thoughwounded. » 

« Woe to hini thaï shaJl wreak ! etc., says Lomna Drnth. 

« Ye cannot », says Ingcél, etc. « And afler thaï ichom saïuest 
thon ? » 

Imda Fir chaille. 

136. Alconàarc and ocon tenid airtheraig fer mael dub, co 
n-ôensuù lais 7 ôenchoiss 7 ôenlâim., 7 mucc 1 mael dub dôithe 
laiss îor tenid [7 si oc gréchaig — Eg.] 7 si oc sirégim, 7 ben 
bélmar mar inna larrad. Samailte \at sin, a Fir wgain. 

Ni anse. Fer caille cona muicc, 7 a ben Cichuil-. Atat a 
âidni 5 thechta lasin n-aidchi flirridse4 innocht Conaire [ri Erenn 
— Eg.]. Dirsan dond digid ruidfes etorro. IS di gessib ém 
do Conaire Fer caille cona muic. 

Mairg ium^ in n-orgain\ îor Lomna. 

Ni cwmcid, for Ingcél. Ocus iarsin cia acca. and ? 

The Room of Fer caille. 

1)6. There I beheld at the fit x in front a tnan with black 
cropt hoir, having only one eye and one foot and one hand, having 
on the fir e a pig bald, black, singed, squealing conlinnallx, and 
in his company a great big-mouthed woman. Liken thon that, O Fer 
rogain ! » 

1. Hère ends F. 

2. Cichiul YBL. Cichail Eg. 

3. aidnai Eg. aidmi YBL. 

4. .i. marba/(/si Eg. fairraidse YBL. 

Revue Celtique, XXII. 21 



3 io Whittey Siokes. 

« Easily donc : Fer caille wiih his pig and his wife Cichuil. 
They (the wife and the pig) are his proper instruments on îhe nighi 
that ye destroy Conaire King ofErin. Alas for the gîtes! whowill 
rtin(?) between them ! Fer caille with his pig is ont of Conaire' s 
tabus. » 

« Woe to him who shall wreak îhe Destruction ! » says Lomna. 

« Yc cannot », quoth Ingcél. « And after that, whom sawesi 
thon there? » 

Imda tti Mac mBaise di Bretxaib 1 . 

137. Axcondarc and imdae, 7 tri mwbor inti. Monga find- 
budi 2 foraib. it é comalli. Cochléne dub im cach n-ôenfer dib, 
7 cenniud find for cach cochull, 7 cuirce 3 derg (or cach cen- 
niud dib, 7 delg n-iarind in-aurslorm/ cach4 cochaill, 7 claidt'Z» 
dub dimài'5 fô brut cach firdib, 7 110 didlastais 6 finna ior usciu, 
7 scéith co faebor chonduala foraib. Samailte \ai sin, a F/r ro- 
gain. 

Nianse. DiLvrg tri macc mBàithse7 di Bretnaib insin. Totoe- 
thsat tri nânbar léo ina cétchumscliu , 7 cowrâinfet 8 bûaid rir 
etorro. Ocus iarsin cia arra and ? 

The Rooin of the three sons of Bâithis9 of Britain. 

13 7. There I beheld a room wiih three enneads in it. Fair yellow 
mânes upon them, and they are equally beautiful. Bach of them wore 
a black cape, and there nuis a white hood on cach tuant le, a red 
tuft (?) on cach hood, and an iron brooeh ai îhe opening of every 
inanîle, and under cach man's cloak a huge black sword, and they 



1. In F. thischapter cornes before the Fer caille chapter, § 136. Eg. omits. 

2. findbindi(!) YBL. facs. 

3. cuirree F. 

4. cacha YBL. 

5. claid/7>duba dimora, YBL. cteideb di'mhor F. 

6. dedlaistis YBL. 

7. t;ï meicc baitsi F. 

8. ronraindfet YBL. 

9. I hère follow Zimmer (sôhne des Britten Bâithis, KZ. 28, 561). But it 
is possible that biïthse, or baise, may be gen. sg. of a common noun, not a 
proper name. 



The Destruction of Dd Derga's Hostel. 3 1 1 

(the swords) would split a hair on water. They bore shields wiih 
scalloped edges . Lïken thon them, Fer rogain! » 

« Easily donc. That is the robber-band of the three sons of Bâi- 
this of Britain. Three enneads will fa II by them in their first 
confiiet, and among them they will share a maris triumph. And 
after thaï whom sawesi thon ? » 

Imda na fursiri. 

138. Atcondarc and triar forchuitbidi * hi cind [in] tened. Tri 
bruit odra impu. O 2 no betis rir Herewdi n-6enmagin, 7 ce no 
beth colaind a mathar nô athar arbélaib cachfirdib, ni foelsad 5 
nech dib cen gâri impu. C6i hi fil in 4 trichoit cet isin tig ni 
ermada[ir] s nech dib a suidi nâch a lige lasin triar cuitbidi sin. 
Nâch tan tosn-aidle sûil ind rig 6 tibid la cach ndéscin7. Sa- 
mailte \at sin, a ¥ir rogain. 

Ni anse. Mâel 7 Mlithi 8 7 ÂdmIîthi-2. Tri cuitbi[di| IU rig 
Hétend insin. Atbéla fer la cach n-ac, 7 conrâinfet 11 bûaid rir 
etorro. » 

Mairg iuras in n-orgain ! for Lonuia 71'. Ocus cia acca and? 

Thc Room of the Mimes. 

13S. There I beheld a trio of j esters hard by the Jirc. Three dun 
mantles they worè. If the men of Eriu were in ont place, even 
thoitgh the corpse ofhis mother or bis father were in front of cach, 
notone could refrain from laughing al them. Wheresoever (the king 
of) a cantred is in the house, not one of thc ni aï tains his seat on 
his bed because of that trio of jesters. Whcncvcr the king's eye visiis 
them it sniiies at every glance. Lïken thon that, O Fer rogain ! » 

1. forcuitbidi Eg. 122*2. 

2. Cia Eg. 

3. foelsat LU. faelsad YBL. 

4. Bail itat na Eg. 

5. ermais Eg. ermadair YBL. leg. ermadadar? 

6. Cecb huair taidles sûil ind rig forru Eg. 

7. n-aiscin YBL. 

8. Millti Eg. 

9. Admillti Eg. 

10. cuidbigi YBL. 

1 1. conroinnfet Eg. awraindfet YBL. 



5 1 2 Whitley Stokes. 

« Easily doue. Mael and Mlitbc and Admliihe — thosc arc the 
hing of Erin's three jesters. By each of them a mon willperish, 
and among them they will share a nian's triumph. » 

« Woe ta h'un that will wreak the Destruction! » says Lomna, 
etc. « And after that whom sa-west thon there ? » 

[LU. p. 97 a ] Imda na nDeogbaire. 

139. Atcondarc and imdae, 7 triar indi. Tri bruit glaslûas- 
cacha 1 impu. Cuach usce arbélaib cach fir dib, 7 popp do 
birur 2 îor cach cuach. Sa.mailte lat, a Fir rogain. 

Ni anse. Dub 7 Dond 7 Dobur (nô Dorchae), tri deogbairi 
rig Temrach iiisin .i. tri maie Lai 7 Aidchi. Ocus iarsin cia 
acca and ? 

The Room of the Cupbearcrs. 

i}<). There I beheld a roomwith a trio in it. Three grey-floating 
mantles they ivore. There was a cup of water in front of each nian, 
and on cach cnp a bunch of watercress. Lihen thon that, O Fer 
rogain ! 

« Easily donc. Black and Dim and Dark: they arc the King of 
Tara' s three cupbearcrs, to n'il, the sons of Day and Night. And 
after that, ■whom sawesi thon there? » 

Imda Nâm tuathchaich. 

140. Atcondarc and fer tuadchâech co sûil millethaig. Cend 
mucce lais îor tenid os-si oc sirégim. S:\mailte lat sin, a Fir 
rogain. 

Nïance damsa a samail. Nâr tûathcâech sain, muccid Boidb 
a Sid ar Femm3. [is é fil huas in lulucht. Eg.] Nach lied oc a 
rubi-^ riam dod6rted5 fuil occe 6 . 



1 . glasa luâscacha Eg. 

2. poipp bilair Eg. popp di birur YBL. 

3. a sidib Eg. i22 a 2. 

4. roibi YBL. ■ 

5. dodrortad YBL. I02 a 52. 

6. Nat'/; fled oca rabi riam ni ténia cin imdortad fola 7 cin ar cend, Eg. 



The Destruction of Dd Derga's Hostel. 3 1 : 

The Rooni of Nâr the Sqiiinter-iuith-the-left-eye. 

140. « There I beheld a one-eyed maii asquint luith a ruinons 
eye. A swine's heaà he h ad on the fire, continuai I y squealing. 
Liken thon that, O Fer rogain ! » 

« Easy for me to naine the like. He is Nâr the Squinter with 
the left eye, the swîneherd of Bodb of the Elfmound on Femen *, 
'tis he that is over the cooking. Blood hath been spilt at every feast 
at which he has ever bem présent. » 

141. Comérgid suas tri, a fianna 2 , ior îngcél, dochom in 
tige. 

Cota-éirget \2x0m la sodain na dibc/gaig dochom na Brud//t' 
7 fochartatar andord n-impi>. 
Ta 4 chéin », ior Conaire, cid so? 
Fianna ar thigS, or Conall Cernach. 
Ôic doib sund, ol Conaire 6 . 
Ricfhider7 a les innocht, or 8 Conall Cernach. 

141. « Riseup, then, ye champions ! » says Ingcél, « and get 
you on to the house ! » 

With that the reavers march to the Hostel, and made a murmur 
aboul il. 

« Silence a luhilc ! » says Conaire, « what is this ? » 

« Champions at the house »,, says Conall Cernach. 

« There are wafriors for them hère », anszuer s Conaire. 

« They will bc needed tonight », Conall Cernach rejoins. 



1. A plain near Cashel, co. Tipperary. As to the elfking Bodb Derg, see 
Dindsenchas, nos. 12, 55, 57. Rev. Cclt., XV, 303, 451, 452. 

2. fiannu YBL. 102» 1. 

3. focarthar andord n-impu, YBL. IS annsin dolotar inna di'beirg o Ses- 
cend hUarbéoil .i. diberg tri ûa riDésa 7 diberg tri hua Conma'c immlngcel 
do orgain Bruid;/t; Da D«'ga, co ndernsat tri timchûarta dib im Bruidin. 
IS annsin immorro tuesat a n-ilcha dibeirge os aird, Eg. 

4. Costhid Eg. i22 b 1 . 

5 Ni anse, fianna ar daig Eg. 

6. Fuilit ôic dôib sunn, ar Conaire Eg. 

7. riefaiter YBL. 

8. for YBL. 



3 14 Whitley Stokes. 

142. IS iarsin Jolluid Lomna Drûth riasin slôg isin mBru- 
àin. Bensait in 1 dorsaire 2 a c[h]end de. Fochres? [a cend — 
Eg.] \arom isin mBrudin co ta thri, 7 dorralad eiste co fa thri, 
feib dorairgert* som fessin. 

142. Then went Lomna Drûth before the host (of reavers) into 
the Hostel. The doorkeepers struck off bis head. Then the head 
tuas thrice flung into the Hostel, and ihrice cast ont oj it, as he 
himself had foretold. 

143. Dothic iarorri Conaire immach asin Bruidm, 7 drécht 

dia muint/r lais, 7 ferait comlond frisin slôg, 7» dotuitet se cet 
la Cowaire ria siu ro sassad 6 a arm. Adainùv/ iarom in Bruden 
co fi thri, 7 dorrô-bdad anall co fà thri. Ocus rodet ni iurtha 
ind orgoin mani gabtha gnim n-aithergaib do Chonaire. 

Dothâet Conaire do saigid a harm iarsin, 7 gebid a erred 
cathaigthe imme, 7 gabaid glés n-imbma a arm forsna dibcrga 
cosin mbudin ro bôi 8 . Tofuitet9 dawo se chét lais iar saigid a 
airm inna chétc/anscliu 10 . 

14}. Then Conaire himself sallies oui of the Hoslel together 
with sonie of lus people, and they fight a combat with the host (oj 
reavers), and six hundred fell by Conaire before he could get to his 
arms. Then the Hostel is thrice set on jire, and thrice put out front 
thence : and it unis granted thaï the Destruction would never hâve 
bcen wrought had not work ofweapons been tahenfrom Conaire. 

Thereaftcr Conaire vent to see/c his arms, and he dons his ballle- 
dress, and falls to plying his weapons on the reavers, together with 



1. na Eg. YBL. 

2. doirrsidi YBL. 

5. Focressa, Eg. focres YBL. 

4. doralad eisti co fo thri feb cowdrarngert YBL. innas ro thairngir fo- 
déin, Eg. 

5. YBL. omits from Dothic to slôg 7 

6. rososflrf YBL. 

7. Adandait/jer YBL. 

8. Gabais Conaire iar suidiu gless n-imberthse airm forru, YBL. 

9. Dothuit YBL.' 

10. For the various rcadings of Eg. sec Appendix § 145. 



The Destruction of Dd Dergas Hostel. 5 1 5 

the bandthat hehad. Then, after getting hlsarms, six hundred fell 
by hiin in hisfirst encounter. 

144. Ro gab roiniud ' forsna dibergae 2 iar sudiu. Atrubartsa 
fribse, for Fer rogaiit macc Duind Désa, o beit 3 fianna fer n- 
Erend 7 Alban do Conaire ar thig, ni iurthar* ind orgain 
manï militer a bruth 7 a gai > Conaire. 

Bid gar ûar 6 dosom on, or na druid robàtâr immalle frisna 
dibergae 7. Ba hé milliud son dolwtatar, ro/zid-ragaib roluigi 8 
dige9. 

144. After this the reavers ivere routed. « / hâve told yon », 
sciys Fer mgainson of Doiui Désa, « that if the champions of the 
men of Erin and Alla attack Conaire at the bouse, the Destruction 
will not be wrought unless Conaire' s fury and valour he quelled. » 

« Short will bis finie be », say the wiçardsalong with the reav- 
ers. This was the quelldng they brought, a scantness of drink 
that sei^ed hini. 

145. Dolluid Conaire issa tech iarsin, 7 C0»atech[t] I0 dig. 
Deog dam, a phopa Maie cecht ! for Conaire 11 . 

Ni hé ord ron-gab«5 liait cosse 12 ém, for Mac cecht, ta- 
bairt digi dait. Atat dalemain 7 deogbairi lat J 3 : tuicet J 4 dig 



1 . Ragob ruiniud YBL. 

2. dibtvgachaib Eg. 113b 1. dibergachu YBL. 

3. cia no beitis fianna fer nErenn 7 Alban ic togail Bruidni for Conaire, 
ni iûrfaithea inn arg»», Eg. 

4. iurthar YBL. 

5. brigh, Eg. 

6. gair uair YBL. 

7. dibcrgachaib Eg. dibergachaib YBL. 

8. roluigi, YBL. Cf. luge do dig, Ir. Texte, I, 138, lugha À. tart, O'Cl. 

9. conid é milliud dobertatar f'air, ealscoth îtad do thabairt cuici da admil- 
liud, Eg. 

10. conaitecht YBL. 

11. Dolluid Conaire iarsin isin tech, conid ann atbert: A mo popa, a Maie 
cecht, domforchedh deoch ! Eg. 

12. co trâtsa Eg. cose YBL. 

13. do[f]rithalim im dig, Eg. 
1 |. tabrat Eg. 



3 1 6 Whitley Stokes. 

dait. In t-ôrd ron-gabus[s]a x uâit cosse [.i.] to imditiu o beit 2 
fianna fer riEvend 7 Alban deit i[m]mon mBrud///. Raga slan 
ûadib, 7 ni raga gai it chorpî. Cuindig dig cot4 dalemnu 7 
cot dcogbairn. 

145. Thereafter Conairc entered the bouse, and asked for a 
drink. 

« A drink to nie, O inaster Mac cecht ! » says Conairc. 

Says Mac cecht: « This is not the order thaï I hâve hitherlo 
had front thee, to give thee a drink. There are spencers and cupbear- 
ers who bring drink to thee. The order I hâve hilherto had front 
thee is to protecl thee when the champions of the meii of Eritt and 
Alha may be attacking thee around the Hostel. Thon unit go safe 
front the/n, and no spear shall enter ihy body. Ask a drink of thy 
spencers and thy cupbearers. » 

[LU. p. 97 b ] 146. IS andsin cowatecht 6 Conairc dig co~ a 
dalemnaib 7 co" a deogbairib ro bâtâr isin tig. 

Nis-fil and chet//i 8 , ol seat; ro dôirtéa9 forsna tenti IO na 
lennand TI ro batar isin tig. 

Ni fûaratar na deogbaire dig dô isin Dothrae (.i. aband), 7 
ro bôi in Dothra triasin tech. 

146. Tl.'en Conairc asked a drink of his spencers and his cup- 
bearers who were in the house. 

« /// the first place there is noue », they say ; « ail the liquids 
thaï had beat in the house hâve beat spili on the jires. » 

The cupbearers found no drink for hint in the Dodder (a river), 
and the Dodder had ftowed through the house. 



I. 


rogabîtfa do lâina Eg. 


2. 


do imdîtin cia beit, Eg. 


3 • 


ni benfa gai na cloidiub frit corp, Eg. 


4- 


ardo Eg. 


5- 


Eg. adds : fuilet isin tigh 


6. 


owaitchecht YBL. 


7- 


for Eg. 


8. 


chetamuj YBL. 


9- 


ro doirted Eg. YBL. seems to hâve dorrortadh 


10. 


tcndtib Eg. 


1 :. 


lendann YBL. 



The Destruction of Dâ Derga's Hostel. 3 17 

147. IS and cowaitecht Conaire dig aridisi x : Deog dam, 
a data-, a Maicc cecht ! is c/mima dam ce bad é 5 éc tiasurf, ol 
atbél s chenae 6 . 

IS and sin tra ro là Macc cecht rogu di" Idthaib gaile fer 
tïErend ro batar isin tig, dûs in bad imchomet ind rig bad de- 
thiten dôib, nô bad chuingid dige dô 8 . 

ISsé ros-frecair isin tig 9 Coi 1 ail Cernach — 7 ba lond la side 
in comram, 7 bai fich do sede dogrg's iartain fri Macc cecht: 
Leic duinni cornet ind rig, or Conall, ocus eirgsiu do chuingid 
na digi, ûair is eucut awaitegar 10 . 

iay. Thcn Conaire again asked for a drink. « A drink to me, 
O fostcrer, O Mac cecht ! 'Tis equal to me what death I sball go 
to, for anyhow I sLni 11 perish. » 

Then Mac cecht gave a choice to the champions of valeur of the 
men of Erin who were in the hou se, wheiher they car al to protect 
the King or to seek a drink for him. 

Conall Cernach anstuered this in the bouse — and cruel he deem- 
ed the contention, and afterwards he bad always a fend with Mac 
cecht. — « Lcave the defence of the King to us, « says Conall, 
« and go thon to seek the drink, for of thee it is demanded. » 

148. Luid 11 iarow Macc cecht do chuingid na dige 12 , 7 gabais 

t. doridisi Eg. arithise YBL. 

2. dalta YBL. ammo popa chafn Eg. 

3. ceba té LU. cid Eg. cia bad e YBL. 

4. tiasa YBL. 

5. atbela YBL. 

6. Acht is aima damh chena cid hec ti'asur, uair rachat chena hec do 
thart 7 d'itaidh Eg. 

7. dorât Mac cecht roga do, Eg. conaitechdd rogai di YBL. 

8. dûs in bad cornet in rig dogéntâis nô dul d'iâraid usce do rig Erenn, 
Eg. 1 13b 2. dus an bad comed ind rig doib no ba[d] cuindchid digi dondti 
Conaire YBL. 

9. Is he frisrogart asin tig Conall Cernach. Comeddd ind rig duindi, ol 
suidiu 7 YBL. 

10. IS ed îvamorro ro raid Corail Cernach na fûigfed ri Erenn hi tennta co 
ferad a cumlund aroen riss. Atbertatar dano lucht na Bruidw o sein hi- 
mach : Eircsiu d'iarrazd usci don rig, 7 gebmaitne in hiBru/i/in ocus comet- 
faimit in rfg, uair is cucut cunegair in t-usce, Eg. 1 1 3 b 2 . Aircsi do chuind- 
chid na dige, huairi is chuccad chuindegair, YBL. 102*44. 

11. Luide YBL. 

12. do iarraid inn uisce, Eg. 1 1 5 b 2. do chuindchid na digi YBL. 






5 1 8 Whitlcy Stokes. 

Le in flaith mac Conaire fo axail 1 , 7 in cuach [n]6rdae Coa- 
ti ire i mLvr[h]tide 2 dam co tinni>, 7 Ivrt a sciath 7 a da gai 7 
a claidr/?, 7 btrt'mbtr in chore .i. inber iairnd L 

Farrumai immach cucu >, 7 doWrt ;/<i/ mbulli dond mbiur 
iarind ar doras na Brud/ze, 7 tofuit 6 ndwbur cacha buille. 
Dogni iarom faenchles don sciath 7 faeborchles don claidiub 
imma chend, 7 tolvrt fobart rhbidbad forro, 7 tofuitet se ce'/ 
lais ina chétchmnscliu, 7 teit iar sligi cet tria budin sechtair". 

148. So thtn Mac cecht fared forth to stek tht drink, and ht 
look Conaire' s son, Léfri flaith, under bis armpit, and Conairt's 
golden cap, in wh'ich an ox with a bacon-pig would bt boiled ; and 
ht bore bis shield and bis two spears and bis sword, and ht carritd 
tht caldron-spit, a spit of iron. 

Ht burst forth upon thtm, and in front of tht Hosttl ht dtalt 
nint blows of tht iron spit, and ai tvtry blow nint rtavtrs ftll. 
Then ht makts a sloping (cal of tht shield and an tdgt-ftat of tht 
sword about hishtad, and ht dtlivtrtd a hostilt attack upon them. 
Sixhundrtd ftll in bis firsl encounter, and afttr cutting down bnn- 
dreds hegots through tht band outsidt. 

149. Imth//.vsa lochta na Bruant, iss ed chestnigt/vr, sund 
colléic. 

Atraig Cowall Cernach 7 gebid a gaisced 7 imsôi dar àorus 
na Brud/zr 7 timchellaid a tech, 7 dofuitet .ccc. lais, 7 di- 
chuirid na dilvrg[a] da téora fuithairbi 6 Brudin sechtair, 7 
mdidid buâid rig, 7 tintaid i mBrud/'/z 7 se créchtach. 



1. oscuill, Eg. ochsail YBL. 

2. 7 nomberbth/i/e YBL. facs. 

3. 7 berbtha dam co tini ind, Eg. 

\. 7 rue dàno in indber n-iâraind ro boi fon rigehoire, ba samail do 
séolcrund lunga, Eg. 7 bert inber n-iaraind ro bai fond rigeori YBL. 

5. doluid fuithib immach, Eg. Forruma chuca araach, YBL. 

6. ro marb, Eg. dothuit YBL. 

7. Ro delig iarsin f/ia inàber ocus docûaid fa cumang a claidib, 7 dorôni 
fâeburclcss don chlaidib imma chenn, co ndernai conair dû on Bruidin him- 
mach, Eg. 123*1. Dogni iarum fiôebarchles don chlaidem immo chend 
cwrro slecht conar riam on tig. Luid iantm, etc. YBL. 103. YBL. and Eg. 
omit X 149-153. 



The Destruction of Dd Derga's Hostel. 3 19 

149. The doings of the folk of the Hostel, this is what is hère 
examined, presently. 

Conall Cernach arises, and tàkes bis weapons, and wends over 
the door of the Hostel, and goes round the bouse. Three hundred 
feïl by htm, and he httrls back the reavers over three ridges ont front 
the Hostel, and toasts of triumph over a Itdng, and returus, 
wounded, into the Hostel . 

150. Tic Connue Gwdlongas 7 a nôi céli malle fris, 7 do- 
berat a cwmscliu forsna diberga, 7 dothuitet nôi ndeichenlw la 
Connue 7 nôi ndeichênbor la muint/r, 7 fer ceeh airm, 7 fer 
cecb fir, 7 maidid Cormatc lecht aingdïbergae, 7 immaric e\ud 
doib cér'bot crechtaig. 

ijo. Corntac Condlongas sallies ont, and his nine coinrades 
■ii'ith htm, and they deliver their ousets on the reavers. Nine en- 
ueadsfall by Corntac and nine enneads by his peop/e, and a man 
for each weapon and à ma 11 for each niait. And Corrfiac hoasts of 
the death of a chief of the reavers. They succeed in escaping though 
they be wounded. 

151. Tecait in triar Cruithnech a Bïudin sechtair, 7 ga- 
bait gles immerta a n-arm forsna diberga, 7 dofuitet nôi ndei- 
chenlw leo, 7 immaric elud doib ciar'bat crechtaig. 

i)i. The trio of Picts sally fort h frotu the Hostel, and take to 
plying their weapons on the reavers. And nine enneads f ail by theiu, 
and they chance to escape though they be wounded. 

151 a. Tecait in ntwbor cz«lennach immach, 7 imrubat a 
gnim forsna diberga, 7 immaric elud doib. 

iji a. The nine pipers sally forth and dash their (warlike) 
work on the reavers ; and (then) they succeed in escaping 1 . 

1 . Thèse few words inspired the following passage in Ferguson's Co ■ 
nary : 

It seemed as earth and sky were sound alone, 

And every sound a maddening battle-call, 

So spread désire of fight through breast and brain 



520 Whitlcy Stokes. 

152. Cid fil and tri acht is fota fri haisnis, is tophliûin 
mr//man, is biiadred do chétfaidib, is emilti/^ fri héstidip, is 
imarcraid n-innisen tiachtain dar na nechib inundaib fo di. 
Acht tancatâr iar n-urd lucht na Brud//e immach, 7 ro fersatàr 
a comlonna forsna diberga, 7 dotuitset leo amal ro radi Fer 
rogûin 7 Lomna Druth fri îngcél [LU. 98 a ] .i. no theiged lucht 
cecha imdae bens co fertàis a comlond, 7 imrulâitis ass iarsin. 
Cownach farcaib i roBrudin i farrad Conaire acht Gwall 7 Sen- 
cha 7 Dubtach. 

1J2. Howbeit then, but il is long to relate, 'lis weariness of 
iniihl, 'tis confusion of îhe sensés, 'Us tediousness to hearers, 'lis 
superfluity of narration to go over ihe saine things twice. Bal Ihe 
folk of ihe Hoslel came forth in order, and fought their combats 
with the reavers, and fell by theni, as Fer rogain and Lomna 
Dr lit h had said to Ingcél, to it'it, that the folk of every room would 
sally forth still and deliver their combat, and afler that escape. So 
thaï none were left in the Hostel in Conaire's Company save Conall 
and Sencha and Dubthach. 

153. F/ïsin môrbruth iarom, 7 fri met in chomlaind ro ter 
Conaire, dofic a môrthart itad, 7 aplis do thâm ar nach tùair 
a dig. Ô'tbath iarom in ri dothségat in triar ût a Brud/;/ im- 
mach, 7 nos-gabat saebglés ndibgrge forsna dilvrgaib, 7 im- 
thiagat o Brud/// co créchtach, aithbris[te] 7 athgoite. 

1 )}. Now from ihe véhément ardour and the greatness of the 
contes! which Conaire had fought, his gréai drouth ofthirst attackeà 
hini, and he perished of a consuming fever, for he got not his 
drink. So when the king died those three sally oui of the Hostel, 
and deliver a wily strokef?) of reaving on the reavers, and Jare 
forth from the Hostel, wounded, to-broken and maimed. 



And every arm to feat of combat strung. 
Forth went the sallying hosts : the hosts within 
Heard the enlarging tumult from their doors 
Roll outward ; and the clash and elamour heard 
Offalling foes before; and over it, 
The yelling pibroch. 






The Destruction of Dd DergcCs Hostel. 3 2 1 

154. IMth/^sa Maicc cecht \mmorro, luid sede co rdnic Ti- 
prait Casra. Ba occus do 1 hi Crich Cûaland inna farrad, 7 
ni fûair lan a chûaich 2 inti di usci .1. in cûach orda Conaire 
ron-uc ina làim. Dorimchell 3 rigusciu Herend ria matain .i. 
Buas, Boand, Banna, Berba, Neim, LuacL, Lâigdae 5, Sinand, 
Siûr, Slicech, Samair, Find, Ruirthech, [Slane, — Eg.] 7 ni 
fûair lan a chûaich di usci intib. 

IJ4. Touching Mac cecht, hoiuever, he zoent his way tiîl he 
reached the Well of Casair, ivhich was nearhim in Crich Cualann; 
but ofwater he foi uni not therein the full of his cup, thaï is, Co- 
naire's golden cap which he had brought in his hànd. Before inoru- 
ing he had gone round the chief rivers of Erin, to ivit, Bush, 
Boyne, Bauu, Barrow, Neim, Luae, Lâigdae, Shannon, Sitir, 
Sligo, Sâuiair, Find, Ruirthech, Slaney, and in theiu he found 
not the full of his cup ofwater. 

155. Torôchell 6 d:\no primlocha Herend ria matain .i. Derg- 
derc, Loch Luimnig/, Loch Ri[b], Loch Febail 8 , Loch Mesca 8 , 
Loch n-Erbsen9, Loch Laig, Loch Cûan, Loch n-Echach, Môr- 
loch 10 , 7 ni fûair lan a cuaich di usci 11 intib. 

ijj;. Theu before morning he had travelled to the chief lakes of 
Erin, to luit, Lough Derg, Loch Lui 'nui ig, Lough Foyle, Lottgh 
Mask, Long Corrib, Loch Lâig, Loch Cûan, Lough Neagh, Môr- 
loch, and ofwater he found not therein the full of his cup. 



1. Hère LU. inserts a meaningless i nibui. Eg. has : Luid iarom co rânic 
Tibrait Casra bai hi comfoc«.î do. For the first sentence of § 154 YBL. 103 
has : Luid ianmi air ranicc Tiprait chuirp bai i comfocws do i Crich Cua- 
lann ina farrad, 7 in cuach (.i. Ccwairi) ordai foa choimb, 7 ni fuair lan a 
chûaich inde. 

2. ni fuair banni usci Eg. 

3. ocus ro thairmcheall, Eg. 114» 1. 

4. Lûii, Eg. Lai YBL. 

5. Luigde, Eg. Laigdai YBL. 

6. Dorarmchell, Eg. 

7. Loch nDeirgdeircc, Luimnech Eg. Dergàerc, Luimnech YBL. 

8. oui. Eg. 

9. n-Orbsen, Eg. YBL. 

10. Loch Môr, Eg. Marloch YBL. 

1 1. lân a chûaich, Eg. 



}22 Whitley Stokes. 

156. Luid 1 co fânic Uarân nGarad îor Maig Ai. Atroa[s]- 
sidé a dicleth n-airi, co tue lân a chûaich ass, 7 doccr in mac 
to a choim. 

Dodeochaid iar sudiu co tânic Brudin Da Derga? ria matain 2 . 

i)6. Hc went hisway till he reached Uaran Garad on Magh 
Ai. It coula not hide itseîf front him : sq he broughi thereout the 
fullofhis ciip, and the boy fell under his covering. 

After this he weni on and reached Dâ Derga's Hostel before 
morning. 

157. INtan dodeochaid-î Macc cecht triasin -' très fuithairbi 
doehom 5 in tige, is and ro bôi dias oc béim 6 a chind do Cho- 
«aire. Benaid iarom Marc cecht a chend dond-ala fir adeho- 
maic7 a chend do Conaire. Ro bôi àzno in fer aile oc élûd ass 
cossin chind 8 . Docôemnacair9 coirthe cloche fo chossaib Maire 
cecht for hir I0 na Brudm* 11 . Doléice 12 dond fiur aile occ a 
rabi a chend J 3 tara choeldruim cor-rôemid a druim and x 4. Be- 
naid Macc cecht a chend de iar sudiu x 5. Dôrtais Macc cecht in 
cûach n-usciinn airsci 7 im-méde Co;/aire l6 . Asbc/t larom cend 
Conaire iar tabairt ind usci ina médi 7 inna ersci : 

« Maith fer Macc cecht, fô fer Macc cecht, 
[maith loech him-maig, maith hi tig — Eg.] 

1. Luaide cor-ranicc hUaran nGaraid hi Moig Ai iar tarmehel] usced 
Erenn ria matain 7 a primloch .i. DergJcrc (etc., as in § 155) YBL. 

2. Sec Appendix § 157 for a fuller account of this incident. 

3. ro siacht Eg. 

4. tarsin Eg. 123^ 2. darsan YBL. 

5. boi dochum Eg. 

6. ic buâin Eg. oc bem YBL. 

7. ro ben Eg. adeomaice YBL. 

8. Ro triall in fer ali elôd 7 in cenn leis. Nir'bo réid dosum on inni 
hi'sin Eg. 

9. Adchômnaccair a chend do ChonaiVe. Adcomnaicc YBL. 
10. ar doras né Iar YBL. 

n. Tarraid Macc cecht arali coirthe dorala fo chossaib issin Bruid/» Eg. 

12. Dolleci YBL. 

13. oco mbai in cenn YBL. 

14. doléic rôt n-aurchair don fir oca rabi in cenn co tarrla dar a druimm, 
co rodrôebriss a druim. co riacht tsiïntain, Eg. 

1 3. hûad iartain Eg. 

16. Ociis raitais in cruach uisci ina airsciu (.i. in meidhe) inti Conaire H 1 . 



The Destruction of Dû Derga's Hostel. 525 

àobeir dig, conài rig, dogni echt 1 . 

[cain tairnic fianna fuar 

fôidis for lôechu liic 

cai« selaig ar don/5 tech riiBruidw diamla Fer lé he. 

coniÛ fria leth les sleg. 

cain beinn 2 do Macc cian clothach cecht. 

Dia mbad i mbethu beind. F6 fer. — ■ Eg.] 

Luid Macc cecht iar sudiu iarom i ndegaid in madma. 

jjy. When Mac cecht ivent across the third ridge towards the 
bouse, 'lis there were twain sirïking off Conaire's head. Theu Mac 
cecht strikes off the head ofone of the two mcii who who were behead- 
ing Conaire. The other mmi ihen tuas fleeing forth wiih (the 
king's) head. A pillar-stone chanced to be (?) under Mac cecht' s 
feet on thefioor ofthe Hostel. He Intris il ai the ma n who had Co- 
naire's head (and drove il) through his spine, so thaï his bach 
broke. A fier this Mac cechl beheads him. Mac cecht then spilt the 
cup of water into Conaire's gullet and neck. Then said Conaire's 
head, after the water had been put into its neck and gullet : 

« A good man Mac cecht! an excellent nian Mac cechl ! 

A good warrior without, good within, 

He gives a drinh, he saves a king, he doth a deed. 

Well he ended the champions I found. 

He sent a flagstone on the warriors. 

Well he hewed by the door of the Hostel ... Fer lé, 

So thaï a spear is against one hip. 

Good should I be to far-renowned Mac cechl 

If I were alive. A good man! 

After this Mac cecht fol! ozeed the ronîed foe. 

158. ISs <\/ ira ârmit araile libair andso connx torchaii'3 acht 
uathed mbee im Chonaire À. nônbor nammà4 3 y ni môr ma 



1. dobc : r digh no rig. 7 demi echd YBL. 

2. MS. bienn 

3. Ni torchar tra, YBL. 

4. .i. xu. fir Eg. 



3 24 Whitley Stokes. 

doerna scéola[ng] indisen scél dona fiannaib ro bâtâr ar tig 
doib 1 . 

ijS. 'Tis this that some books relaie, that but a very few fell 
around Conaire, nam'ely, nine only. And hardly a fugitive escaped 
to tell the tidings to the champions who had been at the bouse 2 . 

159. Baile ir-rabatâr côic mile cet 7 deich cet in cach mili, 
ni érna3 acbt ôenchoiçiuir dib ass .i. Ïngcél 7 a dâ brathair .i. 
Echell 7 Tulchinne .i. Dartaid na diberca [in marg. .i. tri 
maicc ui Chonmaic] [7 da Ruad Rôirend ro cétgonsat Conairt 
-Eg.] 

i)<). Where ibère had been five thousand — and in every 
thousand ten hundrèd — only one set offive escaped, namely ïngcél, 
and bis two broihers Echell and Tulchinne, the « Yearling oj the 
Reavers » — three great-grandsons of Conmac, and the two Red s 
of Rôiriit who had been the firsi to wound Conaire. 

160. Luid iarom ïngcél i n-Albain iartain [LU. 98 b ] 7 gabais 
rigi daresi a athar 6 rue buaid rig ala-thûathi leis dia thig. 

160. Thereafter ïngcél went into Alba, and received the king- 
ship after his father , sincehe had taken home triumph over aking 
of another country. 

161. ISs ed immorro is slicht il-lebraib ailib and, 7 is dochu 
co mbad fïriu. Cethracha nô côeca do thutim don lucht na 
Brudne, 7 téora cethraimthe do thutim dona dibcrgaib 7 a n- 
âentrian namma do élûd ônd orgain-'. 

1 . ni mûr ma roéla fer innisti scél dona fiannaib ro bâtar ic dul (or 
Bruidhin Eg. 123 11 1. 

2. literallv : it is not much if. This is the best guess I can raake at the 
meaning of a difficult passage. For another conjecture see Ziramer, KZ., 
XXVI II, 56? n. 

3. térna Eg.thmia YBL. 

4. YBL. omits §§ 160, 161. Eg. lias the following: Roslaided t;a iartain 
in cath co comb.igach fortrén ferda feramail .i. o Mac cecht 7 o Conall 
Cernach mac Amargin, co ro dithait 7 co ro dithlaithrigit isin cath mûr iar 
matin, co ro minaigit 7 co ro loiscit a longa .i. la Mac cecht 7 la Conall hi 
ndigail a tigerna. Mairg maidm 7 echtrann ir-rabi in diâsdegaid. 



The Destruction of Dd Dergas Hoslel. 32$ 

161. This, however, is the recension in other bodks, and it is 
more probably truer. Of the folk of the Hostel forty orfifty fell, and 
of the reavers three fourths and ont third [leg. fourth?] of thon 
only escaped froin the Destruction. 

162. INtan dawo ro boi Macc çecht for a âltaib isind armaig 
cind : in tres-lâi cowaccai in mnai sechae. 

Tadall 2 lat illeî, a banscal, ior Macc cecht. 

Ni lai mini 4 a dul, ol in ben, Lit graain 5 7 t'omun. 

Ro boi uair damsa di sudiu 6 , a ben, îor Macc cecht. [.i. 1110 
grain 7 m'omun ar neach, acht chena ni agara so ni, 7 — Eg.] 

Nod-gaibim 7 fo;- fir mo enig 7 mo faesaim 8 . 

Adella in ben cbuice9 iarom. 

Nochon fet//rsa, ol se, in [ba] cuil ba in corrmil b;i in sen- 
gân nom-gaib isin crédit. 

Ecmaing ba mongach maie thire ro boi and connici a da 
gualaind isin crédit 10 . Ro[n]gab in ben ar but 11 , 7 dosrenga 12 
asin crecht, 7 dolv/V lan a bel 1 ' lais ass. 

Is sengan sentalman ém, or in ben, ani seo. 

Tong// do dia toinges mo thûath, for Mac cecht, ni bu 1116 
limsa oldâs cuil nô corrmil nô sengan sin. 

[Ocns rongab Mac cecht in coin ar braigit, 7 ro buail a 
dormi ina hedan g//r//j"-marb d'aendornn — St.] 

162. Now when Mac cecht nuis lying wounded on the battle- 
field, ai the end of the third day, he saw a ivoman passing by. 

1. icind YBL. hiend St. 

2. Tadaill Eg. i23 b 1. 

3 . chucam Eg. 

4. Ni lamaim a dola, ol in banscal, lad grain YBL. 

5. urgniin Eg. 

6. amlaid sin Eg. 

7. notgeibim Eg. nodngabaim YBL. 
S. foesma, YBL. 

9. Tic in ben 'na arrad Eg. adochomb YBL. 

10. Ni hed, ar si, acht mongach mie thire ata and coraice a di gua- 
laind, St. YBL omits this and the following sentence. 

1 1. erball, Eg. 

12. Rongab in ben hey ro sreng asin crecht he, 7 dobert in eu lan a beoil 
leis ass, St. 

1 3. crâis, Eg. 

Revue Celtique, XXII. 22 



j 26 Whitlcy Stokcs. 

« Corne hithcr, O woman ! » says Mac cecht. 

« / dare notgo ihus 1 », says the woman, «forhorror and fear 
ofthee. » 

« Thcrc was a time when I had this, woman, even borror and 
/car of me on some one. But now thon- shouldst fear nothing. I ac- 
cept îhee on the truth of my honour and my safeguard. » 

Then the woman goes to him. 

« 1 know not », says l.k\ « whether il is a fly or a.gnat (?), or 
an ant that nips me in the wound. » 

77 happened that it was a hairy wolf that --was there, as far as 
its two shoulders in the wound! 

The woman sèi^ed il by the tail, and dragged it oui of the 
wound, and it takes the fn II of its jaws ont of him. 

<( Truly », says the woman, « this is « an ant of ancien! 
land ». » 

Says Mare cecht « I swear to God what my people swears, I 
deenied il no bigger ihan a fly, or a gnat (?), or an ant. » 

And Mac cecht look the wolf by the throat, and struck il a blow 
on the forehead, and killed il witha single blow. 

163. Atbath dawo Lé fri flaith macc Conairc fo oxail Maicc 
cécht, 7 ro leg bruth 7 allus in miled hé. 

163. Then Lé fri flaith, son of Conairc, died under Mac cecht's 
armpit, for the warrior's beat and sweat had dissolved him 2 . 

164. Dolluid Mac cecht iarsin, iar nglanad ind air, cind in 
très lâi, 7 dosrenga Conaire lais for a muin, co ro adnacht hi 
Temraig hé, ut alii dicunt. Doslui Macc cecht iarsin hi Conn- 
achta (.i. ca chrich fessin) co wdernad a leges im-Maig Brén- 
gair, coniâ de ro len in t-ainm ammag do ingor Maicc cecht .i. 
Mag mBréneuir3. 



1. Cf. a tuidecht Ml. )3 d 9- 

2. Cf. the dindsenchas of Râith Cnâmrossa, Rev. Celt., XV, 333. 

3. For this paragraph Eg. 123 13 1 has only : Ro élaid da«o Mac cecht ass 
sin cia fofuair mûr n-imnid and. Atbail iarurn Mac cecht isind armaig acht 
becc YBL. Atbail iar»m Mac cecht acht bec isin armuig. Rucadar a cha- 
raid leo hé da hi'cc 7 da leigis, gwrba slan ancretach da eis, St. 



The Destruction uf Dd Derga's Hostel. 327 

164. Thereafter Mac eccht, having cleansed the slaughter, ai the 
end of the third day, set forih, and he dragged Conaire with him 
on bis back, and buried him at Tara, as soine say. Then Mac 
cechi departed into Connaught, to bis own country, that he mighi 
work his cure in Mag Bréngair. Wherefore the naine clave to the 
plainfrom Mac cecht's misery, that is, Mag Brén-guir. 

165. Aslûi dawo Conall Cernach oBvudin 1 , 7 dochûatar tri 
côecait gai tnasin laim i mbôi m sciath dô, 7 luid iarsin cor- 
ranic tech a athar, 7 leth a scéith inna laim 7 a claiàcb 7 bru- 
rech a da gai 2 . Forranic iarom a athair> i nàorus a liss hi 
Talltin4. 

16). Now Conall Cernach escaped front the Hostel, and fhrice 

fifty spears hadgone through the ami which uph'eld his shield. He 

faredforth till he reached his father's bouse, with halfhis shield in 

his hand, and his sword, and the fragments of his i-ivo spears. 

Then hefound his faiher before his garth in Taltiu. 

166. Lûatha coin dot-roiphnetan', a irwccan, (or a athair 
friss. 

Issed ron-bi, dochomruc fri ocu on, a senkiieh, for Conall 
Cernach 6 . 

Scéla lat didu na Brudw Da Dergas? ol Amorgin: in béo 
do thigernas ? 

Noc[h]on béo imiuorro, for Conall. 



1. Ro sîacht ass da;/o ConaW Cernach, Eg. 

2. 7 bruirech a da gai, 7 a sciath ina le/aib fair 7 a chloidem YBL. 

3. co tarrla dô in t-athair, Eg. 123b 1. Forranaicc iarwm an t-athflir YBL. 

4. For this and the preceding sentence St. has: lMthus ConsàW CVrnaig, 
ni himlan ro bui sein on cathugwrf, ar docuatar tri .1. gai gerrandach t?-esin 
laim i mbi in sciath aga cowgbail oca, 7 rainic roime co teach a athar tareis 
gach uathbais 7 gach anforlaind fuair isin imargail, 7 is amlaid ro bai Co- 
nall 'man am sin, 7 leth a sceith ina laim 7 a claideb trom tortbuillech, 7 
bruilech a da sleg snaisremar solw^cendach, 7 fuair a athair a ndorus a lis 
a Tailltin .1. Amairgin. 

5. rotreb[n]athar Eg. dodremadar YBL. ro thaithfnedar tu, St. 

6. Ni hamlaid atu, ar Co»all, acht is mail mo ceim tareis in cathaigthi, a 
scnlaich, ar se. St. 



328 Whitley Stokes. 

Tongu do dia toingthe môrthûatha Ulad r , is midlachda 2 
dond fir dodeochaid ass i mbethaid iar fâcbâil a thigerna l[i]a 
nàimtiu i mbas. 

Nidat3 bâna mo chrechta-sa, a senlaich, ol esseomL 

166. « Swift arc the wolves thai hâve hunted thee, my son », 
saith bis father. 

« 'Tis this thaï bas wounded us, tbou old hero, an evil confiict 
with warriors », Conall Ccmach repïied. 

« Hast tbou then news of Da Derga's Hostel? » ashed Amorgin. 
« Is tby lord alive? » 

« He is not alive », says Conall. 

« I swear to God what the gréai Iribes of Ulaid swear, it is 
cowardly for the man who tuent thereout alive, having left bis lord 
with bis focs in dcatb. » 

« My wounds are not white, tbou oldhero », says Conall. 

167. Doadbat '> a lâim scéith do, forsa rabatâr tri côecait 
crédit, \sscd adcoimced 6 furfi. In sciath tri immar ditnestar" 
iss ed ros-anacht. Ind lam dess immorro immarobrad for sudi 
cor-rici a dâ cutrwmmae 8 , inndd rubas in sciath ocâ imdegail9. 
Ro cirred iarom [LU. 99*] ind Lim sin, 7 ro hathchummad 7 
ro crechtnaiged 7 ro criat/;rad, achd conâcaibset na féthi frisin 
corp cen etarscarad I0 . 

Ro fich ind lam sin innocht, a maccâin, ol Amorgein 11 . 



1. Toingim don dia toingit Ulaid, ar Aimairgin, St. 

2. midlâechda Eg. midlachto YBL. rnidlachdha St. 

3. Nirsad, St. 

4. for Conall YBL. 

5. Ro thôeaib Eg. Tadbaid YBL. Tadhbud H 1 . 7 ro taisben St. 

6. adcomaicc YBL. atconnairc St. 

7. mar doidnestar St. immarodidnestair YBL. 

8. IN sciath tra is ed ro imditnestar in lam sin, ar Cowaii. IN lam dess 
immorro ro imbred fuirri side nair nat raibe sciath oca imditin, co fuilet tri 
cet fercrecht fuirri, Eg. 

9. In LU. the words innâd ruba in sciath oc a imdegail corne next aftet' 
etarscarad. St. lias, after crechtnaiged : co na raibe acht a feithe ag a cothu- 
gad a comlenmain in cuirp gan etararscarad [sic\] acht in t-inad i raibi in 
sciath aga himdegail. 

10. Eg. adds: na lame fris, and thus ends the story imperfectly. 

1 !. iS crechtach crosledarthach atathar andsin anocht, a meie, ol Amair- 



The Destruction of Dd'Derga's Hostel. 329 

Fir son, a senlâich », ol Conall Cernach; is sochaide dia 
tar[a]d J deoga tonnaid innocht ar doncs Bruid;?^ 2 . 

i6j. He shews him his shield-arm, whereon ivcrc thrice fifty 
wounds : this iswhdt was inflicted upou it. The shieldthat guarded 
it is what saved it. But the right arm h ad been played upon, as 
far as two thirds thereof, since the shield had noi been guarding il. 
That arm was mangledand mai mai and wounded and pierced, save 
that the sinews kept it to the body without séparation. 

« That arm fought tonight, m\ son », says Amorgein. 

« True is that , thouoldhero », says Conall Cernach. « Many 
there are uuto ivhom it gave drinks of death tonight in front of 
the Hostel. » 

168. IMthûs immorro na [njdihvgach, cach ôen tema. dib o 
Brudin dollotar cosin carwd dond-rônsat isind aidchi reraideo- 
gaid', 7 bertatar cloich cach fir béogâiti leo ass. Con'id ed ro 
mârbad dib oc Brudin, fer cach clochi fil hi Carnd Leca. 

Finit, amen. Unit. 

16S. Now as to the reavers, every one ofthem that escapea from 
the Hostel went to the cairu which they had built on the night before 
last, and they brought thereout a stone for each mau uol mortally 
wounded. So this is what they losl by death ai the Hostel, a man 
for every stone that is (now) in Carn Leeca. 

It eudeth : Amen: it endeth. 

(To be continueJ) . 

Whitley Stokes. 

gin, St. Rofich ind lam sin indnocht for ... a maccain 7 ro fiched furn, ol 
Amorgin, YBL. 

1. tarad St. YBL. 

2. Hère ends YBL. Bruigne da Berg. Conid è cath na maidne ar Btuidin 
da Berg coince sin. finit. St. 

3. Cf. ind iarmindedenach (gl. praeposterans) Ml. 29a 7. 



MELANGES BRITTONIQUES 



Talcip. 

Ce mot qui glose cratère dans les gloses à Martianus Capella 
n'a pas jusqu'ici, à ma connaissance, été retrouvé en gallois. 
Or, il existe dans le Livre de Taliesin. Ce qui fait qu'il a 
échappé aux recherches, c'est qu'il y est écrit en deux mots. 
C'est ainsi que Silvan Evans, dans son Welsh-Engl. Dict., le 
donne à cibedd, divisé en tal cibedd. 

Skene, Four anc. books, II, p. 153, vers 15 : 

a gwin tal kibed (lisez talcibed) 
Rufein byt Rossed 

« et le vin des tonneaux depuis Rome jusqu'à Rossedd. » 

J. LOTH. 



NOTES ETYMOLOGIQUES BRETONNES 



I. SANAIL. 



Dans son Lexique étymologique du moyen breton, M. Victor 
Henry fait venir le breton sanal du français arsenal par conta- 
mination. Il reproduit cette étymologie dans son Estràtto dalla 
miscellanea linguistica in onore di Gra~iauo Ascoli (Torino, 
1901). Arsenal serait devenu sanal, les Bretons ayant pris ar 
pour leur article. Dans ann arsenal, ils auraient vu un pléo- 
nasme vicieux. Quant à la transformation de -al en -aille, ce 
serait sous l'influence d'un français vulgaire arsenaille qui se- 
rait attesté ? (M. Victor Henry dit: je crois, attesté?). 

« La locution aurait été importée dans les campagnes par 
des matelots, habitués à remiser à l'arsenal entre deux croi- 
sières, comme le pêcheur dans son grenier entre deux saisons 
de pèche, les engins de toute sorte dont le navire ou le bateau 
était armé. » 

La méprise pour ar- est d'abord bien invraisemblable. Le 
breton possède bon nombre de composés axqc préfixe ar- ; ce 
fait ne s'est produit pour aucun. Peu vraisemblable aussi le 
changement du suffixe; encore plus, le changement de sens. 
J'ajouterai que le paysan breton ne met point dans le grenier 
son attirail de labourage. 

Enfin, ce qui tranche la question, c'est que sanal existe en 
français. 

Sanal représente la forme patoise de l'ouest seuail. Cf. sena, 
snà = seuail, ceuail , grenier à foin (Dottin, Glossaire des par- 
ler s du Bas-Maine, p. 467). La forme correspondante dans 



332 J. Loth. 

le Dict. de Godefroy est chenail, qui a également le sens de gre- 
nier, et email. Pour l'a de .w/w/, cf. /w//<7 = av/tV, etc. 

Il me serait facile de relever dans le Lexique de mon savant 
collègue d'autres méfaits de la sémantique pour laquelle, je 
puis le dire sans qu'il s'en formalise, il a évidemment un 
faible. 

2. Bir. 

Mèche. Phonétiquement, il est impossible de rattacher bir à 
ber, broche, qui, métaphoriquement, en gallois, signifie lance. 
L'étymologie, dit le Lexique de M. Victor Henry, qui propose 
de le rattacher à la racine de bena ou à celle de ber, en est, en 
somme, inconnue. C'est simplement le français vire, trait d'ar- 
balète (Godefroy, Dict. de Vanc. franc.}. C'est un synonyme 
de vireton. Comme c'est la règle pour v initial français, il est 
devenu b en breton : bisach = visage; banel = venelle ; bilen = 
vilain, etc. 

3. Atred. 

Gravois. M. Victor Henry suppose un bas-latin alirilnm 
pour attritum. Tout d'abord, cette évolution dans la quantité 
est suspecte ; de plus, les deux // eussent donné th : on eût eu 
en moyen-breton a%red. Enfin, allrituiu a le tort d'être inventé 
uniquement pour atred. Atred ne peut être séparé du moyen- 
breton atret : //// a droite atrel, gens scélérats, comme le fait 
remarquer M. Ernault, répond au français de ma le atrel. Atret 
se dénonce clairement par sa forme comme un emprunt fran- 
çais : c'est le français atrait (et atret), qui, entre autres sens, 
a encore celui de déblais. 

4. Al onb i. 

Empiéter, serait, d'après M. Victor Henry (Lexique clxut.), 
composé de rober, axee le changement de r en / et l'addition 
d'un préfixe a-. A priori, cette hybridation est bien peu pro- 
bable. Aloubi est le français alober, se moquer de, duper. Le 



Notes étymologiques bretonnes. 333 

breton aloubi a en effet le sens de s'emparer par violence ou 

ruse. 



5. AoXill. 

D'après le Lex. étym. viendrait d'un bas-latin Ausaria. Au- 
saria eût donné ao^er. Aoxill représente exactement le français 
populaire ouille; ci. osillier, branche d'osier. 

6. Adarre. 

Le breton adarre, de nouveau, n'a pas été signalé en gallois. 
Il existe cependant, mais n'a pas été compris. Silvan Evans 
(Welsh-engl. Dict.) le traduit, avec hésitation il est vrai, par 
flock of birds (= adar -\- rhé). Le sens de de nouveau est tout 
justement évident dans le passage qu'il cite d'un poète gallois 
du xm e siècle Llywarch ap Llywelyn (Myv. Arch., I, 292), 
Gwisc gwyndeil gwyeil gwet adarre « Les branches revêtent 
leurs feuilles blanches, forme nouvelle (forme qu'elles pren- 
nent à nouveau). On pourrait même traduire : « les branches 
aux feuilles blanches revêtent leur aspect de nouveau. » 
Gwet = gwedd. Il s'agit d'une description du printemps. 

7 . Ae%en . 

Vapeur, exhalaison, vent doux. Ae% (léonard ea%) est donné 
comme venant du français aise et rapproché du basque ai^e, 
vent, par M. V. Henry suivant en cela M. Ernault. Ce dernier 
avait eu une meilleure idée en citant le gaélique aiteal, brise. 
Le comique, en effet, tranche la question d'origine : eth est 
traduit, avec raison, par Williams, par pu ff, blast, breath. Wil- 
liams a le tort de vouloir l'identifier avec luheth. Il est pro- 
bable que le mot est contenu dans le gallois aethnen ou aethwydd, 
tremble, peuplier. 

8. A u ibil. 

Qui va en tête (cheval). M. V. Henry pense à une conta- 



3J4 •'• Loth. 

initiation possible de la locution * cn-ibil avec la locution fran- 
çaise en cheville dont elle est la traduction et qui se dit dans le 
Bas-Maine « des bœufs et des chevaux qu'on place en tête des 
attelages ». J'irai plus loin. Ambil me paraît être simplement 
un français en bille == en cheville. Le patois du Bas-Maine 
connaît le diminutif de bille; c'est billet, cheville (Dottin, 
Glossaire: biyet). 

9. Ankele'her. 

Feu-follet. Suivant M. V. Henry qui reproduit l'opinion de 
M. Ernault, ankele'her ne serait autre chose que le moyen- 
breton enquelezr, géant == comique enchiiielhel = *ande-kenetlo-, 
génération monstrueuse. Sans parler de difficultés phonétiques 
réelles, cette identification du feu- fol Ici avec un géant est bien 
extraordinaire et des plus invraisemblables. Ankele'her me paraît 
un composé et dérivé de kele'h, cercle, circuit. Ankele'her est 
celui qui va de droite et de gauche, le cirenleur, le rôdeur (pour 
an-, cf. clasc et enelasc); cette étymologie est confirmée par la 
forme ke/eren, feu-follet, manifestement pour kelheren : et. kil- 
lorou, avant-train de la charrue, mb. quilhorou pour ki/e'h-, 
= kelch-ioroii. 



10. Ao~. 

Lit de rivière. On n'a donné aucune étymologie satisfai- 
sante, phonétiquement, de ce mot. Ao% peut, je crois, re- 
monter à ab-sà, même racine que dans ab-ona, *ab-ni, en pas- 
sant par *a/n-sa. Pour l'évolution, ci. naos dans pe-naos, gallois 
naws ; irl. nos = * iiam-so-, * noni-so. 



11. Argua. 

Sommeil léger. Argud = * are-coi-to? ; cl. grec xoî-nrj; 
v.z'.-[).xu), faire coucher, faire dormir, assoupir; /.:'. y.ioy.x'., 
je me couche, je dors. 



Notes étymologiques bretonnes. 3 3 5 



12. Baille. 

Jaloux, mais dans un sens particulier: « comme une mère 
l'est de son enfant, s'impatientant de son absence. On donne 
cette épithète à celles qui caressent trop leurs enfants ; on l'ap- 
plique à certaines bêtes. » (Le Pelletier). Ce mot serait d'après 
M. Ernault, suivi par M. Henry, composé de gzu- = vo- et 
ei\ic, dérivé de oa%, jalousie. Le sens de jaloux ne me paraît 
pas dominant dans ce mot, et ce qui le confirme bien, c'est 
que beiçic s'applique à un cheval rétif, ombrageux. Le mot 
breton est à rapprocher du vieil-irlandais bâes, irl. mod. baois, 
lusl, concupiscence, levity (fantaisie, caprice); bacs =■ * baissa. 
La dérivation et l'évolution en bai~ic par le suffixe -ico- est très 
régulière. 

13. Broe~. 

Colère, emportement. Ce mot est à rapprocher du gallois 
broch, fureur, emportement, et aussi écume: broch = *broc-co-; 
brot'y — * broc-là. 

Broch, en gallois, a un autre sens; celui de bruit tumultueux, 
vacarme ; en ce sens, il serait à rapprocher de l'irlandais brosc, 
tonnerre, grand bruit = *broc-sco. 

14. Keved. 

En vannetais, a le sens de quenouillée. M. Victor Henry le 
fait sortir d'un français escheveie, en faisant disparaître es-, ce 
qui est peu vraisemblable. De plus, eschevete est un écheveau et 
non une quenouillée. Je serais porté à supposer que keved est 
brittonique et composé de coin- et de *-ed, fil — * ete-, à com- 
parer au gallois cd-af, vieux-gallois elem. 

15. Cohu. 

Halle. On compare ce mot au gallois cychwyf, se mettre en 
mouvement. Or, la forme équivalente à -chwyf eût été, en 



1}6 .1. Loth. 

moyen-breton chiveff, et aujourd'hui c'hwêv. Cohu est sûrement 
le français cohue. Les formes de ce moment sont très varices. 
En Haute-Corn. (Faoùet) on dit coin; en bas-vannetais covii, 
covi. On prononce ailleurs cohui (cohivi) et cohu. Pour les va- 
riations de -il final, cf. avu, foie. Avu, en bas-vannetais, se dit 
aii'i et avu, ailleurs au, cil, etc., etc. 

16. Neu% et /wd- (pe-naos). 

Ces deux formes sont ramenées également, avec le gallois 
naivs et l'irl. nos à *nctm-so, nom-so-. Ncu~ doit être séparé de 
naos. Ncit~ représente le gallois naivs pour *gnaws, v. vû.gnâs, 
habitude: gall. hy-gnaws, aimable (de bonne façon), de la 
même racine que gnâth, gall. gnawd. Naos, en revanche, avec 
l'irl. nos, remonte à *nam-so-, * 'nom-so. En gallois dans naivs, 
les deux racines se sont confondues. 

(A suivre.) 

J. Loth. 



TESBANAT, CÉTBANIM 



Dans le « Urkeltischcr Sprachschatz » de M. Whitley 
Stokes, traduit et augmenté par M. Adalbert Bezzen berger, 
on trouve, p. 164, sous la racine hypothétique ban : « irlan- 
dais tes-banat, « deficiunt », cét-banim « ich verstehe ». Il me 
semble qu'il est impossible de séparer tesbanat du substantif 
tesbuith, tesbuid, datif tesbaid, et les tonnes verbales teseba, tes- 
bad, ksarbac, tesarbi (voy. Windisch, Wôrtcrbuch, sous iess- 
buith) ; ni cétbanim de cétbaid, gallois caiifod, et les formes 
verbales cetabue eteitacobasa (Milan, LL, 6, 22). Va de la ra- 
cine s'est donc développé d'un u, probablement par l'intermé- 
diaire d'un 0; comp. robad à côté de robuth (Alex., 103 1). 

La racine, d'après mon opinion, est bu, sanskrit bhù, etc. 
Quant au suffixe qui se trouve dans la conjugaison du verbe 
au présent, c'est le même que dans le lituanien bû-nu « j'y 
suis, j'y reste » ; pribû-nu « je suis présent », « j'assiste »; 
subûnu « je suis en société ». 

Des suffixes pas tout à fait identiques, mais apparentés, sont 
en sanskrit no, nu et nâ, ni. Tandis que par exemple le latin a 
sUrno, la sanscrit a slnjouii et stniami ; comparez le grec Çeùy- 
vj;j.'., oi ! .7.-rj[j.'., etc. En pâli sambhnijtlti avec l'accusatif signifie 
la même chose que sambhavati en sanskrit, c'est-à-dire « par- 
venir a, participer en », par exemple Mahâ-Vdgga, VII, 2, 2 : 
sanibbiujâli kathinuddhâram ; le composé abhisambhunâti ou 
abh isumbhunoti signifie « parvenir à », « atteindre », comme 
en sanskrit abhisàmbhavati ; le futur est abhisambhossam. Les 
formes °bhunâti et °bhunoti sont usitées aussi en sanskrit 
bouddhique. Childers, s. v. abhisambhunoti l'explique comme 



33S H. Kern. 

un composé de bhr, parce qu'il ne connaissait pas le futur 
abhisambhossam, ni la forme collatérale abhisambhôti, ni l'ad- 
jectif pâli durabhisambhava, où le dialecte du Mahâvastu a du- 
rabhisaiiibhiina. Ce qui l'a induit en erreur, c'est Vu céré- 
brale, mais le changement de la dentale en cérébrale n'est pas 
rare en pâli, spécialement après un u ou o: par exemple sa- 
kituo, sakuni pour le sanskrit çahma, çakuni ; sakkhiiiiâti, sanskr. 
çaknoti ; ouata, skr. avauala ; ontta à côté ftonïta, skr. ava- 
nt ta, etc. 

H. Kern. 



B A R I N T U S 



Geoffrey of Monmouth in his Vita Merlini 1 written about 
n 48 introduces Barintus as the pilot who steered the ship in 
which Arthur was conveyed to the Fortunate Isles. There is 
no sign that Barintus is a monk, nor is the land to which he 
is the guide a Christian paradise. The only point insisted on 
by Geoffrey is that Barintus knew the waters and the stars. 

It has been generally assumed 2 , without much reflexion, 
that Geoffrey got his knowledge of Barintus from the well 
known introductory épisode in the Navigatio BrendaniK A 
careful examination of the two passages however seems to me 
to lead to directly the opposite conclusion. In the Navigatio 
« saint » Barintus is the head of a band of monks, and the 
voyage to the Terra Repromissionis that he undertakes, in Com- 
pany with his « filiolus » Mernoc, is a reward for his piety. 
Furthermore the most that can be said is that Barintus sug- 
gests to St. Brandan the idea of a voyage : he gives no direc- 
tions for the way, much less acts as a guide or pilot familiar 
with the sea. 

The Barintus épisode in the Navigatio is useless for the 
narrative, and obscure and incohérent in itself. ît must be a 
survival of something-t, almost certainly therefore of some 



1. Ed. Michel, 1837, P- 37- Édition San Marte, Die sagen von Merlin, 
1853, P- 2 99> v e r se 930. 

2. C. Ferdinand Lot, Annales de Bretagne, XV, 534. 

3. Ed. Schrôder, 1871, p. 3 ff. ; Ed. Jubinal, 1836, p. 1 ff. 

4. Such is tlie opinion of Zimmer, Ztschr. fur deutsches Alterthum, 
XXXIII, 314. Cf. de Goeje, Actes du 5 e Congres des Orientalistes, I, 1, 48. 



540 Arthur C. L. Brown. 

Celtic tradition. It seems to me évident that Geoffrey in the 
Vita Merlini has drawn his notion of Barintus from some such 
tradition and not from the Navigatio. Geoffrey could no doubt 
fabricate a clever story, but it is asking too much to suppose 
that he would hâve been at the pains to strip Barintus of his 
eeclesiastical character and companions, associate him with 
Taliessin and Arthur, who are not mentioned in the Navi- 
gatio, and invent for him a rôle as pilot whieh is in accord 
with what probably must hâve been his position in Celtic 
legend. 

We hâve an unmistakable indication of the existence ofa 
Celtic tradition about Barintus. The life of Saint David, 
\vbich was written in Wales thirty or forty years at leasî be- 
fore the works of Geoffrey of Monmouth I , contains a curious 
story which, while it agrées with the Navigatio in bringing 
Barintus, hère called St. Barri 2 into relation with St. Brandan, 
cannot possibly be a mère adaptation from the Latin legend. 
The incident is in outline as follows : one day St. Barri bor- 
rowed a horse from St. David, and rode it across the sea from 
Wales to Ireland. After he had gone a long way he met St. 
Brandan who « super maiïnum cetum miram ducebat vitam » 
and the two saints conversed together. 

Zimmer in his important study of the St. Brandan legend, 
has compared this incident to other incidents of a similar cha- 
racter in the lives of St. David and St. Aidan, and has con- 
cluded that Barri must hâve been originally represented as ri- 
ding a sort of rish or « sea-horse » 7 >. One naturally wishes to 
know how such a surprising adventure came to be attached to 
a saint. Zimmer contented himselt with an unlikely sugges- 



i. For this date sec Phillimore in Y Cymmrodor, XI, 128. The MS. 
(Vespasian A, XIV. Cottonian, in the British Muséum) is a collection of 
lives of Welsh Saints. It was published by Rees, Lives of theCambro british 
Saints, Llandovery, 1 S 5 3 . see pp. 132-133 (translation p. 435)- The text of 
the above incident has been also printed by the Bollandists, Acta Sanct., 
vol. I for Mardi, p. 44, note d. 

2. Cf. Zimmer, Kuhn's Zeitschrift, XXXII, 160. 

3. Ztschr. fur deuisches Alterthum, vol. XXXIII, pp. 307-309 (1889). 
The life of St. Aidan is found in the same MS. as that of St. David. 



Barintus. 341 

tion 1 , and the matter, despite its interest has not since been 
discussed. 

I believe that to understand the source of this adventure 
one has only to read in the Irish Sagas the accounts of thesea- 
god Manannân mac Lir. He is regularity represented as riding 2 
a « sea-horse », and he especially frequented the waters be- 
tween Wales and Ireland>. This is precisely the scène of the 
adventure of Barri and his fellow saints. We seem therefore to 
be in the présence of a local tradition which has survived after 
the pagan god, its original hero has been forgotten4. 

There is probably a spécial reason why this adventure is 
found attached to Barri. Barri or Barintus was, I venturc to 
suggest, in origin, likc Manannân a sea-god 5 who in the 
Welsh lives and in the Navigatio has been changed into a 
saint. 

To suppose that a pagan divinity has been transformed by 
later legends into a saint, is not as diffieultet as it may at first 
seem. There is an excellent parallel in one of the Mabino- 
gion, Branwcn daughter of Llyr, where we find the old sea- 
god Bran, a giant who could wade through the sea from 
Wales to Ireland, called Bran the Blessed (Bendigeit Bran). 



1. Namely, that the épisode originated in a misunderstanding by the 
Irish of a Norse « kenning » according to which the early Vikings some- 
times called a ship a « sea-horse » (1. c, p. 309). 

2. In the Serglige Conculaiinl, Windisch, Irische Texte, 1880, I, 225, 
line 22, he is called the « horseman of the hairy sea ». Cf. Nutt and 
Meyer, The Voyage of Bran, I, 10 ff. ; the story of Ciabhan in the Colloquy, 
O'Grady, Silva Gadelica, I, 177 ; and the Second Battle of Moytura, Revue 
Celtique, XII, 104: « groig maie Lir la maur-ainfîni » ; [numerous as] 
« the Son of Ler's horses in a sea-storm ». 

3. He was indeed the traditional lord of the Isle of Man, a place dimly 
confused with the Otherworld, by the ancient Celts dwelling around the 
Irish Sea. See Henderson, Fled Bricrend, Irish Texts Society, II, p. 142. 

4. Thus Odin's « Wild Hunt » survived with king Arthur as its hero. 
See Freymond, Artits Kampj mit dem Kat^enuiigetùm, p. 378-9. (Festschrift 
Grôber, Halle, 1899). 

5. The idea that we hâve in Barintus a créature of the Otherworld is of 
course not new. Henri Martin, Histoire de France, Paris, 1857, I, 73 con- 
jectured that Barintus was the Welsh Charon who conducted the soûls of 
the dead to the underworld. He brought forward however no reasons for 
his idea which seems to hâve been simply an inference from the Vit a 
Merlini. 

Revue Celtique, XXI I. 23 



?42 Arthur C. L. Brown. 

The Welsh triads explain that he was a saint and thc introducer 
of Christianity into Britain 1 . 

Zimmer has shown 2 that Barintus is essentially an cpithet 
or surname. It is the Irish Barrjïnd, somctimes written Finn- 
barr, which means « fair-haircd » or more literally « white- 
topped ». A name more appropriate for a god of the hoary 
sea would be hard to rind 3. 

It seems highly probable then that Barintus was in origin a 
god of the waters, and by conséquence for the early Celts a 
god of the Land beypnd the Waves, the Happy Otherworld. 
He may hâve been a fellow deity to Manannân 4, or lie mav 
hâve been a mère manifestation of that god, who, noted for 
his delight in shape shifting, probably had différent names 
according to his différent appeararices 5. In the Imram Brain 6 , 
Manannân is called « the Fair M an » (Fer find) who rides 
over the « white sea » (iind trismbein muir). In the Serglige 
Conculaind, he is « the horseman ofthe raaned » (or « hairy») 
« sea » (Marcach in Mara mongaig)". It is not then difficult to 
suppose that he mav hâve been known bv the epithet « Fair- 
haired » (Barrind). 

Barintus' character as a kind of sea-deity well known in 
Celtic legend once admitted, the explanation of ail that we 
are told about him works ont with convincing completeness. 

In the Life of St. David, St. Barri's ride on horseback 



i. See Loth, Les Mabinogion, I, 67. 

2. Ztscbr. fur deut. Altertbum, XXXIII, 314. 

3. The epithet « find » (white) is so appropriate for a sea-god, that 
Meyer and Nutt hâve suggested that the name of Mongan, the son of Ma- 
nannân, cornes from « Mong-find » (white mane). Voyage of Bran, II, 
29 note. 

4. Finnbarr occurs in the Colloquy.ÇO' Gra.dy, Silva Gaddica, I, 199) along 
with Lir and Teigne and in the Bodk of Fermoy (Todd, Irish MS. Séries, 
R. I. A., I, 1, 47) along with Manannân as the name of a ehieftain ofthe 
Tûatha Dé Danann. 

5. For références to the shape-shifting habits of Manannân see Meyer 
and Nutt, Voyage of Bran, I, 139, 198. etc. Mongan the reputed son of 
Manannân was really only a rebirth ; the god under another name. 
« Orbsen », still another name for Manannân was noted bv O'Donovan 
(Translation of Cormac's Glossarv, éd. Stokes, 1868, p. 114). 

6. Voyage of Bran, I, 11. 

7. See note above. 



Bàrintus. 54} 

across the sea is of course simply a survival of thc old sea- 
god's power of riding the billows. The sea-horse has been 
partly rationalized into an ordinary horse, permitted by the 
miraculous power of the saint to tread the sea as dry land. 

In the Navigatio Brendani, the part played by Bàrintus is 
quite parallel to that takcn by Manannan, or by one of Ma- 
nannan's fellows, in many Celtic Otherworld taies. In thèse 
taies there is regularily an Otherworld messenger, who sug- 
gests to the hero the idea ofa marvellous journey. Sometimes 
tins mysterious visitor is a prince ' of the Otherworld. Some- 
times only an emissary 2 from such a prince appears. Once at 
least > the hero is persuaded to set out, by the taie of a pre- 
vious adventurer, who relates bis expériences, somewhat as 
Bàrintus does in the Navigatio. 

The Bàrintus épisode, as it stands in the Navigatio, forms 
no intégral part of the narrative. It is told quite in the mys- 
terious style 4 ofa Geltic Otherworld voyage. One is justified 
therefore in regarding it as a confused survival of some intro- 
ductory incident like those just referred to. 

In the Vita MerHni, Bàrintus, who steers the ship of Arthur 
toward the Otherworld, appears to hâve been in origin then 

1. In the Echtra Cormaic (Windisch and Stokes, Iriscbe Texte, III, 1, 
193 ff.) Manannan, in person, lures away Cormac. In the Echtra Laegaire 
(Ô'Grady, Silva Gadélica, I, 256-7) Fiachna himself invites Laegaire to his 
realm, So Arawn cornes to meet Pwvll (Loth, Màbinogion, I, 27 ff.). And 
Abartach, disguised as the Gilla Decair to lure away Dermot (Silva Gadé- 
lica, I, 257 ff.). 

2. e. g. the « Summoning damsel » in the Voyage of Bran (éd. Meyer 
and Nutt, I, 2, cf. page 142) . 

3. In the Serglige Concidaind (Windisch, Iriscbe Text:, I, 218 ff,) where 
Laeg relates his journey in order to persuade Cuchulinn to set out. Cf. 
Chrétien's Ivain, where it is the taie of Calogrenant, a previous adventurer, 
that incites the hero to undertake his journey to the marvellous Fountain. 

4. Mernoc knows beforehand of Bàrintus' approach (a common incident 
in the Otherworld voyage, cf. Voyage of Bran, I, 30, § 62), the two em- 
bark in a boat that awaits them, and that travels (there is no mention of 
oars or sails) through a blinding mist to a marvellous land. Cf. the boat of 
glass in the Echtra Connla (Windisch, Kar^gèfasste Irische Grammatik, 
pp. 1 18-120), that of bronze in the Serglige Concidaind (Irische Texte, I, 210), 
the self-moving boat connected with Mannannân's land in the storv of Be- 
cuma (Summary of the Book of Lismore by Todd, R. I. A. IrishMS. Séries, 
I, 1, 38) and the mist through which Cormac journeyed to reach Man- 
annûn's « Fort » (Echtra Cormaic, Irische Texte, III, 1, 195). 



344 Arthur C. L. Brown. 

a sea-god, a lord of thc Land beyond the Waves, who like 
Mananndn in the taie of Ciabhan conducted the voyager thi— 
ther 1 . Later when his mysterious character was forgotten, he 
was represented as a pilot, and this was the form of the le- 
gend that Geoffrey knew. The rationalization of a sea-god 
into a famous navigator, is a surficiently natural process. We 
hâve for it one of the closest parallels imaginable. The thing 
happened very early to the famous Manannân. In the Glossary 
of Cormac 2 we read : 

« Manannân mac lir, a celebrated merchantwho w T as in the 
« Isle of Mann. He was the best pilot that was in the west 
« of Europe. He used to know by studying the heavens, i. e. 
« by using the sky, the period which would be the fine wea- 
« ther and the bad weather, and when each of thèse two 
« times would change. Inde Scoti [the Irish of course] et 
« Brittones eum deum vocaverunt maris, et inde filium maris 
« esse dixerunt, i. e. Mac Lir « son of sea », et de nomine 
« Manandan the Isle of Mann dictus est. » 

Substituting Barrind for Mananndn, Geoffrey might almost 
hâve had thèse words under his eye when he wrote3 : 

Illuc, post bellum Camblani, vulnere lacsum 
Duximus Arcturum, nos conducentc Barintho 
JEquora cui fuerant, et cϔi sydera nota ; 
Hoc redore, ratis, eu m principe, venimus illuc. 

Paris, July 1901. 

. Arthur C. L. Brown. 



i. In the Colloquy (O'Grady, Silva Gadelica, I, 177). Manannân appears 
to the voyagers who are on the point of being ship-wrecked in a tempest. 
He takes them upon a dark-grey steed, which he is riding. and conducts 
them, and their boat, to Tir Tairngiri. 

2. I employ O'Donovan's translation (éd. Stokes, Calcutta, 1868, p. 114) 
which is based on the text of Stokes, Tbrec Irish Ghssaries, London, 1862, 
p. 31. Where the original is in Latin I hâve allowed it to stand. 

3. Vita Merlini, éd. Michel, p. 37, verse 930 ff. 



CHRONIQUE 



SOMMAIRE: I. M. J. Loth, docteur de l'Université de Glasgow. — II. Comparaison 
par M. S. Reinach de vers de Claudien à des vers de Properce. — III. W. Rid- 
geway, The early Age of Greece. — IV. La légende de Lancelot du Lac étudiée par 
M. Jessie L. Weston. — V. La femme de Bath, origine de ce conte par M. G. -H. 
Maynadier. — VI. Mémoires de MM. Kuno Meyer et Baring Gould dans le Cym- 
mrodor, t. XIV. — Vil. Les jeux dans le [comte d'Argyle, ouvrage de M. Robert 
Craig Maclagan. — ■ VIII. Études de numismatique, t. lî, par M. Adrien Blanchet. 

— IX. Le Borama traduit en irlandais moderne par M. T. 0. Russel. — X. Le roi 
et l'hermite, par M. Kuno Meyer. — XI. La métrique galloise, t. II, par M. J. Loth. 

— XII. Mémoire sur l'église celtique, par M. H. Zimmer dans le t. X de la Real- 
encyclopaedie fur protestantische Théologie und Kirche, troisième édition. — 
XIII. Mort de l'évêque d'Oxford William Stubbs. — XIV. Publication prochaine de 
textes gallois. — XV. M. R. Atkinson, président de l'Académie royale d'Irlande. 

— XVI. Le second volume' du Reallexicon der indogermanischen Altertilmer. — 
XVII. Étymologies bretonnes, par M. V. Henry; Études sur les adverbes irlandais, 
par M. R. Thurneysen. — XVIII. Annonce d'une publication prochaine de M.Tito 
Zanardelli. — XIX. La plus ancienne inscription lapidaire romaine delà Gaule. — ■ 
XX. Nomination de M. Arthur C. L. Brovvn à l'Université de Wisconsin. — Post- 
scriptum. Levallum Hadriani, et la Holy Island. 

I. 

L'Université de Glasgow vient de décerner le titre de docteur en droit, 
honoris causa, à notre savant collaborateur, M. J. Loth, doyen de la Faculté 
des Lettres de Rennes. 

II. 

En séance de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, le 5 du pré- 
sent mois de juillet, M. Salomon Reinach a cité les vers 77-82 de Claudien : 
De bi'llo Pollen tino : 

Aspice Roma tuum jam vertice celsior hostem ; 
Aspice quam rarum referens inglorius agmen, 
Italia detrusus, eat, quantumque priori 
Dissimilis, qui cuncta sibi cessura ruenti 
Pollicitus, patrii numen juraverat Histri, 
Non nisi calcatis loricam ponere rostris ' . 

1. Edition donnée chez Teubner par Lou ; s Jeep (1879), t. II, p. 7. 



^4 (1 Chronique. 

« Vois, ô Rome, en relevant la tête, vois ton ennemi : combien sont peu 
« nombreux les débris d'armée que sans gloire il ramène, chassé d'Italie. 
« Quelle différence entre sa retraite et son arrivée violente, quand il 
« croyait que tout céderait devant lui; lui qui avait promis par serment au 
« dieu Danube, son père, de ne pas déposer la cuirasse avant d'avoir à 
« Rome foulé aux pieds la tribune aux harangues ! » 

Ce fils du Danube est le roi goth Alaric, battu par Stilicon à Pollentia le 
6 avril 402. 

Le passage de Claudien, que nous venons de reproduire, doit, comme l'a 
dit M. Salomon Reinach, être rapproché des vers 59-42 de Properce, IV, 
10, où il est rapporté que le roi belge Virdomarus se vantait d'être fils du 
Rhin : 

Claudius a Rheno ' trajectos arcuit hostes, 

Belgica cui vasti parma relata ducis 
Virdumari; genus hic Rheno jactabat ab ipso 

Xobilis 2 erectis 3 fundere gaesa rôtis. 

« Claude repoussa les ennemis venus des bords du Rhin sous les ordres 
« d'un chef à la haute taille portant un bouclier belge: c'était Virdomarus, 
« qui se vantait de descendre du Rhin, et qui, fier de cette noblesse, du 
« haut de son char aux roues élevées, lançait des javelots. » 

M. Max Rothstein, dans son édition de Properce (t. II, Weidmann, 
1898, p. 304), remplace au troisième vers Rheno par Brenno et prétend que, 
suivant Properce, Virdomarus se vantait de compter parmi ses aïeux 
Brcnnus, vainqueur des Romains à la bataille de l'Allia. Le savant alle- 
mand rapproche des vers de Properce ceux de Silius Italicus, IV, 1 50-1 51 ; 
suivant Silius, Crixus, chef des Boii pendant la seconde guerre punique, se 
disait descendant de Brennus, qui d'après lui avait pris le capitule: 

Ipse tumens atavis Brenni se stirpe ferebat, 
Crixus et in titulos Capitolia capta trahebat. 

M. Max Rothstein suppose que ces vers de Silius Italicus, premier siècle 
de notre ère, ont été inspirés parle passage précité de Properce, auteur du 

1. Eridanum, conjecture d'érudit, admise contrairement à la leçon des 
manuscrits par M. Lucien Millier dans son édition donnée chez Teubner 
en 1864. p. 1 1 5. 

2. Nobilis, correction à la leçon des mss. qui portent mobilis; elle a été- 
adoptée par M. Lucien Millier dans l'édition précitée et par M. Emile 
Baehrens dans son édition donnée chez Teubner, 1880, p. 192. Xobilis 
complète la pensée exprimée dans le vers précédent. 

i. Erectis, le mot que la plupart des éditeurs ont conclu des diverses le- 
çons offertes par les mss., a été conservé par M. Lucien Millier et rem- 
placé arbitrairement par e vectis en deux mots dans l'édition de M. E. Baeh- 
rens, par evectis, eu un mot, dans celle de M. Rothstein. 



Chronique. 547 

siècle précédent ; mais cette hvpothèse, toute ingénieuse qu'elle est, ne 
suffit pas pour ruiner l'autorité des manuscrits, dans lesquels on lit le nom 
du fleuve, et pour permettre de substituer à ce nom de fleuve un nom 
d'homme. Je crois donc être en droit de maintenir ce nom de fleuve, comme 
je l'ai fait dans les comptes rendus de l'Académie des Inscriptions en 1889 
(p. 111), et comme l'a fait depuis M. Birt, Rheinisches Muséum, 51, 528, 
ainsi que le rappelle M. Max Rothstein dans un appendice au tome II de 
son édition, p. 380. En se plaçant au point de vue de l'histoire littéraire, on 
peut opposer au texte de Silius Italicus celui de Claudien, comme l'a fait 
avec grande raison M. Salomon Reinach. M. Max Rothstein prétend que 
Brennus était à Rome plus connu que le Rhin ; il oublie les deux passages 
du Rhin par Jules César en 55 et en 53 ; les vers de Properce sont posté- 
rieurs à ces deux faits militaires. 

Je dois à M. Reinach une autre observation : Belgica parma, bouclier 
belge, s'accordant avec la mention du Rhin, nous autorise à reconnaître 
dans les chars de guerre tirés des tombes gauloises de Champagne, c'est- 
à-dire d'une partie de la Belgique antique, le modèle du char de Virdo- 
marus. Les roues de ces chars avaient quatre-vingt-seize centimètres environ 
de diamètre. Ces roues étaient donc hautes, erectis, mettant la surface du 
plancher du char à cinquante centimètres au moins au-dessus du sol ; nous 
voyons sur ce plancher s'éleverle grand corps du guerrier gaulois qui, do- 
minant ainsi les petits fantassins romains, se met à pratiquer sur eux le jet 
plongeant de ses javelots, fundere gaesa. C'est un premier tableau, auquel 
succède celui de la défaite. Un coup de lance ou d'épée reçu dans le ventre, 
fait couler des flots de sang sur la culotte rayée du guerrier gaulois ; le 
Romain vainqueur lui tranche la tète, et, du cou de Virdomarus, tombe le 
collier d'or qui l'ornait : 

Illi virgatas maculanti sanguine bracas 
Torquis ab incisa decidit unea gula. 



III. 

En 1891, la Revue Celtique (t. XIII, p. 406-407) a fait à son point de 
vue spécial le compte rendu d'un savant ouvrage de M. W. Ridgeway: The 
origin qf metallic currency and weight standard. L'auteur, alors professeur de 
grec au collège de la reine à Cork, en Irlande, est depuis devenu, par un 
avancement mérité, professeur d'archéologie à l'Université de Cambridge. 
Je prends plaisir à le dire, bien que le compte rendu publié dans la Revue 
Celtique, et dont je suis l'auteur, ne contienne que des critiques ; je le dis, 
quoique de ces critiques je n'aie rien à retirer. M. Ridgeway vient de donner 
au monde savant un nouvel ouvrage qui est comme le précédent fort ins- 
tructif et qu'a imprimé la presse universitaire de Cambridge ; le titre est: 
The early âge oj Greece, t. I. Ce travail est divisé en dix chapitres, les deux 
premiers consacrés à la période mycénienne ou période du bronze, les trois 



548 Chronique. 

suivants à une étude générale sur la période homérique, celle du premier 
âge du fer où l'emploi du bronze est encore fréquent. Après ces généralités 
viennent cinq chapitres concernant chacun un sujet spécial : chap. VI, bou- 
clier rond ; chap. VII, inhumation, crémation, âme; chap. VIII, fibule; 
chap. ix, fer; chap. x, dialecte homérique. 

Le chapitre iv, intitulé : D'où vinrent les Achéens ? << Whence came the 
Achaeans? » contient de nombreuses pages où les Celtes apparaissent, mais 
l'auteur a pour principe de ne pas tenir compte des travaux des linguistes, 
comme il le dit, p. 352 ; il est donc évident que je me trouverai souvent en 
désaccord avec lui. Ainsi M. Ridgeway, p. 370, ne veut pas admettre que 
nous appelions celtiques les langues des Bretons, des Gallois, des Irlandais 
des Highlanders d'Ecosse, parce que, dit-il, un grand nombre des individus 
qui parlent ces langues ont les cheveux noirs; il est très douteux, ajoute-t-il, 
que le terme de celtique puisse proprement s'appliquer au gaélique. Je suis 
d'une opinion opposée. Cependant je ne trouve rien à redire à ce que 
M. Ridgeway raconte: i° des Gaulois établis entre le, Rhin et l'Océan, 
p. 372, 373 ; 2° des Scordisci, des Gaulois de Thrace, de ceux d'Asie Mi- 
neure, aux pages 378 et suivantes, sauf un point: M. Ridgeway prétend, 
p. 373, 386, 393, que le Druidisme était une institution qui, sur le conti- 
nent, entre le Rhin et l'Océan, avait précédé l'arrivée des Celtes; or César 
dit le contraire, disciplina in Britannia réperta atqueinde in Galliam translata 
esse existimatur. Ainsi le druidisme a été trouvé dans les Iles-Britanniques 
par les Gaulois conquérants probablement vers le 111 e siècle avant J.-C. et 
apporté par eux en Gaule. 

je ne puis davantage admettre la confusion des Celtes avec les Cimbres 
qui sont des Germains, comme nous l'apprennent: Jules César, Debellogal- 
Uco, 1. I, c. 40, § 5 ; Pline le naturaliste, 1. IV, §99; Tacite, Historiœ, 
1. IV, c. 73, et Germania, c. 37. Cette confusion est faite par M. Ridgeway, 
p. 390 et suivantes. Il ne se borne pas là. De ce que *uea7ifjt,épios s'est réduit 
à [i.£a7ia6pto;, avec, production d'un h, il conclut que xi[ifj.épioç, VII e siècle 
avant J.-C. a dû se changer en z![i6pos, forme qui apparaît à la fin du 
11 e siècle avant J.-C. D'où la conséquence que les Cimbres étant Celtes, 
les Cimmériens le sont aussi. Certains savants grecs ont en effet admis 
l'identité des Celtes et des Cimmériens, mais de là il n'y a rien à conclure, 
si ce n'est que ces savants grecs, moins bons archéologues que M. Ridgeway, 
étaient de médiocres linguistes. 

M. Ridgeway est professeur d'archéologie ; quand il parle d'archéologie, 
il est dans son domaine. Ses comparaisons entre l'art celtique et l'art grec 
sont pleines d'intérêt. Citons par exemple les boucliers ronds d'Angleterre, 
d'Ecosse et d'Irlande (planches 86-91, 93, 100), qui sont rapprochés des 
« boucliers ronds » âi-ioi; e'2-xuxXoi de VIliade. 

La traduction du grec euxoxXo? par « rond » n'est pas acceptée par tout le 
monde ; elle parait rejetée par M. Ebeling (Lexicon homericum,X. I, p. 500). 
Elle n'est qu'à moitié acceptée par M. Buchholz (Hoincrische Rcalicn, t. II, 
p. 362), qui propose « rond » ou « ovale » ; mais M. W. Helbig, L'épopée 
homérique, p. 403, admet la coexistence en fait du bouclier ovale et du bou- 



Chronique. 34.9 

clier rond dans le monde homérique, et traduit euxoxXoç par orné de cercles 
on de bandes circulaires. 

Les planches du chapitre vin, affecté aux broches ou fibules, contiennent 
de nombreux exemples de fibules trouvées en Grande-Bretagne, en Irlande 
et en France, et par conséquent probablement celtiques. 

Quant au chapitre vu « inhumation, crémation, âme », c'est un recueil 
de notes fort intéressant à lire, mais il n'est pas rédigé; c'est dans le livre 
de M. Ridgeway un défaut général, ici plus apparent qu'ailleurs. 

Au résumé, il y a dans l'ouvrage de M. Ridgeway une grande quantité 
de notions archéologiques importantes ; mais au point de vue linguistique 
son travail est d'une excessive faiblesse; citons, pour finir, un exemple, c'est 
une note de la page 244, où M. Ridgeway déclare que nous ignorons 
quelle langue parlaient les Phéniciens, et exprime son regret qu'un grand 
homme comme M. Mommsen ait cru que le phénicien était un dialecte sé- 
mitique (Roemische Geschichte, 6 e édition, 1874, t. I, p. 127 ; traduction an- 
glaise, t. I, p. 136). 



IV. 

La Grimm Library, publiée par la maison David Nutt de Londres, vient 
de s'enrichir de deux 'volumes, tous deux intéressants au point de vue des 
études celtiques. Le premier, le n° 12 de la collection, traite de la légende 
de Lancelot du Lac ; il a pour auteur M. Jessie L. Weston. Suivant 
M. Jessie L. Weston, il faut dans l'étude de cette légende prendre pour 
point de départ l'hvpothèse d'un lai breton, racontant le vol d'un fils de roi 
par une fée qui habitait un lac ; cette légende mythique fut ensuite déve- 
loppée à l'aide d'autres légendes qui originairement n'avaient aucune rela- 
tion avec elle ; M. Jessie L. Weston connaît les travaux des romanistes qui 
se sont occupés de la légende de Lancelot et des légendes connexes : 
MM. Paulin et Gaston Paris, F. Lot. J. Loth en France, Foerster et Zimmer 
en Allemagne, J. Rhys et A. Nutt en Grande-Bretagne. Son livre, peut- 
être moins savant que celui de M. Ridgewav, est beaucoup mieux composé. 



Y. 

Le n° 1 3 de la Gtimm Library a pour objet le conte de la femme de Bath, 
les sources de ce conte et les contes analogues, The JVife of Bath's Taie, its 
Sources ami Analogues. L'auteur du volume est un Américain, M. G. -H. May- 
nadier, maître d'anglais à Harvard L'niversity. On doit à Chaucer, le cé- 
lèbre poète anglais du XIV e siècle, une rédaction du conte dont il s'agit. 
Dans ce conte, une vieille fée fort laide se fait donner un baiser par un 
jeune homme et tout d'un coup se trouve transformée en une jeune et 
jolie femme. D'accord avec MM. Whitlev Stokes et Alfred Nutt, M. May- 
nadier pense que la forme la plus ancienne de ce thème est irlandaise. Le 
texte le plus vieux, où on le rencontre, est un poème en 324 vers de Cuan 



5$o Chronique. 

hua Lothchain, mort vers l'année 1024 au plus tard 1. Ce poème, qui com- 
mence par les mots Temair Breg baie na fiau « Tara dans la plaine de Breg, 
demeure des héros » se trouve dans le fac similé du Livre de Leinster 
publié par M. R. Atkinson, p. 3:5-35. La partie qui concerne la légende en 
question commence à la p. 54, col. 1, 1. 21. Dans ce poème le jeune 
homme dont il s'agit est Niall aux neuf otages, noigiallach, plus tard roi 
suprême d'Irlande, qui serait mort en l'an 403 de notre ère dans une expé- 
dition en Grande-Bretagne 2. Eochaid, son père, roi suprême avant lui, 
avait cinq fils, quatre mis au monde par sa femme légitime, Mongfinn, nom 
qui veut dire « à la belle chevelure », tandis que le dernier, Niall, né d'une 
captive, était, par là-même, exclu de tout droit à la succession paternelle. 
Niall donna un baiser à une fée vieille et hideuse que ce baiser transforma 
en une jeune et charmante femme, et, grâce à ce baiser, il devint roi su- 
prême d'Irlande au préjudice de ses quatre frères. M. Standish Hâves 
O'Grady a publié et traduit une version de cette histoire en 1892 dans la 
Siîva Gadelica (t. I. p. 328-330; t. IL p. 370-373'), d'après le livre de Bal- 
lvmote qui remonte à la fin du xive siècle; et M. Whitley Stokes, en 1897, 
au tome III des Iriscbe Texte, p. 316-323. a reproduit et mis en anglais une 
histoire semblable, quoique les noms propres y soient différents, et cela 
d'après un ras. de la fin du XV e siècle 3. 

Pour l'étude des textes irlandais. M. Maynadier a eu le concours de son 
collègue, M. F.-N.Robinson, professeur à la Harvard University, Cambridge, 
Massachusetts, États-Unis. M. Robinson doit publier ces textes avec tra- 
duction, notes, introduction et glossaire dans un prochain volume de la 
Grimm Library, éditée par la maison David Nutt, de Londres. 

VI. 

Le plus important, à nos yeux, des mémoires contenus dans le tome XIV 
du Cymmrodor qui vient de paraître, est dû à M. Kuno Meyer. Il a pour 
objet un texte irlandais que nous ont conservé deux mss. de la Bibliothèque 
Bodlévenne d'Oxford, cotés l'un Laud 610, l'autre Rawlinson B 502. Dans 
le premier (fol. 99/' 2), le titre est: De nuisis torche na n-Desi A. acuis toirge 
na n-Désse, fol. 99; dans le second (fol. -jia 2): Tairireà na n-Dcssi inso, 
ar a cboibne fri Fotharto ; ocus batar trichait Wiadan la Laigxàa. Le premier 



1. Annales de Tigernach, publiées par Whitley Stokes, Revue Celtique, 
t. XVII, p. 364; d. Hennessy, Annah of Ulster, t. I, p. 332-333; Cbro- 
nicon Scotorum, p. 264-265; Annah of the Four Masters, éd. O'Donovan, 
t. IL p. 806-807; Annah of Clonmacnoise, éd. Murphy, p. 175. Sur Cuan 
O'Lothchain, voyez O'Currv, ( '// the Manners and customs of the ancieut 
Irisb, t. II, p. 1 36-149. 

2. Annales des Quatre Maîtres, édition d'O'Donovan, t. I, p. 126-127. 
Flaithiusai Erend, dans le Livre de Leinster, p. 24, col. 1, 1. 37-38. 

3. On verra plus bas, p. 363-364, article VIII des Périodiques, quelle- 
est vraisemblablement la raison qui ht décerner la royauté a Niall. 



Chronique. ; s i 

titre peut être traduit par « Causes de l'expédition des Dessi », le second 
par: « Ici sont racontées les migrations que firent les Dessi à cause de 
« leur parenté avec les Fothairt ; ils furent trente ans en Leinster. » M. Kuno 
Meyer donne la leçon du second manuscrit et met en note les variantes du 
premier; le texte irlandais avec une traduction anglaise occupe les 
pages 104-135. A la page 112, § 11, est mentionné un établissement irlan- 
dais hi crich Demed, c'est-à-dire dans le pays de Galles comtés de Cardigan, 
Carmarthen et Pembroke, à la page 118. § 18, apparaît du vin, fin, venant 
a tirib Gall, c'est-à-dire des terres des Gaulois ; Gaulois est le sens primitif 
du mot Gall en irlandais avant que ce terme fût employé pour désigner les 
Scandinaves. Les événements racontés dans le document publié par 
M. K. Meyer eurent lieu sous le règne du roi suprême d'Irlande Cormac 
mac Airt. Suivant les Annales des Quatre Maîtres, Cormac aurait régné 
quarante ans, de 227 à 266; à son avènement il aurait été contemporain de 
l'empereur romain Alexandre Sévère ; il serait mort pendant le règne de 
Gallien. C'est aussi à peu près la doctrine des Annales de Tigernach (voir 
l'édition donnée par M. Whitley Stokes, Revue Celtique, t. XVII, p. 12-20), 
qui mettent l'avènement de Cormac sous le règne d'Héliogabale, prédéces- 
seur d'Alexandre Sévère et qui le font régner quarante-deux ans au lieu de 
quarante seulement. 

Nous signalerons aussi dans ce volume (p. 86-95) un mémoire du Rév. 
S. Baring Gould sur la vie d'un saint gallois appelé dans les vies latines 
Kepius ou Kebius'-. Suivant les Bollandistes, ce saint vivait au iv e siècle; 
mais il faut dire VI e siècle 2 ; le grand-père de Kepius mourut en 522 ; Kepius 
alla en Irlande se placer sous la direction de saint Ende 5 qui vécut jusqu'en 
5424; il fut contemporain de Maelgwn, roi gallois de Gwynedd, mort 
en 547 î, et même il lui survécut; M. Baring Gould met la date delà 
mort de saint Kepius en 554. Ce mémoire de M. Baring Gould me semble 
fort bien composé, je ne reprocherai qu'une chose à l'auteur, c'est de ne 
pas donner de citations précises des textes sur lesquels il s'appuie. 

VII. 

La Folklore Society vient de publier un ouvrage de M. Robert Craig Mac- 
lagan sur les jeux actuellement usités dans le comté d'Argyle, en Ecosse : 
The Gaines and Diversions of Argyleshire. Quelques uns de ces jeux remontent 
à une date fort ancienne, tel, pages 24 et suivantes, un jeu de balle où la 



1. Bibliotheca hagiographica latina der Bollandistes, p. 693, n os 4639-4641 . 

2. Cf. Bibliotheca historica niedii aeri, t. II, p. 141 3. 

3. Enna dans la vie latine de saint Kepius, publiée par Rees, Lires of the 
Cambro-british Saints, p. 184. 

4. Bibliotheca hagiographica latina, p. 382, n° 2543 ; cf. Bibliotheca histo- 
rica niedii aevi, 2^ édition, t. II, p. 1290. 

3. Lives of the Cambro-british saints, p. 186; cf. Annales Cambriae, pu- 
bliées par John Williams ab Ithel, p. (.. 



3 $2 Chronique. 

balle est lancée au moyen d'un bâton appelé cuman, une sorte de raquette 
celtique; ce jeu s'appelle en Argyle cumanachi, nom dérivé de cuman ; or, 
une glose du Senchus Môr (Ancient Laivs and Institutes of Ireîand, t. II, 
p. 147) parle des cuman dont se servait le fils du roi d'Irlande, dit qu'ils 
étaient ornés de laiton, creduma, tandis que les ornements des autres cuman 
étaient de cuivre, uma. La plus ancienne notation de cuman est camman : 
il est question de ce bâton à lancer les balles (bent stick for hurling suivant 
O'Reilly) dans le récit du premier des exploits de Cùchulainn enfant, Livre 
de Leinster, p. 62, col. 1, 1. 46-47: gebid a-chamman creduma, que 
E. O'Curry, On the manners, t. II, p, 359, a traduit par: Hc look ... bis 
red-bron^e Hurl. M. Maclagan, après avoir donné ce texte en anglais sans 
renvoi à l'édition, cite, p. 37, un autre passage de la même composition 
épique et reproduit ce passage d'après le Livre de Leinster, mais sans dire le 
numéro de la page, qui est 63, 1. 33-43; or, dans ce passage, le mot 
camman ne se trouve pas ; le texte irlandais que M. Maclagan aurait dû re- 
produire est le précédent qu'il s'est borné à rendre en anglais. 

La légende de Cùchulainn n'est pas la seule à laquelle nous fasse re- 
monter le livre de M. Maclagan ; celle de Finn y apparaît, p. 179-180. 

Le Dindsenchas publié par M. Whitley Stokes y est cité, p. 231, mais 
M. Maclagan ne dit pas où l'on peut trouver le texte en question, qui a paru 
dans la Revue Celtique, t. XV, p. 335. Probablement M. Maclegan dira: 
M. d'Arbois est un critique désagréable, je lui ai fait perdre du temps à 
chercher les textes que je cite, tant mieux, c'est ma vengeance. 

VIII. 

Le tome second des Etudes de numinastique de M. Adrien Blanchet, Paris, 
Leroux et Feuardent, 1901, est un recueil d'articles insérés par l'auteur dans 
diverses publications, de 1893 à 1900. Quelques-uns de ces articles ont 
rapport aux études celtiques ; trois concernent des trouvailles de monnaies 
gauloises : i° à Pomarez (Landes), en 1892, p. 13-19 ; 2 dans diverses lo- 
calités du Sud-Ouest de la France, 1827- 1892, p. 220-223 ; 3 à Francueil 
(Indre-et-Loire), 1900, p. 229-231. Dans un autre mémoire, p. 280-282, 
M. Blanchet donne la liste des travaux les plus importants dontles monnaies 
celtiques ont été l'objet de 1892 à 1897. Citons aussi, p. 95-104, une étude 
sur deux pièces inédites de Tetricus et de son fils. 

IX. 

Un Irlandais, M. T. O. Russel, voudrait vulgariser parmi ses compa- 
triotes les textes moyen-irlandais que publient les linguistes et que les Ir- 
landais d'aujourd'hui ne comprennent pas sans difficulté. 11 a entrepris de 
les traduire en irlandais moderne. Il vient de m'adresser un petit volume 
où se trouve arrangé par lui le texte du Borama publié par M. Whitley 
Stokes dans la Revue Celtique, t. XIII, p. 36-117. 

Le texte eu Livre de Leinster, que M. Whitley Stokes a reproduit, débute 



Chronique. 555 

par les mots : Ard-ri rogab for Herinn; « Il y avait un roi suprême qui do- 
« minait en Irlande » ; M. T. O'Russel écrit: Do ghabh dvd righ ar Eirinn. 
Citons aussi la phrase irlandaise qui veut dire « C'est ce Tuathal qui s'em- 
para de l'Irlande par force. » On lit dans le Livre de Leinster: Is e in Tua- 
thal sain rogab Herinn ar-ècin ; chez M. Russel : h è an Tuathal sin do ghabh 
Eire ar èigean. Il y a là matière à une intéressante étude grammaticale. 

X. 

Guaire mac Colmain, dit ordinairement Guaire Aidne, fut roi de Con- 
naught au vn e siècle. Il avait un frère nommé Marban qui s'était fait moine. 
Marban, servant de conseiller à Guaire, lui indiqua le moyen de se débar- 
rasseï de la légendaire « lourde compagnie », tromdim, dont l'histoire est 
une sorte de préface au Tdin ho Cuailngi 1 . M. Kuno Meyer vient de faire 
paraître une jolie brochure de 30 pages 2 contenant trois poèmes dont le 
premier est une conversation entre Marban et Guaire Aidne ; elle était iné- 
dite, et M. K. Meyer l'a publiée d'après un ms. du xvie siècle conservé au 
Musée Britannique où il est coté Harleian 5280; M. K. Meyer accompagne 
d'une traduction et d'un glossaire la reproduction du texte irlandais. 

Le second poème, dont M. Meyer donne, avec le texte irlandais, une tra- 
duction, est une invitation à la libéralité ; ce serait probablement du haut 
du paradis que saint Columba, mort en 597 5, l'aurait adressée à Guaire, qui 
mourut soixante-cinq ans plus tard ; cette pièce provient d'un ms. de la 
Bibliothèque bodleyenne d'Oxford où il est coté Laud 615. 

M. K. Meyer termine par un quatrain qui, suivant le glossaire de 
Cormac, aurait été composé pour plaindre Guaire ou Laidgen. On trouve ce 
quatrain dans la copie du glossaire de Cormac conservée par le Livre jaune 
de Lecan, ms. du xiv e siècle, appartenant à la bibliothèque du collège de 
la Trinité de Dublin, p. 259, col. 2, 1. 24-25, de la photogravure publiée 
sous la direction de M. R. Atkinson en 1896; dans cette copie le titre est: 
oc-cainiud Guaire no Laidgen ; « Pour plainte sur Guaire ou Laidgen ». 

Le texte irlandais du quatrain et de son titre a été publié très exactement 
d'après ce manuscrit par M. Whitley Stokes en 1868 dans sa traduction du 
glossaire de Cormac, p. 26. M. Kuno Meyer a trouvé dans le ms. H. 3. 18 
du Collège de la Trinité de Dublin, p. 64 c et 633, deux copies du même 
quatrain, et dans ces deux copies le nom de Guaire a disparu du titre. Ces 
deux copies sont du xvi e siècle, je ne vois pas pourquoi les préférer à 
celle du Livre Jaune de Lecan, xiv e siècle ; il est fort possible que le qua- 
train soit un fragment d'une complainte sur la mort de Guaire, 662 4, au- 



1. Voir à ce sujet H. Zimmer dans la Revue de Kuhn, t. XXVIII, 
p. 426-439. 

2. Ring and Hennit, librairie David Nutt à Londres. 

3. Bibliotheca hagiographica latina, t. I, p. 284. 

4. Annales des Quatre Maîtres, édition d'O'Donovan, t. I, p. 270-271 : 
Annales de Tigernach dans Revue Celtique, t. XVII, p. 197. 



Chronique . 

quel était associé par une raison quelconque le nom du lépreux Laidgen, 
qui peut fort bien avoir survécu à Guaire et n'être pas identique à saint 
Laidhgen mac Baoith, mort le 12 janvier 660 ', deux ans avant Guaire. 

XI. 

Le second volume (première partie) de la métrique galloise de M. J. Loth 
vient de paraître à la librairie Fontemoing, rue Le Goff, à Paris. Il forme le 
tome X du Cours de littérature celtique. Il est divisé en deux livres, traitant 
le premier des laisses et des strophes, le second delà cynghanedd. Un compte 
rendu spécial sera consacré à cette importante publication. 

XII. 

La Realencyclopaedie fur protestant ische Théologie und Kirche, publiée sous 
la direction du docteur J. J. Herzog, a eu deux éditions complètes; la troi- 
sième paraît en ce moment et atteint la lettre K. Les trois éditions ont 
chacune un article consacré à l'église d'Irlande. Dans la première édition, 
t. III (i8)>), l'article est intitulé Culdeer et occupe six pages, de 196 à 202 ; 
il a pour auteur M. Schoell, et comme il est antérieur à l'ouvrage de 
Haddan and Stubbs, Connais and ecclesiastical Documents relating to Créât 
Britain and Ireland, 1 869-1878, il est forcément très arriéré. Cet article a 
été refondu par son auteur, en 1881, dans le tome VIII, p. 354-35), de la 
seconde édition de la Realencyclopaedie précitée, et là le titre de Keltische 
Kirche remplace celui de Culdeer donné dans la première édition. Keltische 
Kirche est aussi le titre de l'article inséré dans la troisième édition, t. X 
(1901), p. 204-243. Cet article a été composé par M. H. Zimmer, le sa- 
vant professeur de Greifswald. Voici ses divisions : i° sources, 2 commen- 
cement du christianisme en Grande-Bretagne, 5 introduction du christia- 
nisme en Irlande, 4° l'église celtique du VI e au vm e siècle dans le Pays de 
Galles, 5 l'église celtique du VI e au vm e siècle en Irlande et dans le nord 
de la Grande-Bretagne, 6° assimilation de l'église celtique à l'église romaine 
dans le Pavs de Galles, 7 le même phénomène en Irlande, 8° conclusion 
sur les différences entre l'église celtique et l'église romaine. 

Le relevé des sources à consulter me paraît fort bien fait et le reste du 
travail atteste une connaissance approfondie du sujet. Il n'y a que quelques 
détails à critiquer. En voici un. Au j 3. M. Zimmer veut prouver qu'avant 
l'apostolat de saint Patrice il y avait des chrétiens en Irlande. C'est une 
démonstration qui a été faite en 185 1 - par O'Donovan dans sa préface aux 

1. Annales des Quatre Maîtres, t. I. p. 272-275 ; cf. Annales de Tiger- 
nach éditées par Whitley Stokes dans Revue Celtique, t. XVII, p. 196; voir 
aussi Calendar of Oengus, p. xxxiv; Martyrology of Donegal, p. 15 ; Marty- 

1 of Gorman, p. [4. 

2. C'est la date de l'exemplaire que je possède. L'édition de 1856 que je 
vois souvent citer est-elle autre chose que la même édition avec un titre 
nouveau? C'est ce que je n'ai pu vérifier. 



Chronique, ;s\ 

Annales des Quatre Maîtres, p. L, li. M. Zimmer prétend apporter d'autres 
preuves, il les trouve, p. 210, dans cinq vies de saints, d'où il résulterait 
que l'Irlande méridionale était chrétienne avant l'arrivée de saint Patrice, 
432. Les pieux personnages dont ces vies racontent l'histoire sont, dit 
M. Zimmer, des contemporains de saint Patrice, ils étaient indépendants de 
lui, et ils ont chacun, dans la partie de l'Irlande méridionale qu'ils habi- 
taient, converti les habitants au christianisme. Mais de ces saints, un seul 
semble avoir vécu comme saint Patrice au V e siècle, c'est saint Kiaran, 
évêque de Saigir, aujourd'hui Seirkieran dans le Kingscounty, royaume 
de Leinster ' ; encore faudrait-il le rejeter au vi e siècle, si l'on admettait 
son identité soit avec le Ciaranus, soit avec le Ceranus du deuxième ordre 
des saints d'Irlande, 5 3 2-598 2 . Trois autres paraissent n'avoir existé qu'au 
vi e siècle, ce sont saint Declan î, saint Ailbe4, saint Ibar S. Enfin, il en est 
un qu'on place au vi e -vn e siècle 6 ou au VI e siècle finissant 7, c'est saint 
Abban, le saint Albanus des Vita sanclorum Hiberniae ex codice Sâlmanticensi. 

M. Zimmer a donc tort de citer les vies de saint Declan, de saint Ailbe, 
de saint Ibar et de saint Abban, comme preuves de l'existence du christia- 
nisme dans l'Irlande méridionale avant saint Patrice, parce que Declan fut 
évêque d'Ardmore dan's le comté de Waterford 8 , saint Ailbe, évêque 
d'Emly, comté de Tipperary9, et que ces localités sont situées dans le 
Munster, parce qu'enfin saint Kieran, saint Ibar et saint Abban appar- 
tiennent au Leinster. 

La plus grande partie du § 3 est consacrée à la vie de saint Patrice. 
J'admets comme M. Zimmer, p. 217, que Cothraige, un des noms de saint 
Patrice, fut au commencement du v« siècle la prononciation irlandaise du 
latin Patricius. Mais M. Zimmer ajoute à cette doctrine celle-ci, p. 216-218: 



1. Bibliotheca hagiographica latina, p. 695 ; Bibliotheca Jristorica medii aevi, 

2 e édition, p. 1244, 1 4 1 3 . 

2. Hadaan and Stubbs, Councih and ecclesiastical Documents relating to 
Great Britain and Ireland, t. II, partie II, p. 293. 

]. Bibliotheca bagiographicà latina, p. 349; Bibliotheca historica medii aevi, 
t. II, P- 1265. M. Zimmer a publié, Glossae hibernicœ, p. 283, un fragment 
d'une vie de saint Declan d'après Usher. Ce fragment est le point de départ 
de la thèse de M. Zimmer : il fait d' Ailbe et de Declan des contemporains 
de saint Patrice; il n'a donc aucune valeur historique. 

4. Bibliotheca hagiographica latina, p. 23 ; Bibliotheca historica medii aevi, 
t. II, p. 1146. Sur la date de la mort de saint Ailbe, 526 ou 341, voir An- 
nales des Quatre Maîtres, édition d'O'Donovan, t. I, p. 182-183, note c - 
Le Chronicon Scotorum donne la date de 531 ; voir l'édition de Hennessy, 
p. 44-45. Or M. Zimmer date de 459 la mort de saint Patrice ; cette mort 
aurait donc eu lieu au moins soixante-sept ans avant celle de saint Ailbe. 

5. Bibliotheca historica medii aevi, t. II. p. 1386. 

6. Bibliotheca hagiographica latina, p. 1. 

7. Bibliotheca historica medii aevi, p. 11 31. 

8. Harris, The works of James Ware, Dublin, 1739, t. I, p. 548. 

9. Harris, ibidem, p. 491. 



5 56 . Chronique. 

c'est que Palladius, dérivé du nom de Pallas, déesse de la guerre, est la 
traduction latine de Sitcat « bon guerrier », nom breton de Patrice, et que 
par conséquent Patrice est identique au Palladius sacré évèque à Rome par 
le pape Célestin I er , 422-432. Cette dernière thèse est en contradiction 
avec la vie de Patrice par Muirchu Maccu Machteni, suivant laquelle Pa- 
trice, parti de Grande-Bretagne avec l'intention d'aller visiter le siège apos- 
tolique, s'arrêta près de l'évêque saint Germain d'Auxerre, n'alla pas plus 
loin et fut sacré évèque par un certain Amathorex après la mort de Palla- 
dius '. Mg r Duchesne, Bulletin critique, n° du i cr août 1888, rejette comme 
apocryphe ce que racontent des voyages de saint Patrice sur le continent, 
non seulement Tirechan, qui le fait aller jusqu'en Italie, mais même Muirchu 
qui l'arrête à Auxerre. Il croit que ces voyages dont la Confessio ne dit mot 
ont été inventés au vn e siècle. 

Je ne puis, faute de place et de temps, entrer ici dans plus de détails sur 
ce mémoire de M. Zimmer, un des meilleurs travaux dont l'histoire la plus 
ancienne de l'église chrétienne dans les Iles-Britanniques ait été l'objet 
jusqu'ici, mais le savant auteur ne me semble pas donner sur tous les 
points la solution définitive des questions qu'il a traitées. 

XIII. 

Nous avons eu le regret d'apprendre, fin d'avril dernier, la mort de 
l'évêque d'Oxford, William Stubbs, auteur, en collaboration avec Arthur 
West Haddan, du bel ouvrage intitulé: Councils and ecclesiastical documents 
relating to Great Britain and Ireîand, recueil où sont réunis la plupart des 
textes qui peuvent servir de base à une étude sur l'histoire de l'église cel- 
tique en Grande-Bretagne et en Irlande, si nous laissons de côté les mar- 
tyrologes et les documents liturgiques. 

XIV. 

On annonce la publication prochaine d'importants textes gallois, les uns 
en photogravure, les autres imprimés en caractères. Par exemple on don- 
nerait en photogravure le plus ancien manuscrit des lois galloises, on im- 
primerait en caractères le Livre noir de Carmarthen. un dictionnaire du 
vieux et du moderne gallois, etc., etc. 

XV. 

Le savant professeur de Dublin, M. R. Atkinson, a été récemment élu 



1. Withley Stokes, The tripartite Life, p. 270, 272, 496; Hogan, Docu- 
menta de sancto Patricio, p. 23-25; Analecla Bollandiaua, t. I, p. 552-553. 
A ces textes, M. Zimmer oppose un passage de Tirechan, The tripartite Life, 
p. 302; Hogan, p. 58; Analecla Bollandiana, t. II, p. 36. 



Chronique. 357 

président de l'Académie royale d'Irlande. Il travaille toujours au diction- 
naire irlandais qu'il nous fait depuis si longtemps espérer. 

XVI. 

M. O Schrader vient de faire paraître à la librairie Trùbner, de Stras- 
bourg, le second volume de son savant Reallexicon der ir.dogermanischen Al- 
tertunskunde, dont nous avons annoncé le premier volume dans notre li- 
vraison de janvier dernier, p. 135-136. Je regretté que cet ouvrage n'ait 
pas été disposé par ordre de matières. Les recherches y seraient, pour moi 
du moins, plus faciles. Un index aurait rendu tous les services que l'on peut 
attendre de l'ordre alphabétique. Dernièrement je m'occupais de l'usage 
indo-européen de tuer les vieillards ; c'est un article de YAthenaeuiu du 
8 juin dernier, p. 718, qui m'a appris que cette question était traitée par 
M. Schrader sous la rubrique Allé Lente. J'aurais dû le deviner, dira-t-on; 
mais je pensais à vieillard, Greis, à grand-père, Gross-vater, à meurtre, 
Mord, Toedtung, et je ne trouvais rien. Cette mésaventure ne m'empêchera 
pas de recommander cet ouvrage aux lecteurs de la Revue Celtique. 

XVII. 

Quelques-uns des admirateurs de réminent savant italien, M. Graziadio 
Ascoli, viennent de publier en son honneur un recueil de mélanges qui a 
paru à Turin chez Hermann Loescher. Je l'ai appris par deux tirages à part 
dont je vais dire un mot. Si j'avais été prévenu plus tôt, c'est-à-dire quand 
ce recueil de mélanges était à l'état de projet, je me serais fait un devoir 
d'y collaborer; car M. Ascoli n'a pas de plus grand admirateur que moi. 

Le I er des tirages à part dont je veux parler a pour auteur M. Victor 
Henry, l'auteur du Lexique étymologique du breton moderne qui a paru l'année 
dernière à Rennes chez Plihon et Hervée, l'auteur aussi de plusieurs autres 
ouvrages qui attestent une connaissance approfondie de la grammaire indo- 
européenne. Le sujet est une étude étymologique de vingt-six mots bretons, 
peut-être ceux du vocabulaire qui présentent le plus de difficulté. Les solu- 
tions offertes par le savant professeur seront-elles toutes considérées comme 
définitives ? Je n'oserais l'affirmer. En tout cas, M. Henry a eu raison de 
les proposer ; elles serviront de point de départ à une discussion future, 
s'il y a lieu. 

Le second des tirages à part que je dois signaler à l'attention des lecteurs 
de la Revue Celtique est un mémoire de M. R. Thurneysen sur les adverbes 
irlandais en -ici, -ith, qui suivant lui ne peuvent guère offrir un exemple du 
mode de formation qu'on a cru jusqu'ici remarquer dans le mot PpaxouSe 
connu depuis longtemps grâce à une inscription de Nîmes (Whitley Stokes, 
Ceïtic Declension, p. 52; Corpus inscriptionum laliiiaruiii, t. XII, p. 383). 
Dans PpafouSe, o£ serait une préposition postposée. Sur le sens de ce mot 
identique au latin merito, voyez Planta, Grammatik der oskisch-umbrischen 
Dialecte, t. I, p. 303. Cf. Revue Celtique, t. IX, p. 195, t. XI, p. 251. 

Revue Celtique, XXII. 24 



$8 Chronique. 



XVIII. 

Le libraire de Bologne, Nicolas Zanardclli, me prie d'annoncer la publi- 
cation prochaine de la troisième partie des Appunti Lessicali e Toponomastici 
par le professeur Tito Zanardelli. Ce travail traitera de l'élément -bo-, -ba 
dans les noms de lieu de la Ligurie et de la relation de ces noms avec la 
question ibérique. 

XIX. 

Le 3 juillet présent mois, en séance de Y Archaeological Institut e, M. Bur- 
nell Lewis a lu une notice sur les antiquités du musée de Toulouse et no- 
tamment sur la plus ancienne inscription lapidaire romaine qui ait été si- 
gnalée jusqu'ici en Gaule. Elle date de l'année 47 avant J.-C, c'est le 
n° 5388, p. 628, du Corpus inscriplionum latinantm, tome XII. 

XX. 

Notre jeune collaborateur, le D r américain A. C. L. Brown, dont on a 
lu un savant article plus haut, p. 339-344, a eu cette année une bourse de 
voyage accordée par la Harvard University ; il a passé une partie de son 
temps à Paris fréquentant les cours de l'Université, du Collège de France et 
de l'École des Hautes Études ; il retournera en septembre aux États-Unis; 
il sera suppléant à l'Université de Wisconsin où il professera l'anglo-saxon 
et le moyen-anglais. Nous espérons que son enseignement lui laissera 
quelques loisirs et qu'il les consacrera aux études celtiques où ses débuts 
font également honneur à lui et à son maître, M. Robinson. 

Paris, le 1 3 juillet 1901. 

H. d'Arbois de Jubainville. 



POSTSCR1PTUM. 

Au moment de donner le bon à tirer de cette livraison, je lis dans 
l' Athenaeutn le compte rendu d'une visite faite au vaïlum Hadriani le 

22 juillet de la présente année par les membres de la British archaeological 
Association. La liste des camps établis pour la défense de ce rempart romain 
et l'indication des garnisons qui les occupaient sont données dans la No~ 
titia dignitatum qui date des environs de l'année 410 ', c'est-à-dire qui est 
contemporaine de l'abandon définitif de la Grande-Bretagne par les 
armées romaines. 

1. Teuffel-Schwabc, Geschichte der rômischen Literatur, 3 e édition, p. 1163. 



Chronique. 359 

Ces camps étaient au nombre de vingt-trois, situés le premier à partir de 
l'est à Segedunum, aujourd'hui Cousin's House en Northumberland ', le 
dernier à l'ouest à Virosidum, aujourd'hui Ellenborough, Old Carlisle, dans 
le Cumberland 2 . La partie la mieux conservée du rempart est située, 
paraît-il, entre le sixième et le huitième camp à partir de Segedunum, c'est- 
à-dire entre Cilurnum, aujourd'hui Walwick en Chesters, et Borcovicus, 
aujourd'hui Housesteads, tous deux en Northumberland 3. Le mur du 
vallum paraît avoir eu environ vingt pieds anglais, soit environ six mètres 
de haut. De mille en mille romain se trouvait une redoute, les camps 
étaient plus espacés. Le congrès archéologique visita d'abord celui de Bor- 
covicus ; il a une contenance d'environ cinq acres, soit deux hectares. De 
l'examen des constructions, il résulte que ce camp a été détruit et rebâti 
deux fois. C'est un quadrilatère avec une porte centrale sur chaque face et 
une tour à chacun des quatre angles. La garnison consistait en une cohorte 
de Tungri, c'est-à-dire en fantassins gaulois, tandis qu'à Cilurnum il y 
avait un escadron ala de cavalerie ibérique, des Astures. Le camp de Ci- 
lurnum est un peu plus grand que celui de Borcovicus, il a une dizaine 
d'ares de plus, et sur chaque face du quadrilatère, on voit les restes de 
deux tours, une de chaque côté de la porte centrale outre les tours des 
angles. Dans l'intérieur des deux camps on retrouve les fondations des édi- 
fices, casernes, arsenal, prétoire ; on peut montrer l'emplacement du 
forum. Toutes les constructions ont été élevées sous la direction d'ingénieurs 
romains, mais évidemment par des ouvriers du pays, et une partie des gar- 
nisons établies dans les camps du vallum étaient gauloises ou brittoniques, 
c'était à Pons Aelii une cohorte de Carnovii ; à Vindolana la cohorte qua- 
trième des Galli, à Glannibanta la cohorte première des Morini, à Alionala 
cohorte troisième des Nervii, à Virosidum la cohorte sixième des Nervii. 
Quant aux noms des camps, ils sont la plupart d'origine celtique. 

Le lendemain 23, le congrès visita Holy Island sur la côte du Northum- 
berland. C'est là qu'en 635 l'irlandais saint Aidan vint s'établir et fonder 
une abbaye (Bède, livre III, chap. 3); mais de cette abbaye il ne reste au- 
cune ruine ; les plus anciennes constructions qu'on trouve à Holy Island 
ne sont pas antérieures à l'époque normande. 

H. d'Arbois de Jubainville. 



1. Pétrie et Thomas Duffus Hardv, Monumenta historica Britannica, 
p. CXLIV. 

2. Ibidem, p. cxlv. 

3. Ibidem, p. cxl, cxxxix; A. Holder, Altccltischer Sprachschat-, t. I, 
col. 1015, 489, qui écrit Borcovicium. 



PÉRIODIQUES 



SOMMAIRE: I. The Journal of the royal Society of Antiquaries of Ireland. — II. 
Zeitschrift fur vergleichende Sprachforschung. — III. Annales de Bretagne. — 
IV. Revue des études anciennes. — V. Revue épigraphique. — VI. Beitnege zur 
Kunde der indogennanischen Sprachen. — VII. Journal of american Philology. — 
VIII. Archaeologia Cambrensis. — IX. The Gael. — X. Celtia. — XI. Revue ar- 
chéologique. — XII. Archiv fur schweizische Altertumskunde. — XIII. Archeologo 
portuges. — XIV. Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et 
scientifiques. 



I. 

The Journal of the royal Society of Antiquaries of Ireland, 
vol. XXXI, partie 2. — Les deux plus intéressants articles de cette livraison 
me semblent être : i° celui de M. Patrick J. O'Rcilly sur les leac ou stèles 
funéraires et les croix monumentales du comté de Dublin, baroniede Rath- 
down ; 2° la notice de M. J. Rhys sur l'inscription ogamique de Tullaghane, 
comté de Mayo, en Connaught. M. Rhys lit qyegxi MAQI NANIM...H, ou 
qnegni MAQI en ne présentant le reste de la lecture que comme une hypo- 
thèse. La livraison se termine par le rapport sur une excursion faite à 
Glenn-da-lough, comté de Wicklow en Leinster, cù exista jadis une abbaye 
dont le fondateur, saint Kevin, Coetngin, Caoimhghin, mourut, suivant les 
Annales des Quatre Maîtres, en 617 '. Glen-da-lough fut le siège d'un 
évêché réuni à celui de Dublin en 1214 2 . Ce rapport est orné de gravures 
qui représentent des ruines d'édifices en pierre, probablement fort anciens, 
mais parmi ces ruines a-t-on réellement la maison qu'habita saint Kevin? 
Je ne connais pas assez l'archéologie irlandaise pour me prononcer sur ce- 
point. 

IL 

Zeitschrift 1 ùr vergleichende Sprachforschung auf de.m Gebiete 



1. Cf. Annales deTigernach, éditées parWhitley Stokcs, Revue Celtique, 
t. XVII, p. 175. 

2. Sur l'évêché deGlenndalough, voir The works of James Ware, édition 
Harris, t. I, p. 371-378. 



Périodiques. 36 J 

DER IXDOGERMAXISCHEX SPRACHEN, BEGRUXDET VON A. Kb'HN, HERAUSGE- 

gebex von E. Kuhn tjxd J. Schmidt. — L'attention des celtistes mérite 
surtout d'être attirée par deux articles, l'un de M. Zupitza, l'autre de 
M. Thurnevsen. M. Zupitza explique par la substitution de la sourde à la 
sonore aspirée: i° le latin habeo pour *ghabeo, d'une racine ghabh, identique 
à celle de l'irlandais gabim « je prends », 2° le latin capio, en gothique 
hafjan « élever », p. 387; comparez le latin capcr, le grec xâ-poç, le français 
chèvre, à l'irlandais gabor, en gallois ga.fr, en breton gaur, gaour, même 
sens. L'auteur étudie, p. 392, le traitement de la sourde initiale dans les 
langues néo-celtiques. P. 404, M. Zupitza recherche l'origine du datif sin- 
gulier irlandais anmimm « au nom » et il explique l'mm final par un n pri- 
mitif assimilé à Y m antécédent. 

M. Thurnevsen, p. 423, 424, pense que le t final de la troisième per- 
sonne du pluriel en irlandais peut avoir été final en celtique primitif, et 
comme preuve il allègue le nominatif accusatif pluriel irlandais det « les 
dents », qui suivant lui n'aurait pas eu de voyelle finale, ce qui ne me pa- 
raît nullement prouvé (voyez Brugmann, Grundriss, t. II, p. 687-688), 
mais est simplement possible. M. Thurneysen termine par une étude sur la 
préposition irlandaise la = *let-os, lequel *îet-os aurait une variante ïet-s, 
avec forme réduite -s- du suffixe -os, dont tout le monde connaît la va- 
riante -es-. 



III. 

Axxales de Bretagxe, t. XVI, n° 3 . — Notes de phonétique bretonne 
dialectale par M. J. Vendryès. L'auteur établit qu'à l'ouest de Quimper 
c'hw = su se prononce f dans certains mots, c'ho dans d'autres. Suivant 
M. Vendryès, le son c'ho se produit quand la voyelle suivante est sombre 
(a, 0), / quand la voyelle est claire (e, z); c'hoar « sœur » = * suesor, semble 
en contradiction avec cette loi, mais c'est de la voyelle moderne a dans 
c'hoar que M. Vendryès veut parler. 

Il constate en outre à Douarnenez une tendance à faciliter la pronon- 
ciation du c'h final, quand une consonne le précède immédiatement: entre 
/ et c'h on intercale une voyelle hystérogène a ; r suivi de c'h disparaît ; à 
Lannion l'a hystérogène s'intercale dans les deux cas, c'est-à-dire après r, 
comme après /. 

Enfin le groupe dl devient gl à Douarnenez. 

M. F. Vallée publie une chanson bretonne inédite. 

Nous trouvons après cela trois articles : 

i° Suite des étymologies bretonnes proposées par M. E. Ernault: 

2 Un conte irlandais recueilli par M. Douglas Hvde et traduit par 
M G. Dottin; la sorcellerie y joue un rôle considérable ; 

3 Chansons bretonnes recueillies et traduites par M. Francès. 

N° 4. — Recueil par M. F. Duine de documents liturgiques sur saint 
Turiaw, évêque-abbé de Dol. Ce saint est celui dont Albert le Grand « La 
<f vie, gestes, mort et miracles des saints de Bretagne Armorique », pre- 

Revue Celtique, XXII. 24 . 



}62 Périodiques. 

mière édition, p. 199-203, a publié une vie légendaire. Dans le texte, 
Albert le Grand l'appelle Thuriau ; à cette orthographe il substitue l'ortho- 
graphe défectueuse Thurian dans le titre de la vie et dans le titre courant. 
Thuriavus est la notation : du bréviaire de saint Malo, 1537; du bréviaire 
de Dol, 15 19, 1770; Turianus apparaît en 1487 dans le missel de Paris. — 
Conte irlandais de Caoilte aux longs pieds, recueilli par M. Douglas Hyde 
et traduit par M. G. Dottin. Il ne faut pas confondre ce Caoilte avec celui 
de YAgaïlatnh na Senorach. — Suite des savantes notes d'étymologie bre- 
tonne dues à la plume ingénieuse de M. Emile Krnault. 

IV. 

Revue des études anciennes, t. III, n° 2, avril-juin 1901, p. 131 et 
suivantes. — Critique par M. Jullian des textes grecs et latins relatifs à la 
reddition de Vercingétorix après la capitulation d'Alise. J'ai étudié le 
même sujet dans un livre qui est en ce moment sous presse et je suis arrivé 
sur la plupart des points au même résultat que M. Jullian. 

Souvenirs par le même M. Jullian d'un voyage à Alise. Il insiste sur 
l'importance religieuse que cette ville aurait conservée à l'époque romaine. 

V. 

Revue épigraphique, fondée par Auguste Allmer, continuée par le capi- 
taine Espérandieu, avril-mai-juin 1891. — Dédicace deae temusioni 
trouvée à Saint-Marcel-lez-Chalon (Saône-et-Loire). 

VI. 

Beitraege zur Kunde der indogermanischen Sprachen herausgegeben 
von Dr. Ad. Bezzenberger und Dr. W. Prellwitz, t. XXVI, 3 e cahier, 
p. 231. — Note de M. Max Niedermann sur le nom de l'index. En grec 
ce nom est "kiyctvoq « celui qui lèche », dérivé de la forme réduite de la 
racine du verbe Xeîyw « je lèche ». Pourquoi? Le breton l'explique: 
l'index s'appelle en breton bi~ar iod « doigt de la bouillie »; c'est le doigt 
avec lequel les gens économes prennent dans l'assiette ou l'écuelle le reste 
de la bouillie, tandis que les prodigues le laissent perdre ; l'homme d'ordre 
fait avec ce doigt l'opération que les chiens, êtres intelligents, exécutent 
avec la langue. 

VII. 

Journal of american Philology, t. XXI, deuxième livraison, p. 188 
et suivantes. — Mémoire de M. Otto B. Schuilter intitulé : Some celtic 
traces in the glosses. Celle de ces traces qui parai: la plus certaine est orge, 
glosant occide; orge est la seconde personne du singulier de l'impératif du 
verbe irlandais orgim « je tue ». 



Périodiques. 565 



VIII. 

Archaeologia Cambrexsis. 6 e série, vol. I, partie 2, avril 1901. — ■ 
Étude archéologique, par M. Harold Hugues, sur Ynvs Seiriol, petite île 
située au Sud-Est de l'île d'Anglesey, et où, dès le vn e siècle de notre ère, 
un établissement ecclésiastique paraît avoir existé. — Comparaison entre 
les institutions galloises et celles de l'Inde par le Révérend G. Hartwell 
Jones. La plupart des institutions communes à l'Inde et au pays de Galles 
sont indo-européennes. L'auteur pose avec raison en principe cet axiome 
que le droit de la mère, tnutterrecht, était étranger aux Indo-Européens ; 
mais il admet que ce droit existait chez les Pietés; je ne considère pas cette 
doctrine comme établie, quoique Bède en ait pu dire et malgré l'opinion 
conforme de M. Schrader, Reallexicon, p. 565-566, où l'on trouve reproduit 
sur ce point la doctrine émise par M. H. Zimmer en 1894, Zeitschrift der 
Savigny-Stiftung fur Rechisgeschichte, tome XV, p. 209-240 '. 

En Irlande, la royauté était élective et non héréditaire dans le sens où 
nous l'entendons. L'absence de l'hérédité telle que nous la concevons est 
une conséquence du principe posé dans le Senchus Mâr (Ancient Ldï 
Irehud, t. II, p. 278): le chef de la famille est le plus digne suivant le juge- 
ment des gens, iar n-dninib. C'est la loi observée en Irlande pour le choix 
du roi suprême -. C'est le principe du droit germanique: reges ex nobilitate, 
duces ex virtute stimunt (Tacite, Germània, c. 7. 

Voici d'après les Annales des Quatre Maîtres l'ordre de succession des 
rois suprêmes d'Irlande pendant deux siècles. 

Eochaid Muigmedoin, 358-365 après J.-C, avait cinq fils, aucun ne lui 
succéda immédiatement. Son successeur immédiat, Crimthan, était son 
beau-frère et appartenait à une autre famille. Le successeur de Crimthan 
fut un des cinq fils d'Eochaid Muigmedoin, celui qui avait le moins de droit 
héréditaire, le fils d'une concubine, à l'exclusion des quatre enfants légi- 
times, Niall Xoigiallach, qui régna de 379 à 405. Celui-ci laissa au moins 
quatre fils et il eut pour successeur son neveu Dathi, fils de son frère 
Fiachra. Dathi étant mort en 428, ce ne fut pas son fils qui lui succéda, ce 
fut le cousin germain de Dathi, ce fut Loegaire, fils de Xiall Xoigiallach, 
et au décès de Loegaire en 458, ce fut le fils de Dathi, Oilioll Molt qu'on 
éleva à la royauté. A la mort d'Oilioll Molt, ce fut Lugaid, fils de Loegaire, 
qui devint roi, 479. Le successeur de Lugaid fut son cousin Muircertach, 
dont le père Muiredach était fils d'Eogan, fils lui-même de Xiall. Muircer- 
tach étant mort en 527, ses deux fils, Domnall et Fergus, ne lui succé- 
dèrent pas immédiatement. La royauté fut décernée successivement à deux 
autres descendants par les mâles de Niall Xoigiallach : Tuathal Maelgarb et 

1. Cf. Revue Celtique, t. XVI, p. 118- 120. 

2. Cf. sur ce sujet: Mémoire sur la Tanistry par M. Paul Viollet, p. 6. 
Ce travail a paru dans les Mémoires de l'Académie des Inscriptions et B. Iles- 
Lettres, t. XXXII, 2^ partie. 



364 



Périodiques. 



Diarmait, tous deux arrière-petits-iils de Niall ; ils étaient à la troisième géné- 
ration; Domnall et Fergus, fils de Muircertach, qui étaient à la quatrième 
génération après Niall, ne parvinrent à la royauté qu'après Diarmait en 559. 

Les neveux par sœur prennent place dans la famille maternelle en droit 
irlandais dès le VII e siècle, seulement ils ne transmettent pas à leurs 
enfants l'héritage maternel '. 

Au vm e siècle il y a de Bède un texte fameux, 1. I, c. 1 : Clinique uxores 
Picti non babentes plièrent a Scottis, ea solutn conditîone dart consenserunt, ut, 
uhi res perveuiret in dubium, inagis de feminea regum prasapia quain de mas- 
calina regem sïbi digèrent, quod usque hodie apnd Pictos constat esse observât um 2. 
Ce texte est le résultat d'une interprétation erronée d'un usage picte qui 
était de choisir pour roi le fils d'une sœur du roi défunt, quand on avait 
dans ce neveu du mort plus de confiance que dans les fils du prince dont 
le règne venait de prendre fin. Il était au moins aussi naturel de prendre 
le fils d'une sœur en Ecosse qu'un beau-frère comme Crimthan en Irlande. 

Voici l'arbre généalogique qui explique ce que nous venons de dire au 
suiet des rois d'Irlande : 



i" Eochaid Muigmedoin, 
3S8- 3 6 S . 



Cairbre. 1 

I 
Cormach Caech. 



3" Niall Noigiallach, 
J79-4°5 ; 



Fiachra. 

I 
4° Dathi, 
40J-428. 



Eogan. 



4J9-470- 



5° Loegaire, Conall Crimthan. , B _.,.'„. ,, 

428-4 S 8. | 6'OiliollM 

Muiredach. | Fergus Cerrbéoil 

I 7" Lugaid, \ 

9" Tuathal Maelgarb, 8" Muircertach, 479-503. 10" Diarmait, 

528-538. 504-527- 539-54S. 

1 1" Domnall 
et Fergus, 
559-561. 



Nous avons puisé ces indications dans les Annales des Quatre Maîtres, 
édition O'Donovan, 1 85 1 , t. I, p. 124-203. La femme légitime d'Eochaid 
Muigmedoin s'appelait Mongfinn; elle était fille de Fidach et sœur de 
Crimthan 'qui succéda à Eochaid Muigmedoin, son beau-frère, et qui, dans 
la liste généalogique et royale ci-dessus, porterait le 11" 2, entre Eochaid 
Muigmedoin et Niall Noigiallach. 



1. Cours de littérature celtique, t. VII, p. 354-3 55 ; t. VIII, p. 115-116, 

194-195. 

2. Deuxième édition d Al lied Ilolder, p. 7. 



Périodiques. 



365 



IX. 

Tha Gael, mai 1901, annonce, p. 155, que le gouvernement anglais a 
le projet de publier tout ce qu'il y a d'intéressant parmi les mss. des Fran- 
ciscains de Dublin et que le professeur F.-N. Robinson, de Harvard-Univer- 
sity, a fait à l'Université de Washington les 15, 16, 17 et 18 avril, quatre 
leçons: i° sur les études celtiques, 2° sur le druidisme et la religion des 
anciens Celtes, 3 sur le cvle de Cûchulainn, 4 sur le cycle d'Ossian. A 
Dublin (p. 65) le livre d'Armagh est en partie imprimé, l'impression du 
quatrième volume des Annales d'Ulster est terminée. 

The Gael, juin, donne, p. 179, l'état suivant des personnes qui parlent 
irlandais en Irlande : 



Antrim. . 

Armagh. . 
Carlow. . 
Cavan. 
Cl are. . 
Cork. . 
Donegal. . 
Down. 

Dublin. . . 
Fermanag. 
Gahvav . 
Kerry. . 
Kildare. . 
Kilkenny. . 
King's Countv. 
Leitrim. . 
Limerick. . 
Lor.donderry. 
Longford.. 
Louth.. 
Mayo. . . . 
Meath.. . . 
Monaghan. . 
Queen's County 
Roscommon.. 
Sligo. . . . 
Tipperary. 
Tyrone. . 
Waterford. . 
"Westtr.eath. . 
Wexford. . 
Wicklow. . 



PARLENT 


PARLENT 


SEULEMENT IRLANDAIS 


ANGLAIS ET IRLANDAIS 


» 

2 


I )23 

3 484 


» 

2 
9OO 


123 

3 408 

43 97 8 


2 273 


i 17 447 


7O73 
» 


55 000 

878 


)) 
)) 


3 4/2 
561 


I7736 
4 48l 


107 929 

69 701 

381 


» 


3 93 3 


» 


3-4 


2) 


5 399 


17 

5 


1 7 04 3 
2 718 


» 


2)2 


5 


2671 


4234 


106 131 


» 
» 

3 
21 


1492 
2847 

187 

1 1 864 


H7 
68 

7 


21 189 

I2244 

6680 


1 321 
» 


36158 
53« 


» 


320 


» 


176 



TOTAI 58 I9H 

Total général: 679 143 



640953 



$66 Périodiques. 



Celtia, mai 1901, public, p. 6870, une traduction anglaise de l'article 
de M. J. Loth sur la rime interne dans la versification celtique. Cet article a 
paru dans la Revue Celtique, n° de janvier dernier. On trouve plus bas dans 
Celtia, p. 71-74, la suite du dictionnaire alphabétique anglais-irlandais- 
gaélique-d'Ecosse-mannois-gallois-breton rédigé par M. F. Vallée; elle 
commence au mot advice et finit au mot âge. Arrive plus loin, p. 76-177, 
la continuation du dictionnaire méthodique gallois-breton du même auteur. 

XI. 

Revue archéologique, n° de mars-avril 1901, 3 e série, t. XXXIII. — 
P. 233: nom d'homme Bitus Biti dans une inscription de Prahovo en 
Serbie; p. 325: nom d'homme Mucco dans une inscription de Kostolac ; 
p. 331: nom d'homme Cdrantius Tic[inensis?], Donico Viromanduus dans 
une inscription d'Adam-Klissi en Roumanie, où apparaissent aussi divers 
noms de peuples de Gaule Be[llovacus], Tun[ger], Lexovius, sans nom 
d'homme lisible et un nom d'homme Romain Crescens avec la mention 
d'une origine gauloise Senn[onicus). Ces inscriptions font partie de la Revue 
des publications épigraphiques publiée par M. Cagnat dans la Revue archéo- 
logique. 

XII. 

Anzeiger fur schweizerische Altertumskunde, Indicateur d'antiquités 
suisses, herausgegeben von schweizerischen Landesmuseum. Neue Folge. 
Band III, 1901, n° 1, p. 15-30. — Rapport par M. A. Naef sur le cimetière 
gallo-helvète(?) de Vévey, extraits du journal des fouilles, février-avril 1898. 
Les morts avaient été placés dans des cercueils de bois dont la trace per- 
siste sous forme de poussière noire. Parmi ces morts un portait au bras 
trois bracelets, deux de verre, un de bronze. Une femme avait une ceinture 
de bronze. 

XIII. 

Archeologo Portuguès, vol. V et VI. — Inscriptions latines de l'époque 
romaine recueillies par le savant portugais M. J. Leitc de Vasconcellos, tout 
récemment nommé docteur de l'Université de Paris. Parmi ces inscriptions 
nous en signalerons quelques-unes qui sont inédites et où l'on peut relever 
des noms d'hommes celtiques : "Titus Carro ou Carr»5 ; cf. Holder, Alt- 
eeltiseber Spraehsclmt-, t. I, col. 809, 816; Calaito, datif de Calaitus, cf. 
Calaetus, Holder, ibid., col. 687 ; Madicenus, écrit par erreur Madiceavus 
dans le Corpus inscriptionum latinarutn, t. II, n° 2869, cf. Holder, ibid., où 
est proposée la correction Madigenus dont Madicenus est une variante. 



Périodiques. 367 



XIV. 

Bulletin archéologique du Comité des Travaux historiques et 
scientifiques, année 1901, première livraison. — Rapport de M. Gauckler 
sur des inscriptions romaines récemment découvertes en Tunisie. On peut 
signaler comme probablement gaulois le nom de femme Volceia dans une 

inscription funéraire, p. 145, et le lieu d'origine duno d'un soldat, 

P- IS4- 

Paris, le 17 juillet 1901 . 

H. d'Arbois de Jubainville. 



Le Propriétaire-Gérant : Veuve E. Bouillon. 



Chartres. — Imprimerie Durand, rue Fulbert. 



ÉTUDES BRETONNES 



XII. 



SUR LE COMPARATIF 

i. Il y a en breton trois sortes de comparatifs de supério- 
rité : ceux qui sont formés par périphrase ; les simples en -oc'h, 
et ceux qui n'ont pas cette terminaison. 

2. — La première classe comprend surtout: en trécorois 
muioch ou muoch bras, plus grand, muioch ou muoc'h fur, plus 
sage, plus sagement, etc. ; et dans le sous-dialecte vannetais 
de la presqu'île du Croisic (environs de Batz, Loire-Infé- 
rieure), uchtroch a lecht, plus leste, uchtroch a breont, plus 
promptement, etc., cf. mon Etude sur le dialecte ... de Bal~, 

37, 33. 

Mu(i)och bras revient au moyen breton muy dien {Le Mys- 
tère île S xe Barbe, 674), mais ce dernier a le sens d'un super- 
latif: « très certainement ». Le P. Grégoire de Rostrenen 
rend, dans son dictionnaire, « plus il est savant, plus il est 
modeste » par seul vuy ma q; eo abyl, seul vuy e~ eo modes t ; c'est 
un gallicisme, son autre traduction, sul vraç^oe'h ... sulvraç^pch 
(plus grande est sa science, etc.) est plus conforme à l'usage, 
cf. Glossaire moy. bret., 2 e éd., 624. 

Troude, Dictionn. franc. -bret., p. 695, 696, a des phrases 
sur le premier modèle: seul vui e^omp bel reu^eudik ..., seul 
l'iii a ~t' e veiimp euru~, « plus nous aurons » (littéralement 
avons) « été malheureux ..., plus nous serons heureux », etc. 
Il donne aussi avec le superlatif: seul abrela ma troer ami douar, 
Revue Celtique, XXII. 25 



370 E. Ernault. 

seul -oui a %e e tougo d'e-hoe'h « plus on retournera la terre de 
bonne heure et plus elle rapportera », ce qu'il signale comme 
trécorois. Ce texte est évidemment un remaniement des 
deux vers du poème vannetais Livr el labourer de l'abbé Guil- 
lome (Vannes, 1849), p. 18: Sel abretan m'en Iroer, en doar 
~ou atnuroh, Sel mui me Intel en heol , sel mai é tougou d'oh ; 
l'auteur a traduit : « plus tôt on la tourne, plus la terre est 
friable, plus longtemps elle est exposée aux rayons du soleil, 
plus elle vous rapportera ». 

Voici d'autres exemples des emplois de sel en van. : sel mui 
ma kreské ..., sel muiè tishoê, plus il croissait, plus il montrait, 
abbé Buléon, Histoér santél, 1896, p. 90; sel mui ma kom- 
preué ..., chifein e brè ..., sel guéh ma kavé, à mesure qu'il 
comprenait, il s'affligeait ; toutes les fois qu'il trouvait, 3 1 ; 
sêl-gùéh me, toutes les fois que, Livr bugalé Mari, 14; hou 
Irulti dohemb e gresq Sel-mui ma la demb bout ingrat, votre mi- 
séricorde envers nous s'accroît en raison de notre ingratitude, 
Choœs, 1835, p. '170; sel-mui ma cârér, mui é vennér cârein, 
plus on aime, plus on veut aimer; sel-mui ma cârér, ..., mui é 
cresq Er gloër, plus on aime ..., plus grandit la gloire, 185 ; 
sel mui a guéris a ~aibrou sel quentoh euoit ïah, tant plus il man- 
gera de cerises, tant plus tôt il sera guéri; sel bihanuan e lis- 
eouau me e'haraule eu e guetter sel brassoh é, tant moins je tais 
voir d'amitié pour lui tant plus je l'aime, Châlons ms, v. tant ; 
cêl-mui cœll-gùœll « tant-plus tant-mieux » l'A.; sel splannoh 
nut l'i eu ae, sel skleroh é huélamb eu Juadur, ou sel mui ma ta 
en dé de splauueiu, shléroh skier é huélamb eu JuaJur, plus le 
jour devient brillant, plus nous voyons clairement les taches, 
abbé Le Bayou, Grammaire, 59. Voir § 8, 27. 

3. Mu(i)oc'h et uchtroch ont la terminaison du comparatif, 
nous verrons plus loin pourquoi. Troude dit, p. 694, que 
« lorsque le comparatif est peu ou pas usité ou malsonnant à 
l'oreille », on peut L'éviter par des tournures comme celles-ci: 
(il sera vendu) deux lois plus cher que l'or, claou chement he 
boue~ a aour (= le double de son poids d'or) ; kalounek euu tu 
ail il'he vreur, ou tlreisl he vreur, = courageux au delà de, au- 
dessus de son frère ; paour euu ho kever-e'houi == pauvre à côté 
de vous. Ce sont là des questions de style plutôt que de gram- 



Études bretonnes. 371 

maire ; il n'en faudrait rien conclure contre l'extension consi- 
dérable du suffixe -oc'h. 

4. — Voici un passage où sont mêlées les deux premières 
catégories de comparatifs bretons: an avel evidoc'h Mit' guet din 
so dougeaploch, litt. « le vent pour vous plus qu'à moi est plus 
redoutable », P.-D. de Goësbriand, Fables choisies de La Fon- 
taine traduites en vers bretons, Morlaix, 1836, p. 8. Ceci rap- 
pelle en latin favorabiliores potins (Gains), etc. 

5. — En étudiant la terminaison du comparatif breton dans 
sa Zeilschrift fur celtische Philologie, III, 137, M. Stern a cité 
pour la langue moderne pinvidikoch , plus riche, d'après ma 
Petite Grammaire, et pour le moyen breton penhuikoh, d'après 
mon Glossaire, p. 492. Mais cette dernière forme n'est pas 
donnée là comme ancienne : la référence L. el 1 . 26 renvoie à 
un texte vannetais, le Livr el labourer, comme l'explique la 
note 2 de la p. 7. 

Dans cet instructif article, l'auteur s'est attaché à montrer 
que la terminaison du comparatif en gallois a été -ach avant 
d'être -hach, et que cette dernière forme est due à l'influence 
du superlatif -Zw/: cf. v. gall. guobriach, plus grave, à côté du 
v. gall. ou v. comique hinham, le plus vieux. La même alté- 
ration a eu lieu en comique (où les deux degrés de compa- 
raison se sont d'ailleurs presque confondus), et en breton : pin- 
vidikoch, penhuikoh, en regard du gall. pendevigach. La question 
mérite d'être examinée de plus près, en ce qui concerne l'ar- 
moricain. 

Le dialecte de Vannes emploie, comme les autres, des for- 
mes comparatives qui supposent -hoc 'h et non -oc'h; telles 
sont: rokoh, cité Gloss., 578, propossoh, 515, volanlcussoh, 741, 
spisoh, 641 , fonaploh, 241, dissafarroh, 184. Il écrit même par- 
fois cet /;- après une voyelle : didruéhoh, plus impitoyable, 
Grammaire de Guillome, 1836, p. 24; duhoh et duoh, plus 
noir, Gram. de Le Bayon, 1896, p. 4. Le doublement des li- 
quides est indiqué par Guillome: cruelloh, plus cruel, falloh, 
pire; il n'est pas constant: digoroh, Gloss., 168; havaloh, 
plus semblable, l'A., v. vermicelli, etc. De même dans les 
autres dialectes: xvn c siècle, faciloc'h, 231, et même profita- 
bloc h, 515 (à côté de conveuaploc'h, 118, et des exemples plus 



372 E. Ernault. 

récents, cèrfzpc'h, 634, dou%(pc'h, 194, etc.); tréc. bûannoc'h, 

plus prompt, kaerroc'h, plus beau, hnelloc'h, plus haut, Gram. 
de Hingant, 147; caeroe'b, ubeloc'h, Gram. de Grég., 51 ; <//- 
gorroe'h, (se montrer de façon) plus claire, plus visible, adreus- 
soeb, plus obliquement, Fanch-Co^, 16, etc. 

Quant au moyen bret., il avait commencé à dire -hoe'h, mais 
il s'en faut que ce fût la prononciation unique, ou même do- 
minante. J'en trouve trois exemples dans le Dictionnaire étymo- 
logique qui suit mon édition du mystère de S te Barbe : brassoch, 
nessoch, pelhoch (à coté de pellocJi) ; et trois dans le Gloss. : apro- 
phetoch, bibannoeb, galloudussec (sic). Un seul est tout à fait 
concluant, c'est apropbetôch, plus approuvé, cf. van. supportétoh, 
plus supporté (« plus toléré »), l'A., v. outrer, samettob, plus 
chargé, § 31, tréc. avanseloc'h, plus avancé, Histoarion, 1837, 
p. 3, etc. Mais il y a un cas directement contraire: largoch, 
dans deux textes différents. Deux laissent la question indé- 
cise : fennoch (Dict.), habasquoeh (Gloss.). Tous les autres 
sont en faveur de -och: abiloch, iseloch et iseîouch, vbeloch, vue- 
loch, queroeb, sclaeroch (Dict.), furoeb, necesserouch (Gloss.), 
lomoch, bihanoch, buanoeb, neueqoch (Dict.), goaxpcb (Gloss.), 
honestoch (Dict.). Le choix entre les variantes bihanoch et bi- 
hannoch, pelhoch etpellocb est, en partie, une question d'ortho- 
graphe : on trouve au superlatif benhaff, Hennaff et henajf ; 
guellhajf, guelhaff "et guellaff ; muyhaffet nin\ajf,creffhaj], crejjaj] 
et creaf, etc. Voici les superlatifs connus des mots cités : abil- 
haff, -illaff, -ilaff , bihanhaf, -annaf, -anajf; brashaff, -ssaff; 
furhajf, furaff; galloudussaff ; goa%haff, goa^aff; babasquaff ; 
honestaff ; iselhaff ; nessaff ; neue^aff ; querbaff, queraff; sclerhaff; 
tomaff; nhelhaff, vhelaff; e^vnelhajf. Cette hésitation se montre 
par ailleurs pour les mêmes finales : cruclhajf, dijjicilajf, facil- 
hafu, falhaf, (haelajj), principalafu ; ca^raff, hacraff, ponnerbaff, 
paourhaf et paouraf, purhaff ; dinhaff, /inaff, leiinajj, laouenhaf; 
primbaff; dynoashaf, eurussaff, fornissaf, graciussaf, joeusajj et 
joyeussaff, iolishaff, liessafn, spessaff; diuezhafu et diue^aff; les 
autres cas sont: garubaff, scaffhaf., propic^aff. Le / reste tou- 
jours '.caletaff, begarataff, nelaf, secrelaff ; plaesantaff, prudaniaff, 
quentaff.; mistaffj prestaff. Le c peut se redoubler : heccaf, buecaf; 
bl devient/)/ ; hnniplajf, orriplajf. 



Études bretonnes. }7Î 

On voit que, dans le nombre bien plus considérable des su- 
perlatifs du moy. bret., il n'y en a pas un qui ait gardé ou 
repris la consonne douce, comme dans largoch, de larg, lare, 
large, loin : ; et qu'un seul comparatif présente la notation 
-hoch, dans des conditions où l'on peut d'ailleurs regarder 17; 
comme un simple emprunt graphique à la terminaison -haff. 
Il y a donc tout lieu de supposer que la forme traditionnelle 
du comparatif était bien -och, et que aprophetoch représente une 
innovation analogique. 

Ceci semble confirmé par le v. breton enterajoh, gl. inop- 
portunius, Rev. Celt., IV, 338. 

6. En regard du gall. -ach, comique -a, -e, le moy. bret. a 
donc -och, avec deux exemples de -ouch, et un de -ce. La gram- 
maire du P. Grégoire donne, p. 51, une variante moderne 
-ach: « Dans la Basse Cornoùaille, c'est-à-dire, depuis Châ- 
teau-Neuf jusqu'à Penmarh, Audierne, et Camaret, les com- 
paratifs sont plus ordinairement en -ach, comme chez les 
Gallois; ainsi ils disent : braççac'h, bihcin[a]c'h ; cacrac'h, vilac'h; 
isélach, uheîac'h, etc. ». 

M. Stern rapproche, p. 156, 157, le comparatif gallois des 
noms dérivés en -ach, qui expriment généralement une 
nuance de mépris : dynionach, gens misérables; ce serait une 
formation -a-cc-, voisine de -â-c- (gall. -aivc, bret. -eue, -ce) 
et de -i-c- (lat. andax, loquax, à côté de civicus, mordicus et 
mordex). 

Je ne crois pas qu'on puisse appuyer ceci de la forme, sans 
doute fautive, galloudussec ; mais l'alternance de l'a avec (et 
ou) recevrait ainsi une explication plausible. Cf. les adjectifs 
bretons en -och, -ouc'h et -ck comme gauloc'h etgaolek, qui a 
de grandes jambes, Gloss., 99, à côté de -ach, -cc'h dans gau- 
nac'h, gâunech, stérile, 255, van. gannéh, gannéheenn, vache qui 
passe un an sans porter et qui donne du lait, l'A. Le gall. ga- 
flach, enfourchure et javelot, est 'regardé par M. Rhys comme 



1. Le mot doit venir du franc, largue, cf. larguer. Littré remarque que 
ce n'étaient pas, au xu e siècle, des termes exclusivement marins, et au 
Suppliaient, il restitue, d'après le v. franc, lars, large, un masculin *lare. 
On lit dans Godefroy largnesche, largeur, largueehe, libéralité. 



574 E. Ernault. 

d'origine gaélique (irl. gahhlach, cornu, pointu, fourchu), Goi- 
delic worâs in brythonic, 280, 281. 

Cf. encore moy. bret. eulechen, orme, mod. evlechen, ulo- 
c'hen, Gr., gue%en euflach, Nomencl., 107, qui s'expliquerait 
bien par « arbre d'ormaie », avec la même terminaison collec- 
tive que le gall. afallach, verger, pommeraie ; Grég. donne 
evlec'h et uloch, ormes; Roussel ms « cvlac'h, euvlac'h, ormeau, 
arbre » ; D. le Pelletier : « Evlac'h, Ewlach et Ewelec'h, que 
l'on prononce en quelques cantons Eoulac'h, Ormeau, arbre. 
M. Roussel m'a appris que l'on dit, en son pays de Haut-Léon, 
Eovlcc'h... Le pluriel est inconnu, et en sa place on dit Ar- 
-uk\ evlach ». Milin ms a cette note : « on dit envleach, envlec'h 
en h. Léon ». 

7. Les comparatifs gallois de substantifs, comme llessach, 
meilleur, de lies, avantage (Stern, 156) ont des parallèles en 
bret., cf. Gloss., 420; kiriekoc'h, plus cause, plus coupable, 557; 
Troude, v. deii; pet. tréc. otrooc'h, plus monsieur, mieux ha- 
billé; et dans bien d'autres langues : grec y.ïpo-..:v, plus utile, de 
v.ipl:;, gain, voirBréal, Mémoires de la Société de Linguistique, 
IX, 36, 37; K'ivcepov, plus chien, plus cynique; basque bideago, 
(ce chemin est) plus chemin, meilleur, etc. 

8. D'autres formations curieuses, particulières au breton, 
et sans doute récentes, sont : koulsoc'h ha me, qui vaut mieux 
que moi, à cause de quencouls, aussi bien, Gloss., 535; su! 
ma ..., suloc'h sitloe'h e deue ..., plus ..., plus il enfonçait, 
624, au lieu de seul vui, suivit, sal mu, d'autant plus, ou seul 
doiiuoelj, d'autant plus profondément; eslroe'h evid-ouu, d'autres 
que moi (font cela); (il sera puni) plus que moi, Troude, à 
côté de estr eged-oun, plus que moi, ibid., estrevil-ouu, estre- 
gued-on, « autre, ou autres que moi » Grég., van. estroh, da- 
vantage, plus, Châl., estroh aveid ur gouli, plus d'une plaie, 
Choas, 68, eistroh eid un arall caret, (qu'est ton bien-aimé) 
plus qu'un autre, Cellie Hexapla, V, 9, dialecte de Batz, ueh- 
troe'h a lecht, plus leste, uchtroe'h degn 11, homme plus fort que, 
uehlrom muil a, bien plus de, du v. franc, estre, outre, en plus 
de ; contre (son gré); en dehors de, excepté, hormis. Istre se 
trouve encore en bret. avec son sens primitif de préposition : 
« outre, en plus de », Gloss., 223. 11 est assez probable que estr 



Études bretonnes. 575 

eget est dû à un mélange de estr, estré, avec esiroc'h eget ; cette 
locution elle-même a été suggérée par la synonymie de estr et 
mm ou muioc'h eget, etc. 

M. Loth a tiré estr d'un celtique *ex-tr-, Mots Int., 124, 
sans donner d'exemple exact du même fait phonétique, que 
rendent fort suspect ici les formes galloises eiihr, en outre, 
eithaf, extrême. Le Lexique de M. Henry donne la même ex- 
plication pour estr, estré, et l'appuie de la comparaison de 
entré; mais celui-ci n'a point d'équivalent *ehtr, parallèle à 
estr; tandis que la variation estr, estré, se justifie par le v. franc. 
estre: cf. chas, chiens, etchasé, chasse, etc., Rev. Celt., VIII, 
526; IX, 379. 

9. Le cornouaillais teuskoe'h, « de médiocre qualité, parlant 
des personnes », Trd., paraît être pour * toiieskoc'h , de é touè'sq, 
en van. parmi, Rev. Celt., XIX, 200. Pour le sens, cf. tud 
hentré, les petits, Gloss., 212, de entre daou, médiocre, médio- 
crement, Gr., littéralement « entre (les) deux ». 

10. Très peu d'adjectifs et d'adverbes, sauf ceux de ces der- 
niers qui ont la terminaison -niant, ou en van. -matt, Gloss., 
395 (cf. avisétt-niatt , judicieusement, à côté de avi~élt matt, 
judicieux, l'A.), sont privés de comparatifs en -oe'h. On peut 
citer meur, grand, malgré une indication contraire du P. Gré- 
goire, cf. Gloss., 411; meurbet, kals, elei~, van. merbet, hais, 
eleih, beaucoup. 

11. — Les formes originairement divergentes ont même 
été ramenées au type commun par l'addition de -(h)oc'h, soit 
au positif: van. matoh, meilleur, droucoh, plus mauvais, falloh, 
pire, Guillome, trécorois matpch, droukoeh, falloch (Le Fèvre 
donne madtoh, falloh, Hingant mâtoch); soit à l'ancien compa- 
ratif: van. gùel, meilleur, gouèh, pire, ibid., tvècgwelloc'h, 
givasoe'h. 

Cette tendance remonte au moy. bret., qui avait goit; et 
goaxpch, pire, nés et nessoch, plus près; on ne trouve qu'à 
l'époque suivante gwelloch, meilleur, muioc'h, plus, kenioe'h, 
plus tôt. Le gall. a de même gwell etgiuellach, giuaelh et giuae- 
thach, rftwy txmwyach, cynt etcyntach. 

12. — Le breton moderne ne sent plus l'idée du comparatif 
dans w{ : ty nés, ty taust, maison prochaine, va char nés, mon 



576 E. Ernault. 

proche parent, va re nés, van. me re nés, me ~uJ nés, mes 
proches, nesoe'h, (il m'est) plus proche; adv. e% nés, ênès, nés, 
proche, près (la maison, la ville), Gr. Je crois encore qu'il 
faut ajouter l'expression a ne\qemeh-%e, a //<'-, a-uc~, sans cela, 
à moins de cela, autrement, Gr., eiic~ ma, à moins que, 
Gloss., 444, gall. nés, jusqu'à ce que (ci. en petit Tréguier 
betek net rejet kel, pourvu que vous ne fassiez pas, de betek, 
jusqu'à). On peut rapprocher, par exemple, var uc~ mervell, 
sur le point de mourir, Gr., de ane\ mervel, à moins de mou- 
rir, sans mourir, tant qu'on ne meurt pas. M. Henrv tire an-c; 
de du- privatif, dérivation en elle-même peu probable. 

Il y a donc une différence appréciable entre les expressions 
de forme identique sellit ôtrou pegen nes-kar, voyez, monsieur, 
quel proche parent! Coll. Penguern, I, 114, et t) pegen gwa% 
« oh! quel malheur! », pegen gwell, « oh ! quel bonheur! >> 
Soniou Brei^-I~cl } I, 50, 52 (tant pis, tant mieux), celles-ci 
suivies des réponses gîva~ a-bed, gwell a-bed, pas du tout ! (tra- 
duit « malheur aucun », « bonheur aucun », litt. « aucun 
pis », « aucun mieux », cf. jame^ebed, jamais de la vie, Mcm. 
Soc. ling., X, 330. 

13. Même effacement de l'idée comparative dans le bret. 
mod. kengoa^, si mauvais, kerkeht, tréc. kenkent, aussitôt, et 
peut-être dans kcllic~, aussi nombreux, moy. quenlies, quai 
lieux, Gloss., 275, 276. Le simple kent signifie « plus tôt », 
comme gwell, meilleur ; lies n'avait, dès l'époque du moy. 
bret., d'autre sens que « plusieurs, beaucoup », et « sou- 
vent ». 

14. Queni était aussi en mov. bret. une préposition : queni 
dispartiaf, avant de partir, queni c~ /lachiff, avant que je bouge, 
queut ma ho prenas, avant qu'il les rachetât. De même en bret. 
moderne. Je ne sais s'il finit voir un gallicisme dans le bas van. 
kentoe'h de lahein, avant de tuer, Bar~a~ Brei~, 342; on dit 
d'ordinaire quênt cil merhuel, avant de mourir, Choccs, 100, et 
kent merùel, Buléon, HisL, 144; quêni ma oemb, avant que 
nous tussions, Gucr~ciiueu Guillome, 53, quênt hum %iscoei, avant 
qu'il se montre, Celt. Hex., IV, 6, quêni ii'hum -iseoei, II, 17. 

i). Le bret. mov. a is lomp, au-dessous de nous, is, au- 
dessous de, sous, mod. a js, js deomp, au-dessous de nous. 



Études bretonnes. 377 

plus bas que nous, a js ho treid, au-dessous de vos pieds, Gr., 
is, plus bas que, dans les noms de lieu, Ann. de Bret., XV, 
395, is ar park, 401, est le comparatif gall. is. 

Dans le sens contraire, on trouve en moy. bret.: a v~ tint 
penn, au-dessus de ma tète; auch an prat, au-dessus du pré; 
en bret. mod. u% da, a ust da, a eitch da, au-dessus de, hust, 
en haut, Gloss., 731 ; (7 //~, « au dessus, par dessus », Gr. 
Cette alternance des sons s et ch est expliquée à tort par la 
phonétique, Dict. étym. v. crisaff, uhel; Gloss., 676; elle est 
due à l'influence de is : cf. a u\ hac a js, « au dessus de vôtre 
tête, et au dessous de vos pieds », Gr. (comique a uch, gall. 
tich, au-dessus de, uch, plus haut). Une analogie du même 
genre a donné en van. ihuel, haut, pour uhel, d'après i%el, bas ; 
et, inversement, en irl. khtar, partie inférieure, d'après 
ùachtar, partie supérieure {Urkelt. Sprachsch., 33). 

16. Un autre mélange dont témoignent les Nouelou, est 
celui de a uch, a a~, awc le v. bret. diurth, qui eût dû devenir 
en moy. bret. *dionr~, pour lequel on trouve diou%, dio%, diouch, 
dioch. Il devait y avoir, du reste, un composé bret. *a di-uch, 
répondant au moy. gall. dyuchtaw, au-dessus de lui (Dicl. 
i : l\m.,'\. dioit;). Dans le nom de champ dyeuch anxors, en 1450 
(Loth, Chrestomathie bret., 202), nous avons, je crois, un com- 
posé de di- avec auch, qui est du même temps (Jbid., 236); 
sur le changement d\i en e devant//, cf. Rev. CcJt., XVI, 230, 
23 r. *Di-a-uch, au-dessus, est formé comme moy. bret. dnt- 
dreff, par derrière, diarauc, a diaraoc, d'avance, devant, a dia- 
gûent, auparavant, </ diapar-, en dedans, diapell, a diàbell, de 
loin ; mod. diavects, en dehors. 

La seconde syllabe de /7/'c>//- omp, au-dessus de nous, NI 89, 
rime en //, ce qui n'arrive jamais à diou~, ou%. Sans être né- 
cessaire, une semblable rime est fort probable dans la locution 
pléonastique a diouch a vuhel, 430 (a ~iuc'h a uc'hel). La 
strophe 62 contient a dion~ et a d\ou~, hors de la rime (eno, a 
dyon~ e peu, il faut corriger en peu, leur tête, cf. /'// bro a dyouch 
ho peu, 147). La langue moderne a a ~ioc'h, « au dessus, par- 
dessus », azjoc'h ho peu, au-dessus de votre tête, a ~ioc'h, hac a 
js, par-dessus et par-dessous, Gr. 

17. Le moy. bret. trech, vainqueur (par, de), mod. trec'h, 



37S E. Ernault. 

treac'h, victorieux, supérieur, (da, à), est aussi un ancien com- 
paratif, = gall. trech, supérieur; cf. Henry, v. tréac'h, 2. 

18. Le Lexique voit dans iaouher, adj. puîné, cadet, moy. 
bret. youaer, jouvenceau, un dérivé du radical *yuv-, de 
iaouank, jeune. D. Le Pelletier avait décomposé iaôuer, iaûer, 
« cadet, dernier de tous les fils ; le plus jeune des garçons qui 
doivent avoir part à l'héritage », en iau = gall. ian, plus 
jeune, ether, héritier; ce que je crois exact. Il avait tort seu- 
lement de regarder la variante iaoûaer, iaoûaher, qu'il déclare 
meilleure, comme contenant un superlatif * iaoua : cf. moy. 
bret. (ter, heetr, héritier; peuuer, fils unique; quel aere~, cohé- 
ritiers; Pel. donne les pluriels iaoiieret et iaoùerieu, en ajoutant 
qu'ils sont peu en usage ; Grég. a yaoùaër, pi. yen, cadet, 
puîné; yaouaër, pi. ed, yen, juveigneur; yaouûœr, pi. ed, jeune 
héritier. La conservation de la diphtongue peut paraître sur- 
prenante, cf. penn-hear, penn-har, penn-œr, pi. pennared, seul 
héritier, Gr. ; mais elle a dû être favorisée par le mot qui ex- 
prime l'idée corrélative, henaour, pi. yen, aîné, Gr., cf. 
Gloss., 317. Nesaour, nesaër, voisin, pi. yen Gr. semble une 
imitation de ces mots plutôt qu'un dérivé direct du moy. br. 
nessat, approcher. 

Ai. Loth, Chrestomathie Bret., 142, voit aussi le gall. iau 
dans iaouher, et propose, avec doute, de rapprocher les noms 
du v. bret. comme Iou-monoc. Cf. sanscr. yavîyas, etc. ; 
Sommer, Idg. Forsch., XI, 76, 77, 239. 

19. On pourrait aussi expliquer par un correspondant armo- 
ricain du gall. hyn, plus vieux (v. irl. siniu, siuu, de *sen-yôs, 
Sommer, 220, 222, 223), plutôt que de hin, température, 
quelques-uns au moins des noms comme Hiii-moi, Çhrest., 
1 ^7 (= hyn, mwy, plus vieux, plus grand ?). 

20. En regard du gall. liai, moindre, moins, lleiaf, le plus petit, 
on trouve en v. bret. lei dans nàhulei, néanmoins, et leiham, 
Chrest., 144; cf. v. irl. laigiu, laigu, lugii, moindre, Sommer, 
220, 222, lat. levior, grec uSz~w>< etc. ; au positif v. bret. lav } 
gl. vilem, moy. bret. Lui, mauvais, Rev. Celt., VIII, 505. 

Le v. bret. devait avoir aussi *hoi = gall. bwy, plus long, 
à coté du superlatif hoiam =- l.ncxeif, Chrest., 138; Rev. Celt., 
XV, 94. 



Études bretonnes. 379 

21. Un indice permet de croire que déjà en v. bret. lei avait 
pour synonyme le mot qui est devenu nebeutoe'h, cf. Gloss., 440. 

« Plus, ou moins », est rendu par Grég. : muy, pe vihanoch; 
muy, pe vihahnoch ; et par l'A., mui pé bihannoh. Déjà en moy. 
bret. bihannoch voulait dire « moins », cf. Gloss., 67 ; le dial. 
de Batz dit bienoe'h , do heur bienoch ur c'hart, deux heures 
moins un quart ; a vienoch ke, à moins que. 

Pour « Ni plus, ni moins », Grég. donne, s. v. plus: (Na 
muy, iiit) bihanoch; neubeutoe'h ; meas ; unes; ment; qet ; et s. 
v. moins : (Na muy na) mas; mats; tieubeud ; qèn ; qèt /van. 
(na muy na) qin; bihannoe'h. Le rapprochement des deux pas- 
sages montre que tous ces mots ne sont pas nécessairement 
des équivalents de « moins », ni des comparatifs: neubeud 
veut dire peu; cf. mui evit [bihan, plus que moins, Trd. 695 ; 
ment y proprement « quantité », peut signifier « beaucoup », et 
être extrait de ke-ment, autant (avec influence du franc, maint ?). 
Qèn, qin, veut dire « (ne) plus » ; qèt, « pas », ou « rien ». 
Quant à mas, mens, on pourrait se demander si ce n'est pas, 
comme qèn, qin, un synonyme de muy, plus, = moy. bret. 
unis, cf. franc. « je n'en puis mais »; voir Gloss., 396; Ar- 
chiv fur celt. Lexikographie, II, 620. Une autre explication 
d'après le franc, moins, mains, d'où van. ne pu ne moins, 
pourtant, Châl. ms, et qui est devenu mes dans le bret. de 
Batz, ô niés ke, à moins que, au moins que, (pour 'que du 
moins), est également plausible (Rev. Celt., XVI, 234). 

Peut-être na mui na *mé(n)s (du fr. mains) a-t-il donné la va- 
riante mcas sous l'influence de * maes, *meas, plus, moy. bret. 
mas. Pour l'obscurcissement du sens d'un second mot, dans 
des locutions composées de ce genre, on peut comparer hement 
ha ker bihan, tant et si bien, litt. « si grandement et si peti- 
tement) » ; et le franc, peu ou prou, où ce dernier mot est 
souvent senti comme renchérissant sur le premier, et signifiant 
pas du tout : « Il est bien évident que les troupes formant la 
ligne de feu coopèrent à l'assaut en même temps que les 
troupes dites de choc qui jusque-là ont peu ou prou tiré », 
Général XXX dans V Avenir de la Vienne, des 8, 9 février 1897, 
col. 2 ; « comme le garçon, qui a un emploi rémunérateur... 
ne voudrait pas d'une bonne fille qui n'a que sa bonté, son 



380 E. Ernaulî. 

intelligence et sa beauté, on se marie peu ou prou », P. Mou- 
lin, Le journal de l'Ouest, 10 mars 1 S 9 6 , col. 2 ; « nous ne 
tenons pas un cabinet de consultations juridiques, mais un ... 
modeste bureau de renseignements courants qui n'a d'autre 
prétention que de savoir à peu près ce que tout le monde est 
censé connaître, de l'apprendre à ceux qui ne le savent que 
peu ou prou... » Jean sans Terre, dans le Petit Journal du 
2 janvier 1895, col. 2; « on y voit [à 1 Académie française] 
des savants, des avocats, des évèques, des diplomates, des 
ducs, des princes, qui n'écrivent que peu ou prou; c'est ce 
qui en iait le charme », 'ni., ibid., 3 janvier 1893, col. 1 ; « la 

route était hier dans un état déplorable Cet état de 

choses est bien plus préjudiciable au cycliste qu'au cavalier, à 
la vitesse duquel la boue nuit peu ou prou », Petit Parisien, 
8 novembre 1893, p. 3, col. 5. 

22. Le franc, plus, vulgairement pus, a passé en van. dans 
ne pu ne moins, pourtant, Châl. ms; dial. de Batz dans puto, 
plus tôt, Rev. Cell., III, 231, et pu-tart, plus tard. 

23. Le bret. inui, mu, mi, plus (dans hemiken, seulement) 
peut en van. se combiner avec eil, que, ci. Etude, 9, ce qui 
donne mut ; mudoch, plus que vous, Châl. ms. Ct. comique 
moys kyus, plus qu'avant. 

Voici un passage qui présente une combinaison semblable : 
Hemb laret uilra d'é gèrent, D'é vain, d'é dad ua d'éiondred Ker 
bil.kin ineil d'ê uorèbet ; traduit : « sans prévenir sa famille; sans 
prévenir ni son père ni sa mère, ni ses oncles ni ses tantes », 
Buhé burhudus saut Julian, Légende de saint Julien, texte po- 
pulaire publié par J.-M. Cadic, Revue Je Bretagne, de Vendéeei 
d'Anjou, août 1898, p. 140. On attendrait ker bihanha, « aussi 
peu que », non plus que; mais il s'est fait une combinaison 
de cette expression avec son équivalent inui eit, plus que, ni 
non plus, ce qui a donné ker bihan m eit. 

24. Le que après un comparatif se rend en léon. par eget, 
en tréc. evit, en van. eit, aveit ; on trouve aussi quelquefois' 
ba, bàg, ae (Gloss., 309), ou absence de conjonction, devant 
la négation ; ct. Gloss., 437. 

25. Les comparatifs en -oe'h n'ont de dérivés que les dimi- 
nutifs comme, neubeuloelnh, un peu moins, Gloss., 440, i^eloe'hik 



Études bretonnes. 581 

(et i~elilve'h), un peu plus bas, etc. ; les autres peuvent en avoir 
davantage: léon. guellaat, tréc. gwellât, devenir ou rendre 
meilleur (on ne dit matât que dans marc' 'ha-matât, devenir bon 
marché); gwasât, empirer (droukât, devenir mauvais, méchant, 
faillit, devenir faible) ; treç'hi, vaincre, etc. Je ne connais de 
diminutif, pour ces derniers, que le pet. tréc. weleq, à peu 
près, de * (a) wellic, sorte d'abréviation hypocoristique de 
well-was, en moyenne, litt. « mieux (ou) pire », comme en 
lat. plus minus, cf. franc, bon au, mal an (Gloss., 297). 

26. — La répétition pure et simple d'un comparatif, pour 
exprimer l'idée du franc. « de plus en plus » (comme en grec 
■j.x/j.z-/ [j.z/j,:-/, lat. magis magis), ne se montre en breton que 
dans l'expression exceptionnelle suloc'b suloc'b(§ 8), tandis que 
le positif se répète souvent pour rendre l'idée du superlatif. 

Les Gallois répètent le comparatif en adoucissant l'initiale la 
seconde fois, souvent aussi la première: mwyfwy, \u fwyfwy, ou 
fwyfwy, de plus en plus; lleilai ou Icilal, de moins en moins; 
yn ddyfnach ddyfnach, de plus en plus profondément, etc. 

On peut trouver en breton des expressions semblables, 
mais où la langue semble avoir cherché à différencier davan- 
tage les deux comparatifs. Cela n'était possible que pour un 
petit nombre de mots, des plus importants, il est vrai : 

myoh-muy, mihoh-mi, uiu-hoh-iuu, de plus en plus, en van., 
ailleurs muy-och-muy, Gr. ; tutti och ttiui, Roussel tus, muioe'h 
inui, Melleçour ar galoun-%akr, Quimper (1879), p. 137, 
muioc'h-mui, Emgann Kergidu, I, 143, van. tuuyoh-tnui, His- 
toërieu, 272, muihoh-mui, Choœs, 68, mui-oh-mui En Est, 3, 
muyoh-mui, Buhé er seul de Crom, 49, 729, muioh nitii, Hist. 
saitt., 22, 53, etc.; be~a muy-och-muy chait(~ns (être déplus 
en plus fortuné), prospérer, Gr., cf. gall. mwyfwy ; 

guëll ouc'h vell , de mieux en mieux, mohnet guëll-oc'h-vell , 
prospérer, Gr., guell-och-vell, Bin-- er sent, XI, van. gùelloh 
gùel, Chai, tus, x. bien, ci. gall. gzuellwell ; 

goaç^-oc'h-voaç^, de pis en pis, Gr., goaç~-oc'h-oa(~, v. dé- 
cheoir, dépérir ; gwa^och-wa^j Trd., v. fortifier, gwas-oc'h-was, 
Bar~a^-Btei~, 21, goasoc h-goa%, Emg. Kerg., I, 139, van. 
goàhoh goah, Hist. saîit., 32; de plus en plus (étonné), Keriolet, 
25, etc., cf. gall. gwaethwaeth. 



382 E. Ernauti. 

Les divergences d'orthographe montrent qu'on hésite entre 
les deux analyses muioc'h-mui = « plus plus », et mui-oe'h- 
iiiiii ■=. « plus à plus ». La seconde a pour elle le témoignage 
du moy. bret., où Ton ne trouve que muy on~ muy, muy o% 
muy et goa% o~ goa~. Ce n'est pas seulement une fantaisie gra- 
phique: on prononce en Tréguier mu-ou^mu, gwell-ou^-gwell. 
Ct. voas-éus-voas , de pis en pis, Ricou, Fablou Esop, 1828, 
p. 99; vu>a~-oii~-gïca~, Kroa^ar Vretoned, n° 140, p. 1. 

Je pencherais cependant pour la première hypothèse, d'après 
laquelle goa% o~ goa~ est un remaniement, par étymologie po- 
pulaire, de *goa%pch goa^; voir § 11. Si goa% o~ goa% était la 
tonne originaire, on attendrait en van. des variantes comme 
* goah-doh-goah, et ailleurs *brasoc'h-oit~-brasoc'h, etc. J'ai en- 
tendu à Trévérec, de la bouche du conteur populaire ar pôt 
Yau, l'expression muioe'h-ou^-mu, mélange de muioc'h-mui et 
de nin-on--iiiii. 

27. Des expressions d'apparence semblable se trouvent en 
bret. moderne, avec d'autres adjectifs, dont le second est né- 
cessairement au positif: corno u aillais gwas-och-gwas, kriç-oc'h- 
///.; ar bed, le monde est de plus en plus mauvais, de plus en 
plus cruel, Bar~. Br., 403, kre-oc'h-kre, de plus en plus fort, 
brao-oc'h-brao, (il chantait) de plus en plus doucement, 59, 
95, ter-oe'h-ter, (de plus en plus furieux), 181 ; léon. bras-oe'h- 
vras e%a an droucq, le mal devient plus grand, Gr., kre-oc'h- 
kre, de plus en plus fort, Bue~ ann Duk a Vourdel, Quimperlé, 
1872, p. 5, start-oe'h-stard, de plus en plus fortement, 3, 
stardoe'h-stard, 22 ; tréc. kaletoc'h-kaled, de plus en plus dur, 
Kroa~ar Vretoned, 22 avril 1900, p. 2, col. 1 ; van. donétt de 
voutt fin-oh-fin, raffiner, l'A. ; sel purroh ma vè er vaincu, pur- 
roh pur vè er riolèn, plus la source est pure, plus le ruisseau est 
pur aussi, Histoërieu ag en eu lestamand, 384, ci. sel mm'..., 
skléroh skier, § 2 ; braùoh brait, de plus en plus beau, Livr bug. 
M. 423, hanvaloh hanval, de plus en plus semblable, 431, 
donoh don, de plus en plus profond, Le Bayon, 40. 

Ici reparaît la même hésitation orthographique, bien que 
l'orthographe ne soit pas seule en jeu : il est clair, par exemple, 
que l'auteur de la Vie du duc de Bordeaux a brouillé deux 
formes différentes, qu'il aurait dû écrire respectivement star- 



Études bretonnes 383 

toch-stard et stard-oe'h-stard. A cette dernière analyse se rap- 
porte le tréc. tinii aotro a ie moan-eu^-moan « monsieur mai- 
grissait, maigrissait », Giucr~iou Brei~-I~cl, I, 145. 

On a vu aussi qu'il y a incertitude sur l'initiale du second 
mot, qui s'adoucit quelquefois, et peut même entraîner radou- 
cissement du premier. Guelloch-vell rappelle en gall. gwell- 
■iL'L'll, et voas-eus-voas fwyfwy. 

28. Une autre préposition que ou~, o~, tréc. eu{, paraît en 
van., mais seulement dans gùel ar chuel, de mieux en mieux, 
Chàl. dis, v. Uen^goah-ar-oah, de pis en pis, ¥ A. , gôah-ar-ouah 
(vous vous êtes) de plus en plus (barbouillé), v. détourner ; 
goah-ar-oah Histoérieu, 276, goal) ar hoah, Hisl. sont, 136. Cf. 
l'expression trécoroise mond war wasât, aller en empirant, qui 
s'applique à tous les verbes en -ât : war gréât 'r'b a, il devient 
de plus en plus fort, etc., et même à d'autres: Mac h ey da 
iverrjo ... War vrudan bepret, que tes chants deviennent de 
plus en plus fameux, Kroa^ ar V ., 27 janv. 1901, p. 2, col. 3. 

29. On emploie aussi pe ou dans guëll pe vcll, de mieux eu 
mieux, gâell-pe-vell, de plus belle, guell-pe-vell, à l'envi, Gr., 
gwelpewel, (courir) a qui mieux mieux, Bar^ounégou var dru- 
bardere- Jitsas, chez Lédan, 1847, p. 163, (faisons tous deux) 
de notre mieux, XVII; gwell-pe-well, (plusieurs actions qui 
montrent) parfaitement (son esprit), Bite~ ami D. a V. 36. 
Ceci a dû exister également en van., où se trouve l'expression 
qui en paraît imitée, avec un positit : don pe don, de plus en plus 
profondément, L. cl 1., 36, don pé don, « plus ou moins pro- 
fond », Le Bayon, 40 \jinpcfin, « à bon chat bon rat », Ch. 
111 s. 

30. La terminaison -oc h est ajoutée au second terme, dans 
guëll pe velloc'h, de mieux en mieux, guell-pe-velloch, très bien, 
goaç~, pe voaç%och, de pis en pis, dônet da vc^a goaç^pe voaç~oc'b, 
déchoir, Gi\, tréc. gzuell pe zuelloc'h (F. Vallée); d'où, avec 
un premier terme au positif : pell, pe belloc'h, « fort loin », 
Gr. ; hier pe gaèroch, (lumières) plus belles les unes que les 
autres, Trab. 9; fin, pe finoe'h co ar vœnech, « ah, que les 
moines sont tins ! », Gr., van. fin-pc-finuoh, (orgueil) raffiné, 
subtil, Magasin spirituel er beureriou, Vannes, 1790, p. 438; 
Je// pé doùoh, « plus ou moins profond », Le B. 40. 



384 E. Ernault. 

31. L'ordre inverse est plus fréquent en van., malgré l'ap- 
parente logique de l'interprétation « fin, ou plus fin » ; ce qui 
appuie encore l'ancienneté présumée de goa%oc'h-goa%, etc. : 
goahoh pé goah, de plus en plus mal, Hist. sant., 80, d'où falloh 
péfal, de plus en plus mauvais, 52, kêrah pé kèr, de plus en 
plus beau, 51, brawoh pé braw, id., voir mes Eludes vanne- 
taises, III, 12 (p. 35 du tirage à part); buerhuoh pé hmrhue, 
(mille reproches) plus amers les uns que les autres, Buhé er 
sant, 190; sonnoh pé son, (croire) de plus en plus fermement, 
Guerçenneu Guillome, 26 ; splannoh pé splan, de plus en plus 
brillant, Science er salvedigueab, Vannes, chez la veuve Bizette, 
1821, p. xlj, splannoh pe splan, (preuves) plus claires les unes 
que les autres, 51 (cf. Gloss., 599); ol parfœtoh pé parfœt, 
(neuf chœurs d'anges), tous plus parfaits les uns que les au- 
tres, 24; cl ma oemb ni atiàu sanicllob pcsamel a labour, comme 
nous étions toujours de plus en plus chargés de travail, Brediah 
er je, 1 891, p. 137. 

32. La tournure latine inagis et inagis, inagis atque inagis, etc., 
se retrouve dans la phrase son an drompil a ~eue uheloch hag 
uheloc'h, le son de la trompette devenait de plus en plus haut, 
Historiou eus ar Bibl sanlel, Brest, 1853, p. 68, cf. irlandais 
do fhâs nios âirde, agits nios airde, mannois daase eh ny syrjey 
as ny.syrjey, Exode XIX, 19; mais ceci a tout l'air d'une de 
ces fantaisies individuelles dont les protestants qui écrivent en 
breton ne se défendent pas assez. 

Je ne sais s'il faut voir un fait du même genre, francisant, 
cette fois, dans le passage correspondant de la Bibl sanlel , soi- 
disant trécoroise, de M. Le Coat : Ha sonn an drompil a iea eu 
cur greski a l'iii eu miii, qui reproduit la version française pro- 
testante : « Et comme le son du cornet se renforçait de plus 
eu plus ». Peut-être y a-t-il eu aussi influence de la traduction 
de Le Gonidec : Son ar e'horn-boud a greské a-nébeûd-é-nébeûi ; 
hréoc'h ha skiltroc'h c leùé; mais a-ucbct'ul-c-ncbcùl , peu à peu, 
litt. « de peu en peu » est une expression toute différente, et 
qui est bien bretonne, d. Gloss., 440. En tout cas, il y a un 
exemple de a niux e muy en moy. bret. 

33. La langue dispose encore d'une autre ressource pour 
exprimer cette nuance de sens: elle peut ajouter au comparatif 



Etudes bretonnes. 385 

en -oc h le superlatif du même mot : dont a ra da ve%a haeroc'h- 
kaera drema hresh, il ne fait que croître et embellir, Trd., v. 
faire, 8°, litt. « il vient à être plus beau très beau à mesure 
qu'il grandit » ; dont da ve^a hrevoch-hreva enn he fei^, se forti- 
fier dans la foi, v. fortifier ; mont bemde^ larhoc h-larka, aller 
chaque jour de plus en plus loin, avancer davantage tous les 
jours, Bue^ ar cent (de M. Morvan, 2 e éd., par M. Nicolas), 
1894, p. 44, mont ato larkoc h-larka, 758; léon. guelloc'h-gnella, 
de mieux en mieux, F. Vallée, etc. 

Si cette association est ancienne, ce que je ne suis pas en 
mesure de prouver, elle a dû contribuer à l'assimilation de la 
consonne finale du radical, dans les deux degrés de compa- 
raison ; nous avons vu qu'on a dit largoch avant larkocl). 

34. La prononciation nouvelle -hoc h pour -oc h (halctoch au 
lieu *kaledoc'h) n'était pas, d'ailleurs, appuyée seulement par 
le superlatif -haff, -hah, -ha, mais aussi par les verbes en -hât 
comme haletât, durcir, = dont ou lakât dave%a haletoch, devenir 
ou rendre plus dur; et par les exclamatifs, comme van. et tréc. 
haletet, combien dur! en Goello haletât ! Cf. gall. calcdach, 
plus tard caletach, calettach ; calettaf ; calettet, Stern, 135, 136; 
gwastatàu, gwastattau, givastaita, rendre uni, 152. On trouve 
quelquefois en breton la consonne sonore au lieu de la sourde: 
nobla et nopla, le plus noble, noblaat, van. noblat, anoblir, van. 
lourdet et lourtet, combien lourd, lourdat, condenser, petit tré- 
corois lourtât, devenir lourd, etc., Ztschr. f. celt. Philol., 
II, 494. 

Selon M. Stern, p. 157, il y avait en brittonique trois ter- 
minaisons de superlatif: 

i° -am, = lat. (min)-imus, comme dans le v. br. hoiam, le 
plus long, leiam, le plus petit, moy. irl. lugam. Il faut lire 
leiham, mais il est bien possible que Yh soit dû à l'analogie du 
suivant. Cf. gaul. Clutamos « très illustre », etc., Holder, v. 
-amo-. Minimus est analysé *minu-mos par M. Sommer, Idg. 
Forsch., XI, 209, 210; 

2° -ham, de -isam-, = lat. (mac-)simus, ou plutôt com- 
posé de la même racine que sem-per, aya. Le gaul. Uxellim- est 
comparé à tort, son suffixe ne montrant pas d's (voir Holder, 
v. -ïmo-') ; ce son ne tombe pas devant m : Cintusmns, etc. Cf. 
Revue Celtique, XXII. 26 



386 E. Ernault. 

plutôt Uxisama à côté de Uxama, gâll. uchaf, le plus haut. Si 
l'hypothèse d'une composition a quelque fondement, on doit 
du moins ajouter que l'évolution du sens de ces composés 
était grandement favorisée par les deux autres superlatifs en 
-am et -tam ; 

3 -tam = lat. (ex-)timus, dans hcitham, extrême (qui n'est 
pas vieil armoricain, mais v. gall.), gall. mod. eithaf; bret. 
intanv, veuf, litt. « tout seul » (cf. Gloss., 492). 

On voit qu'il a dû y avoir, à un moment, hésitation entre 
les deux terminaisons anciennes -am et -haut. M. Stern rap- 
porte en gall. micxaf, le plus, moy. irl. moam à -am, et mwy- 
haj, comique moychaf, bret. moy, muyhaff à -ham. 

35. Sur L'exclamatif ou élatif, M. Stern propose aussi, 
p. 164, une étymologie par composition: par exemple, le 
gall. teccedj combien beau ! viendrait de *tico-sati-, « plénitude 
de beauté, grande beauté », le dernier élément étant le même 
que l'irl. sâith, salh, satiété, plénitude, cf. lat. satis, sot ; irl. 
saithe, troupe, essaim, gall. haid. Je crois que ces deux mots 
irl. viennent de deux racines différentes, dont la seconde 
seule (cf. lat. satio) est représentée en breton. Cette langue a 
un composé tarv-hcd, van. terhoed, second essaim, = *tarvo- 
sati- « essaim de taureau », Gloss., 681 ; le gall. a tarwhaid, 
et non *tarwhed comme tecced. 

En tout cas, 17; de l'exclamatif paraît bien être ancien. 

36. Sur l'origine des verbes gall. en -hau, comme techau, 
embellir, bret. kaerât, v. bret. (et non v. gall.) lemhaam, j'ai- 
guise, M. Stern exprime, p. 154, une idée qu'il m'est impos- 
sible de partager : la terminaison -hà- viendrait de ta, en v. irl. 
il est, il y a, de la racine du lat. stare. Si Va avait été primiti- 
vement long, il aurait dû donner au, bret. 0, eu; et la trans- 
formation de la dentale en /; est insuffisamment appuyée par le 
gall. canhwyll = candela, ce dernier étant devenu en bret. 
kahtol. L'accent sur -ha- paraît bien, cependant, tenir à une 
composition 1 . La racine ag, du lat. agere, n'irait pas mal pour 
le sens, cf. moy. bret. i\affaU, je deviens faible; mais com- 
ment expliquer 17; ? 

1 . Sur l'hypothèse d'une dérivation, voir Stokes, Celtic Decïension, 95, 96. 



Etudes bretonnes. 387 

A côté des verbes bretons en -bât, gall. -hâu, dérivés ordi- 
nairement d'adjectifs, mais aussi de substantifs, il y en a 
d'autres en -ha, gall. -ha, dérivés de noms; ces derniers ex- 
priment l'idée générale de chercher, chasser, recueillir, ra- 
masser : keuneuta, gall. cynnuta, ramasser du bois de chauffage 
(keuneud, gall. cynnucT). Ceux-ci pourraient venir de -sâg-, cf. 
lat. sagax, sagire (et gaul. '¥<s(izT(=z, TcctosagiT), allem. su- 
chen, chercher, etc. Puis il y aurait eu mélange des mots comme 
moy. bret. douarha, acquérir des terres, et pinui^icat, pinviTJc- 
qnaat, s'enrichir. Il y avait de nombreux points de contact 
entre le sens des deux séries (cf. en grec z-px--r l yiï et r^^Mr/) ; 
plus tard elles se sont mêlées encore, par la création de va- 
riantes en -bat pour -ha. M. Stern les confond, p. 152, quand 
il donne en gall. gwrhau, devenir homme lige, vassal,, à côté 
de gwra, prendre un mari. Il a pu y avoir à l'origine deux 
verbes différents, * gwreig-a-, de ag, lat. agere, « prendre 
femme » (yjvaTy.a i'-;w), et *givreig-ba-, de *sag-, « chercher 
femme » ; ce qui subsiste, gwreica, répond au second pour la 
forme, et au premier pour le sens. Le breton prietat, épouser 
(terme général), Ztschr. f. celt. Phil., II, 494, est près de 
gwrhau, pour la forme, et a, entre autres, un sens voisin de 
gwra (prendre pour mari). 

37. Un indice de ces anciens composés de ag est, je crois, la 
terminaison bretonne -ae%, très commune dans les noms abs- 
traits; elle a formé sept infinitifs qui témoignent d'une affi- 
nité spéciale avec des verbes au thème en a (Ztschr. f. celt. 
Phil., II, 518). Ce sont : 

bret. moy. et mod. marbegue^, chevaucher, = gall. mar- 
chogaeth, id. (et chevalerie), comique marogeth, chevaucher, 
irl. marcuigheachd , action de chevaucher, de * marc-âc-actà 
« (faire) acte de cavalier » ; cf. bret. mod. marhecqât, che- 
vaucher, gall. marchocdu, id., marchocâad, m., action d'aller à 
cheval, = * marchog-ha- ; 

bret. moy. buanegae^, -gue^, irriter, s'irriter; colère, mod. 
buanege^, colère, litt. « vivacité », cf. bret. moy. buancquat, 
s'irriter, mod., id. ; 

bret. moy. dirigae^, être en rut, cf. gall. terica ; 

van. bréhateah, embrasser, cf. léon. bryata, bryatât, Gr. ; 



388 E. Ernault. 

van. grateah, promettre, cf. grala, il promet; moy. bret. 
gratha, id., grataet, promis (l'infinitif n'est pas connu); 

van. marhakah, marchander, cf. bret. moy. nui rebuta, mar- 
chataff, léon. marc hâta. 

J'ai eu tort d'expliquer ces trois derniers infinitifs, spéciaux 
au van., par l'analogie des précédents. Grateah = moy. bret. 
*gratae%, peut fort bien être ancien, cf. v. irl. grassagaiu, je 
rends grâce, du lat. gratias ago. Ils ont un parallèle dans le 
gall. lladrataeth, vol, à côté de lladrata, voler (= lladrad, 
vol, -+- -ha-). 

L'inf. bret. où cette terminaison est le plus solide est lacn\, 
van. laêreah, laëreh, moy. bret. la%re%, voler, = gall. lla- 
draeth, vol. 

Dans les noms abstraits où la finale est -ae%, -e%, van. -éah, 
-èh, la consonne précédente reste douce : gall. gweledigaeth, 
vision, bret. gweledige^, etc. 

38. — M. Le Bayon pose en règle, p. 4, que la finale du 
diminutif -ik doit, dans les adjectifs, être précédée d'une con- 
sonne forte, ou doublée, et qu'on peut, après une voyelle, 
intercaler un /; : lard, gras, larlik, un peu gras, comme lartoh, 
plus gras, lartan, le plus gras, lartet ! combien gras!, la r lai, 
engraisser; ber, court, berrik, un peu court; bras, grand, 
brassik, un peu grand; du, noir; duhik ou duik, un peu noir, 
comp. duhoh ou duoh, sup. duhan ou ditaù, excl. duhet ou duel , 
verbe duhat ou duat, noircir. 

Cette observation curieuse n'est pas, je crois, absolument 
exacte; elle ne fait que constater une tendance analogique 
qui est loin d'avoir triomphé complètement. En dehors du 
van. il y a beaucoup d'exemples contraires : tréc. madik, assez 
bon, Gloss., 397; abredik, un peu tôt, G. B. I., I, 482 ; diwe- 
~adik, un peu tard, 460; manuel ie, tout mince, tout petit, 
Fanch-Co^, 6, Croatie, arrondi, 28, doit son / à 1'//); stardie, 
(méditons) un peu sérieusement, Trub., 230, buanic, bien 
vite, 286, bra~ie, un peu grand, Histor ar bonom Mi^er, 2, 
Suppl. aux dict. bret., 60; sederic, calme, Bail, 207, etc. 

39. Le diminutif de l'adj. peut se redoubler : inadik madig, 
(je me trouve) assez bien, Quellien, Chansons et Danses, 217. 

Il peut aussi former, avec le positif, une locution qui rap- 



Etudes bretonnes. 389 

pelle un peu goa%oc'b-goa~, etc., mais dont le sens est celui d'un 
superlatif : flourîk-flour , tout à fait doux; koantik-koant am m\ 
hi hanvct, Dre na ouien ket ht hahno, je l'ai appelée « Joliette 
jolie », faute de savoir son nom (chansonnette trécoroise) ; 
tostik-tost, tout près, Enig. Kerg., I, 133; pellih, pcll, « (il 
était déjà) loin, bien loin », Bar%. Br., 100. Il y a là une pro- 
gression logique, comme dans fin pe finoch = « fin, ou plus 
lin » ; larhoc'h-larka, — « plus loin, très loin ». 

40. Signalons encore la réunion du positif et du superlatif 
relatif ': hag eve paour ar- paour an, « serait-il pauvre, des plus 
pauvres » (litt. « le plus pauvre »), Revue de Bret. et de Vendée, 
1884, p. 407 ; flour ar floura, « (une voix) pure et suave », 
skedu% ar skedussa « brillante, éblouissante », Rcv. de Bret., de 
Vendée et d'Anjou, janv. 1891, p. 48 (tournure que j'ai risquée 
en moyen breton dans le livre de M. Xavier da Cunha, Pre- 
tidâo de amor, p. 675, sans en avoir de garant pour cette 
époque). M. Vallée m'apprend que paour ar paourah est sur- 
tout trécorois, et qu'en Léon on dit plutôt paour eu% ar re 
baoura, litt. « pauvre des plus pauvres ». 

41. Le correspondant de la terminaison grecque de com- 
paratif -Tspoç se montre, avec l'idée de simple corrélation 
(comme en lat. alter, en allem. ander, etc.), dans le bret. 
hanter, demi; reter, est, cf. Gloss., 539. M. Stern, qui cite, 
p. 157, le gall. eithr, moy. irl. echtar, = lat. extra, en sépare, 
p. 165, les noms abstraits en -ter, -dcr, comme bret. gwennder, 
gall. gwynder, blancheur. Il propose de voir dans le suffixe 
gall. -dcr, -divr, le mot irl. tur, tor, masse, poids; ainsi le 
gall. trymder, pesanteur, répondrait exactement à l'irl. trom- 
thur, poids lourd. Mais -dwr ne serait-il pas plutôt dû à une 
combinaison de -dcr et -wr ?. Cf. gall. sychder et sychdivr, sé- 
cheresse, moy. bret. sechder, mod. scc'hor, van. schour, cor- 
nique sichor, Gloss., 619 ; glcbdcr et glebour, gluebor, moiteur, 
gall. g-wlyhur, liquide, 259. 

E. Ernault. 



THE DESTRUCTION OF DÂ DERGA'S HOSTEL • 



APPENDIX 



§§ 5, 6. For the last two sentences Eg. (io8 b 2 — i09 a i) 
has: Nos-berat iarwm dâ moghaid doibsium doehum chuithe 
in inghin dia bathad, 7 ro shillsiur ïitirri for hur in chuithe, 
ocus robo trûagh leô in gnim do dénum, 7 nus-berat fon 
dairi, ocus n/^-fdccbat hi cûas ann. Ocus iss ann seic ro uhatar 
muccu Etcrscél mie hulair, ri Temruch, for mesruth. IS 
annsin aa.no. tanccatflr da primmucaM^ Eterxel fôn doiri co 
gcualatar griihugud 2 na mucc immon gcûas hi raba in naidhi 
og, aluinn, aitedach. Conïd ann ztbertatar na bûachailliu icca 
faiecsin : Iss e seo ïmmorro in mess môr flatha 7 in frithi 
flathae. D/^-beurut leo iartain, 7 n//5-cuiret i lias gamno. 
Dognit/;cr iarsin tech fi[g]the forc[t]ho léosum di, cin dorus itir 
ass acht feinessMr 7 forlés nammd, 7 ro cuired si ind iarsin, 7 
ro gabuth for a biathad 7 for a hétiud, 7 rusn-altatar amlaid 
sin gur'bo ferr cech druinech hi ndruinechus, 7 ni bui ind 
Erinn ïngen righ bad côemiu na bad dlliu oldas. 

Sa the two slaves lakc the girl to thepit /(> drown her, and at the 
edge of the pit they looked upon her, and sad they were to do the 
deed. So they carry her to the oakwood, and Jeave her there in 
the hollowof a tree. The swine of Eterscél grandson oflar, Ring 
oj Tara, were then feeding on mast, and EterscéTs two ehief 
swinéherds coming through the oakwood, heard the grunting of 
tho swine round the hollow wherein lay the babe young, lovely, 



1. V. p. g, 16 y, 28: 

2. i. e. grithugud 



The Destruction Dû of Derga's Hostel. 591 

youthful. Then said the swineherds beholding her : « Truly thisis 
the gréai oakmast (mess) of the kingdom and the windfall of the 
realm! » So then they takeher and put her intôa calfshed. There- 
after they build for her a fenced wicker house, wiihout any door 
ont of it, but only a windoiu and a skylight. In this shewasplaced, 
and they look tofeeding and clothing her; and thus they nurtured 
her, till ai embroidery she was better than any embroideress, and 
no king's daughter in Erin was dearer or more beautiful than she. 

§8. For the last sentence Eg. 109 e1 2 bas: oens tuetha in 
mac sin ior altramm don da Fheidlimith 7 na da Maine Mil- 
sgothachu, oens tri micc ui Dhuinn desa .i. Fer gair 7 Fer ro- 
gein 7 Fer lee, 7 rob iat sin a chomaltadu som. 

And that boy was given in fosterage to the two Fedlimids and 
the two Maines of the Honeywords, together with Donn Désa's three 
great-grandson, Fer gair and Fer rogein and Fer lee, and those 
were his foster-brothers . 

§ 12. For the first sentence Eg. I09 b 1 bas : Ra marbad im- 
morro iarsin Euvscel athair Cowaire la Nûadait Necht do Laig- 
nib .i. i n-AUind, 7 ba ri Herenn iartain (.i. co cend leth- 
bliadne) Nuadu Necht, 7 ro marb Gowaire iartain in Nuadait 
Necht. 

But after this Conaire's (supposed) father Eterscél was killed by 

Nûada Necht of Leinster in Allen . Nuada Necht was king of 
Ireland aflerwards, to the end of half a year, and Conaire after- 
■wards killed hiiu. 

§ 14. To this paragraph Eg. io9 h 2 adds : Ocus atrubairt dano 
in fer cétna riss don tuinn : Biaid buaid 7 airmitiu fort [fjlaith, 7 
bad sainemail ind énlaith it flaith, ocus bud iat so do geissi .i. 

I. Ni thûdchaiss desel Temrach na tuaithbel riiBreg. 

II. Nir' taibnithtT Iat cloénmila Cerna. 

III. Ocus nir' echtra cech nomaid aidche sech Tem- 

raw. 



392 Whitley Sîokes. 

llll. Ocus ni ro foi hi tig as fa forréil soillsi tened iar 
fuiniud gréni 7 i mbi ecnach do maig. 

V. Ocus ni tiasat riut tri Deirg do tig Deirg. 

VI. Ocus ni ru gabthar diberg it fiai th. 

VIL Ocus ni ti dam oenmna no oénfir hi tech fort iar 

funiud g/v'ni. 
VIII. Ocus ni aurrais augra oc da mogad. 

And the sa me mari then said to him front the wave: « Victory 
and révérence shall be on thy reign ; and let the birds in thy reign 

be excellent, and let thèse be thy tabus etc. [as in §16]. 

§26. After this paragraph Eg. uo b 2has: Orgain Bruidni 
Da Derga aisneithir inso sis, iarsna rémsgélaib .i. iar Tesbaid 
Etaine ing/»e Ailella, 7 iar Tromdaim Echach Aireman, 7 iar 
n-Aisnéis side Maie ind Ôc do Mider Breg Léith ina sid. 

Conaire mac Ettrsceôil maich'x Iéir, do Mumain, is é ro ort 
isin Brudin-se. Mess Buachalla dauo a mathair .i. ingen ingini 
Etaine 7 Eochach Aireman. Hi cinta Eochach iarum ro hort 
Gware i rhBruidin, ar ba hua d'Eochaig Airema[i]n he. IS 
aire sin ro tinoilset lueht side Breg .i. in n-orgain hi Maig 
Breg ar chind Cowaire, 7 do timdibe a sôegail, 7 ar Etain do 
tabairt d'Eochaig Airemain asin tsid. 

This seems copied from LU. 99* — see below, § 168. 

§ 27. For the last sentence Eg. no b 2 bas : « Ocus is é sin 
in ri ro dichuirset siabra don bith. And he is the king whom 
elves hâve expelled from the world. 

§§ 33, 35. The interview between Lé fri flaith and the 
Reds is thus described in Eg. m a 2 — rn b i : 

INni a meicc. nach âiniub, môr inscél, scél o Bruidin belot 
lond luâchet fercoblach fianddorgain meisse marbad fiand 
biaid inidhastar deirgfilliud nair. 

Scitha echrada immariadat immariadam eochu derga Duirnd 
descoraigh a sidib sis n-ingantach nubii mairb fathad mbrôin. 
breisslcch n-airlig. airliachtad fôebair tir na tigmalthaib hi tra- 
thaib iar fuin. IN. 

Tiagait uad iarum. Atroé a n-astud. 

Anaiss in mac arcinn Conaire sin tulaig. Asptvt fria atha/r 
a n-aslvrt friss. 



The Destruction of-Dâ Derga's Hostel. 393 

IN a ndiaid duit, ar Contre, 7 tairg tri daumu doib 7 tri 
tin[n]i, 7 airet beiti im tegluch ni bia nech etarru o thein co 
fraig. 

Téit iarum in gilla n'a ndiaid 7 taircid doib in coma sin 7 
nis-tdrraig [leg. -aid] acht ed inn urchuir etarru, acht ro cachain 
in îer tànaise laid do dar a aiss. 

INni a meicc. nach ainiub, môr in scél, scél o Brwidin. Scitha 
echraide inriadam. riadmai mairb. môrai airdi. airdbi soégail. 
sassadh fidch: fochun bran, brond airlectai. bragait fuidbechta. 
ferna tretholla. trath iar fuin. goirset gerset robruth rigdachta. 
rig eslabra tria doilbthi fer forsaid. For dal îor daim nonbair. 
INni. 

Tintais in mac doridissi go ro gaib in laid do Conaire. INna 
ndiaid, îor Conaire. Toirg doib se dumu 7 Se tin[n]i 7 mo 
fuidell sa, 7 asceda immarach, 7 airet beti imm tegluch ni bia 
nech etarru o thein co fraig. 

[in b 2] Luid in gilla 'na ndiaid, ocus nis-tarraid acht ed n- 
urchair. Âtbert in .iii. fer friss: 

INni a meicc. nach ainiub, mor in scél, scél 6 Bruidin. scis- 
fithir foebra. feochair cath. crinad robruth. rig eslabair, air- 
derga fir ficheid machde nate agaid îor duini daim nonbuir .i. 
Ingél cona feind bélot long lûath lochet fercoblach fiandga- 
lach ndos;air cnedach miscenach marbtach miecht môr. morbét 
eo find find find forsneissitar dérind 1 lith air. INni. 

Tiagait ass iarum. 

§ 62. After dogrês (1. 1). Eg. 1 i3 b 2 bas the following pas- 
sage : 

IS ann sin atawcatar cucu daim n-ûathaid n-oigedchairi n- 
oénmnd tuathroscaigi, co mbrutt brigda braliath impi. IN oir- 
tuâid car/; ndiriuch co toracht dorus na rigbruidni, gur' gab ac 
in doras. Ni taisci atro;/daircc Conaire hi ndsro cachain (?) don 
tslûag. issed atbrred cach n-ai re celé na rop huait atcluinther 2 . 
Atchess 7 atcloss sein do Conaire. Râither3 fria, ol Conare, 
techt hi leth n-aill n-aile co maitin ocus tiched4 hi mucha loe 

1 . leg. d'Erind ? 

2. leg. atcluinter 

3. leg. Râiter 

4. leg. ticced 



394 Whitlcy Stokes. 

7 lathi himarach. Gléire a aithisc is a huraigill dogenthar 1 
cétna ria câch ochs fuidell mnflatha di cid dam co ti[n]ni, cid 
tulchuba fina bess and ni ria conroindfitW, acht is di co fuill- 
fear is denad amlaid sin. 

Dobér mo chobaiss ind, ar in ben [Eg. 1 14 e1 i| ût, is dilsi- 
gud rîibreithri, is tânsemad rigrudide, is tiâchtain soégail, is 
grâd do biud is do lind do rig Hérenn diultad hûad fri daîmh 
n-ûathaid n-oénmnâ hi leth fri aidehi. Fir âmh disi siût, for 
Conaire. Telchar 2 issin tech hi. Tànicc si dano issin tech, 7 do 
toégasi do toebtracht in tened, 7 dobrethao choiss di forsin n- 
imelach 7 choss forsin cenn araill don tenid, 7 dobretha go- 
radh dilmain doéscair thiar tins oslaicthi fuirri, 7 ro séitestair 
in âer trûaillnidi inmedônach hnaithe amach, gwrb' imdhitin 
don trichait trénfer ro boi îor inchaib in rig .i. rinn aroisec 7 
a n-aichtbi 7 a fuilt 7 a n-imrachaisni iuirn. 

§ 69. The following mnemonic verses on the seven sons of 
Dond Désa are written on the npper margins of LU. pp. 87, 
88, 89. There is another copy in the Book of Ballyinote, 
p. 369-' 20. The former lias been edited by Zimmer, KZ., 
XXVIII, 579, note: the latter by Nettlau, Rev. Celt., XII, 
244. Neither édition is quite aeçurate. 

Moxor secht uacc Duind Desa inso: 

Cain treith doadbanur, 

oen îor sesiur saerbrathar, 

maceni Desa diberci, 
4 ba Duind denmig daforbaig, 

Fer gair gnim fri reilforcsin. 

Fer lee fri cluaiscoistecht. 

Fer rogair réil fri roardmes. 
8 Lomna domnais drechnatha. 

l : cr rorogair fri niadnascaib, 

ba se in cing îor comranna. 

Gel-fer fri gai! n-oenduni. 



1. leg. dogentar 

2. \c". Telcar 



The Destruction of Dd Derga's Hostel. ^95 

12 Glas f/i sernad 1 saerselca, 

buaid ngelfini Gaiioin. 

co[b] croâerci cutechta. 

brogsat brudni breogaili 
16 caini turscur tareraid. 

co saini suth saerni[ad] 

gnim glond gnatail 

maini muimï Mrtrcniad. 
20 mail mace cach mrmiota 

cirt ba Cairpri cain. 

Cain treith: 

Each of thèse Unes normally contains seven syllables and 
ends in a trisyllable. 

Line 1. Cain treith tadbanur, BB. treith « lords » pi. of 
triath, hère seems a disyllable. 

8. drecht ndatha, BB. 

10. comramu BB. 

12. glas fri sernad h srerselga BB. 

13. buaid geiltîngaine Gaileon BB. 

14. cob croderge cuiter/;/a BB. 

16. tainraigh, BB. 

17. cach saimhne suth sasrniad BB. 

18. gnim glonn gnathaltaigh BB. 

19. munie muirne Mflffcniadh BB. 

20. mul maiche gach mc//nota BB. 

§ 79. For this Eg. 1 1 5 b 1 has : 

Ni cuimei a tairmescc, îor Ingcel À. néla feimig do tecat. 
Asbm Ingcel : fir ngér rigudisfes da iigrudid ngabra gébtar friss 
adbia bas a lecht îor tracht iffirnd do tlgh duind. 

Is duaig inni adberi, arberid cech fer din lairind sin, buaid 
fir leiss, 7 congeba car/; fer buaid fir etarru. 

Ro gab do gus maidm fortso, a Lomnae, ol Ingcel, ad droch- 
lôech, dot-tancatar néla feimmid 7 ri. Atrhbia basa lecht 
[leg. ba salecht?) bas briscem lurgu ni anais for traig maitni. 

1. LU. Facs. seruad 



: 96 Whitley Stokcs. 

Do thig duind maitin moch amârach assut éc ermaiss ar trom- 
sluaig-thig coddét cotendet cod[er|ed rhbeta ni aisnébat sein 
faide na senchaide dul damsa on orgain sea co ro me nosn- 
oirgea a dilvrg. 

§ 93. Eg. r 1 7 b 1. hxcondarec imdaid ann, ocus triar indi .i. 
triai' n-uathmar n-éitigh n-adbw/raor n-anetargnaidi. Ate doi- 
chmi doill, ni fa i 1 nach ndeilb nduini eu cosmaili«5 doenna 
forai b. 

Dar 1er loun lathrastar lancend tri lorg Idnfîdclach o hurbél 
co'raill. rechtaire mudd munata mac centa caim cetglonnaig. 
claidib tre slôg selgetar. ro selta ar borg buredaeh ar hur 
Bruidni Da Derga.. Samal/e lat, a Fir rogain. 

§ 94. Ni fetarsa dm di feruib Erenn na doferaib in bethaacht 
manib iat in triar ucut .i. Cruaid 7 Cnap 7 ... pni, tri Fomoraig 
das-fuc Mae eeeht a tirib na Fomore ar galaibh ôenfer, etc. 

§ 97. Fer rogain's description of Conall Cernaeh and his 
prowess is more elaborate in Eg. n8 a 2 — 1 1 9 b 1 . Thus, for 
beit lir bommand ega etc. we hâve: 

Bat lir tra bomanna ega 7 fer îor faithehi 7 renna nimi br 
leithehind 7 coépa îor n-inchinni 7 ïor cnamredach 7 dasse da 
bar n-apaigib combruitib leiss iarna sediliud fo na muighib 7 
fo na foithrib. Ar ni ro saltair îor féor Fnw/ dar n-éis Logha 
maicc Eithlenn gaiscedach a aiesa ro sosed îor in fer sin. 

Ro gabsat tra grain ocus omun huli oc imrad in tir sin, 
ocus ro teichsit. Sûail na ra bensat re mbarchaib, co ro gabsat 
na cuir 7 na ratha etorro a lunga hic a n-astud 1/ïsin n-a... 
.. Ger 7 Gabar 7 Fer rogain. 

Mairg inras in orgain, cid fodaig ind [ijir sin a ôenur, ar 
Lomna Druth, ar is é sin ôenlaech na fuilnget laich .i. is é in 
léo lond letartach Idtir lamthenach infuilech îoràerg fichda îor- 
rdnach hr[f]cochair afdâirsid Eorpa, oen inthamail Hechtair 
iru//c Priaim i n-iarthar in betha, in caur créchtaidi coscrach 
commdidmech sin Cornai caem Cernaeh. 

So thai as many as icicîes (in iv'niicr), and grass on lawn, and 
stars ofheaven willbe your half^heads and theclots ofyourbrains, 
and your houes, and the heaps of your entrails crushed by him 
and scattered through the fields and the ridges. For never since 



The Destruction of Dd Derga's Hostel. 397 

Lugb mac Eithlenn bas there troddenthe grass of Erin a champion 
of bis âge tbat would attain to tbis niau. 

Tbinking of tbis man, ibeu borror and fear sei^ed them ail, and 
tbey flcd. Tbey alnwst reached (?) their sbips, and they took mutual 
covenanis and pledges 1 detaining their vessels al thé... (naniclx) 
Ger and Gabur and Fer rogain. 

« Woe to b'un tbat sball wreak the Destruction, even becanse oj 
tbis man alone! » says Lomna Druth ; « for be is thème hero tbat 
heroes endure not: be is the savage,fierce, rending, si rang, daring, 
bloody, crimson, warlike, destructive, truly-fierce, Europe's high 
vétéran, the one resembler of Hector son of Priant in the ivest of the 
world, tbat wound-inflicting, triumphant, praiseworthy hero, dear 
Conall Cernach! » 

§ 99. For the firstseven Unes, Eg. n8 b 1 has: 
Atconnarcc imdaid ann, 7 ba câimiu a cumthach oldaat 
imdada in tighi olchena .i. atat teora coilethe liga 7 teora bro- 
thracha tairsiu. f/ïthadart fo a chinn, araili oc fraig. Atcon- 
narcc oclach n-adamra isind imda 7 cumthaigi imda inganta- 
cha isin imdaid sin, ocus dias immi isind imda .i. in dias 
imectrach. Finna diblinaib co foltaib 7 brataib, 7 at gilithir 
snechta ruidiud roalainn îor gnîaid cechtar n-oe. IN t-6clach 
adamra isinn imdai, ni acca nach ndeilb iiduni bad cosmail do 
riam. Is ed modh rogab ulcha thinâs do folt cass buidi fair 
amail irna d'or. Ro lad cerchailli d'ôr immi 'machuaird. 

/ bebeld a coucb there, and fairer was its covenng(l) than 
(ll.nit of) the other couches of the bouse, tbat is, three beautiful 
quilts and three blankets over them : a bolster at its bead, another 
at the wall. I bebeld a wondrous warrior on the coucb, and manv 
marvellous coverings, and with htm on the coucb a pair , the outer 
pair. White were the twaiu, with heads of hair and /nanties, and 
brigbt as snow was the beautiful flush on the cheek ofeach oj them. 
The -wondrous warrior on the couch, never sa-w I buman jorni 
tbat was like to him. Tbis is the way tbat bis beard is ... of curly 
yellow hair on him like a ... of gold. Pilhrws of gold were placed 
ail around him. 

1 . Cf. § 90. 



598 Whhley Stokes. 

§ 114. [Eg. 116*2] Atconnaircc (sic!) isind imda uasaib di 
diceil, 7 moethoclach etarru .i. moel duh fair 7 belra formend 
laiss, 7 intiiaisi lucht in tige huili a coridelg. eo airgid ina 
brut, Fer finnliath hi cetud friss. caimsi co îideirgindslait imbi 
7 bratt corccra. bretnas oir ina brutt. Sleg coiccrinn co fetha- 
naig argit eter da n-iarnn ina lâim. Fer aili hi fnthcetud dé. 
morig dub fair, caimsa imbi, 7 bratt dubghlass. gae glas co 
sulib glaini ina lâim; tricha, semmand fair, 7 fos-ceirdd do 
cleithiu in taige 7 dusn-arinntis inna cend armas doridissi con- 
da-gaibed fot n-airthim os chind ind tir medônaig. tri coicrid 
ôir huâsaib hi fraig. Samalta sin, a F/r rogein. 

Ros-fetarsa, ol Fer rogein. Cûscraid Menn Mâcha macc Con- 
cobair fil hi ngiallnui lasin rig, 7 a da aite .i. Sencha maccAi- 
lilla 7 Dubtach macc Lugdach cosin rigai bûa Cheltchair (sic) 
tucad a cath Maige Tured, oc//5 dorairrigered buâid rig do 
] 1 1 6 b 1 ] marbad de 7 dirin do sluaigh (sic) archena. Atbélat 
ferla cach n-ae. Ocus berait a ndalta leo immach in di diceil. 

Irigcel. at. fir rïgér 7 ri. 

[Imda na nDrûad] 

§ 114 A. [Eg. n6 b 1]. 

Atconnarcc triar issind imdae aili, teoir ludsca oir tara n- 
etna. teoir caimsi impu, ocus tri broit deirgg impu. eo ôir i 
mbrot cach hae. tri bera congnai uasaib hi fraig 7 teora calga 
det. Samailthe (sic), a Fir rogein. 

Rofetarsa, ol se .i. Feiss, Feisse, Feassemon, tri drûid ind 
rig, tri cornais, tri meicc Meissen Melimbuir. Atbéla fer, 71L 

The Room of tbe lVi~ards. 

« / beheld a trio in the other room: three luasca of gold over 
their foreheadsj three bedgowns aboui them and three red mantles 
they nvrc: a golden brooeh in cach one's ma ut le: three spears of 
horn above them on the zvall, and three ivory-hilted swords. Liken 
(thon them), O. Fer rogein. » 

(( I knoiu (them) saitb he, « to icit, Feiss, Feisse, Fessamou, 



The Destruction of Dd Dergas Hostel. 599 

the King's three wi^ards : three of the same âge, three sons ofMeissiu 
Melimbor. A man.ivil! perish (by cach of them), etc. 

§ 141. For the first two sentences Eg. i22 a 2 — i22 lj 1 lias: 
IS annsin dolotar inna dibeirg [leg. diberga] o Sescend 
hUarbéoil .i. diberg tri ûa nDésa 7 dilvrg tri hua Conmac 
imm Ingcel, do orgain Bruid;/f Da DtTga, co rïdivnsat tri tim- 
chûarta dib im Bruidin. IS annsin immorro tucsat a n-ilcha di- 
beirge os aird. 

Then the reavers marched from Sescenn Uarbeoil, toiuit, the gang 
of the three -grandsons of Désa and the gang of the three grandsons 
of Conmac, around Ingcél, todestroy Dît Derga's Hostel. And ihey 
inade three circuits round the Hostel. Then ihey shouted their rea- 
vers' paeans. 

§ 143. For this paragraph Eg. I22 b 1 has 

IS annsin tank Conairc hjmach, 7 rosui fuithib co torchra- 
tar leiss se cet loech dib, 7 ni ranic arm dia armaib bens, oens 
tinta im[s]lan doridisi i mBrud///. IS annsin ro atad in tene fo 
t/;/'i isin mBruidin, 7 ro bâded anall. IS annsin iarum dorochair 
fer la car/; fer bai i mBruid///, 7 congab cach dias budid fir 
etarru. 

Gabais Conairc iarsin glés n-imbtrta airm forru, co torc/;- 
ratar seeht cet lais iar saigid a airm ina cétchuindscli. 

Then Conaire sallied forth, and turned throughout them, so 
thaï six bundred warriors of them fell hy him — and yet he had 
not reached one of bis weapons, — and he turns unhnrt again into 
the Hostel. Then ivas the fire hindled thrice in the Hostel, and 
quenched from beyond. Then, too, fell a nian by each man zuho ivas 
in the Hostel, àndevery pair had a man s victorx between them. 

Thereafter Conaire began to ply bis weapons upon them, so that 
in the first confiicl after reaching bis arms, seven bundred fell by 
him . 

§ 156. For this paragraph Eg. 123' 1 1 — 123*2 has : 

Luid co ranic hUarân riGarad for iMaigh Aei. Atrula side 7 

ro dichled aire. Con'id andside ro éirig in lachu reime don us- 

ciu. Fôeltnigis Macc cecht, conld ann atbm : 



400 Whitley Stokes. 

An sin, a lachu linech, 

loch lind lethas fot bruinnib. 

binni do doim a daman. 

a lund a loich a lonan. 

a heôin biicc bic bruinndr/ïg. 

broén as t'eitib ûarusce. 

Iv/macht ort a luâin dar lind. 

fagbat digh do Conairi 

fil inn itaid fri naimthib 1 nith. 

La sodain soé-seom fon top//r huli dia fothrucad ann, comd 
ann atlvrt: 

Fuar topur. tuind trachta. cûin ruirthecht. 1er locha. lind 
rïGarad. sruâim srotha. ard ûara[n]. [F]ûar top//;'. 

Ocus tue iarsin ldn a chûaich ass, 7 docher in marc boi fo 
choimm .i. bruth in miled ros-marb conn tarras acht a enama 
lomma, 7 ro cuir seom a cnàma fon talmain hi Maig Cnam- 
roiss. Docûaid reme iarsin co ranic Bruid/// lia matin. 

He fared forth mit il he reached Uarân Garad on Mag Ad. It 
disappeared and was hidden from him. Whereupon a luild-duck 
rose up before him from the water. Mac cecht rejoiced, and then 
sa id : 

Thaï is splcndid, O ... îuild-dnek, 

the làke-water thaï spreads under thy breasts, 

the melody of thy ... O ... 



speckled, Utile, red-bellied bird, 
a drop of cold water from thywings! 
blessing on ihee, light over -water, 
leave thon a dririk to Conaire, 
who is alhirst al (his) slaughter byfoes. 



With thaï he turned throughoui ail the ivell, to bathe himself 
iherein, and he said: 

Cold fon nia in : surface of slrand sea of lah, water of 

Gara : slream of river : high spring-well : cold fonntain. 

1 . lcg. ndimtib, instrumental plural of nâtna 



The Destruction of Dd Derga's Hostel. 401 

Thereafter he took the full of bis cup out of it, and thc boy who 
was under bis garment fcll, for the soldier's beat bad Icilled bim, 
and only his bare bones remained. Mac cecbt put the boues under 
the ground in Mag Cnhmroiss — the Ficld of Bonewood. He then 
fared forward and reacbed the Hostel before morning. 

§ 160. For this paragraph Eg. I23 b 1 lias: 

Ro slaided tra iartain in cath etc. (as in p. 324, note 4). 

So then tbe'battle was sirîcken contcntiously, migbtily, niau- 
fully, courageously, to wit, by Mac cecbt and Conall Cernacb son 
of Amargcn, so tbat they (the reavers) ivere destroyed and exter- 
minatcd in the great battle after morning, and their sbips icere 
sbattered and burnt by Mac cecbt and Conall in vengeance for their 
lord. Al as for the rout and ... in ivhich the twain ivere... 

§ 168. In LU. 99 a this paragraph is followed by two pas- 
sages extracted from, or conformable to, the lost Book of 
Druim Snechta : 

Slicht libair Dromma Snechta inso. 

Orgain Brudne ui Dergœtrd iarna remscélaib .i. iar tesbaid 
Etaine ingine Ai/t'llo 7 iar tromdaim Echdach Airemôn 7 iar 
n-Aisnéis Side Macc Ôic do Midir Breg Leith ina sid. 

Cowaire macc Efcrscéli maicc maicc 1er, di Ernaib Muman, 
is é ro hort isin Brudm seo. Mess bûachallo dawoa mathair, in- 
gen sidé Echdach Airemon 7 ingen ingine Etaine, ut dîximus. 
Coma Conaire 6 mathair do Echdaig .i. Confire ûa hEchach 
.i. nwc ingine ingine Echach hé. 

IS ed fodrûair a orcain hi cinta Echdach, ar is des side Breg 
Leith dorinôlsat in n-orgain, fobith tonaidbecht fbrro a sid oc 
cuinchid Etaine la Echdaig. Ros-dolbsat iarom lucht in tside 
sin hi slûagu 7 dollotar do inriud Maige Breg, 7 tarfds sam- 
laid do Chonaire. Ecmaing ba tir dud-lotar, ar is hé ri insin 
loingside siabrai. Ar gabais som flaith indiaid a athar 7 asbéTt 
Niniôn drûi bdtar n-é airchoilte a flatha, arnd hechtrad a 
Temraig cach nomaid aidche, 7 ni {mnmïhed gâta ina flaith, 7 
Revue Celtique, XXII. 27 



402 Whiîley Stokes. 

na gabtha àiberg, 7 ni iirsed augra in dâ tûathmail tûath 
Maugnae, 7 na fôied hi taig as mbad ecna soilse iar fuiniud 
gréne. jrl. 

A Recension of the BooJc of Druim Snechta, ibis. 

The Destruction of thc Hostel of hûa Derga, a [ter its for et aies 
i. e. afler the Loss of Etâin Ailill's daughter and after the Op- 
pressive Company of Eochaid Airem, and after the Disclosure of the 
Elfmound of Mac Oc to Midir of Bri Léitb in his elfniound. 

Conaire son of Eterscéle, greatgrandson of Iar, of the Ernai of 
Munster, 'tis he thaï was destroyed in this Hostel. Nozv bis mother 
ivas Mess Bi'iachalla (« the Cozvherds' fosterling »), and she was a 
daughter of Eochaid Airem and a daughter of Etâin s daughter, as 
we hâve said. So that Conaire by his mother's side (belonged) to 
Eochaid, i. e. Conaire grand son of Eochaid, i. e. son of the daugh- 
ter of Eochaid' s daughter ivas he. 

This is what caused his destruction, for the crime of Eochaid, 
for il is the elves of Bri Lcith that gathered the destroyers 1 , hecause 
their elfmound was hrohen up by Eochaid when seeking Etâin. So 
the folk of that elfmound shaped themselves into arniies and went to 
raid Mag Breg, and thus they appeared to Conaire. He chanced to 
he in the country to which they went, for he is the hing whom the 
elves destroyed (?) . For after his father he look the kingdom, and 
Niniôn the ivi~ard said that thèse zvere the prohibitions of his reigu: 
that he should not go out of Tara every ninth night, and that he 
should not allow(?) thefts in his reign, and that plumier should 
not he taken, and that he should not settle(?) the quarrel of the two 
tribal slaves of North Maugnae, and that he should not sleep in a 
housefroni which after sunset a light would be visible, etc. 

SLICHT NA CÎNI BEOS. 

Mane Milscothach mac Carbad 7 Gér mac ûi Necae 7 tri 
maicc ûi Thoigse it é nodn-ortatar Conaire tre chomarli Ing- 
ceôil. Dobreth Geer macc ui Necas hir-raith f/i Ingçél im or- 
gain no thogtad in Hcrc do. Roda-ncrtsat side do chomollod 

1 . lit. the destruction 



The Destruction of Dd Derga's Hostel. 403 

ir\ Ingcel a n-ebred Mani Milscoth^r/;. Asbtvt Mani ba liach 
Brudm do orgain fodéig Conaire. Is de no geibed Ingcél grûad 
7 fir ui Necas. Tri .111. ba hé ai-lin ocund orgain. 

IS ed dollotâr riam i n-Alpain do chor a ndibtrga^ and, ar 
nir' léic greim Comin doib a cor in Hère, conid iarsin tancatar 
Hérind al-lin cétna 7 ortatar Brudm. 

Conid Bruden vii Derga cona. fûasaitib 7 cona. slechtaib 7 cona. 
remscélaib, amal adtiadar il-lebraib insin anûas ar bith sam- 
laid 

A Recension of the Codex also. 

Manè of the Honey-iuords, son of Carbad, and Gér great-grand- 

son of Neva, and threc sons of Hua Toigse are they that destroyed 
Conaire by Ingcél' s counsel. Gér great-grandson of Neca was given 
in pledge to Ingcél for such destruction in Ireland as he should sé- 
lect. Elves encouraged them to fui-fil for Ingcél what Manè of the 
Hpney-words was saying. Mane said that it was a pity to destroy 
the Hostel because of Conaire. Hence Ingcél would take Hûa Ne- 
ca' s ... and truth. Three Jifties, this was the number at the Des- 
truction. 

They had previously gone to Scotland to perform their reaving 
there, for Conaire' s power let them noi perform it in Ireland. 
Afterwards they came, the saine number, to Ireland, and destroyed 
the Hostel. 

So this is the Hostel of Hûa Derga with its developements and 
recension and foretales, as that is related in books above, for thus 
it is. 



GLOSSARIAL INDEX 

(The numbers refer to the paragraphs). 



abairbthiu 91 (ab-air-b-thiu), haircleansings ? seems ace. pi. and to mean, 
froni the context, cleansings (or lousings) of tho huraan hair : cf. perhaps 
ind-ar-bining repêllo. The accented prefix ah- may correspond with the 
pretonic uba in aba-min « optât », Sg. i6i b 1. See KZ. XXXVI, 2Q b . 

abtar 45, ye are. 

ach for acht 32. 

acthe, aiethe 1, for aici « apud cam », as in Ir. Texte, I, 119. acci 2. 

ad-âgur I fear, près. ind. sg. 3. atâgethar 76. adagrt/;ar 

adâig 78 cum gen. = fodâig App. 97, for sahe of 

ad-ar-benim / impel, expel 

adbul, vast, huge, equative aidblithir 57: compd. adbolmôr 82. 

ad-chiu 87, v. atchiu. 

ad-com-aic 56 strikes, s-pret. pi. 3, adeomeisset Wb. 4 d I3,pass. prêt, ad 
coimeed 167, root eng 

ad-cuaid (= ad-co-faith): see -eesetar. 

ad-fia 102 b. ambfa 79, but ad-bia App. 79. atmbîa 90, meaning obscure. 
Possibly connected with ad-bith was slain, Meyer Contrib. 17. 

ad-glâdur I address, prêt. sg. ataraglastar (ex ad-da-ro-glddastar) 62. 2d sg. 
subj. co n-arlaiter, 19. 

ad-rôe he ivas uiiable, ata roi 32. 

ad-sôim I kindle, ad-suithe 65, was kindled: encl. subj. sg. 1. con-adûr 29 
Eg. for atûr, pass. près. ind. 3 atàither 69: verbal noun atûd 54. 

aé, ahé .i. dno 66. aha À. interiacht ebraide (gl. hem), Ml. 131 e 3. 

âer inmedônach App. 61, intestinal air, wind in the boweîs, fiatus. 

aes uile 66 evilboers. 

aesc nutshell, cogn. with Lat. aescuhis, see dergfaesc. 

afrisi 19, 90, aridisi 147 (doridisi Eg.), arithise 110 YBL., O. Ir. afrithisi 
« again », Strachan. 

âgur / fear, nocho-sn-;igur « I fear them not », Hy. 5, 105, ni-sn-âig- 
fimmis 55. 

aicci 8, households} 

aig ice, gen. ega 89, .i. eidhre, H. 3. 18, p. 532. 

âilenda 100 j. an epithet for a shield, meaning obscure. 

ailestar iris, gen. ailestair 1. Meyer Contrib. 39. 

ilibenn 1 00 f. (Eg.) an epithet for gold: meaning obscure 






The Destruction of Dd Derga's Hostel. 40$ 

ail-menmnach 75, 77. modest-minded : ail .i. nâireach O'Cl. 

âin 22, a driving, impulse (from *agni). a ain fén « his own impulse ». 

ainbthinech 17, stormy, = anbthenech LU. 33*29. deriv. of anbthen (an- 

feth-). 
airchinn 87, edgel ace. dual, airchionn « a side, a border », O'R. cf. toeb 

7 airchenn ML.Wb. 
airdbi sâeguil 35, destruction bf life. Cf. slig-airdbi. 
airech, (sk'r. aryaka) gen. airig, 84 .i. uasail, H. 3. 18, p. 531. 
air-eenae 65, very char À. follus manifest. 

airer coasll 2rj. territory, dat. airiur 48. i n-airiur Saxan, LL. 289k 45. 
-âirgim / bind (ad-rigim). s-pret. pi. 3 co ro airgiset 37. 
air-fasacht 126, consent .i. cetugud, H. 3. 18, p. 532, .i. aontughadh, O'Don. 

Supp., Meyer Contrib. 58. 
airib 108, from you, aslûifet airib tbey ivill escape from you, cf. Wb. I4 a , I4 d , 

20^, 27 e . 
airid smooth, dat. sg. ond srogud airid (gl. tereti fiagello) Sg. 66 a , ace. pi. 

airide 87. 
air-liachtad 35, wetting (with blood), liachtain, v:et, moisture, rain, O'R. 

airlechtaig [leg. -aid] .i. tesdaid no slaigfi, H. 3. 18, p. 530. 
airmitiu 16, honour, but also a restriction, tàbu, .i. geis, H. 3. 18, p. 529. 
airsce, ersce 157, neck, gullet} ina airsciu .i.infa] meidhe, H. 3. 18, p. 533. 

airrsci .i. méidhe, O'Cl. « the hinder part of the neck », O'R. 
-dirsed App. 168, s-subj. sg. 3: cf. aurrais. 
airther lame 99. airther a cinn 113. 
ait 33, pleasant, anait unpleasant. 
ditedach App. 5. youthful: cf. maccâem 6c -âitidech, LL. 220*38, deriv. of 

ôitiu « youth » gen. ôited. 
aith-briste 153, to-hroken. 
aithech 131,0 giant. 
aithergab artns ? arrangement of arrns} gen. aithergaib 102 e (YBL.), 145, 

dat. ar ind atharcub (gl. pro instructu armorum) Ml. 63 e 1. Seems a 

différent word from atblorgab, Meyer Contrib. 148. 
aitherrach craft, gen. aitherraig 192 c = aithearraigh F. M., 1595 (p. 1984). 
àla skill (aladh .i. gliocas, O'Cl. citing trè âlaidh a urlabhra, where âlaidh 

may be a misspelling of the ace. sg. dlaig 102 a. Meyer, Contrib. 77, 

gives the nom. sg. as dlaig. 
alach quick, in coss-alach 131 q. v. dat. sg. f. Alich, Bk. Arm. 114, cognate 

with Lat. alacer} 
âlaind 129, beauliful, superl. aildem 114. 
ala-tûath another (foreign) country, 80, 100 f, 102 g. 159. 
alchaing 55, a rock for arrns. 
allmarda 50, foreign. 
allus miled 162, a soldier's siveat. 
altramm fostering, nurture, dat. altromm 5. 

am-les disadvantage, injury, dat. sg. amlius 110, pi. dat. amlesaib LL. 57 b . 
amlud 2, dat. sg., meaning obscure. 



406 Whitley Stokes. 

amm time, ace. sg. la cach n-aim 122. 

ammin 35 ive arc. ci 'ammin 35. 

am-ulach 75, beardless. 

am-ulchach 15, beardless. Côir Anm. 245. 

an-aichnid 44, uncouth, unknown,, Meyer Contrib. 90. 

ancretach for ancrechtach 1 64 Eg. 

an-doe 42, unshnv} 

an-drocht wtstraight, crooked} drocht ,i. direach, Lee. Vocab. 

ânem io2 a 109, superl. of an splendid. 

an-etargnaid 93, uncouth, unknown, strange, Meyer Contrib. 99. 

anfarlann 165 St. for anforlann 

angim, lprotect, -ansed 96, 133 -ainsed, ni, 112. 2dy s-fut. sg. 3 pi. 3, 

ni-t-ansitis YBL. 51 1, 371 , t-pret. ro anacht 131. ros-anaehtatar 77, part. 

anachthae 132. 
an-gô 80, 90, 105, unfalse, true? rendered by alasl in Meyer's Contrib. 103. 

Cf. ingo. 
angta 133 H 1 , ba hangta .i. ba doi%, H. 3. 18, p. 533. 
an-fuil ioi b , gen. sg. of an-eol ignorance. With forba aniuil cf. tir n-aneôil, 

uir aniuil, Meyer Contrib. 99. 
ân-li 109 splendid colour (li). 

anmed 121, lampooner, properly, lampooning, blemishing, deriv. of anim. 
ann-seic App. 5. 
aplis 153 enelitic 5-pret. sg. 3 of at-bailim « I perish », verbal noun apaitu 

Ml. 30^ 14. Other instances of -is in compd verbs are cotlais, diuchtrais 

and dôrtais. 
arait, gen. sg. araite, 61 Eg. 

aranaissi 8 (ara-nass-si) she tuas betrothed : root nedh, près. -nasc-. 
ar-corbaim / violatc, prêt. pass. pi. 3 ar-ro-corpait 26. Other such forms 

are ro-marbait § 68 and ro diluait § 
ard-airsid App. 97, high vétéran. 
ard-roth 100 c. lit. a highwheel. 
ar-gabim I capture (in sensu obsc), ar-da-gaib 7. 
aridisi 147, again, see afrithisi 
ar-laiter 19. (ad-ro-glâd-ter), see adglâdur 
-ar-lôr teinid 29 (that) I strike fire} According to Strachan, Déponent verb 

122 n. -arlôr mav be founded on *arlâ, *ad-ro-slâ i an i-subj. from ad- 

slaidim; cf. W. lladd tan. 
àr-mag 161, battîe-field (Cyrhr. aerfa). 

arm-grith 55 Eg. clang or clash of anus, a compd. of arin and grilb 55. 
arnon-sligfitis 94. they would slay us. 
ar-rethim I overtake, perf. act. sg. 3 : nîsn-arraid 52, 34, 35, overtook them 

not. 
art-be 80, slaughter. 
ascuir (ad-sc.) 101 b, wrecking? 
atacomnaic-si 8 (aith-da-com-naic), she is} atacomnaic side .i. ata comainm- 

side, H. 3, 18, p. 529. 



The Destruction of Dd Derga's Hostel. 407 

atâither 69. see ad-sôim. 

atar let 76 it scems to thee, (O. Ir. ata lat), atar lais 57, il seems to biiu, atar 
lind 1 5 it seems to us, atar (MS. adar) ko 6, it seems to them, et v. K. Meyer, 
Contrib. 141. 
at--ar-ro-bradsi45, for at-tob-r-ar-bad-si, perf. pass. of adarbenim, aton-rar- 

bad-ni 45. 
at-chiu 50, 61 I see. atci-siu 50, atchi 62. redupl. 2dy fut. atchichead 11. 
(-acciged LU. 64 a 39), perf. cia acca (ad-cecha) 81, ni n-acca 20, ni accai 
26. co n-accatâr 25. 2dy près, -aiccitis 67, adchetis 50, pass. subj. sg. 3 
-accaister 48 = -accastar Wb. 25 b 28. 
ath-chor 43, to transfer, restore. 

ath-gôite 153 severeîy wounded, maimed (-gôite from *goizd-). 
ath-laime 98 Eg. dexterity, deriv. of athlam. 
ath-laaim 1 return, s-pret. pi. 3. ath-ra-lsat 47 (YBL.), atrulasat, St. sg. 3 

athroîa, O'Dav. 51. con atralaid 45 (YBL.). 
athremail 42, fatherlike. 
atmbia 79, .i. ata lium, H. 3. 18, p. 531. 
atrôe App. 35, atroa 1 56 non potuit, ata-rôi 32. pass. atroas 156, atroastecht 

ar in orggain, LL. 2Ô9 b 37. 
at-ru-bartsa 144 i" hâve said, while asbert, -epert (without the ro) is only he 

said. 
atûd 54 kindling, see ad-sôim. 

au-chuimriuch 119, « ear-clasp », O'Curry, M. and C, III, 186. 
augra strife, contest, Meyer, Contrib., gen. ind âugrai 25, where it is mis- 

printed. 
aur-ard (better air-ard, Meyer, Contrib. 43), very tall, pi. nom. aurarda 127 

ace. aurardda 50. 
aur-chor saegail 21, lit. a cast of life (« todesstoss », ZimmerKZ. 28, 572), 

aurchur a riada (riara) 88. 
-aurrais App. 14 = -ahurrais 16, a 2d sg. ^-subj. from * air-ro-sais, ni âir- 

sed augra, LU. 99*, root seg} cf. tetarrais LU. Ô2 a 42. 
aur-thuasacht 86, ïistening to = air-th. Meyer Contrib. 68. 
*ba to slay, ni rubutar (leg. rubatar) 77. ni rubad///' .i. nîr guinidar, H. 3. 

18, p. 531 (from ni rubéotar?). 
bu 4, good, ni be ba son .i. ni ba maith son, H. 3. 18, p. 529. 
bairenn-chorp 87, a roclcy body. 
balc-béimnech strong-stniting , pi. ace. -u 130. 
balc-buillech 87, dealing strong blows. 
balc-remor 127. strong and thick. 
banamail 2, womanly. 
bdn-bruth 100 j, a white mass} 
barr dfas, b. scoth, b. messa66. 
ba salecht 79, .i. ba slaidedh, H. 3. 18, p. 531. 

bas-lethan 51. epithet of horses, having a broad ...? bas is usually the palm 
of the human hand, but hère must mean some part of a horse's forehand. 
ba-t thon ivast, 109. 



408 Whitley Stokes. 

-bit 151, 3d pi. près. subj. ofthe verb subst. 

becdu 102 a: perhaps for bechttt compar. oibecht « pcrfect, exact ». 

béimnech 126, v. baie. 

beit 145, près. subj. pi. 3 of the verb subst. 

bel ichtarach 38, hiver moulh, the female pudenda. 

bélmar 38, 40, 136, big-mouthed, 

bélot 32, meaning obscure. 

beni'm ar 87, bénus .i. cindis, H. 3. 18, p. 532. 

benim re: suail na ro bensat re rhbarcaib, App. § 97. 

benn-chlaideb 125. a pointed sword. 

béo-gaite 168, not mortaïïy wounded 

beôil : atbailtis a beoil 12. 

berrad 100 e., hoir of the head, v. fotol-b. 

berr-brôc 113, 123, 127, berd-broc 60, a short apron, with métal plates 

sewn on it, like the Homeric |iîxp7]. 
bethir is, 129. 

biathaim I feed, secondary b-fut. biathfaindse 60 (St.). 
bind melodious: compds. bind-iogrogod 99, sweet-soundittg, bind-fogur 99, 

melodious soundl equative bindithir 17. 
bith-chorcra 2, ever pur pie. 
bith-obéle 64, ever open. 
blâthem 102 a, superl. of blâith. 
bocc-maerdacht 2, soft dignity. 

bochta (in tul-bochtaq. v.), part. pass. of bongaim « 1 break ». 
bolg-srôn an epithet for a horse, lit. bag-nose, pi. n. bolgsrôin 51. 
bon-simin 105, some kind of rush, a bulrush ? pi. n. bonsimne 105. 
borr-oclaech 109, a great ivarrior. 
bos-orgun 54, haml-smitiug. 
bot tail, dat. sg. but 162. 
-both : dûs cinnas rom-both and 70. 
bô-thâin 28. a drove of coius. 
braénach 87, meaning obscure, 
bra-liath App. 61, lit. grey-browedl epithet for a mantle: bra, lit. eye-brmv, 

hère dénotes some part of a cloak. 
brath-béim pi. brathbéimend 98 Eg., like bralh-htiUe, pi. brathbullcda, 

LL. 22i a 30, means a destructive blotu, (brath .i. milleadh, O'Cl. from 

*mrath, Idg. root mer, whence [iàpva[jia'., fiapatvu), skr. mrnâti. 
brebnech, brefnech according to the gloss perforated, pi. brebnecha 135. 

brefnecâ .i. slabrflJacha, having chains, H. 3. 18, p. 533. But itseemsderi- 

ved from brèfean (gl. anulus) Sg. 59 1, 13, and may therefore mean ringed. 
brecc-derg 95, 185, spcckled-rcd, brecederc 105 : equative brecedergithir 97. 
brecc-glass 60, speckled-blue. 
brecc-lachtna 61 Eg. speckled-tawny. 
brecc-liga 84, botter brecc ligda 109, speckled and fuir, bruit brecligdai umpu 

.i. dath cxamail' forro, H. 3. 18, p. 531. 
breo-gal App. 69. 






The Destruction of Dd Derga's Hostel. 409 

bresal 35,5/n/i?, war, = Corn, bresyl, bresul, brcsell, MBr. breselec(gl. bel- 

liger), breselhat « guerroyer ». With the cognate Irish man's name Bresal 

cf. Cymr. (Cou)bresel. 
bres-maidm 55 Eg., breach, roui. 
bret-nass a brooch, pi. n. bretnassa 124 = bretnasa LL. 236b 2, dat. bret- 

nasaib LU. 23 a 33. O'Davoren's brethnais .i. delg must be an error for 

br et nas s. 
Bricriu Chonaill Chernaig 98, name of Conall Cernach's spear. 
bn'gda App. 61, epithet for a mantle, valuable, deriv. of brfg. 
broc sadness? wrathl (Cymr. broch) dat. sg. bruc 130. 
brô (broe?) dat. sg. hit brôi dîrmai 29, hi mbrôi bertasa 100 k., meaning 

obscure, 
brogsat App. 69, meaning obscure. 
brôin dat. sg. 29 Eg. broin 29 YBL., corresponds with the brôi of LU. 

broin a large company, O'R., et v. Lism. Lives 3230, gu mbroin ndoinn- 

sciath ndeallradtach. 
brôntach meaning obscure, dat. sg. f. brôntig 100 k. 
brothchân 4, poltage, Wb. 32 e 15. 
brothrach quilt, counterpane, pi. 11. brothracha App. 99. 
brûar 131, fragments, compd. brisc-brûar LL. no b 4i, 291* 14. 
brudamna 130, gen. pi. for bruth- damna, LU. U2 b 14, maierial of a mass 

(of métal), bruth cogn. with Lat. brïttus, Gr. paou;, Skr. guru, Idg. F. 

XII, 186 and damna = Cymr. defnydd 
bruiden 64, meaning obscure, 
bruilech 165 St., fragments. 
bruinn-derg App. 156, speckk-bellied. 
brûrech 165, brûirech 131, fragments, ace. sg. brûrig LL. 26i b 23. 

1. bruth 99 ardour. Cymr. bnrd, Brd. brout, Lat. de-frutum. 

2. bruth lueight, mass, see brudamna, ban-bruth. 
buageltach 126, cowfeedingl 

buide-chass 100 e, yelloiu-curly . 

buind cholpthae 95, ankles} 

bunsach a rod, pi. n. bunsacha 124. 

bûrit (buirid YBL.), béim burit 130, they give a blow Cymr. Invrw « to 
strike » bwriv ergyd « to give a blow ». Lith. bïrti in krius^a byra « it 
hails ». 

caechad 103 to blind, verbal noun of çaechaim, s-pret. ro coeehastar 105 Eg. 

caem a noble, pi. ace. caemu, 3 

caer 62. Eg. H. St. The meaning may perhaps be a hoir. If so, cf. Lat. 
caesaries, Skr. kesara. 

caimse, camse 114, 121, 124, a blouse, pi. n. camsi 116, Gallo-Lat. va- 
in isia. 

càin, fuir, beautiful, superl. câinem, 97. 102 a: compd. càin-tocud 100 d, 
good fortune} 

cairpthech charioteer, pi. n. cairpthig 12. 

cdldae 102 b, sleepy, deriv. of cal sleep, Ir. Texte, III, 439. 



4i o Whitley Stokes. 

canach slébe 109, said to be « the eriophorutn polystacbion or common cot- 

ton-grass », O'Curry M. andC, III, 145 note, 
card 67 for carnd 68, a cairn. 
carthanach beïoved, pi. n. -a 56. 
cass 1, epithet for a mantle, curïy, not « short » as O'Curry rendors it, or 

for hair 119: equative cassithir 91, cassidir 97. compds. cass-chorcra 97, 

crûad-chass 100 k. 
cath-chomlann 87, battîe-conflict. cath-milid 27 battle-soldier. 
-cechlastai 85, secendary fut. pass. sg. 3 ofcluniur, subj. char « Ihear » 

(root Mus). 
céin 50, 54, 141, a wtiile. 
céin-mair m, 112, 133, cenmair 96, long live\ 
ceirr dat. sg. 100 i, meaning obscure. 
célaim (-ur?), IforeboJc, s-pret. pi. 1. célsammar 62, a denominative from 

cél 62. ouien ni do cel carsam (.i. ni caraim t'faisdine), a bhen, ol sesium, 

ni tu celmainujis duin dogres (.i. [ni] tû don! faistine duin dognath), H. 

3. 18, p. 531. 
celt 130, dress, raiment, in chellt Ml. Hence dechclt and Eng. MU. 
celtar see môrcheltar. 
cenn arraic 1 3 1 meaning obscure, 
cenniud 137, hood, dat. cinniud 137, pi. céinnidi 82 (or tins may be pi. of 

cennide (ace. sg.), LL. 1 1 3 b 8). 
cendraig 85, dat. sg. some part of a mill, nom. sg. cennrach a beltï 
cenn-becc smaU-headed, pi. n. cendbeca 51. 
cenn-phairt, lit. bead-part, something at the end or beginning, pi. dat. cend- 

phartib 130, knobs at the ends of chains. Metaph. cendphairt in scéoil, 

LL. 56^ 3. 
cerchaille 99. a pillow. 
cern 62 (cerr YBL. caer H. St. cuerEg.): If cern be right, cf. perhapsNhg. 

birn « brain ». 
cernu ace. pi. 100 k, meaning obscure, 
cerr see cern. 

cert-chossair 87, a duc (right) litter.. 
cert-rann, a right part, dat. certraind ioo b . 
cert-sdl a right beel, pi. ace. -sala 1 30. 

cessa, ro-cessa 130 were spread ont} as-rocess .i. rorecht, Ml. 39 e 11. 
-cessed 41, past subj. sg. 3 of cingim I go. 
cestuigther 149, is questioned, is examiried 
cét-ad 1 18, seems a compd. of cet « first » and ad = ed « space of time » : 

hicèt-ad would then mean « in early youth ». 
cét-chumscle, 76, 83, 89, 90, 92, 94, 96, 98, ni, Jirst conflict. 
cét-glonnach bundred-slayer, gen. cetglonuaig 93. 
cethar-chôir, pi. n. cetharchôire, pi. dat. cetharchôrib, 84, an epithet for 

the bagpipes of the pipers from the Elfmound of Bregia, meaning, either 

perhaps, tliat, besides the moutlitube, they had a chanter, and three 

drones, each dulv tuned, or (if the mark oi length be wrong) that the 



The Destruction of Dd Derga's Hostel. 41 1 

pipes wer e quadrangular, cf. sci'atha cethrocairi 120, dubdrolam cethar- 

choir 130. 
cét-lfath 128. first-gray, in first greyness. 
cét-tendâl 69, first heacon-fire. 

ciallathar 100 a, jd sg. près. ind. dep. of *ciallur, meaning obscure, 
cian-focus 67, lit. far-near. 
cin delictum: hi cinta Eochach App. 26. LU. 99* Eg. I20 b 2, for thc offence 

of Eochaid : so hi cinta ind fergoirt do milliud, LU. I05 a 1, for the offence 

of destroying the meaâoiv. 
cîn F. codex, gen. sg. na cîne, App. 168, cin merabruimm, Corm. dat. isin 

cin, Laws, II, 354, 380, pi. ace. tabraid dûn cîna memruimm co scribam 

dûib, LB. 1 7 1 a 39. Borrowed from Lat. quinio « apentad», there being, 

according to Cormac, five sheets of parchment in a cîn. 
cir chuirréil 1. a hright comb, .i. cior ar a raithe cur réil no soilléir, O'Cl. 

cir from *kësra, cuirrêïl from con -h réil. 
claidbfne sivordlet, claid[b]i'nib 97, cethri claidbini LL. 56». 
claideb garmnae 61, 128, a iveaver's beam, claideb garmne (gl. liciatorium) 

KZ. XXX, 556, 558. 
clecht a plaît, pi. dat. clechtaib 97: from Lat. plecta. 
clessamnach 109, 111, a juggler, pi. n. clessamnaig 120. Deriv. of cless. 
cliab buana, 58, 97, a reaping-basket. 
clithar-garb 130, a rough covering} 
clith-chor 100 d, clechtchor St., meaning obscure. 
clith-étach 28 (clith-étcaid Eg.), close clothl 
clôen-mil 16, 26, meaning obscure, lit. « urong (or evit) beast ». 
cloth-ri 100 b, a famous king. 
cluas-coistecht App. 69, lîstening with cars. 
cnàmradach 89, cnâimred 102 c, a collection of boues (cnârna). 
enam-ross, Bone-wood, gen. cnâmroiss App. 156. Dinds. 31. 
cobba for co mba 1 . 

cochléne 45, cochh'ne 11?, dimin. of cochull. 
cocorse 100 d, n. pi. cocairse LU. iO) b 46, cocarsi LU. 8i ; > 11 = cogoirse 

O'R. cogn. with cocarus LL. 120^47 = cogarus (con + corus) O'R. see 

Strachan, Celt. Zeitschr. III, 419. 
côel-druim 157, spine. 
coel-glais 87, 88, slender stream. 

coem-choppad 97 Eg. meaning obscure. Seerethe coppad. 
coemud : for coemud (.i. for coimet no for biathad) in mie, H. 3. 18, p. 529, 

corresponds with ar choniet in maie § 8 ad finem. 
coi 138, lit. way, seems to mean « place » or « meeting ». So in Bruden 

Dâ Choca: for coi ceilhre sliged no biJ nach brniden. 
coible na flatha 63 (con-féle), hospitality of the prince. 
côicrind 75 five-pointed, 7re{juccô6oXov, pi. n. coicrindni (cuicrinde St.) 95. 
côic-roth 75, 91, 100 i, five circles (or wheels) of gold. 
côic-sess-churach 87, a boat having five thwarts (MS. cûic-). 
côindso 73, countenance, is cuindsi (.i. aigid), H. 3. 18, p. 531. 



41 2 Whhlcy Sîokes. 

côir-di'riuch just and straight, pi. n. coirdirgi 2. 

com-accmaic 87, puissant, powerjul. 

com-aes co-aeval, pi. n. comaesa 76. 

com-alaind equally beautijul , pi. n. cotnalli 76, 84, comaldi 103. 

com-ard 75, equally high. 

com-ardu 48, opposite to (comarda Etuir « in glcicher hôhe mit Howth », 

Zimmer, KZ. 28, 577). 
com-bâgach App. 160. contentions, ro ferait na catha sin eu comborb com- 

bâgach di cech leth, LB. 124 15 22. 
com-bind 66, equally melodious. 

com-bruthe crushed, dat. combruithiu LU. 23» 23, pi. dat. combrut[b]ib 89. 
com-chétbuid 100 b. consent. 
com-chôir 76, equally just. 
com-chrôda 103, equally hardy. 
com-déntae 100 c. refinedl sarhskrta. 

com-detae 100 c. lordlyl deriv. of the stem of commdiu lord. 
com-étaid 104, 114, 126, guardsman. Compd cûl-ch. q. v. 
com-fo-chrâib vicinity. hi comfocrâib 121 at hand, close by, a stronger form 

olfochrôib. See craebach. 
com-gné 101 b. con-formis } similar (gué forma), 
com-gnim 83, 8g, 108, ni, 129, prowess} or perhaps a joint-deed (of va- 

lour). 
com-lebar equally long, pi. n. comlebra 82. comleabra .i. cotnfada, H. 3. 

18, p. 531. 
com-lin 86, 135. equal nnmber. 
comlond fo cutrammus 45, a combat on equal tenus. 
com-maidmech App. 97, triitmphant, glorying, deriv. of conundideni. 
con-da-fil 83, so that they are. 
con-id-ralâ ar 102 b. till he bas chanced on 
comsid 129, lord, master, deriv. of continus « power ». 
-com-arnectârr 22. they met together, perf. pi. 3 of con-air-icim. 
con-éirgim, cota-éirget 141. 

congan cridi 92, H. 3, 18, p. 332, where congain is glossed by toirrse. 
congna, bera congnai, App. 1 14 A. 
con-grenar 11, is collected. Verbal noun congraimm, also congrend À. tegla j 

mad no tinol, Archiv f. celt. lex., I, 477. 
con-ised 78, secondary s-fut. sg. 3 of coniccim « I am able », con-n-ic 86. 
con-rainnim 83, 135, con-roinnim 96, with transition from the â-conju- 

gation: ci. roinne SR. 5348. 
copad 91, coppad 97, rethe c. meaning obscure: « a bleating ram », 

O'Curry, M. and C, III, 140, 141, seems a mère guess. 
cor mo diberga 73, the turn of my plundering, 
corcor-gemmach 100 g. purple-gemmed , 

core colbthaige 58, 128, a caldron capable of boiling a colbthach or heifer. 
corr-derg an epitbet fora horse, pi. n. corrderga 51, where corr must mean 

some part of a horse's bodv (corr « snout », O'Br.). 






The Destruction of Dd Derga's Hostel. 4? 3 

corrôemed 1 57 = con-ro-memaid : see -ma. 

corr-mîl 161, some insect, hornet} horsejly} 

cosnam 27, oc do cosnam som .i, a tegmail a timcell, H. 3. 18, p. 529. 

coss-alach 131, swiftfooteçl. 

costud 73, usage} companionshipl also in LU. 87*38. LL. 220 b 39, 2 3 2b î3> 

243*42, seems borrowed from Lat. consuetudo. O'R's costaidh an inn, if 

genuine, wonld give a suitable meaning. 
costudach, costodach 100 b. Also in LL. 100*47, I0 ° b 3> I2 ° b 3 derived 

from costud. 
cotât 87. hard = cotut- q. v. 
cot-riccim fri I meet ivith, près. ind. pi. 3 cotregat 44 (cotrecat YBL.), perf. 

pi. 3 cotrancamar 109. cot- (also in cot-ancccar-so Wb. 14 e 40), perh. 

from *kont, Thurneysen, IF. Anz. IX, 192. 
cotut-sleman 1, hard(znâ) smootb. This word is misprinted chotui îeinor, and 

misrendered « gathered and soft » in O'Curry, M. and C, III, 190. 
crâebach 119, branchy, deriv. of crôeh, fem. gen. crôebe, dat. crôib in fo- 

chrôib, near, al hand, and com-fo-chrôib. 
crann-sciâth 87, a wooden shield, as distinguished from one made of wicker. 
crech-tobaid, nimblein forays, pi. n. crechfobdi, 51. 
créchtaide (MS. créethaidi) App. 97, wound-inflicting. 
crédtin, gen. créda 107. cret chréda : compd. créd-umae 75. 
cressaigth-e 128 shdkes it, where the -e is an affixed pronoun. cressaig/j .i. 

croit[h]is, H. 3. 18, p. 532. 
criathar âtha 131, sieve of a com-kiln. 

criathraim I pierce hoîes in (like a sieve), prêt. pass. ro criathrad 167. 
crithnaigim 1 tremble, ro crithnaig 5 5 Eg. 
crô-derg 97, 98, gore-red. 
crôeb triana blath 66. 
crom-sdath 116, 125, a curved shield. 
crûad-chass 100 k, hard and curled (cruadehess LU.), 
crûan-maith 51, red enamel. Hère H. 3. 18, p. 530, lias: co tri .l. nall (.i. 

srian) cruanmaithnech friû, where uall should probably be corrected 

to ail. 
cruind-becc 2, round and small. 
cruind-berrad 82, a round head ojhair, fri cruindberrtha .i. tri fuilti cruinde, 

H. 3. 18, p. 531. 
cûar-sciath a hent (crooh'd?) shield, pi. n. cûarsceith 76. 
cûas App. 5, a hollow. 
cuclige 101 b. tottering, cf. bai ind arc for cuclaigi gcll, SR. 6673, cucligi 

in talman occa thochur dar aird 7 dar cenn, Lism. 5 1 b 1 . cucligiu 7 

maidm inna secht nime, ib. 51* 2. 
cuil 4, bad, cuil .i. olc no toirmisgthe, O'Cl. 
cuimm chmima 94, shape of boncl Cf. the verb cummaim. 
cuin ruirthecht, App. 156, meaning obscure, 
cuimscle 100 d. countenance} 
cuirce a curch, headdress, but in 137 a tuft, cresl or tophwt. 



414 Whitley Stokcs. 

cuirréil (v. cfr chuirréil), from cou- and réil « dear » ? 

cuitbid 138, a jester (con-tibid). 

cûl-aitire 66, further security, literally a back-guarantor. 

cûl-chométaid, a rear-guard, pi. gen. -c 103. 

cûl-mong 76, 127, 130, bach-hair. 

culpatach hooàed (« warm ») O'Curry M. and C, III, 190, v. leburch., a 

deriv. of culpait. 
cumachtacham 100 a, superl. of cumachtach powerfitl. 
cumal a slavegirl or her value (three cows) pi. n. cumala 3, 8. 
cumall (caumall Eg.) 101 a, b, meaning obscure, 
cummasedae, epithet of bratt 28 Eg., of lenn 118, literally mixed. 
cumscle onset} pi. ace. cumscliu 150. 
cumthi 79, 96, for cummthi participle of necessity of cuntmaim » I shape », 

« I do », as in Listn. Lives 461 1 : gu cuniaid [ccumaitt, B.] a ndegh- 

gnima. 
cungas 28, meaning doubtful: cufiglas St. seems a compd. of glas. The 

first élément (citui- ?) may be in cun-dil « decorus ». 
cuslennach 151. a piper, a deriv. of cusïe « pipe », « vein », pi. gen. cus- 

lend 99. 
dadaig 7, 12, at nigWi 
dag-ere 87, 128. agoodburden. 
dag-thrian 130. a good third. 
daig fire, daig do rig 61, daig dâirthaige 63. 
dâirthech, gen. dâirthaige 65, an oratory. The a of dâir being in position 

is lengthened. 
dais heap, pi. n. daisse 89, daissi .i. car» H. 3. 18, p. 532. 
dam dûsachtach if not, as above suggested, a party of Berserkir, may be == 

the Scottish berd widdîefows ? cattlestealers ? 
daman App. 136 meaning obscure, 
dam-dabach, lit. ox-tub, pi. damdabcha 127, where it is applied, metapho- 

rically, to fat round men. 
dam-seche 44, 58. ox-hide. 
darôet 52 from to-ro-ét, has corne. 

dartaid 158, a yearling, a year-oldbull,d. na dibcrca nickname of Tulchinne. 
data 147, fosterer. 

dech 39, best, is deich .i. is fearr, H. 3. 18, p. 530. 
dechelt 102 a. = degeelt .i. brat, H. 3. 18, p. 532. 
deemaie .i. ingnad O'Dav., compar. deemaicci 87. 
dedbol 87 a weakling ? 

1. degaid 44, a chafer, blachbeetle (« zu nacht, Zimmer KZ., XXVIII, 570, 
573), degaid .i. dael, H. 3. 18, p. 530, is ace. sg. of dega = deagha .i. 
dael, O'R. So in § 61, the duibithir dega of Eg. the duibhithir degaid (À. 
dael) of H. 3, 18, p. 530, corresponds with the dubilhir druim niai I of 
LU. Cogn. with Eng. tick, Germ. \eche, and perhaps Armen. ti%. 

2. degaid App. 160, meaning obscure, 
déitgen 75, a row (or set) of teeth. 



The Destruction of Dd Derga's Hostel. 4 1 $ 

deirb-cride, 81 Eg. sure-hearted. 

delbthor 100 f., meaning obscure, delbnetbar St. 

denn-maisse 100 f. Eg.' 

dénum datha 1, bumishing? 

deoga tonnaid 98, 129, 167, dritiks of death. 

deogbaire 139, cupbearer. 

deolatchair 17, meaning obscure. 

deolcha 28, meaning obscure. 

-derband 108, see terbaim. 

derc, derefa] a sedlaig 2, armhole of her shifl (not « bosom of her smock » 

as in O'Curry, M. and C, III, 100). In 128 derc seems a scribal error for 

draic « dragon ». 
-de-r-cacha 71 perf. sg. 3 of do-éecim I see (from to-en-cim). 
derg red, equative dergithir 2. compds derg-(f)aesc 97, red shell, derg-inliud 

1, a red insertion. 
dess-corach 35 YBL. reading doubtful and meaning obscure, 
desad I sat LL. 15227, sg. 3 dessid, pi. 3. 
-destetar 32. See Ascoli Gloss. cclii. 
dét tooth, ivory, gen. sg. dét /6, 95, 103, 126, 132. 
diabol-nâma a devilish foe, pi. n.-nâmait 81. 
di'ag for dâig 106. 
dias claidib 98, point of a sword. 
diceil, nom. dual, guardiansï App. 114. 
-didlastais 128, 137, secondary s-fut. pi. 3 of dlongim, perf. ro-s-dedlaig 

SR. 7958. 
di'lsigud riibréithre. App. 62. 
di-maisse 100 f., meaning obscure and reading doubtful, ndennmaisse Eg., 

n-innmaise St. 
di-mes 100 j., meaning obscure. It cannot bedimess « contemptio », Z 2 . 873. 
dimôr 82. dimàr 127, huge. 
dingabar 100 k. is tàken awayl près. ind. pass. of dingabim, pi. 3, ding- 

baiter, Laws, I, 142. 
dir 13 (dual Eg.) « proprius, conveniens, iustus », Cymr. dir « certus, ne- 

cessarius », idg. root dhe. 
di-raith 63, gratis, doraith St. H. 
disiu ocus anall, 46: cf. siu 7 anall 53. 
ro-di'thait App. 160, should perhaps be ro dithaigit they ivere destroyed, cf. 

dithugud, Aisl. 
dîth-lâithrigim I exterminate, prêt. pass. pi. 3 ro dithlaithrigit App. 160, 

verbal noun, Three Shafts, p. 353. 
diuchtrais 101 b. he au 
diulathar 93, meaning obscure, 
-diuscim I, awake (di-od-sechim), prêt. sg. 3 do-r-iussaig 101, cncl. ni de- 

r-saig, LU. i3o a 27. 
dligim I am entitled to, deponential .î-pret. ro dligestâr 22. 
do-aid-becht: fobith ton-aidbecht, App. 168. Root bong, beg. 



4 1 6 Whitley Stokes. 

do-air-cim do I cause to} doairgebad (-taircébad Eg.) 18. 

do-air-(i)cim / conte toi domm-ûir 27, taircitis chuccai, Dinds. 117. tair- 

geadh .i. tracht, P. O'C. 
do-airinnim, / let (/on;/, prcs. pi. 3, du-sn-arinntis, App. 114. V. Strachan 

Sait., 64. 
do-arm-chellaim / go round, prêt. sg. 3 do-r-armchell 155 Eg. (to-ar- 

imm-c). 
do-ar-raid, dosn-ârraid 38Eg.,he overtooh them, pcrf. sg. 3 of do-ar-rethim- 
do-ath-laaim Ireturn, lit. repono, s-prct. pi. 3 doathlasat 47. 
do-choistis 27, 3d pi. 2dy s-fut. of do-chu-aid « ivit » (*to-co-f;'tith), pi. 3 

dochûatar 165. 
do-chomrac 166, an evil conflict. 

do-coemnacair 157, there chanced to be, dep. perf. sg. 3. 
do-cuiriur I put, Ithrow, docuirethar 71. to-s-cuircthar 55, ta-curethar 39, 

2dy près, docorad 54. pi. tos-curetar 67, end. 3d sg. di-chuirid 149. 

pass. sg. 3 dochuirther 105. 
do-deochaid 156, 157, 166, be bas gone, pi. 3 dodeochatâr 83, 134. s-conj. 

sg. 2 -tudchaiss App 14. 
do-dôrted 140, better dodrôrtad YBL., seems from * io-to-ro-forted, see infra 

s. v. do-forte, 
dôel-abra, a blach-beetle-broiv, pi. gen. doél-abrat 100 d. 
dôerad 100 b, enslavement. 
do-érnaba 80 Eg., 102 g. 
do-escaim I eut ont, do-n-iscide 65. 
do-fâeth 83, 86, 92, 102 c pi. dofâetbsat 83 dofoethsat 84, s-fut. sg. 3, 

pi. 3 of do-tuitini « I fall ». dofoethsat 85 secondary s-fut. sg. 3. The/ 

is prothetic. 
do-fedim educo, v. doruided 
do-filter 7, ibère is. 

do-fi'urat 138, s-fut. pi. 3 of *do-orgim « I slay ». 
do-foicherthar 81, it wïll be cast, secondary s-fut. sg. 3. 
do-for-maigim / itterease, -tormaisead 2. dofoirmsed Ml. 35 a 17. 
dû-forte 97. do-r-ortat Fél. May. 27 (rofortad B), dofortad (gl. effunderet) 

Ml. 56''. Root vert, 
do-fuitet, 143, 149, tofuitet 143, 148, 150, 151. tbey fall, for do-tuitet (ex 

*to-to-tudet, Strachan). 
do-gniu 92, dod-roni 26, arna dernat 94 co ndernsat App. 141. dorigned. 

dorônsat 134, do-nd- rônsat 168, dorônad, 133. 
do-im-chellaim I go round, s-pret.sg. 3 do-r-imchell 154. 
do-guir 32, meaning obscure. 

do-mâine8o, loss, privation, evil, opposite to so-indiue « wealth » « profit ». 
domain 102 g. domnais App. 69. 

donn, noble, gen. duinn 79, .i. uasail, H. 3. 18, p. 531. 
donn-berrad 95, a brown bead of bair. 
donn-fer 82, 95, 130, a brown mon. 
donn-iolt 93, brown bair of the bead. 



The Destruction of Dd Dcrga's Hostel. 417 

dorechachasa (leg. dorécachasa / saw (*to-ro-en-cacha), do-m-recacha 109, 

it saxo me. 
do-rîadat 50, they far e to, do-r-riadat 51, for * to-n-riadat , with infixed re- 
lative, 
do-r-iussaig 101, v. diuscim. 

doroacht, I hâve corne, doroachtmar 3. doroachtatar 84. 
doroch, gen. pi. 109 H'., for droch a zcheel .i. roth, H. 3. 18, p. 532. 
do-roistis, dorostais 24, they would repair to. 
dorralad 142, for doraladWb. 13^8, perf. pass. sg. 3 oîdoliaim « pono ». 

As to the vowel of -ra- see Thurneysen, Kelt. rom., 34. 
dorsaire 142, doorwarden. 

doruided 90, meaning obscure, uias led? cf. du-da-ruid Ml. 63b 12. 
dos-bile 97, a bushy tree. 
do-sendaim I hunt, perf. pi. 3 do-t-roiphnetar 166, prêt. pass. pi. 3 to- 

sessa 29. fut. -taibnither App. 14. corruptly ni taifnichter 16: ni toit- 

findta .i. ni hinnarbtar H. 3. 18, p. 529. verbal noun tofond 26. (to- 

svend-). 
do-tecim: I corne to, do-thic 143. do-for-tecat, 79, 83. dodânic 102 a. where 

the second d is either an infixed neut. pron., or a t medialised bv the 

infixed relative : cf. atach adessam Hy. 1 , 4, where adessavi is = ad-n- 

tessam (Thurneysen). 
do-thâetsat, 92, 3d pi. s-fut. of do-tuitim I fall, s-pret. pi. 3 dotuitset 132. 
do-thaistîs 60, do-thaégat 153, dothdet 73, 126. 
do-tôegasi, App. 62 she chose. 
draicc 128 Eg. a dragon. 

drech-natha App. 69, ace. pi. meaning obscure 
dremne, rage, fury, dat. dremniu 44. 
drindroisc 8 (dru-ind-ro-sq...) an urgent request. a tri drindroiscsi .i. a tri 

hathehuingi, H. 3. 18, p. 529. 
droch-cara 3, a badfrienà. 
droch-laech 79, a bad (co-ivardly) warrior. 
droch-menmand 36, bad spirits. 
drocht wheel, ace. pi. drochtai 71 H. Still used in Waterford for a millwheel 

(Henebry). 
drol hook, pi. dat. drolaib 97, nom. druil LB. I2i a : cf. dub-drolam 130. 
dron-aiede 100 f. astrong building, applied to a mantle ! 
druimne 2, a back. 
dûabais 38, sorry, opp. to suabais. 

du-achnid 26, du-aichne 93 (duaithne YBL.) hard to recognise. 
dualldai \,jringes"> seems a deriv. of dûal « a lock of hair », from*doklo-, 

cogn. with Goth. tagl (Strachan). 
dub dark, black: compds. dub-asse 112. dub-berrad a black head of hair, pi. 

-berrthae 112. dub-boccôit 82. dub-chrann 85. dub-derg 87. dub-dés 87. 

dub-drolam 130. dub-lenn 112. dub-lind 128. dub-sciath 95. dub-sleg82. 

equative duibithir 2, 58, 97. 
duinegin 93, (from duine-geinr), meaning obscure. 

Revue Celtique, XXII. 28 



4i 8 Whitley Stokes. 

duinne 127, broivnness, deriv. oidonn. 

dul nôi ndrong 109, lit. the going of ninc bonis, perhaps thc timc in which 

nine bands would march past. 
dûthraccur I désire, près. subj. dudrastar 8. cf. mi-duthrastar Patr. h. 1. 
echda 130, cquine. 
eche 62, glossed by ni dorcha, « not obscure », and is follus « it is mani- 

fest ». 
ech-lascad (■= ech -j-Aescad) 32, horse-lasbing, deriv. of echlasc, pi. echlâsca 

103. 
echtraim I go fortb, nir'echtra 16, App. 14. amâ hechtrad a Temraig cach 

nômaid aidchi, LU. 99* (App. § 168), echtrann App. 160. 
eclann 97 a plate, from ailh- plus cland from Low Lat. planta. 
ecnach App. 14, = ecna 14. 94. App. 168. is ecnach 94 .i. is follus, H. 

3. 18, p. 532. 
ecoir 1, adj. arrangea? orderly ? cogn. with ecor (aith -f cor) and ecraim 

« inlaid with sparkles » (!) O'Curry, M. and C, III, 190. 
écomtig, unusual7p\. ecomtige 13, ecoiradigi .i. nemgnathach np anminic, 

H. 3. 18, p. 529. opp. of comtig « consuetus » G.C 2 . 1002. 
ecrus arrangement} sèche i n-ecrus iarna chul, 87. claideb orduirn i n-ecrus 

sesta, Ir. Texte, I, 310. 
-ecsetar 52, s-conj. pi. 3 of ad-cu-aid, ht bas related, Idg. F., XII, 185. 
ed inn urchuir, ed n-urchair, App. 33, space of a shot or cast. 
éigih-i 20, he wails. 
en water 64. 
en 32, 34, 35, an interj. lo\ en amaicetc. no comadh einne a maie bu coi- 

rann .i. foimdin no fritheoil. no é a maie .i. truaga maie, H. 3. 18, p. 530. 
én-chennach bird-shin, ace. enchendaich 7, pi. ace. enchendcha 13 : cf. Icel. 

jjadhr-hamr winged haunch. 
én-flaith 16, bird-reahn. 
eng track, cet n-ech mbûada hi sedgregaib oss n-e»g, 28, eang .i. lorg, 

O'Cl. ; but the phrase is obscure to me. 
eochrad 3, a cavalcade, gen. echraide 50, pi. n. eehrada 50. 
éolach a guide, pi. ace. eolchu 70. 
er-gnas 102 a. knoivledge, synon. with ergna. 
Eriu Ireland, nis-fetursa in Herind hère means (according to Henebry) 1 

hww not at ail. 
ern-bad, pi. embaid 122: meaning obscure. The ern from *(p)erno- seems 

bc a prefix, as in ernbas, q. v , ernbude, and perhaps erngabthi Ml. i6 a 5 . 

In email (= ern-dail) the prefix ended in a nasal, 
ern-bas, gen. ernbais 79: meaning obscure. 
ésce == eisci .i. guasacht bais, « danger of death », H. '3, 18, p. 60) d . 

eisce « assault », Ann. Ult. 10 1 g. ni ésce cen rig 102 a, a proverb im- 

plying that (is battle) a king is or should be always in a place of péril, 
cslabar 13, gênerons, easlabra .i. enigh no farsing, H. 3. 10, p. 529. 
-étas 92, prêt. pass. sg. 3 of étadaim, Igtt: cf. étaste Ml. 43 d 20, ctastar, 

Wind. Wtb. 332. 



The Destruction of Dd Derga's Hostel. 419 

ctargléod 24, to décide. 

ètigugly (an -+- tig), gl. ace. éitchi 130. Hence adétig sehr abscheuliçh. 

faebordae 51, whetted, excited, stimulatedt part. pass. of faebraim (faoblrraim, 

O'R.), adenom. from faebttr « edge ». 
faelad 20, learning (the trade of robbers) , faoladh .i. foglaim, O'Cl. : or wer 

wolfing} deriv. of fael: see Côir Anmann, Ir. Texte, III, 376. 
fagbat App. 156, îeave thon} seems an imperative 2d sg. with affixed pron. 
fâlgud 101 c, prostration! verbal noun of fo-algaim (fo-ad-leg-). 
fanacbasa 13 (rofacaib Eg.) seems a corruption of f-an-âcabsom he left them. 
farrumai 148. (forruma YBL., doluid Eg.) for for-ra-hai, root hen, Lat. 

ven-, asforrumai LU. 64b 31, for for-ru-bai, imrubai, root hen caedere. 
feinestar window, App. 5 = seinister 6. From Lat. fenestra. 
feis 86, 3d sg. s-fut. act. oï fichim « I fight » 3d pi. près. ind. pass. fichitir 

109, prêt. act. sg. 3 ro fi'ch 167 cognate with Lat. vi-n-co. Note the 

change in the Irish word from the i to the e séries. So in fetar, root veid. 
fémmed impotence, weàkness, gen. sg. femmid 79. 83, 102 f, dat. fémiud 

Fél., p. lxxiii, ace. féimmed LU. ni b the/ mav be prothetic, the émmed 

■=■ " ' ex-medo- , cogn. with Ir. f-èmditn, for-émdim « I am unable », and 

Cymr. meddu « posse ». At 83, H. 3. 18, p. 531, bas: nela feimme .i. 

nelafola, which seems a bad guess. 
iemendae pi. n. 50, 51, an epithet for horses : meaning obscure, perhaps 

borrowed from Lat. vehemens. 
Fén dar crînach 41. fen .i. carpat no carr, H. 3. 18, p. 530. 
feraim I pour, I malze: ro fersatâri52. Lidén Stud. 38 connects àpûw, 

àpu7«. 
feramail App. 160, manlike. 
ferb 130, perh. gen. pi. of ferb cow. 
fer-crecht a manîy wound , pi. gen. 167 Eg. 
ferda App. 160, manly, courageous. 
ferna35, shields, fearna .i. sgiatha, H. 3. 18, p. 530. 
fertais carpaitSi. shaftofa chariot. 

fés ichtarach, 61 schamhaar, fés = O. Pruss. wanso. Cf. bel îchtarach. 
-fetar, -fetur 94, 10$. I know, ro-s-fetar subj. 113, 117 subj. pi. 3 ni hetar 

ro fessatâr 68. pass. sg. 3 ro fessar 109, past. subj. pi. 1 acht ro fesmais 

28, co fesmais 73. The forms ro fetar tar, 98, ro-genartar Wb. 4 e 12, seem 

blunders for ro fetatar, rogènatar, Strachan, The particle ro, p. 14 n. 

Otherwise Zimmer, KZ., XXX, 225. 
fethanaig dat. sg. App. 114. a ivithiug} 

fiamain 135, supposed to meana hare, and to stand for fiad-muin. 
fi'an-galach 32 YBL. fian-valiant. fianlag 56. 

fichte for figthe woven, tech fithe a luicker bouse, O'Don. supp. s. v. atitiu. 
fiad-uball 38, 85, a crab-apple. 
fi'ch 147, afeud. 
fi'n-barc 81, lit. barque-wine, wine carried in a'ship to Ireland from France: 

cf. bid fin îhbârc 6 Rômanchaib, Egerton 1782, fo. i8 a 2. 
find white: equative finnithir 189: compds : find-airget 100 i, 119, 125, 



420 Whitlcy Slokes. 

white silver . find-buide 84, 103, 107, pale yellozu find-f'laith a fair prince, 
gen. findflatha 102 c. 
findruine 98 (from *find-bruine?) white bronze. 
fi'r-teochair App. 97, truly fierce. 
fir-medôn 72, exact centre, very middle. 
fithis tria fithisibh .i. conair, H. 3. 18, p. 532. 
flaithèm prince, gen. flatheman 108 c. (Eg.). 
fo-ara 115, an under-charioteer. 
fobaid 51, quick, active, ninibîe. 
fobîthin 92, 106, 131, hêcause. 

fo-canaim snccino, près. ind. pi. 3 (rel.) fo-chanat 99. 
fochla féinnida 74, champion's stat. 

fo-cerdaim I cast, près. ind. act. sg. 3 focheird 107, 109, pi. 3 focherdat 
95. s-fut. sg. 3 fochicher 102 c pass. fo-cicherthar 81, 2dy s-fut. sg. 3, 
act. -fo-chriched 85, (an error for -fochichred, better foichred, as in LU. 
84» 19), t-pret. fochartatar 141. pass. prêt. sg. 3 fochres 143, pi. 3 fo- 
cressa 54. 
fo-dâig 117, fodéig 118, 168, LU. 99». because of thon, fo n-déig 126, 
fo-derc, foidhearc, O'R., fo-derg 4, clear, évident, corresponds with thefor- 
reil of Ir. Texte, I, 119. In O'Curry's M. and C, III, 190 cobbafoderg is 
misprinted cobba stearg donaferaib, and misrendered by « themen ... were 
ail shaded in red ». 
foditib .i. cenglaib 120. 

fo-domain 87, depth (fudomain, Wind. Wtb.). 
fodord .i. fi ord .i. drochord, H. 3. 18, p. 529. 
fodordaim 18 1 murmur. 

fôeltnigim I rejoice, s-pret. fôeltnigis, App. 156. 

-fôelusa 81. enclitic form of fo-lilussa Wb. 23b 25, s-fut. sg. 1 offo-longim 
« I support » pi. 3 -foelsat 138, encl. form of fo-lilsat Wb. 25 d 19. Ml. 
8o a 1 3 . 
fôen-chles 148, lit. a stipine feat, sorae feat with a shield. 
fo-fdcbaim I leave, près. ind. pi. 3 fofacbat 13. 
fo-garit somezuhat short , pi. n. fogarti 116. 
fo-gellaim / constat} s-pret. pi. 3 fogellsat 20. 
-foichred 38, 97, see focerdaim. 

foimtiu, dat. foimtin 130: ina foimtin .i. ina n-oircill H. 5. 18, p. 533. 
foithre a uvod, pi. dat. foithrib App. 97. Hence foithr email. 
fo-laimiur, / attemptl pi. 3 fôlôimetar 126, folaimtis 19 (folamdis .i. do- 

sanntaidis, H. 3. 18, p. 529). See Trip. Life, index, 
fo-lilsad 38, from folenaim 

ro-follang 36, perf. sg. 1 offo-longim, pi. 3. folongat 91. 
foloi 1, some kind of chah, (folai, Ir. T., I, 119, folac, Corm. fola .i. 
brat O'C), misrendered by « with a ... gloss » O'Currv, M. and C, 
III, 190. 
fomôir, fomôre 94. a Fomorian, pi. dat. fomôrib 94. 
fomôrach a Fomorian, pi. n. fomôraig App. 93, gen. pi. 93, cogn. perhaps 






The Destruction of Dd Derga's Hostcl. 42 ! 

with Lat. vomo, .Gr. l[xïu>: cf. ON. vâmr a loathsome person, Cleasby- 

Vigfussen. 
fonaidfide 54, a scribe's mistake for foufaide (fonfaithea Eg.), 2dy b-fut. 

pass. of fuinim « I broil ». 
fo-naidm ngiall 15, binding ofhostages. 
for. yoit, Mid. Ir. infixed pron. pi. 2, do-for-tecat 83, etc. 
for-aicci 109, seesl 
for-ainm 42, a surname, nickname. 
for-ard very high, pi. n. forarda. 
forba 10 1 b (for orba), héritage. 
for-baide, very yelloiv (buide) pi. n. forbaidi 116. 
for-baith 102 b, (* ver-bâti), gen. sg. very lovahle: cf. Gr. tpokiov •-povvCkic,, 

f,ôu, Hesych. 
for-bann superfluity, auxiliary, pi. dat. -aib 20. cona forbannaz'J .i. cona 

ngillanraid H 3. 18, p. 529. 
forethx 1 , forethe (corruptly forche, forcho) 6, fenced} cogn. with Cymr. 

gorch (if not, as Loth thinks, one of Pughe's inventions) and Gr. Êpxoç, 

ôpxâvî] from Fipy.oç, Fop/ivt] : cf. Cypr. xaTEFoox.wv, siebebagerter, Collitz, 

I, 29. The Old Irish verb dom-farcai Sg. 203 marg., « me cingit », do- 

dotfairci, Fél. Jan. 26, shews a différent grade of vowel. 
for-cepul dat. sg. 117, wrappiug. 

for-cluiniur / hear, pass. 2dy près. pi. 3 -for-chlôtis 67. 
for-chuitbid 138, ajester, synon. with cuitbid 138 (s. v.) and fursire, 138. 
forcraid anma 62, lit. excess of name, « much of a name ». 
for-crothaim, I shah, prêt. sg. 3 for-ro-chrath 55. 

for-daim 34, seems près. ind. sg. 3 of a compd of 2. damim, Wind. Wtb. 
fordat 54, 73, forda(d) 45, they say, cogn. with Lat. verbum (from *verfom, 

*verdhom), Goth. vaûrd. 
for-dath 100 e. hue. 
fô-réim 50, a good course. 
for-flesc some part of a basin, the riml pi. dat. forflescuib 1 St. « outer 

edges», O'Curry, M. and C, III, 190. 
for-iarn 87, the iron point of a spear. 
for-icim Ifind, perf. sg. 3 for-r-ànic 165, of which the enclitic form is 

-fairnic: prêt. pass. for-r-icht 129. 
for-lâim 57 dat. sg. « handling », Crowe; but the corresponding word in 

YBL. is forlaimm (= for -\- Mimtri), verbal noun of forlengim. 
for-lengim I kap, près. ind. sg. 3 forling 57, perf. pi. 3 for-rul-eb-langatar 

Ml. 129=21, where rul is for ror = xpoxpo, skr. prapra. 
for-mend 114, stammering. _ 

formna fer 60, a multitude of men, pi. dat. formnaib 52. 
formnae na fairgge 44, shoulders of the sea. 
for-nascim / bina, perf. sg. 3 fornenaisc 14. 
for-réil 65 Eg. App. 14 very manifest: cf. curréil. 
fo-ro-emim see fosraemet. 
forrdnach destructive ? App. 97. 



422 Whitlèy Stokes. 

-forrûich 66, hc attachai, injured} for-ro-fich? d. nad fuicli, Amra Chol. 

§ 129. forrûich, forfuich, Ir. Texte, I, 81. 
forsaid 34, for arsaid, with prothetic f. ? 

for-sui 124 « greater sage » (O'Curry, M. and C, III, 184), name oi a poet. 
fortche 2 (= for-tuige), a covering. feoil na foirtee .i. e/ach amaZ ata brog, 

H. 3. 18, p. 529. foirtchi .i. écosc, H. 3. 18, p. 531. 
for-ti 75, 112, a surcoat. 
for-trén 1 30, very strong, mighty. 
for-lrend 87, epithet for the boss of a shield. Araile ech ... fortrend, LU. 

106*27. Perhaps tria fortrennaib a chruadehind, LL. io8 a 34. 
fo-seng somewhat shnder, pi. ace. fosenga 50. 
fo-ilûag 41, underlings. 
fo-s-ra-emet 13, = fusrumat LU. I28 a 13, from fo-s-ro-emat « they betake 

themselves », as donroemat, Fél. Feb. 3, from * di-n-ro-emat « may they 

protect us ! » See Ascoli Gloss., lxv. 
foss-chométaid 125, a servant-gaard. 
foss mése 127, a table-attendant . 
fothad mbran ^,feeding of r avais. 
fothrond 57, a tumultuous noise (Cymr. goderuti). 
fothucht 93, meaning obscure, 
fotol-berrad 60, a long head of hair. 
frigit 99, afleshuvrin. 

fris-cichset 90, s-fut. pi. 3 of fris-cingim « I départ ». 
frith-cetud App. 114. meaning obscure, 
frith-chom-arc 72, interrogation: cogn. with comaircim, athehomarc, imeho- 

111 arc. 
frith-eenus 100 e, a mistake for frith-ecrus, the reading of Eg. and St. : see 

ecrus supra 
frôech-finda 1 30. heathery hair : froech = Cymr. grug. 
fuamun ... fuinechdae 100 d. = fuamain ... fuinechda LU. io6 a , meaning 

obscure. Windisch doubtfully refers fuinechda to fo-nigitn 
fûasait development, O'Don. B. of Moira 91 note, LL. 25s 1 ' 34, pi. dat. fua- 

saitib App. 168. 
-fuinmilsed App. 168, meaning obscure, 
fuithairbe 88, 89, 149, 157, a ridge, foithribi, fuithrib St. 88, 89. fana fui- 

thribi (sic) .i. fana himairib, H. 3. 18, p. 532. 
fulachtôir 123, a cook. 
fulucht 140 Eg. a cooking-place. 
fursire 138, a buffoon. 

gabur a horse, gen. pi. 51. .1. ngabar .i. each, H. 3. 18, p. 530. 
gablach 32, epithet for a man, meaning obscure. 
gabtha 41 (bis), 42, 43, 3d sg. 2dy près. pass. 

gabul-gici 112, pi. of the name of some forked tool used by swineherds. 
gabul-lorg 38, a forked pôle 

galach vaïourous, in fîan-galach 32, deriv. oi gai « valour ». 
galand ioi b. — galann .i. gaisgeadh, O'Cl. 



The Destruction of Dâ Dergas Hostel. 42 5 

gar cîan 62, short or long. 

gar-séle short life, 66, whereall MSS. savc LU. hâve garsecle or gairseicle. is 

liach gairseicledo .i. is doilig gairde saegail, H. 3. 18, p. 531 . Gair-seichle 

.i. gair-saogul, O'Cl. = gairsechlai, Corm. s. v. gaire. But cf. ar con 

scescing in cess for inti nod-goin, no a meth no a garséle, LU. 6o a 27, 

where Rhys equates séle with Cymr. hoedledd. 
gat a gad, dat. sg. gut, 38, 58. 

gein n-immarbaga 106, birth (i. e. source, origin) of contention. 
gel, bright, white: compounds : gel-chulpatach 132 zuhite-hooded. gel-derg 

114, bright-red. gel-fer App. 69, gel-fine App. 69. gel-glan 2, bright and 

pure, gel-gûala 100 g. a white shoulder. equative gilithir 2, 97, 99. 
-gén see gonaim. 

gerr-chocoll 60, -chocul 82, a short cozul. 
gerr-gel 2, short and bright. 
gerrandach 165 St., meaning obscure. 

gerthiut 34 =gërith -+- ut « whets thee » gearaim I sharpen, whet, etc. O'R. 
gess 63, tabu, ges 15, 23, geiss 24, 31, 40, 41 geis 40. see nemgess. 
gici v. gabulgici. 
-giuglad see gknim. 

glan-alaind pitre and beautiful, pi. gen. glan-ailli 2. 
glass: compds glass-airget 105 Eg. grey, or pale, silver. The glas-airgdidi ot 

LU. is perhaps a derivative of glass-airget , and if so, should be glassairg- 

Jide: equative glasithir 2, glasidir 97. 
glass-Iûascach 139, grey-hairy. See infra s. v. luascach. 
gléire App. 61, choice: gléire laoch .i. togha laoch, O'Cl. 
glenim I adhère, 2dy fut. sg. no giulad 85, corruptly no giuglad, rogiulad. 
gleôrda 75, sparkling, deriv. oigleôr. 
gleôr-gemm a sparkling gem, pi. n. gleorgemai 1. (In Ir. Texte, I, 119, 

1. 14, and Wind. Wtb. 591, 596, gleôir gemma bec should be ghôirgemma 

btwa). gleorgemma .i. soillsi no taithneamach, H. 3. 18, p. 528. 
glés imberta arm 143, 151, preparing to ply weapons: see sâeb-glés 153. 
glinne ^6,pledge, surety. 
gloimm 55 (from *glodsmen) seems the verbal noun of gloidimÇgl. ringo) 

Sg. i8i b 2. It literally rneans snarl, groivl: cf. gloimm iiiu archon, LL. 
. 63b 47, 64* 9. gloim a clamore, O'Mulc. 670. In § 55 it means the noise 

made by beaching ships. 
glonn-béimnech 87, deadly striking (glonu .i. guin duine, O'Dav.). 
glûn knee, nom. dual glûn 88, gen. dual glûne 58. glûn from *gnùl.., 

cogn. with Eng. hteel (V. Henry), AS. * cnèowlian , Swed. cnïde. 
goin 101 a, meaning obscure. O'Br. and his copyist O'R. give three mean- 

ings, none suitable hère, 
gonaim, redupl. fut. noda-géna 96, pi. 3 gênait ni génat 135, pass. ni gé- 

naiter 84, 134. genfidh 7 ni genfaither .i. guinfith 7 ni guinfitar iat H. 

5. 18, p. 531. 
gorm .i. urdairc, O'Dav. .i. ordairc, H. 3. 18, p. 531. gorm-ainech 75, 

having a noble countenance. 



424 WhUlcy Stokes. 

gofm bluè, compd. gorm-dath bine colour, gen. gormdatha 28. 

gorm-donn 127, dark-broivn. 

gorm-gel 100 d. blue-bright. 

gorm-rûad 87, bhie-red, an epithet for a spear. 

gorthiut 34 = gorith + ut, Intrus thee. 

gossi, gen. tul gossi 101 a, pcrhaps thc nom. is goss « goose ». Mac Firbis, 

A Tulach Gossa is mentioned in O'Curry's M. and C, III, 207. 
greim App. 168, power. 
grifhugud App. s = grithugud grunting} 
grith 55, 109, 110, v. armgrith. 

grûadocus fir, App. 168. tansemad ngruaide App. 62. dângrûad ngabair 79. 
gûastîs 83 must be Z;-fut. rel. sg. ofgûàsim; but thc meaning of this vcrb 

(« ich laufe Gefahr ») given doubtfully in Wind. Wtb. does not suit, 
guin 19 .i. sârugud, O'Dav. 96. 
gus 5 .i. aigneadh « nature », O'Cl. 
gusmar 43, « valid, strong, povverful », O'Br. 
-i affixed pron. v. éigthi 
iar-âlaind pi. n. iaraildi 2 = iardilliu I. T., I, 120, an epithet for Étâin's 

heels : âlàind « beautiful », but iarl 
iarn-dorn 87, iron-hilt, spelt iarndorà LU. iarnorn YBL. iarndornn St. 
ilcha dibeirgc App. 141, lit. paeans ofmarauding. 
im-coicertar 81 (im choicherthar YBL.), scems to mean is soughl : cf. coi- 

geart À. iarfaighidh, O'Cl. 
ira-comarcim I interrpgate, perf. sg. 3 imchomarcair 3, s-fut. sg. 1 imcaem- 

ros[s]a 15, past subj. imme-choimairscd Ml. 20 b 18. 
im-cuirim l put round, pi. 3 im-da-cuiret 75. 
imdae 97, shouïder, a da imdae .i. a da less his tiuo haunches. 
im-ditnim I protect, deponential s-pret. sg. 3 immarditnestar 167. 
im-dortad 140 Eg. a great spilliug or shcdding: see dodôrted, doforte. 
immâric 1 50-1 51. immdricfa 84, 89, 96,98, 104, m, 114. nîmmaricfa 102 d. 
imguin fri scâth 84, = imghuin fri sgart .i. fri sgailli, H. 3. 18, p. 531. 
imma-sai (soi) 13, heturns, see im-soim. 
imma-tairisfed doib 38, tbey would remain together. 
imm-echtrach, outer, App. 99. ace. sg. f. imm-echtraid (leg. -aig) 97. 
immelach App. 61. Ecmaing a chuit do fdcbail dô for inimelach, Fél.Jan. 

20, note. Derived from imbel. 
imm-ômun terror, gen. -uin 101 b. 

immorchor 101, imorchur .i. merugud, a straying H. 3. 18, p. 529. 
imnaisse 100 e. a tic, O'R. 
imnesse 24= imnissi .i. imreasain, O'CL, contention, imnissi catha .i. triall 

catha, H. 3. 18, p. 529. 
im-rôe be brohe, immid-rôi .i. ro bris 56, connected by Strachan with roc 
« battle » (= Cymr. rhae): cf. also Ir. roen « victory», roenaim I break, 
defeat, Gr. Ipet'nto, ON. rifa, rifna. 
im-rubaim / thrust mortally, give deadly blows, près. ind. pi. 3, im-rubat 
151 a, verbal noun imrubad, LL. 85 b 28, iio b 9- 






The Destruction of Dd Derga's Hostcl. 425 

im-sôim / turn, imsai. imsui 13, in-da-suat 13, imsoither 29. 

im-thiagat 153. they fare forth 

imtholtu 20, wilfulness. 

im-tuigiur I cover round, sg. 3 im-da-tuigethar 130. 

inbir coiri 82, inbir in chore 148. caire cona inbiurb, cona lorggaib, Laws, 

IV, 310, « a caldron with its flesh-forks and lifting pôles », O'Curry, 

ibid., note 2. 
ind N. vertex, end, nom. dual a da n-ind 88. Idg. F., XII, 192. 
indar lat 128, it seems to thee. 

indel-dfriuch straight as a (carpenter s) raie} pi. n. indildirgi 2. 
in-doig 106, unlikeîy, ni indoig very likely. 
in-fuilech App. 97, bloody. 

inganta 1, pi. nom. of ingnâth unknourn, wonderful. 
in-gelt (leg. ingeilt?) 100 h.feeding, gra'q.ng: ingelt sûla sochaide seems to 

mean what the eyes of a multitude feed on : cuairt gelta O'Don. Supp. s. v. 

ro, The simplex geilt (ace. sg.), is in Corm. s. v. serrach. 
ingo 105 YBL. St. F. = angôq. v. 
in-gor 169, miseryl 

inis (indis ?) a byre or milking -place. See Lismore Lives, p. 394. 
in-malla 2, slow. 
inn-flatha App. 61, fit for a lord. 
int-amail App. 97, rescmblance (ind-samail). 
in-techta 1^1, fit to go. 

intlasse 100 g, i, k, 120, 123, inserted} (ind-slasse). 
in-um-bia-sa? 3. shall I hâve ? 

irmtiud 85, cuspis, v. Trip. Life, p. 653. In 85 the point of a millshaft. 
irna d'ôr App. 99, meaning obscure: can ima be a scribe's error for dirnai 
is-am 29 Eg., / am. 
it-ib 45 YBL., Eg. 2 ye are. 
iuras 78, 83, 86, s-fut. rel. sg. of orgim « I slay, destroy ». -formais 83 se- 

condary s-fut. pi. 1. iurthar 80, 81, 102 b. s-fut. pass. iurfaithe 83, a 

misformation for the 2dy s-fut. pass., iurtha YBL. no iurtha LU. 87=» 14. 
laaim Ithrow, cor-rô-lsat 22, conid ra lôr mo dibeirg, 45. 
làgen, lance, ace. lâgin 128, in laigin .i. in ga, H. 3. 18, p. 532. 
lâim-scéith 167, shield-arm. 

lâm-thapad 98, a name of Conall Cernach's spear. 
lamthenach App. 97, lâimthionach désirons, eager, O'Br. .i. mianghasach 

O'Cl. 
lân-chenn 93, meaning obscure, 
lin-èsee 100 g, afull moon, gen. sg. lanésci 100 g. 
lân-sid 24, full peace. 
lâthrastar 93, perhaps he exponnded, set forth. See Wb. 8 J 19, Ml. 44b 16. 

But the context is quite obscure, 
lebor-chulpatach 1, long-hooded. leabar .i. fad, H. 3. 18, p. 528. 
léchet 78, beaitty, ar a lechet i. ara chaimi, LU. 20 a 29. O'Cl. bas an adj. 

leicead .i. caomh, which seems wrong. The lecet in Ml. 69» 23 is borro- 



426 Whitley Stokes. 

wed from Lut. licitum. So in Régula Cumgaill 36: îicet dun cia nos- 

proma. 
lecht 79, 90, 102 h, 150, seems to mean dealh, but the contexts are 

obscure, 
lelbân 3, child, for lenbdn, dimin. oihnab. 
lend « Uquid, pi. n. lendann 146. 

lenn F. a /nantie, nom. pi. lenda 118, dub-lenna 112, but lennae 116. 
lesi, leisi, 9, û/wd oiffi. 
leth-bliadan App. 12, a baîf-year. 

leth-chenn a half-head, îjfAixpaipa, pi. n. lethchind 89, 98, 102 c. 
leth-chlocenn a haîf-shûî, pi. n. lethchlocind 89, 102 c. 
leth-gabra 107, leth-gobra 51, half-horsésl i. e. horsemen, pi. of hth-gabur 

LU. io6-->. lethghabar .i. lethech, H. 3. 18, p. 532. 
leth-orc 54, a half-pig, read perhaps lettorc, i. e. leth-torc. 
leth-ruith 51, hâlf "wheelsï i. e. wheelmen. ruith pi. n. of roth. 
lethan broad: equative lethidir 44, lethithir 58. 
leuidan 36, leviathan, = lebedân Ml. i22 a 7. 
lfach 54 .i. doilig, H. 3. 18, p. 530. 

linech App. 156, epithet for a wild-duck, meaning obscure, 
lfn-fiaclach 93, having a number ofteeth. 
lîn-folt 75, flaxcn hoir, 
lfnide 100 h,flaxen, deriv. of lui « flax ». 
lith ngaland 101 b,fcast of arms. In § 54 lith seems to mean good luck. mo 

lith-si .i. mo sen-sa, H. 3. 18, p. 530. 
ra-lôr 45 (atralor YBL. athralur St.), subj. sg. 1. 
logud 109. destruction} 
loingside, App. 168, perh. for loingsite s-pret. rel. pi. 3 of a verb cognate 

with logud, q. v. 
lomethar 126 (laimather Eg.), 3dsg. près, indic. of lainiur « 1 dare »: see 

foloimetar. 
lôn-chore 128, a food-caldron, boiler. But in H. 3. 18, p. 532, loncoire is 

glossed by coire in Lu in Cealtcair « the caldron of Celtchar's Lon ». 
lorg ffacal, a row ofteeth, pi. n. luirg f. 94. 
lorg theglaig 86, bousehold-staff, lorg(gl. claua) = Cymr. llory, Corn, loich. 

Compds : mag-lorg, mât-lorg. 
lûachet 32, 100 j, meaning obscure. 
luaiscim I niove, I rock, ni luaiscead 17. 
luasc, pi. n. luasca App. 114 A. meaning obscure, 
luaseach .i. ciabach hairy, O'Dav., pi. n. m. luascaig 119. See glass-luas- 

cach supra, 
lûath swift, equative lûathidir 107, 127, 133, compd. lûath-chuairt 73, a 

swift circuit. 
tuban a loop, dat. lubun 113. 
lund App. 1 36, meaning obscure, 
-mu 80, 3d sg. s-subj. of maidim « I break ». 
macc-nôidiu 106 Eg. a boy-babe, a compd. of macc and nôidtu 106. 



The Destruction of Dd DergcCs Hostcl. 427 

mael bald, in di'as mael the pair of bald men 88. 

mael slave, v. tuathmael. 

mael 38, hait, mael .i. gruag, H. 3. 18, p. 530, 

maelad 118, gro-wing bald, baidness 

maeth-chôir 2, soft and even, maeth-gel 2, soft and ichite. 

mag-lorg 60, agréât club, mâtan maglorci, Wind. Wtb. 681. H. 3. 18, 

p. 530, lias hère matlorg .i. lorglaim. 
maidm a tout, defeated foes, gen. madma 157. maidm n-immairic 67. 
mairnim / betray, t-pret. sg. 3 rot-mert 36. 
mais(?) 79. mas .i. eirghi, H. 3. 18, p. 530. 
mala eyebrow, nom. dual malaich 2. 
marcachas 106, horscmanship. 
màr-threlmach 58. having great harness (ivargear). 
massât 62, ifthou art. 

matad 109 H. for mactad? .i. marbhidh, O'Cl. slaughter, butchery, Lat. macto. 
mât-lorg 60 Eg. a club, see matan maglorci, Wind. Wtb. 681. The niât, 

mâtan may be cogn. with Lat. niâlus (from *mal(dô-s), Eng. tnast. 
mâthramail 42, motherlike. 
meile 28 a horse, nag, .i. capull, H. 3. 18, p. 636 d .i. gearrân, ibid. p. 851 

.x. meile: .i. gerrain, H. 3. 18, p. 530. 
méit[ithir] cliab 97, as big as a basket. 
merogod tige ôiged 27, wandering in search of a guesthouse. 
mess fosterling, gen. mese 7, from *med-ta, cogn. with Ir. maisse « food », 

and Gr. p.aoâio, [Ax~ r h, [i.i'J'Oi. 
messan 101 b, a pet dog, dimin. of mess « fosterling »? 
mi-célmaini 36 Eg. ill omens. 
mid-chrôes 87, mid-gullet. 
mi-dénom 94. misdeed. 
midisi 87, ace. pi. an epithet for pigs, meaning obscure, iar mbuaid mi- 

disi LU. io6 a 24. 
midlachda- (-laechda Eg.) 166, cowardly. 

midrecht 87 meaning obscure, mià-recht halff niions} mf-drecht iîl-favouredl 
mi-echt App. 35, misdeed. 

milech 75, a pin, brooeh, milech .i. dealg, H. 3. 18, p. 53 1 . cogn. with [xrjXr,. 
mil-scothach 42, honey-worded . 

millethach 140, destructive, deriv. of milliud « destruction ». 
minem 102 a, superl. of min gentle. 
min-gor 42, gentle (and) pious. 
mîn-mala a smooth eyebrow, pi. dat. minmailgib 2. 
mfr .i. cuit 94, a bit, .i. grem, H. 3. 18, p. 332, from *mêsr-, memsr-, cogn. 

with Lat. membrum (Thurneysen). Further on, in the saine paragraph, 

mir (leg. niir'i) seems to mean a bite. 
mi'-thauraras 63, ïll-foréboding, pi. n. mithaurrssa 36 (miturrusa Eg.) 
mithemon gen. sg. 17, furie, but mi mitheraain, LL. 44*37, = Bret. mi; 

me^even, Cymr. niehefin, as to which see Ernault, Rev. Celt., XVI, 189. 
moab 87, for môam greatest, LU. 23» 27, superl. of môr. 



428 Whitley Stokcs. 

moch-matnech (rising at) early niorning, pi. a. -nig 126. Cf. maten moch 

« primo mane », Corm. B. s. v. gaire. Hcncc mucha App. 61. 
môeth-ôclach 99, maethoclaech 114, a stripling, a lad, ace. 101 pi. n. 

-ôcldig 91. 
mongach maic-thire 161. hairy one of aivolf. 
mon-géna[i]r lit Eg. cen-mir .i. mon-genair, « bene natus est» Fél. 

March 5 note. So in ni mon-airnic doib, Dinds. cf. Lat. maints « good ». 
monor App. 69, a deçà. 
môr-cheltar 50, meaning obscure, môr-gor 42, very pions, môr-thalta 87, 

meaning obscure, môr- thart 153, great droutb, môr-thûath 16, agréât tribe, 

pi. n. -a 166. 
moth 110, stupor. 
mûad-blosc 87, very noisy. 
mucc remithuit mess 66, remitéit mess 106. 
mucc-classa, mucc-glassa, gen. pi. 28, afattedpig: cf. clas s. m. « fat, tal- 

low », clasach adj. « fat, fatted »,0'R. Cognate seems claiss, which oc- 

curs in the phrase, bai mess 7 claiss 7 murthorad, LU. I2i a 30, « mast and 

fatness(?) and sea-produce ». 
muinenchor 100 h, meaning obscure, 
muir-chomrac 45, a sea-contest. 
mulach for gut 38, 58, a cheese on a withe, mulach formed on Fr. meule (de 

fromage) a round fiât cheese. 
nate 21 nay\ 
nathô 39 nay\ 

nechib 152^ things, pi. dat. of nech « aliquid ». 
nem tened 25. a sky (or cloud) of fire. 
nem-dibrucud 13 Eg. non-casting. 
nem-gess 59, a non-tabu. See gess. 
ném-glan shining-pure, name of Conaire's bird-father. 
nesam 70, 128, nearest. 
niad-nasc App. 69. 
nf-m-thâ-sa 56, / hâve not. 
nipu, 96 it should not be. 
ni'rptar 36. they were not. 
nocon-om-tha 66, I hâve not. 
nôesigim 98, / make fanions} prêt. pass. sg. 3 ro nôesiged 98. act. do 

nôisigh .i. do oirdhearcaidh [leg. -aigh], O'Cl. nôisech néime, LL. 

195» 20. 
nôidiu ar ais, 66. an infant in âge. 
nôit(h)ech 100 f. noble, noitheach .i. oirdheirc, O'Cl 
nomad a space of nine days, gen. nomaide 92. 
ôessa indarbae 36, exiles. Cf. aesa dana artists, LU. ioi a 18. 
ôiged-chaire App. 61, hospitalily. 

oll-adbol 108 g. great and huge, epithet for a golden brooeh. 
oll-maisse great beauty, gen. sg. 100 e. 
ôoe 101 a, juvenis-, gen. pi. 



The Destruction of Dâ DergcCs Hosîd. 429 

ôr firinne 11, 15, a spell of truth, or i. guide .i. onnî is ôraitio guide ata, 
H. 3. 18, p. 529. 

6r-bude 91, gold-yelîow. . 

orc-ecgi, pi. uirc ecgi 128 is explained by K. Meycr, Rev. Celt. XII, 461, 
by « sparks as big as ben-eggs » (orc .i. ugh chirce, O'CL). But may 
not orc be in ablaut relation to ère = Skr. arkà « ray », « sun », 
« fire », and hère mean simply « spark » or « flash » ? 

ordat 92, tbey say, either for fordat, or a formation from, or analogous to, 
fordat. 

ordnidem 102 a, superl. of ordnide. 

ôr-dorn 75, 97, a golden hilt, gen. ôrduird 99. 

orgim, see iuras, dofiurat and -ôrr. t-pret. pi. 3 ortatar, nodn-ortatar, 
App. 168. Gaulish orge occide. 

-ôrr 79. like orr Sg. i2 b 7, seems the relative form of 3d sg. s-subj. of or- 
gim, whence -orgiter 130, t-pret. pi. 2 ortabair 81, b-fut. pass. sg. 3 or- 
tâbthar 102 g. a monstrous form ! 

ossar 98, gair ossair .i. gair con mbec H. 3. 18, p. 532. 

ossé 132, and be: ossf 140, and she. 

partaing 1, some red or scarlet substance, variously rendered « coral », 
« ruby », « rowan-berry »: derived from *partain, which is borrowed 
from EIap0uT)V7Î Parthia (Windisch), and iscognate with partirions (pellis), 
leather dyed of a scarlet-red, prepared by the Parthians, Ir. Texte, III, 
222. The compd nua-partaingi « fresh rowanberries », occurs in Fled 
Dûin na ngédh, 64. whence the part aie of St., if this be not a scribe's 
mistake for partainc = partaing. 

pistul iairnd 130, pestle oj iron. 

popa 39, 60, 109, master, popân 39, dimin. of popa. 

popp 139, a bunch or tuft. 

prim-ara 113. chief ebarioteer. prîm-fulachtôir 123, chief-cook. prim-laech 128, 
clrief-ivarrior. prîm-loch 155, clrief "-longh . prîm-muccaid App. 4, cbief- 
sivinebcrd. 

-ralôr 43, is formed, ace. to Strachah {Déponent verb 122 n.), from -raid, 
laaim « I throw ». 

ranirusa 28 -— ro-n-îrus-sa, where îrus is a Mid. Ir. formation from ir 
perf. act. sg. 1 oirenim: cf. the 3d sg. ronn-ir Ml. 2o b 11. 

rathaiges 30, s-pret. sg. 3 oîrathaigim « I perceive ». 

rath-ordan 100 c, gracions dignityï rath-ruanaid 100 k, gracions and inigbty} 

reb 76, 95, aenreab .i. aencleas, H. 3. 18, p. 531, dat. reib 129, int reb sin 
.i. in c[l]es sin, H. 3. 18, p. 532. 

rechtaidi 8, law wortby. 

recht-bruth 100 a. meaning obscure : perh. a compd. of recht Jury and bruth 
glmv ? 

rédes 31, rel. près. sg. 3 of rîadaim, but riddas LU. io4 b . 

réil-forcsiu App. 69, clear vision. 

remi-deogaid 168, before iast. 

remi-téit \ob,goes before, but remithuit 66 faits before. 



4]o Whitlcy Stokes. 

rcmor tbick, equative rcmithir 82, 95, 96, 128, 130: compd. remor-chenn 

thick-head, dat. sg. remorchind 95. 
rcm-scél App. 26, fore-taie, pi. dat. remscélaib App. 168. 
rem-thiastais 32, 3d pi. secondary s-subj. of rem-thlag « I précède ». 
rem-thochim 37, fore-faring, 

renim I give, ran-irusa 28. ronirusa .i. tuc«5a H. 3. 18, p. 530. 
rctoric ace. sg. 101. 
riagail 2, a carpenter's iule. 
rig-briuga(i)d 70, a chief landholder. 
rig-drûth ni, a chief-buffoon or juggîer. 
rîgnaide 2, queenly, deriv. of rtgan « queen ». 
n'g-rosc 2, régal eye. 
n'g-usce 154, chief -ivater . 

ritere 117, rider, knight, borrowed from Mid. Eng. riddére. 
ro-alaind 5, very beauti fui. 
ro-amnas 130, veryhard, veryrough, savage. 
ro-ardmes App. 69, great estimating. 

robortae 100 a (robarta Eg.), robarte « profectus maris », G.C 2 . 864. 
ro-brutli34, great ardour: bruth i44,cogn. withCymr. bmd, Brei.brot, brou t. 
ro-buga, dat. sg. after the compar. glainiu 100 d, lit. a great hyacinth, but 

the MSS. vary hère, and perhaps the right reading is robuide. 
ro-chaem 5, very lovely. 

ro-chétul, a great chant, gen. sg. rochédail 124. 
ro-cluiniur 50, rocluinethar Wb. 12 e 22. cf. roclôtis, rocechlastai. 
ro-dét 143, prêt. pass. sg. 3 of daniim « I grant ». 

-rôemid 157, from ro-memaid perf. sg. 3 of maidim « I break», see ma 80. 
rogait v. sith-rogait. 
roimsc 100 a. meaning obscure, 
rolaig 87 ralaig H., meaning obscure, 
ro-laige (ro-luige) dige 144, scantness of drink. 
ro-lômar 61, 85, very woolly, \6 « wool » = AS. flys. 
ro-rogair App. 69. 
ro-sia 90. 102 b 3d sg. s-fut. of ro-segim « I strive towards » « reach », 

près. ind. pi. 3 ro-segat 130. 
ro-sûi 124, a great sage. 

roth buale 127, a water-wheel , dimin. rothan bualed 107. 
roth-chomlae 87, 87, literally wheel-valve, must mean some part of a pa- 

lace-door, round like a wheel. 
rudiud 99, a blush, a flush. Inmain lem do ruidiud ran, LL. 88 a 8. 
ruidead 19 meaning and etvmologv obscure, 
ruidfes 79, meaning obscure: seems rel. sg. 3 of a b-future. 
ruirthecht App. 156. meaning obscure. 
saeb-glés ace. 153, a wily feat of reaving. The same expression occurs in 

LU. 79 b 27 : Rolae saebglés diberge dia churp im-medôn a chrocind = Rolà 

saebchless dibirge dia churp im médon a chracaind, LL. 77 b 28. Whence 

it would seem that glés is hère synonymous with cless « feat ». 



The Destruction bf Dâ Derga's Hostel. 43 1 

sain-âith, speciaUy keen, pi. ace. sainâithe 51. Or this may bc gen. sg. of 

sainâithe « spécial keenness ». 
sain-slabra 5 1 , spécial caille. 
sain-teglach 106, a spécial (or separatè) household. 
saltraim / tread, trample, prêt. sg. 3 ro saltair App. 97, is bec nach saltrad 

cach fer for cossaib a cheile, LL. 291» 28. 
samaigetar 95, they place, from sdmaigiur. 

samailte 34, 75 etc. 2(1 sg. imperative of the déponent samhir « I liken ». 
ro-sassad 145 = ro-sosed App. 97, past s-subj. sg. 3, pi. rosastâis LU. 

84 a 7, verbal noun saigid 143. 
scâth v. imguin. 

sceinmnech .i luath, swift, O'Cl. pi. n. sceinmnecha 50. 
scéo 100 h, 100 j. conj. and, besicles, Cymr. beibioÇV. Henry): root seq: cf. 

Lat. sub-sequus. 
scéolang 158, a fugitive. 
sciath béimnech a smiting shield, pi. n. scéith béimnecha 126. Cf. sefath 

brec béimnech, LU. io6 a 2. 
sciath mulinn 85, a paddh of a milkvheel. 

scisim I -iveary, pass. &-fut. scisfithir foebra, sivords -ivill be wtaried , App. 32. 
sèche 87, a bide, ascabbard, seichi .i. truail a clàïdbim, H. 3. 18, p. 532. 
sed-greg herd qfred deerl pi. dat. sedgregaib, 28 : hed = Cymr. hydd, and 

greg = Cymr. gre. 
sedlach smock} gen. sg. sedlaig 2. tria deirc a sedlai .i. tria brollach a Ie- 

nedh, H. 3. 18, p. 528. 
ségda 130, stately, majestic} ace. pi., epithet for mânes, 
ségonn 131, deerslayerl leg. ségoinn ? séghainn .i. fer gonas osa, O'Cl. pi. 

ace. seguinni (seganna YBL.) 94. 
séire 10 a meal. 
selaig 137, from seslaig, perf. sg. 3 of sligim « I hew, eut », pi. 3 ra sel- 

gatar, LU. 58* 10. 
sell-glass blue-eyed, pi. dat. sellglassaib, 100 d. 
sengân sentalman 162, an ant of old laitd. 
sen-laech 166, 167, an old hero. 
sen-talam 161, old land. 

si'athir 128, a corrupt equative of sir « long ». 
sfr-chôi 105, continuai wailing, 

sire 13, I02d. Mid. Ir. compar. of sir « long » : the Old-Irish compar. is si'a. 
sirechtach silkenl sëricus? 100 h, cf. sireedai 91, sërica. 
sîr-égem, 38, 40, 136, continuai screaming. 

site silk, dat.'sitiu 1 (bis), Lat. seta, saeta, with curious change of meaning. 
sith-iota 2, long-tall, eompd. of sith= Cymr. hyj, scaàfota cogn. with Lat. 

vas lus. 
sithithir 58, sithidir 61, 128 Eg. equative of sith « long » 
sith-remithir 38, 130, equative of sith-remor « long and thick ». 
sith-rogait 1 50, a long staff. Hère rogait seems cogn. with Gcrm. rocken, 

ON. rokr, Eng. rock. 



4$ 2 Whitley Stokes. 

siu ocus anall 5 3 , on tins side and on that. 

slabra 52, cattle. cissi slabrai indîscirsa thall? LU. Ô2 b 32. tarb for slabra 

Laws I, 126, airba ria slabra hi fér, ibid., 168. Metapliorically dowry, 

bridegift, Dinds. 60. 
slemon-gel 2, smooth and bright. 
slig-airbi 109, sacrifice ! 
slige 109, 148. slaughter. 
sloindiud 3, antiouncing , r naming, describing. 
smûit-chéo 26, smoky viist. A like compd. is smât-gur LL. 96*9, 96 13 15, 

no b i3. conibo ocn-smûit ... forhisctbe in mâcha uik : smûid « vapour, 

smoke », O'Br. 
snaiss-remor 165 St. 

so-astaide 51, Eg. = saitside LU. easily halted. 
soé-seom fon topur, App. 156. 
soer-agaid 2. noble face, soer-dath 100 d. a noble hue. saer-selg App. 69, a 

noble hunt. 
so-gabàldae 51, easily yoked. 
solus-ruidiud 2, bright radiance. 
solus-cennach 163 St., bright-headed. 
ro-sosed, v. ro sassad. 
sostach 126 a dweîîer, deriv. of sossad. 
spréd a spark, Corm. s. v. tenlam. gen. fûaim na spréde 54. 
srât F. street, gen. cacha sraite (leg. srâite?) 14, pi. dat. sraitib, arsrâtibna 

senchatrach, LL. 230* 17. From Lat. strâta (or AS. straf), Cymr. ystrawd. 
sreth-chisse 100 f, an epithet for a mantle, 100 h. an epithet for silk mea- 

ning obscure, 
srub ar gésce 38 a snont on a branch. Cau srub hère be cogn. with Nhg. 

strâuben, Gr. a-rpuçvôs ? 
sucut 66, adv. yon. 
sûil: gae glas co sulib glaini, App. 114. sûist iarinn 131 : cf. Ereuthalion's 

iron mace : àXXi ai87)petï] -/.op-Jv^ p^'yvuaxE ^iXafraç, II. VIII, 14. 
suthcherna 52, seems to mean a wïlling gift: cf. di-suithcurn À. ni tiodh- 

laicthe YBL. 263b 31, contrasted with Cormac's dnthcern « niggardly », 

O'Clery's doithchernas (gen. dothchernais LL.) .i. docharnas .i. dothiod- 

hnacal no drocheineach. 
ta 50, 54, 141, be silent ! 

tacmaicced 38. taicmaic .i. timcilligis no rainic, H. 3. 18, p. 530. 
-taessat 31. they shonld corne. 
taidlech 1, radiance, glancing. 
taig drochcarad 3, corresponds with tochuiriuth drochcarat Ir. Texte, I, 120. 

tuige (.i. indsaide) drochcarat, H. 3. 18, p. 529. tuigi .i. innsaigi ibid. 
taigid 4, meaning obscure. 

tailm 12, 13 a sling, a tailm .i. a thabaill, H. 3. 18, p. 529. 
tairg (= to-airg) 33, toirg 35 offer\ cogn. with rjç,iyu>} 
tairissedar fri 87, rests against tairisethar 130, 3d sg. of -tair(i)issiur. 
tairmchellaim (to-air-im-c), I go round, ro thairmcheall 154 Eg. 



The Destruction of dâ Derga's Hostel. 433 

tairmescaim I forbid, près. ind. sg. 3. nis-tairmescand 10S Eg. pass. nacon 

tairmescthar LB. 197» 52. tairmescc prohibition Wb. io b 5. 
tairsce tarlethair 87, meaning obscure, 
tairse 98 upon it. 
tâirset 95 (to-air-is-set), conas-toirsed 102 b. tan-airsed 102 b. mani-s-tairi 

129, injunctive tair LU. 58*20. 
taithbech fuilt, 2 undoinghair, ag taithmeach ,i. ag sgaiW, H. 3. 18, p. 528. 
tâm 153, dat. sg. a consuming fever, cf. Lat. tâbes. 
tana-slaide 76, tbiu rods} 
tânsemad App. 61, reproach} annam lib athechthuatha do thâinsemad bar 

trénfer, LL. 238 b 25, *to-dinsemWb. 14 1, 16, 17, to-ad-ness- 
târag 66 (darag Eg.), probably a compd. of ag a bovine animal, Skr. ahl ; 

but the meaning of târ or dar is obscure, 
tarblais 29, s-subj. sg. 2, from *-tairblingim I alight (to-ar-eb-leng-), près. 

ind. sg. 3 taurbling (tairling Eg.) 13, verbal noun tairléim, LU. n8 a 13. 
tareraid App. 69. meaning obscure, 
tar-lethar 87, meaning obscure: leg. tarb-lethar bull-leatberï or tarr-lethar 

belïy-skin ? 
tarras App. 156 was remaining. 
taudchaid v. tuidchid. 
taul 875 a boss. 
techtairecht 36, embassy. 

teith-blaith 2, warm and smooth. .i. bog no maeth, H. 3. 18, p. 528. 
tel, pi. telaib 120 = taul q. v. 

tendal robaid 69, a warning beacon, tendâl samna 69, beacon of Allhallows day. 
tene samna 69, fire of samain (Nov. 1). 
terbaim I separate, près. ind. sg. 3 nis-dérband 108, for *ni-sn-terbann. 

See exx. oi -sn- in Celt. Zeitschr., I, 206. Strachan, however, compares 

ni dcrban in Cod. St Paul, II, 19. 
testiu a pouring, dat. testin, 129, do deistin .i. do dortadh, H. 3. 18, p. 532. 
tetscoraig 3 5 should perhaps be desscoraig, as in YBL. 
tiag-sa 29 I go, tiago-sa 43 (tiag-sa Eg. YBL.), -tiagar 81 : tfasur 147 

seems the ist sg. près. subj. tiasu, Wb. 23 e 31, with a deponential en- 

ding. Verbal noun: tiachtain saégail, App. 61. 

1. tinne 33, 35, 63, 94, 148 a salted pig, O'Don. Supp. (« bacon- pig » 
Hennessy). 

2. tinne, pi. n. a bagpipe, pi. n. tinne, dat. tinnib 84. Cognate perhaps with 
cttIvw, stinati, stunian, stônen. naoi tinne .i. ix. timpain, H. 3. 18, p. 531. 

3. tinne a bar, ingot, 130. 
to 145, thy. 

tob 63, âbla^e, aflamc} corresponds with soillsi môr, 65. tob tened, Sait, na 
Rann 7388, topp tened LB. 1 5 2 a 25 . Compd. aghainter tob-chaindeal i 
luing Aigmemnon « a blazing torch is lighted on Agamemnon's ship, 
BB. 454k 8, which corresponds with flammas quum regiapuppis Extulerat, 
Aen. 256. See Idg. F., XII, 192. 

tochur tarcenn 56, to overturn. 

Revue Celtique, XXII. 29 



434 Whitley Slokcs. 

tocud (in câintocad q. v.) for tocad « luck », Cvmr. tynged. 

toeb-tracht in tened App. 61. 

to-ernae 80, v. doerad. 

toesc 122, toesca fola 122, jets of blood. 

tofuitet 143, see dofuitct. 

toichned 39, fa